Cette série allait forcément me plaire, j’adore l’univers de Gotham, et je suis friand de ces séries télévisées genre NCIS, CSI (Les experts), Esprits Criminels etc. où on s’intéresse autant aux enquêtes criminelles qu’aux vies personnelles des enquêteurs. Et comme « Gotham Central » réunit ces deux éléments avec brio, j’ai passé un excellent moment de lecture.
Alors attention, être un fan d’histoires de Batman plus traditionnelles ne garantit pas que vous aimiez « Gotham Central ». Le personnage de Batman n’a vraiment qu’un rôle secondaire, et l’action passe souvent au second plan, laissant le premier rôle aux petits soucis personnels des différents détectives, ce qui ne sera sans doute pas au gout de tout le monde. De même, être un fan des séries télévisées suscitées n’est pas une garantie en soi, car il faut s’accommoder du fait que nos enquêteurs sont opposés à des super méchants genre Mister Freeze ou Joker :) Bref, un concept hybride qui ne plaira sans doute pas à tout le monde.
Les intrigues elles-mêmes sont intéressantes dans l’ensemble, mais sans pour autant être renversantes… j’allais quand même mettre un bon 3/5, et puis… j’ai lu le 5eme tome (en VO. La VF chez Urban Comics est en 4 tomes). Je l’ai trouvé remarquable, prenant au possible, et la fin m’a bouleversé comme peu de BDs le font. Je vous recommande vraiment d’aller jusqu’au bout avant de vous faire une opinion sur l’ensemble de la série.
Du coup ma note passe à 4/5, et je mets un coup de cœur ! Quel dommage que « Gotham Central » ait enflammé la critique US, mais sans jamais décoller au niveau des ventes… phénomène pas exclusivement « bien de chez nous » malheureusement.
(MAJ 2023 : Avis après lecture des 10 tomes parus en VO – la série est terminée, mais la VF semble toujours abandonnée, malgré la reprise chez Urban Comics… dommage)
Je me retrouve face au même dilemme que lorsque j’ai écrit mon avis sur Y Le Dernier Homme, autre série du même auteur : les défauts sautent aux yeux, et pourtant je n’ai pas pu m’empêcher d’apprécier la série dans son ensemble.
L’histoire frise souvent le ridicule. Je pense notamment à la façon dont notre héros se débarrasse de son ennemi juré, ou encore aux nombreuses dernières pages de chapitre versant dans le cliffhanger ridicule.
L’histoire tire en longueur, et sa qualité varie énormément d’un tome à un autre.
J’ai littéralement englouti les 6 premiers tomes. Le scenario est très moderne, très « post-9/11 ». Il est composé d’une trame générale (le phénomène mystérieux qui a donné ce pouvoir étrange à Mitchell Hundred) et la gestion quotidienne de la ville de New-York. La trame générale avance assez peu dans les 5 premiers tomes, mais décolle littéralement dans le 6eme, et m’a vraiment enchanté. Les amateurs de SF complexe (uchronie, dimensions parallèles…) vont être ravis, avec l’apparition d’un personnage complètement inattendu qui va éclaircir de nombreux points.
Les 5 premiers tomes se concentrent donc sur le passé du héros, et sur le présent, cad la gestion politique et sociale de New-York. L’action pure se fait rare, et des sujets tels que les droits des homosexuels, la peine de mort, la classification des drogues douces, la communication avec la presse, etc… sont traités avec intelligence. Ca fait plaisir de voir une BD mélanger une histoire typée SF avec des concepts aussi intéressants. Par contre j’imagine que le manque d’action et le coté assez pointu de certaines discussions (révisez votre politique américaines, le nom des deux partis politiques principaux etc…) risque de barber les lecteurs avides d’action.
Et puis les tomes 7 et 8 viennent tout gâcher, et sont d’une médiocrité inconcevable. Que s’est-il passé ?! Heureusement l’histoire se reprend dans les tomes 9 et 10, qui nous offrent un final plaisant. Ouf.
Une série inégale, mais remplie de qualités, que je recommande malgré les défauts ci-dessus.
Je n'aurais rien à ajouter aux autres avis sur cette BD tant ils ont décrit à merveille ce que je ressens aussi : une BD touchante, juste et qui nous fait ressentir tout une remise en question d'une femme mature. C'est beau, enveloppé dans des textes qui font mouche autant qu'ils nous plongent directement au cœur du sujet. C'est sensible, dans le sens noble du terme, et ça m'a sincèrement touché.
Je lorgnais sur cette BD comme celles qui font partie de la nouvelle collection de Glénat "Porn'pop", dirigée par Céline Tran, dont j'ai envie de lire tout les titres (sauf Petit Paul). Céline Tran était connue comme actrice du X, puis comme actrice tout court notamment dans des fictions youtube, en tant qu'auteure dans des petites histoires du label 619, et maintenant comme directrice de collection. Et ce bagage, on le sent dans l'histoire qu'elle nous donne ici, avec un ton maitrisé de bout en bout, l'utilisation de textes qui frisent la poésie et une histoire en totale empathie.
C'est surtout la façon dont le récit évolue autour de cette femme qui en fait sa force. Il n'y a pas ici de regard extérieur, tout est posé dans la façon dont cette femme voit le monde, mais surtout dont elle se voit. Les textes qui parsèment l’œuvre sont une petite merveille à lire, permettant de se plonger réellement dans la pensée de Élise. Le regard conduit tout le récit, regard d’Élise sur elle-même et sa vie, regard des autres sur elle, regard du lecteur sur l'ensemble.
Bien sur, la collection reste portée sur la pornographie, mais nous sommes très loin du genre de BD qui se lit à une main. Pour être honnête, ça s'approche bien plus du roman graphique pour moi. La pornographie n'est utilisée que comme outil de narration, à tel point que j'ai du réfléchir pour me rappeler les scènes osées qui parsèment l'ouvrage. C'est vraiment ce qui marque le moins.
Non, la BD est marquante pour son dessin, qui sublime le propos en nous montrant le désir, l'envie, le mystère, la séduction, le regard ... C'est un dessin sensuel, qui explore un corps vieillissant mais qui sait encore frémir à l'envie. C'est un dessin qui joue sur les cadrages, les couleurs (magnifiques au passage) et sur les expressions pour que passe plus que simplement le texte. C'est beau, vraiment beau, et ce dessin nous entraine dans un propos qui reste toujours à hauteur d'humain.
Je pourrais encore ajouter, mais les autres avis l'ont déjà mieux dit, alors je ne peux que rester sur un conseil de lecture très sincère. C'est franchement un gros coup de cœur que j'ai eu à la lecture, et c'est une chaude recommandation que je fais. Ça fait longtemps que je n'ai pas lu une BD qui donne autant l'impression d'être sincère dans son propos et humaine dans son traitement. Lisez-là !
Un livre déroutant dans lequel Christian Lax nous parle de sujets qui lui tiennent à cœur et qui sont tous liés à l’instruction et à l’éducation.
Livre déroutant car il semble dépourvu de fil conducteur (même si à la fin, tout se recoupe). Durant la première partie du récit, nous allons suivre un personnage qui deviendra instituteur itinérant, bibliothécaire ambulant, chasseur d’or ou encore instituteur auprès d’indiens Hopis. Une destinée hors du commun marquée par l’envie de partager son savoir, sans distinction de race ou de sexe et, surtout, sans chercher à l’imposer. Durant la deuxième partie du récit, nous retrouvons une lointaine descendante de cet homme, journaliste américaine. Les deux sujets majeurs de cette partie sont alors les massacres réguliers perpétrés par des étudiants et qui ont lieu dans les établissements scolaires aux USA et la situation des femmes en Afghanistan. Ne pouvant parler du premier sujet, l’héroïne sera envoyée en Afghanistan pour écrire des papiers sur des femmes militantes là-bas. A nouveau, ça peut paraître un peu foutraque, comme si Christian Lax ne parvenait pas à se limiter à une seule thématique, mais tout est en lien. Un personnage d’instituteur itinérant en Afghanistan rappelle immanquablement l’instituteur de la première partie. La thématique de l’importance de l’instruction demeure constamment présente, avec un accent mis sur l’instruction accessible à tous, quel que soit son sexe, sa religion, sa classe sociale. Le danger des armes à feu aux USA, la répression en Afghanistan, le sort des indiens Hopis au siècle dernier, autant de faits contre lesquels l’auteur s’élève, nous criant ses craintes quant à une autorité qui imposerait un savoir par la force, brisant les uns pour glorifier les autres.
J’ai vraiment senti le besoin de Christian Lax de parler de ces sujets, et il en parle bien. Ses personnages sont formidablement crédibles (et c’est un réel exploit de donner autant de matière à des personnages de fiction), son dessin est de toute beauté, sa colorisation apporte les lumières nécessaires, ses dialogues sonnent d’une manière naturelle… et la conclusion du récit émeut par son absurdité.
Franchement, une très belle lecture.
Les Années Spoutnik est une BD extrêmement touchante et totalement intergénérationnelle. Mon fils de 9 ans a lu l'intégralité de la série 2 ou 3 fois et il a adoré, bien qu'il n'était pas très motivé au départ, mon insistance ayant payé.
Le talent de Baru éclabousse les 4 tomes, on prend un plaisir fou à observer la vie de ces gamins et de leurs familles dans cette cité ouvrière des années 50-60, qui me rappelle la rue de mes grands-parents, dans laquelle toutes les maisons se ressemblent. Les souvenirs racontés par mon père et mes oncles dans ce quartier communiste ouvrier, balancé entre papeterie et cimenterie, collent parfaitement avec ceux de Baru. C'est émouvant, on est face à un témoignage de la vie et des rêves de nos ascendants.
Et même moi, qui suis plus jeune, je me suis retrouvé dans plein de choses : la scène du pénalty évidemment, les bandes "rivales" (même si on ne se mettait pas des peignées comme ça !), le fait que n'importe quel endroit à l'extérieur pouvait nous servir de terrain de jeu. Je revois Alex, Alicia, Gwenaël, Gladys et d'autres, mes voisins avec qui je partais jouer toute la journée dans la forêt, sur le terrain de foot, dans le champ d'à côté, etc.
Les dialogues sont géniaux, ils ont réveillé en moi le passionné de langues, de jargons et de patois. Ils ont fait rire mon fils.
J'ai lu la série deux fois, et à chaque fois, j'ai pris un plaisir fou à lire et à décrypter ces sociolectes. Encore mieux, le mélange des cultures - et donc des langues - est un témoignage surpuissant des bienfaits, linguistiques et sociaux, de la diversité.
Sous ses abords de BD simple et légère, Baru nous livre une œuvre bien plus complexe sur notre histoire, sur la vie de nos parents et grands-parents. Et, si comme moi, vous êtes issus d'une famille modeste, communiste et ouvrière (mais heureuse), et qu'en plus vous vous intéressez de près au multiculturalisme et à la diversité linguistique et sociale, cette série doit trôner en haut de votre bédéthèque.
Les Années Spoutnik est un véritable trésor.
Exercice de style parfaitement maîtrisé par un vieux briscard, Cherchez Charlie ne trompe pas sur la marchandise. Vous regardez la couverture, vous lisez le titre, vous savez à quoi vous attendre.
Emmanuel Moynot joue et jubile avec ce concept de ‘course à la valise’ dans lequel un attaché-case des plus compromettants va passer d’une main à une autre alors que le nombre de personnes désireuses de le récupérer ne fait que s’accroître. Le récit est rondement mené et s’enrichit encore de l’univers choisi. En effet, nous nous retrouvons en plein New-York durant l’année 69. Un choix d’autant plus judicieux que l’artiste peut s’éclater avec sa colorisation, résolument tranchée.
Je ne vais pas bouder mon plaisir : je me suis bien amusé. Ce n’est pas l’œuvre du siècle, c’est un concept qui a déjà été souvent exploré, mais quand c’est bien tourné (comme c’est le cas présentement), quand il y a osmose entre l’univers et le dessin, quand les personnages accrochent (même s’ils sont assez classiques dans le genre), et bien je passe un agréable moment de lecture.
Franchement pas mal du tout !
Du pur bonheur cette série !!
2 auteurs au diapason pour régaler le lecteur, j’ai hâte de connaître la conclusion et pourquoi pas revoir la note à la hausse.
Pour faire court, j’ai tout aimé.
Du très très bon Dorison, un récit intelligent, bien construit, des personnages réussis. Je manque d’adjectifs mais à mes yeux vraiment une belle qualité d’écriture.
Je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais ici il me surprend plus que positivement. Il rend un bel hommage à la ferme des animaux.
Une bd ne serait rien sans la partie graphique, Felix Delep fait une entrée remarquable dans le monde du 9eme art, que dire sinon : Quel talent !!
Les animaux sont exquis, découpage et couleurs aux petits oignons, ça envoie du lourd.
Une réalisation de haute volée pour un récit hyper prenant, je dis OUI !!, bravo et merci.
Bah alors ça ?! Je ne m’attendais pas à succomber. Une belle surprise de l’éditeur Drakoo que j’avais bien trop vite catalogué.
Déjà un bel objet, soigné dans sa réalisation, et l’intérieur l’est tout autant. Serena Blasco que je découvre m’a emporté.
Pourtant on a affaire à de la Fantasy orientée vers le jeune public, une prophétie, une école, des jeunes qui vont apprendre à maîtriser un pouvoir… du classique mais plein de fraîcheur ici.
Tout est bien dosé, un 1er tome dense, la « banalité » de l’histoire est magnifiquement compensée par le dessin coloré et le cadre ésotérique. Ma lecture a eu un petit côté magique, j’y ai trouvé une belle osmose. La découverte de ce microcosme tournant autour des arcanes du Tarot me fut fort sympathique.
Franchement un chouette univers de créé, c’est plein de vie à chaque page. Décidément, après d’autres récentes lectures, j’apprécie beaucoup la patte féminine dans ce genre.
Une belle découverte.
MàJ après tome 2 :
Je viens réitérer tout le bien que je pense de cet univers, qu’est-ce que c’est bon de s’y perdre !!
L’ensemble m’est paru encore plus attachant et rondement mené.
Hâte de découvrir la suite, j’agrémente ma note d’un joli coup de cœur.
Cette "histoire interdite" dénonce tout ce que je déteste, que cela soit chez nos chers politiques ou chez nous, simples citoyens. Notre incroyable capacité à fermer les yeux sur des évènements d'une extrême gravité me retourne la tête. L'argument qui veut qu'en agissant, ou simplement en avouant ou en acceptant une situation, on pourrait faire plus de mal qu'autre chose me révolte, et ce, depuis toujours. C'est même au-delà de la révolte, je ne le comprends tout simplement pas.
Inès Léraud n'est pas d'accord avec ce postulat. Elle, elle agit, elle dénonce, elle démontre, elle ne cache rien, même si cette vérité fait mal, qu'elle pourrait mettre en péril, ici, la situation des agriculteurs ou du tourisme. Parce que non, la vérité ne doit pas être cachée. Et puis, au nom de quoi, devrions-nous cacher, ou minimiser une catastrophe d'une telle ampleur que celle des algues vertes en Bretagne, et ailleurs ? La sacro-sainte économie pourrait souffrir d'une telle honnêteté, parce que c'est bien ça le problème, mais essayer de maintenir cette dernière malgré tout, n'est-ce pas sauter pour mieux reculer (!) ?
Les réactions lors de la sortie de la bd prouvent malheureusement que, pour beaucoup, tant que l'argent rentre dans les caisses, le reste n'est qu'accessoire.
Des plages magnifiques défigurées ? Pas grave.
Des sous-sols pollués pour des décennies ? Pas grave.
Des aliments contaminés ? Pas grave.
L'eau contaminée ? Pas grave.
Des animaux morts ? Pas grave.
Des morts humaines ? Pas grave.
Et puis, tiens, au lieu d'agir pour comprendre et essayer de diminuer, voire de faire disparaître le problème, on va plutôt aller intimider les lanceurs d'alertes, les scientifiques, les militants écolos.
Le travail d'Inès Léraud est minutieux, rigoureux et très didactique. Le travail graphique de Pierre Van Hove exploite parfaitement le caractère journalistique de la bd. Les couleurs, en particulier, sont très réussies.
Ceci n'est pas un avis, c'est un coup de gueule monumental. Le coup de cœur que je lui octroie est ma façon de faire passer ce coup de gueule.
La lecture de cette bd m'a révolté, m'a attristé, m'a déprimé. Je suis le scandale des algues bretonnes depuis longtemps, et encore aujourd'hui, bien naïf que je suis, je suis estomaqué par le traitement politique, médiatique, citoyen de la situation. Après tout, on s'en fout, on va vivre une petite centaine d'années pour les mieux lotis d'entre nous, on n'a pas de temps à perdre avec ces conneries...
L’Inde. Pas celle du Mahabharata, pas celle des Maharadjas non plus, ni celle de Bollywood.
Non, l’Inde de tous les jours, des gens ordinaires, des ouvriers sur un chantier de construction.
Un immeuble de logements sort de terre à Bangalore, et c’est le ballet des ouvriers. Ils sont recrutés (sans contrat) par le contremaître, sans forcément d’expérience et apprennent le métier de manœuvre sur le tas. Ils vivent sur place, le chantier avancera plus vite. Et puis il y a les différents corps de métiers, l’architecte, le donneur d’ordre, les futurs acheteurs d’un appartement dans l’immeuble…
On a la vie quotidienne, avec ses conflits entre ouvriers de confessions différentes, ses rebellions contre le patron qui essaie de payer moins et le contremaître qui retient les salaires à son profit, les ennuis quand le chantier prend du retard ou ne se passe pas comme prévu…
Ça pourrait être d’un ennui mortel, mais pas du tout, au contraire. Il est facile de s’attacher à tout ce petit monde, même les pas trop honnêtes. On voit bien qu’ils ont tous leurs motivations et puis finalement il se passe plein de choses sur ce chantier...
Le rendu graphique est intéressant, avec de beaux contrastes de couleurs, bleus et orangés se répondent pour une belle luminosité. Et les pleines pages sur l’avancement de l’immeuble sont magnifiques. On voit que l’auteur était sur place et a tout suivi sur le vif.
Bel ouvrage éditorial également. Je recommande.
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Gotham Central
Cette série allait forcément me plaire, j’adore l’univers de Gotham, et je suis friand de ces séries télévisées genre NCIS, CSI (Les experts), Esprits Criminels etc. où on s’intéresse autant aux enquêtes criminelles qu’aux vies personnelles des enquêteurs. Et comme « Gotham Central » réunit ces deux éléments avec brio, j’ai passé un excellent moment de lecture. Alors attention, être un fan d’histoires de Batman plus traditionnelles ne garantit pas que vous aimiez « Gotham Central ». Le personnage de Batman n’a vraiment qu’un rôle secondaire, et l’action passe souvent au second plan, laissant le premier rôle aux petits soucis personnels des différents détectives, ce qui ne sera sans doute pas au gout de tout le monde. De même, être un fan des séries télévisées suscitées n’est pas une garantie en soi, car il faut s’accommoder du fait que nos enquêteurs sont opposés à des super méchants genre Mister Freeze ou Joker :) Bref, un concept hybride qui ne plaira sans doute pas à tout le monde. Les intrigues elles-mêmes sont intéressantes dans l’ensemble, mais sans pour autant être renversantes… j’allais quand même mettre un bon 3/5, et puis… j’ai lu le 5eme tome (en VO. La VF chez Urban Comics est en 4 tomes). Je l’ai trouvé remarquable, prenant au possible, et la fin m’a bouleversé comme peu de BDs le font. Je vous recommande vraiment d’aller jusqu’au bout avant de vous faire une opinion sur l’ensemble de la série. Du coup ma note passe à 4/5, et je mets un coup de cœur ! Quel dommage que « Gotham Central » ait enflammé la critique US, mais sans jamais décoller au niveau des ventes… phénomène pas exclusivement « bien de chez nous » malheureusement.
Ex Machina
(MAJ 2023 : Avis après lecture des 10 tomes parus en VO – la série est terminée, mais la VF semble toujours abandonnée, malgré la reprise chez Urban Comics… dommage) Je me retrouve face au même dilemme que lorsque j’ai écrit mon avis sur Y Le Dernier Homme, autre série du même auteur : les défauts sautent aux yeux, et pourtant je n’ai pas pu m’empêcher d’apprécier la série dans son ensemble. L’histoire frise souvent le ridicule. Je pense notamment à la façon dont notre héros se débarrasse de son ennemi juré, ou encore aux nombreuses dernières pages de chapitre versant dans le cliffhanger ridicule. L’histoire tire en longueur, et sa qualité varie énormément d’un tome à un autre. J’ai littéralement englouti les 6 premiers tomes. Le scenario est très moderne, très « post-9/11 ». Il est composé d’une trame générale (le phénomène mystérieux qui a donné ce pouvoir étrange à Mitchell Hundred) et la gestion quotidienne de la ville de New-York. La trame générale avance assez peu dans les 5 premiers tomes, mais décolle littéralement dans le 6eme, et m’a vraiment enchanté. Les amateurs de SF complexe (uchronie, dimensions parallèles…) vont être ravis, avec l’apparition d’un personnage complètement inattendu qui va éclaircir de nombreux points. Les 5 premiers tomes se concentrent donc sur le passé du héros, et sur le présent, cad la gestion politique et sociale de New-York. L’action pure se fait rare, et des sujets tels que les droits des homosexuels, la peine de mort, la classification des drogues douces, la communication avec la presse, etc… sont traités avec intelligence. Ca fait plaisir de voir une BD mélanger une histoire typée SF avec des concepts aussi intéressants. Par contre j’imagine que le manque d’action et le coté assez pointu de certaines discussions (révisez votre politique américaines, le nom des deux partis politiques principaux etc…) risque de barber les lecteurs avides d’action. Et puis les tomes 7 et 8 viennent tout gâcher, et sont d’une médiocrité inconcevable. Que s’est-il passé ?! Heureusement l’histoire se reprend dans les tomes 9 et 10, qui nous offrent un final plaisant. Ouf. Une série inégale, mais remplie de qualités, que je recommande malgré les défauts ci-dessus.
Itinéraire d'une garce
Je n'aurais rien à ajouter aux autres avis sur cette BD tant ils ont décrit à merveille ce que je ressens aussi : une BD touchante, juste et qui nous fait ressentir tout une remise en question d'une femme mature. C'est beau, enveloppé dans des textes qui font mouche autant qu'ils nous plongent directement au cœur du sujet. C'est sensible, dans le sens noble du terme, et ça m'a sincèrement touché. Je lorgnais sur cette BD comme celles qui font partie de la nouvelle collection de Glénat "Porn'pop", dirigée par Céline Tran, dont j'ai envie de lire tout les titres (sauf Petit Paul). Céline Tran était connue comme actrice du X, puis comme actrice tout court notamment dans des fictions youtube, en tant qu'auteure dans des petites histoires du label 619, et maintenant comme directrice de collection. Et ce bagage, on le sent dans l'histoire qu'elle nous donne ici, avec un ton maitrisé de bout en bout, l'utilisation de textes qui frisent la poésie et une histoire en totale empathie. C'est surtout la façon dont le récit évolue autour de cette femme qui en fait sa force. Il n'y a pas ici de regard extérieur, tout est posé dans la façon dont cette femme voit le monde, mais surtout dont elle se voit. Les textes qui parsèment l’œuvre sont une petite merveille à lire, permettant de se plonger réellement dans la pensée de Élise. Le regard conduit tout le récit, regard d’Élise sur elle-même et sa vie, regard des autres sur elle, regard du lecteur sur l'ensemble. Bien sur, la collection reste portée sur la pornographie, mais nous sommes très loin du genre de BD qui se lit à une main. Pour être honnête, ça s'approche bien plus du roman graphique pour moi. La pornographie n'est utilisée que comme outil de narration, à tel point que j'ai du réfléchir pour me rappeler les scènes osées qui parsèment l'ouvrage. C'est vraiment ce qui marque le moins. Non, la BD est marquante pour son dessin, qui sublime le propos en nous montrant le désir, l'envie, le mystère, la séduction, le regard ... C'est un dessin sensuel, qui explore un corps vieillissant mais qui sait encore frémir à l'envie. C'est un dessin qui joue sur les cadrages, les couleurs (magnifiques au passage) et sur les expressions pour que passe plus que simplement le texte. C'est beau, vraiment beau, et ce dessin nous entraine dans un propos qui reste toujours à hauteur d'humain. Je pourrais encore ajouter, mais les autres avis l'ont déjà mieux dit, alors je ne peux que rester sur un conseil de lecture très sincère. C'est franchement un gros coup de cœur que j'ai eu à la lecture, et c'est une chaude recommandation que je fais. Ça fait longtemps que je n'ai pas lu une BD qui donne autant l'impression d'être sincère dans son propos et humaine dans son traitement. Lisez-là !
L'Université des Chèvres
Un livre déroutant dans lequel Christian Lax nous parle de sujets qui lui tiennent à cœur et qui sont tous liés à l’instruction et à l’éducation. Livre déroutant car il semble dépourvu de fil conducteur (même si à la fin, tout se recoupe). Durant la première partie du récit, nous allons suivre un personnage qui deviendra instituteur itinérant, bibliothécaire ambulant, chasseur d’or ou encore instituteur auprès d’indiens Hopis. Une destinée hors du commun marquée par l’envie de partager son savoir, sans distinction de race ou de sexe et, surtout, sans chercher à l’imposer. Durant la deuxième partie du récit, nous retrouvons une lointaine descendante de cet homme, journaliste américaine. Les deux sujets majeurs de cette partie sont alors les massacres réguliers perpétrés par des étudiants et qui ont lieu dans les établissements scolaires aux USA et la situation des femmes en Afghanistan. Ne pouvant parler du premier sujet, l’héroïne sera envoyée en Afghanistan pour écrire des papiers sur des femmes militantes là-bas. A nouveau, ça peut paraître un peu foutraque, comme si Christian Lax ne parvenait pas à se limiter à une seule thématique, mais tout est en lien. Un personnage d’instituteur itinérant en Afghanistan rappelle immanquablement l’instituteur de la première partie. La thématique de l’importance de l’instruction demeure constamment présente, avec un accent mis sur l’instruction accessible à tous, quel que soit son sexe, sa religion, sa classe sociale. Le danger des armes à feu aux USA, la répression en Afghanistan, le sort des indiens Hopis au siècle dernier, autant de faits contre lesquels l’auteur s’élève, nous criant ses craintes quant à une autorité qui imposerait un savoir par la force, brisant les uns pour glorifier les autres. J’ai vraiment senti le besoin de Christian Lax de parler de ces sujets, et il en parle bien. Ses personnages sont formidablement crédibles (et c’est un réel exploit de donner autant de matière à des personnages de fiction), son dessin est de toute beauté, sa colorisation apporte les lumières nécessaires, ses dialogues sonnent d’une manière naturelle… et la conclusion du récit émeut par son absurdité. Franchement, une très belle lecture.
Les Années Spoutnik
Les Années Spoutnik est une BD extrêmement touchante et totalement intergénérationnelle. Mon fils de 9 ans a lu l'intégralité de la série 2 ou 3 fois et il a adoré, bien qu'il n'était pas très motivé au départ, mon insistance ayant payé. Le talent de Baru éclabousse les 4 tomes, on prend un plaisir fou à observer la vie de ces gamins et de leurs familles dans cette cité ouvrière des années 50-60, qui me rappelle la rue de mes grands-parents, dans laquelle toutes les maisons se ressemblent. Les souvenirs racontés par mon père et mes oncles dans ce quartier communiste ouvrier, balancé entre papeterie et cimenterie, collent parfaitement avec ceux de Baru. C'est émouvant, on est face à un témoignage de la vie et des rêves de nos ascendants. Et même moi, qui suis plus jeune, je me suis retrouvé dans plein de choses : la scène du pénalty évidemment, les bandes "rivales" (même si on ne se mettait pas des peignées comme ça !), le fait que n'importe quel endroit à l'extérieur pouvait nous servir de terrain de jeu. Je revois Alex, Alicia, Gwenaël, Gladys et d'autres, mes voisins avec qui je partais jouer toute la journée dans la forêt, sur le terrain de foot, dans le champ d'à côté, etc. Les dialogues sont géniaux, ils ont réveillé en moi le passionné de langues, de jargons et de patois. Ils ont fait rire mon fils. J'ai lu la série deux fois, et à chaque fois, j'ai pris un plaisir fou à lire et à décrypter ces sociolectes. Encore mieux, le mélange des cultures - et donc des langues - est un témoignage surpuissant des bienfaits, linguistiques et sociaux, de la diversité. Sous ses abords de BD simple et légère, Baru nous livre une œuvre bien plus complexe sur notre histoire, sur la vie de nos parents et grands-parents. Et, si comme moi, vous êtes issus d'une famille modeste, communiste et ouvrière (mais heureuse), et qu'en plus vous vous intéressez de près au multiculturalisme et à la diversité linguistique et sociale, cette série doit trôner en haut de votre bédéthèque. Les Années Spoutnik est un véritable trésor.
Cherchez Charlie
Exercice de style parfaitement maîtrisé par un vieux briscard, Cherchez Charlie ne trompe pas sur la marchandise. Vous regardez la couverture, vous lisez le titre, vous savez à quoi vous attendre. Emmanuel Moynot joue et jubile avec ce concept de ‘course à la valise’ dans lequel un attaché-case des plus compromettants va passer d’une main à une autre alors que le nombre de personnes désireuses de le récupérer ne fait que s’accroître. Le récit est rondement mené et s’enrichit encore de l’univers choisi. En effet, nous nous retrouvons en plein New-York durant l’année 69. Un choix d’autant plus judicieux que l’artiste peut s’éclater avec sa colorisation, résolument tranchée. Je ne vais pas bouder mon plaisir : je me suis bien amusé. Ce n’est pas l’œuvre du siècle, c’est un concept qui a déjà été souvent exploré, mais quand c’est bien tourné (comme c’est le cas présentement), quand il y a osmose entre l’univers et le dessin, quand les personnages accrochent (même s’ils sont assez classiques dans le genre), et bien je passe un agréable moment de lecture. Franchement pas mal du tout !
Le Château des Animaux
Du pur bonheur cette série !! 2 auteurs au diapason pour régaler le lecteur, j’ai hâte de connaître la conclusion et pourquoi pas revoir la note à la hausse. Pour faire court, j’ai tout aimé. Du très très bon Dorison, un récit intelligent, bien construit, des personnages réussis. Je manque d’adjectifs mais à mes yeux vraiment une belle qualité d’écriture. Je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais ici il me surprend plus que positivement. Il rend un bel hommage à la ferme des animaux. Une bd ne serait rien sans la partie graphique, Felix Delep fait une entrée remarquable dans le monde du 9eme art, que dire sinon : Quel talent !! Les animaux sont exquis, découpage et couleurs aux petits oignons, ça envoie du lourd. Une réalisation de haute volée pour un récit hyper prenant, je dis OUI !!, bravo et merci.
Arcana
Bah alors ça ?! Je ne m’attendais pas à succomber. Une belle surprise de l’éditeur Drakoo que j’avais bien trop vite catalogué. Déjà un bel objet, soigné dans sa réalisation, et l’intérieur l’est tout autant. Serena Blasco que je découvre m’a emporté. Pourtant on a affaire à de la Fantasy orientée vers le jeune public, une prophétie, une école, des jeunes qui vont apprendre à maîtriser un pouvoir… du classique mais plein de fraîcheur ici. Tout est bien dosé, un 1er tome dense, la « banalité » de l’histoire est magnifiquement compensée par le dessin coloré et le cadre ésotérique. Ma lecture a eu un petit côté magique, j’y ai trouvé une belle osmose. La découverte de ce microcosme tournant autour des arcanes du Tarot me fut fort sympathique. Franchement un chouette univers de créé, c’est plein de vie à chaque page. Décidément, après d’autres récentes lectures, j’apprécie beaucoup la patte féminine dans ce genre. Une belle découverte. MàJ après tome 2 : Je viens réitérer tout le bien que je pense de cet univers, qu’est-ce que c’est bon de s’y perdre !! L’ensemble m’est paru encore plus attachant et rondement mené. Hâte de découvrir la suite, j’agrémente ma note d’un joli coup de cœur.
Algues vertes - L'Histoire interdite
Cette "histoire interdite" dénonce tout ce que je déteste, que cela soit chez nos chers politiques ou chez nous, simples citoyens. Notre incroyable capacité à fermer les yeux sur des évènements d'une extrême gravité me retourne la tête. L'argument qui veut qu'en agissant, ou simplement en avouant ou en acceptant une situation, on pourrait faire plus de mal qu'autre chose me révolte, et ce, depuis toujours. C'est même au-delà de la révolte, je ne le comprends tout simplement pas. Inès Léraud n'est pas d'accord avec ce postulat. Elle, elle agit, elle dénonce, elle démontre, elle ne cache rien, même si cette vérité fait mal, qu'elle pourrait mettre en péril, ici, la situation des agriculteurs ou du tourisme. Parce que non, la vérité ne doit pas être cachée. Et puis, au nom de quoi, devrions-nous cacher, ou minimiser une catastrophe d'une telle ampleur que celle des algues vertes en Bretagne, et ailleurs ? La sacro-sainte économie pourrait souffrir d'une telle honnêteté, parce que c'est bien ça le problème, mais essayer de maintenir cette dernière malgré tout, n'est-ce pas sauter pour mieux reculer (!) ? Les réactions lors de la sortie de la bd prouvent malheureusement que, pour beaucoup, tant que l'argent rentre dans les caisses, le reste n'est qu'accessoire. Des plages magnifiques défigurées ? Pas grave. Des sous-sols pollués pour des décennies ? Pas grave. Des aliments contaminés ? Pas grave. L'eau contaminée ? Pas grave. Des animaux morts ? Pas grave. Des morts humaines ? Pas grave. Et puis, tiens, au lieu d'agir pour comprendre et essayer de diminuer, voire de faire disparaître le problème, on va plutôt aller intimider les lanceurs d'alertes, les scientifiques, les militants écolos. Le travail d'Inès Léraud est minutieux, rigoureux et très didactique. Le travail graphique de Pierre Van Hove exploite parfaitement le caractère journalistique de la bd. Les couleurs, en particulier, sont très réussies. Ceci n'est pas un avis, c'est un coup de gueule monumental. Le coup de cœur que je lui octroie est ma façon de faire passer ce coup de gueule. La lecture de cette bd m'a révolté, m'a attristé, m'a déprimé. Je suis le scandale des algues bretonnes depuis longtemps, et encore aujourd'hui, bien naïf que je suis, je suis estomaqué par le traitement politique, médiatique, citoyen de la situation. Après tout, on s'en fout, on va vivre une petite centaine d'années pour les mieux lotis d'entre nous, on n'a pas de temps à perdre avec ces conneries...
L'Alcazar
L’Inde. Pas celle du Mahabharata, pas celle des Maharadjas non plus, ni celle de Bollywood. Non, l’Inde de tous les jours, des gens ordinaires, des ouvriers sur un chantier de construction. Un immeuble de logements sort de terre à Bangalore, et c’est le ballet des ouvriers. Ils sont recrutés (sans contrat) par le contremaître, sans forcément d’expérience et apprennent le métier de manœuvre sur le tas. Ils vivent sur place, le chantier avancera plus vite. Et puis il y a les différents corps de métiers, l’architecte, le donneur d’ordre, les futurs acheteurs d’un appartement dans l’immeuble… On a la vie quotidienne, avec ses conflits entre ouvriers de confessions différentes, ses rebellions contre le patron qui essaie de payer moins et le contremaître qui retient les salaires à son profit, les ennuis quand le chantier prend du retard ou ne se passe pas comme prévu… Ça pourrait être d’un ennui mortel, mais pas du tout, au contraire. Il est facile de s’attacher à tout ce petit monde, même les pas trop honnêtes. On voit bien qu’ils ont tous leurs motivations et puis finalement il se passe plein de choses sur ce chantier... Le rendu graphique est intéressant, avec de beaux contrastes de couleurs, bleus et orangés se répondent pour une belle luminosité. Et les pleines pages sur l’avancement de l’immeuble sont magnifiques. On voit que l’auteur était sur place et a tout suivi sur le vif. Bel ouvrage éditorial également. Je recommande.