Ce qui est bien lors du festival BD d’Angoulême, en cherchant bien et en s’éloignant des stands fourmillants de monde des mastodontes bien connus des festivaliers, vous pouvez découvrir de petits éditeurs qui proposent de pépites surprenantes et séduisantes. C’est le cas avec cette maison d’éditon réunionnaise et cet album bien typé océan indien puisque l’histoire se déroule à Madagascar.
Ca bouge. Il y a du rythme. Ce road-movie sous le tropique du capricorne est plutôt une belle réussite. Le graphisme de Rafally tout en rondeur est agréable et harmonieux.
Les trajectoires de Gabriel et Ikala vont s’entrechoquer dans les rues infâmes et grouillantes de la capitale malgache. Pas de temps morts. Et j’avoue que je n’ai pas vu arriver la fin de l’histoire.
Du coup, je ne peux que vous inviter à vous procurer cet album exotique pour découvrir une histoire originale et particulièrement réussie.
J'ai trouvé cette série vraiment très séduisante. Régis Hautière renouvèle après Abélard un scénario d'une grande qualité remplit d'une très forte humanité. La prouesse de Régis Hautière est de proposer un récit tout public qui emmène les plus jeunes d'une ambiance assez confortable de cabane dans les bois vers une réalité beaucoup moins tendre de galeries dans les tranchées.
Dans cette Guerre des Lulus il est aussi question de chemins initiatiques, de rencontres bonnes et mauvaises et de mort.
Le début du récit se place sous un aspect assez joyeux comme l'état d'esprit des populations de 1914. Assez vite au fil des tomes l'ambiance devient de plus en plus sombre. Hautière réussit la prouesse de faire concorder l'évolution de la dramaturgie du récit avec celle du conflit.
Le paroxysme étant proposé dans un excellent tome 5 où la réalité des combats, des trahisons ou des séparations rattrapent nos héros. Une évolution qui fait passer le récit d'une tragi-comédie dans les premiers tomes à une pure tragédie au final.
Les auteurs auraient pu s'arrêter sur ce Der des der sans rougir mais Hautière réussit la prouesse de fournir une nouvelle intrigue aussi captivante et chargée en émotions avec trois nouveaux volumes qui montrent comment les effets de la guerre ont perdurés bien au delà du 11 novembre. J'ai trouvé cette création scénaristique très intéressante car elle est en parfaite cohérence avec les cinq premiers tomes.
Je n'ai trouvé aucune longueur dans le récit. Les dialogues sont bons rendant très crédibles le questionnement parfois naïf de nos héros encore enfants au début de leurs aventures. Les tomes exploitent des thèmes assez peu utilisés comme la Résistance derrière les lignes allemandes ou l'expérimentation sociale du Familistère. Le récit se renouvelle donc constamment dans les aventures. La présence de Luce permet d'y introduire une touche de tendresse qui enrichit en humanité et en vulnérabilité la personnalité de nos garçons. Idem pour Hans et Franz qui nous rappellent que les souffrances populaires ont été partagées des deux côtés.
J'ai beaucoup, apprécié le graphisme de Hardoc qui rend le récit très spectaculaire. Son trait semi-réaliste très travaillé rend crédible l'évolution de nos héros dans leur passage d'une enfance insouciante à une réalité adulte prématurée.
Les expressivités des Lulus passent du comique au tragique en passant par toute la gamme des sentiments au fil des rencontres effectuées. Le soin apporté à la description des architectures est remarquable. Aucun détail ne manque que ce soit pour les cabanes, le Familistère ou les maisons qui ont hébergé nos héros.
Une très belle mise en couleur travaille beaucoup les lumières des nombreuses forêts traversées ou des ruines visitées. Les teintes assez vives du début puis laissent la place à des bruns de plus en plus sombres au fur et à mesure que l'on se rapproche des tranchées. Les teintes chaudes reviennent petit à petit même si les gris sont toujours très présents aux lendemains du 11/11.
J'ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de nos aventuriers involontaires. Une très belle créativité sur le thème de la Grande Guerre pourtant très exploité.
Une pépite !
L'humour trash et décalé fonctionne rarement sur moi... Pour autant, lorsqu'il est bien manié, la répétition et l'absurde peuvent rendre une BD culte.
C'est le cas de celle de Johnny Biceps... qui revisite les codes de la SF à travers une équipe à la fois grotesque et attachante.
Le graphisme et la palette de Wikto sont magiques, et fonctionnent parfaitement avec le scénario. Hâte de revoir ce beau duo Karibou/Wikto de nouveau à l'oeuvre pour une nouveau projet, je l'espère !
J'adore l'histoire et les dessins sont super.
En revanche c'est mieux d'avoir vu la série si on veut vraiment comprendre l'histoire.
Je vous conseille vraiment cette BD.
Bonne lecture !
Il faut que je sois vraiment chtarbé pour que je délaisse les courbes ondulantes et envoûtantes de mon avatar Linda pour me plonger dans les ondulations du chat et des équations d'Erwin Schrödinger.
Une BD éditée chez Dunod et encensée par des prix Nobel de maths, physique ou chimie en 4ème de couv ne vous prédestine pas un moment de lecture à la Titeuf (Zep est aussi parmi les encenseurs. Lol.)
Je ne peux pas dire que j'ai avalé les 170 pages d'une traite ni que je serais capable de tout réexpliquer à la virgule mais j'ai trouvé la série de Laurent Schafer bigrement bien faite.
On reste chez Dunod et le scénario s'articule en chapitres avec des titres bien universitaires. Mais derrière ce côté académique il y a vraiment une progression du récit qui donne du sens à toute cette recherche que Schafer nous fait découvrir.
La synthèse de toutes les découvertes qu'il propose est si bien faite qu'il rend (assez) accessible aux lectrices et lecteurs les théories des principaux génies scientifiques du XXème siècle. Einstein, Bohr, Schrödinger et d'autres en révolutionnant la physique ont révolutionné la réalité du monde qui nous entoure.
La trouvaille de Schafer est de faire intervenir une famille moyenne qui, comme nous, ne perçoit pas cette révolution. Entre les avancées de la physique relativiste et celles, apparemment contradictoires, de la mécanique quantique ce sont toutes les notions d'espace, de temps et de la perception raisonnable de l'univers qui sont remises en cause.
Schafer réussit même à introduire une tension dramatique dans son récit car petit à petit, il nous amène à une véritable réflexion philosophique.
C'est grâce à un graphisme bourré d'humour que l'auteur fait le pont entre ces différentes notions ardues.
Le graphisme me convient parfaitement. Il s'appuie sur un humour semi réaliste qui intercale la promenade festive d'une famille ordinaire avec des flash explicatifs et humoristiques d'expériences de labo. Cela crée un décalage entre le monde que nous connaissons et celui que les savants tentent de découvrir.
Je trouve que cette BD mérite vraiment d'être lue car les éléments qui s'y trouvent sont vraiment incroyables pour notre pensée du quotidien.
Laurent Schafer a fait un travail remarquable pour nous faire découvrir une autre perception de la réalité qui nous entoure. Pour les quatre cents ans de la naissance de Pascal, Laurent Schafer lui envoie un début de réponse sur la célèbre pensée des deux infinis. Brillant.
Le récit de Lovecraft qu'est "L'Appel de Cthulhu" , est magnifiquement adapté en manga par l'auteur Gou Tanabe, qui a fait aussi l'excellente adaptation La Couleur tombée du ciel, qui elle est aussi est tirée d'une ancienne œuvre de Lovecraft.
Je vais pas m'éterniser mais cette adaptation est sans doute ma préféré, je l'avais lu il y a quelques années et je ne l'avais pas aimé mais du tout, et bah cette seconde chance que je lui ait donné m'a permis de mieux l'apprécier et de la considérer comme un véritable bijou du manga d'horreur.
Gou Tanabe place parfaitement le côté horrifique dès le début, de ma part, il l'utilise comme une fiction. En effet, on peut voir apercevoir au début du récit que un docteur évalue les problémes d'un patient, qui prétend entendre des chants incompréhensibles, tout en étant à la fois dans un endroit englobé dans l'enfer. Gou Tanabe, par son excès de la violence qu'il dessine, nous fait bien croire que toute ces sottises (racontées par le patient), et bien véritablement une réalité, et le mystère continuera de peser tout le long du récit. N'est ce pas réussi ?
Son magnifique coup de crayon nous permet de contempler la véritable horreur qu'est l'univers du Cthulhu, notamment avec quelques gros plans reculés, qui met dans toute sa splendeur, l'entièreté d'une créature (le dragon Cthulhu), qui m'a apparu invincible, ce qui lui rend l'air plus inquiétant et à la fois menaçant.
Mais ce qui met la cerise sur le gâteau, est le dernier chapitre, qui nous montre un groupe de pirates qui vont basculer dans l'enfer et la pire horreur qu'ils aient jamais vu. Le suspense, le mystère, l'ambiance, l'atmosphère, tout cela est maîtrisé, mais j'irai plus jusqu'à dire que le mystère est la plus grosse qualité tout au long de cette œuvre.
C'est pas comme les Montagnes Hallucinées (tome 1), où tout mettait 50 piges à démarrer, c'était soporifique !
En tout cas c'est rare dans un manga d'horreur de ma part, de prendre un plaisir à contempler les minis détails, L'appel de Cthulhu est un vrai régal littéraire, si vous aimez vous faire peur, ce manga est fait pour vous !
Eh putain que j'ai envie de faire de la pub pour ce manga avec tout l'amour que j'ai pour lui !
10/10
La Couleur Tombée du Ciel est l'une des seules adaptations en manga que j'ai lues, mais qui s'avère au final excellente.
Le récit de Gou Tanabe (et Lovecraft), diffère des autres notamment pour son côté fantastique, en s'éloignant largement du genre horrifique (comme nous l'avaient proposé les autres adaptations). Même si au fur et à mesure des 30-40 dernières pages du récit, l'angoisse s'accentue de plus en plus.
Ce qui fait exceller cette adaptation, tout ça grâce à une ambiance bien posée, une atmosphère pesante, et des environnements étranges voire même inquiétants, qui donnent avec réussite cette impression que tout au long du récit, les protagonistes sont dans un véritables cauchemar.
En tout cas de mon point de vue, les dessins sont très réussis, les émotions des personnages sont très bien retranscrites, globalement dans l'ensemble ça a été très satisfaisant. La Couleur Tombée du Ciel de Gou Tanabe mérite plus d'attention, c'est un manga à découvrir.
Dans L'abîme du Temps par Gou Tanabe, sorti en 2018, et certainement de pas très loin, le meilleur de toute cette série, avec L'appel de Cthulhu.
L'appel de Cthulhu, aussi adapté d'une nouvelle de Lovecraft, re-adapté par Gou Tanabe, nous avait proposé un contenu riche, complet, avec une approche de l'horreur assez construite. Dans L'abîme du Temps, est tout simplement encore plus fort, excellent scénario, encore plus riche et plus complet, le genre de manga que j'adore lire comme Watchmen.
Continuons, le livre prend son temps, un peu comme les Montagnes Hallucinées, mais, ça été bcp bcp moins ennuyeux car ça prenait tellement bien son temps. Gou Tanabe, rajoutait quelques petits moments horrifique, ensuite ça s'arrêtait, mais tout celà a permis à ce manga de monter crescendo, un genre de build up car l'horreur va se renforcer de petit à petit, notamment avec les mythes (ou les histoires) sur les Yith (je sais pas si c'est ça, mais ce sont des créatures de l'ancien temps), qui va rajouter un parfait mélange entre horreur et science fiction.
D'ailleurs si vous voulez une parfaite connexion sur l'univers de cette série de manga, lire Les Montagnes Hallucinées 1 et 2 et celui-ci, car un personnage des Montagnes Hallucinées fait son apparition aux 100 dernières pages (Dans l'abîme du Temps), cerise sur le gâteau, ça a été un gros +1 pour moi.
MEME UNIVERS :
- Les Montagnes Hallucinées
- Dans L'abîme du Temps
Sinon que dire d'autre, Gou Tanabe livre un chef-d'œuvre, voir même le plus grand de toute cette série, le plus fort, pas le plus flippant mais certainement le plus complet et riche.
Belle surprise de lecteur. L'auteur a réussi à condenser en un one-shot réussi beaucoup de thèmes tels que notre rapport à la mort et la religion, le monde rural et ces luttes entre familles, le tout dans un genre d'abord d'étude de mœurs qui se dirige tout doucement vers l'horreur puis le polar avec évidemment un dénouement final inattendu. Et bien sûr un dessin personnel et à la hauteur de l’œuvre.
Étrange histoire que celle-ci, évanescente, qui semble jouer sur un immense vide (les rues de cette cité mystérieuse de Kemlö sont aussi vides que certains passages). Une histoire qui mise avant tout sur une ambiance étrange, parfois dérangeante.
Je ne saurais pas forcément dire ce qui m’a captivé (je vais essayer quand même !), mais je suis en tout cas sorti de ma lecture bien plus satisfait que tous mes prédécesseurs.
Il y a quelque chose d’envoûtant dans la narration dépassionnée, mélancolique, dès lors que l’héroïne arrive devant les murs de cette cité improbable. Le fait que tout soit au style indirecte (il n’y a quasiment aucun dialogue ou phylactère) participe sans doute de l’établissement d’une certaine froideur, d’une certaine distance d’avec les personnages, qui pourtant nous attirent.
J’ai retrouvé dans cette histoire, et la façon de la raconter, quelque chose de certains romans gothiques, ou de certains romans de Jacques Abeille. Le fait que l’on ne puisse situer l’intrigue ni dans le temps ni dans l’espace (début du XXème siècle ? Europe centrale ?) ajoute un côté intriguant.
Au milieu de cette intrigue froide donc, se glisse une sensualité certaine (autour des amours saphiques de l’héroïne), renforcée par le dessin, et l’utilisation d’un Noir et Blanc pointilliste. Aspect graphique que j’ai vraiment bien aimé, y compris pour la citadelle, qui semble infinie et ressemble parfois à un délire d’Escher.
Quant à l’intrigue elle-même, le côté froid, presque implacable du déroulement du destin d'Olga, la rapproche aussi de certains romans gothiques.
Rien d’extraordinaire dans l’histoire, et à bien y penser dans le dessin. Mais, allez savoir pourquoi, l’alchimie de tous les éléments fonctionne avec moi, c’est une lecture que j’ai trouvé troublante et captivante.
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Trafika
Ce qui est bien lors du festival BD d’Angoulême, en cherchant bien et en s’éloignant des stands fourmillants de monde des mastodontes bien connus des festivaliers, vous pouvez découvrir de petits éditeurs qui proposent de pépites surprenantes et séduisantes. C’est le cas avec cette maison d’éditon réunionnaise et cet album bien typé océan indien puisque l’histoire se déroule à Madagascar. Ca bouge. Il y a du rythme. Ce road-movie sous le tropique du capricorne est plutôt une belle réussite. Le graphisme de Rafally tout en rondeur est agréable et harmonieux. Les trajectoires de Gabriel et Ikala vont s’entrechoquer dans les rues infâmes et grouillantes de la capitale malgache. Pas de temps morts. Et j’avoue que je n’ai pas vu arriver la fin de l’histoire. Du coup, je ne peux que vous inviter à vous procurer cet album exotique pour découvrir une histoire originale et particulièrement réussie.
La Guerre des Lulus
J'ai trouvé cette série vraiment très séduisante. Régis Hautière renouvèle après Abélard un scénario d'une grande qualité remplit d'une très forte humanité. La prouesse de Régis Hautière est de proposer un récit tout public qui emmène les plus jeunes d'une ambiance assez confortable de cabane dans les bois vers une réalité beaucoup moins tendre de galeries dans les tranchées. Dans cette Guerre des Lulus il est aussi question de chemins initiatiques, de rencontres bonnes et mauvaises et de mort. Le début du récit se place sous un aspect assez joyeux comme l'état d'esprit des populations de 1914. Assez vite au fil des tomes l'ambiance devient de plus en plus sombre. Hautière réussit la prouesse de faire concorder l'évolution de la dramaturgie du récit avec celle du conflit. Le paroxysme étant proposé dans un excellent tome 5 où la réalité des combats, des trahisons ou des séparations rattrapent nos héros. Une évolution qui fait passer le récit d'une tragi-comédie dans les premiers tomes à une pure tragédie au final. Les auteurs auraient pu s'arrêter sur ce Der des der sans rougir mais Hautière réussit la prouesse de fournir une nouvelle intrigue aussi captivante et chargée en émotions avec trois nouveaux volumes qui montrent comment les effets de la guerre ont perdurés bien au delà du 11 novembre. J'ai trouvé cette création scénaristique très intéressante car elle est en parfaite cohérence avec les cinq premiers tomes. Je n'ai trouvé aucune longueur dans le récit. Les dialogues sont bons rendant très crédibles le questionnement parfois naïf de nos héros encore enfants au début de leurs aventures. Les tomes exploitent des thèmes assez peu utilisés comme la Résistance derrière les lignes allemandes ou l'expérimentation sociale du Familistère. Le récit se renouvelle donc constamment dans les aventures. La présence de Luce permet d'y introduire une touche de tendresse qui enrichit en humanité et en vulnérabilité la personnalité de nos garçons. Idem pour Hans et Franz qui nous rappellent que les souffrances populaires ont été partagées des deux côtés. J'ai beaucoup, apprécié le graphisme de Hardoc qui rend le récit très spectaculaire. Son trait semi-réaliste très travaillé rend crédible l'évolution de nos héros dans leur passage d'une enfance insouciante à une réalité adulte prématurée. Les expressivités des Lulus passent du comique au tragique en passant par toute la gamme des sentiments au fil des rencontres effectuées. Le soin apporté à la description des architectures est remarquable. Aucun détail ne manque que ce soit pour les cabanes, le Familistère ou les maisons qui ont hébergé nos héros. Une très belle mise en couleur travaille beaucoup les lumières des nombreuses forêts traversées ou des ruines visitées. Les teintes assez vives du début puis laissent la place à des bruns de plus en plus sombres au fur et à mesure que l'on se rapproche des tranchées. Les teintes chaudes reviennent petit à petit même si les gris sont toujours très présents aux lendemains du 11/11. J'ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de nos aventuriers involontaires. Une très belle créativité sur le thème de la Grande Guerre pourtant très exploité.
Johnny Biceps
Une pépite ! L'humour trash et décalé fonctionne rarement sur moi... Pour autant, lorsqu'il est bien manié, la répétition et l'absurde peuvent rendre une BD culte. C'est le cas de celle de Johnny Biceps... qui revisite les codes de la SF à travers une équipe à la fois grotesque et attachante. Le graphisme et la palette de Wikto sont magiques, et fonctionnent parfaitement avec le scénario. Hâte de revoir ce beau duo Karibou/Wikto de nouveau à l'oeuvre pour une nouveau projet, je l'espère !
Skyland
J'adore l'histoire et les dessins sont super. En revanche c'est mieux d'avoir vu la série si on veut vraiment comprendre l'histoire. Je vous conseille vraiment cette BD. Bonne lecture !
Quantix - La Physique quantique et la Relativité en BD
Il faut que je sois vraiment chtarbé pour que je délaisse les courbes ondulantes et envoûtantes de mon avatar Linda pour me plonger dans les ondulations du chat et des équations d'Erwin Schrödinger. Une BD éditée chez Dunod et encensée par des prix Nobel de maths, physique ou chimie en 4ème de couv ne vous prédestine pas un moment de lecture à la Titeuf (Zep est aussi parmi les encenseurs. Lol.) Je ne peux pas dire que j'ai avalé les 170 pages d'une traite ni que je serais capable de tout réexpliquer à la virgule mais j'ai trouvé la série de Laurent Schafer bigrement bien faite. On reste chez Dunod et le scénario s'articule en chapitres avec des titres bien universitaires. Mais derrière ce côté académique il y a vraiment une progression du récit qui donne du sens à toute cette recherche que Schafer nous fait découvrir. La synthèse de toutes les découvertes qu'il propose est si bien faite qu'il rend (assez) accessible aux lectrices et lecteurs les théories des principaux génies scientifiques du XXème siècle. Einstein, Bohr, Schrödinger et d'autres en révolutionnant la physique ont révolutionné la réalité du monde qui nous entoure. La trouvaille de Schafer est de faire intervenir une famille moyenne qui, comme nous, ne perçoit pas cette révolution. Entre les avancées de la physique relativiste et celles, apparemment contradictoires, de la mécanique quantique ce sont toutes les notions d'espace, de temps et de la perception raisonnable de l'univers qui sont remises en cause. Schafer réussit même à introduire une tension dramatique dans son récit car petit à petit, il nous amène à une véritable réflexion philosophique. C'est grâce à un graphisme bourré d'humour que l'auteur fait le pont entre ces différentes notions ardues. Le graphisme me convient parfaitement. Il s'appuie sur un humour semi réaliste qui intercale la promenade festive d'une famille ordinaire avec des flash explicatifs et humoristiques d'expériences de labo. Cela crée un décalage entre le monde que nous connaissons et celui que les savants tentent de découvrir. Je trouve que cette BD mérite vraiment d'être lue car les éléments qui s'y trouvent sont vraiment incroyables pour notre pensée du quotidien. Laurent Schafer a fait un travail remarquable pour nous faire découvrir une autre perception de la réalité qui nous entoure. Pour les quatre cents ans de la naissance de Pascal, Laurent Schafer lui envoie un début de réponse sur la célèbre pensée des deux infinis. Brillant.
L'Appel de Cthulhu
Le récit de Lovecraft qu'est "L'Appel de Cthulhu" , est magnifiquement adapté en manga par l'auteur Gou Tanabe, qui a fait aussi l'excellente adaptation La Couleur tombée du ciel, qui elle est aussi est tirée d'une ancienne œuvre de Lovecraft. Je vais pas m'éterniser mais cette adaptation est sans doute ma préféré, je l'avais lu il y a quelques années et je ne l'avais pas aimé mais du tout, et bah cette seconde chance que je lui ait donné m'a permis de mieux l'apprécier et de la considérer comme un véritable bijou du manga d'horreur. Gou Tanabe place parfaitement le côté horrifique dès le début, de ma part, il l'utilise comme une fiction. En effet, on peut voir apercevoir au début du récit que un docteur évalue les problémes d'un patient, qui prétend entendre des chants incompréhensibles, tout en étant à la fois dans un endroit englobé dans l'enfer. Gou Tanabe, par son excès de la violence qu'il dessine, nous fait bien croire que toute ces sottises (racontées par le patient), et bien véritablement une réalité, et le mystère continuera de peser tout le long du récit. N'est ce pas réussi ? Son magnifique coup de crayon nous permet de contempler la véritable horreur qu'est l'univers du Cthulhu, notamment avec quelques gros plans reculés, qui met dans toute sa splendeur, l'entièreté d'une créature (le dragon Cthulhu), qui m'a apparu invincible, ce qui lui rend l'air plus inquiétant et à la fois menaçant. Mais ce qui met la cerise sur le gâteau, est le dernier chapitre, qui nous montre un groupe de pirates qui vont basculer dans l'enfer et la pire horreur qu'ils aient jamais vu. Le suspense, le mystère, l'ambiance, l'atmosphère, tout cela est maîtrisé, mais j'irai plus jusqu'à dire que le mystère est la plus grosse qualité tout au long de cette œuvre. C'est pas comme les Montagnes Hallucinées (tome 1), où tout mettait 50 piges à démarrer, c'était soporifique ! En tout cas c'est rare dans un manga d'horreur de ma part, de prendre un plaisir à contempler les minis détails, L'appel de Cthulhu est un vrai régal littéraire, si vous aimez vous faire peur, ce manga est fait pour vous ! Eh putain que j'ai envie de faire de la pub pour ce manga avec tout l'amour que j'ai pour lui ! 10/10
La Couleur tombée du ciel
La Couleur Tombée du Ciel est l'une des seules adaptations en manga que j'ai lues, mais qui s'avère au final excellente. Le récit de Gou Tanabe (et Lovecraft), diffère des autres notamment pour son côté fantastique, en s'éloignant largement du genre horrifique (comme nous l'avaient proposé les autres adaptations). Même si au fur et à mesure des 30-40 dernières pages du récit, l'angoisse s'accentue de plus en plus. Ce qui fait exceller cette adaptation, tout ça grâce à une ambiance bien posée, une atmosphère pesante, et des environnements étranges voire même inquiétants, qui donnent avec réussite cette impression que tout au long du récit, les protagonistes sont dans un véritables cauchemar. En tout cas de mon point de vue, les dessins sont très réussis, les émotions des personnages sont très bien retranscrites, globalement dans l'ensemble ça a été très satisfaisant. La Couleur Tombée du Ciel de Gou Tanabe mérite plus d'attention, c'est un manga à découvrir.
Dans l'abîme du temps (Tanabe)
Dans L'abîme du Temps par Gou Tanabe, sorti en 2018, et certainement de pas très loin, le meilleur de toute cette série, avec L'appel de Cthulhu. L'appel de Cthulhu, aussi adapté d'une nouvelle de Lovecraft, re-adapté par Gou Tanabe, nous avait proposé un contenu riche, complet, avec une approche de l'horreur assez construite. Dans L'abîme du Temps, est tout simplement encore plus fort, excellent scénario, encore plus riche et plus complet, le genre de manga que j'adore lire comme Watchmen. Continuons, le livre prend son temps, un peu comme les Montagnes Hallucinées, mais, ça été bcp bcp moins ennuyeux car ça prenait tellement bien son temps. Gou Tanabe, rajoutait quelques petits moments horrifique, ensuite ça s'arrêtait, mais tout celà a permis à ce manga de monter crescendo, un genre de build up car l'horreur va se renforcer de petit à petit, notamment avec les mythes (ou les histoires) sur les Yith (je sais pas si c'est ça, mais ce sont des créatures de l'ancien temps), qui va rajouter un parfait mélange entre horreur et science fiction. D'ailleurs si vous voulez une parfaite connexion sur l'univers de cette série de manga, lire Les Montagnes Hallucinées 1 et 2 et celui-ci, car un personnage des Montagnes Hallucinées fait son apparition aux 100 dernières pages (Dans l'abîme du Temps), cerise sur le gâteau, ça a été un gros +1 pour moi. MEME UNIVERS : - Les Montagnes Hallucinées - Dans L'abîme du Temps Sinon que dire d'autre, Gou Tanabe livre un chef-d'œuvre, voir même le plus grand de toute cette série, le plus fort, pas le plus flippant mais certainement le plus complet et riche.
Charogne
Belle surprise de lecteur. L'auteur a réussi à condenser en un one-shot réussi beaucoup de thèmes tels que notre rapport à la mort et la religion, le monde rural et ces luttes entre familles, le tout dans un genre d'abord d'étude de mœurs qui se dirige tout doucement vers l'horreur puis le polar avec évidemment un dénouement final inattendu. Et bien sûr un dessin personnel et à la hauteur de l’œuvre.
Kemlö
Étrange histoire que celle-ci, évanescente, qui semble jouer sur un immense vide (les rues de cette cité mystérieuse de Kemlö sont aussi vides que certains passages). Une histoire qui mise avant tout sur une ambiance étrange, parfois dérangeante. Je ne saurais pas forcément dire ce qui m’a captivé (je vais essayer quand même !), mais je suis en tout cas sorti de ma lecture bien plus satisfait que tous mes prédécesseurs. Il y a quelque chose d’envoûtant dans la narration dépassionnée, mélancolique, dès lors que l’héroïne arrive devant les murs de cette cité improbable. Le fait que tout soit au style indirecte (il n’y a quasiment aucun dialogue ou phylactère) participe sans doute de l’établissement d’une certaine froideur, d’une certaine distance d’avec les personnages, qui pourtant nous attirent. J’ai retrouvé dans cette histoire, et la façon de la raconter, quelque chose de certains romans gothiques, ou de certains romans de Jacques Abeille. Le fait que l’on ne puisse situer l’intrigue ni dans le temps ni dans l’espace (début du XXème siècle ? Europe centrale ?) ajoute un côté intriguant. Au milieu de cette intrigue froide donc, se glisse une sensualité certaine (autour des amours saphiques de l’héroïne), renforcée par le dessin, et l’utilisation d’un Noir et Blanc pointilliste. Aspect graphique que j’ai vraiment bien aimé, y compris pour la citadelle, qui semble infinie et ressemble parfois à un délire d’Escher. Quant à l’intrigue elle-même, le côté froid, presque implacable du déroulement du destin d'Olga, la rapproche aussi de certains romans gothiques. Rien d’extraordinaire dans l’histoire, et à bien y penser dans le dessin. Mais, allez savoir pourquoi, l’alchimie de tous les éléments fonctionne avec moi, c’est une lecture que j’ai trouvé troublante et captivante.