Les derniers avis (9696 avis)

Par cac
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Rien ne fera venir le jour
Rien ne fera venir le jour

J'étais passé à côté de ces grosses anthologies chez Cornélius. Je pensai qu'il s'agissait de simples rééditions d'histoires précédemment parues chez Vertige Graphic. On retrouve ici le soin habituel apporté à l'édition de la maison avec une bonne qualité de papier. On n'a pas une histoire complète mais plusieurs histoires sans lien, avec comme fil conducteur toujours ce personnage central fétiche de Tatsumi. Un homme au physique passe-partout, mutique bien souvent. On peut dire qu'il est de la classe moyenne, enfin de la classe qui galère. Tatsumi met en scène la vie d'un japonais standard du milieu du XXe siècle. Un dessin superbe, bien plus abouti que son contemporain Osamu Tezuka. Les histoires sont souvent sombres, d'ailleurs le titre le reflète. On dirait que jamais l'optimisme d'un monde meilleur ne perce les ténèbres. On a du sexe, des meurtres, un enfant assassin... Pour moi c'est une lecture exceptionnelle mais je comprends que la dureté des sujets ne soit pas la tasse de thé de tout le monde. Je n'ai plus qu'à me pencher sur Cette ville te tuera...

16/05/2023 (modifier)
Par Charly
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Indes fourbes
Les Indes fourbes

"Les Indes fourbes" est une bande dessinée qui m'a totalement captivé et diverti dès la première page jusqu'à la dernière. Écrit par Alain Ayroles et illustré par Juanjo Guarnido, ce chef-d'œuvre est une ode à l'aventure, à l'humour et à l'imagination débordante. L'intrigue de "Les Indes fourbes" est ingénieuse et pleine de rebondissements. On y suit les péripéties de don Pablos de Ségovie, un jeune homme rusé et débrouillard, embarqué malgré lui dans une quête aux dimensions épiques. Le scénario est riche en surprises et en retournements de situation, et on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour découvrir ce qui attend notre héros atypique. L'un des points forts de cette bande dessinée réside dans ses personnages charismatiques et hauts en couleur. Don Pablos est un protagoniste attachant et plein de ressources, dont les répliques savoureuses ne manquent pas de faire sourire. Les autres personnages qui croisent sa route sont tout aussi mémorables, chacun avec sa personnalité unique et ses motivations propres. On se laisse entraîner avec enthousiasme dans cet univers foisonnant de détails et d'émotions. L'aspect visuel de "Les Indes fourbes" est un véritable régal pour les yeux. Juanjo Guarnido, célèbre pour son travail sur Blacksad, offre ici des illustrations d'une beauté époustouflante. Chaque planche est soigneusement dessinée, avec une maîtrise technique et un sens du détail qui donnent vie aux décors, aux costumes et aux expressions des personnages. Les couleurs chatoyantes viennent magnifier l'ensemble, créant une atmosphère à la fois vivante et envoûtante. Mais ce qui fait de "Les Indes fourbes" une œuvre exceptionnelle, c'est sa capacité à mêler différents genres avec brio. On retrouve des éléments de l'aventure épique, de la comédie, du drame et même de la satire sociale. L'humour est omniprésent et se manifeste à travers des dialogues percutants, des situations loufoques et des jeux de mots savoureux. Cette combinaison réussie des genres confère à la bande dessinée une originalité qui la distingue et lui confère un attrait universel. En conclusion, "Les Indes fourbes" est une véritable pépite de la bande dessinée. Son scénario ingénieux, ses personnages mémorables et son esthétique remarquable en font une lecture captivante et divertissante. Que vous soyez un passionné d'aventure, un amateur d'humour ou simplement un amateur de belles illustrations, cette BD saura vous charmer et vous transporter dans un voyage palpitant à travers les pages. Ne passez pas à côté de cette incroyable aventure !

16/05/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moto Hagio - Anthologie
Moto Hagio - Anthologie

3.5 Je dois avouer que je suis un peu confus sur la note à mettre parce que ce coffret de deux recueils contient des histoires vraiment inégales. Je vais commencer par raconter un peu ma vie. J'ai lu il y a plusieurs années Le Coeur de Thomas sans trop connaitre l'autrice, Moto Hagio, une mangaka qui a fait partie des femmes qui ont renouvelé le shojo dans les années 70, un genre qui était alors dominé par des auteurs masculins. Ce n'est que récemment que j'ai appris l'importance de l'autrice dont on a peu publié en français jusqu'à présent. Cela risque de changer avec la parution récente d'une de ces œuvres phares, 'Le Clan de Poe' (dont le premier volume est censé sortir cette semaine au Québec). En faisant des recherches, j'ai vu que non seulement Glénat avait publié cette anthologie il y a dix ans, mais qu'en plus c'était encore disponible à la vente (pour la petite histoire, j'ai acheté le dernier exemplaire encore disponible chez le fournisseur québécois qui a dû être bien content de se débarrasser enfin d'un vieux titre). Voulant vraiment mieux découvrir l'œuvre de Hagio, je l'ai acheté malgré le prix un peu élevé. Je ne regrette pas mon achat même si tout n'est pas bon. Le premier tome contient quatre histoires. La première n'est pas terrible et m'a fait craindre d'avoir jeté mon argent par la fenêtre. La deuxième, Nous sommes onze, est vraiment excellente ! Je la connaissais déjà parce qu'il y a longtemps j'avais vu le film adaptant cette histoire (je savais même pas que c'était du shojo) et j'avais adoré et c'est encore le cas ici. C'est un récit de science-fiction prenant avec une ambiance claustrophobe vu que la majorité de l'action se passe dans un vaisseau qui a beaucoup de problèmes. Les personnages sont très bons (Flore est un des meilleurs personnages de shojo que j'ai jamais vu) et on voit pourquoi l'autrice a gagné un prix tellement ce récit est très bien mené. La seule ombre au tableau est que la raison pourquoi il y a 11 élèves dans le vaisseau pour le test et non 10 comme l'a dit l'université me semble évidente et je suis étonné qu'aucun personnage ne pense à cette solution. Malheureusement, le troisième récit est mauvais... et c'est la suite de Nous sommes onze ! Cela commence pourtant bien, mais mon intérêt a baissé au fil des pages de ce trop long récit au point que j'ai fini par m'ennuyer un peu. Il faut dire qu'on ne retrouve pas l'ambiance du premier récit que j'avais adoré. Le récit est aussi moins original, on parle de la guerre entre deux pays et la morale c'est que la guerre c'est pas bien. On dirait du sous-Tezuka. Franchement, s'il n'y avait pas trois-quatre personnages de Nous sommes onze je n'aurais jamais su que c'était censé être une suite. J'ai vraiment l'impression que l'autrice avait prévu de faire un récit indépendant et a ensuite mis des personnages d'une de ses œuvres les plus connues pour capitaliser sur son succès. Ce premier recueil se termine par une histoire pas mauvaise, mais prévisible et banale. Ce qui s'explique par le fait que ce récit a été fait très tôt dans la carrière d'Hagio. Le deuxième recueil contient 5 histoires et m'a paru meilleur (même si Nous somme onze reste mon récit préféré du lot). Les deux premières histoires sont du fantastique et j'ai bien aimé. On met bien en avant la psychologie des personnages et cela ne tombe pas dans le grand-guignolesque comme d'autres récits fantastiques japonais. La troisième récit est celui qui m'a le moins intéressé. Ce récit est un genre de brouillon de Le Coeur de Thomas et on tombe dans le mélodramatique qui me gonfle dans le genre shojo. Les sentiments dramatiques des personnages sont tellement mis en avant que cela finit par m'exaspérer plus qu'autre chose. La quatrième histoire est bien faite même si le gamin me semble un peu trop intelligent pour son âge. La dernière qui se passe durant le Paris occupé par les nazis est très bonne même si c'est décousu par moment. Comme les histoires vont du début des années 70 aux années 90, le dessin de Moto Hagio évolue au fil du temps et je dois dire que je ne pense pas avoir un style préféré, son dessin est bon peu importe l'époque. On voit dans cette anthologie qu'elle a touché à plusieurs genres au fil de sa carrière (fantastique, science-fiction, drame, romance) et que ces récits sont plus intelligents et profonds que les histoires d'écolières amoureuses qu'on sort à la pelle de nos jours. C'est une lecture que je recommande si on veut découvrir des vieux mangas. Bon cela reste inégal et les notes que je mettrais aux récits vont du 2 étoiles au 4.5/5... Allez je mets une très bonne note et un coup de cœur parce que les histoires que j'ai trouvées excellentes sont vraiment excellentes.

16/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Contrition
Contrition

Gros coup de coeur que ce titre. C'est clairement une, voire LA Bd qui sort du lot en ce début d'année 2023. Le sujet aurait pu être casse gueule eu égard au coté malsain de son postulat de départ. Mais les auteurs ont fait un travail remarquable. Le récit est captivant, très bien construit, on rentre dans cette bd avec appréhension mais au fil des pages, on ne peut plus la lâcher jusqu'au dénouement final. Le trait et les noirs de Keko font des merveilles et collent à la perfection au sus-dit scenario. Ne passez pas à coté. Un incontournable.

14/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Fils du Soleil
Fils du Soleil

En lisant avidement cette série je me suis retrouvé adolescent dévorant les récits de Henri de Monfreid dans ces aventures sur la mer Rouge. Je suis fan de Jack London même si je ne connais pas ses écrits sur ses aventures maritimes des mers du Sud. J'ai retrouvé dans le scénario de Nury cette ambiance unique d'aventuriers gentlemen-brigands qui ont sillonné les mers du Sud au tournant du siècle précédent pour y faire fortune ou y trouver la mort. Au delà du profit et des trafics (perles, drogues, armes, essences rares...) c'est surtout l'adrénaline et ce sentiment de liberté que l'on retrouve chez Grief et ses alter ego qui ont donné sens à leurs actions. Dans son excellent scénario qui mêle trahison, loyauté, honneur et amour Nury transcrit à merveille la personnalité de ces seigneurs des mers mi pirates mi aristocrates. L'ouvrage m'a d'autant plus touché qu'il est porté par le formidable graphisme de Henninot. Il ne manque que l'odeur du sel et la brulure du soleil pour sentir le roulis des cotres. Le trait réaliste est fin, précis et dynamique. Les émotions des marins sont palpables et la dramaturgie du récit est soutenu par ces images impressionnantes de la tempête qui oeuvre sur l'île mais aussi dans les coeurs et les esprits des personnages. Une excellente lecture pour les amoureux d'aventures où la fiction et la réalité sont imbriquées.

12/05/2023 (modifier)
Couverture de la série La Jeunesse de Mickey
La Jeunesse de Mickey

Dans l'ensemble j'aime bien cette collection et la griffe personnelle qu'apportent des créateurs assez éloignés de l'univers Mickey. L'opus produit par Tébo fait partie de mes préférés. Derrière un irrespect taquin de façade, l'auteur nous fait toucher du doigt l'essence même du personnage en associant son image aux épisodes spectaculaires des mythes de l'histoire des USA. J'ai retrouvé dans le scénario un récit à la "Forrest Gump" très bien mis en scène dans une atmosphère vraiment très drôle. Les codes sont respectés avec la rivalité Mickey/Pat, l'amour Mickey/Minnie même si les autres principaux personnages sont peu présents. L'idée amusante du pépé Mickey permet même à Tébo de donner une épaisseur nouvelle à cette vieille souris flanquée d'un petit neveu (donc d'une fratrie) mais qui reste si jeune d'esprit. Les histoires sont vives, dynamiques et pleines de gags amusants. Un vrai régal. Le graphisme de Tébo n'est pas en reste. Entre des formidables doubles pages aux mille détails et d'autres planches à la construction audacieuse mi strip mi gaufrier Tébo fait preuve d'inventivité pour nous rappeler que Mickey se décline sous toutes les formes de la BD. J'ai adoré cet univers coloré avec une multitude de tons pastels qui donnent une ambiance chaude et harmonieuse dans laquelle je me suis senti très à l'aise. Peut-être ma lecture préférée de la collection avec le Loisel ou Cosey dans des styles différents.

11/05/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Judee Sill
Judee Sill

Une voix cristalline pour une voie en impasse. Avant cette lecture, je ne connaissais pas Judee Sill et c'est avec grand plaisir que j'ai pu la découvrir. Enfin, découvrir est un grand mot puisque cette biographie est basée sur des interviews publiés dans les magazines de l'époque, en particulier sur celui de Grover Lewis pour le Rolling Stone d'avril 1972. Les auteurs ont bouché les trous au gré de leurs inspirations. Et cela se ressent dans la narration, ça manque de liant et j'ai eu l'impression de survoler sa vie. Une vie qui commence avec une adolescence difficile où elle va découvrir l'heroïne et faire un séjour en prison. Une artiste surdouée qui n'arrivera pas à percer dans le monde du showbiz et qui disparaîtra des radars de 1974 à 1979 (année de sa mort), elle ne supportait plus de ne faire que des premières parties lors des concerts. Une artiste très seventies, drogue, sexe (bisexualité) et une part de mysticisme. Un look femme/enfant accompagné de ses petites lunettes rondes. Une artiste pas si folk que ça, avec des influences très différentes : classique, pop et folk. Je ne peux que vous inviter à écouter cette artiste tombée dans les oubliettes, ce que je fais en écrivant ces quelques mots. Elle avait du talent ! Deux albums sortis de son vivant, boudés par le public, et un troisième en 2005 avec des démos inédites. La partie graphique est très singulière mais elle est immersive, elle m'a transporté dans ces années 60/70. J'ai particulièrement aimé le coup de crayon de Alonzo Iglesias lorsque que Judee était sous stupéfiants, très psychédélique et hallucinogène. Mais c'est l'album dans son ensemble qui apporte une âme au récit. Très, très beau. J'ai passé un excellent moment au côté de Judee et je ne peux que vous recommander d'en faire autant. Note réelle : 3,5. Coup de cœur.

11/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Nage libre
Nage libre

Je suis content de ma découverte. Bien avant La renarde, l’auteur brillait déjà. Un album anti déprime pour un résultat frais, drôle et original, j’ai succombé. La partie la moins engageante va pour le graphisme, un trait gras et pas vraiment esthétique, il en va de même pour le lettrage. Mais passé quelques pages, ces points ne sont plus un problème tant le récit possède des qualités et m’a embarqué. Je trouve déjà l’idée de base assez délicieuse, nous suivrons 3 saumons mâles au caractère bien distinct, ces derniers vivront une belle aventure, les péripéties sont fluides et s’enchaînent bien. Jusque là c’est cool mais ce qui relève véritablement l’ensemble, c’est le ton et les dialogues employés juste savoureux, on ne s’ennuie jamais, ça donne une bonne dynamique au récit. A noter que ce n’est pas axé jeunesse mais ce n’est pas trash non plus. Rien de bien sorcier mais j’ai eu le smile tout le long de ma lecture, c’est bien construit et parfaitement dosé, ni trop court ni trop long, avec un épilogue aux petits oignons. Un chouette album, sans être une œuvre maîtresse, vous passerez forcément un bon moment en sa compagnie. A lire si vous en avez l’occasion. 3,5

10/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Surface
Surface

J’ai beaucoup aimé ce polar adapté d’un roman d’Olivier Norek. Ce récit cumule en effet les bons points. Tout d’abord des personnages intéressants dont aucun n’est tout blanc ou tout noir. L’héroïne, bien sûr, Noémie Chastain, marquée tant dans son corps que dans sa tête par une terrible agression et dont les sautes d’humeur la rendent extrêmement cassante même avec ses collègues. Mais à mes yeux les personnages les plus marquants demeurent encore les criminels tant ce polar prend des accents de fait divers sordide plongeant des gens ordinaires dans une situation inextricable. Ensuite une intrigue très bien menée. On plonge progressivement dans l’horreur avec d’abord une scène choc puis la découverte de ce petit coin de paradis si paisible. Enfin, à l’image de ce cadavre surgissant des flots, l’écrivain gratte la surface de ses personnages pour nous en révéler d’autres facettes et cette mentalité toute villageoise où l’on préfère préserver la tranquillité au détriment de toute justice. Autre point fort, les révélations finales qui nous arrivent en deux temps et même si l’on s’y attend un peu, on ne peut que saluer la manière dont Olivier Norek mène sa barque pour nous emmener là où il le voulait. L’adaptation du script est signée Matz, auteur routinier du genre polar. Même si l’on sent ici ou là que le scénariste a dû couper dans la masse, la narration reste extrêmement fluide et l’enquête ne perd jamais de sa logique. Les dialogues sonnent juste et les personnages demeurent extrêmement humains, tous gardant une réelle profondeur. Le dessin est signé Luc Brahy. Si je lui reproche des personnages dont la tête a tendance à changer d’une case à l’autre, je trouve qu’il reproduit très agréablement le théâtre de ce drame. Que ce soit le nouveau village, le lac et son barrage ou les scènes de plongée, ses décors sont pleinement immersifs. Petit bémol au niveau des personnages donc. Le trait est parfois un peu approximatif et les visages sont à l’occasion un peu trop figés… mais les émotions passent et les risques de confusion de personnages demeurent quasi nuls. La colorisation d'Antoine Kompf m'aura principalement marqué par sa lumière et son bleu pénétrant, qui viennent parfaitement s'opposer à la noirceur des crimes. J'aime cette option qui accentue encore le choc né de l'opposition entre un cadre idyllique et un fait divers tragique. En définitive, je peux dire que j’ai vraiment beaucoup aimé ce récit.

10/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Mal de mère
Mal de mère

Nous sommes dans la veine de l'intimisme. Une plongée sans fard dans l'addiction d'une mère. Bien sûr, c'est dur, sordide parfois. Mais la qualité des dessins et de la narration nous happent dans l'histoire, les épisodes chronologiques s'enchaînent. Les caractères se dévoilent, les pièces du puzzle s'assemblent, mais la dernière à l'origine de tout nous échappe. Et comme l'auteur, on reste en suspens sur ce vide : "mais pourquoi?" Un des plus beaux récits autobiographiques qu'il m'a été donné de lire.

09/05/2023 (modifier)