J'ai découvert le manga avec l'anime qui a commencé, au moment où j'écris ses lignes,....la semaine dernière. C'était un mini-événement dans le monde des fans d'anime parce qu'au lieu de faire les 24 minutes habituelles, le premier épisode fait presque 90 minutes ! Et pour une bonne raison parce que cet épisode adapte tout le premier volume et dans ce tome il y a deux retournements de situations et c'est tellement bien fait que j'étais scotché du début jusqu'à la fin et après avoir fini l'épisode, il fallait que j'achète tous les tomes disponibles en français tellement je voulais savoir la suite immédiatement !
Je n'ai pas été déçu. Ce manga est vraiment très bien fait. Je veux pas trop spoiler pour ne pas gâcher la lecture du premier tome, mais je pense que je peux dire sans problème que cela se passe dans les coulisses du monde du show-business japonais. Je sais pas si le scénariste a fait beaucoup de recherches, mais je peux dire que pour le moment, c'est réaliste et crédible et il y a une bonne critique du monde impitoyable des idoles. On est loin des shonens avec un ton naïf où le héros a un don naturel dans un domaine et devient vite le meilleur. Le scénario est vraiment prenant avec des intrigues qui donnent envie de découvrir la suite. Les auteurs parlent de tout: les choix de castings, le poids des grosses maisons de productions par rapport aux plus petites, le harcèlement sur internet que subissent les célébrités, les difficultés d'adapter une oeuvre....C'est vraiment passionnant ! Les personnages sont complexes et terriblement attachants. Le dessin est très bon.
Bref, un manga qui mérite d'être mieux connu et que je recommande à tous.
Comment peut-on critiquer cet album si on ne s'est jamais délecté à lire l'oeuvre de Voltaire?....On a ici un coup de maître. Les auteurs ont fait ici un travail d'espace temps et un découpage de l'oeuvre du grand écrivain pour l'adapter dans un langage moderne et cinématographique, c'est un petit chef d'oeuvre admirablement dessiné !
Le thème de la quête de soi n'est pas neuve, même en bande dessinée.
Mais Blaise Pruvost, qui est passé par le CESAN, école spécialisée à Paris, a décidé d'en faire le sujet de son premier album, après avoir une vie active un brin chahutée par des échecs successifs. C'est ainsi qu'à 18 ans, il décide de partir sur les routes de Compostelle, sans aucune organisation, sans rien réserver, prévoir, sans même être sûr d'aller au bout, ou d'y trouver quelque chose.
A priori il n'est pas croyant, mais laisse planer le doute lorsque des gens, en Espagne, lui posent frontalement la question. Ce voyage va lui faire prendre des chemins inattendus, mettre sur sa route des gens très divers, qui chacun à sa manière, positive, négative ou difficile à définir, va lui permettre de se construire, de réfléchir à sa vie, son entourage, son avenir. Ce n'est pas dit de façon très claire, car c'est de l'ordre de l'intime, de l'insaisissable, mais on sent bien qu'après six mois de randonnée (jusqu'en Andalousie !), Blaise est devenu un autre. Cela me rappelle un peu le film Wild, avec Reese Witherspoon, ou une jeune femme ayant perdu presque tout et surtout ses illusions, fait un chemin de grande randonnée.
Le style graphique de Pruvost est un peu brut de décoffrage, cela manque encore de maturité en termes de morphologies, de mise en scène, mais l'ensemble se lit avec facilité, malgré ses 300 pages.
Un auteur intéressant, à suivre.
Un album détonant !
Tout détonne dans cet album, du personnage principal à l'histoire.
Le personnage principal, Dirt (il porte bien son nom), est un toon, une ancienne gloire des années 50 qui faisait de la publicité pour les cigarettes "dirt", il est attachiant, toujours la clope au bec, si ce n'est trois ou quatre en même temps, et termine la majorité de ses phrases par "t'en penses quoi ?".
Une époque où de nombreux toons vivent parmi les humains, cette particularité sera expliquée dans l'album.
Nous sommes en 2040, dans un monde post-apocalyptique, après l'extermination d'une grande partie de l'humanité suite à une pandémie. Dirt, avec sa valise Borrison (Tabacco Company), erre dans cet univers post pandémique jusqu'au jour où il va faire une rencontre.
Une narration non linéaire puisqu'elle explore plusieurs espaces temps ce qui permet de comprendre pourquoi notre protagoniste en est arrivé là. Un récit déjanté qui pointe la discrimination sur un ton décalé avec l'aide d'un humour corrosif. Un récit touchant qui nous fera découvrir les fils d'Edin qui sont atteints de crétinisme et toujours accompagnés de leur grosse pute. Giulo Rincione a su créer un monde "cohérent", délirant et captivant, un peu à la mode Azimut mais en plus sombre. Un artiste que je vais suivre avec intérêt.
La partie graphique est sublime, elle joue sur plusieurs styles (semi-réaliste et cartoonesque) et différentes colorisations (bichromie, noir et blanc...) suivant l'espace temps et les personnages. A cela, il faut ajouter une mise en page chirurgicale qui donne de la fluidité et du dynamisme. Un régal !
L'objet en lui-même est beau, papier glacé de qualité avec une jolie jaquette.
C'est un petit bijou qui sort des sentiers battus, j'attends impatiemment la suite.
Est-ce que je recommande ?
"T'EN PENSES QUOI ?"
Après le sympathique Le Baron perché, voici donc le deuxième album dessiné par Claire Martin, toujours aux Editions Jungle. C'est une histoire écrite par Benjamin Laurent, fondateur du Studio Parolox, dont l'ambition est de produire , de réaliser et d'éditer des documentaires racontant des histoires de vies inspirantes, universelles et singulières. C'est ainsi que nous avons l'évocation de Garance, sage-femme à Cologne au début du 17ème siècle. Une praticienne qui s'efforce de rester dans la loi édictée par l'Eglise, dans une ambiance où les femmes qui gênent se retrouvent accusées de sorcellerie et irrémédiablement exécutées. Garance, qui essaie aussi de faire en fonction de sa conscience, va se retrouver sur le fil du rasoir. Une histoire fictive, mais empreinte de réalisme en ce qui concerne cette société médiévale si cruelle. Sur le déroulement de l'histoire, c'est plutôt fluide, linéaire, et on comprend bien les enjeux du récit, même si la fin est un brin naïve à mon sens.
Le dessin de Claire Martin continue à s'affirmer d'album en album. Il y a encore quelques erreurs de proportions parfois, mais c'est un album bien mené sur le plan graphique, la dessinatrice assurant elle-même ses couleurs.
Je recommande, d'autant plus que des bonus en fin d'album permettent d'éclairer un peu plus son propos avec des notes historiques.
Une BD bouleversante et touchante, vraiment !
Habituée aux bandes dessinées humoristiques ou plus ou moins réalistes ou fictives, cette bande dessinée sort du lot.
Je suis intéressée par l‘histoire et par cette période sombre depuis l’âge de la primaire, en effet je me suis toujours demandée comment l’homme a t-il pu faire cela ? A 9 ans j’ai lu un roman jeunesse traitant de ce sujet indirectement, une fille devait aider à sauver un enfant juif français bien qu’elle faisait partie des jeunesses hitlériennes.
Il y a peu, je me suis procurée plusieurs livres et bandes dessinées sur ce thème là, en vue de mon grand oral dont un de mes sujets portera sur la BD et la transmission de la mémoire de la Shoah.
Connaissant cette femme admirable dont j’ai écoutée les témoignages des dizaines de fois, je me suis lancée dans la lecture de son récit en format BD.
Tout est très touchant, la jeune illustratrice traite toutes les étapes de la haine du juif, des lois antisémites jusqu’à la déportation. Ginette est pourtant joviale et naïve, en pensant d’abord qu’elle allait juste dans un camp de travail.
Or, sa vie bascule en 1944, elle est dénoncée juive, les gendarmes déculottent son père, son frère et son neveu circoncis. Ils seront emmenés à Auschwitz, et seule Ginette en ressortira vivante.
Le dessin est en premier abord enfantin, les traits sont ronds, les regards expressifs, pourtant les gendarmes, les SS sont dépourvus d'yeux, seules leurs bouches , souvent mécontentes, sont montrées. Les prisonniers très affaiblis sont représentés par moment, avec des yeux sans pupilles, comme des fantômes, comme si ils étaient morts intérieurement, c’est très troublant. Ginette au fil du temps se transforme physiquement, nous montrant comment la faim déforme une personne, la rendant méconnaissable. Les planches montrant Ginette à son retour ont de quoi marquer.
Aurore est talentueuse, on ne ressort pas indifférent d’une tel lecture, c’est bien la première fois qu’une BD me procure autant d’émotions. Comme le dit Ginette elle même « voilà où mène la haine », malgré sa dureté, montrez là à vos enfants, mettez vous à côté d’eux, expliquez leur cette période. Faites perdurer la mémoire, pour que cela ne se reproduise plus jamais.
Dès les premières pages, ce récit nous embarque par son atmosphère mystérieuse. Sans rien déflorer de l’intrigue, on pourra dire que le vieil homme solitaire va accéder à une étrange dimension où le rêve se confond avec la réalité. Celui-ci serait-il gagné par la sénilité ? Serait-il victime d’hallucinations ? Dans sa solitude, il suscite l’empathie du lecteur par son courage. Dans sa masure sans âge et sans électricité, où les murs craquent la nuit et semblent faire jaillir des fantômes, notre ermite affronte vaillamment sa fin qu’il sent proche, même si son regard révèle une sourde inquiétude. Mais surtout, ce mystère qui fait irruption au crépuscule de sa vie, il devra absolument l’élucider ! Sa quête finale le mènera vers des chemins à la fois déstabilisants, touchants et apaisants comme la pureté de l’enfance.
Adapté d’un roman d’Antonio Moresco, remarqué par la critique et couronné de plusieurs prix, « La Petite Lumière » à la sauce Panaccione est une réussite. Le co-auteur d’ "Un océan d’amour" nous livre ici un récit intrigant et fluide que l’on dévore jusqu’au bout. Son trait déstructuré et un peu fragile traduit parfaitement la sensibilité du propos qui invite le lecteur à faire corps avec le vieil homme, lequel nous renvoie à notre propre fin dans sa quête ultime. Difficile de rester de glace devant la poésie de cette histoire intemporelle utilisant à bon escient la métaphore des saisons et magnifiquement restituée d’un point de vue visuel. Grégory Panaccione recourt à une palette restreinte où le vert (la nature est omniprésente ici) se mêle à des tonalités sombres où parfois on ne fait que deviner les silhouettes (avec de nombreuses scènes de nuit).
Si l’on accepte de se laisser porter par la poésie de l’ouvrage, sans chercher à avoir des réponses à toutes les questions qu’il suscite, on tombera facilement sous le charme de cette « Petite Lumière », aussi fragile que puissante par sa capacité à nous habiter longtemps une fois le livre refermé. C’est souvent à cela que l’on reconnaît les œuvres de qualité et celle-ci se révèle en outre un vrai coup de cœur.
Une plongée dans les mœurs de la société romaine où tout doit être à sa place , et cette histoire d'amour contrarié, entre 2 mondes diamétralement opposés, présage pas mal de désagréments pour les protagonistes.
Cet amour réciproque entre cette jeune patricienne et cet esclave ne sonne pas faux dans ce récit vu que les auteurs ont bien pris leur temps pour tisser les liens entre Adriana et Cleio, vu qu'il s'agit d'eux.
J'ai bien aimé la petite galerie de personnages qui gravitent autour des principaux protagonistes, dont l'oncle qui est par essence même du patricien arrogant, méprisant et rancunier.
Tout m'a plu dans cet ouvrage, dessins décors et surtout la dernière planche de l'album.
La série est prévue en 3 tomes et déjà je pressens qu'ils ne sortiront pas indemnes de ce périple.
Ce premier tome est un véritable coup de cœur pour moi, vivement les 2 autres volumes.
Vermines surprend dans le catalogue de Dupuis car malgré son grand format cartonné bien franco-belge, son contenu ressemble fortement à du comics d'action et de fantastique. Le cadre général de son intrigue rappelle d'ailleurs en grande partie Midnight Nation qui avait eu son petit succès au début des années 2000, mais dans une version plus moderne et plus pêchue.
C'est l'histoire d'un gangster des quartiers noirs de New Orleans qui va se faire buter après avoir titillé le gang rival qu'il ne fallait pas énerver. Mais Marcus n'est pas vraiment mort, ou plutôt si mais il n'a pas vraiment quitté la Terre. Il se réveille derrière le voile qui recouvre la face du monde, découvrant les créatures étranges qui y évoluent et que les vivants ne voient pas ou prennent pour de simples humains. Ses anciens amis ne le reconnaissent pas et manquent de le tuer, des monstres rôdent un peu partout, certains semblent dotés de pouvoirs magiques, et surtout Marcus apprend qu'il est impliqué dans quelque chose de plus grand que lui et en lien avec les membres de ce gang étrange qui a causé sa mort.
C'est une histoire rythmée et rapidement prenante. Marcus a tout du anti-héros en début de récit, étant le second et l'exécuteur de son gang, le genre à tirer d'abord et discuter ensuite. Quand il va débarquer dans un monde dont il ne connait rien et où les créatures sont souvent plus dangereuses que lui, il ne va pas en mener large mais il lui faudra un moment pour se départir de son agressivité et de sa détermination.
L'aventure qu'il va vivre a quelques accents de déjà-vu dans l'univers des récits fantastiques et de la BD, mais elle accroche par son action percutante et le mystère qui plane autour des motivations des parties prenantes, notamment celles des vermines et des magiciennes qui les ont créées.
Et surtout l'ensemble est soutenu par un dessin excellent !
Hormis Les Lumières de l'Aérotrain qu'il a réalisée il y a quelques années et qui ne montrait pas l'étendue de son talent, Johann Corgié n'a jusque là été quasiment que coloriste de différentes séries. Et pourtant quel talent ! J'ai mis quelques pages à m'en apercevoir, les premières m'ayant un peu dérangé car je trouvais que des visages et notamment leurs bouches se ressemblaient trop. Mais quand l'intrigue bascule dans le monde des vermines et vers une action plus prononcée, j'ai été épaté par la maîtrise du dynamisme et de la mise en scène du dessinateur, toujours associée à un très grand soin apporté aux détails. Certaines planches sont formidables, je pense par exemple à l'apparition de la maison marchante façon Baba Yaga.
Cette maîtrise du graphisme et du rythme joue pour beaucoup dans la très bonne impression et le plaisir que j'ai eus à la lecture de cet album. Mais ne boudons pas non plus l'intérêt du scénario, faisant d'ailleurs un petit clin d'oeil à In Memoriam du même scénariste que j'ai aussi beaucoup aimé.
Vivement la suite !
Il ne m'a pas fallu plus de quelques secondes pour craquer en librairie sur cette nouvelle série de Rick Remender. Ce monsieur est un scénariste assez prolifique qui a signé entre Fear Agent et The Last Days of American Crime quelques-un de mes plus beaux souvenirs de lecture de comics indépendants.
De surcroit il sait s'entourer de dessinateurs talentueux développant chacun leur style particulier et je vous laisse regarder sa production pour en avoir le coeur net.
Pour le présent titre, on ne déroge pas à cette tradition avec le trait d'un dessinateur portugais proche des dessins de Moebius, Geof Darrow ou de Katsuhiro Otomo, excusez du peu !
Si cette histoire avare en dialogues semble se lire bien vite, le tout réside dans les détails créant une sensation de mal être et de suspens de chaque instant. On suit ici les déambulations d'un homme d'origine Asiatique dans Vancouver sans savoir ce qui va se tramer ni quels sont les desseins du héros pour atterrir dans une sombre histoire de meurtres sanglants et de complot.
Amateurs de la série Breaking Bad, vous allez être aux anges ! Imaginez un polar urbain où tout peut basculer du calme vers la tempête en un claquement de doigts. Que ce soit l'environnement ou le découpage, tout est parfaitement mis en condition pour passer un moment de lecture des plus délectables. La série se clôture en deux tomes et ne perd pas de temps en allant droit à l'essentiel tout en conservant beaucoup de subtilité comme de mystères mais offre une conclusion des plus jouissives et satisfaisantes que je ne peux dévoiler ici.
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Oshi no Ko
J'ai découvert le manga avec l'anime qui a commencé, au moment où j'écris ses lignes,....la semaine dernière. C'était un mini-événement dans le monde des fans d'anime parce qu'au lieu de faire les 24 minutes habituelles, le premier épisode fait presque 90 minutes ! Et pour une bonne raison parce que cet épisode adapte tout le premier volume et dans ce tome il y a deux retournements de situations et c'est tellement bien fait que j'étais scotché du début jusqu'à la fin et après avoir fini l'épisode, il fallait que j'achète tous les tomes disponibles en français tellement je voulais savoir la suite immédiatement ! Je n'ai pas été déçu. Ce manga est vraiment très bien fait. Je veux pas trop spoiler pour ne pas gâcher la lecture du premier tome, mais je pense que je peux dire sans problème que cela se passe dans les coulisses du monde du show-business japonais. Je sais pas si le scénariste a fait beaucoup de recherches, mais je peux dire que pour le moment, c'est réaliste et crédible et il y a une bonne critique du monde impitoyable des idoles. On est loin des shonens avec un ton naïf où le héros a un don naturel dans un domaine et devient vite le meilleur. Le scénario est vraiment prenant avec des intrigues qui donnent envie de découvrir la suite. Les auteurs parlent de tout: les choix de castings, le poids des grosses maisons de productions par rapport aux plus petites, le harcèlement sur internet que subissent les célébrités, les difficultés d'adapter une oeuvre....C'est vraiment passionnant ! Les personnages sont complexes et terriblement attachants. Le dessin est très bon. Bref, un manga qui mérite d'être mieux connu et que je recommande à tous.
Candide ou l'optimisme de Voltaire
Comment peut-on critiquer cet album si on ne s'est jamais délecté à lire l'oeuvre de Voltaire?....On a ici un coup de maître. Les auteurs ont fait ici un travail d'espace temps et un découpage de l'oeuvre du grand écrivain pour l'adapter dans un langage moderne et cinématographique, c'est un petit chef d'oeuvre admirablement dessiné !
Six mois et un autre
Le thème de la quête de soi n'est pas neuve, même en bande dessinée. Mais Blaise Pruvost, qui est passé par le CESAN, école spécialisée à Paris, a décidé d'en faire le sujet de son premier album, après avoir une vie active un brin chahutée par des échecs successifs. C'est ainsi qu'à 18 ans, il décide de partir sur les routes de Compostelle, sans aucune organisation, sans rien réserver, prévoir, sans même être sûr d'aller au bout, ou d'y trouver quelque chose. A priori il n'est pas croyant, mais laisse planer le doute lorsque des gens, en Espagne, lui posent frontalement la question. Ce voyage va lui faire prendre des chemins inattendus, mettre sur sa route des gens très divers, qui chacun à sa manière, positive, négative ou difficile à définir, va lui permettre de se construire, de réfléchir à sa vie, son entourage, son avenir. Ce n'est pas dit de façon très claire, car c'est de l'ordre de l'intime, de l'insaisissable, mais on sent bien qu'après six mois de randonnée (jusqu'en Andalousie !), Blaise est devenu un autre. Cela me rappelle un peu le film Wild, avec Reese Witherspoon, ou une jeune femme ayant perdu presque tout et surtout ses illusions, fait un chemin de grande randonnée. Le style graphique de Pruvost est un peu brut de décoffrage, cela manque encore de maturité en termes de morphologies, de mise en scène, mais l'ensemble se lit avec facilité, malgré ses 300 pages. Un auteur intéressant, à suivre.
Dirt
Un album détonant ! Tout détonne dans cet album, du personnage principal à l'histoire. Le personnage principal, Dirt (il porte bien son nom), est un toon, une ancienne gloire des années 50 qui faisait de la publicité pour les cigarettes "dirt", il est attachiant, toujours la clope au bec, si ce n'est trois ou quatre en même temps, et termine la majorité de ses phrases par "t'en penses quoi ?". Une époque où de nombreux toons vivent parmi les humains, cette particularité sera expliquée dans l'album. Nous sommes en 2040, dans un monde post-apocalyptique, après l'extermination d'une grande partie de l'humanité suite à une pandémie. Dirt, avec sa valise Borrison (Tabacco Company), erre dans cet univers post pandémique jusqu'au jour où il va faire une rencontre. Une narration non linéaire puisqu'elle explore plusieurs espaces temps ce qui permet de comprendre pourquoi notre protagoniste en est arrivé là. Un récit déjanté qui pointe la discrimination sur un ton décalé avec l'aide d'un humour corrosif. Un récit touchant qui nous fera découvrir les fils d'Edin qui sont atteints de crétinisme et toujours accompagnés de leur grosse pute. Giulo Rincione a su créer un monde "cohérent", délirant et captivant, un peu à la mode Azimut mais en plus sombre. Un artiste que je vais suivre avec intérêt. La partie graphique est sublime, elle joue sur plusieurs styles (semi-réaliste et cartoonesque) et différentes colorisations (bichromie, noir et blanc...) suivant l'espace temps et les personnages. A cela, il faut ajouter une mise en page chirurgicale qui donne de la fluidité et du dynamisme. Un régal ! L'objet en lui-même est beau, papier glacé de qualité avec une jolie jaquette. C'est un petit bijou qui sort des sentiers battus, j'attends impatiemment la suite. Est-ce que je recommande ? "T'EN PENSES QUOI ?"
L'Herbe du Diable
Après le sympathique Le Baron perché, voici donc le deuxième album dessiné par Claire Martin, toujours aux Editions Jungle. C'est une histoire écrite par Benjamin Laurent, fondateur du Studio Parolox, dont l'ambition est de produire , de réaliser et d'éditer des documentaires racontant des histoires de vies inspirantes, universelles et singulières. C'est ainsi que nous avons l'évocation de Garance, sage-femme à Cologne au début du 17ème siècle. Une praticienne qui s'efforce de rester dans la loi édictée par l'Eglise, dans une ambiance où les femmes qui gênent se retrouvent accusées de sorcellerie et irrémédiablement exécutées. Garance, qui essaie aussi de faire en fonction de sa conscience, va se retrouver sur le fil du rasoir. Une histoire fictive, mais empreinte de réalisme en ce qui concerne cette société médiévale si cruelle. Sur le déroulement de l'histoire, c'est plutôt fluide, linéaire, et on comprend bien les enjeux du récit, même si la fin est un brin naïve à mon sens. Le dessin de Claire Martin continue à s'affirmer d'album en album. Il y a encore quelques erreurs de proportions parfois, mais c'est un album bien mené sur le plan graphique, la dessinatrice assurant elle-même ses couleurs. Je recommande, d'autant plus que des bonus en fin d'album permettent d'éclairer un peu plus son propos avec des notes historiques.
Ginette Kolinka - Récit d'une rescapée d'Auschwitz-Birkenau
Une BD bouleversante et touchante, vraiment ! Habituée aux bandes dessinées humoristiques ou plus ou moins réalistes ou fictives, cette bande dessinée sort du lot. Je suis intéressée par l‘histoire et par cette période sombre depuis l’âge de la primaire, en effet je me suis toujours demandée comment l’homme a t-il pu faire cela ? A 9 ans j’ai lu un roman jeunesse traitant de ce sujet indirectement, une fille devait aider à sauver un enfant juif français bien qu’elle faisait partie des jeunesses hitlériennes. Il y a peu, je me suis procurée plusieurs livres et bandes dessinées sur ce thème là, en vue de mon grand oral dont un de mes sujets portera sur la BD et la transmission de la mémoire de la Shoah. Connaissant cette femme admirable dont j’ai écoutée les témoignages des dizaines de fois, je me suis lancée dans la lecture de son récit en format BD. Tout est très touchant, la jeune illustratrice traite toutes les étapes de la haine du juif, des lois antisémites jusqu’à la déportation. Ginette est pourtant joviale et naïve, en pensant d’abord qu’elle allait juste dans un camp de travail. Or, sa vie bascule en 1944, elle est dénoncée juive, les gendarmes déculottent son père, son frère et son neveu circoncis. Ils seront emmenés à Auschwitz, et seule Ginette en ressortira vivante. Le dessin est en premier abord enfantin, les traits sont ronds, les regards expressifs, pourtant les gendarmes, les SS sont dépourvus d'yeux, seules leurs bouches , souvent mécontentes, sont montrées. Les prisonniers très affaiblis sont représentés par moment, avec des yeux sans pupilles, comme des fantômes, comme si ils étaient morts intérieurement, c’est très troublant. Ginette au fil du temps se transforme physiquement, nous montrant comment la faim déforme une personne, la rendant méconnaissable. Les planches montrant Ginette à son retour ont de quoi marquer. Aurore est talentueuse, on ne ressort pas indifférent d’une tel lecture, c’est bien la première fois qu’une BD me procure autant d’émotions. Comme le dit Ginette elle même « voilà où mène la haine », malgré sa dureté, montrez là à vos enfants, mettez vous à côté d’eux, expliquez leur cette période. Faites perdurer la mémoire, pour que cela ne se reproduise plus jamais.
La Petite Lumière
Dès les premières pages, ce récit nous embarque par son atmosphère mystérieuse. Sans rien déflorer de l’intrigue, on pourra dire que le vieil homme solitaire va accéder à une étrange dimension où le rêve se confond avec la réalité. Celui-ci serait-il gagné par la sénilité ? Serait-il victime d’hallucinations ? Dans sa solitude, il suscite l’empathie du lecteur par son courage. Dans sa masure sans âge et sans électricité, où les murs craquent la nuit et semblent faire jaillir des fantômes, notre ermite affronte vaillamment sa fin qu’il sent proche, même si son regard révèle une sourde inquiétude. Mais surtout, ce mystère qui fait irruption au crépuscule de sa vie, il devra absolument l’élucider ! Sa quête finale le mènera vers des chemins à la fois déstabilisants, touchants et apaisants comme la pureté de l’enfance. Adapté d’un roman d’Antonio Moresco, remarqué par la critique et couronné de plusieurs prix, « La Petite Lumière » à la sauce Panaccione est une réussite. Le co-auteur d’ "Un océan d’amour" nous livre ici un récit intrigant et fluide que l’on dévore jusqu’au bout. Son trait déstructuré et un peu fragile traduit parfaitement la sensibilité du propos qui invite le lecteur à faire corps avec le vieil homme, lequel nous renvoie à notre propre fin dans sa quête ultime. Difficile de rester de glace devant la poésie de cette histoire intemporelle utilisant à bon escient la métaphore des saisons et magnifiquement restituée d’un point de vue visuel. Grégory Panaccione recourt à une palette restreinte où le vert (la nature est omniprésente ici) se mêle à des tonalités sombres où parfois on ne fait que deviner les silhouettes (avec de nombreuses scènes de nuit). Si l’on accepte de se laisser porter par la poésie de l’ouvrage, sans chercher à avoir des réponses à toutes les questions qu’il suscite, on tombera facilement sous le charme de cette « Petite Lumière », aussi fragile que puissante par sa capacité à nous habiter longtemps une fois le livre refermé. C’est souvent à cela que l’on reconnaît les œuvres de qualité et celle-ci se révèle en outre un vrai coup de cœur.
Thrace
Une plongée dans les mœurs de la société romaine où tout doit être à sa place , et cette histoire d'amour contrarié, entre 2 mondes diamétralement opposés, présage pas mal de désagréments pour les protagonistes. Cet amour réciproque entre cette jeune patricienne et cet esclave ne sonne pas faux dans ce récit vu que les auteurs ont bien pris leur temps pour tisser les liens entre Adriana et Cleio, vu qu'il s'agit d'eux. J'ai bien aimé la petite galerie de personnages qui gravitent autour des principaux protagonistes, dont l'oncle qui est par essence même du patricien arrogant, méprisant et rancunier. Tout m'a plu dans cet ouvrage, dessins décors et surtout la dernière planche de l'album. La série est prévue en 3 tomes et déjà je pressens qu'ils ne sortiront pas indemnes de ce périple. Ce premier tome est un véritable coup de cœur pour moi, vivement les 2 autres volumes.
Vermines
Vermines surprend dans le catalogue de Dupuis car malgré son grand format cartonné bien franco-belge, son contenu ressemble fortement à du comics d'action et de fantastique. Le cadre général de son intrigue rappelle d'ailleurs en grande partie Midnight Nation qui avait eu son petit succès au début des années 2000, mais dans une version plus moderne et plus pêchue. C'est l'histoire d'un gangster des quartiers noirs de New Orleans qui va se faire buter après avoir titillé le gang rival qu'il ne fallait pas énerver. Mais Marcus n'est pas vraiment mort, ou plutôt si mais il n'a pas vraiment quitté la Terre. Il se réveille derrière le voile qui recouvre la face du monde, découvrant les créatures étranges qui y évoluent et que les vivants ne voient pas ou prennent pour de simples humains. Ses anciens amis ne le reconnaissent pas et manquent de le tuer, des monstres rôdent un peu partout, certains semblent dotés de pouvoirs magiques, et surtout Marcus apprend qu'il est impliqué dans quelque chose de plus grand que lui et en lien avec les membres de ce gang étrange qui a causé sa mort. C'est une histoire rythmée et rapidement prenante. Marcus a tout du anti-héros en début de récit, étant le second et l'exécuteur de son gang, le genre à tirer d'abord et discuter ensuite. Quand il va débarquer dans un monde dont il ne connait rien et où les créatures sont souvent plus dangereuses que lui, il ne va pas en mener large mais il lui faudra un moment pour se départir de son agressivité et de sa détermination. L'aventure qu'il va vivre a quelques accents de déjà-vu dans l'univers des récits fantastiques et de la BD, mais elle accroche par son action percutante et le mystère qui plane autour des motivations des parties prenantes, notamment celles des vermines et des magiciennes qui les ont créées. Et surtout l'ensemble est soutenu par un dessin excellent ! Hormis Les Lumières de l'Aérotrain qu'il a réalisée il y a quelques années et qui ne montrait pas l'étendue de son talent, Johann Corgié n'a jusque là été quasiment que coloriste de différentes séries. Et pourtant quel talent ! J'ai mis quelques pages à m'en apercevoir, les premières m'ayant un peu dérangé car je trouvais que des visages et notamment leurs bouches se ressemblaient trop. Mais quand l'intrigue bascule dans le monde des vermines et vers une action plus prononcée, j'ai été épaté par la maîtrise du dynamisme et de la mise en scène du dessinateur, toujours associée à un très grand soin apporté aux détails. Certaines planches sont formidables, je pense par exemple à l'apparition de la maison marchante façon Baba Yaga. Cette maîtrise du graphisme et du rythme joue pour beaucoup dans la très bonne impression et le plaisir que j'ai eus à la lecture de cet album. Mais ne boudons pas non plus l'intérêt du scénario, faisant d'ailleurs un petit clin d'oeil à In Memoriam du même scénariste que j'ai aussi beaucoup aimé. Vivement la suite !
Une soif légitime de vengeance
Il ne m'a pas fallu plus de quelques secondes pour craquer en librairie sur cette nouvelle série de Rick Remender. Ce monsieur est un scénariste assez prolifique qui a signé entre Fear Agent et The Last Days of American Crime quelques-un de mes plus beaux souvenirs de lecture de comics indépendants. De surcroit il sait s'entourer de dessinateurs talentueux développant chacun leur style particulier et je vous laisse regarder sa production pour en avoir le coeur net. Pour le présent titre, on ne déroge pas à cette tradition avec le trait d'un dessinateur portugais proche des dessins de Moebius, Geof Darrow ou de Katsuhiro Otomo, excusez du peu ! Si cette histoire avare en dialogues semble se lire bien vite, le tout réside dans les détails créant une sensation de mal être et de suspens de chaque instant. On suit ici les déambulations d'un homme d'origine Asiatique dans Vancouver sans savoir ce qui va se tramer ni quels sont les desseins du héros pour atterrir dans une sombre histoire de meurtres sanglants et de complot. Amateurs de la série Breaking Bad, vous allez être aux anges ! Imaginez un polar urbain où tout peut basculer du calme vers la tempête en un claquement de doigts. Que ce soit l'environnement ou le découpage, tout est parfaitement mis en condition pour passer un moment de lecture des plus délectables. La série se clôture en deux tomes et ne perd pas de temps en allant droit à l'essentiel tout en conservant beaucoup de subtilité comme de mystères mais offre une conclusion des plus jouissives et satisfaisantes que je ne peux dévoiler ici.