Les derniers avis (9589 avis)

Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carbone & Silicium
Carbone & Silicium

Eh bien ! Moi qui ne lit que très (très) peu de SF, là, c'est un coup de maître. J'ai fini par acheter cette bd après de très nombreux conseils de mon libraire, d'amis, etc. J'ai donc mis la main sur ce beau livre et je ne l'ai pas regretté. Tout d'abord, il faut bien le dire, cette bande dessinée est magnifique. La couverture en jette, le format imposant en jette et les dessins en jettent. Le style est assez esthétique et les humains et robots sont assez beaux. Inutile de dire que c'est aussi le cas pour les décors, les paysages, les machines etc qui fourmillent de détails. J'ai aussi beaucoup aimé la colorisation un peu terne qui, si elle peut par moment gêner un peu la lecture, car c'est assez sombre et peu lumineux, rend superbement bien l'atmosphère apocalyptique du récit. Je découvre le style de Bablet sur cette bd et il a tout pour me plaire : il est particulier et donc reconnaissable, et me plait esthétiquement. Les personnages ont cette allure particulière qui les rend dégingandés, et j'aime bien. Autre bon point sur la couleur, j'ai beaucoup aimé ce choix-là qui rend bien l'atmosphère poussiéreuse et un peu apocalyptique de ce monde. Bref, gros coup de cœur graphique. J'ai aussi apprécié l'histoire, pas forcément le côté robot pur, mais plutôt les questions posées derrière, sur la liberté, la soif de découverte, la soif de survie des deux héros robots, chacun à leur manière. Le côté traversée des temps et des âges est aussi intéressant et sympa à voir, on a envie de savoir comment l'humanité évolue et quels seront les modes de vie et enjeux à chaque époque. Bablet nous propose une ballade très intéressante à travers les âges, sur le dos des deux protagonistes, qui restent les témoins de leurs époques, et un peu plus que ça. J'ai beaucoup aimé ce livre qui m'a donné envie de découvrir l'œuvre de son auteur, ce que je ne manquerai pas de faire.

23/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Similimondes
Similimondes

J’avais découvert il n’y a pas si longtemps ce petit éditeur, et ma foi, les petits albums au format à l’italienne qu’il publie sont vraiment intéressants. Et des 5 que j’ai pu lire, c’est clairement la série qui m’a le plus plu. Le coup de cœur est valable pour l’aspect graphique, mais aussi pour l’histoire elle-même, qui ne paye pas de mine, mais que j’ai trouvée à mon goût. Esthétiquement, j’ai trouvé le dessin très chouette. Un rendu proche de la carte à gratter, jouant sur toutes les nuances du Noir et Blanc, du gris, avec quelque chose de brumeux, d’évanescent qui conforte l’impression de rêverie dégagée par le récit. Le récit justement, où se mêlent fantastique, poésie, dans un univers assez riche, mais qui ne livre pas toutes les clés. Il y a un peu de surréalisme dans ces aventures improbables, un peu de de Crécy dans une certaine folie « douce ». Mais Tim Burton ou Bosch peuvent être convoqués au rayon des influences. Deux mondes s’ignorent, perchés je ne sais où, l’un sur l’autre (dans on ne sait quels nuages ou univers, rien n’est précisément ancré), deux univers qui sont reliés à la fin de ce premier tome lorsqu’un personnage « du dessous » est « remonté » au « dessus ». Quelques touches oppressantes, mais l’imagination est ici à son aise. Peu de dialogues, pas mal de commentaires en off. L’histoire , comme souvent chez cet éditeur, peut s’adresser à un jeune lectorat. Mais un adulte comme moi y a aussi trouvé son bonheur. J’attends de voir comment cette intrigue va se poursuivre, mais en l’état, c’est un récit que je vous encourage à découvrir.

22/11/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bergères Guerrières
Bergères Guerrières

Pour mon 6000ème avis j'avais envie de critiquer une série exceptionnelle et j'ai choisi celle-ci. Je n'irai pas jusqu'à la mettre dans mes séries cultes, mais peut-être qu'elle va le devenir un jour suite à une relecture. C'est vraiment le genre de série jeunesse qui peut plaire à toute la famille. Ça s'adresse aux enfants et jeunes ados, mais les thèmes sont assez matures pour qu'un adulte soit capable de trouver le récit captivant. On est loin des trucs guimauves et enfantins qui sortent chaque année au rayon jeunesse. On n'est pas dans un truc rempli de clichés du genre "en fait tout le monde est gentil les méchants étaient juste mal compris", c'est de l'aventure pure où les enfants sont réellement en danger. J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire cette saga. Le scénario est rapidement captivant et on va de surprise en surprise au fil des tomes. Les personnages sont bien développés, attachants et parfois un peu complexes. Un autre avantage est que les auteurs n'ont pas étiré inutilement la saga qui se termine après 4 tomes. Le dessin est vraiment excellent, j'aime particulièrement le bestiaire fantastique et aussi les paysage qui sont superbes à regarder. Un must de la BD jeunesse qui j'espère va devenir un classique qu'on va lire durant des décennies.

22/11/2022 (modifier)
Couverture de la série The autobiography of me too
The autobiography of me too

Plusieurs lectures depuis la sortie et je me marre toujours autant, mon œuvre préférée de cet auteur. Avec «The Autobiography of me too» Guillaume Bouzard se raconte sans trop se la raconter !! Ça ne plaira pas à tout le monde mais perso j’adhère à 200%, je m’y esclaffe à chaque fois à de nombreuses reprises. Qu’est ce que c’est con !! J’adore le ton et le style déployés par l’auteur, ça fait mouche avec moi. A travers de courts récits (forcément autobiographiques), il se met en scène dans son quotidien, il habite un petit village dans les Deux-sèvres, à base d’anecdotes truculentes et personnages récurrents : Cécile (sa femme), sa bande de potes et surtout son chien Flopi. C’est toujours très drôle dans les confrontations et mauvaise foi. Bouzard se dépeint avec énormément de talent et autodérision. Ici il est le prince de l’humour en bd, roi du potager, esthète en musique, grand poète de comptoir … je me gausse avec sa bénédiction. Dans le fond, ça me fait penser au « Retour à la terre » de Ferri et Larcenet mais sous une forme différente, à mes yeux beaucoup plus drôle et accrocheuse. En feuilletant rapidement, on se rendra vite compte que le graphisme (en N&B) n’est pas l’attrait principal de cette trilogie, malgré ça je l’adore, les expressions sont très bien rendues et renforcent l’humour des situations. Le gros point négatif va sur le prix, franchement pas donné malgré la qualité des albums, et que finalement ces derniers compilent juste des récits parus au préalable dans Psikopat. Cependant je ne regrette pas mes achats, petit coup de cœur perso !! Je prends toujours énormément de plaisir en compagnie de ce beau monde.

21/11/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Purgatoire
Purgatoire

Benjamin Tartouche est poursuivi par la malchance. Alors que l’avenir commençait enfin à se dessiner sous un jour favorable, patatras, des catastrophes en série le réduisent à dormir dans la rue. Confronté à l’injustice, à la malhonnêteté de son assureur et à l’indifférence générale, il finit par mourir sur une route de campagne, renversé par une voiture. Et c’est précisément à ce moment-là que l’aventure commence ! Arrivé au purgatoire, deux solutions s’offrent à lui : relever le défi de revenir parmi les vivants et devenir (alors qu’il est désormais invisible de tous) la petite voix de la bonne conscience et gagner le paradis, ou ne rien faire et descendre en enfer. Même si ce résumé sommaire peut laisser dubitatif sur l’intérêt de lire cette trilogie, je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler les mécanismes scénaristiques qui emmènent le lecteur d’un pas alerte jusqu’au terme de cette étonnante et émouvante histoire. C’est original, prenant et très bien écrit. Le dessin (en couleur, pour une fois) est très beau, sombre et le un côté « flottant » des scènes du purgatoire, très bien vu. Le dessin des autres pages n’est pas en reste et le découpage cinématographique donne du rythme. Les notions de « bien » et de « mal » ne sont pas traitées de manière caricaturale, notre héros (qui d’ailleurs n’en est pas un) a sa part d’ombre et sa liste de gros défauts. Christophe Chabouté sonde les noirceurs de l’âme humaine. Révélant au grand jour les malhonnêtes, les poltrons, les ambitieux, les profiteurs, il égratigne allègrement les assureurs, la religion, les hommes politiques et ceux qui croient en leurs promesses. Petit clin d’œil amusant, le purgatoire est peuplé de plein de gens que nous reconnaissons avec un certain amusement : artistes, personnages historiques… comme Gainsbourg, Brassens, van Gogh, Chaplin puisque la notion de temps n’existe plus. Une série originale avec une vraie profondeur, maîtrisée de bout en bout avec un final très réussi. Que demander de plus ?

21/11/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Batman Chronicles
Batman Chronicles

3.5 Urban Comics continue d'exploiter le filon de Batman et ici ils ont la bonne idée de publier l'intégrale des aventures de Batman depuis 1987, l'année où a commencé la version moderne du personnage après le reboot de l'univers de DC Comics. Bon, le problème est que si on a collectionné déjà les albums Batman, il va y avoir des doublons. Par exemple, rien que dans le premier volume il y a le classique ''Batman - Année Un'', la première partie de ''La Saga de Ra's Al Ghul'' et deux histoires avaient déjà été publiées par Urban Comics l'an dernier dans leurs deux séries de recueils sur l'univers de Batman. Au moins si un lecteur veut découvrir Batman avec des vieux récits pas trop datés et dans leur ordre de parution, il pourra lire ces albums sans avoir à aller de gauche à droite pour essayer de dénicher de vieux albums ou magazines et il y aura pas de trous à combler, il y aura tout dans cette intégrale. Pour l'instant, il y a que les deux intégrales pour l'année 1987 (un album pour la série et un autre pour la série Detective Comics) et ma préférence va pour celle de Detective Comics. En effet, j'aime bien le court run de Mike Barr sur le personnage. Je trouve qu'il mélange bien l'humour et le drame. C'est plus sérieux que le vieux show d'Adam West, mais Barr n'a pas non plus peur du coté kitch de l'univers de Batman, contrairement à certains auteurs modernes qui veulent que ça soit la série la plus adulte de tous les temps. En plus, plusieurs épisodes sont dessinés par un de mes dessinateurs de comics préférés, Alan Davis. En comparaison, la qualité du premier volume portant sur les épisodes du magazine Batman est inégale, à cause du nombre de scénaristes différents selon les épisodes, mais la qualité est tout de même bonne, même si certains dessinateurs ont un trait un peu daté. La qualité rédactionnelle est bonne aussi quoiqu'il y a des coquilles, et je trouve qu'Urban Comics pourrait tout de même faire un effort vu le prix des albums. Ayant lu la plupart des comics Batman des années 1987-1993 (l'année du début de la saga ''Batman - Knightfall'') durant le confinement, lorsque tout était fermé et qu'il fallait bien que je lise quelque chose durant mes temps libres, je sais déjà ce que l'on va retrouver dans les volumes suivants et je trouve que c'est une des meilleures périodes de Batman, lorsque les auteurs pouvaient faire des histoires sérieuses sans oublier d'être amusant et qu'on construisait un univers crédible pour Batman. La seule tache est le court run de Jim Starlin sur le personnage. La plupart des histoires ne sont pas géniales et je déteste comment il traite les personnages de Robin et du Joker. C'est d'ailleurs son run (sauf le premier numéro paru en 1987 et donc déjà disponible) qu'on retrouve dans le prochain tome à paraitre et je ne le lirai pas.

20/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Lord Gravestone
Lord Gravestone

Découvert cette Bd par hasard, et d'emblée j'ai adoré ! On est à fond dans le gothique anglais avec toute la mythologie un peu clinquante des récits à la Edgar Poe ou Sheridan Le Fanu, avec un arsenal maléfique classique : vampirisme, loups-garous, tueurs de vampires, démons divers, exorcistes, vieux manoirs, nuits de pleine lune, cimetières sinistres, landes de Dartmoor... pas de doute, on sait où les auteurs veulent nous emmener, dans cette bonne vieille Angleterre pour un récit horrifique dans la grande tradition où la lutte du Bien et du Mal est au centre. Il est clair que les auteurs n'hésitent pas à puiser dans la mythologie cinématographique en reprenant pas mal de références vues dans les films de la Hammer ou les vieux films en noir et blanc Universal des années 30, tout comme Swolfs avait fait dans Le Prince de la Nuit qui aussi puisait dans ce vivier horrifique et démoniaque. On pourrait croire que ça fait un peu beaucoup et que tout cet arsenal transpire le déja vu et archi vu ; sans doute, mais qu'importe, je marche quand même parce que c'est ce fantastique là que j'aime par dessus tout, ça et le paranormal, et là je suis servi ! Malgré ces nombreuses références aux Dracula, aux lycanthropes et à Van Helsing, le récit a une réelle épaisseur parce que les auteurs situent l'histoire au tout début du XIXème siècle, dans une époque pré-victorienne, soit avant le Dracula de Stoker, ce qui évite certains clichés. D'autre part, ils installent une vraie ambiance d'épouvante réactualisée et propre à la bande dessinée moderne, en utilisant un manichéisme modéré. Dans le tome 1, l'histoire prend son temps pour se mettre en place au travers de sous-intrigues intéressantes qui seront développées plus loin dans les autres tomes, et le tome 2 ajoute des références littéraires. Et quand tout ceci est illustré par un dessin à la hauteur, je ne peux qu'apprécier encore plus ; le dessin de Siner est superbe et colle parfaitement à cet aspect gothique qu'il accentue par ses couleurs froides et ses jeux d'ombres, générateurs d'une ambiance très évocatrice, j'aime quand un dessin est créateur d'ambiance, ici tout dans la composition, la mise en page, les cadrages donnent le tournis à la lecture, c'est fabuleux. Je trouve que Siner fait mieux que sur Horacio d'Alba, bande que j'avais peu appréciée mais dont j'avais déja relevé l'esthétisme du trait qui ici fait preuve de plus de finesse, pour moi c'est l'osmose parfaite entre scénario et dessin. Un vrai récit épique et fascinant.

20/11/2022 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Orbital
Orbital

J'avais hésité à mettre 4/5 puis ai finalement opté pour un 5 car je n'arrive pas à trouver de défaut à cette série. Le dessin est très bon et dynamique (mention spéciale à la meilleure représentation de pluie intense que j'aie vu dans une bd), les scénarii intelligents, les personnages travaillés... Les designs sont excellents et l'ensemble très dépaysant tout en gardant une cohérence qui n'est pas présente dans d'autres (pourtant bonnes) séries comme par exemple Sillage. On sent vraiment que les auteurs se creusent la tête pour arriver à ce résultat! Bref, le seul défaut de cette série est qu'elle ne soit pas plus connue car j'aurais voulu la lire plus tôt... J'espère donc que mon avis aidera à la faire découvrir au plus grand nombre.

19/11/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Mer à boire
La Mer à boire

"Bienvenue à Bruxelles, son lac, sa plage, ses montagnes, ses promenades, son casino." L'univers de Blutch est difficile à décrypter et cet album ne fera pas exception. Je ne vais pas chercher à en faire un résumé, trop compliqué, le mieux c'est de lire le texte de l'éditeur ci-dessus. Un album qui parle d'amour et des affres du temps. Une quête, la recherche des premiers émois. C'est totalement absurde et drôle (allez voir la dernière image de la dernière planche dans la galerie, allez ! J'attends  ...... Qu'est-ce que je disais), un récit entre rêves et réalités, entre passé et présent. Un sacré bordel. J'avoue avoir été quelque peu désorienté au début de ma lecture, mais je suis vite retombé sur mes deux jambes et j'ai pris du plaisir à suivre les aventures abracadabrantesques de nos deux tourtereaux. C'est irrationnel, surprenant et irrespectueux. J'ai adoré. La ligne droite n'est pas forcément le plus court chemin entre une femme A et homme B. Blutch nous gratifie de magnifiques planches percutantes et d'une mise en page esthétique. Les couleurs sont superbes. Je ne peux que recommander cette bd à tous les amateurs d'absurdité. Coup de cœur. Mise à jour après une seconde lecture. 4 étoiles évidemment. Toujours aussi déroutant et captivant.

17/11/2022 (MAJ le 19/11/2022) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nettoyage à sec
Nettoyage à sec

Cet album est avant tout une ambiance, une ambiance pluvieuse, froide et humide dans laquelle notre héros, François, mène une vie routinière et plutôt solitaire. J’ai vraiment aimé de plonger, dès le début du récit, dans un dessin superbe et muet. Cette BD pourrait se lire assez vite, mais elle mérite qu’on prenne le temps de s’arrêter sur le dessin et ses grandes planches immergeant le lecteur dans Bruxelles sous la pluie. Les lignes des immeubles et les couleurs brouillées, les couleurs de la ville qui se reflètent dans d’immenses flaques d’eau et François courbé en deux qui court sous la pluie. La banalité du quotidien et ses petites contrariétés... Et puis un jour, un événement inattendu va tout changer, remettre en question ce fragiles équilibre… Coup de chance ou néfaste hasard ? C’est un album qui se lit assez vite si on ne se force pas à ralentir un peu et à prendre le temps d’en profiter. Vraiment beau et prenant.

19/11/2022 (modifier)