Thomas Gilbert propose un album qui revisite finalement des thèmes assez proches de son superbe Les Filles de Salem, à savoir la bêtise humaine et religieuse, et la violence à l’encontre des faibles (les femmes, les enfants, les animaux), mais dans un contexte moins réaliste, presque fantasy… et j’ai beaucoup aimé.
L’histoire se présente sous la forme d’une grande aventure en compagnie de Brunehilde, meneuse de loups (personnage légendaire proche d’une sorcière) et des compagnons qu’elle rencontre sur son chemin. Elle va s’opposer à un tueur en série issu de la religion chrétienne (encore une fois malmenée par l’auteur) et prendre la défense des animaux, accusés à tord par les villageois. En tout cas j’ai trouvé l’histoire prenante et rondement menée, et le personnage de Brunehilde très attachant - j’ai beaucoup aimé ses valeurs et sa quête.
La mise en image est superbe. J’ai notamment adoré les paysages de campagne. Je note cependant quelques soucis de narration, avec des sauts temporels pas très clairs, qui ont rendu ma lecture un peu ardue, sans toutefois gâcher mon plaisir.
Un chouette one-shot.
Les auteurs ont attiré mon attention. Le titre moins : les histoires fantastiques n'ont pas vraiment ma préférence. La première image m'a intrigué: Salem, décor fin XIXième siècle? Comme dans les fameuses histoires des sorcières?
Dès les premières pages, on retrouve (revoit?) l'émeute populaire contre la sorcellerie, le feu, le juge dépassé par les événements, la haute dame intolérante, etc… On est vraiment dans Salem, pardon, Shaalem, avec une histoire du même genre, mais racontée d'une façon différente, avec la bouteille de "Rhum Letendre" dans le coin.
Puis viens la page 30: le train Brostown-Shaalem nous rappelle que Salem est situé non loin de Boston et donc, nous confirme ainsi notre première impression! Et l'histoire continue, me passionnant de plus en plus pour cette jeune bonne sorcière qui se bat toute seule, avec ses deux amis, contre cette mouvance des méchantes sorcières.
Pour la galerie, il y a même un Magasin général à demi montré, quelque part…!
Et c'est bel et bien une histoire de sorcières, le groupe des méchantes contre une toute petite bonne sorcière, rejetée des siens, on ne sait pourquoi, avec ses deux amis, aussi marginaux dans leur société et qui finissent quand même par gagner dans cette histoire. Et quelle histoire! Et qui, de plus, se déroule dans un décor archi-connu, mais montré d'une façon tellement différente! Et qui nous laisse sur notre faim… Pourquoi cette jeune bonne sorcière avait-elle été rejetée? Est-ce vraiment la fin des méchantes sorcières? Et ce corbeau noir, que l'on voit à la fin de l'histoire, il vient faire quoi, là-dedans? Et pourquoi, à la dernière image, nous renvoit-on en Transylvanie, patrie de la sorcellerie?
Et surtout… pourquoi ce point d'interrogation, juste après le mot "fin?" ?
Vivement le tome 2 du Sarcophage des âmes!
3.5
La biographie du boxeur oublié Battling Siki qui avait pour particularité d'être Français parce qu'il était né au Sénégal durant la colonisation. Ducoudray ne va donc pas se gêner pour montrer le racisme décomplexé de l'époque où on va même le rabaisser lorsqu'il gagne grâce aux théories pseudo-scientifiques racistes sur les différences entre les blancs et les noirs.
J'avoue que cela m'a pris un peu de temps pour bien apprécier le scénario parce que le début est plutôt lent. J'ai totalement embarqué lorsque notre héros se met totalement à la boxe. J'ai trouvé le récit passionnant, la personnalité de Battling Siki est intéressante et j'ai bien aimé la description de la société française de l'époque. Le dessin est très bon et je trouve que la mise en scène est remarquable. J'ai surtout apprécié lorsqu'on faisait défiler des personnes ayant rencontré le boxeur et que celles-ci parlaient à un interlocuteur invisible. Cela donne l'impression de regarder un documentaire où les gens parlent à la caméra, j'aime bien ce style d'effet.
Bref, moi qui ne suis pas un grand fan de boxe, et ben j’ai été emballé par ce one-shot !
Il n'est jamais évident de faire une "suite" à une série à succès. Ici, mission réussie.
Je me rappelle précisément le jour où j'ai acheté le premier tome du préquel du Le Troisième Testament, j'étais dubitatif devant la couverture avec ce casque romain, qui d'ailleurs reviendra sur chaque album. Et bien j'avais tort, dès les premières planches, j'ai été happé par l'intrigue avec ce délicieux cocktail de péplum, de fantastique et d'ésotérisme.
Une intrigue classique mais bien charpentée, on va suivre l'épopée de deux hommes qui au départ tout oppose, Julius Publius Vindex général dans l'armée romaine, le boucher d'Alexandrie, et d'un juif qui va devenir l'esclave de Julius. Un récit qui va vite changer de direction, nos deux lascars vont s'associer malgré eux et partir à la recherche du troisième testament. Ce qui m'a captivé dans cette quête, c'est le souffle épique et le lyrisme qui s'en dégage tout en explorant le fanatisme, la guerre, les croyances et les relations humaines. Des personnages principaux qui au départ peuvent paraître stéréotypés mais qui vont évoluer d'une manière diamétralement opposée.
Un final quelque peu attendu pour qui a lu Le Troisième Testament mais cela n'enlève en rien à son pouvoir d'attraction. Les deux séries peuvent se lire indépendamment.
Un premier tome dessiné par Robin Recht au trait puissant et à la mise en page réalisée par Alex Alice, très beau.
Le reste de la série sera dessinée par Thimotée Montaigne, une transition qui se fait naturellement, Alex Alice est toujours au storyboard, superbe. J'avoue avoir une préférence pour le trait de Montaigne.
Une cohérence graphique qui apporte un ton mystique à cette formidable odyssée.
Une relecture d'une traite, il faut dire que je suis friand de ce genre de récit.
Mise à jour suite à lecture du dernier tome.
Donc, à la demande de Ro, j'enregistre et j'avise Terre. ;-)
C'était prévu, mais pas forcément avant les vacances.
Mandor a quitté le vaisseau Jupiter avec Beth et d'autres compagnons.
Arrivés sur une planète inconnue, ils commencent par "monter" un village suspendu, avant de partir explorer ce nouveau monde.
Rodolphe nous livre un récit de qualité avec son lot de surprises.
De la science fiction qui reste dans les normes standards, mais diablement efficace.
Juste un bémol sur les deux scènes de nu, pas forcément obligatoires pour la compréhension de l'histoire.
Passons à Christophe Dubois, je suis FAN depuis son extraordinaire Cycle d'Ostruce, si si, extraordinaire. C'est entièrement partial.
Son trait hachuré tout en nuances est magnifique. Il donne du rythme et aide à donner une ambiance inquiétante. Une capacité à créer des mondes tous plus beaux les uns que les autres.
Toutes ses planches sont somptueuses.
Avec une très belle mise en couleur.
Le point fort de cet album.
J'attends avec impatience la suite.
J'en conseille la lecture et plus si affinités.
En cadeau, un superbe cahier graphique.
TOME 2
Visuellement, le travail de Dubois est toujours aussi éblouissant. Je ne m'en lasse pas.
L'histoire avance à grand pas, nos héros ont retrouvé le Jupiter, leur ancien vaisseau qu'ils avaient abandonné dans l'espace. Que fait-il sur Terre et surtout pourquoi dirait-on qu'il est échoué depuis plusieurs années ?
On va aussi re-découvrir des personnages de TER.
Un scénario qui ne faiblit pas.
Tome 3
Changement de ton pour ce dernier opus, il est empreint de poésie. Je pourrais lui reprocher quelques facilités scénaristiques avec ses failles temporelles, mais non je ne peux pas.
Ce dernier tome parle aussi d'amour avec beaucoup d'humanité et j'ai trouvé la conclusion bien trouvée.
Visuellement je suis toujours aux anges.
Rodolphe et Dubois ont réalisé de l'excellent travail.
Toujours coup de cœur.
J’ai récemment découvert Guillaume Singelin avec le superbe Frontier, et j’ai retrouvé les mêmes qualités dans « P.T.S.D. », à commencer par cette bienfaisance omniprésente, ces personnages tellement humains cherchant à s’entre-aider. J’aime beaucoup cette vision de l’humanité, même si je reconnais son classicisme. J’ai en tout cas beaucoup aimé l’histoire de Jun, son présent compliqué, mais aussi son passé, raconté via des flash-backs efficaces.
Et puis j’adore le style graphique et narratif de l’auteur, qui s’est clairement inspiré du manga et de l’anime, mais aussi de la culture japonaise de manière plus générale (culinaire, architecturale). Je trouve les planches très jolies, et j’ai passé beaucoup de temps à en admirer les nombreux détails.
Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Cette œuvre (à l'origine un classique de la littérature sociale Irlandaise) ne semble pas vieillir. Ecrite vers 1910, elle décrit par le menu la vie quotidienne d'un groupe de manœuvres employés sur des chantiers de rénovation. Ils évoquent leurs difficultés liées aux bas salaires, les maintenant dans un état de pauvreté crasse et les contraignant à la survie.
On y voit les grands patrons que le sort de leurs ouvriers laisse de marbre, englués déjà dans les magouilles et les collusions politiques... Les ouvriers pourtant, voient le socialisme naissant d'un méchant œil, et quand l'un d'entre eux prend fait et cause pour le mouvement, cela va créer certaines tensions.
Graphiquement, c'est bien plus sympatoche que ce que laisse entrevoir un feuilletage rapide. Comme ça, vite fait, on pense avoir affaire à un dessin un peu naïf, ce qui est essentiellement le fait de la mise en couleur qui confère à l'ensemble un aspect vaguement soyeux. Les couleurs sont bien choisies, mais l'effet est trompeur. Qu'à cela ne tienne ! Le dessin est vraiment bon quand on prend la peine de s'y attarder un peu. Les visages, postures et expressions sont finement représentées. Il y a en effet peu de scènes extérieures, peut-être un peu plus maladroites, ce que certains trouveront un peu dommageable. Il y a un petit côté à la fois monotone et étouffant, ce qui en même temps traduit parfaitement la situation du petit groupe d'hommes sur lequel on s'attarde.
Pour le reste, c'est assez bon. Ca va à l'essentiel en dressant un panorama de la politique/économie de l'époque dont on ne regrettera que la tiédeur, ce qui était d'ailleurs une des critiques formulée à l'encontre du roman au moment de sa sortie. Si je doute fort que ce genre d'ouvrage convertisse les plus libéraux d'entre nous à voir la vie de manière disons plus "collective", n'en reste pas moins qu'on comprend rapidement les enjeux. Il y a de bons dialogues, de très bonnes scènes. Les personnages sont très biens ficelés, et pas manichéens pour un shilling.
En fait, ce qui ressort avec le plus de force, ce qui y est le mieux saisi, c'est la condition même des ouvriers qui, à force d'être privés de ressources financières comme culturelles, et d'être réduits à des réflexes survivalistes, finissent par défendre bec et ongles leurs oppresseurs. Oui, c'est peut-être là que réside la grande force de cette BD, plus que la description par le menu des mécanismes d'oppression.
Le roman, lui, n'est toujours pas traduit en français nom de bleu !
Sous ses airs enfantins et désuets (la couverture parle pour elle-même), il serait malvenu d'offrir Clocki à un enfant en s'imaginant que ce joli réveil tout rond dont les aiguilles forment la moustache lui serait destiné. Il n'en est effectivement rien et Mathias Martinez offre une fable étonnante pour une première bande dessinée qui louche davantage du côté du Pinocchio de Winshluss ou de Rose Profond de Michel Pirus et Dionnet pour le dessin et peut-être également pour le fond.
Sans atteindre la maestria graphique des livres précités, le style de Martinez est plutôt étonnant ou détonnant. Pour sur, il ne laissera personne indifférent avec ce coté naïf et désuet mais perturbant en trois couleurs dont un orange persistant.
Clocki raconte l'histoire d'une mascotte d'un parc d'attractions à succès et se découpe en 4 chapitres bien distincts qui pourraient s'apparenter à l'ascension, la gloire de ce lieu de divertissement prisé puis sa déchéance et sa chute. Le tout possède un charme certain appuyé par une voix off constante et finalement peu de phylactères. Les histoires sont plutôt captivantes comme d'autant d'étapes de la vie du parc avec une certaine noirceur dans les propos.
Le parc s'avère plutôt effrayant et monstrueux lorsqu'on en devine les ficelles avec un aspect fondant dans les dessins et on serait tenté de refermer le tout en le rebaptisant "Glauqui" mais il reste toujours une certaine lueur d'espoir dans la destinée des différents protagonistes dont les histoires se suivent sans réellement se rencontrer.
En effet le véritable "héros" c'est bien évidemment ce parc où les sourires s'effacent pour laisser place à des drames plus personnels comme la solitude, la trahison ou le temps qui passent...
Clocki est réellement efficace dans ce qu'il dénonce, on peut y voir un parallèle entre le parc Mirapolis ou Big Bang Schtroumpf qui ont connu des ascensions équivoques. Ces petites fables sont remarquables et font de cet ouvrage un périple étonnant et plutôt mélancolique. Avec un style graphique plus appuyé et un peu plus d'audace, on ne passait pas loin du chef d’œuvre mais pour un premièr essai, le travail de Mathias Martinez est surprenant et laisse supposer de jolies choses à venir dans un registre indépendant. Dans tous les cas, l'univers de Clocki me restera longtemps en mémoire.
Un polar bien ancré dans l’histoire des années 1920, une touche de fantastique comme fil rouge (ou boule rouge en fait !) : j’ai trouvé cette lecture très agréable.
Pourtant, comme Mac Arthur, je reconnais que Stalner n’a pas créé quelque chose de révolutionnaire, avec ses deux personnages principaux que tout semble opposer (un vieux flic bourru qui n’aime pas qu’on lui fasse à l’envers et une très jeune aristocrate émancipée et énervante), mais dont on devine rapidement qu’ils vont finir par bien s’entendre.
De la même manière l’intrigue purement politico-policière sent le déjà-vu.
Mais voilà, avec quelques ingrédients simples et sans faire de folie, Stalner a su développer une histoire des plus plaisantes. La narration est très fluide et agréable, les dialogues sont bien construits (le flic s’en sort mieux dans ce domaine d’ailleurs).
Ce qui bonifie clairement l’ensemble, c’est tout d’abord le dessin, que j’ai trouvé chouette. Et surtout la colorisation, très grisâtre, avec de petites touches de rouge de plus en plus présentes : le rendu est vraiment très sympathique.
Ensuite, la présence du fantastique, avec cette boule venue d’on ne sait où, donne des petites touches absurdes, parfois loufoques – y compris lorsqu’elle semble annoncer un drame. Je n’ai personnellement pas été frustré de ne pas en savoir plus sur elle. De toute façon, je pense qu’une « explication », un retour du rationnel, auraient été forcément décevants, je préfère rester sur cette fin, qui laisse le mystère et un peu de poésie flotter dans l’air, comme dans la dernière case.
D’autres albums peuvent être envisageables. Je ne sais si c’est une bonne idée, la magie, l’équilibre fragile de celui-ci risquant de ne pas résister à des redites. En tout cas si une suite parait, j’irais certainement vérifier si j’ai eu tort de la craindre.
Un album surprenant et fort recommandable en tout cas.
Quand l'Homme veut devenir Dieu, il ne peut que se brûler les ailes.
Après avoir découvert Mathieu Bablet avec Adrastée et la mythologie, voici un space opéra qui fera date dans le domaine de la science-fiction.
Un récit qui sur le fond reste classique mais qui a su maintenir mon intérêt de la première à la dernière page. Une narration maîtrisée qui visite le racisme avec les animoïdes et la publicité très sexualisée. Une dystopie réaliste qui fait réfléchir sur l'intérêt de protéger notre belle planète.
Une relecture toujours aussi jouissive.
Parlons du dessin maintenant, là où il fera consensus, c'est dans les décors, on est véritablement plongé dans l'espace, dans ce grand vide. Bablet utilise un appareillage numérique pour les couleurs et ainsi reproduire un effet photographique du plus bel effet. Bluffant !
Son trait précis, minutieux et détaillé pour la représentation de la station orbitale apporte du réalisme au récit. Remarquable !
Par contre, là où son dessin fera débat c'est sur les personnages aux visages disgracieux et aux petits "pieds bandés" issus d'un Japon d'un autre temps. Alors oui, cela ne permet pas toujours de différencier les personnages, il faut rester concentré, mais ce petit effort en vaut la peine.
Je suis fan du style Bablet.
Toujours coup de cœur.
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La Voix des bêtes, la faim des hommes
Thomas Gilbert propose un album qui revisite finalement des thèmes assez proches de son superbe Les Filles de Salem, à savoir la bêtise humaine et religieuse, et la violence à l’encontre des faibles (les femmes, les enfants, les animaux), mais dans un contexte moins réaliste, presque fantasy… et j’ai beaucoup aimé. L’histoire se présente sous la forme d’une grande aventure en compagnie de Brunehilde, meneuse de loups (personnage légendaire proche d’une sorcière) et des compagnons qu’elle rencontre sur son chemin. Elle va s’opposer à un tueur en série issu de la religion chrétienne (encore une fois malmenée par l’auteur) et prendre la défense des animaux, accusés à tord par les villageois. En tout cas j’ai trouvé l’histoire prenante et rondement menée, et le personnage de Brunehilde très attachant - j’ai beaucoup aimé ses valeurs et sa quête. La mise en image est superbe. J’ai notamment adoré les paysages de campagne. Je note cependant quelques soucis de narration, avec des sauts temporels pas très clairs, qui ont rendu ma lecture un peu ardue, sans toutefois gâcher mon plaisir. Un chouette one-shot.
Le Sarcophage des âmes
Les auteurs ont attiré mon attention. Le titre moins : les histoires fantastiques n'ont pas vraiment ma préférence. La première image m'a intrigué: Salem, décor fin XIXième siècle? Comme dans les fameuses histoires des sorcières? Dès les premières pages, on retrouve (revoit?) l'émeute populaire contre la sorcellerie, le feu, le juge dépassé par les événements, la haute dame intolérante, etc… On est vraiment dans Salem, pardon, Shaalem, avec une histoire du même genre, mais racontée d'une façon différente, avec la bouteille de "Rhum Letendre" dans le coin. Puis viens la page 30: le train Brostown-Shaalem nous rappelle que Salem est situé non loin de Boston et donc, nous confirme ainsi notre première impression! Et l'histoire continue, me passionnant de plus en plus pour cette jeune bonne sorcière qui se bat toute seule, avec ses deux amis, contre cette mouvance des méchantes sorcières. Pour la galerie, il y a même un Magasin général à demi montré, quelque part…! Et c'est bel et bien une histoire de sorcières, le groupe des méchantes contre une toute petite bonne sorcière, rejetée des siens, on ne sait pourquoi, avec ses deux amis, aussi marginaux dans leur société et qui finissent quand même par gagner dans cette histoire. Et quelle histoire! Et qui, de plus, se déroule dans un décor archi-connu, mais montré d'une façon tellement différente! Et qui nous laisse sur notre faim… Pourquoi cette jeune bonne sorcière avait-elle été rejetée? Est-ce vraiment la fin des méchantes sorcières? Et ce corbeau noir, que l'on voit à la fin de l'histoire, il vient faire quoi, là-dedans? Et pourquoi, à la dernière image, nous renvoit-on en Transylvanie, patrie de la sorcellerie? Et surtout… pourquoi ce point d'interrogation, juste après le mot "fin?" ? Vivement le tome 2 du Sarcophage des âmes!
Championzé - Une histoire de Battling Siki
3.5 La biographie du boxeur oublié Battling Siki qui avait pour particularité d'être Français parce qu'il était né au Sénégal durant la colonisation. Ducoudray ne va donc pas se gêner pour montrer le racisme décomplexé de l'époque où on va même le rabaisser lorsqu'il gagne grâce aux théories pseudo-scientifiques racistes sur les différences entre les blancs et les noirs. J'avoue que cela m'a pris un peu de temps pour bien apprécier le scénario parce que le début est plutôt lent. J'ai totalement embarqué lorsque notre héros se met totalement à la boxe. J'ai trouvé le récit passionnant, la personnalité de Battling Siki est intéressante et j'ai bien aimé la description de la société française de l'époque. Le dessin est très bon et je trouve que la mise en scène est remarquable. J'ai surtout apprécié lorsqu'on faisait défiler des personnes ayant rencontré le boxeur et que celles-ci parlaient à un interlocuteur invisible. Cela donne l'impression de regarder un documentaire où les gens parlent à la caméra, j'aime bien ce style d'effet. Bref, moi qui ne suis pas un grand fan de boxe, et ben j’ai été emballé par ce one-shot !
Le Troisième Testament - Julius
Il n'est jamais évident de faire une "suite" à une série à succès. Ici, mission réussie. Je me rappelle précisément le jour où j'ai acheté le premier tome du préquel du Le Troisième Testament, j'étais dubitatif devant la couverture avec ce casque romain, qui d'ailleurs reviendra sur chaque album. Et bien j'avais tort, dès les premières planches, j'ai été happé par l'intrigue avec ce délicieux cocktail de péplum, de fantastique et d'ésotérisme. Une intrigue classique mais bien charpentée, on va suivre l'épopée de deux hommes qui au départ tout oppose, Julius Publius Vindex général dans l'armée romaine, le boucher d'Alexandrie, et d'un juif qui va devenir l'esclave de Julius. Un récit qui va vite changer de direction, nos deux lascars vont s'associer malgré eux et partir à la recherche du troisième testament. Ce qui m'a captivé dans cette quête, c'est le souffle épique et le lyrisme qui s'en dégage tout en explorant le fanatisme, la guerre, les croyances et les relations humaines. Des personnages principaux qui au départ peuvent paraître stéréotypés mais qui vont évoluer d'une manière diamétralement opposée. Un final quelque peu attendu pour qui a lu Le Troisième Testament mais cela n'enlève en rien à son pouvoir d'attraction. Les deux séries peuvent se lire indépendamment. Un premier tome dessiné par Robin Recht au trait puissant et à la mise en page réalisée par Alex Alice, très beau. Le reste de la série sera dessinée par Thimotée Montaigne, une transition qui se fait naturellement, Alex Alice est toujours au storyboard, superbe. J'avoue avoir une préférence pour le trait de Montaigne. Une cohérence graphique qui apporte un ton mystique à cette formidable odyssée. Une relecture d'une traite, il faut dire que je suis friand de ce genre de récit.
TERRE
Mise à jour suite à lecture du dernier tome. Donc, à la demande de Ro, j'enregistre et j'avise Terre. ;-) C'était prévu, mais pas forcément avant les vacances. Mandor a quitté le vaisseau Jupiter avec Beth et d'autres compagnons. Arrivés sur une planète inconnue, ils commencent par "monter" un village suspendu, avant de partir explorer ce nouveau monde. Rodolphe nous livre un récit de qualité avec son lot de surprises. De la science fiction qui reste dans les normes standards, mais diablement efficace. Juste un bémol sur les deux scènes de nu, pas forcément obligatoires pour la compréhension de l'histoire. Passons à Christophe Dubois, je suis FAN depuis son extraordinaire Cycle d'Ostruce, si si, extraordinaire. C'est entièrement partial. Son trait hachuré tout en nuances est magnifique. Il donne du rythme et aide à donner une ambiance inquiétante. Une capacité à créer des mondes tous plus beaux les uns que les autres. Toutes ses planches sont somptueuses. Avec une très belle mise en couleur. Le point fort de cet album. J'attends avec impatience la suite. J'en conseille la lecture et plus si affinités. En cadeau, un superbe cahier graphique. TOME 2 Visuellement, le travail de Dubois est toujours aussi éblouissant. Je ne m'en lasse pas. L'histoire avance à grand pas, nos héros ont retrouvé le Jupiter, leur ancien vaisseau qu'ils avaient abandonné dans l'espace. Que fait-il sur Terre et surtout pourquoi dirait-on qu'il est échoué depuis plusieurs années ? On va aussi re-découvrir des personnages de TER. Un scénario qui ne faiblit pas. Tome 3 Changement de ton pour ce dernier opus, il est empreint de poésie. Je pourrais lui reprocher quelques facilités scénaristiques avec ses failles temporelles, mais non je ne peux pas. Ce dernier tome parle aussi d'amour avec beaucoup d'humanité et j'ai trouvé la conclusion bien trouvée. Visuellement je suis toujours aux anges. Rodolphe et Dubois ont réalisé de l'excellent travail. Toujours coup de cœur.
P.T.S.D.
J’ai récemment découvert Guillaume Singelin avec le superbe Frontier, et j’ai retrouvé les mêmes qualités dans « P.T.S.D. », à commencer par cette bienfaisance omniprésente, ces personnages tellement humains cherchant à s’entre-aider. J’aime beaucoup cette vision de l’humanité, même si je reconnais son classicisme. J’ai en tout cas beaucoup aimé l’histoire de Jun, son présent compliqué, mais aussi son passé, raconté via des flash-backs efficaces. Et puis j’adore le style graphique et narratif de l’auteur, qui s’est clairement inspiré du manga et de l’anime, mais aussi de la culture japonaise de manière plus générale (culinaire, architecturale). Je trouve les planches très jolies, et j’ai passé beaucoup de temps à en admirer les nombreux détails. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.
Les Philanthropes aux poches percées
Cette œuvre (à l'origine un classique de la littérature sociale Irlandaise) ne semble pas vieillir. Ecrite vers 1910, elle décrit par le menu la vie quotidienne d'un groupe de manœuvres employés sur des chantiers de rénovation. Ils évoquent leurs difficultés liées aux bas salaires, les maintenant dans un état de pauvreté crasse et les contraignant à la survie. On y voit les grands patrons que le sort de leurs ouvriers laisse de marbre, englués déjà dans les magouilles et les collusions politiques... Les ouvriers pourtant, voient le socialisme naissant d'un méchant œil, et quand l'un d'entre eux prend fait et cause pour le mouvement, cela va créer certaines tensions. Graphiquement, c'est bien plus sympatoche que ce que laisse entrevoir un feuilletage rapide. Comme ça, vite fait, on pense avoir affaire à un dessin un peu naïf, ce qui est essentiellement le fait de la mise en couleur qui confère à l'ensemble un aspect vaguement soyeux. Les couleurs sont bien choisies, mais l'effet est trompeur. Qu'à cela ne tienne ! Le dessin est vraiment bon quand on prend la peine de s'y attarder un peu. Les visages, postures et expressions sont finement représentées. Il y a en effet peu de scènes extérieures, peut-être un peu plus maladroites, ce que certains trouveront un peu dommageable. Il y a un petit côté à la fois monotone et étouffant, ce qui en même temps traduit parfaitement la situation du petit groupe d'hommes sur lequel on s'attarde. Pour le reste, c'est assez bon. Ca va à l'essentiel en dressant un panorama de la politique/économie de l'époque dont on ne regrettera que la tiédeur, ce qui était d'ailleurs une des critiques formulée à l'encontre du roman au moment de sa sortie. Si je doute fort que ce genre d'ouvrage convertisse les plus libéraux d'entre nous à voir la vie de manière disons plus "collective", n'en reste pas moins qu'on comprend rapidement les enjeux. Il y a de bons dialogues, de très bonnes scènes. Les personnages sont très biens ficelés, et pas manichéens pour un shilling. En fait, ce qui ressort avec le plus de force, ce qui y est le mieux saisi, c'est la condition même des ouvriers qui, à force d'être privés de ressources financières comme culturelles, et d'être réduits à des réflexes survivalistes, finissent par défendre bec et ongles leurs oppresseurs. Oui, c'est peut-être là que réside la grande force de cette BD, plus que la description par le menu des mécanismes d'oppression. Le roman, lui, n'est toujours pas traduit en français nom de bleu !
Clocki
Sous ses airs enfantins et désuets (la couverture parle pour elle-même), il serait malvenu d'offrir Clocki à un enfant en s'imaginant que ce joli réveil tout rond dont les aiguilles forment la moustache lui serait destiné. Il n'en est effectivement rien et Mathias Martinez offre une fable étonnante pour une première bande dessinée qui louche davantage du côté du Pinocchio de Winshluss ou de Rose Profond de Michel Pirus et Dionnet pour le dessin et peut-être également pour le fond. Sans atteindre la maestria graphique des livres précités, le style de Martinez est plutôt étonnant ou détonnant. Pour sur, il ne laissera personne indifférent avec ce coté naïf et désuet mais perturbant en trois couleurs dont un orange persistant. Clocki raconte l'histoire d'une mascotte d'un parc d'attractions à succès et se découpe en 4 chapitres bien distincts qui pourraient s'apparenter à l'ascension, la gloire de ce lieu de divertissement prisé puis sa déchéance et sa chute. Le tout possède un charme certain appuyé par une voix off constante et finalement peu de phylactères. Les histoires sont plutôt captivantes comme d'autant d'étapes de la vie du parc avec une certaine noirceur dans les propos. Le parc s'avère plutôt effrayant et monstrueux lorsqu'on en devine les ficelles avec un aspect fondant dans les dessins et on serait tenté de refermer le tout en le rebaptisant "Glauqui" mais il reste toujours une certaine lueur d'espoir dans la destinée des différents protagonistes dont les histoires se suivent sans réellement se rencontrer. En effet le véritable "héros" c'est bien évidemment ce parc où les sourires s'effacent pour laisser place à des drames plus personnels comme la solitude, la trahison ou le temps qui passent... Clocki est réellement efficace dans ce qu'il dénonce, on peut y voir un parallèle entre le parc Mirapolis ou Big Bang Schtroumpf qui ont connu des ascensions équivoques. Ces petites fables sont remarquables et font de cet ouvrage un périple étonnant et plutôt mélancolique. Avec un style graphique plus appuyé et un peu plus d'audace, on ne passait pas loin du chef d’œuvre mais pour un premièr essai, le travail de Mathias Martinez est surprenant et laisse supposer de jolies choses à venir dans un registre indépendant. Dans tous les cas, l'univers de Clocki me restera longtemps en mémoire.
Bertille & Bertille
Un polar bien ancré dans l’histoire des années 1920, une touche de fantastique comme fil rouge (ou boule rouge en fait !) : j’ai trouvé cette lecture très agréable. Pourtant, comme Mac Arthur, je reconnais que Stalner n’a pas créé quelque chose de révolutionnaire, avec ses deux personnages principaux que tout semble opposer (un vieux flic bourru qui n’aime pas qu’on lui fasse à l’envers et une très jeune aristocrate émancipée et énervante), mais dont on devine rapidement qu’ils vont finir par bien s’entendre. De la même manière l’intrigue purement politico-policière sent le déjà-vu. Mais voilà, avec quelques ingrédients simples et sans faire de folie, Stalner a su développer une histoire des plus plaisantes. La narration est très fluide et agréable, les dialogues sont bien construits (le flic s’en sort mieux dans ce domaine d’ailleurs). Ce qui bonifie clairement l’ensemble, c’est tout d’abord le dessin, que j’ai trouvé chouette. Et surtout la colorisation, très grisâtre, avec de petites touches de rouge de plus en plus présentes : le rendu est vraiment très sympathique. Ensuite, la présence du fantastique, avec cette boule venue d’on ne sait où, donne des petites touches absurdes, parfois loufoques – y compris lorsqu’elle semble annoncer un drame. Je n’ai personnellement pas été frustré de ne pas en savoir plus sur elle. De toute façon, je pense qu’une « explication », un retour du rationnel, auraient été forcément décevants, je préfère rester sur cette fin, qui laisse le mystère et un peu de poésie flotter dans l’air, comme dans la dernière case. D’autres albums peuvent être envisageables. Je ne sais si c’est une bonne idée, la magie, l’équilibre fragile de celui-ci risquant de ne pas résister à des redites. En tout cas si une suite parait, j’irais certainement vérifier si j’ai eu tort de la craindre. Un album surprenant et fort recommandable en tout cas.
Shangri-La
Quand l'Homme veut devenir Dieu, il ne peut que se brûler les ailes. Après avoir découvert Mathieu Bablet avec Adrastée et la mythologie, voici un space opéra qui fera date dans le domaine de la science-fiction. Un récit qui sur le fond reste classique mais qui a su maintenir mon intérêt de la première à la dernière page. Une narration maîtrisée qui visite le racisme avec les animoïdes et la publicité très sexualisée. Une dystopie réaliste qui fait réfléchir sur l'intérêt de protéger notre belle planète. Une relecture toujours aussi jouissive. Parlons du dessin maintenant, là où il fera consensus, c'est dans les décors, on est véritablement plongé dans l'espace, dans ce grand vide. Bablet utilise un appareillage numérique pour les couleurs et ainsi reproduire un effet photographique du plus bel effet. Bluffant ! Son trait précis, minutieux et détaillé pour la représentation de la station orbitale apporte du réalisme au récit. Remarquable ! Par contre, là où son dessin fera débat c'est sur les personnages aux visages disgracieux et aux petits "pieds bandés" issus d'un Japon d'un autre temps. Alors oui, cela ne permet pas toujours de différencier les personnages, il faut rester concentré, mais ce petit effort en vaut la peine. Je suis fan du style Bablet. Toujours coup de cœur.