Les derniers avis (9697 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Cent Nuits de Héro
Les Cent Nuits de Héro

Les Cent Nuits de Héro modernise le conte tout en en gardant l'essence. Un "Mille et une nuits" nouvelle formule. Je découvre Isabel Greenberg et je ne suis pas déçu. Elle a énormément de talent. Cherry est l'épouse de Jérôme mais celui-ci la délaisse et c'est ainsi qu'elle a pu conserver sa virginité. Héro est bien plus que sa servante, elle est son amante, elles s'aiment d'un amour véritable. Suite à un pari, son mari va laisser son épouse en compagnie de Manfred pendant 100 jours et il va tenter de la séduire pour la déflorer, quitte à la prendre de force. C'est là que le talent de conteuse d'Héro intervient. La narration est la qualité première de ce comics, elle est maîtrisée avec une petite touche d'humour et des dialogues savoureux. J'adore tous ces petits astérisques qui interpellent directement le lecteur. L'amour est le thème central du récit, il sera cuisiné à toutes les sauces, de la aigre-douce à la piquante. Un récit qui mettra à mal la religion et son obscurantisme, ainsi que la misogynie des hommes, enfin de certains hommes. Un récit pour ne pas oublier les progrès réalisés pour les droits des femmes et que rien n'est jamais acquis. Toujours à devoir se battre, et c'est bien là le problème. Le dessin dans un style "caricatural" au trait charbonneux me plaît beaucoup. Il ressemble par certains aspects à ceux du moyen âge. La colorisation austère accentue l'atmosphère pesante qui plane le long du récit. Une merveille ! Un gros coup de cœur.

06/07/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carnets d'Orient
Carnets d'Orient

Avec en toile de fond, la colonisation de l’Algérie puis la guerre d’indépendance, Jacques Ferrandez nous offre une saga familiale et historique de grande qualité. Cette série est composée de deux cycles : le premier est consacré à l’installation des premiers colons, au développement de la communauté française et à l’exploitation du pays. Le second continue l’histoire avec la guerre d’Algérie. Prenant le temps de déconstruire un certain nombre d’idées reçues ou de visions simplistes sur le sujet, Ferrandez nous embarque dans les pas d’un jeune peintre, Joseph Constant, qui débarque à Alger en 1836, puis nous raconte avec une grande humanité comment les premiers colons arrivent sur cette terre à la nature hostile. Qui sont ces gens ? Pourquoi se lancent-ils dans une aventure de laquelle ils ne savent quasiment rien ? Au fil des albums, on suit le parcours de personnages, de générations en générations, sans rien manquer des événements qui ponctuent l’histoire de l’Algérie, sans négliger la montée des tensions entre les communautés, tensions qui viennent de loin et qui ont commencé bien avant la guerre. Déjouant les pièges habituels du sujet, Ferrandez évite le côté caricatural (les bons d’un côté et les méchants de l’autre), et s’abstient de porter des jugements. Une vision réaliste à hauteur d’homme qui permet à l’auteur d’aborder des questions historiques complexes. De ce point de vue, c’est une réussite. Pour le dessin : ambiances algériennes et immersion du lecteur, en particulier dans le premier tome que je trouve vraiment très beau – Ferrandez est un maître en la matière. L’idée d’avoir traité certaines pages sous forme de carnet de croquis ou de revue de presse rend l’histoire vivante. On a l’impression d’en être les contemporains. Le dessin est magnifique, les paysages écrasés de chaleur et les villes bien dans le jus de l’époque. Le contraste entre les quartiers transformés par les Européens et l’habitat traditionnel des Algériens, entre les niveaux de vie des colons et celui des colonisés, entre les traditions si éloignées les unes des autres laisse penser que la cohabitation ne pourra pas durer. Jacques Ferrandez nous implique dans cette montée des tensions, semant par-ci, par-là des indices qui nous mettent en alerte. Le second cycle consacré à la guerre est plus dur, plus souvent traité en film ou en BD. On y reconnaît l’utilisation d’image d’archives bien connues et là encore, le piège d’en faire un documentaire est évité, le montage des pages étant rendu dynamique par les textes et dessins hors cases. Bref, une série majeure sur cette période de l’histoire, réussie grâce au talent de dessinateur de Jacques Ferrandez et à sa très fine connaissance du sujet. A lire, sans hésiter !

06/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Amazonie
Amazonie

La réouverture de ma petite médiathèque communale m'a permis de rattraper cette Bd que je voulais lire, les autres bibli où je me rend ne la possédant pas, me voila donc ravi de retomber sur ces aventures captivantes. Après Kenya et Namibia (et Scotland que j'ai commencé à lire avant), ce 3ème cycle des aventures de Kathy Austin emmène la charmante agent du MI6 au Brésil pour un cocktail toujours aussi passionnant d'aventure exotique, d'espionnage et de fantastique dans cette immédiate après-guerre, je suis ravi de retrouver Kathy dans une enquête et une quête entrant en rivalité avec un groupe d'anciens nazis qui recherchent un trésor afin de gagner l'Argentine comme l'ont fait beaucoup d'anciens nazis. C'est un récit très classique dans la forme et le fond, il est savamment développé par ce duo de 2 roublards scénaristes que sont Léo et Rodolphe, ayant acquis une expérience sur leurs cycles précédents. Ce développement adopte un rythme qui prend son temps comme sur les autres cycles, avec plusieurs arcs narratifs, du mystère et des péripéties, il s'agit de bien meubler 5 albums. Au dessin, encore une fois, Bertrand Marchal fait du Léo par son trait fin et réaliste, plus souple, un peu moins policé par endroits, mais toujours séduisant, et il réussit quelques belles images de jungle, car l'action y a lieu à 80%. Au fil de la narration, la part de surnaturel devient de plus en plus intrigante grâce à la créature étrange qui vit chez les Indiens d'Amazonie. Léo et Rodolphe utilisent exactement les mêmes ingrédients et les mêmes effets que sur leurs précédentes Bd, ce qui constitue évidemment un manque évident de surprise, mais malgré ce petit handicap, on est happé immédiatement par cette histoire qui au fil des albums se complique par une intrigue secondaire qui se déroule 2 ans avant l'intrigue principale, dans les Carpates en Roumanie ; sur le moment, on ne voit pas bien le rapport. Pendant ces 5 albums, les 2 scénaristes alternent révélations et brouillage de pistes entre les 2 intrigues avant qu'un troisième arc narratif à propos de la créature à l'hypertrophie crânienne et aux pouvoirs de guérison, se mette en place en 1943, au moment où elle se retrouve aux mains des nazis. A ce niveau là, on commence à avoir une petite idée du fin mot de l'histoire, mais la conclusion est à la hauteur de l'attente entretenue ; les auteurs bouclent tous les arcs narratifs de cette intrigue à tiroirs de façon cohérente et habile. Au final, malgré de petites erreurs de continuité, et une expédition dans la jungle un peu longuette, c'est une aventure bien carrée, bien exploitée, vaguement fantastique, avec une héroïne courageuse et sympathique, et qui étrangement ne sera vue qu'une seule fois à poil, dans sa douche, c'est très inhabituel, mais l'aspect très aventureux et très compact du récit ne devait pas permettre aux auteurs de trop s'égarer. Pour moi, le plaisir de lecture est donc pleinement satisfait.

04/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Betty Blues
Betty Blues

Je ne suis pas amateur de Jazz et ce style graphique très hachuré m'effraye un peu mais j'ai été très séduit par cet album de Renaud Dillies. Si le fond est assez convenu la forme qui le soutient est franchement très bonne. Un artiste maudit, une lutte entre l'argent et l'art, l'amour ou la nature, ce sont des thèmes universels déjà souvent exploités. La modernité et la créativité tient dans le graphisme original de l'auteur. Les couleurs d'Anne-Claire Jouvray réussissent à remplacer les notes de musique de la trompette de Rice pour nous envouter dans cette atmosphère sombre et poisseuse. Betty expérimentera à ses dépens et à celui qu'elle aime que l'argent en soi n'est qu'une illusion qui vous coupe de la vie qui compte. La chute n'en est que plus brutale pour nos héros et pour le lecteur. Une très bonne lecture. Les chants les plus beaux...

02/07/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Méridien
Méridien

Merci encore aux aviseurs pour attirer notre regard sur ce duo d'auteurs avec leur avis enthousiaste. Bien content de le découvrir à travers cette histoire qui m'a complètement emporté, alors que l'intrigue me laissait une légère appréhension. Et au final, je confirme également que c'est prenant, aussi bien léger que très sérieux, intelligent. Et puis évidemment, le dessin est tout simplement magnifique. J'aime beaucoup les scènes avec les oiseaux. J'veux commencer par là, parce-que j'adore les piafs. Donc déjà j'suis content. Et puis graphiquement, tout est réuni pour magnifier leurs mouvements et couleur. Et enfin, les auteurs leur donnent un rôle essentiel. Observateurs, capables d'échanger entre eux devant ce spectacle humain, où vous pensez bien que le jugement, ou plus précisément la consternation, va à l'encontre des européens plutôt que des amérindiens. Ils se font porte-paroles de la Nature endémique du Pérou, et c'est l'approche que j'ai trouvé la plus poétique du récit. Et puisque nous suivons essentiellement de grands scientifiques renommés de l'époque des Lumières, cette mise en scène permet de renverser l'idée reçue de l'époque : on comprend que l'intelligence rationnelle n'est pas synonyme de sagesse, et que la sagesse du Pérou n'est pas consultée, sauf par un des scientifiques. Cette histoire pour moi sert aussi à raconter les prémices de la machine infernale de l'acculturation et de l'extinction des civilisations. Il y a eu les conquérants soldats par le passé (ici l'Espagne), mais les scientifiques-explorateurs auraient aussi, bon gré mal gré, imposés leur vision des choses sur l'environnement découvert. Ils se sont intéressés à toute chose mais sans jamais positionner l'homme autochtone au même niveau qu'eux et sans jamais se "mettre à la place de". Ont-ils tous été comme ça ? Bien sûr que non semble-t-on lire. De Jussieu en est la parfaite représentation. Il n'y a donc pas cette vision simpliste du "méchant européen" ayant tout détruit sur son passage. Et puis, au fond, je n'ai pas vraiment détesté ne serait-ce qu'un des personnages. Leur dualité m'en empêche je crois. En effet, le point de vue donné nous rappelle qu'ils sont aussi de grands découvreurs ayant permis de créer ce Progrès permettant de mieux comprendre notre existence. Et puis même, leur personnalité ne nous permet de les rejeter en bloc parce-que grâce au scénariste, leur évolution psychologique est vraiment intéressante et la relation qu'ils alimentent entre eux également. Ils viennent tous pour une même mission à remplir, et c'est captivant de suivre les voies différentes que chacun finit par prendre. Donc du point de vue purement fictif, j'étais complètement pris dans les péripéties. Je ne connaissais rien des faits historiques. Les auteurs semblent avoir super bien exploité leurs travaux de documentation pour en venir à créer cette fiction, car elle permet de dégager beaucoup de questionnements existentiels avec une simplicité folle. C'est à la fois facile à suivre, on peut la lire comme une histoire purement fictive, mais on peut très bien s'interroger sur des sujets profonds. Et que dire de l'univers graphique, qui ne fait pas que nous replonger dans ce monde sauvage, où la végétation dominait encore tout. L'allégorie des oiseaux caractérise le ton poétique en partie, mais c'est bien sûr le dessin qui nous emmène dans cet environnement merveilleux, aux couleurs chatoyantes et complexes. Toute cette technique et ce travail de la matière, c'est unique de voir un truc pareil. Vraiment magnifique! On en prend plein les mirettes, on peut profiter du style fabuleux en plus de la poésie. Et même si vous feuilletez, vous remarquerez bien l'homogénéité de l'ensemble parce-que tout a été pensé: la typographie, la place du texte dans l'espace, la transparence des bulles par exemple... Une BD accessible et très agréable, qui sait aussi tirer son épingle du jeu pour l'immersion qu'elle nous procure et les questions ou idées qu'elles dégagent chez le lecteur. J'aimerais bien lire d'autres BD comme ça. Ne manquez pas cette lecture, vraiment.

01/07/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bertille & Bertille
Bertille & Bertille

Bertille & Bertille est un réjouissant cocktail de genres : à la fois profondément ancré dans le genre policier, dans le pur fantastique limite science-fiction, mais aussi dans l'Historique. Le cadre est sa première originalité puisque l'histoire se déroule peu de temps après la Première Guerre Mondiale. L'ambiance politique de l'époque joue un rôle très présent, avec un gouvernement soucieux de montrer la France victorieuse sous son meilleur jour quitte à mentir au peuple et à mettre une arrogante pression sur ses fonctionnaires. Le héros lui-même est un ancien des tranchées qui n'a pas gardé de séquelles physiques, contrairement à son meilleur ami, mais ça l'a rendu nettement plus rude et taiseux, n'hésitant pas à faire preuve de violence pour arriver à ses fins. Je suppose que la série comportera une suite d'histoires complètes en un tome. Pour ce qui est de la première, elle mêle deux intrigues en parallèle. Il y a d'abord l'enquête du commissaire Bertille pour retrouver un militant anarchiste ardemment recherché par le préfet de Paris et pour comprendre ce qui se trame autour de lui. Nous sommes ici dans le cadre d'une enquête policière très réaliste, crédible et bien menée. Et en parallèle donc, il y a tout le mystère autour de cette étrange boule rouge qui s'est écrasée dans la forêt sous les yeux du commissaire et dont il est chargé de s'occuper avant d'être remplacé par de plus hautes autorités quand il s'avère que la boule est indestructible et surtout qu'elle grandit inlassablement. Cette partie là de l'intrigue flirte nettement plus avec le fantastique et la science-fiction sans pour autant réduire le réalisme de l'ensemble. Les réactions de tous les protagonistes sont crédibles et tiennent la route du moment qu'on accepte le concept incroyable de cette boule mystérieuse. Et c'est là qu'intervient aussi l'autre Bertille, une riche héritière un peu extravagante, elle aussi témoin de l'atterrissage de la boule. Elle va rapidement lier des liens avec le commissaire bougon, lui apporter sa légèreté, son imagination et lui ouvrir l'esprit sur une autre manière d'appréhender cet évènement fantastique. La relation entre les deux personnages fonctionne très bien et on s'attache autant à l'une qu'à l'autre. L'ensemble est mis en scène avec un graphisme élégant, en teintes sépia marquées de rouge par-ci par-là pour rappeler la couleur de la fameuse boule. De l'ouvrage de qualité. J'ai pris grand plaisir à lire cette BD. J'ai beaucoup apprécié sa maturité, son cadre historique, son rythme, son ton à la fois léger et sérieux, la complexité crédible et prenante de ses protagonistes, ainsi que son mélange de ton, entre le polar sérieux, la politique grinçante et le fantastique teinté d'un peu d'absurde et de poésie. Je lirai avec grand plaisir d'autres aventures de ces deux héros là.

30/06/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Noir burlesque
Noir burlesque

Mais que c’est bon cet album ! Certains diront que ce n’est pas très original. Moi je vous le dis haut et fort j'ai adoré ce polar bien noir (et blanc) pigmenté de-ci de-là par de légères pointes grenats. Visuellement c’est sublime. L’ambiance graphique est bluffante. Du grand art à l’état pur. Le trait est un peu épais mais il est doux et sobre. Les décors sont magnifiques. Nous plongeons allégrement dans l’âge d’or hollywoodien. Cadillac, gangsters et tripot ! un combo parfait si tu rajoutes une pin-up à tomber. Deux bellâtres - le gentil et le méchant - vont se défier bien sûr, pour conquérir son cœur. Ça pulse sous les néons des bouges dans un Philadelphie années 50 bien reconstitué. Le bon, le truand et … la starlette en quête de gloire ! et vous savez quoi, les affaires se règlent à coup de revolver ! Hâte de découvrir la suite ! là je suis resté sur ma faim ! et je suis du genre gourmand ! impatient de caresser de nouveau de mes yeux les courbes affolantes de la belle Caprice !

30/06/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Sommet des dieux
Le Sommet des dieux

Autant le dire tout de suite : j’adore la montagne ! Donc, « Le Sommet des dieux » était un manga que je devais absolument lire d’autant plus que j’admire aussi le dessinateur : Jiro Taniguchi. Seul obstacle à cette lecture, et de taille : 5 gros pavés, soit environ 1 700 pages à feuilleter ! Et cette occasion de découvrir ce manga s’est présenté à la bibliothèque universitaire de ma ville… pas d’hésitation, un emprunt et avanti ! Bon sang, je ne m’attendais vraiment pas à ça : on y découvre carrément les parcours pour grimper telle ou telle montagne célèbre, c’est fou comme le récit est hyper détaillé au point qu’une fois la lecture terminée, on pourrait croire qu’on a effectué les ascensions avec les protagonistes ! Ainsi, vous saurez beaucoup de choses sur la pointe Walker dans « les grandes Jorasses », « l’Eider », Les Alpes japonaises et surtout l’Everest ! La seule chose qui me chagrine un peu est que l’éditeur n’ait pas proposé une petite carte en début ou fin de manga pour nous situer ces fameux sommets… Bref, un détail parce que l’histoire m’est apparu passionnante et attachante. Les auteurs ont eu l’intelligence de ne pas nous barder de termes techniques les aventures de nos héros montagnards. En effet, l’auteur nous présente ce récit basé sur deux protagonistes : le photographe sportif, Fukamachi, et un alpiniste fictif hors pair, Habu Joji. Le premier va par un fabuleux hasard mettre la main sur l’appareil photo de Mallory qui fut un des premiers hommes à gravir l’Everest en 1924 et qui est mort en ces lieux sans que l’on sache s’il avait réussi à atteindre le toit du monde…. Le deuxième est un grimpeur extraordinaire dont on suivra ces péripéties au fil des tomes. Le lecteur suivra donc le destin de ces deux personnages ainsi qu’une multitude de protagonistes secondaires plus ou moins intéressants qui formeront une histoire riche et assez émouvante. Riche parce que le récit est très proche de la réalité : on y découvre comment un groupe se prépare avant l’assaut d’une montagne, des lieux plus ou moins mystiques (notamment Katmandou et les villages de Sherpas) … Emouvante parce qu’on s’attache vachement aux personnages principaux dont le très énigmatique Habu Joji, les auteurs en ont d’ailleurs fait un héros mystique ! Tout cela a été possible grâce à une pagination conséquente qui nous fait partager le destin de ces protagonistes, leurs peines, leurs espoirs… notamment cette question lancinante autour de l’intérêt qu’homme cherche-t-il à réaliser ces défis ? La pagination conséquente… C’est ce que reproche le plus sur ce manga les bédéphiles qui ont pu le lire, je peux les comprendre parce que le 3ème tome comporte des séquences qui ne me sont pas apparu primordiales à la trame principale du récit et il faut reconnaitre que les auteurs ont beaucoup abusé de termes élogieux sur les aventures de nos héros. Ainsi, ce coté répétitif peut vite devenir soulant pour de nombreux lecteurs. Mais, heureusement que les autres tomes sont nettement plus passionnants en particulier les deux derniers tomes et celui sur les « Grandes Jocasses ». Je ne reviendrais pas sur le coup de patte de Jiro Taniguchi car je le trouve magnifique. Ce dessinateur a un don de la narration que je trouve exceptionnel dans le monde du 9ème art. Adorateur de la montagne, je ne regrette nullement pas d’avoir lu « Le Sommet des dieux ». Jiro Taniguchi est, pour moi, un de mes dessinateurs et « metteur en scène » préféré. Je reconnais que le récit présente des passages pénibles à lire parce qu’on a la sensation que l’histoire avance peu mais cela ne m’a pas empêché de savourer cette magnifique aventure. Habu Joji, le héros fictif de ce manga, est tout de même un sacré personnage !

30/06/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Île des Oubliés
L'Île des Oubliés

L'inattendu. C'est un peu comme ça que je pourrais qualifier cet album, dont je ne savais presque rien avant d'entamer sa lecture. L'essentiel de l'intrigue prend pied dans une île au large de la Crête, qui servit de ghetto à des lépreux au fil du XXème siècle. Un cadre enchanteur (la lumière et l'architecture grecques), une histoire de famille sur plusieurs générations... Une histoire de famille, mais plein de rebondissements, de trahisons, de non-dits, de regards, de passions... L'adaptation du roman de Victoria Hislop par Roger Seiter, menée de façon très délicate, et qui conserve la place prééminente des femmes, avec leurs caractères, leurs forces, leurs failles, leurs sentiments... Au dessin, le travail très délicat de Fred Vervisch, qui ne va pas jusqu'au bout de l'encrage, qui laisse la place à l'allusif sous cette lumière, cette langueur, dans une mise en scène à la fois inventive et sage, qui peut ensorceler... Un bel album.

30/06/2022 (modifier)
Par bebopbol
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Berlin sera notre tombeau
Berlin sera notre tombeau

Une trilogie BD qui m'a été offerte à mon dernier anniv, et je ne suis pas déçu de sa lecture. Fort bien documenté (références aux ouvrages de Jean Mabire et Saint Loup) tant dans le récit que le réalisme des uniformes et armements dessinés. On se retrouve en immersion dans les ruines de Berlin et ses combats de rues que menèrent les volontaires français de la Waffen SS au sein du bataillon d'assaut Charlemagne. J'ai adoré ! A lire et à relire !

30/06/2022 (modifier)