Pour moi qui lit très très peu de bd, presque uniquement des Schuiten et Peeters, j'ai découvert avec un immense plaisir l'univers steam punk de cette série. Les dessins et les couleurs sont hyper soignés, les personnages atypiques, un mélange d'humour, de technique, et de réflexions intellectuelles, le tout baignant dans une sorte de flegme chic victorien... très dépaysant. Cette bd me transporte. J'oserais presque dire que les images sont tellement convaincantes et belles qu'elles suffisent à elles seules à conseiller la lecture de ces ouvrages aux rêveurs passionnés de sciences et de technicité.
J'aime les biographies et la musique classique, de manière générale. Me voilà donc naturellement attiré par la vie menée par Beethoven, à grands coups de baguette ! Après avoir fini un livre sur Claude Debussy, puis un autre de Clara Wieck-Schumann (et "son Robert"), je continue mon voyage dans le temps avec le même plaisir.
Cet enchaînement de lectures m'amène d'ailleurs à penser que le livre relatant les histoires de cette époque possède une force que la BD ne peut s'offrir: les correspondances. Que c'est immersif! Enfin, qu’à cela ne tienne, la BD détient plusieurs atouts qui lui sont propre, à commencer par le graphisme. Qu’en est-il ici ? Eh bien je suis plutôt conquis, notamment par les premières planches (Ouverture de la 9ème Symphonie) et les dernières (Finale). Elles ont du poids, apportent de la magnificence et permettent de ressentir l'intensité de l'évènement. Entre les deux, je suis un chouïa frustré par l'irrégularité (les portraits 3/4 ne sont pas totalement maîtrisés techniquement, je trouve) et par le rendu trop épuré à mon goût. Mais les scènes de solitude de Ludwig restent saisissantes à mes yeux.
C'est le scénario qui est pour moi la plus grande réussite. Déjà l'approche attisait ma curiosité, et je la trouve aussi bien originale que réussie : l'auteur parvient à nous présenter Beethoven essentiellement à partir d'une journée vécue sur ses 57 ans d'existence. Pari tenu! Et puis surtout, j'ai adoré le lien qui a été fait avec l'une de ses œuvres les plus célèbres: la 9ème symphonie, la dernière avant sa mort. Cela peut paraître convenu - c'est cette symphonie qui intègre l'ode à la joie comme finale du dernier mouvement - mais c'est surtout très intelligent par rapport au récit. En effet, la rencontre des puissants européens dans un contexte de guerre et l'affirmation de Beethoven dans ce milieu sont les deux grands éléments qui s'entrechoquent et qui forgent toute l'intrigue. Et voilà le récit qui nous embarque jusqu'à l'hymne de l'Union Européenne. Et ça n'est pas seulement un clin d'œil pour nous, lecteurs du XXIème siècle, c'est aussi la volonté de mettre en avant tout l'esprit de Beethoven: il est non seulement l'un des plus grands compositeurs de notre monde, mais c'était aussi un visionnaire, un idéaliste ayant visé l'émancipation des peuples et l'universalité par la musique. Et je pense bien qu'il a réussi, parce-que ses œuvres parlent à tout le monde, elles sont connues, jouées, désirées partout et dans le monde entier. CQFD.
Parlons musique, il n'y a pas que la 9ème symphonie de citée! Une playlist est présente en postface (avec QR code pour être redirigé sur Deezer). Cette sélection est incroyable pour découvrir Beethoven. On retrouve les symphonies et sonates pour piano bien sûr, grands classiques du répertoire, mais les pièces pour violon et les quatuors à cordes sont à placer au même rang que ses chefs d'œuvres les plus connus. Suffit d'un clic, et vous accédez à plus de 3h de musique, quel bonheur.
Une histoire que j'aurai plaisir à relire, accessible et inspirante.
J'ai pas mal entendu parler de ce manga et c'est donc sans la moindre appréhension que je l'ai feuilleté dans un magasin. J'ai tout de suite eu envie de l'acheter (et j'ai pris directement les 5 tomes sortis, je découvre d'ailleurs à l'instant que le tome 6 est sorti...mon dieu les magasins sont fermés!!! :'( ).
J'ai alors découvert un univers riche et des personnages intéressants, loins des clichés. Ce monde où herbivores et carnivores cohabitent tant bien que mal cache bien des secrets, que Legoshi va découvrir au fil de cette histoire. Lui, le grand carnivore, est un peu à part...en effet, il est assez taciturne et ne comprend pas vraiment le comportement de certains autres de ses camarades voire ne s'y intéresse pas.
Certains sont motivés par le fait de devenir le Beastar, d'autres par la domination des herbivores, les petits herbivores comme les souris tentent surtout d'arriver à la fin de la journée sans encombre, etc.
Tout est bien maîtrisé et la psychologie des différents personnages est cohérente et intéressante. Le dessin, quant à lui, est bon et dynamique, personnellement je l'ai bien apprécié. Il n'est certes pas très "précis" mais je pense que cela donne un style au manga et permet de faire passer les émotions des protagonistes plus facilement.
Bref, j'attends avec impatience de lire la suite et je recommande vivement cette lecture!
_______________________________________________
MAJ après lecture de l'intégralité de la série:
Mon avis reste le même, la série est aussi bonne du début à la fin et on se régale. Les personnages de Legoshi, Haru, Louis, le gang des Lions mais aussi les autres lycéens, les voisins de Legoshi et autres personnages secondaires sont attachants et plutôt bien travaillés, avec beaucoup de profondeur.
Bref, une oeuvre intelligente, qui ne s'éternise pas (même si 22 volumes peut être beaucoup pour certains) et qui reste constante.
Achat vivement conseillé.
C'est mon frère, féru d'animé, qui m'avait fait découvrir l'univers déjanté de l'autrice Q-Hayashida avec sa série Dorohedoro. J'étais donc très curieux de découvrir la nouvelle série de Q-Hayashida !
Et le moins qu'on puisse dire c'est que côté barré et déjanté, on est servi ! "Dai Dark" nous plonge dans de la SF mâtinée de dark fantasy, nous immergeant dans un univers où personnages et lieux d'action se tirent la bourre pour être celui qui surprendra le plus. Notre héros Sanko Zaha a en effet des os qui auraient la capacité de réaliser n'importe quel vœux ; c'est donc affublé de son comparse sac à dos Aviakan, une espèce de garde du corps squelettique qui fait autant office de couteau suisse que de compagnon d'arme ou de déconnade, que nos deux loustics vont devoir défendre chèrement leur peau, face à toute sorte de créatures voulant s'approprier ce fameux pouvoir.
On flirte avec un surréalisme spatial où le gore et le dark s'invitent volontiers dès que possible, tout ça emprunt d'une légèreté et d'une insouciance détonante de la part de notre cher Sanko Zaha, créant ainsi une ambiance assez unique qui sera à mon avis clivante pour le lecteur. C'est typiquement le genre de lecture qu'on aime ou qu'on aime pas, mais l'entre deux ne me semble guère possible. Pour ma part, j'ai adoré me faire surprendre chapitre après chapitre, devant telle situation loufoque, gore, ou un personnage complètement barré (mention spéciale à Death Delamore ^^ ).
Côté graphisme on est aussi assez loin des standards du genre, Q-Hayashida proposant un très nerveux et expressif qui colle à merveille à cet univers sombre et unique.
Voilà en tout cas une série atypique qui ravira les lecteurs qui aiment se faire surprendre et sortir des sentiers battus ! Espérons que la suite soit tout aussi déjantée !
*** Tome 2 & 3 ***
Après la (très bonne) surprise du 1er tome qui m'avait scotché par son ton et son originalité tant graphique que scénaristique, restait à voir si la suite serait du même tenant pour transformer l'essai. Mais pour ça, Q-Hayashida semble savoir y faire ! En tout cas pour ma part, je suis fan de cet univers si singulier qu'on continue de découvrir au fil des tomes.
Ah le Spectrum par exemple : voilà le genre de vaisseau spatial qu'on est pas près de croiser dans Star Wars. Taillé comme un chien à coup de serpe (on est pas dans le pur race, mais plutôt dans le croisement de bâtards) dans lequel on s'introduit par le trou du Luc, le Spectrum est un vaisseau dont l'agencement et la décoration laissé au bon soin du chien robot qui le dirige, laissent rêveur. Les pièces sont toutes plus hallucinantes les unes que les autres, et on sent que tout y a été pensé pour le plaisir de Sanko et de ses invités. Et ce bolide n'est qu'UN des délires hallucinants de l'autrice...
Car le reste du récit, que ce soit ses voyages et ses rencontres sont du même tenant, oscillant toujours entre le gore, le trash et l'infantile. Sanko a beau être la personne la plus recherchée et redoutée de l'univers, il n'en reste pas moins qu'un "sale gosse". Et c'est ce contraste qui donne toute sa saveur au personnage. Tout comme ce graphisme rugueux qui fourmille pourtant de détails et qui scelle la patte si singulière du travail de Q-Hayashida.
Un bel OVNI que cette série, j'attends la suite avec impatience !
Il faut avouer que la couverture ne m'incitait pas à me ruer sur cette série. C'est un peu par hasard que j'ai lu cet album et je ne le regrette pas.
J'ai été captivé par l'ambiance du livre dès les premières pages. Tout au long du récit l'excellente mise en scène de Chloé Cruchaudet m'a tenu dans le récit par les différentes péripéties du couple Paul (Suzy)/Louise.
L'autrice nous propose une adaptation vraiment réussie d'une histoire très originale. Elle arrive avec succès à enchaîner des épisodes tendres, cocasses, dramatiques et imprévus. C'est aussi une réflexion assez originale sur le genre et la liberté des moeurs possibles dans les années 20.
La mise en couleur est assez austère faite des gris pour l'ambiance générale et des éléments rouges pour le passionnel ou le tragique.
Cruchaudet ne fait pas de compromis dans ses scènes de guerre ou ses scènes de sexe. Dans les deux cas point de voyeurisme mais une ambiance qui tombe juste.
L'autrice nous conduit jusqu'à une fin assez inattendue bien pensée grâce à la construction du récit.
Une très bonne surprise de lecture pour ce roman intime qui change de l'ordinaire.
Toute première publication en album de Spirou et Fantasio, cet album recense six récits du groom célèbre écrits et dessinés par Jijé.
Témoin d'une époque, Spirou et l'aventure est d'abord la marque d'une liberté totale accordée aux auteurs. Le récit que Jijé instaure au fil de ces six histoires n'a ni queue ni tête, il n'est que le prétexte à un enchaînement de gags parfois délirants à l'extrême ! Enchaînant les péripéties complètement rocambolesques, l'auteur navigue entre science-fiction débridée et récit policier plus classique, sans oublier le volet "exploration" inhérent aux personnages.
Il ne faut donc pas trop chercher de logique en entamant ce récit, mais plutôt se laisser bercer par la folie douce de Jijé et de sa créativité débordante. Son trait est à l'image du récit, complètement exubérant, très fantaisiste et revêt différentes formes au fur et à mesure des différentes histoires, qui voient plusieurs essais se mettre en place quant au physique des personnages. Jijé s'amuse même à expérimenter un montage étonnamment moderne, dans une séquence futuriste absolument folle où il fait éclater les contours des cases pour mieux se libérer des contraintes formelles qu'il rencontre, et ainsi mieux mettre en scène l'aspect délirant de son univers.
Les gags prêtent très souvent à rire ou sourire, et rythment un récit qui ne manque jamais de dynamisme. On n'a jamais le temps de dire "ouf" et c'est tant mieux, car c'est ainsi qu'on profite au mieux du récit sans jamais interroger ses circonvolutions parfois très artificielles.
Gentiment désuet tant dans la forme que dans le fond (la dernière histoire risque de faire grincer des dents ceux qui voudraient effacer la vision colonisatrice, voire ici ouvertement raciste, qui affectaient certaines bandes de l'époque), Spirou et l'aventure est une de ces petites pépites à découvrir si on est vraiment fan de Jijé ou du Spirou des tout débuts. Il représente en tous cas une jolie pierre dans l'histoire de la bande dessinée franco-belge, et mérite le détour, ne serait-ce que pour cette simple raison.
Caramba ! Mais quelle jolie petite madeleine de Proust que ce Pixel Boy !!!
Déjà l'objet en soi est joli, vous ne le voyez pas ici sur ce site mais le visage du héros est animé par imagerie lenticulaire en surimpression de la couverture. Cela fait son petit effet et met de suite dans l'ambiance. L'histoire de Super Pixel Boy est en fait constituée de petites histoires mettant en scène le jeune garçon et sa famille ou ses copains de classe. Une passion les anime : le jeu vidéo ! Mais Loïc Clément le scénariste met en scène ses propres souvenirs. Cela commence souvent par une anecdote puis se termine sur des cases reproduisant des jeux célèbres des années 80 parfaitement intégrées dans l'histoire. Boris Mirroir maitrise le Pixel Art à la perfection en y ajoutant de savoureux dialogues pas piqués des hannetons et bien souvent rigolos. Ah et c'est souvent le visage de Pixel Boy qui remplace le héros principal qu'il s'agisse de Link ou de Batman. La plupart des jeux sont issus de la première console de salon Nintendo qu'on appelait vulgairement la NES mais il n'est pas non plus nécessaire de connaitre ces jeux par coeur tant ils sont rapidement et ingénieusement expliqués.
Ce premier tome (gageons qu'un second devrait rapidement voir le jour avec une autre machine comme la Super Nintendo par exemple) devrait connaitre un franc succès auprès des quadras ou quinquas de la bande mais il pourrait également séduire un autre public pas forcément geek tant il arrive à reproduire le quotidien d'une bande de copains. C'est donc un véritable coup de cœur pour ce petit livre de mémoire d'un scénariste sincère qui a su trouver le dessinateur idéal pour illustrer une époque vraiment fun où les gosses savaient s'amuser pendant des heures avec de jolis pixels.
J’ai adoré ! Joel Alessandra joue avec les couleurs. La luminosité est magnifique. L’alternance des tons ocres et des tons bleus est fascinante. Les planches sont des aquarelles. Et même si les décors sont plutôt sommaires et le trait pas trop détaillé, la poésie et la sensualité qui se dégagent de ce récit mélo dramatique - un peu autobiographique - sont ensorcelantes. Oui oui ça prend aux tripes. Cela ne peut se lire que d’une traite bien évidement.
Un homme fuit ses responsabilités. Il ne veut pas s’impliquer dans une relation partagée. Il choisit la fuite. Il préfère décamper à toutes jambes au fin fond de l’Afrique pour plonger dans l’alcool et dans la solitude. Sa lâcheté va pourtant le rattraper. Cette expérience va lui ouvrir les yeux. Il va remonter la pente. Lentement. Jusqu’à la rédemption.
Voilà donc un délicieux album émouvant qui pourra provoquer quelques larmes.
Cette BD m'avait été offerte par mon grand frère quand j'étais au lycée, elle m'a baignée, fait rire et beaucoup motivée, boostant ainsi l'idée que j'avais de me spécialiser pendant mes études dans la bande dessinée !
Simple, efficace, vivant, expressif, à lire absolument.
Ohhhh mais c'est énorme ça !
C'est en somme une histoire simple... et complexe. Nous avons deux supposées sorcières, qui aidées par un gamin au coeur sur la main, essaient d'échapper à l'inquisition. Très vite les questions s'accumulent : qui sont-elles vraiment ? D'où viennent leurs pouvoirs ? Comment Georg les a-t-il sorties de leur prison ? Petit à petit on raccroche les wagons, on reconstitue le puzzle... Mais ce n'est pas facile, car Ongle et Pluie elles-mêmes ont oublié jusqu'à leur nom, leur vie d'avant, si tant est qu'elles en aient eu une... Le pauvre Georg, en butte avec ces questions constantes, essaie néanmoins d'aider ces deux malheureuses, armé de ses piètres talents et de sa gentillesse. Ce qui n'est pas facile. D'autant plus que le Mage lancé à leur poursuite, n'a aucune pitié, même si lui-même est en proie à des démons comparables à ceux de ses proies...
Le récit est incroyable, il brasse le traumatisme (j'ai RESSENTI physiquement la souffrance infinie des deux fuyardes), la rédemption et encense l'amitié, envers et contre tout. Les scènes où la tendresse qui lie ces trois personnages mais aussi leur séparation, la frustration de Georg, sont purement déchirantes. A la fin de ce premier volume Aniss El Hamouri laisse encore de nombreuses zones d'ombre au sujet de ses personnages, de leurs origines et de leur destin. Il y a plus de 200 pages, et on ne les voit pas passer, j'ai rarement connu une telle prouesse !
Graphiquement il y a du Sfar dans le style d'El Hamouri, mais dans une dimension différente, à la fois plus maîtrisée et plus torturée. Le tout est réalisé en bichromie, avec un brun savamment dosé. On eût pu croire qu'il utiliserait une autre couleur pour les scènes oniriques, mais elles sont dans les mêmes tons, respectant ainsi l'impression donnée par Ongle, que rêves et réalité sont difficilement différenciables, tellement l'horreur est présente partout...
Il va falloir attendre un an avant de lire la suite, espérons qu'elle sera à la hauteur de ce premier segment.
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Le Voyage Extraordinaire
Pour moi qui lit très très peu de bd, presque uniquement des Schuiten et Peeters, j'ai découvert avec un immense plaisir l'univers steam punk de cette série. Les dessins et les couleurs sont hyper soignés, les personnages atypiques, un mélange d'humour, de technique, et de réflexions intellectuelles, le tout baignant dans une sorte de flegme chic victorien... très dépaysant. Cette bd me transporte. J'oserais presque dire que les images sont tellement convaincantes et belles qu'elles suffisent à elles seules à conseiller la lecture de ces ouvrages aux rêveurs passionnés de sciences et de technicité.
Beethoven - Le Prix de la liberté
J'aime les biographies et la musique classique, de manière générale. Me voilà donc naturellement attiré par la vie menée par Beethoven, à grands coups de baguette ! Après avoir fini un livre sur Claude Debussy, puis un autre de Clara Wieck-Schumann (et "son Robert"), je continue mon voyage dans le temps avec le même plaisir. Cet enchaînement de lectures m'amène d'ailleurs à penser que le livre relatant les histoires de cette époque possède une force que la BD ne peut s'offrir: les correspondances. Que c'est immersif! Enfin, qu’à cela ne tienne, la BD détient plusieurs atouts qui lui sont propre, à commencer par le graphisme. Qu’en est-il ici ? Eh bien je suis plutôt conquis, notamment par les premières planches (Ouverture de la 9ème Symphonie) et les dernières (Finale). Elles ont du poids, apportent de la magnificence et permettent de ressentir l'intensité de l'évènement. Entre les deux, je suis un chouïa frustré par l'irrégularité (les portraits 3/4 ne sont pas totalement maîtrisés techniquement, je trouve) et par le rendu trop épuré à mon goût. Mais les scènes de solitude de Ludwig restent saisissantes à mes yeux. C'est le scénario qui est pour moi la plus grande réussite. Déjà l'approche attisait ma curiosité, et je la trouve aussi bien originale que réussie : l'auteur parvient à nous présenter Beethoven essentiellement à partir d'une journée vécue sur ses 57 ans d'existence. Pari tenu! Et puis surtout, j'ai adoré le lien qui a été fait avec l'une de ses œuvres les plus célèbres: la 9ème symphonie, la dernière avant sa mort. Cela peut paraître convenu - c'est cette symphonie qui intègre l'ode à la joie comme finale du dernier mouvement - mais c'est surtout très intelligent par rapport au récit. En effet, la rencontre des puissants européens dans un contexte de guerre et l'affirmation de Beethoven dans ce milieu sont les deux grands éléments qui s'entrechoquent et qui forgent toute l'intrigue. Et voilà le récit qui nous embarque jusqu'à l'hymne de l'Union Européenne. Et ça n'est pas seulement un clin d'œil pour nous, lecteurs du XXIème siècle, c'est aussi la volonté de mettre en avant tout l'esprit de Beethoven: il est non seulement l'un des plus grands compositeurs de notre monde, mais c'était aussi un visionnaire, un idéaliste ayant visé l'émancipation des peuples et l'universalité par la musique. Et je pense bien qu'il a réussi, parce-que ses œuvres parlent à tout le monde, elles sont connues, jouées, désirées partout et dans le monde entier. CQFD. Parlons musique, il n'y a pas que la 9ème symphonie de citée! Une playlist est présente en postface (avec QR code pour être redirigé sur Deezer). Cette sélection est incroyable pour découvrir Beethoven. On retrouve les symphonies et sonates pour piano bien sûr, grands classiques du répertoire, mais les pièces pour violon et les quatuors à cordes sont à placer au même rang que ses chefs d'œuvres les plus connus. Suffit d'un clic, et vous accédez à plus de 3h de musique, quel bonheur. Une histoire que j'aurai plaisir à relire, accessible et inspirante.
Beastars
J'ai pas mal entendu parler de ce manga et c'est donc sans la moindre appréhension que je l'ai feuilleté dans un magasin. J'ai tout de suite eu envie de l'acheter (et j'ai pris directement les 5 tomes sortis, je découvre d'ailleurs à l'instant que le tome 6 est sorti...mon dieu les magasins sont fermés!!! :'( ). J'ai alors découvert un univers riche et des personnages intéressants, loins des clichés. Ce monde où herbivores et carnivores cohabitent tant bien que mal cache bien des secrets, que Legoshi va découvrir au fil de cette histoire. Lui, le grand carnivore, est un peu à part...en effet, il est assez taciturne et ne comprend pas vraiment le comportement de certains autres de ses camarades voire ne s'y intéresse pas. Certains sont motivés par le fait de devenir le Beastar, d'autres par la domination des herbivores, les petits herbivores comme les souris tentent surtout d'arriver à la fin de la journée sans encombre, etc. Tout est bien maîtrisé et la psychologie des différents personnages est cohérente et intéressante. Le dessin, quant à lui, est bon et dynamique, personnellement je l'ai bien apprécié. Il n'est certes pas très "précis" mais je pense que cela donne un style au manga et permet de faire passer les émotions des protagonistes plus facilement. Bref, j'attends avec impatience de lire la suite et je recommande vivement cette lecture! _______________________________________________ MAJ après lecture de l'intégralité de la série: Mon avis reste le même, la série est aussi bonne du début à la fin et on se régale. Les personnages de Legoshi, Haru, Louis, le gang des Lions mais aussi les autres lycéens, les voisins de Legoshi et autres personnages secondaires sont attachants et plutôt bien travaillés, avec beaucoup de profondeur. Bref, une oeuvre intelligente, qui ne s'éternise pas (même si 22 volumes peut être beaucoup pour certains) et qui reste constante. Achat vivement conseillé.
Dai Dark
C'est mon frère, féru d'animé, qui m'avait fait découvrir l'univers déjanté de l'autrice Q-Hayashida avec sa série Dorohedoro. J'étais donc très curieux de découvrir la nouvelle série de Q-Hayashida ! Et le moins qu'on puisse dire c'est que côté barré et déjanté, on est servi ! "Dai Dark" nous plonge dans de la SF mâtinée de dark fantasy, nous immergeant dans un univers où personnages et lieux d'action se tirent la bourre pour être celui qui surprendra le plus. Notre héros Sanko Zaha a en effet des os qui auraient la capacité de réaliser n'importe quel vœux ; c'est donc affublé de son comparse sac à dos Aviakan, une espèce de garde du corps squelettique qui fait autant office de couteau suisse que de compagnon d'arme ou de déconnade, que nos deux loustics vont devoir défendre chèrement leur peau, face à toute sorte de créatures voulant s'approprier ce fameux pouvoir. On flirte avec un surréalisme spatial où le gore et le dark s'invitent volontiers dès que possible, tout ça emprunt d'une légèreté et d'une insouciance détonante de la part de notre cher Sanko Zaha, créant ainsi une ambiance assez unique qui sera à mon avis clivante pour le lecteur. C'est typiquement le genre de lecture qu'on aime ou qu'on aime pas, mais l'entre deux ne me semble guère possible. Pour ma part, j'ai adoré me faire surprendre chapitre après chapitre, devant telle situation loufoque, gore, ou un personnage complètement barré (mention spéciale à Death Delamore ^^ ). Côté graphisme on est aussi assez loin des standards du genre, Q-Hayashida proposant un très nerveux et expressif qui colle à merveille à cet univers sombre et unique. Voilà en tout cas une série atypique qui ravira les lecteurs qui aiment se faire surprendre et sortir des sentiers battus ! Espérons que la suite soit tout aussi déjantée ! *** Tome 2 & 3 *** Après la (très bonne) surprise du 1er tome qui m'avait scotché par son ton et son originalité tant graphique que scénaristique, restait à voir si la suite serait du même tenant pour transformer l'essai. Mais pour ça, Q-Hayashida semble savoir y faire ! En tout cas pour ma part, je suis fan de cet univers si singulier qu'on continue de découvrir au fil des tomes. Ah le Spectrum par exemple : voilà le genre de vaisseau spatial qu'on est pas près de croiser dans Star Wars. Taillé comme un chien à coup de serpe (on est pas dans le pur race, mais plutôt dans le croisement de bâtards) dans lequel on s'introduit par le trou du Luc, le Spectrum est un vaisseau dont l'agencement et la décoration laissé au bon soin du chien robot qui le dirige, laissent rêveur. Les pièces sont toutes plus hallucinantes les unes que les autres, et on sent que tout y a été pensé pour le plaisir de Sanko et de ses invités. Et ce bolide n'est qu'UN des délires hallucinants de l'autrice... Car le reste du récit, que ce soit ses voyages et ses rencontres sont du même tenant, oscillant toujours entre le gore, le trash et l'infantile. Sanko a beau être la personne la plus recherchée et redoutée de l'univers, il n'en reste pas moins qu'un "sale gosse". Et c'est ce contraste qui donne toute sa saveur au personnage. Tout comme ce graphisme rugueux qui fourmille pourtant de détails et qui scelle la patte si singulière du travail de Q-Hayashida. Un bel OVNI que cette série, j'attends la suite avec impatience !
Mauvais genre
Il faut avouer que la couverture ne m'incitait pas à me ruer sur cette série. C'est un peu par hasard que j'ai lu cet album et je ne le regrette pas. J'ai été captivé par l'ambiance du livre dès les premières pages. Tout au long du récit l'excellente mise en scène de Chloé Cruchaudet m'a tenu dans le récit par les différentes péripéties du couple Paul (Suzy)/Louise. L'autrice nous propose une adaptation vraiment réussie d'une histoire très originale. Elle arrive avec succès à enchaîner des épisodes tendres, cocasses, dramatiques et imprévus. C'est aussi une réflexion assez originale sur le genre et la liberté des moeurs possibles dans les années 20. La mise en couleur est assez austère faite des gris pour l'ambiance générale et des éléments rouges pour le passionnel ou le tragique. Cruchaudet ne fait pas de compromis dans ses scènes de guerre ou ses scènes de sexe. Dans les deux cas point de voyeurisme mais une ambiance qui tombe juste. L'autrice nous conduit jusqu'à une fin assez inattendue bien pensée grâce à la construction du récit. Une très bonne surprise de lecture pour ce roman intime qui change de l'ordinaire.
Spirou et l'aventure
Toute première publication en album de Spirou et Fantasio, cet album recense six récits du groom célèbre écrits et dessinés par Jijé. Témoin d'une époque, Spirou et l'aventure est d'abord la marque d'une liberté totale accordée aux auteurs. Le récit que Jijé instaure au fil de ces six histoires n'a ni queue ni tête, il n'est que le prétexte à un enchaînement de gags parfois délirants à l'extrême ! Enchaînant les péripéties complètement rocambolesques, l'auteur navigue entre science-fiction débridée et récit policier plus classique, sans oublier le volet "exploration" inhérent aux personnages. Il ne faut donc pas trop chercher de logique en entamant ce récit, mais plutôt se laisser bercer par la folie douce de Jijé et de sa créativité débordante. Son trait est à l'image du récit, complètement exubérant, très fantaisiste et revêt différentes formes au fur et à mesure des différentes histoires, qui voient plusieurs essais se mettre en place quant au physique des personnages. Jijé s'amuse même à expérimenter un montage étonnamment moderne, dans une séquence futuriste absolument folle où il fait éclater les contours des cases pour mieux se libérer des contraintes formelles qu'il rencontre, et ainsi mieux mettre en scène l'aspect délirant de son univers. Les gags prêtent très souvent à rire ou sourire, et rythment un récit qui ne manque jamais de dynamisme. On n'a jamais le temps de dire "ouf" et c'est tant mieux, car c'est ainsi qu'on profite au mieux du récit sans jamais interroger ses circonvolutions parfois très artificielles. Gentiment désuet tant dans la forme que dans le fond (la dernière histoire risque de faire grincer des dents ceux qui voudraient effacer la vision colonisatrice, voire ici ouvertement raciste, qui affectaient certaines bandes de l'époque), Spirou et l'aventure est une de ces petites pépites à découvrir si on est vraiment fan de Jijé ou du Spirou des tout débuts. Il représente en tous cas une jolie pierre dans l'histoire de la bande dessinée franco-belge, et mérite le détour, ne serait-ce que pour cette simple raison.
Super Pixel Boy
Caramba ! Mais quelle jolie petite madeleine de Proust que ce Pixel Boy !!! Déjà l'objet en soi est joli, vous ne le voyez pas ici sur ce site mais le visage du héros est animé par imagerie lenticulaire en surimpression de la couverture. Cela fait son petit effet et met de suite dans l'ambiance. L'histoire de Super Pixel Boy est en fait constituée de petites histoires mettant en scène le jeune garçon et sa famille ou ses copains de classe. Une passion les anime : le jeu vidéo ! Mais Loïc Clément le scénariste met en scène ses propres souvenirs. Cela commence souvent par une anecdote puis se termine sur des cases reproduisant des jeux célèbres des années 80 parfaitement intégrées dans l'histoire. Boris Mirroir maitrise le Pixel Art à la perfection en y ajoutant de savoureux dialogues pas piqués des hannetons et bien souvent rigolos. Ah et c'est souvent le visage de Pixel Boy qui remplace le héros principal qu'il s'agisse de Link ou de Batman. La plupart des jeux sont issus de la première console de salon Nintendo qu'on appelait vulgairement la NES mais il n'est pas non plus nécessaire de connaitre ces jeux par coeur tant ils sont rapidement et ingénieusement expliqués. Ce premier tome (gageons qu'un second devrait rapidement voir le jour avec une autre machine comme la Super Nintendo par exemple) devrait connaitre un franc succès auprès des quadras ou quinquas de la bande mais il pourrait également séduire un autre public pas forcément geek tant il arrive à reproduire le quotidien d'une bande de copains. C'est donc un véritable coup de cœur pour ce petit livre de mémoire d'un scénariste sincère qui a su trouver le dessinateur idéal pour illustrer une époque vraiment fun où les gosses savaient s'amuser pendant des heures avec de jolis pixels.
Dikhil
J’ai adoré ! Joel Alessandra joue avec les couleurs. La luminosité est magnifique. L’alternance des tons ocres et des tons bleus est fascinante. Les planches sont des aquarelles. Et même si les décors sont plutôt sommaires et le trait pas trop détaillé, la poésie et la sensualité qui se dégagent de ce récit mélo dramatique - un peu autobiographique - sont ensorcelantes. Oui oui ça prend aux tripes. Cela ne peut se lire que d’une traite bien évidement. Un homme fuit ses responsabilités. Il ne veut pas s’impliquer dans une relation partagée. Il choisit la fuite. Il préfère décamper à toutes jambes au fin fond de l’Afrique pour plonger dans l’alcool et dans la solitude. Sa lâcheté va pourtant le rattraper. Cette expérience va lui ouvrir les yeux. Il va remonter la pente. Lentement. Jusqu’à la rédemption. Voilà donc un délicieux album émouvant qui pourra provoquer quelques larmes.
Anatomie de l'éponge
Cette BD m'avait été offerte par mon grand frère quand j'étais au lycée, elle m'a baignée, fait rire et beaucoup motivée, boostant ainsi l'idée que j'avais de me spécialiser pendant mes études dans la bande dessinée ! Simple, efficace, vivant, expressif, à lire absolument.
Ils brûlent
Ohhhh mais c'est énorme ça ! C'est en somme une histoire simple... et complexe. Nous avons deux supposées sorcières, qui aidées par un gamin au coeur sur la main, essaient d'échapper à l'inquisition. Très vite les questions s'accumulent : qui sont-elles vraiment ? D'où viennent leurs pouvoirs ? Comment Georg les a-t-il sorties de leur prison ? Petit à petit on raccroche les wagons, on reconstitue le puzzle... Mais ce n'est pas facile, car Ongle et Pluie elles-mêmes ont oublié jusqu'à leur nom, leur vie d'avant, si tant est qu'elles en aient eu une... Le pauvre Georg, en butte avec ces questions constantes, essaie néanmoins d'aider ces deux malheureuses, armé de ses piètres talents et de sa gentillesse. Ce qui n'est pas facile. D'autant plus que le Mage lancé à leur poursuite, n'a aucune pitié, même si lui-même est en proie à des démons comparables à ceux de ses proies... Le récit est incroyable, il brasse le traumatisme (j'ai RESSENTI physiquement la souffrance infinie des deux fuyardes), la rédemption et encense l'amitié, envers et contre tout. Les scènes où la tendresse qui lie ces trois personnages mais aussi leur séparation, la frustration de Georg, sont purement déchirantes. A la fin de ce premier volume Aniss El Hamouri laisse encore de nombreuses zones d'ombre au sujet de ses personnages, de leurs origines et de leur destin. Il y a plus de 200 pages, et on ne les voit pas passer, j'ai rarement connu une telle prouesse ! Graphiquement il y a du Sfar dans le style d'El Hamouri, mais dans une dimension différente, à la fois plus maîtrisée et plus torturée. Le tout est réalisé en bichromie, avec un brun savamment dosé. On eût pu croire qu'il utiliserait une autre couleur pour les scènes oniriques, mais elles sont dans les mêmes tons, respectant ainsi l'impression donnée par Ongle, que rêves et réalité sont difficilement différenciables, tellement l'horreur est présente partout... Il va falloir attendre un an avant de lire la suite, espérons qu'elle sera à la hauteur de ce premier segment.