Loïc Clément (sur une idée d’Anne Montel) lance une nouvelle série jeunesse, et ce premier tome est une réussite.
Prise au premier degré, l’histoire est poignante et poétique au possible, avec cette pauvre tortue soufrant d’achluophobie (la peur de l’obscurité), au point de ne pas pouvoir se recroqueviller dans sa carapace en cas de danger. Sa rencontre avec la luciole Mirko va illuminer sa vie, au sens propre comme au sens figuré. En tant que lecteur adulte, j’ai apprécié la réflexion qui vient se greffer sur les évènements, qui peuvent être vus comme une allégorie de la dépression et de l’angoisse. La noirceur, le désespoir, le sentiment d’isolement… puis la rencontre, les confidences, la main tendue, l’entraide. Evidemment, tout n’est pas aussi simple dans la vie, mais il s’agit d’un album jeunesse, et j’ai trouvé le message juste et touchant.
La mise en image de Julien Arnal, dessinateur de livres illustrés jeunesse, est absolument magnifique. Le trait tout en rondeur est parfaitement maitrisé, et les couleurs sont lumineuses et contribuent grandement à l’atmosphère du récit. Un délice pour les yeux !
Un album coup de cœur, que je recommande chaudement.
Eh bien moi, je crie, que dis-je, je hurle au chef d’œuvre !!! A mon âge (vénérable), je me découvre FAN de cet humour machiavélique qu'on a du mal à retrouver ailleurs !!! Quant au dessin, c'est égal aux maîtres de la ligne claire !!! A quand la réédition d'un autre chef d’œuvre de J.F. BIARD ?
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur cette saga, et je crois n'avoir rien de bien nouveau à dire... Néanmoins, ce serait dommage de se priver de dire tout le bien qu'il faut penser de ces deux tomes !
En effet, Il faut flinguer Ramirez est à ranger au rayon des excellentes surprises. La couverture et l'atmosphère à la Tarantino étaient déjà accrocheuses, mais quand on commence à lire, on voit bien qu'il n'y a eu nulle part tromperie sur la marchandise. Nicolas Pétrimaux sait exactement ce qu'il fait et où il va. Il n'a dès lors aucun mal pour nous entraîner à sa suite dans ce long récit délirant mais toujours rigoureux.
C'est vrai que l'auteur sait rendre ses personnages intéressants et/ou attachants, ce qui nous donne un moteur supplémentaire pour continuer dans cette histoire dont on aimerait vraiment avoir le fin mot. Sans immenses surprises, mais avec un talent de conteur né, l'auteur sait développer les différents arcs de cette intrigue à tiroirs, en veillant à ne pas nous égarer. Les tiroirs s'ouvrent, et on découvre chaque nouvelle couche du récit avec une jubilation constante, aidé par un humour à toute épreuve.
Au niveau du dessin, Pétrimaux réussit parfaitement à nous faire oublier que tout est numérique. C'est beau, c'est bien tracé, c'est rigoureux, et c'est surtout incroyablement dynamique. Chaque page nous offre une composition qui éclate, et nous entraîne dans son tourbillon, pour notre plus grand bonheur.
Bref, c'est à la fois bien écrit, et très joliment dessiné. On se plaît beaucoup à la lecture d'un récit à la fois explosif, oppressant, noir mais aussi très délirant et amusant. Cette cohabitation entre un humour efficace et une atmosphère poisseuse typique du thriller urbain à l'américaine est sans aucun doute la plus grande réussite de ces albums.
On espère très fort voir la suite un jour, voilà une saga qui mérite d'être conclue !
MAJ suite à la lecture du tome 2
Une histoire de science-fiction comme je les aime, qui privilégie le contenu à l’action. Les thèmes sont nombreux, surpopulation de la Terre, colonisation spatiale, connexion cérébrale à Internet… ce dernier point est particulièrement fascinant, et fait vraiment écho aux technologies actuelles et futures (smart phones, technologie portable, réseaux sociaux) et les problèmes éthiques et sociaux qui en découlent.
L’histoire est typée « comics américain indépendant », et se focalise surtout sur les personnages et leurs relations. On découvre les enjeux (et les horreurs) des différents projets scientifiques via les conversations entre les différents protagonistes. Des passages oniriques et un peu psychédéliques s’intercalent dans l’histoire principale, et je dois avouer ne pas avoir toujours saisi leur sens ou leur pertinence. La grosse intro d’une 30aine de page est particulièrement hermétique, et j’ai failli décrocher avant même que l’histoire principale ne commence !
Le dessin aussi fait très « comics indépendant » et sert remarquablement l’histoire. J’adore le look des personnages.
Le début du tome 2 surprend un peu, et semble raconter une autre histoire, celle de deux jeunes vivant sur Terre… puis on comprend petit à petit que les évènements se déroulent AVANT le tome 1, et expliquent la genèse du flux… J’ai trouvé ce tome passionnant, certaines réponses arrivent, alors que d’autres restent en suspens – on retrouve ces passages un peu bizarres montrant un homme déambulant dans un paysage aride.
Je lirai la suite, même si l’attente risque d’être longue, si l’auteur met 7 ans à réaliser chaque album !
J'ai bizarrement beaucoup apprécié cette BD.
Je dis "bizarrement", car il y a plusieurs éléments que je n'apprécie pas en général dans une lecture, et qui sont présents ici.
Le début est compliqué et j'ai dû m'accrocher pour poursuivre. Le style est parfois lourd avec une envie de tourner les pages. Le dessin, plutôt réaliste, n'est de prime abord pas très précis, avec des personnages légèrement difformes et des décors paraissant parfois vides.
Et pourtant, j'ai beaucoup apprécié l'ensemble. J'ai aimé les personnages et leur sort, parfois douloureux. J'ai aimé les dialogues, notamment ceux avec le héros, qui concentre une réflexion sur le monde occidental, ses absurdités, et qui sont traités avec humour et ironie. J'ai aimé l'insertion des moments d'évasion de ce héros, sa force tranquille et son flegme (qui n'a rien de britannique ici). J'ai aimé les personnages secondaires. J'ai aimé attendre de l'action, être déçu de ne pas en avoir, et m'apercevoir prendre du plaisir à regarder de plus près le dessin et relire les dialogues avant de tourner la page. J'ai aimé les jeux politiques et d'espionnage, les motivations de chacun et comment tout le monde s'arrange et change de position selon son intérêt.
Je comprends que cela ne puisse pas plaire à tout le monde, mais ayant eu la chance de voyager (c'est toujours une chance) et de m'ouvrir notamment à la culture indienne et asiatique, je me sens proche du mode de pensée du héros et de son incompréhension face à la bêtise, l'injustice et le cynisme de nos puissants.
Un coup de cœur car j'ai ressenti de l'émotion lors de ma lecture.
J’ai attendu ma 1000ème chronique pour aviser « Peter Pan », c’est vous dire à quel point cette bande dessinée est un must absolu pour moi.
Je pense que tout a été dit sur cette série réalisée de A à Z par Régis Loisel, elle a eu un tel impact sur le public amateur du 9ème art qu’elle fut même l’objet d’un ouvrage qui explique la genèse de « Peter Pan ».
Pour ma part, j’ai découvert cette bande dessinée en me rendant chez un ami bédéphile à l’époque où les 3 premiers tomes avaient été publiés. Il m’avait dit que « Peter Pan » était pour lui une des meilleures séries qu’il a lues jusqu’à maintenant. Je ne l’avais pas cru car « Peter Pan » est, pour moi, en premier lieu un dessin animé de Walt Disney et… je n’aime pas trop leurs réalisations.
Du coup, il m’a fallu attendre bien plus tard lorsque j’eus découvert et adoré « La Quête de l'Oiseau du Temps » du même auteur, Régis Loisel, pour me mettre à feuilleter « Peter Pan » et ce fut… une sacrée claque ! (Rien à voir avec du Walt Disney !) Une des BD qui m’a le plus impressionné au niveau des émotions (du rire aux larmes, tout y passe !) ; d’ailleurs, rien qu’à écrire cet avis et à repenser à cette histoire, j’ai de nouveau des frissons, des poils qui hérissent !
Je ne vais pas vous écrire ce qui m’a exactement plu dans « Peter Pan » parce que, justement, j’ai tout adoré que ce soit du graphisme, le scénario, l’ambiance, les personnages, sa situation dans Londres victorienne, la mise en page… TOUT je vous dis !
Quelle claque visuelle ! Quelle ambiance ! Et ça ne fait que maintenant que je découvre Joris Mertens, faudra que je me procure également « Béatrice » du même auteur.
Ce Bruxelles sous la pluie des années 70-80 avec son lot de Renault 5, Estafette, DS, 4L, Citroën Diane, on se croirait également à Paris avec ses gros bouchons, les mines pâles et grognons des habitants… Moi, j’adore ! D’autant plus que les gueules des personnages et leurs mimiques sont très bien retranscrits par Joris Mertens qui en profite pour nous offrir de nombreuses scènes muettes où on comprend aisément les réactions des différents protagonistes… et ces superbes double-pages... Moi, j’adore !
Quant à l’histoire en elle-même, il faut avouer que le scénario n’est pas folichon mais c’est bien amené et raconté grâce à une narration fluide et agréable. Et puis, j’aime bien ce looser de François et tous ces personnages aussi loosers que lui (dont Alain…).
Et ces clins d’œil disséminés partout dans la bd comme les panneaux publicitaires improbables, le coup du parapluie, la cliente dragueuse… et j’en passe, moi, j’adore !
« Nettoyage à sec » est une bande dessinée que j’ai adorée. J’y ai apprécié comme beaucoup d’entre nous le magnifique coup de patte de Joris Mertens. J’ai adoré cette histoire ironique pleine de clins d’œil aux films des années 1970 et toutes ces séquences muettes mais dotées d’un humour pince sans rire. Moi, ce genre de bd, j’en redemande !
Oneira a été un coup de cœur dès sa prise en main. Si on se penche sur la forme, la couverture est magnifique et les dessins de Federica di Meo sont époustouflants. Son coup de crayon est maitrisé, beau et soigné. Les dessins sont tantôt dark tantôt soft. À chaque fois, ils sont à l’image de l’histoire qu’ils racontent. Les scènes de combats sont très dynamiques et les décors sont d’une immense qualité. On sent le perfectionnisme derrière chaque case.
Si on se penche sur le fond, c’est un régal niveau scénario. CAB que l’on connaissait surtout sur du shonen change de registre pour nous proposer une histoire plus mature (pour rappel Oneira est un seinen). Son héroïne, Arane Heos fait penser aux claymores sans en être une pâle copie. Impitoyable face à l’ennemi, tendre et amicale envers ses proches, la suivre dans ses aventures contre les cauchemars (mais pas que) est palpitant et il me tarde de connaître la suite !!
Autre gros point fort de ce premier tome : la playlist proposée pour accompagner la lecture. Les auteurs ont pensé à tout et n’ont rien laissé au hasard. On sent leur investissement dans ce projet. C’est en tout cas réussi car TOUT plaît dans ce manga. S’il continue sur cette lancée, il sera digne des plus grands titres de Dark Fantasy et c’est tout ce qu’on lui souhaite. Enfin, je ne peux que le recommander.
J'ai commandé à mon libraire les 2 prochains, ils me tardent d'être à jour avant la sortie du 4e sensé clôturer ce premier arc !
J'ai vraiment été séduit par cette excellente série. Pourtant je suis rentré dans la série un peu à reculons tellement le thème de la Résistance a été utilisé parfois à tort et à travers.
J'avais peur de me retrouver en compagnie des énièmes gamins qui sauvent le monde du haut de leurs 13 ans. Au final je me retrouve avec une série que j'adore tellement les auteurs ont su traiter cette période de façon intelligente en direction d'un public assez jeune.
Je trouve que le scénario de Vincent Dugommier est un exemple de justesse et de précision dans la crédibilité du récit proposé. Il n'y a pas de baguette magique qui permet à trois ados de mettre en échec une armée aguerrie qui vient de conquérir la moitié de l'Europe.
Au contraire le postulat de départ, une bande d'enfants est peu crédible dans ces affaires d'adultes, est maintenu tout au long de la série. C'est une première trouvaille que de faire percevoir nos trois lascars (surtout François) comme de simples agents de liaisons du Lynx.
Cela permet à Dugomier d'exploiter un thème fondamental de la série, le cloisonnement et le secret. Comme le montre le scénario du tome2 ou celui du tome 5, toute imprudence visible se payait immédiatement au prix fort. Dugomier évite le stéréotype puéril de soldats allemands stupides, aveugles et ne sachant pas tirer.
L'espérance de vie d'un Résistant était courte même s’il ne participait pas aux combats d'un maquis. Je le lis comme un véritable hommage à tous ces jeunes hommes ou femmes qui risquaient leur vie (pour les hommes), de se retrouver dans un bordel du front Est (pour les femmes) ou de trahir sous la torture, pour avoir porté un message.
J'ai beaucoup aimé la trouvaille de Lisa incorporée dans l'équipe. Ce personnage est à la fois rappel du rôle important des jeunes femmes dans le combat contre l'occupant mais aussi un rappel de l'opposition intérieure allemande aux concepts idéologiques Nazis. Cela permet aussi aux auteurs de garder une part importante de dialogues en allemand ce qui augmente la crédibilité de l'ambiance, Lisa pouvant jouer le rôle de traductrice à l'insu de l'ennemi.
La série aborde un grand nombre d'aspects de la vie de la Résistance : création d'un réseau avec les risques dus à sa croissance, distribution de tract, opérateur radio, exfiltration de Juifs, de prisonniers ou d'aviateurs, STO, Milice et Collaboration, France divisée géographiquement et idéologiquement et création du CNR.
Le scénario porte souvent une charge émotionnelle forte tellement les situations sont traduites de façons réalistes. Certains trouveront peut-être une orientation plutôt gaulliste, même si faire intervenir des enfants évite de rentrer dans des querelles politiques. Dans chaque tome j'ai trouvé de quoi me nourrir à la fois intellectuellement et affectivement.
Le graphisme de Benoît Ers accompagne admirablement le récit de Dugomier. Son trait apaisant permet des plages de respiration entre les moments de tensions du scénario.
Ers traduit admirablement le paradoxe que fait vivre la série. Ce petit coin de Bourgogne reste presque paradisiaque avec son canal où François allait pêcher, cette campagne où Eusèbe et Lisa peuvent se promener main dans la main ainsi que ces rues pittoresques d'un village regroupé autour de son église. Je retrouve l'ambiance qu'avait su créer Gibrat dans Le Sursis à la différence que la présence allemande est ici bien plus importante puisqu'en zone Nord.
La violence est presque absente des images même si elle est omniprésente comme une ombre qui plane dans les têtes de tous les personnages.
Les petits dossiers en fin de chaque tome permettent de remettre l'opus dans un cadre historique et chronologique très pertinent. Cela montre une évolution des actions et des personnalités qui s'inscrit dans un contexte bien précis.
J'ai trouvé cette série vraiment admirable pour tout public à partir du collège. Aucune hésitation à mettre la note max.
Quel plaisir de lecture.
Il y a un cocktail assez rare dans ce carnet de voyage :
le format pour ce type de récit
l'humour
les dessins
et bien sur l'exotisme dans le quotidien...
Ce que j'ai le plus apprécié je pense c'est de sentir le Voyage sans bouger de chez moi. On se sent avec lui, à découvrir Tokyo, les différences, les rues, certains détails du quotidien, avec un humour ça et là qui rend l'ensemble assez tendre.
Ca m'a fait un bien fou.
Il y a vraiment quelque chose qui transparait dans ce carnet de voyage, qui dégage une très grande fraicheur.
Fraichement conseillé donc !
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Armelle et Mirko
Loïc Clément (sur une idée d’Anne Montel) lance une nouvelle série jeunesse, et ce premier tome est une réussite. Prise au premier degré, l’histoire est poignante et poétique au possible, avec cette pauvre tortue soufrant d’achluophobie (la peur de l’obscurité), au point de ne pas pouvoir se recroqueviller dans sa carapace en cas de danger. Sa rencontre avec la luciole Mirko va illuminer sa vie, au sens propre comme au sens figuré. En tant que lecteur adulte, j’ai apprécié la réflexion qui vient se greffer sur les évènements, qui peuvent être vus comme une allégorie de la dépression et de l’angoisse. La noirceur, le désespoir, le sentiment d’isolement… puis la rencontre, les confidences, la main tendue, l’entraide. Evidemment, tout n’est pas aussi simple dans la vie, mais il s’agit d’un album jeunesse, et j’ai trouvé le message juste et touchant. La mise en image de Julien Arnal, dessinateur de livres illustrés jeunesse, est absolument magnifique. Le trait tout en rondeur est parfaitement maitrisé, et les couleurs sont lumineuses et contribuent grandement à l’atmosphère du récit. Un délice pour les yeux ! Un album coup de cœur, que je recommande chaudement.
Tous fourbes
Eh bien moi, je crie, que dis-je, je hurle au chef d’œuvre !!! A mon âge (vénérable), je me découvre FAN de cet humour machiavélique qu'on a du mal à retrouver ailleurs !!! Quant au dessin, c'est égal aux maîtres de la ligne claire !!! A quand la réédition d'un autre chef d’œuvre de J.F. BIARD ?
Il faut flinguer Ramirez
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur cette saga, et je crois n'avoir rien de bien nouveau à dire... Néanmoins, ce serait dommage de se priver de dire tout le bien qu'il faut penser de ces deux tomes ! En effet, Il faut flinguer Ramirez est à ranger au rayon des excellentes surprises. La couverture et l'atmosphère à la Tarantino étaient déjà accrocheuses, mais quand on commence à lire, on voit bien qu'il n'y a eu nulle part tromperie sur la marchandise. Nicolas Pétrimaux sait exactement ce qu'il fait et où il va. Il n'a dès lors aucun mal pour nous entraîner à sa suite dans ce long récit délirant mais toujours rigoureux. C'est vrai que l'auteur sait rendre ses personnages intéressants et/ou attachants, ce qui nous donne un moteur supplémentaire pour continuer dans cette histoire dont on aimerait vraiment avoir le fin mot. Sans immenses surprises, mais avec un talent de conteur né, l'auteur sait développer les différents arcs de cette intrigue à tiroirs, en veillant à ne pas nous égarer. Les tiroirs s'ouvrent, et on découvre chaque nouvelle couche du récit avec une jubilation constante, aidé par un humour à toute épreuve. Au niveau du dessin, Pétrimaux réussit parfaitement à nous faire oublier que tout est numérique. C'est beau, c'est bien tracé, c'est rigoureux, et c'est surtout incroyablement dynamique. Chaque page nous offre une composition qui éclate, et nous entraîne dans son tourbillon, pour notre plus grand bonheur. Bref, c'est à la fois bien écrit, et très joliment dessiné. On se plaît beaucoup à la lecture d'un récit à la fois explosif, oppressant, noir mais aussi très délirant et amusant. Cette cohabitation entre un humour efficace et une atmosphère poisseuse typique du thriller urbain à l'américaine est sans aucun doute la plus grande réussite de ces albums. On espère très fort voir la suite un jour, voilà une saga qui mérite d'être conclue !
Déplacement [deplasma]
MAJ suite à la lecture du tome 2 Une histoire de science-fiction comme je les aime, qui privilégie le contenu à l’action. Les thèmes sont nombreux, surpopulation de la Terre, colonisation spatiale, connexion cérébrale à Internet… ce dernier point est particulièrement fascinant, et fait vraiment écho aux technologies actuelles et futures (smart phones, technologie portable, réseaux sociaux) et les problèmes éthiques et sociaux qui en découlent. L’histoire est typée « comics américain indépendant », et se focalise surtout sur les personnages et leurs relations. On découvre les enjeux (et les horreurs) des différents projets scientifiques via les conversations entre les différents protagonistes. Des passages oniriques et un peu psychédéliques s’intercalent dans l’histoire principale, et je dois avouer ne pas avoir toujours saisi leur sens ou leur pertinence. La grosse intro d’une 30aine de page est particulièrement hermétique, et j’ai failli décrocher avant même que l’histoire principale ne commence ! Le dessin aussi fait très « comics indépendant » et sert remarquablement l’histoire. J’adore le look des personnages.
Le début du tome 2 surprend un peu, et semble raconter une autre histoire, celle de deux jeunes vivant sur Terre… puis on comprend petit à petit que les évènements se déroulent AVANT le tome 1, et expliquent la genèse du flux… J’ai trouvé ce tome passionnant, certaines réponses arrivent, alors que d’autres restent en suspens – on retrouve ces passages un peu bizarres montrant un homme déambulant dans un paysage aride. Je lirai la suite, même si l’attente risque d’être longue, si l’auteur met 7 ans à réaliser chaque album !
Shibumi
J'ai bizarrement beaucoup apprécié cette BD. Je dis "bizarrement", car il y a plusieurs éléments que je n'apprécie pas en général dans une lecture, et qui sont présents ici. Le début est compliqué et j'ai dû m'accrocher pour poursuivre. Le style est parfois lourd avec une envie de tourner les pages. Le dessin, plutôt réaliste, n'est de prime abord pas très précis, avec des personnages légèrement difformes et des décors paraissant parfois vides. Et pourtant, j'ai beaucoup apprécié l'ensemble. J'ai aimé les personnages et leur sort, parfois douloureux. J'ai aimé les dialogues, notamment ceux avec le héros, qui concentre une réflexion sur le monde occidental, ses absurdités, et qui sont traités avec humour et ironie. J'ai aimé l'insertion des moments d'évasion de ce héros, sa force tranquille et son flegme (qui n'a rien de britannique ici). J'ai aimé les personnages secondaires. J'ai aimé attendre de l'action, être déçu de ne pas en avoir, et m'apercevoir prendre du plaisir à regarder de plus près le dessin et relire les dialogues avant de tourner la page. J'ai aimé les jeux politiques et d'espionnage, les motivations de chacun et comment tout le monde s'arrange et change de position selon son intérêt. Je comprends que cela ne puisse pas plaire à tout le monde, mais ayant eu la chance de voyager (c'est toujours une chance) et de m'ouvrir notamment à la culture indienne et asiatique, je me sens proche du mode de pensée du héros et de son incompréhension face à la bêtise, l'injustice et le cynisme de nos puissants. Un coup de cœur car j'ai ressenti de l'émotion lors de ma lecture.
Peter Pan
J’ai attendu ma 1000ème chronique pour aviser « Peter Pan », c’est vous dire à quel point cette bande dessinée est un must absolu pour moi. Je pense que tout a été dit sur cette série réalisée de A à Z par Régis Loisel, elle a eu un tel impact sur le public amateur du 9ème art qu’elle fut même l’objet d’un ouvrage qui explique la genèse de « Peter Pan ». Pour ma part, j’ai découvert cette bande dessinée en me rendant chez un ami bédéphile à l’époque où les 3 premiers tomes avaient été publiés. Il m’avait dit que « Peter Pan » était pour lui une des meilleures séries qu’il a lues jusqu’à maintenant. Je ne l’avais pas cru car « Peter Pan » est, pour moi, en premier lieu un dessin animé de Walt Disney et… je n’aime pas trop leurs réalisations. Du coup, il m’a fallu attendre bien plus tard lorsque j’eus découvert et adoré « La Quête de l'Oiseau du Temps » du même auteur, Régis Loisel, pour me mettre à feuilleter « Peter Pan » et ce fut… une sacrée claque ! (Rien à voir avec du Walt Disney !) Une des BD qui m’a le plus impressionné au niveau des émotions (du rire aux larmes, tout y passe !) ; d’ailleurs, rien qu’à écrire cet avis et à repenser à cette histoire, j’ai de nouveau des frissons, des poils qui hérissent ! Je ne vais pas vous écrire ce qui m’a exactement plu dans « Peter Pan » parce que, justement, j’ai tout adoré que ce soit du graphisme, le scénario, l’ambiance, les personnages, sa situation dans Londres victorienne, la mise en page… TOUT je vous dis !
Nettoyage à sec
Quelle claque visuelle ! Quelle ambiance ! Et ça ne fait que maintenant que je découvre Joris Mertens, faudra que je me procure également « Béatrice » du même auteur. Ce Bruxelles sous la pluie des années 70-80 avec son lot de Renault 5, Estafette, DS, 4L, Citroën Diane, on se croirait également à Paris avec ses gros bouchons, les mines pâles et grognons des habitants… Moi, j’adore ! D’autant plus que les gueules des personnages et leurs mimiques sont très bien retranscrits par Joris Mertens qui en profite pour nous offrir de nombreuses scènes muettes où on comprend aisément les réactions des différents protagonistes… et ces superbes double-pages... Moi, j’adore ! Quant à l’histoire en elle-même, il faut avouer que le scénario n’est pas folichon mais c’est bien amené et raconté grâce à une narration fluide et agréable. Et puis, j’aime bien ce looser de François et tous ces personnages aussi loosers que lui (dont Alain…). Et ces clins d’œil disséminés partout dans la bd comme les panneaux publicitaires improbables, le coup du parapluie, la cliente dragueuse… et j’en passe, moi, j’adore ! « Nettoyage à sec » est une bande dessinée que j’ai adorée. J’y ai apprécié comme beaucoup d’entre nous le magnifique coup de patte de Joris Mertens. J’ai adoré cette histoire ironique pleine de clins d’œil aux films des années 1970 et toutes ces séquences muettes mais dotées d’un humour pince sans rire. Moi, ce genre de bd, j’en redemande !
Oneira
Oneira a été un coup de cœur dès sa prise en main. Si on se penche sur la forme, la couverture est magnifique et les dessins de Federica di Meo sont époustouflants. Son coup de crayon est maitrisé, beau et soigné. Les dessins sont tantôt dark tantôt soft. À chaque fois, ils sont à l’image de l’histoire qu’ils racontent. Les scènes de combats sont très dynamiques et les décors sont d’une immense qualité. On sent le perfectionnisme derrière chaque case. Si on se penche sur le fond, c’est un régal niveau scénario. CAB que l’on connaissait surtout sur du shonen change de registre pour nous proposer une histoire plus mature (pour rappel Oneira est un seinen). Son héroïne, Arane Heos fait penser aux claymores sans en être une pâle copie. Impitoyable face à l’ennemi, tendre et amicale envers ses proches, la suivre dans ses aventures contre les cauchemars (mais pas que) est palpitant et il me tarde de connaître la suite !! Autre gros point fort de ce premier tome : la playlist proposée pour accompagner la lecture. Les auteurs ont pensé à tout et n’ont rien laissé au hasard. On sent leur investissement dans ce projet. C’est en tout cas réussi car TOUT plaît dans ce manga. S’il continue sur cette lancée, il sera digne des plus grands titres de Dark Fantasy et c’est tout ce qu’on lui souhaite. Enfin, je ne peux que le recommander. J'ai commandé à mon libraire les 2 prochains, ils me tardent d'être à jour avant la sortie du 4e sensé clôturer ce premier arc !
Les Enfants de la Résistance
J'ai vraiment été séduit par cette excellente série. Pourtant je suis rentré dans la série un peu à reculons tellement le thème de la Résistance a été utilisé parfois à tort et à travers. J'avais peur de me retrouver en compagnie des énièmes gamins qui sauvent le monde du haut de leurs 13 ans. Au final je me retrouve avec une série que j'adore tellement les auteurs ont su traiter cette période de façon intelligente en direction d'un public assez jeune. Je trouve que le scénario de Vincent Dugommier est un exemple de justesse et de précision dans la crédibilité du récit proposé. Il n'y a pas de baguette magique qui permet à trois ados de mettre en échec une armée aguerrie qui vient de conquérir la moitié de l'Europe. Au contraire le postulat de départ, une bande d'enfants est peu crédible dans ces affaires d'adultes, est maintenu tout au long de la série. C'est une première trouvaille que de faire percevoir nos trois lascars (surtout François) comme de simples agents de liaisons du Lynx. Cela permet à Dugomier d'exploiter un thème fondamental de la série, le cloisonnement et le secret. Comme le montre le scénario du tome2 ou celui du tome 5, toute imprudence visible se payait immédiatement au prix fort. Dugomier évite le stéréotype puéril de soldats allemands stupides, aveugles et ne sachant pas tirer. L'espérance de vie d'un Résistant était courte même s’il ne participait pas aux combats d'un maquis. Je le lis comme un véritable hommage à tous ces jeunes hommes ou femmes qui risquaient leur vie (pour les hommes), de se retrouver dans un bordel du front Est (pour les femmes) ou de trahir sous la torture, pour avoir porté un message. J'ai beaucoup aimé la trouvaille de Lisa incorporée dans l'équipe. Ce personnage est à la fois rappel du rôle important des jeunes femmes dans le combat contre l'occupant mais aussi un rappel de l'opposition intérieure allemande aux concepts idéologiques Nazis. Cela permet aussi aux auteurs de garder une part importante de dialogues en allemand ce qui augmente la crédibilité de l'ambiance, Lisa pouvant jouer le rôle de traductrice à l'insu de l'ennemi. La série aborde un grand nombre d'aspects de la vie de la Résistance : création d'un réseau avec les risques dus à sa croissance, distribution de tract, opérateur radio, exfiltration de Juifs, de prisonniers ou d'aviateurs, STO, Milice et Collaboration, France divisée géographiquement et idéologiquement et création du CNR. Le scénario porte souvent une charge émotionnelle forte tellement les situations sont traduites de façons réalistes. Certains trouveront peut-être une orientation plutôt gaulliste, même si faire intervenir des enfants évite de rentrer dans des querelles politiques. Dans chaque tome j'ai trouvé de quoi me nourrir à la fois intellectuellement et affectivement. Le graphisme de Benoît Ers accompagne admirablement le récit de Dugomier. Son trait apaisant permet des plages de respiration entre les moments de tensions du scénario. Ers traduit admirablement le paradoxe que fait vivre la série. Ce petit coin de Bourgogne reste presque paradisiaque avec son canal où François allait pêcher, cette campagne où Eusèbe et Lisa peuvent se promener main dans la main ainsi que ces rues pittoresques d'un village regroupé autour de son église. Je retrouve l'ambiance qu'avait su créer Gibrat dans Le Sursis à la différence que la présence allemande est ici bien plus importante puisqu'en zone Nord. La violence est presque absente des images même si elle est omniprésente comme une ombre qui plane dans les têtes de tous les personnages. Les petits dossiers en fin de chaque tome permettent de remettre l'opus dans un cadre historique et chronologique très pertinent. Cela montre une évolution des actions et des personnalités qui s'inscrit dans un contexte bien précis. J'ai trouvé cette série vraiment admirable pour tout public à partir du collège. Aucune hésitation à mettre la note max.
Tokyo Sanpo
Quel plaisir de lecture. Il y a un cocktail assez rare dans ce carnet de voyage : le format pour ce type de récit l'humour les dessins et bien sur l'exotisme dans le quotidien... Ce que j'ai le plus apprécié je pense c'est de sentir le Voyage sans bouger de chez moi. On se sent avec lui, à découvrir Tokyo, les différences, les rues, certains détails du quotidien, avec un humour ça et là qui rend l'ensemble assez tendre. Ca m'a fait un bien fou. Il y a vraiment quelque chose qui transparait dans ce carnet de voyage, qui dégage une très grande fraicheur. Fraichement conseillé donc !