Deux mains dans la terre

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Une fiction pour aborder les enjeux de l'agriculture au XXIème siècle.


Agriculture et élevage Documentaires Les coups de coeur des internautes

Un agriculteur, entouré de sa femme et de sa fille, remet son métier en question puis s’engage dans une transition vers l’agriculture biologique dans le but de retrouver son autonomie. Au fil de son cheminement, il change de regard sur l’agriculture et découvre que le paysan peut être un véritable “sauveur climatique” et source d’un renouveau territorial.

Scénaristes
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Novembre 2021
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Deux mains dans la terre © Actes Sud 2021

06/05/2022 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

J’avais quelques réticences à m’engager dans cette lecture, la couverture ne fait pas spécialement envie et je craignais de tomber sur une œuvre trop technique, trop engagée, trop sentencieuse ou que sais-je. Mais dès la lecture entamée, je n’ai plus su l’abandonner ! Deux mains dans la terre dresse un tableau à la fois alarmant et enthousiasmant de l’agriculture et de l’élevage du XXIème siècle en Europe (et plus précisément en France dans le cas présent). Alarmant car il met en lumière toutes les limites de l’agriculture ‘moderne’ née après la deuxième guerre mondiale, poussée par une nécessité de productivité à l’époque mais coupable d’épuisement des sols, d’érosion, de réchauffement climatique, de surendettement chez les producteurs, de disparition de la biodiversité, de spéculation financière et d’autres joyeusetés. Enthousiasmant car il présente une alternative cohérente, basée sur des savoirs ancestraux, des études récentes, des expériences actuelles. Rien de farfelu, rien d’utopique mais un futur possible, plus respectueux des hommes et de la nature, qui est une réalité dans bien des parties du monde et qui nous poussera à repenser notre mode de production et de consommation, qui poussera les politiques à repenser la destination des financements publics (oui, bon, là on sait bien que ça va grincer des dents et freiner des pieds et que les lobbies vont mettre plus d’un bâton dans les roues mais si la population montre la voie, les politiques devront suivre) mais qui me convainc . Je savais que tous ces aspects allaient être abordés, je ne m’attendais pas à ce que ce pan très instructif de cette bande dessinée soit aussi agréable à lire, fluide, léger. C’est tout simplement parfait ! L’album prend par ailleurs la forme d’une fiction en nous présentant un producteur qui commence à se poser des questions sur sa manière de produire et va progressivement se documenter, assister à des conférences, écouter les journaux parlés, aller vers d’autres producteurs utilisant d’autres techniques. Et tout ce processus d’apprentissage nous permet d’apprendre en même temps que lui. Le dessin de Laëtita Rouxel s’efface au profit du message, mais il n’est pas désagréable pour la cause. Il ne constitue en tous les cas en aucune manière un frein à la lecture. Le dossier en fin d’album permet de revenir sur différents points abordés dans celui-ci pour les repréciser. Par-dessus tout, j’ai apprécié le positivisme qui se dégage de ce récit. J’ai également beaucoup aimé le volet consacré à l’élevage dans le dossier de fin d’album. Une vision plus nuancée et plus proche de mes propres convictions que celle que l’on peut encore trop souvent lire par ailleurs. Mais je pourrais encore parler de plusieurs volets qui m’ont énormément plu car… tout m’a plu. Si le sujet vous intéresse, c’est vraiment un très bon exercice de vulgarisation, didactique et très complet (et enthousiasmant).

06/05/2022 (modifier)