Les derniers avis (9588 avis)

Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sprague
Sprague

J’ai découvert le trait fin d’Olivier Roman il y a quelques années avec Alchimie et surtout Les Fables de l'Humpur. J’avais apprécié au point de me procurer une planche de l’auteur. Aussi en découvrant ce one shot d’Olivier chez Daniel Maghen avec le compère Rodolphe, je savais avant même de découvrir les premières pages de cet album que j’allais apprécier. Je me suis trompé lourdement ! Je n’ai pas apprécié ! Cela bien au-delà de ça. J’ai été littéralement conquis ! C’est beau, c’est magnifique ! L’effet wahou est bien là ! Un émerveillement tout au long de ma lecture, sur les 90 pages de cet album ! C’est de la science-fiction mais ça fonctionne plutôt bien. Et pourtant ce n’est pas trop ma tasse de thé. La mer s’est retirée mais n’est jamais revenue. Une lune sur les deux que compte la voute céleste de Sprague a aussi disparu. Toutes les activités du village sont en danger. L’abattement de la population est à son paroxysme. Deux frères accompagnés d’un capitaine aveugle mais avec un perroquet comme guide vont se hasarder dans un désert de sable pour comprendre la situation avec l’espoir de trouver un dénouement heureux mais aussi avec le risque de ne jamais revenir chez eux. Si vous rajoutez quelques bestioles extraordinaires à la périlleuse aventure de notre sympathique trio, vous comprenez que vous ne pourrez pas lâcher l’album avant d’avoir tourné la dernière page. Les dessins sont admirables avec un mixte entre le médiéval et l’oriental. La colorisation avec des tons ocres de Denis Béchu sublime les paysages très détaillés. Visuellement c’est terrible. Et avec Rodolphe aux manettes pour le scénario, nous ne sommes jamais déçus. Un trio remarquable. Je vous encourage vivement à plonger dans cette aventure originale. Le plaisir sera au rendez-vous assurément. Un énorme coup de cœur !

25/02/2023 (modifier)
Par olma
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

Un vrai bonheur de lecture que cette BD, qui est splendide à de multiples points de vue ! Le scénario est d’une grande richesse, au fil du parcours épique d’un trio que rien ne prédispose a priori à l’aventure : Tarid le débonnaire et rondelet eunuque bibliothécaire, Lubna l’esclave copiste qui travaille avec Tarid, et Marwan l’ancien élève de Tarid devenu petit voleur de rues bien peu doué. Trio et même quatuor car s’y adjoint la mémorable mule du titre, qui joue un rôle essentiel (et inattendu) dans l’histoire, et contribue à la force comique du récit, Ce quatuor se retrouve constitué un peu par hasard, suite un terrible évènement d’ouverture qui va les jeter sur les routes : l’incendie de la bibliothèque décidé par un vizir, moins fanatique religieux que politique soucieux de s’attirer l’appui des religieux, essentiel à son ambition politique. En les accompagnant dans leur fuite désespérée destinée à sauver un poignée des trésors de la bibliothèque, nous allons vivre avec eux une bien riche et passionnante aventure. Les auteurs ont fait un travail de recherche et de documentation d’une très grande précision, mis en images dans une très belle illustration des villes et paysages, qui nous transporte littéralement dans cet Espagne de Al Andalus, au temps de l’apogée politique de l’émirat de Cordoue. La postface très intéressante montre à quel point le livre est fidèle dans ce que nous connaissons de cette époque où cohabitaient (de façon plus ou moins pacifique selon les moments) en Espagne royaumes musulmans et chrétiens, et dans Al Andalus musulmans, chrétiens et juifs. Et dans le fil du récit on découvre d’étonnantes anecdotes authentiques, jusque dans le détail des péripéties inattendues d’un roi trop gros pour monter à cheval, ou sur les contrefaçons d’épées vikings circulant au 10ème siècle et que seul un œil averti pouvait identifier. L’aventure est riche de rebondissements, d’humour et d’émotions multiples. L’histoire contient beaucoup de mystères relatifs aux personnages principaux dont on découvre progressivement l’histoire passée, y compris à travers des rêves quasiment fantastiques dont on découvre le sens ensuite. Dans la description de cette époque dure qui n’est pas présentée de façon idéalisée, nos antihéros se trouvent confrontés à des difficultés nombreuses, pourchassés de tous côtés, où beaucoup de leurs contemporains sont plus prédateurs que protecteurs et où pour nombre d’entre eux, les livres ne signifient rien, ou n’ont de valeur que marchande. Tous les acteurs de cette fresque sont dessinés avec beaucoup de talent, qu’il s’agisse des personnages importants du récit, mais aussi de tous les nombreux personnages secondaires qui existent tous avec réalisme et une belle expressivité qui rend perceptible leur personnalité : intelligence, mesquinerie, générosité, douceur, ruse, brutalité… Mais au-delà du récit épique, il y a un autre récit imbriqué, qui nous parle de l’amour des livres, de la richesse de la connaissance qu’ils permettent de partager et de ce qu’ils apportent à l’humanité. Il est fascinant de redécouvrir avec Tarid des intuitions anciennes et souvent méconnues aujourd’hui sur l’évolution des espèces ou sur les prémices de l’aviation ! Tout au fil des livres évoqués dans la BD, l’histoire réalise un bel hommage à la richesse de la littérature des savants d’Al Andalus et un rappel de leur rôle essentiel de passeurs qui nous ont permis de sauver les textes de nombreux grands auteurs antiques. Cet autre récit est aussi un rappel de la grande fragilité des livres, en butte à l’hostilité des obscurantismes religieux et des totalitarismes politiques car toujours susceptible de contenir des pensées qui les remettent en cause. Et dans un glissement progressif qui traverse les siècles jusqu’à notre époque, la très forte dernière double page devrait interpeller non seulement tous les lecteurs, mais tous les amoureux de la liberté de pensée et de l’accès à la connaissance dont les livres ont souvent été les vecteurs. Enfin, et c’est logique pour une BD qui évoque si fortement l’amour des livres et des bibliothèques, « La bibliomule de Cordoue » est un beau livre : un bel objet qu’on aime tenir en main et parcourir. La réussite des auteurs est totale.

25/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Arcanes de la Maison Fleury
Les Arcanes de la Maison Fleury

J’avais découvert – et apprécié – le travail de Gabriele Di Caro avec Sous le Paradis, publié chez le même éditeur. Il y développait des histoires courtes dans des époques et des décors très divers. Je finissais mon avis pour cette série en souhaitant le retrouver sur d’autres séries. Voilà qui est fait, et je dois dire qu’une nouvelle fois j’ai apprécié ma lecture. En effet, Di Caro est un très bon dessinateur – en particulier des corps féminins, et ses scènes de sexe sont très réussies (il faut dire qu’une partie de l’action se déroule dans une maison close). Mais Tabou a trouvé là un auteur qui ne se contente pas de les empiler, il y a une histoire plutôt dense, et des dialogues nombreux. C’est en fait un thriller se déroulant dans le Londres de la fin du XIXè siècle : plusieurs femmes sont sauvagement assassinées, la police mène l’enquête (il faut dire qu’on est vers la fin de l’affaire de Jack l’éventreur). En parallèle, un homme mystérieux, Jenkins (de la haute société), semble tirer les ficelles de cette affaire, tandis que madame Fleury, qui tient le bordel déjà évoqué, est une femme à forte personnalité (et forte poitrine !) qui semble elle aussi promise à un rôle central. Les dernières pages relancent l’intrigue, avec un cliffhanger assez intriguant. Bref, l’aspect polar/thriller tient la route, la narration est sympa et fluide, le dessin est vraiment chouette (et pas que les scènes porno, Di Caro ne sacrifie pas les décors – extérieurs et intérieurs). J’ai aussi bien aimé la colorisation. Voilà donc une série « pour adultes » qui sort du lot. J’espère que la suite tiendra ses promesses (la série est prévue en trois tomes). En attendant, c’est une lecture recommandée – pour le public « averti » bien entendu. ************************ Le deuxième album confirme que Di Caro est un auteur érotique original. En effet, si les scènes de sexe sont encore présentes et bien fichues (et, contrairement à un autre lecteur, je trouve plutôt bien que ses femmes - toutes bien en chair ! - ne soient pas toutes de simples bimbos, mais correspondent davantage à la femme "ordinaire), il ne sacrifie pas l'intrigue, qui continue à être complexe. En plus du porno et du thriller, une touche de fantastique commence à poindre (j'espère juste qu'elle ne va pas prendre trop de place, et que Di Caro retombera sur ses pattes). Bref, c'est toujours agréable à voir (chouette colorisation, dessin bon - même si parfois les traits effacés de certains visages ne me plaisent pas), et une intrigue qui, si elle n'est pas hyper originale, se développe bien, et agrémente d'un vrai scénario une histoire de fesses. Et madame Fleury n'a pas encore livré tous ses secrets. ********************** Je viens de lire le troisième et dernier tome de cette série, qui clôt bien l'intrigue, et confirme tout le bien que j'en pensais dès le tome inaugural. S'il y a quelques longueurs dans cet album, et si la "résolution" de l'affaire est peut-être un chouia trop brutale (cet album est sans doute un peu en dessous des autres, mais il ne ternit pas la qualité de l'ensemble!), on a là une série qui se hisse dans les meilleures du genre, parce que le dessin est très chouette, mais aussi par ce que décors et intrigue sont de qualité et fouillés. Une belle reconstitution du Londres de Jack l'éventreur, des scènes de sexe bien rendues. Même si l'équilibre est parfois instable entre ces différents genres, Di Caro s'en sort très bien. Bref, une série à recommander à tous les amateurs du genre !!!

20/04/2021 (MAJ le 25/02/2023) (modifier)
Couverture de la série Amabilia
Amabilia

Voilà une série érotique que j’ai trouvée d’une grande qualité. Du porno chic et soigné, bien fichu. Même si les scènes de sexe occupent l’essentiel, ce n’est pas que du cul pour le cul. Le scénario tient la route, partant d’un coup de foudre, pour préciser le lien charnel entre une femme (Iris) et un homme (Simon). D’autres personnages tournent autour (la coloc de Simon, lesbienne, la directrice d’une galerie/club échangiste, etc.). Dans le premier tome, après un chapitre narrant la rencontre torride, les deux suivants nous montrent successivement les points de vue d’Iris et de Simon, temporairement séparés. Dans le deuxième tome, le temps a passé, la passion s’est semble-t-il atténuée, les sentiments doivent dépasser l’usure de la routine, l’amour doit prendre le relais du sexe, ou alors s’effacer. Jusqu’au cliffhanger final, qui me fait penser qu’il y aura au moins une suite. L’histoire est bien bâtie et menée, et les scènes de cul sont nombreuses, variées et émoustillantes. Il y a donc tout pour plaire aux amateurs du genre. Surtout que l’aspect graphique est lui aussi soigné. Le dessin use d’un Noir et Blanc très tranché, au milieu duquel quelques touches de couleur (généralement les tétons, les lèvres, les ongles, des cheveux roux parfois) pimentent la vision et érotisent les images. Je trouve chouette ce parti pris esthétique – qui pourrait certes faire un peu bobo chic, mais que j’ai trouvé efficace et de bon goût. ****************** Je viens mettre à jour mon avis après lecture des deux derniers tomes, qui me confortent dans l'idée que l'on tient là une des belles réussites du genre - même si cette deuxième partie de la série m'est apparue moins forte que les deux premiers tomes. La grande réussite de la série est de créer des personnages forts, avec une vraie personnalité, et une intrigue qui tient le coup. Une intrigue qui, malgré certaines péripéties sans doute moins "ordinaires", et des personnages correspondant aux canons de la beauté actuels, développe une vraie histoire. Dans les deux derniers tomes, cette histoire voit le drame déborder, l'emporter sur la comédie romantique qui dominait au départ. Les relations entre protagonistes se sont complexifiées, se sont distendues, maladie (une des héroïnes est atteinte d'un cancer), séparation (entre Iris et Simon), drames familiaux, tout ceci apporte crédibilité et tension, les personnages eux-même vieillissant. Le dessin est toujours très fin, excellent, le Noir et Blanc très classe étant parsemé de touches de rouge. Puis, dans le dernier tome, la couleur s'invite peu à peu, annonçant la fin. Tout ceci se fait de façon fluide, même si je préfère clairement le Noir et Blanc tranché et le rouge qui donne des touches érotiques, à une colorisation plus classique. C'est peut-être aussi ça qui m'a fait un chouia moins apprécier cette seconde partie et le dernier album. Mais tranchons-en, cette série ne peut que ravir les amateurs du genre, et ça a été un réel plaisir de suivre son développement.

12/04/2019 (MAJ le 23/02/2023) (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Speedball
Speedball

Un road movie complètement absurde et délirant. C'est la superbe couverture accompagnée d'un feuilletage rapide et le pitch de départ qui m'ont fait craquer. Je découvre ces deux artistes. Florian Pigé est connu comme auteur/illustrateur pour la jeunesse avec "Extraordinaire" et "chut !". Étienne Gerin est graphiste de formation et il s'est déjà essayé à la bd jeunesse avec "Monsieur Vroum". Avec ce "Speedball", ils quittent ce genre pour nous concocter une bd totalement loufoque où se mélange une grande part d'aventure avec une pointe de porno, de fantastique et de polar. Atlantic City 1976. Graham Parson est une ex-star du baseball, ancien alcoolique, il a tout perdu, argent, femme et enfant. Pour survivre il tourne dans des films X. Et c'est sur l'un de ces tournages qu'un vieil homme va lui faire une proposition impossible à refuser : retrouver sa gloire d'antan, mais surtout sa famille. Pour cela, il doit tuer quatre personnes. Le pacte faustien est signé. Et dans cette course folle, il sera accompagné par deux fans, des bodybuildeurs acteurs de films X, limités intellectuellement. Ils auront à leurs trousses un inspecteur de police au flair infaillible (c'est le cas de le dire, snif, snif), il est barge à souhait. Graham fera aussi la rencontre d'un tueur en série, vous le connaissez tous, et son intrusion dans le récit est bien amenée. Une narration rythmée, sanglante, avec une certaine tendresse et une dose d'humour. Ça va à cent à l'heure ! Un récit qui m'a happé dès les premières planches, mais il m'a manqué un je ne sais quoi pour être totalement comblé. Un peu plus de maîtrise peut-être, ça part vraiment dans tous les sens. J'ai aimé l'épilogue, il clôture parfaitement cet album. J'ai adoré la partie graphique dans un style aux formes géométriques et cartoonesque. Le trait vif, acéré, expressif et une mise en page à la Tarantino apportent un dynamisme de fou au récit. Le choix de la bichromie retranscrit parfaitement l'atmosphère des seventies . J'ai adoré ! Je tiens à féliciter le très beau travail des éditions Sarbacane. Une série B qui vaut le détour. Note réelle : 3,5. Coup de cœur graphique.

23/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Les 7 Vies de l'Epervier - Troisième époque
Les 7 Vies de l'Epervier - Troisième époque

La formidable épopée de Les 7 vies de l'épervier reprend vie avec cette 3ème époque. S'imposait-elle ? Non diront certains détracteurs, oui diront les fans, dont je fais partie ; après tout, lorsque Cothias et Juillard ont fait "Plume au vent" (ou seconde époque) qui était la suite directe des "7 Vies..", on s'est aperçu qu'elle était très attendue, et ici, c'est la même chose, la 3ème époque enchaîne directement à la suite de "Plume au vent", mais avec 15 ans de plus. Comme les 2 précédents cycles, elle joue avec les destins croisés de personnages au sein de la grande Histoire, avec toujours autant de brio, et ça commence par un duel. Au début, j'hésitais, je me disais que ça sentait le commercial à plein nez, et que tout avait été dit dans cette magnifique fresque du XVIIème. Et puis, j'ai vite changé d'avis, car tout fan se régalera de ces intrigues remarquablement agencées par Cothias qui reforme son duo gagnant avec Juillard. Le lecteur retrouve le trait magique de ce dernier, avec l'exactitude des décors et une Ariane étrangement toujours belle, même 15 ans après, alors que Germain et les autres ont vieilli ; mais ce détail n'est guère important. Ce qui compte, c'est que cette nouvelle aventure ait fort bien démarré, elle est prenante et on pourrait en rester là, mais je suppose que les auteurs ont encore plein de choses à dire. La série peut donner l'impression de s'adresser surtout à un lectorat de fans ; dans un premier temps sans doute, car les références et renvois vers les 2 séries précédentes (et même vers Masquerouge) sont nombreux, mais elle intéressera aussi les amoureux d'Histoire, rien que pour le plaisir de lecture, et il serait dommage de bouder son plaisir. Une suite qui s'engage donc de très belle façon. après lecture des tomes 2 et 3 : On mesure la portée incroyable de cette saga prestigieuse démarrée en 1983, soit depuis 40 ans, en lisant cette troisième époque qui me laisse encore plus enthousiaste, comme lors du premier album il y a 7 ans, car il aura fallu patienter 7 ans pour que les auteurs ruminent cette suite directe ; c'est long 7 ans, et franchement, je n'y croyais plus. Et là en l'espace de 2 ans, 2 albums nous tombent dans les bras. Ce tome 2 est formidable car il multiplie les révélations et l'action ne se relâche jamais, il y a de nombreux renvois vers des albums précédents, et même vers des séries parallèles comme Le Fou du Roy, autant dire qu'il faut bien connaître ce cycle des 7 vies et qu'il faut être un fan assidu . Cothias fait preuve d'une verve intarrissable, rien n'est laissé au hasard, cette intrigue est savamment mêlée à la conspiration contre Richelieu par Cinq-Mars, les personnages historiques sont à leur place, et les personnages fictifs (nos héros, Ariane et Grandpin en tête) s'imbriquent parfaitement dans cet échiquier de la grande Histoire. Question dessin, c'est un vrai régal, le XVIIème siècle vit et frémit sous le crayon souple de Juillard dont j'admire toujours autant le velouté du trait, la richesse de ses décors et la beauté d'Ariane, belle femme de 40 ans passés (au XVIIème, une femme passé 40 ans n'était plus aussi "fraîche"). C'est pourquoi le tome 3 est une semi-déception avec non seulement des revirements et des raccourcis improbables, ce qui se ressent dans les dialogues, moins riches, mais aussi et surtout ce tome est affaibli par le dessin de Jovanovic qui a la redoutable tâche de remplacer Juillard ; ce dernier a laissé sur la série une empreinte telle qu'il est très difficile pour un fan d'accepter un successeur, ce dessin utilise certes assez habilement la réalité historique, mais c'est plus pareil, il y a un truc qui est comme brisé, je ne reconnais pas les principaux protagonistes, c'est beaucoup moins esthétique et policé, je l'accepte donc difficilement. Sinon, pour l'instant, note inchangée.

28/07/2014 (MAJ le 22/02/2023) (modifier)
Couverture de la série Deep Me
Deep Me

Je ne pense pas pouvoir être totalement impartial lorsque j’avise une série de MAM, tant j’ai depuis longtemps adopté une posture de quasi groupie le concernant – mon avatar vous renvoie d’ailleurs à son chef d’œuvre absolu. Toujours est-il qu’il arrive encore à me surprendre avec ce « Deep me », tout en me contentant une nouvelle fois. Comme souvent, j’ai trouvé l’ensemble très beau et simple sur la forme, complexe et fluide sur le fond. C’est vraiment une de ses nombreuses qualités, cet aspect dialectique, cette capacité à allier questionnements perchés et presque obscures et mise en scène et en œuvre sans fioriture. Je me suis plusieurs fois fait la réflexion le concernant, mais son éditeur, Delcourt donc, doit trembler lorsqu’il reçoit un de ses projets, tant il y a souvent de choses qui sortent de l’ordinaire, et qui vont nécessiter un travail bien particulier. Ainsi des nombreux dégradés de gris, mais surtout de noir, dans la première moitié de l’album : ces différents noirs, très beaux, m’ont fait penser au travail de Soulages. J’ai lu sur certains forum l’étonnement de quelques lecteurs, pensant qu’on se moquait du monde avec ces cases quasi vides. Je trouve au contraire que MAM est exigeant avec ses lecteurs, et qu’on n’a pas là du « prêt à consommer » insipide. Sans trop spolier, je dirais que j’ai préféré les deux premiers tiers de l’album, à la fois brillants et intrigants, avec quelque chose d’un polar décalé, même si le dernier tiers, qui livre quelques clés tout en complexifiant brutalement les questionnements, m’est apparu intéressant, mais finalement moins captivant. Comme souvent avec cet auteur, il faudra sans doute plusieurs lectures pour tenter d’épuiser ce que l’album peut nous dire. Mais cette lecture a été un véritable plaisir. A réserver aux lecteurs curieux peut-être, mais on a là une œuvre bien plus ambitieuse et créative que le minimalisme apparent des premières planches ne pouvait le laisser penser.

22/02/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sorunne
Sorunne

Quel album étrange. Si l'on lit entre les lignes des remerciements des deux auteurs, il s'agirait d'une histoire écrite par Diego Reinfeld à partir des créations graphiques (de créatures, on suppose) de Guille Rancel. Un exercice particulier, un peu casse-gueule tant parfois il peut être difficile de comprendre les délires graphiques de certains, et de rendre cela intelligible et surtout cohérent. J'avoue, pendant le premier tiers de l'album, je n'ai pas compris grand-chose à ce qu'il se passait. Il y avait 4 ou 5 personnages principaux, appelés sans doute à se croiser, pour le meilleur ou pour le pire, mais dont les motivations étaient rien moins qu'obscures... Mais. C'était tellement époustouflant visuellement que je continuais ma lecture. Et puis au fil du deuxième tiers, ça s'est éclairci. On devinait que Personne était appelé à de grandes choses, que Bhurru était une sorte d'aiguillon (avec de bonnes intentions ?), et que le Pèlerin et Kuddra, le chasseur d'âmes, allaient jouer un rôle crucial dans la destinée de Personne. Une destinée quasi cosmique, un niveau comparable à celui du dessin de Guille Rancel, d'un niveau, d'une grâce et d'une harmonie que j'avais rarement vues jusque-là. Régulièrement je faisais une pause en me disant "Euh il se passe qu... WOW ! Ca, ça pète !" Je ne garantis pas que d'autres y arriveront mieux que moi, mais franchement, rien que pour l'aspect visuel, ça vaut le détour.

21/02/2023 (modifier)
Par Patoun
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Talion
Talion

Cela fait moins d'un an que cette première de couverture du tome 1 (aux allures du village de la pluie dans Naruto) m'est apparue au détour d'une navigation internet à la recherche de BD d'occasion. Je m'empresse alors de venir ici pour m'en faire une idée plus précise mais je m'aperçois qu'elle n'est pas référencée. Le temps passe, je la croise de nouveau, une fois, deux fois... puis je me décide finalement à faire l'acquisition du tome 1. Après lecture, je suis vraiment sous le charme de cette série SF post-apocalyptique à l'identité cyberpunk. Le dessin est sombre et dynamique et je trouve le scénario (dans la composition des éléments) assez original. En revanche, il est évident que le schéma narratif semble être, à ce stade, plutôt classique. Ce qui m'a vraiment fait accrocher, c'est le mystère qui règne autour des différents personnages. On se demande parfois si certains passages ne sont pas des flash-backs, sans jamais en être sûr pour autant. La BD est tout en subtilité et m'évoque, pour des raisons diverses, de nombreux souvenirs cinématographiques et littéraires comme 'Cloud Atlas', 'Gunnm', 'Blame!'... et j'en passe ! Bref, un univers riche et très prometteur ! PS : A noter que le tome 3 sort très prochainement (mai 2023)

20/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Amabilia
Amabilia

Avis après les 4 premiers tomes, l’histoire peut s’arrêter là mais un 5eme est annoncé … et j’en serai avec grand plaisir. (Petite MàJ après m’être rendu compte que les tomes lus sont dans une édition de 2015 avec une pagination beaucoup plus faible, en gros je n’ai lu qu’un tome et demi, peut être 2 ? Finalement une bonne nouvelle, je vais pouvoir découvrir la suite du récit bien plus rapidement :) Une série de très très grande qualité, pas compliqué à mes yeux le top du top dans le genre bd « strictement pour adulte », un coup de cœur !! C’est sensuel, érotique, d’une classe absolu malgré le fond. Tout ça dans une osmose parfaite entre dessins/couleurs et voix off. Du porno chic sublime dans sa réalisation. Les 2ers tomes sont tout simplement cultes, les 2 suivants (surprise en moins) restent de très haut niveau. Bravo aux auteurs. Les précédents posteurs ne s’y sont pas trompés, je vous renvoie à leurs chouettes avis.

20/02/2023 (modifier)