Les derniers avis (9697 avis)

Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Charlotte Impératrice
Charlotte Impératrice

Encore un Nury, encore une brillante réussite ! On ne se lasse pas de tresser des lauriers à cet auteur, qui a signé de nombreux récits historiques, certains sous l'angle de la fantaisie (Comment faire fortune en juin 40), d'autres sur un mode beaucoup plus sérieux (La Mort de Staline). Charlotte impératrice relève de la deuxième tendance. Fabien Nury s'ingénie ici à nous retracer le destin tragique de l'impératrice Charlotte de Belgique, épouse de l'archiduc Maximilien de Habsbourg, présenté ici un peu comme le mouton noir de la célèbre dynastie autrichienne. On n'en est actuellement qu'à la moitié de la saga, mais indéniablement, on est face à du grand Nury ! Les personnages sont travaillés, attachants ou repoussants, mais aucun ne laisse indifférent. Si tout est vu à travers les yeux de la princesse Charlotte, donc, la nuance est là. Ainsi, on est tour-à-tour pris de sympathie, puis de pitié, d'horreur ou de dégoût face à la personnalité fantasque de Maximilien de Habsbourg. Sorte de monstre composite créé par un pouvoir visiblement sclérosé, il est à la fois une victime d'un système dont il aimerait s'extraire, et bourreau par vengeance, voulant faire ressentir aux autres le poids des sacrifices auxquels son destin l'a forcé. Cette nuance se retrouve partout dans le récit, et il est appréciable que Nury n'ait pas fait passer une quelconque vision politique anachronique avant sa reconstitution historique. Ainsi, on craint que Charlotte ne soit présentée comme une sainte de vitrail victime des abus d'un pouvoir corrompu de toutes parts, mais c'est plus subtil. Bien sûr, on plaint Charlotte bien plus qu'on ne la déteste, et c'est normal. Mais la personnalité de la princesse se révèle également très complexe, n'hésitant pas à faire preuve de cruauté envers son mari en le laissant foncer droit dans un mur qu'elle voit depuis longtemps, ou dans le deuxième tome, en faisant chanter une pauvre fille innocente pour l'utiliser comme espionne. Ainsi, on évite la dialectique de la pauvre héroïne sans peur et sans reproches face aux affres d'un pouvoir castrateur et intégralement mauvais. Les actions apparemment mauvaises des personnages sont, sinon justifiées, au moins expliquées (brillante scène où Charlotte accuse un officier de tuer des innocents juste avant que celui-ci ne la sauve de l'attentat qu'un de ces "innocents" allait faire sur elle), et même les personnages qui auraient pu sembler être totalement bons révèlent avoir une part obscure au contact du pouvoir. Le deuxième tome est sans doute le plus intéressant des deux parus à ce jour, car il nous montre l'évolution de Charlotte, à la fois sur le plan intime, mais aussi et surtout politique. On assiste alors avec horreur au parcours d'une femme forte qui veut changer son destin, mais ne peut y parvenir. La manière qu'elle a de vouloir imposer des mesures qui nous semblent bonnes vues du XXIe siècle (fin de l'esclavage, liberté de culte, etc.) dans un pays en guerre où lesdites mesures sont en réalité inapplicables est brillamment décrite par les auteurs. Ce n'est pas sans évoquer le destin d'une reine complètement de fiction, Daenerys, dans cet excellent arc narratif de Game of Thrones où elle essaye d'imposer la démocratie dans une sorte de Moyen-Orient qui en est au strict opposé. Comme elle, Charlotte se casse les dents au Mexique, car sa seule alternative se résume à : imposer la liberté par la force, mais alors ce n'est plus vraiment la liberté, ou imposer la liberté par la douceur, mais c'est strictement impossible dans un pays où les habitants sont écrasés par les rebelles et par le pouvoir. Assister au triste spectacle de cette princesse artificiellement devenue impératrice se cassant les dents face à de complexes logiques de pouvoir est sans doute la plus belle réussite de cette grande œuvre que signe Nury et Bonhomme. La dure réalité de la guerre est parfaitement illustrée dans ce récit où chaque personnage doit naviguer entre l'idéalisme, l'action, et le défaitisme sans jamais se briser sur un de ces écueils. Arrivé à ce point de la saga, Charlotte est évidemment le personnage qui semble y arriver le mieux (avec le prêtre devenu son confesseur, et qui la guide sagement), mais la fin du deuxième tome et sa terrible scène de sexe a l'air porteur de mauvais augures pour l'héroïne, nous laissant en tête plusieurs questions atroces : le viol est-il réel ou simplement imaginé par Charlotte ? Etait-ce un viol ou un acte finalement consenti par l'impératrice ? Difficile de faire la part des choses dans cette conclusion qui semble annoncer la chute de l'héroïne dans la folie, fin inévitable pour ce personnage historique, qui sera sans aucun doute traité dans le dernier tome de la saga, et préparé dans l'avant-dernier. Je n'ai parlé ici que de Fabien Nury, mais plus que dans n'importe laquelle autre de ses bandes dessinées, la réussite de celle-ci est évidemment due au fabuleux dessin de Matthieu Bonhomme. Ce dernier a un trait d'une beauté qui confine au sublime. On le savait déjà, mais pour moi, Charlotte impératrice est sa plus belle réussite graphique à ce jour. Qu'il s'agisse d'illustrer la légèreté des premiers émois amoureux, les premières hésitations de la vie conjugale, le soleil chaleureux de l'Italie ou le soleil de plomb du Mexique, l'horreur de la guerre... Matthieu Bonhomme est parfait dans tout ! La souplesse de son trait est d'une aisance assez incroyable, qui sert mieux que jamais le récit qu'il illustre. Il faut également mentionner la coloriste Isabelle Merlet. C'est aussi grâce à elle et aux couleurs chatoyantes qu'elle apporte au récit que Charlotte impératrice doit sa réussite. Les yeux se régalent à chaque case, à chaque planche, il y a là une alchimie entre le dessin, les couleurs et l'histoire qui est le signe qu'on est bel et bien face à une grande œuvre. Quant à savoir s'il s'agira d'un chef-d'œuvre, attendons encore les deux prochains tomes pour le savoir...

29/06/2022 (modifier)
Couverture de la série À la Maison des femmes
À la Maison des femmes

Je suis un peu étonné du peu d'échos que cet ouvrage de Nicolas Wild a suscité. Nicolas Wild s'affirme de plus en plus au fil de ses productions comme un très bon dans sa catégorie reportage/documentaire. Comme il le décrit, il a longtemps hésité et a souvent voulu abandonner ce projet tellement cela le sortait de sa zone de confort et tellement ça le bougeait. Ce n'est pas si facile de se rendre compte qu'il n'y a nul besoin de faire 10 h d'avion pour caricaturer des vilaines dictatures qui pratiquent la torture, l'humiliation et le manque le plus élémentaire des droits humains. Cela se passe sous notre nez mais nous sommes aveugles et coupables d'impuissance pour empêcher des faits qui sont dans notre rue. Le reportage de Nicolas Wild le montre bien, 35 millions d'habitantes de la métropole peuvent être sous la menace d'actes présentés comme les pires stéréotypes moyenâgeux. Nicolas Wild a eu le grand mérite de trouver l'exacte distance entre deux mondes qui se côtoient en cette remarquable maison des femmes de Saint-Denis (93). Le monde des victimes, toutes des femmes. Bien sûr la présence des hommes est toujours en ombres portées. Présence souvent malveillante mais quelquefois salvatrice comme JB qui risque sa vie pour sauver sa Lyla aimée. Impossible de hiérarchiser les épreuves et les souffrances endurées par Grace, Lyla, Sophie ou Valentine. Elles ont toutes vécues un chemin de croix dans la durée. La seule satisfaction que l'on peut avoir en refermant le livre, c'est qu'elles s'en soient sorties vivantes avec une possibilité d'avenir. Pour écouter et aider ces victimes, Nicolas Wild nous montre le monde des soignant(e)s. Un monde un peu déroutant pour un néophyte car il semble assez distant bien que très compétent. Nicolas Wild insiste sur la grande cohésion de ces professionnelles formidables qui savent que l'efficacité de leurs actions dépend de leur sang-froid et de la capacité de se protéger de se laisser submerger par une empathie légitime mais souvent déstabilisatrice et contreproductive. Pour avoir côtoyé du public de CHRS, je sais combien ce travail est difficile et souvent peu valorisé. C'est le grand mérite de Nicolas Wild de mettre en lumière l'énorme travail du Dr Ghada Hatem et de ses collègues qui brassent la réalité concrète d'un quotidien déprimant. Travail de soins, d'organisation, de management, de communication et de lobbying pour que la structure dure et essaime. Comme à son habitude Wild se met en scène avec humour. C'est vraiment très fort qu'il puisse incorporer un zest d'humour graphique ou dans son langage pour libérer la pression qu'impose l'ouvrage. L'auteur est tellement dans le ton de l'ambiance du lieu qu'il nous livre une confidence qui abasourdit ses interlocutrices (et ses lecteurs). Je considère que dans cet exercice de reportage qui ne doit pas tomber dans le voyeurisme ni travailler pour sa gloire perso, mais se mettre au service des victimes, Monsieur Nicolas Wild réussit un sans-faute. Un Must pour comprendre le monde qui nous entoure.

29/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Sermilik - Là où naissent les glaces
Sermilik - Là où naissent les glaces

Cet album est extraordinaire. Extraordinaire car il nous relate la vie d’un personnage ordinaire animé par un rêve peu banal. Extraordinaire car il nous relate la vie d’un peuple ordinaire confronté depuis toujours à une nature extraordinairement inhospitalière. Extraordinaire car il nous relate la fin d’une civilisation, d’une culture, et la disparition de savoirs ancestraux au nom de la mondialisation et de l’uniformisation des modes de vie. Cet album est extraordinaire car il m’a ému comme peu y parviennent. Et puis il y a l’inventivité de Simon Hureau pour nous conter la destinée de Max, usant de narrateurs peu banals, employant un ton léger pour nous parler de choses parfois extrêmement sombres, dramatiques, déprimantes. Et puis il y a le fait que cet album nous présente un peuple extrêmement écologiste mais d’une écologie de terrain si éloignée de notre vision souvent trop idéalisée de l’écologie. Leur rapport à la chasse, les liens qui les unissent à leurs chiens, la violence de certains rapports de force choquent autant que la solidarité qui unit les membres de cette communauté, le respect et l’écoute de la nature dont ils font preuve fascinent. Et puis il y a ce personnage de Max, qui est allé au bout de son rêve et qui aujourd’hui transmet à son tour le savoir qui lui a été transmis à son arrivée. Enfin il y a le fait que cette histoire est réelle, qu’il ne s’agit en rien d’une fiction et qu’elle constitue un extraordinaire témoignage d’une culture appelée à disparaître mais pour laquelle certains se battent avec l’énergie du désespoir. Dois-je vraiment vous préciser que j’ai adoré ?

27/06/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe
Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe

C'est toujours aussi bon de relire du Redolfi et plus particulièrement ce Holy Wood. Un portrait de Marilyn Monroe à la limite du fantastique et pour bien en comprendre toutes les subtilités, il vaut mieux bien connaître son parcours et pas seulement celui d'actrice. Tommy Redolfi nous dévoile son cheminement de Norma Jean Baker à celui de sexe symbole. Dans un monde imaginaire, il dépeint certaines étapes de sa vie de façon onirique. Et le monde de Holy Wood est tout sauf un monde de bisounours. Les hommes qui gravitent autour d'elle sont pour la plupart des requins qui ne veulent que profiter de son image, de sa popularité, de son corps. On découvre une femme attachante qui veut être une vraie comédienne et non la blonde potiche à la poitrine avantageuse. Une narration émouvante, sombre et inquiétante, j'ai particulièrement apprécié la relation entre Marilyn et cette petite fille, le reflet de son enfance et de ses fêlures. Elle se refugiera dans un monde parallèle pour fuir ses démons par le biais de médicaments et/ou d'alcool. Un appel au secours. Il restera sans réponse. Le dessin de Redolfi se reconnaît au premier coup d'œil avec ses visages particuliers. Son trait est fin, précis et fluide. La colorisation apporte cette ambiance étrange et lugubre. Que c'est beau. Très, très recommandable.

26/06/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Batman Arkham
Batman Arkham

Je réécris mon avis après avoir lu et relu tous les albums de cette merveilleuse série. Un des éléments qui fait que Batman est mon super-héros préféré est la galerie de méchant qu'il affronte. J'adore la plupart des méchants de Batman et j'étais bien content lorsqu’Urban Comics a annoncé ses 6 albums mettant en vedette des méchants importants de l'univers Batman (le Joker ne s'y retrouve pas car il y a déjà eu droit à sa propre anthologie). Les histoires choisies sont globalement bonnes même si évidemment il y a du bon et du moins bon comme c'est le cas dans tout album de recueil. Je dois dire que les quelques histoires des années 50-60 m'ont laissé indifférent et la plupart des récits des années 2010 ne m'ont pas paru bon. Enfin, c'est quand même pas mal d'avoir des récits de différents périodes, cela permet d'avoir un survole de l'histoire des comics et voir comment Batman a évolué au fil du temps. Les trois seuls gros reproches que j'ai sont: 1. Le Pingouin n'a droit qu'à deux histoires parus durant l'Age d'or (les années 40 et le début des années 50) alors que c'était le second méchant le plus récurrent de cette période et en plus je trouve que la plupart des histoires du Pingouin font parti du haut du panier des comics de cette époque. C'est incompréhensible lorsqu'on voit que Double-Face a droit à 5 histoires tirés de cette période (alors que les deux dernières ne sont pas terribles) et le Joker en avait autant dans sa propre anthologie. Le pire est qu'Urban Comics lance cette année une intégrale Batman commençant en 1987 et que l'album du Pingouin est dominé par des récits de la fin des années 80 et le début des années 90, et ben d'ici quelques temps son album va être remplit d'histoires qu'on peut trouver dans d'autres albums disponibles en français. 2, Je ne comprends pas qu'on ait pas mis le récit des années 60 qui marquait le retour du Sphinx. C'est pas que le récit soit particulièrement mémorable, mais ce récit est arrivé pile lorsqu'on commençait la production de la série Batman avec Adam West et cette histoire avait attiré l'attention des producteurs et cela a servit de base pour le premier double épisode et c'est la série qui va propulsé le Sphinx au rang des ennemis les plus connus et les plus importants de Batman alors ce récit est très important dans la biographie du méchant. 3. J’aurais aimé plus de récit issue de l'Age de bronze (les années 70- milieu des années 80) parce que c'est une période que j'aime bien. Il y a un récit de cette époque avec Double-Face qui est très bon par exemple. Au moins, j'aurais mis un récit de Poison Ivy de cette époque pour bien montrer comment elle était un personnage bien différent à l'époque, comme ils l'ont fait dans l'album avec Mister Freeze. Mais bon ce sont des reproches d'un type qui connait bien Batman. Le lecteur lambda qui ne connait pas trop les comics sera juste content d'avoir des albums qui leur permettront de mieux connaitre les méchants les plus connus de la chauve-souris. Pour moi, cela reste malgré tout un très bon travail éditorial remplient de récits que j'aime relire de temps à autre. Il y a seulement l'album de Poison Ivy que je trouve vraiment moyen (seulement trois récits m'ont paru très bons). Mon intérêt variait aussi selon si j'adorais un méchant plus que d'autres (le Pingouin est mon méchant préféré parmi les 6 et comme par hasard son album est celui que je préfère). Donc voilà il y a des défauts, mais aussi beaucoup de qualités et comme fan de Batman je trouve ses albums cultes alors je mets la note maximum. Je précise que pour aimer il faut être fan de récits de super-héros. Si vous n'aimez pas les codes du genre vous allez vite vous ennuyez. Il faut aussi accepter quelques éléments un peu trop récurrent par moment (sérieux la moitié des histoires de l'Épouvantail finissent avec l'Épouvantail victime de son propre gaz et maintenant il a peur). Je conseillerais aussi de commencer par l'album du méchant qui vous intéresse le plus !

07/06/2021 (MAJ le 26/06/2022) (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mécanique céleste
Mécanique céleste

Joli titre, belle aquarelle tout du long, un album post apocalyptique avec une jeune héroïne rousse à queue de renard et bottes de pluie. C'est sympathique. Cependant, dans ce monde de pénurie, des clans se combattent et ont choisi un rituel de jeu de ballon prisonnier pour décider qui a raison. Comme McClure, je trouve que le fonctionnement politique est un peu simplifié, voire passe à l'arrière plan, et finalement sert de prétexte à des combats "à la manga" avec des pattes en l'air et des tourne boule. "Du pain et des jeux", plutôt qu'"un autre monde et possible". Mais ce qui sauve l'ensemble ce sont les qualités graphiques, l'épaisseur des personnages, une intrigue familiale, une histoire d'amour, pas de discrimination de genre, une ode à l'équipe, un humour juvénile et rafraichissant. bref un excellent cadeau pour un.e pré-ado !

26/06/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Muret
Le Muret

Cet album peut sans doute sauver des vies .... Il raconte la dérive d'une adolescente lambda qui se retrouve dans une situation familiale très désagréable et ne réussit pas du tout à y faire face. L'ennui, l'angoisse, l'absence de désir de l’adolescence est très bien rendu, et nous sommes tous et toutes passé.e.s par là. Les dialogues, les situations sont bien choisies et reflètent parfaitement notre société. On se rend compte à la lecture de l'album, qu'il s'en faut de peu pour que cet état normal d'une période hormonale spécifique puisse dériver sourdement vers des addictions, des rencontres avec d'autres êtres dans le même balancement marginal, puis vers des spirales dangereuses et une perte des simples réflexes de survie. C'est un âge où on ne sait plus demander de l'aide (et peut-être a-t-on toujours subvenu à nos besoin, si bien qu'on n'a jamais rien eu à demander ? Alors comment faire ? On n'a jamais appris !) Le noir et blanc tranché (jamais de zones grises, quelques hachures) à la limite du schématique réussit quand même à rester sensible. Avec si peu de moyen, c'est une gageure. Bref c'est à conseiller autant pour les enfants qui abordent l'adolescence, que pour les parents qui ne mesurent pas le degré de contrôle qu'ils sont sensés imprimer sur leur enfant, et finalement pour tout le monde qui pourra reconnaître des personnages de sa propre vie.

26/06/2022 (modifier)
Par Seb
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Passage intérieur
Le Passage intérieur

Bonjour Ce récit m'a fait du bien. Il m'a ramené à mes 30 ans de kayak de mer en Finistère. Il m'a ouvert sur l'immensité du Canada-ouest et de l'Alaska. Les dessins et surtout les couleurs sont magnifiques. Les auteurs sont dinguos : venir s'entrainer au Conquet et Molène comme débutant puis partir seuls dans ce fjord. Chapeau !!!! Votre équipée donne des envies de retourner sur l'eau...

26/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Merlu
Le Merlu

La période de l'exode en 1940, puis de l'armistice peu après, qui introduit l'Occupation allemande en France avec les 2 zones libre et occupée, a déja été évoquée dans l'excellente Bd Les Combattants. Mais ici, ça va un peu plus loin car si dans Les Combattants, les personnages se focalisaient sur une seule mission, ici il se passe beaucoup de choses et les actions s'enchainent sans temps morts où tout est finement observé, c'est sûrement dû à une solide documentation sur cette période sombre. C'est pas une période qui me passionne vraiment, mais je sais pas comment, les auteurs ont le don de nous y intéresser par une succession d'éléments et d'événements bien relatés et un dessin agréable. De ce fait, au lieu de combats incessants montrés dans d'autres Bd de guerre, "le Merlu" s'intéresse plus aux personnages et à l'aspect humain. Ces 2 albums n'abordent pas des faits connus, tout est imaginé, mais on sent que ça s'appuie sur de l'authentique, je crois très sincèrement qu'il y a eu des gens comme Georges Colin, comme monsieur Leduc, comme Simon ou Fabrizzio ou encore comme ce salopard de Jean-Claude. Cette période de la guerre a révélé bien des caractères : lâcheté, haine aveugle, antisémitisme, mais aussi générosité et entraide face à un ennemi qui progressait chez nous. On découvre que des gars comme Georges Colin traversaient une partie du pays pour assurer des transports malgré ce contexte d'Occupation, et le trajet Paris-Lyon via Chalon, ça fait quand même une sacrée trotte, d'ailleurs les auteurs simplifient cet aspect car la fatigue, le roulage de nuit et l'enchainement presque simultané des parcours ne laissent pas beaucoup de temps pour dormir et se reposer, d'autant plus qu'en 1941, il n'y avait pas encore d'autoroute, que les routes étaient dans un état très relatif et qu'il fallait traverser des régions vallonées comme le Morvan, et en plus avec un Berliet au gazogène à un rythme d'escargot. Le scénario du tome 1 prend le temps d'installer le contexte historique et les personnages, j'aime particulièrement cet album par rapport au tome 2 qui montre des opérations de la Résistance qui s'organise avec ses réseaux pour affaiblir et déstabiliser les chleus. On perçoit aussi dès le début une relation sentimentale entre Georges et Marie-Jeanne, et par la suite la description des Pétainistes qui veulent collaborer avec l'Occupant est bien perçue à travers le personnage détestable de Jean-Claude. On fait connaissance avec un tas de braves gens qui se débrouillent comme ils peuvent, bref tout ceci est remarquablement élaboré, sans compter une sorte de cliffhanger étonnant à la fin du tome 1. Le dessinateur que je ne connaissais pas est très adroit, j'aime son dessin, c'est une sorte de néo-Ligne claire mais très personnelle, parsemée de clins d'oeil puisqu'on aperçoit Benoit Brisefer, Gil Jourdan et plusieurs personnages de Spirou qui situent les références du dessinateur. Ses cases sont très remplies et riches de détails que j'ai aimé scruter, de même que les décors sont réalistes et les têtes des personnages typiques de cette époque, rien d'anachronique ne vient troubler ce dessin appliqué. Une très bonne série qui m'a rappelé le film le Train, grosse production américaine tournée en France par John Frankenheimer (avec pas mal d'acteurs français) qui décrivait les actions de la Résistance ; j'aurais vu la Bd plus en historique qu'en aventure car elle se déroule dans un contexte historique bien défini, je lirai avec plaisir le dernier tome.

25/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Légendes de la Garde
Légendes de la Garde

200ème avis. Mon choix se porte sur une série qui m’est chère, vous l’aurez compris à la vue de mon avatar. Découverte au fil de ses parutions, je l’ai relue récemment et mon ressenti est identique à celui d’Alix. Qu’est ce que c’est bon !! Une série qui me ravit, et qui monte en puissance à chaque tome. Je trouve le tout excessivement, magistralement, terriblement bien fait. David Petersen m’impressionne, il assure tout lui même (scénario, dessin et couleur) et n’arrête pas de s’améliorer. Son univers « Légendes de la garde » est juste magique à mes yeux, c’est mis en scène avec soin et dans une grande cohérence. Je peux comprendre que certains lecteurs ne s’y retrouvent pas, rien de super original ni bien sorcier au final, mais je ne sais pas trop comment expliquer, cette création résonne en moi, je trouve juste ça tout simplement génial. Vous savez, c’est quand vous avez cette petite voix dans votre tête pendant la lecture avec des : ah ouais, oh putain, ouah, trop bon, pfff (de bonheur) … à chaque page. J’ai adoré cette transposition « moyenâgeuse » à la société « animale », l’auteur maîtrise son sujet et ses références pour nous proposer de la grande aventure à la taille de nos héros. J’ai été soufflé des combats contre les prédateurs, je les ai trouvé épiques. J’ai aimé me perdre dans cet univers, lire les bonus, suivre la carte des territoires, découvrir les différentes villes, les poèmes entre chapitres, reconstituer la chronologie, faire connaissance avec une multitude de personnages … le tout est d’une richesse incroyable. On peut reprocher à l’œuvre certains défauts, un dessin un peu approximatif à ses débuts ou figé, une difficulté à reconnaître les personnages, un ton enfantin … mais qui ne m’ont absolument pas gêné tant le plaisir de lecture était là, du très très bon comics. Bref une œuvre qui me parle et me touche, l’impression de retrouver mon âme d’enfant à chaque fois. Elle possède une belle place dans ma bibliothèque, et j’aime beaucoup la taille et la qualité des albums. Allez hop, soyons pas avare, culte et coup de cœur !! Par contre, bien déçu que Gallimard ne traduise pas le recueil collectif :(

24/06/2022 (modifier)