J'ai trouvé cette série excellente. Ça a beau être de la SF, il y a une représentation de la guerre très réaliste et crue, probablement car le scénariste a lui-même vécu la guerre du Vietnam.
Le personnage principal est complètement random mais le sujet, c'est vraiment la guerre.
Une bonne idée scénaristique, à chaque fois que les soldats partent combattre à l'autre bout de la galaxie, le temps passe beaucoup plus lentement pendant le voyage. Quand les survivants reviennent des dizaines voire des centaines d'années se sont écoulées, ils connaissent plus personne, la situation politique, sociétale et technologique a totalement changé. Et quand ils repartent combattre ils savent que ce sera pareil. C'est très bien exploité et ancre vraiment ce récit dans la SF plutôt que d'en faire une simple retranscription de la guerre du Vietnam dans l'espace.
C'est une série assez ancienne (années 80). Les dessins sont beaux mais la colorisation a vieilli comparé aux séries actuelles.
J'ai vraiment pris une véritable claque graphique comme je me souviens pas en avoir pris dans de la BD franco-belge.
Ce n'est pas la première BD que je lis dessinée par Ledroit. J'avais lu "les Chroniques de la Lune Noire", sans finir, et j'étais pas fan, le dessin de Ledroit à l'époque était plutôt criard et brouillon. J'avais lu Sha (en entier) et commencé Requiem, Chevalier Vampire sans finir. Le dessin de Ledroit s'était grandement amélioré, c'était même bon, je trouve, mais pas vraiment dans mon style, car trop agressif.
Mais dans Wika, il a passé un énorme cap, je trouve que chaque planche est magnifique, ça donne l'impression de lire un artbook avec un scénario.
Même si le principal intérêt de cette BD est graphique, le scénario est pas mal. Normalement, j'apprécie quand les dessins servent bien le scénario, même c'est pour moi l'intérêt d'une BD comparée à un roman. Là c'est plutôt le contraire, le scénario sert bien les dessins. Il fait le boulot, même si c'est pas ce que retiendrai principalement de cette BD.
Très belle ambiance dans cet album. Les cadrages sont travaillés et le dessin élégant avec une colorisation chaude et intimiste. On a l’impression de ressentir la chaleur, l’odeur de sueur et de crasse. Les personnages ont des caractères bien trempés et des visages très expressifs. Aucun n’est sympathique, pour ne pas dire odieux, et en même temps chacun est attachant pour un aspect de sa personnalité. Ca évite un récit moralisateur et manichéen.
L’histoire se déroule au moment de la construction du chemin de fer qui va vers l’Ouest américain. Une transition entre deux mondes, entre deux périodes de l’histoire des États-Unis. Deux hommes que tout oppose vont finir par se retrouver face à face dans une lutte à mort. L’un est un fonctionnaire de Washington… il ressemble à Sean Connery (perso, je n’aime pas trop ce genre de ressemblances) dont la vie était prévue pour être organisée à l’abri de tout imprévu, l’autre un hors la loi, auteur d’un coup audacieux qui devait lui rapporter gros. Son amour sans partage pour la nature sauvage fait de lui un personnage intéressant et original alors que son adversaire, a priori dans son bon droit, est un homme rigide, au ton cynique et à la vision très étroite de la vie. Tous ces ingrédients aboutissent à un western noir, dense, et fort. Tout m’a plu dans cette série à part la voix off que j’ai trouvée à certains moments un peu mièvre et agaçante. Les premières pages qui plantent le personnage principal sont particulièrement réussies tout comme la chute de l’histoire.
4,5/5. Comment comment ? Les aviseurs avisés ne l'ont pas encore avisé ? Mais cette BD est ma-gi-strale!
Tout juste inscrit à une nouvelle bibliothèque, je vois ce joli ouvrage au format à l'italienne. Un poil dubitatif en feuilletant les premières pages, je me demande ce qui vaut à cette BD le "coup de cœur" des bibliothécaires. Tentons voir, et je verrai si je peux leur faire confiance par la suite. Et je jubile!
C'est l'histoire de deux hommes que tout oppose ou presque, car ils ont en commun une détermination rageante et aveuglante exprimée à travers un sport que tout deux pratique: la boxe. La première originalité a noté sera bien sur la forme. Ayant emprunté cet ouvrage à l'aveugle, j'ai totalement buté au milieu du bouquin. Me voilà à devoir retourner la BD pour continuer à lire? Mais non, pas du tout: le milieu, c'est la fin! "- Hein? - Oui oui!" Cette BD contient deux débuts et une conclusion! Côté pile, il y a Hector: "le Bourge", beau gosse au brushing, champion d'athlétisme en devenir et éduqué par un père autoritaire au passé glorieux. Côté face, voilà Rafa, surnommé "Warmachine": une brute épaisse, sans famille, vivant dans une maison close et ouvert à tous les vices que les nuits peuvent offrir. Nous suivons donc le parcours de chacun de ces personnages jusqu'à les retrouver pour un final épique où les deux destinées s'entrechoquent, et quel fracas!
La seconde originalité de la même trempe est sur l'aspect graphique. 1 personne = 1 dessinateur. L'histoire de Rafa est travaillée par Rubén Del Rincón, et nous suivons le parcours d'Hector avec la plume de Manolo Carot. Mais gardons à l'esprit les similitudes mentionnées plus haut, et nous retrouverons une colorisation identique : ce noir et rouge-sang qui se noient sur un fond blanc pur. Cette colorisation m'a bousculé au début, et puis quelques esquives ont fini par avoir eu raison de moi: c'est d'une beauté terrifiante! Après je dois dire que ma préférence va clairement pour le style de Manolo Carot (Hector): alors que j'y trouvais trop de brouhaha au début, je finis par y voir des corps et des visages absolument magnifiques. Quel trait, vraiment! Les combats sont d'une nervosité palpitante et les regards sont perçants à souhait. Le dessin de Rubén Del Rincón m'apparaît moins grave avec le contour plus arrondi. Cette inégalité me fait retirer 1 demi étoile, encore que...
Il n'y a plus que le scénario qui quitte les rayons de l'originalité mais qui, en même temps, reflète tout à fait la réalité de ce sport, ou l'image qui s'en dégage. En effet, le monde de la Boxe aime à donner des surnoms à chacune de ses étoiles et on se retrouve très souvent confronter à des légendes vivantes au style de jeu foncièrement différent. "L'art de la boxe" se ressent, je trouve, à chaque planche car se dégage la description d'une attitude sur le ring en accord parfait avec la nature profonde de l'individu-boxeur lorsqu'il en est éloigné. Il existe aussi une forme de réalité dans le sens où la boxe est un univers où les champions ont très souvent une histoire singulière. Et c'est bien là ce qu'a tenté de construire les auteurs. Pour moi c'est plus qu'une réussite. Après avoir fini une "première histoire", je me demandais si j'allais pleinement profité de la seconde puisque j'en connaissais la fin... Tu parles Charles! Les auteurs m'ont juste permis d'être autrement conquis! Je n'en dirai pas plus.
Et puis la présentation, c'est un pavé qui se lit rapidement malgré tout et l'éditeur a soigné l'ouvrage, ça fait plaisir. Par contre 2/3 erreurs dans l'écriture et la grammaire (une illustration le montre). Pas méchant mais il a manqué une relecture plus assidue.
Poignant, dramatique, beau, animal, humain, concret, profond, cohérent, fracassant... Que demande le peuple ?
Me concernant, c'est parmi les découvertes "coups de cœur" de l'année, à n'en pas douter.
Quelle belle surprise que ce pastiche proposé par Howard Mc Cock (Lol). Les anglicistes qui ont de l'humour (un pléonasme) devinent immédiatement que l'on va parler sexe avec ce Rhââl-Han.
Rhââl-Han probable ancêtre préhistorique de Rhââ-lovely pour son cri de victoire extatique est le frère pastiche du célèbre Rahan. C'est comme dans toutes les familles, on cache longtemps celui dont on a un peu honte.
C'est malheureux que le célèbre pourfendeur de tigres aux dents de sabres n'ait pas voulu nous présenter ce parent qui lui ressemble "comme deux gouttes d'eau qu'auraient rien à voir !".
Même si je doute qu'à l'époque où je montais des gadgets en lisant Rahan, Rhââl-Han eût pu passer la porte de ma chambre. Car au-delà d'une représentation sexuelle explicite masculine virile classique notre ami Mc Cock propose à Rhââl-Han la visite complète de la maison.
Interracial, homo, bi, Rhââl-han n'a aucun préjugé et y trouve son plaisir à chaque fois. Il est même papa poule d'un adorable petit Tégévéh car sa délicieuse maman n'a pu résister au sort lancé par la copine de l'horrible Maâ-Kron "le courtes pattes".
Un pastiche, c'est toujours le risque de déplaire aux purs et durs amoureux du héros d'origine. Howard prend la précaution d'introduire (re lol) son héros, d'autant plus que Rahan n'est pas seul dans cette galère. A vous de les découvrir. C'est la BD de chez Tabou la plus drôle que j'ai lue.
Enfin il y la forme.
On est très loin des BD sexes, N/B, vite faites (pas toujours) bien faites. Tabou nous propose un album très soigné au graphisme semi-réaliste très réussi. Mais pour moi le top ce sont les couleurs et la mise en page.
On a tout ! Des pages bien ordonnées à l'ancienne et des découpages qui explosent la page, des doubles pages grandioses avec des couleurs psychédéliques. Un vrai feu d'artifice comme dans les films au moment où...
Sur une même page le ciel prend huit couleurs différentes. Un vrai moment d'humour extatique pour adultes évidemment.
J'ai eu une très bonne surprise en lisant ces deux albums: Verte et Pome .J'ai une préférence pour le premier opus.
Le second est centré sur le personnage très drôle d'Anastabotte mais laisse un peu de côté Gérard et Soufi.
Pome en bonne copine n'apporte pas ,à mon avis, la richesse et l'humour d'altérité de Soufi
Marie Desplechin nous entraine dans le quotidien d'une petite fille pas si ordinaire.
Verte est fille de sorcière mais avec son caractère bien trempé, c'est une particularité dont elle se serait bien passée.
Desplechin prend alors le contre-pied de la littérature dominante dans ce domaine.
Verte est surtout à la recherche de son identité, recherche de ses origines via son père et d'elle même via son inné. Pour y arriver elle ne pourra pas s'affranchir de la culture familiale.
Le trait fin et gracieux de Magali Le Huche met bien en valeur les sentiments exprimés par les personnages. C'est souvent drôle et bien observé.
Les relations entre Verte, Ursule sa maman( en conflit) et Anastabotte sa grand-mère ( en complicité) sont vraiment un régal.
Des dessins accessibles aux plus jeunes( 8-10 ans), des pleines pages remplies de détails et un lettrage facile rendent l'oeuvre accessible aux enfants.
Toutefois certains concepts plus adulte , la tolérance et l'altérité méritent une lecture partagée.
Une lecture très agréable lecture qui sera poursuivie bientôt par Mauve que je ne manquerai pas.
Avis sur le troisième tome, Mauve :
J'attendais avec impatience la parution du troisième volet des adaptations des romans de Marie Desplechin.
Je ne suis pas déçu du tout du tout. C'est un peu normal quand le roman d'origine est le meilleur roman jeunesse de son année. Verte et Pome étaient une gentille mise en place d'un monde de sorcières transparentes et intégrées dans un univers très réaliste . Les thématiques de l'identité, du respect de ses origines et de l'affirmation de sa culture ou de sa personnalité y étaient dominants.
Ici Desplechin invite ses jeunes lecteurs a changé de braquet. La réflexion sur la violence banalisée est omniprésente. On glisse d'une thématique du harcèlement des cours de récréation tout doucement vers de l'épuration ethnique.
Toute l'intelligence du récit est de montrer l'insaisissable que ce soit pour les victimes et pour les bourreaux. Contre qui se battre? Comment prendre de la distance vis à vis des paradigmes de foules haineuses? Comment se défendre et défendre ceux que l'on aime quand le droit semble aveugle ou inopérant?
Ici point de cape, de balais ou de baguettes magiques mais plutôt une ambiance d' autodafés ou de bûchers.
Le dessin de Magali Le Huche sans l'air d'y toucher m'a collé aux personnages. Les sentiments d'angoisse, de désespoir, de peur et de révolte y sont admirablement peints dans les mimiques de nos gentilles sorcières.
Son découpage est astucieux alternant les doubles pages apaisantes et les pages aux cadres petits qui multiplient la frénésie irréfléchie . Des murs, des espaces clos des foules qui se referment sur nos victimes amplifient ce sentiment de réduction des espaces de liberté.
Si Mauve est le personnage central, elle n'apparait presque pas et n'a pratiquement aucune ligne. Chez les gentils point de super héros, c'est l'esprit solidaire de l'équipe qui pourra faire face. Jusqu'à quatre pages de la fin le dénouement aurait pu être autre sans que le récit n'en soit perturbé.
Pour moi c'est une très bonne œuvre pour la Jeunesse qui permet de partager sur des thèmes fondamentaux avec un côté attractif et récréatif plaisant sans être moralisateur.
C’est après avoir lu l’avis de l’excellent Bamiléké que je me suis rendu compte que je ne connais pas cet album du brillant Christian Lax. Ni une ni deux, je me suis procuré Sarane. Et vous savez quoi ? j’ai bien fait car cet ouvrage est un petit bonbon sucré. Que c’est bon de s’enfoncer avec dans le désert du Sahara avec cette femme qui se retrouve dans un univers africain qui n’est pas le sien. Le graphisme est délicat et un peu fragile. Les couleurs sont chaudes et lumineuses. Chaque case est une lithographie. C’est un régal pour les yeux. Que c’est beau notamment les visages des personnages, des jeunes comme des vieux. Lawrence d’Arabie n’est pas très loin !
La dimension étrange du début du récit s’intègre paradoxalement très bien dans la globalité de celui-ci. C’est subtil. Tout est maitrisé avec pourtant de nombreux allers et retours entre le présent et le passé. Je me suis régalé de ce voyage sensuel au fin fond du désert.
L’auteur du Choucas est au top de sa forme. A lire absolument.
Pas besoin d’être un breton pour découvrir cet album magnifique. Pascal Bresson et Erwan Le Saëc ont su nous replonger dans l’affaire du Bugaled Breizh, chalutier qui a coulé mystérieusement en janvier 2004 dans les eaux britanniques au sud du Cap Lizard emportant 5 malheureux marins. A travers un journaliste sur le déclin mais fort en gueule, nous suivons l’enquête. Les incohérences sont nombreuses. C’est palpitant. Vous ne pouvez lire ce récit que d’une seule traite !
La question sous-jacente que pose cet album… pouvons-nous avoir foi aveuglement en l’état et à son armée ? On peut en douter. 18 ans après ce drame, les familles de ces marins sont toujours en attente, afin de comprendre ce qui s’est passé réellement. Deux scénarios s’affrontent. Celui d’un malheureux accident ou plus certainement d’un accrochage avec un sous-marin au cours d’un exercice militaire. Ne serions-nous pas devant un mensonge d’Etat ? Difficile de comprendre pourquoi si nous étions sur un banal accident, certains éléments sont toujours classés secret défense ! Les zones d’ombres sont nombreuses.
Au-delà du scénario parfaitement maitrisé, je suis subjugué par le graphisme d’Erwan Le Saëc. Le trait est précis et fin. Les paysages et les scènes maritimes sont sublissimes. L’effet wahou est là ! Un plaisir pour les yeux cet album. Et que dire de la couverture avec son océan de sang et une ombre inquiétante ! c’est admirable.
BD a vous procurer en urgence car malheureusement toujours d’actualité. Un gros coup de coeur.
Bammmm ! Ça calme ça comme album !!!!
Harold Schechter nous raconte l'hallucinante vie de ce terrible tueur en série qui inspira le roman psychose et son adaptation au cinéma par Hitchcock avec le talentueux dessinateur Eric Powell (The Goon, Hillbilly ou encore Big Man Plans).
J'avoue que je ne connaissais pas du tout l'histoire de ce tueur en série et que je me suis fait captiver et pleinement surprendre par ce récit. Les auteurs ont l'excellente idée de recontextualiser l'horreur en nous racontant l'enfance et le cadre familial dans lequel Ed Gein a grandit. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'a pas été aidé de ce côté là, entre un père feignant, alcoolique et violent et une mère bigote et autoritaire. C'est pourtant cette dernière qui restera toute sa vie son phare et sa raison de vivre... puis sa raison de tuer...
Timide, un peu simple et pas très dégourdi, Ed va survivre tant bien que mal dans ce Wisconsin profond des années 50'. La mort de sa mère va achever de le faire basculer dans la folie profonde et lui faire commettre les pires atrocités imaginables. Comme les policiers qui débarquent chez lui après la disparition de deux femmes dans son village, on tombe littéralement sur le cul quand les macabres découvertes qu'ils vont faire nous pètent à la gueule. Et c'est ce qui va marquer un pays entier au travers de cette histoire, c'est de réaliser que le danger et l'horreur ne viennent pas forcément de l'autre bout du monde ou de l'espace mais qu'il peut être tapi en son sein, juste à côté de chez soi.
Eric Powell fait des merveilles en usant d'une colorisation toute en nuances de gris qui met pleinement en valeur son trait très expressif, surtout quand il s'agit des visages de ses personnages.
Voilà un album des plus réussi sur un personnage hallucinant qui aura marqué de lugubre façon l'humanité.
Oouhhh la jolie pépite que voilà !
Très inspiré (et influencé par Miyazaki), "Janardana" se révèle être un magnifique one shot qui ravira tous les amateurs d'aventure et d'exotisme !
Marcel Piton, ancien militaire et baroudeur a fini par se poser dans le sud ouest de la France où il y a monté une petite entreprise de pêche avec quelques associés. Le nouveau facteur du village lui apporte en main propre un courrier qui va le mettre dans tous ses états et le replonger dans un passé qu'il croyait révolu. Son jeune ami Dev qu'il s'était fait en Inde lorsqu'il était militaire vient de lui envoyer un appel à l'aide ; ni une, ni deux, Marcel embarque pour l'Inde pour retrouver son ami. S'il reste introuvable, il va rapidement faire connaissance de son espiègle fille avec qui il va se retrouver plongé dans des aventures hautes en couleur !
Entre des personnages truculents et des paysages somptueux, on est rapidement captivé par ce récit. Antoine Ettori qui assure scénario et dessin s'est fait plaisir et le partage volontiers pour notre plus grand bonheur ! Les amateurs de Miyazaki ne pourront qu'être comblés par cet album qui fleure bon le studio Ghibli, tant dans les thématiques et les personnages mis en scènes que par cette mise en couleur tout en aquarelle qui donne chaleur, ambiances et lumière à ses planches. J'ai aussi apprécié la façon d'aborder les sujets graves sans donner dans la morale mais sans faire dans le compromis ni la mièvrerie non plus. L'aventure est au rendez-vous et on dévore ces 150 pages sans s'en rendre compte !
Bref, une très bonne surprise que cet album que je recommande chaudement !
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La Guerre Eternelle
J'ai trouvé cette série excellente. Ça a beau être de la SF, il y a une représentation de la guerre très réaliste et crue, probablement car le scénariste a lui-même vécu la guerre du Vietnam. Le personnage principal est complètement random mais le sujet, c'est vraiment la guerre. Une bonne idée scénaristique, à chaque fois que les soldats partent combattre à l'autre bout de la galaxie, le temps passe beaucoup plus lentement pendant le voyage. Quand les survivants reviennent des dizaines voire des centaines d'années se sont écoulées, ils connaissent plus personne, la situation politique, sociétale et technologique a totalement changé. Et quand ils repartent combattre ils savent que ce sera pareil. C'est très bien exploité et ancre vraiment ce récit dans la SF plutôt que d'en faire une simple retranscription de la guerre du Vietnam dans l'espace. C'est une série assez ancienne (années 80). Les dessins sont beaux mais la colorisation a vieilli comparé aux séries actuelles.
Wika
J'ai vraiment pris une véritable claque graphique comme je me souviens pas en avoir pris dans de la BD franco-belge. Ce n'est pas la première BD que je lis dessinée par Ledroit. J'avais lu "les Chroniques de la Lune Noire", sans finir, et j'étais pas fan, le dessin de Ledroit à l'époque était plutôt criard et brouillon. J'avais lu Sha (en entier) et commencé Requiem, Chevalier Vampire sans finir. Le dessin de Ledroit s'était grandement amélioré, c'était même bon, je trouve, mais pas vraiment dans mon style, car trop agressif. Mais dans Wika, il a passé un énorme cap, je trouve que chaque planche est magnifique, ça donne l'impression de lire un artbook avec un scénario. Même si le principal intérêt de cette BD est graphique, le scénario est pas mal. Normalement, j'apprécie quand les dessins servent bien le scénario, même c'est pour moi l'intérêt d'une BD comparée à un roman. Là c'est plutôt le contraire, le scénario sert bien les dessins. Il fait le boulot, même si c'est pas ce que retiendrai principalement de cette BD.
L'Etoile du Désert
Très belle ambiance dans cet album. Les cadrages sont travaillés et le dessin élégant avec une colorisation chaude et intimiste. On a l’impression de ressentir la chaleur, l’odeur de sueur et de crasse. Les personnages ont des caractères bien trempés et des visages très expressifs. Aucun n’est sympathique, pour ne pas dire odieux, et en même temps chacun est attachant pour un aspect de sa personnalité. Ca évite un récit moralisateur et manichéen. L’histoire se déroule au moment de la construction du chemin de fer qui va vers l’Ouest américain. Une transition entre deux mondes, entre deux périodes de l’histoire des États-Unis. Deux hommes que tout oppose vont finir par se retrouver face à face dans une lutte à mort. L’un est un fonctionnaire de Washington… il ressemble à Sean Connery (perso, je n’aime pas trop ce genre de ressemblances) dont la vie était prévue pour être organisée à l’abri de tout imprévu, l’autre un hors la loi, auteur d’un coup audacieux qui devait lui rapporter gros. Son amour sans partage pour la nature sauvage fait de lui un personnage intéressant et original alors que son adversaire, a priori dans son bon droit, est un homme rigide, au ton cynique et à la vision très étroite de la vie. Tous ces ingrédients aboutissent à un western noir, dense, et fort. Tout m’a plu dans cette série à part la voix off que j’ai trouvée à certains moments un peu mièvre et agaçante. Les premières pages qui plantent le personnage principal sont particulièrement réussies tout comme la chute de l’histoire.
El Boxeador
4,5/5. Comment comment ? Les aviseurs avisés ne l'ont pas encore avisé ? Mais cette BD est ma-gi-strale! Tout juste inscrit à une nouvelle bibliothèque, je vois ce joli ouvrage au format à l'italienne. Un poil dubitatif en feuilletant les premières pages, je me demande ce qui vaut à cette BD le "coup de cœur" des bibliothécaires. Tentons voir, et je verrai si je peux leur faire confiance par la suite. Et je jubile! C'est l'histoire de deux hommes que tout oppose ou presque, car ils ont en commun une détermination rageante et aveuglante exprimée à travers un sport que tout deux pratique: la boxe. La première originalité a noté sera bien sur la forme. Ayant emprunté cet ouvrage à l'aveugle, j'ai totalement buté au milieu du bouquin. Me voilà à devoir retourner la BD pour continuer à lire? Mais non, pas du tout: le milieu, c'est la fin! "- Hein? - Oui oui!" Cette BD contient deux débuts et une conclusion! Côté pile, il y a Hector: "le Bourge", beau gosse au brushing, champion d'athlétisme en devenir et éduqué par un père autoritaire au passé glorieux. Côté face, voilà Rafa, surnommé "Warmachine": une brute épaisse, sans famille, vivant dans une maison close et ouvert à tous les vices que les nuits peuvent offrir. Nous suivons donc le parcours de chacun de ces personnages jusqu'à les retrouver pour un final épique où les deux destinées s'entrechoquent, et quel fracas! La seconde originalité de la même trempe est sur l'aspect graphique. 1 personne = 1 dessinateur. L'histoire de Rafa est travaillée par Rubén Del Rincón, et nous suivons le parcours d'Hector avec la plume de Manolo Carot. Mais gardons à l'esprit les similitudes mentionnées plus haut, et nous retrouverons une colorisation identique : ce noir et rouge-sang qui se noient sur un fond blanc pur. Cette colorisation m'a bousculé au début, et puis quelques esquives ont fini par avoir eu raison de moi: c'est d'une beauté terrifiante! Après je dois dire que ma préférence va clairement pour le style de Manolo Carot (Hector): alors que j'y trouvais trop de brouhaha au début, je finis par y voir des corps et des visages absolument magnifiques. Quel trait, vraiment! Les combats sont d'une nervosité palpitante et les regards sont perçants à souhait. Le dessin de Rubén Del Rincón m'apparaît moins grave avec le contour plus arrondi. Cette inégalité me fait retirer 1 demi étoile, encore que... Il n'y a plus que le scénario qui quitte les rayons de l'originalité mais qui, en même temps, reflète tout à fait la réalité de ce sport, ou l'image qui s'en dégage. En effet, le monde de la Boxe aime à donner des surnoms à chacune de ses étoiles et on se retrouve très souvent confronter à des légendes vivantes au style de jeu foncièrement différent. "L'art de la boxe" se ressent, je trouve, à chaque planche car se dégage la description d'une attitude sur le ring en accord parfait avec la nature profonde de l'individu-boxeur lorsqu'il en est éloigné. Il existe aussi une forme de réalité dans le sens où la boxe est un univers où les champions ont très souvent une histoire singulière. Et c'est bien là ce qu'a tenté de construire les auteurs. Pour moi c'est plus qu'une réussite. Après avoir fini une "première histoire", je me demandais si j'allais pleinement profité de la seconde puisque j'en connaissais la fin... Tu parles Charles! Les auteurs m'ont juste permis d'être autrement conquis! Je n'en dirai pas plus. Et puis la présentation, c'est un pavé qui se lit rapidement malgré tout et l'éditeur a soigné l'ouvrage, ça fait plaisir. Par contre 2/3 erreurs dans l'écriture et la grammaire (une illustration le montre). Pas méchant mais il a manqué une relecture plus assidue. Poignant, dramatique, beau, animal, humain, concret, profond, cohérent, fracassant... Que demande le peuple ? Me concernant, c'est parmi les découvertes "coups de cœur" de l'année, à n'en pas douter.
Rhââl-Han - Le Fils des âges des filles pas farouches
Quelle belle surprise que ce pastiche proposé par Howard Mc Cock (Lol). Les anglicistes qui ont de l'humour (un pléonasme) devinent immédiatement que l'on va parler sexe avec ce Rhââl-Han. Rhââl-Han probable ancêtre préhistorique de Rhââ-lovely pour son cri de victoire extatique est le frère pastiche du célèbre Rahan. C'est comme dans toutes les familles, on cache longtemps celui dont on a un peu honte. C'est malheureux que le célèbre pourfendeur de tigres aux dents de sabres n'ait pas voulu nous présenter ce parent qui lui ressemble "comme deux gouttes d'eau qu'auraient rien à voir !". Même si je doute qu'à l'époque où je montais des gadgets en lisant Rahan, Rhââl-Han eût pu passer la porte de ma chambre. Car au-delà d'une représentation sexuelle explicite masculine virile classique notre ami Mc Cock propose à Rhââl-Han la visite complète de la maison. Interracial, homo, bi, Rhââl-han n'a aucun préjugé et y trouve son plaisir à chaque fois. Il est même papa poule d'un adorable petit Tégévéh car sa délicieuse maman n'a pu résister au sort lancé par la copine de l'horrible Maâ-Kron "le courtes pattes". Un pastiche, c'est toujours le risque de déplaire aux purs et durs amoureux du héros d'origine. Howard prend la précaution d'introduire (re lol) son héros, d'autant plus que Rahan n'est pas seul dans cette galère. A vous de les découvrir. C'est la BD de chez Tabou la plus drôle que j'ai lue. Enfin il y la forme. On est très loin des BD sexes, N/B, vite faites (pas toujours) bien faites. Tabou nous propose un album très soigné au graphisme semi-réaliste très réussi. Mais pour moi le top ce sont les couleurs et la mise en page. On a tout ! Des pages bien ordonnées à l'ancienne et des découpages qui explosent la page, des doubles pages grandioses avec des couleurs psychédéliques. Un vrai feu d'artifice comme dans les films au moment où... Sur une même page le ciel prend huit couleurs différentes. Un vrai moment d'humour extatique pour adultes évidemment.
Verte / Pome / Mauve
J'ai eu une très bonne surprise en lisant ces deux albums: Verte et Pome .J'ai une préférence pour le premier opus. Le second est centré sur le personnage très drôle d'Anastabotte mais laisse un peu de côté Gérard et Soufi. Pome en bonne copine n'apporte pas ,à mon avis, la richesse et l'humour d'altérité de Soufi Marie Desplechin nous entraine dans le quotidien d'une petite fille pas si ordinaire. Verte est fille de sorcière mais avec son caractère bien trempé, c'est une particularité dont elle se serait bien passée. Desplechin prend alors le contre-pied de la littérature dominante dans ce domaine. Verte est surtout à la recherche de son identité, recherche de ses origines via son père et d'elle même via son inné. Pour y arriver elle ne pourra pas s'affranchir de la culture familiale. Le trait fin et gracieux de Magali Le Huche met bien en valeur les sentiments exprimés par les personnages. C'est souvent drôle et bien observé. Les relations entre Verte, Ursule sa maman( en conflit) et Anastabotte sa grand-mère ( en complicité) sont vraiment un régal. Des dessins accessibles aux plus jeunes( 8-10 ans), des pleines pages remplies de détails et un lettrage facile rendent l'oeuvre accessible aux enfants. Toutefois certains concepts plus adulte , la tolérance et l'altérité méritent une lecture partagée. Une lecture très agréable lecture qui sera poursuivie bientôt par Mauve que je ne manquerai pas. Avis sur le troisième tome, Mauve : J'attendais avec impatience la parution du troisième volet des adaptations des romans de Marie Desplechin. Je ne suis pas déçu du tout du tout. C'est un peu normal quand le roman d'origine est le meilleur roman jeunesse de son année. Verte et Pome étaient une gentille mise en place d'un monde de sorcières transparentes et intégrées dans un univers très réaliste . Les thématiques de l'identité, du respect de ses origines et de l'affirmation de sa culture ou de sa personnalité y étaient dominants. Ici Desplechin invite ses jeunes lecteurs a changé de braquet. La réflexion sur la violence banalisée est omniprésente. On glisse d'une thématique du harcèlement des cours de récréation tout doucement vers de l'épuration ethnique. Toute l'intelligence du récit est de montrer l'insaisissable que ce soit pour les victimes et pour les bourreaux. Contre qui se battre? Comment prendre de la distance vis à vis des paradigmes de foules haineuses? Comment se défendre et défendre ceux que l'on aime quand le droit semble aveugle ou inopérant? Ici point de cape, de balais ou de baguettes magiques mais plutôt une ambiance d' autodafés ou de bûchers. Le dessin de Magali Le Huche sans l'air d'y toucher m'a collé aux personnages. Les sentiments d'angoisse, de désespoir, de peur et de révolte y sont admirablement peints dans les mimiques de nos gentilles sorcières. Son découpage est astucieux alternant les doubles pages apaisantes et les pages aux cadres petits qui multiplient la frénésie irréfléchie . Des murs, des espaces clos des foules qui se referment sur nos victimes amplifient ce sentiment de réduction des espaces de liberté. Si Mauve est le personnage central, elle n'apparait presque pas et n'a pratiquement aucune ligne. Chez les gentils point de super héros, c'est l'esprit solidaire de l'équipe qui pourra faire face. Jusqu'à quatre pages de la fin le dénouement aurait pu être autre sans que le récit n'en soit perturbé. Pour moi c'est une très bonne œuvre pour la Jeunesse qui permet de partager sur des thèmes fondamentaux avec un côté attractif et récréatif plaisant sans être moralisateur.
Sarane
C’est après avoir lu l’avis de l’excellent Bamiléké que je me suis rendu compte que je ne connais pas cet album du brillant Christian Lax. Ni une ni deux, je me suis procuré Sarane. Et vous savez quoi ? j’ai bien fait car cet ouvrage est un petit bonbon sucré. Que c’est bon de s’enfoncer avec dans le désert du Sahara avec cette femme qui se retrouve dans un univers africain qui n’est pas le sien. Le graphisme est délicat et un peu fragile. Les couleurs sont chaudes et lumineuses. Chaque case est une lithographie. C’est un régal pour les yeux. Que c’est beau notamment les visages des personnages, des jeunes comme des vieux. Lawrence d’Arabie n’est pas très loin ! La dimension étrange du début du récit s’intègre paradoxalement très bien dans la globalité de celui-ci. C’est subtil. Tout est maitrisé avec pourtant de nombreux allers et retours entre le présent et le passé. Je me suis régalé de ce voyage sensuel au fin fond du désert. L’auteur du Choucas est au top de sa forme. A lire absolument.
Bugaled Breizh - 37 secondes
Pas besoin d’être un breton pour découvrir cet album magnifique. Pascal Bresson et Erwan Le Saëc ont su nous replonger dans l’affaire du Bugaled Breizh, chalutier qui a coulé mystérieusement en janvier 2004 dans les eaux britanniques au sud du Cap Lizard emportant 5 malheureux marins. A travers un journaliste sur le déclin mais fort en gueule, nous suivons l’enquête. Les incohérences sont nombreuses. C’est palpitant. Vous ne pouvez lire ce récit que d’une seule traite ! La question sous-jacente que pose cet album… pouvons-nous avoir foi aveuglement en l’état et à son armée ? On peut en douter. 18 ans après ce drame, les familles de ces marins sont toujours en attente, afin de comprendre ce qui s’est passé réellement. Deux scénarios s’affrontent. Celui d’un malheureux accident ou plus certainement d’un accrochage avec un sous-marin au cours d’un exercice militaire. Ne serions-nous pas devant un mensonge d’Etat ? Difficile de comprendre pourquoi si nous étions sur un banal accident, certains éléments sont toujours classés secret défense ! Les zones d’ombres sont nombreuses. Au-delà du scénario parfaitement maitrisé, je suis subjugué par le graphisme d’Erwan Le Saëc. Le trait est précis et fin. Les paysages et les scènes maritimes sont sublissimes. L’effet wahou est là ! Un plaisir pour les yeux cet album. Et que dire de la couverture avec son océan de sang et une ombre inquiétante ! c’est admirable. BD a vous procurer en urgence car malheureusement toujours d’actualité. Un gros coup de coeur.
Ed Gein - Autopsie d'un tueur en série
Bammmm ! Ça calme ça comme album !!!! Harold Schechter nous raconte l'hallucinante vie de ce terrible tueur en série qui inspira le roman psychose et son adaptation au cinéma par Hitchcock avec le talentueux dessinateur Eric Powell (The Goon, Hillbilly ou encore Big Man Plans). J'avoue que je ne connaissais pas du tout l'histoire de ce tueur en série et que je me suis fait captiver et pleinement surprendre par ce récit. Les auteurs ont l'excellente idée de recontextualiser l'horreur en nous racontant l'enfance et le cadre familial dans lequel Ed Gein a grandit. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'a pas été aidé de ce côté là, entre un père feignant, alcoolique et violent et une mère bigote et autoritaire. C'est pourtant cette dernière qui restera toute sa vie son phare et sa raison de vivre... puis sa raison de tuer... Timide, un peu simple et pas très dégourdi, Ed va survivre tant bien que mal dans ce Wisconsin profond des années 50'. La mort de sa mère va achever de le faire basculer dans la folie profonde et lui faire commettre les pires atrocités imaginables. Comme les policiers qui débarquent chez lui après la disparition de deux femmes dans son village, on tombe littéralement sur le cul quand les macabres découvertes qu'ils vont faire nous pètent à la gueule. Et c'est ce qui va marquer un pays entier au travers de cette histoire, c'est de réaliser que le danger et l'horreur ne viennent pas forcément de l'autre bout du monde ou de l'espace mais qu'il peut être tapi en son sein, juste à côté de chez soi. Eric Powell fait des merveilles en usant d'une colorisation toute en nuances de gris qui met pleinement en valeur son trait très expressif, surtout quand il s'agit des visages de ses personnages. Voilà un album des plus réussi sur un personnage hallucinant qui aura marqué de lugubre façon l'humanité.
Janardana
Oouhhh la jolie pépite que voilà ! Très inspiré (et influencé par Miyazaki), "Janardana" se révèle être un magnifique one shot qui ravira tous les amateurs d'aventure et d'exotisme ! Marcel Piton, ancien militaire et baroudeur a fini par se poser dans le sud ouest de la France où il y a monté une petite entreprise de pêche avec quelques associés. Le nouveau facteur du village lui apporte en main propre un courrier qui va le mettre dans tous ses états et le replonger dans un passé qu'il croyait révolu. Son jeune ami Dev qu'il s'était fait en Inde lorsqu'il était militaire vient de lui envoyer un appel à l'aide ; ni une, ni deux, Marcel embarque pour l'Inde pour retrouver son ami. S'il reste introuvable, il va rapidement faire connaissance de son espiègle fille avec qui il va se retrouver plongé dans des aventures hautes en couleur ! Entre des personnages truculents et des paysages somptueux, on est rapidement captivé par ce récit. Antoine Ettori qui assure scénario et dessin s'est fait plaisir et le partage volontiers pour notre plus grand bonheur ! Les amateurs de Miyazaki ne pourront qu'être comblés par cet album qui fleure bon le studio Ghibli, tant dans les thématiques et les personnages mis en scènes que par cette mise en couleur tout en aquarelle qui donne chaleur, ambiances et lumière à ses planches. J'ai aussi apprécié la façon d'aborder les sujets graves sans donner dans la morale mais sans faire dans le compromis ni la mièvrerie non plus. L'aventure est au rendez-vous et on dévore ces 150 pages sans s'en rendre compte ! Bref, une très bonne surprise que cet album que je recommande chaudement !