Les derniers avis (9696 avis)

Couverture de la série Look Back
Look Back

Superbe réussite que ce one-shot de Tatsuki Fujimoto (Mangaka très reconnu avec sa série à succès Chainsaw Man). Ici, nous avons affaire à une très belle histoire d'amitié. A l'origine, deux jeunes filles assez différentes, naturellement rivales, que la passion commune pour le dessin va rassembler. C'est raconté avec beaucoup de finesse et de subtilité, j'ai cru lire du Inio Asano. Ce manga très court (en terme de pagination) bien que très peu bavard, se révèle très riche. Sans spoiler, la deuxième moitié du titre est juste admirable. C'est court mais percutant, une véritable claque qui saura satisfaire tout public et pas uniquement les aficionados du manga.

09/05/2023 (modifier)
Par Fab
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Psy
Les Psy

J'ai acheté presque tous les albums il y a des années et je les relis toujours avec grand plaisir, jadoooooore, dommage qu'il n'y ait pas assez de gags par albums, c'est trop court ? sinon j'adore trop les personnages, les décors... bravo pour cette bd ...

08/05/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série When you' smiling
When you' smiling

Tiens, voilà une BD totalement inattendue... Inattendue parce que son sujet, une histoire d'amour et d'amitié entre une vieille dame et un jeune homme, fait partie des tabous de notre société. Et pourtant l'autrice a osé le faire, en nous montrant de manière linéaire cette histoire si particulière. Léon est un garçon aux goûts et connaissances simples, presque limités. Mais il trouve son bonheur dans l'entretien des espaces verts de sa commune, en banlieue parisienne. Rose, quant à elle, a un passé de chanteuse de bistrots quelque peu chahutée, presque sordide, mais surtout triste. La grand-mère de Léon va les réunir, et leur rencontre va donner lieu à une histoire à la fois passionnée et touchante, pudique. C'est cette sensibilité, cette délicatesse, cette dignité qui m'ont touché dans cette lecture. Bien sûr, l'histoire particulière de Rose et Léon les transforme en cibles (faciles ?) pour nombre de gens, mais ils n'en ont cure. Au travers de situations touchantes, de dialogues crédibles, il y a a l'authenticité à revendre dans cette histoire. Une histoire qui pourrait se passer un peu à n'importe quelle époque, malgré les très rares références à notre début de 21ème siècle. Le dessin de Nadine Van Der Straeten a un aspect très "années 80", cela aurait pu trouver sa place dans des collections chez Casterman ou dans la revue (à suivre) de l'époque. Mais après Jeanne Hébuterne, elle m'impressionne encore avec sa maîtrise, son style réaliste sans véritable défaut (si on excepte cet aspect suranné). Une belle histoire.

07/05/2023 (modifier)
Couverture de la série Sous le tamarinier de Betioky
Sous le tamarinier de Betioky

J'ai vraiment beaucoup apprécié la série de Geneviève Marot qui peint la jeunesse du musicien malgache Jean Piso (prononcez Pissou, le chat). À ce jour c'est une des séries qui parle de l'Afrique que je préfère. En effet une bonne partie des anecdotes de la jeune vie de Jean pourrait être facilement transcrite ailleurs sur le continent. En outre l'auteure ne s'attarde pas sur le côté carte postale exotique dans son excellent graphisme d'aquarelles. Elle préfère nous faire vivre une multitude de scènes intimes soit observées sur le terrain soit comprises à travers les souvenirs de Jean. Marot réussit la prouesse de comprendre les liens sociétaux du passé grâce à son observation contemporaine de la vie au village. Il a fallu probablement une relation de confiance très forte pour arriver à ce niveau de compréhension réciproque. Car derrière des anecdotes qui peuvent sembler un peu folkloriques pour nos yeux de vazahas (Blancs), c'est bien une démonstration des liens sociaux à base du droit coutumier que l'auteure nous fait découvrir. " C'est plus efficace que toutes les lois vazahas réunies" trouve-t-on pour expliquer le Fomba gasy qui assure le contrat social de la société malgache mais probablement de toute la société africaine. Perso les passages sur l'école, ou le Tromba (l'appel aux ancêtres) ont vraiment résonné très fort pour mon vécu. La peinture de Geneviève Marot est superbe de dynamisme et rend la vie au village à la fois drôle et touchante. De plus cette série rend hommage à tous ces artistes africains qui réussissent à faire vivre la création musicale ou autre, dans des conditions souvent très difficiles. Une très bonne lecture fraîche et lumineuse comme un rayon de soleil sur une terre meurtrie.

06/05/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seven sons
Seven sons

Moralité, paix, prospérité. Voilà ce que promet le couronnement de la seconde incarnation du Christ sur Terre dans la nouvelle Canaan. Cette fête doit se dérouler le 7 juillet 1998 dans un stade spécialement construit pour l'occasion où pourront s'entasser un million de fidèles. Et pour ceux qui ne pourront y assister, il sera toujours possible de revoir la cérémonie en replay moyennant quelques dollars. Un récit qui m'a embarqué dès les premières planches et que je n'ai pas pu lâcher avant d'en connaître la conclusion. Sept enfants, des garçons, tous nés le 7 juillet 1977 de mères vierges, les Jésis, et l'un d'entre eux va devenir le fils de Dieu et guider le monde pour un nouvel âge d'or. Une prophétie qu'un homme, Nicolaus, avait prédit des années auparavant. Vérité ou supercherie ? Qu'importe, un récit sur la folie des hommes, sur la soif du pouvoir, sur le mensonge et la manipulation des foules, tout en n'oubliant pas de faire du bizness. Mais combien de morts pour de vrais ou faux prophètes ? La fin justifie-t-elle les moyens ? La religion, même s'il en est question, n'est que le prétexte pour créer une dystopie où les extrémistes sont pointés du doigt, les erreurs du passé sont toujours d'actualité. Une narration maîtrisée, non linéaire qui oscille des années 1965 à 1998, qui prend le temps de planter l'intrigue et les personnages. Un récit moderne, fort et dense. Une réussite ! Ce comics, c'est surtout le retour de Jae Lee après 9 ans d'absence. J'adore son style qui allie finesse, expressivité et puissance. Une mise en page destructurée où le génie de Lee explose. J'ai adoré le choix fait pour les Jésis, celui de visages de poupons, mais le sont-ils vraiment ? Magnifique ! Une lecture que je ne suis pas prêt d'oublier. A ne pas rater si vous êtes amateur de ce genre ! Surtout, ne pas regarder la dernière planche pour garder l'effet de surprise et sa fin ...

06/05/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Visages - Ceux que nous sommes
Visages - Ceux que nous sommes

Attention, voici un quadriptyque plutôt ambitieux ! Il s'agit en effet d''une saga familiale (ou de ce qui aurait pu être une famille), étalée sur la première moitié du XXème siècle, avec ses secrets, ses rancoeurs, ses combats, ses petits et grands bonheurs... L'histoire est née de la rencontre de Nathalie Ponsard-Gutknecht, graphiste française mariée à un Allemand et de Miceal Beausang-o'Griafa, scénariste et interprète français né des amours d'une Chilienne et d'un irlandais. Lui-même marié à une Corse. Je vous laisse imaginer la diversité culturelle des échanges. Des échanges qui ont débouché sur ce projet, racontant les histoires d'un couple franco-allemand qui se rencontre, se fait et se défait sur le front de la première guerre mondiale. De cette union naît un garçon, arraché à sa mère à la naissance, et qui conçoit une haine sans bornes pour ses géniteurs... Dès le premier volume les bases sont posées : Lieselotte et Louis sont en quelque sorte des légendes dans leurs camps respectifs, et leur enfant est un symbole. un signe qui montre que malgré la guerre, on peut se retrouver, s'aimer, même si cet amour est sans lendemain, balayé par le vent de l'Histoire... Mais au-delà de ce synopsis somme toute classique, il y a un vrai questionnement de fond : qu'est-ce qui nous construit, qui nous définit ? Quelle est notre identité ? Notre nationalité, notre langue, notre éducation, nos gènes ? Ce n'est encore qu'effleuré dans ce premier tome, mais au travers de communiqués, de rencontres et de présentations divers, on sent que les auteurs veulent juste mettre le sujet sur le tapis, sans forcément juger, cataloguer, classer... Le premier tome se termine sur un énorme cliffhanger, qui laisse présager une histoire très chahutée... Le deuxième tome nous montre entre autres comment ce moment de crise a été surmonté, sans pour autant que la suite soit sereine, la haine de Georg envers ses parents n'étant pas éteinte. Le tome 2 nous montre différentes séquences de la vie des trois personnages principaux, chacun de leur côté, des années 1910 à 1940. Des passages très intéressants, qui s'insèrent dans des moments cruciaux de l'Histoire de l'Europe. Des moments qui permettent, en outre, de bien saisir la personnalité et l'identité complexe de Lieselotte, Louis et Georg. Au vu des backgrounds de Nathalie Ponsard-Gutknecht et Miceal Beausang-O'Griafa, on peut même deviner qui a contribué à quelle séquence. Cela reste très prenant. Les co-scénaristes, qui ont travaillé pendant 7 ans sur ce projet, ont pris le temps de le peaufiner, et ça se sent. Ils ont fait appel à l'industrieux et talentueux Aurélien Morinière, particulièrement doué pour les ambiances avec un style réaliste nerveux, et parfois polymorphe. Des capacités d'adaptation héritées de son activité d'illustrateur et de peintre. Ici il livre en outre une palette chromatique avec des dominantes bleu et rouille, parfaite pour coller à l'ambiance particulière de la deuxième guerre mondiale. Afin de donner une plus grande dimension à leur histoire et la replacer dans son contexte, les auteurs proposent en annexes plusieurs petits articles relatifs aux évènements de l'époque : la bataille du Hartmannswillerkopf, le traité de Versailles, l'émancipation des Allemandes par les urnes, mais aussi, plus curieusement, l'artisanat des tranchées, un aspect que j'avais encore peu vu dans les différentes histoires rencontrées jusque-là, et qui fait l'objet de plusieurs passages dans la BD, entre autres sujets... Cela continue sur le tome 2, avec en particulier des articles courts sur l'histoire de l'Allemagne dans l'immédiat après-guerre, rarement raconté en fiction française. Précieux.

23/01/2023 (MAJ le 05/05/2023) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Dents longues
Les Dents longues

Ah c'est rigolo. Je suis les publications douce-amères d'Evemarie sur les réseaux sociaux, et parmi ses avatars se trouvent ce chaperon noir, son alter ego, et ce Loup, sorte de super-pote aussi cynique que carnassier. Le scénariste Courty s'en est emparé pour leur donner vie le temps d'un album, qui sort donc chez l'éditeur bordelais Expé Editions. Comme la figure du loup est présente dans plusieurs contes (le petit Chaperon rouge, les trois petits cochons, etc.), il a donc décidé de le faire voyager avec son amie Chaperon noir dans un univers alternatif où le Loup serait justement obligé de régler ses comptes avec ses différentes victimes, tandis que son amie doit retrouver sa mère-grand qui a tout plaqué après avoir trouvé l'amour. Sans être excessivement subversif, Courty nous emmène sur des chemins qui renversent quelque peu les clichés des contes tels qu'on les connaît maintenant, avec par exemple un nain qui passe son temps à dire "ta gueule", un papa ours qui traite Boucle d'or comme une souillon ou encore les trois cochons qui se prennent pour des rappeurs. Un univers où le love a son propre parc (un peu à gerber) et où les flics sont par exemple des singes. Heureusement que Chaperon et sa mère-grand ont des pouvoirs spéciaux pour remettre un peu d'ordre dans tout ça... Le style d'Evemarie, que j'avais découvert dans Hey June, scénarisé par Fabcaro, se situe dans une veine semi-réaliste propice à la parodie et à l'humour. j'aime bien également sa mise en couleurs, sobre mais efficace. On passe un bon petit moment de lecture.

05/05/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Truie, le Juge et l'Avocat
La Truie, le Juge et l'Avocat

"La truie, le juge et l'avocat" nous propose une sorte de fable acide qui au delà de l'absurdité de la justice moyenâgeuse, se gausse des travers de nos sociétés de façon plus universelle et intemporelle (rien que la 1ere page m'a fait sourire en miroir de notre triste actualité des violences policières). Il est vrai qu'au Moyen Age, les animaux pouvaient se retrouver confrontés à la justice des hommes. S'il ne s'agit pas d'une histoire véridique, Laurent Galandon s'amuse ici à nous raconter le procès d'une truie accusée d'avoir Assassine le fils d'un noble dans une petite ville de France. Face au juge incarnant l'ordre et la morale et qui n'a que mépris pour ceux qui lui sont inférieur (sa femme comprise...), notre truie va être défendue par un avocat de dernière minute aux talents bien cachés ! C'est là qu'une petite touche de fantastique vient se glisser dans le récit de façon ingénieuse. Cela donne lieu à des dialogues savoureux et des scènes drôlatiques qui font tout le sel de cette satyre sociale et sociétale. Côté dessin, Damien Vidal, que je découvre avec cet album, nous propose un trait simple, expressif et efficace qui renforce pleinement l'aspect tragi-comique de cette histoire. Sa mise en couleur chaleureuse et contrastée pose des ambiances adéquates et agréables. C'est pour moi un réel coup de coeur que cet album ; je l'ai attaqué sans trop m'attendre à grand chose, j'en suis sorti ravi et j'ai vraiment passé un très bon moment de lecture !

05/05/2023 (modifier)
Couverture de la série La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête
La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête

J'ai littéralement dévoré les sept tomes qui accompagnent la montée en puissance du chevalier Bragon dans sa défense d'Akbar contre les forces sectaires. Je ne suis pourtant pas un grand fan de la série mère mais ici j'ai été envoûté par la mise en scène et l'ambiance du récit. Les dialogues sont assez simples ce qui permet d'avancer rapidement dans l'histoire et de garder un rythme élevé à la narration. Le découpage et la mise en scène sont tellement précis que l'enchaînement des actions parallèles sur les différents territoires se fait avec une grande fluidité. Le récit reste cohérent du tome 1 au tome7 apportant à chaque épisode sa trouvaille scénaristique qui a capturé mon attention. En bout de course je me suis trouvé légèrement frustré de ne pas avoir les huit tomes pour boucler ce récit de haut vol. La gageure n'était pas simple puisque in fine on sait tous que Bragon va se tirer de chaque traquenard. C'est donc une prouesse des auteurs de créer des situations surprenantes et crédibles (dans l'esprit du récit) pour que la progression de Bragon et sa relation avec Mara reste attractive à chaque épisode. Les auteurs alternent des passages émotionnels très forts aux tome 1,3 et 5 dans une logique psychologique très pointue. Je trouve que Loisel donne à Bragon des caractéristiques déjà rencontrées chez Peter Pan. Pour passer de l'insouciance enfantine à la plénitude de l'adulte, il devra vivre la mort de l'ami, de la mère et du père. Sa responsabilité n'étant pas nulle dans chaque cas. Une autre prouesse de la série est de garder la cohérence graphique malgré quatre dessinateurs différents. Lidwine lance admirablement bien la série. Mais Aouamri, Mallié et enfin Etien restent tous dans un niveau d'excellence pour nous entraîner dans cet univers de villes, villages, forêts ou marécages peuplés de mille ethnies différentes. Le soin apporté pour créer une faune et une flore à la fois stupéfiante et originale montre l'extrême qualité de chaque planche proposée. Je fais partie des rares iconoclastes qui préfèrent cette série à la série mère que j'ai lue il y a peu sans la nostalgie des origines. Ce cycle m'invite à reprendre une nouvelle lecture des quatre premiers opus. Mais pour le moment je me retrouve bien plus dans les thèmes proposés par cette série.

04/05/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Baby Bleu
Baby Bleu

Il est des sujets tabous, intimes, dont il est parfois (souvent ?) difficile de parler. La dépression post-partum en fait partie. Marion Nail, autrice et illustratrice, en a fait la douloureuse expérience après la naissance de son premier enfant. Elle est donc allée voir une thérapeute, qui lui a conseillé de faire des exercices sous forme de dessins dans un cahier dédié. La jeune mère s'y est pliée, a abandonné, puis y est revenue, créant pour l'occasion un alter ego en forme de sphère de couleur bleue, sobrement surnommé Bleu. Dont l'enfant, Jaune, est la principale source de soucis. La grossesse est l'occasion de nombreux changements physiques et psychiques chez la mère, et nombre de ses changements, surtout psychiques, sont donc mis en scène et personnifiés dans cet album au ton très personnel, dans lequel Marion Nail s'interroge aussi sur sa vision du monde, son rapport à la maternité et à son corps. C'est émouvant, très émouvant. Il est fort probable que les angoisses qu'elle décrit dans ce petit album (78 pages demi-format avec une couverture souple) aient été vécues par nombre de jeunes parents. de manière à la fois simple et accessible, elle expose donc ce qu'elle a ressenti pendant les premiers mois, les premières années de sa parentalité. Livrant au passage quelques petits "trucs" pour laisser passer les vagues de colère qui la submergeaient parfois, jusqu'à commettre des choses à la fois tristes et graves. Des envies, des pensées que nombre de parents n'ont pas manqué de ressentir, dépassés par ces petites vies qui prennent tellement de place. Les trois quarts de l'album nous montrent des taches de couleur (y compris pour la psychologue, représentée en rose) qui parlent et pensent, dans des planches en gaufrier de 4x3, des alternances de cases et de bandes, des cases pleine page, ou du 2x2. Seule la dernière quinzaine de pages nous propose des êtres humains, représentant le retour à la réalité dans le récit. Avec seulement trois couleurs en plus du noir. J'ai un seul regret concernant cet album, dont l'intérêt est dans le propos intime, c'est que Marion Nail ne soit pas allée plus loin, se livrant un peu plus sur son entourage, peut-être sa jeunesse. L'album est un instantané sur quelques mois, quelques années de sa vie d'adulte.

03/05/2023 (modifier)