Avant toute chose, je tiens à préciser que je ne suis pas très fan des Ogres de Barback que je connais mal, en fait. Faut dire qu'à l'époque, tout ce qui chantait en français me filait par avance de l'urticaire. Je ne jurais que par le rock indé et le hip-hop. Bref ! j'étais plein d'a priori prétentieux. Quant à Aurel, je ne connais de lui que le seul film d'animation Josep.
Cela étant dit, dès que j'ai ouvert cette sorte de carnet de voyage, j'ai été littéralement happé par le dessin. J'ignorais que c'était signé Aurel, n'ayant alors pas encore prêté attention aux noms des auteurs figurant sur la couverture. C'est tout ce que j'aime ! Un trait fort, minimal, élégant, qui sculpte le papier en lui donnant une perspective et une densité, tout en conférant aux visages comme aux corps une expressivité forte. Un dessin presque à l'état de croquis mais qui n'a pas besoin de plus pour s'animer et nous plonger dans le paysage. Franchement du grand art. Il m'a, à lui seul, convaincu de repartir avec le livre sous le bras.
Pour ce qui est de l'histoire, on se trouve à la croisée des genres, entre carnet de voyage, BD documentaire et autobiographie. Le tout est habillement tissé et imbriqué : un vrai mille-feuille. En fait, cette BD raconte comment Frédo Burguières (des Ogres de Barback donc), d'origine arménienne, part sur les traces de ses origines. Une postface nous raconte un peu l'Histoire (la grande cette fois) de ce petit pays coincé entre la Turquie et l'Empire soviétique. Il n'y a pas réellement de conclusion, au sens où les choses ne se résolvent pas, mais s'ouvrent sur une nouvelle histoire. A la fin, ce récit en forme d'errement aurait pu aisément se poursuivre pendant des dizaines de pages tant le dessin nous invite à la table des personnes rencontrées sur la route. Les anecdotes se succèdent en distillant un peu de l'esprit de ce pays, et j'avoue que j'en aurais bien repris quelques louches. De ce point de vue, c'est presque frustrant. Néanmoins, le récit s'achève sur l'arrivée du père de Frédo Burguière en Arménie qui, pour la première fois de sa vie fond en larmes, faisant ainsi écho à cette phrase de Daniel, leur guide, qui leur explique qu'ici, à chaque coin de rue, il y a une histoire qui vous tire les larmes.
Bref ! J'ai été transporté virtuellement en Arménie. Mais maintenant, j'ai très envie de m'y rendre pour de vrai, et ce n'est pas le moindre des mérites de cette magnifique BD. Je me suis également promis que j'allais me plonger dans la discographie des Ogres de Barback, ainsi que dans la biblio d'Aurel. Pour moi, un ouvrage qui impulse une telle énergie est de fait un travail salvateur. En outre, la densité de matière est considérable pour un "si petit livre", et l'émotion est palpable. Le personnage d'Arminé pourrait aisément être élevée au rang d'allégorie, car à peu de chose près, c'est l'anagramme d'Arménie. Rien que ça, ça ressemble à un vaste programme, non ?
Un petit coup de cœur pour cet album qui traite de la vie de celui qui a vécu pour comprendre l'essence de la vie.
Je ne vais pas m'attarder sur l'histoire mais n'importe quel fan d'arts martiaux comprendra que les techniques et l'aspect martial n'est rien comparé à l'ART, à l'essence des arts martiaux. Une vie pour comprendre son sens, le sens des combats, des affrontements. Cet album, au delà de retracer la vie de de l'inventeur de l'aïkido met en lumière les luttes intérieurs auquel chaque pratiquant qui essaie de comprendre l'essence des ces arts est confronté un jour. La compétition dénature l'âme des pratiques martiales. Bien que destinées à la guerre, elles sont d’avantages conçues pour élever l'homme, élever l'âme.
Par son trait parfois superficiel, Edouard cour retranscrit parfaitement le côté superficiel de cette quête de puissance. Son trait me fait penser à la calligraphie japonaise qui transmet parfois l'intention. Cette dernière est plus puissante que le message. J'ai ressentis cette intention, cette volonté de transmettre l'aspect philosophique avant la discipline martial.
Un album que j'ai particulièrement apprécié en tant qu'ancien pratiquant. Relu plusieurs fois, à chaque fois je redécouvre une puissance du message à travers ce trait, énergique, emplit d'intention.
Un très bel hommage à cette discipline qui avant d'être martiale est une philosophie, un art de vivre.
Brubaker et Phillips profitent des contraintes du confinement Covid et du ralentissement de l’industrie du comics pour adopter un nouveau format (des albums complets et non sérialisés), et pour lancer une nouvelle série et un nouveau personnage : Ethan Reckless.
Si le genre reste le même que dans leur série phare Criminal, le personnage donne un ton frais aux récits : Reckless rappelle les détectives privés des feuilletons littéraires à la Jack Reacher : passé trouble et traumatisant, méthodes discutables voire illégales, compétences criminelles acquises alors qu’il bossait au FBI, et « petits boulots » douteux pour renflouer les caisses.
Les auteurs démontrent tout leur talent : Les intrigues sont prenantes et remarquablement écrites, la narration est aux petits oignons et la mise en image de Phillips père et fils est parfaite. Les rebondissements sont bien amenés et ont réussi à me surprendre à chaque fois. Le tome 2 maintient la qualité du premier, et le tome 3 n’est pas en reste, et lâche une sacrée bombe en fin de récit… Les tomes 4 et 5 prennent place en même temps, et suivent Anne et Ethan qui s’occupent de deux affaires différentes... Rigolo comme concept.
Voilà, un coup de cœur, vivement la suite !
Je rejoins Ro sur sa description (de ce qui fait office d’intrigue, et des décors et personnages), sur le côté décousu de ce récit, et sur les deux styles graphiques assez différents qui cohabitent.
Mais mon ressenti sera par contre très différent. Presque inversé d’ailleurs si l’on prend les styles graphiques, ma préférence allant très clairement aux passages usant d’une sorte de fusain. On y trouve des planches superbes (voir dans le dernier tiers les passages sous-marins).
Il faut dire que ce dessin, des plus froids et énigmatiques, est pour beaucoup dans la fascination exercée sur le lecteur par ce récit (que j’aurais davantage placé en inclassable qu’en SF pure). Un récit qui fait la part belle à l’imagination du lecteur, qui mise tout sur une ambiance poétique, des images surréalistes (les êtres hybrides par exemple). Le texte lui-même a parfois des airs de poème en prose.
Il ne faut donc pas être réfractaire à ce genre d’univers pour apprécier cet album (je ne prétends pas avoir tout compris, mais cela ne me frustre pas outre mesure), sans doute difficile à appréhender, et qui rebutera ceux qui ne lisent que du franco-belge classique ou qui ne jurent que par un récit très construit et/ou une action omniprésente.
En tout cas je sors très satisfait de cette lecture, qui m’a permis de découvrir un auteur très original, publié par un éditeur qui sait toujours les accueillir et bien les mettre en valeur (très beau travail éditorial, avec couverture cartonnée épaisse, comme le papier, belle maquette avec des pages aérées, etc.).
J'ai beaucoup apprécié la lecture du "Piège malais" et j'ai du mal à comprendre la somme de mauvais avis à l'encontre de cette série.
J'ai découvert le travail de Didier Conrad via sa série Jeunesse Donito à laquelle j'ai immédiatement adhéré à la fois dans l'humour et dans le graphisme.
La lecture du piège malais m'a convaincu de l'excellence du travail de Conrad ainsi que son originalité créative. En premier lieu c'est intéressant de voir comment son style graphique peut passer d'un public jeune à un public franchement adulte.
Car le piège malais qui fait voyager Ernest, petit routard français du 19ème siècle, entre le catalogue du Kamasutra et celui des supplices chinois n'a pas vraiment sa place entre des mains enfantines. Contrairement à d'autres lecteurs, je trouve le personnage d'Ernest très bien choisi.
Ernest petit cartésien agnostique ou athée, opportuniste, qui se croit libre de toute autorité est le témoin impuissant du choc entre deux mondes dont il est exclu. Pire Ernest est un anti-OSS que sa qualité de Blanc ne met à l'abri ni des humiliations les plus infamantes ni d'une fatalité la plus sordide.
Sous couvert d'un récit à valeur humoristique, cynique et satirique, Conrad laisse percevoir une réelle connaissance des coutumes et croyances indiennes. S’il ne cache pas le côté choquant que peut avoir à nos yeux d'occidentaux, une société de castes, Conrad équilibre la balance avec l'hypocrisie, la bêtise et la vénalité des colons.
Je trouve même cette oeuvre toujours aussi pertinente dans la perception des fractures et les chocs potentiels de civilisations différentes sur de nombreux points fondamentaux spirituels et temporels.
Je n'ai pas été choqué par l'apparition du fantastique dans le récit qui accompagne la plongée du lecteur dans une ambiance indienne de plus en plus puissante.
La fin nous rappelle que la réalité n'est pas un conte de fée qui sourit toujours à nos héros maisons.
Le graphisme assez humoristique m'a permis de prendre de la distance par rapport à la noirceur du contenu du récit. Conrad n'hésite pas utiliser des scènes explicites dans le sexe ou la torture sans jamais tomber dans la bestialité ou le voyeurisme.
J'ai trouvé la construction très dynamique, sans longueur et bien dans l'ambiance des rapports de force en présence.
En conclusion j'ai beaucoup aimé ce moment de lecture original et non-conformiste.
Dans son préambule Jean-Luc Istin dit : « Vous l’avez voulu ? Vous l’avez ! Ce crossover est pour vous ! » Oh ça oui on l’a désiré, depuis des années et la fin de la saison 2 de Nains j’en parle, que ce serait bien que tous ces personnages se rencontrent enfin pour le grand soir. Pour éviter la redondance des histoires, pour éviter la lassitude du lecteur, il fallait que les Terres d’Arran aient leur Endgame où la crème des héros s’allient pour enfin botter le cul des raclures qui dirigent le monde. Il en aura fallu du temps, mieux vaut tard que jamais, les choses sérieuses peuvent enfin débuter…
Un nouveau cycle très particulier celui-ci puisque, même si le tome 1 peut se lire tout seul, franchement, en tout honnêteté, il s’adresse surtout aux lecteurs les plus assidus du Monde d’Aquilon. Cette fois, pas d’albums pouvant se lire indépendamment, mais une série traditionnelle avec une seule histoire en continue. Vraiment je ne la recommanderai pas aux néophytes, bien que je sois loin d’avoir tout lu (me suis arrêté au tome 4 d’Elfes par exemple), j’ai pas mal arpenté l’univers de la série et si vous n’avez pas lu tel ou tel album (pour ce tome 1), c’est quand même un peu dommage sous peine de passer à côté de pas mal d’éléments clés. Je conseille en particulier de se remémorer : Mages T3 Altherat, Orcs T10 Dunnrak, Nains T15 Oboron. Entre autres…
J’ai plutôt apprécié cette mise en bouche. C’est bien écrit avec une intrigue intelligemment montée proposant une montée en gamme, du cliffhanger, des émotions fortes. Je trépigne de lire la suite et dé découvrir quelles nouvelles têtes vont rejoindre la guerre de libération des anciennes races. Après une grosse intrigue centrée sur la guerre des goules, beaucoup redoutait l’après, et ce que la série pourrait avoir à offrir. Nous sommes encore dans une guerre de type apocalyptique, mais là on sent qu’on n'est plus dans les petites histoires indépendantes et que c’est la grande Histoire qui est en train de s’écrire.
J’ai parcouru le dessin de Brice Cossu sans déplaisir. Même si ce n’est pas ce que je préfère son dessin est lisible, et vu l’ambition du récit il y a à boire et à manger. Hâte également de le relire dans sa version noir et blanc que j’apprécierai davantage je pense.
Le coup de cœur est là pour encourager la série et remercier à ma façon, parce que vraiment ce crossover j’y croyais plus du tout !
Tome 2 Dal'Darrum
J’avais déjà beaucoup aimé Les Sauveurs chez le même éditeur, mais « Nées Rebelles » m’a encore plus ému.
Le principe est similaire : les auteurs brossent le portrait de jeunes femmes voulant changer le monde, quitte à faire face à des ogres effrayants : les talibans, la National Rifle Association… et puis l’opinion générale et les trolls sur Internet, aussi… leur détermination inspire, et leur impact aussi, puisqu’elles ont toutes réussi à faire bouger les choses. Greta Thunberg n’est plus à présenter, et sa diatribe « how dare you » à l’ONU a fait le tour du monde… son histoire AVANT d’être connue m’a cependant beaucoup touché. Et que dire de Emma González… son discours à elle, prononcé suite à la fusillade de Parkland, m’a fait fondre en larmes. Une photo des jeunes filles conclut judicieusement chaque chapitre, ce qui les humanise encore plus.
Je note aussi le rôles des parents. Ils sont dépeints comme ouverts, et encouragent leurs enfants à poursuivre leurs rêves et leurs idéaux… être un model pour ses enfants est plus important que jamais.
Il parait futile de parler de réalisation technique… je note toutefois que la narration est parfaite, et que les différents styles graphiques apportent une variété appréciable entre les chapitres.
Un album d’intérêt général, à mettre entre toutes les mains… et plus particulièrement celles des jeunes filles, qui ont plus que jamais besoin de modèles autres que Kim Kardashian et toutes ces influenceuses TikTok à la vacuité sans fond.
Je découvre Guillaume Singelin avec cet album, et j’adore son style graphique. Il est typé manga, mais plutôt des années 80, genre Nausicaä de la vallée du vent ou encore Capitaine Albator, avec ces personnages tout en rondeur aux proportions cartoon, et une mise en couleur pastelle du plus bel effet. Les planches fourmillent de détails, que j’ai pris beaucoup de plaisir à examiner, et les scènes d’action sont magnifiquement représentées. Vraiment, c’est beau, et il y a un côté nostalgique pour le quarantenaire que je suis.
L’histoire mêle science-fiction et quotidien, et propose une brochette de personnages attachants qui tentent de donner du sens à leur vie dans ce nouvel âge spatial. La réflexion et les thèmes sont passionnants : pillages des ressources, traitement des employés par les corporations, survie hors du système… Le ton est résolument positif malgré tout, avec un optimisme basé sur l’amitié et les valeurs personnelles qui font chaud au cœur. La narration est parfaite, et alterne entre quotidien, aventure, exploration et action… je ne me suis jamais ennuyé pendant les 200 pages du récit. J’ai trouvé la fin très belle.
Une chouette découverte, qui me donne envie de lire P.T.S.D., autre album en tant qu’auteur complet de Guillaume Singelin.
Alors là ! C’est un étonnant hommage à Tintin (et plus précisément à l’album mythique ‘Tintin au Tibet’) que nous propose ici Frédéric Bihel. Vous y découvrirez une multitude de références plus ou moins explicites. Vous croiserez Tintin, Milou, le capitaine Haddock, les Dupondt, Tchang. Certaines compositions, certaines péripéties vous en rappelleront très clairement d’autres.
Et pourtant Frédéric Bihel nous propose une tout autre histoire que celle de Tintin au Tibet. Tout autre et pourtant si semblable. Le personnage central, plutôt que de partir au secours d’un ami disparu, va ici se lancer dans les traces du Yeti. Mais sa plus grande découverte sera celle de lui-même en définitive.
Le récit est prenant, bien structuré, très bien illustré. Les multiples références à Tintin lui apportent une dimension ludique mais ne m’auront jamais distrait du fond de l’histoire. Le mélange aurait pu être indigeste et pourtant, il est incroyablement harmonieux. A un point tel que la personne qui n’a jamais lu de Tintin (mais bon, ils ne doivent pas être très nombreux parmi les lecteurs de bandes dessinées) trouvera ici une histoire touchante sans aucun rapport avec celles vécues d’ordinaire par le petit reporter. Il est même fort probable qu’il ne se rende absolument pas compte de l’hommage rendu. Alors que le tintinophile, lui, s’amusera comme un fou de ces nombreux clins d’œil et finira par les scruter (mais ne perdra jamais le fil du récit).
Voici donc un album étonnant proposant très clairement deux niveaux de lecture dont chacun est parfaitement maîtrisé : une histoire touchante et un hommage subtil. Franchement bien, moi je dis !
La couverture et le titre ont attiré mon attention et mon regard. Alors OK, on n'est pas dans un récit historique sérieux et didactique, mais dans une relecture du Haut Moyen Age et du monde carolingien à travers la figure de ce bon vieux Charlemagne. Et n'empêche que c'est quand même sacrément documenté au niveau armes et décors ; avec un tel potentiel, il y avait tout lieu d'éveiller mon intérêt.
Si le récit s'appuie sur une base réelle et quelques détails, le développement de cette histoire est entièrement fictif, c'est de la pseudo-Histoire, mais qui n'est pas traitée n'importe comment. Si on accepte ce postulat, on ne peut que s'intéresser à cette Bd, et c'est ce que j'ai fait. Ce qui est remarquable, c'est que le scénariste fait en sorte de conter un récit très plausible malgré des anachronismes et une pure invention, il n'est pas évident de toujours démêler le vrai du faux, tout ceci est savamment enchevêtré mais sans verser dans les aberrations, ça reste crédible, c'est l'une des forces de ce récit.
Pour une fois, je me fous donc de la vérité historique à partir du moment où une Bd me procure un vrai plaisir de lecture et produit une bonne histoire qui tient debout, et qui en plus bénéficie d'un dessin magnifique, au trait puissant, chargé et vigoureux, exactement comme j'aime dans ce genre de bande. Il me fait penser un peu au dessin de Iko dans Ténèbres, c'est assurément l'autre force de ce récit.
On est loin de l'image du vieux Charlemagne, raide et sentencieux, certes conquérant, et du paladin Roland héroïsé par la Chanson de Roland ; il y a un aspect de fantasy dans ce récit, on y croise des brutes épaisses et de fourbes despotes loin des figures de preux et de l'imagerie d'Epinal apprise à l'école, j'aime beaucoup cette ambiance. Il va donc de soi que je compte beaucoup sur une suite d'un aussi bon niveau.
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Les 3 Vies d'Arminé
Avant toute chose, je tiens à préciser que je ne suis pas très fan des Ogres de Barback que je connais mal, en fait. Faut dire qu'à l'époque, tout ce qui chantait en français me filait par avance de l'urticaire. Je ne jurais que par le rock indé et le hip-hop. Bref ! j'étais plein d'a priori prétentieux. Quant à Aurel, je ne connais de lui que le seul film d'animation Josep. Cela étant dit, dès que j'ai ouvert cette sorte de carnet de voyage, j'ai été littéralement happé par le dessin. J'ignorais que c'était signé Aurel, n'ayant alors pas encore prêté attention aux noms des auteurs figurant sur la couverture. C'est tout ce que j'aime ! Un trait fort, minimal, élégant, qui sculpte le papier en lui donnant une perspective et une densité, tout en conférant aux visages comme aux corps une expressivité forte. Un dessin presque à l'état de croquis mais qui n'a pas besoin de plus pour s'animer et nous plonger dans le paysage. Franchement du grand art. Il m'a, à lui seul, convaincu de repartir avec le livre sous le bras. Pour ce qui est de l'histoire, on se trouve à la croisée des genres, entre carnet de voyage, BD documentaire et autobiographie. Le tout est habillement tissé et imbriqué : un vrai mille-feuille. En fait, cette BD raconte comment Frédo Burguières (des Ogres de Barback donc), d'origine arménienne, part sur les traces de ses origines. Une postface nous raconte un peu l'Histoire (la grande cette fois) de ce petit pays coincé entre la Turquie et l'Empire soviétique. Il n'y a pas réellement de conclusion, au sens où les choses ne se résolvent pas, mais s'ouvrent sur une nouvelle histoire. A la fin, ce récit en forme d'errement aurait pu aisément se poursuivre pendant des dizaines de pages tant le dessin nous invite à la table des personnes rencontrées sur la route. Les anecdotes se succèdent en distillant un peu de l'esprit de ce pays, et j'avoue que j'en aurais bien repris quelques louches. De ce point de vue, c'est presque frustrant. Néanmoins, le récit s'achève sur l'arrivée du père de Frédo Burguière en Arménie qui, pour la première fois de sa vie fond en larmes, faisant ainsi écho à cette phrase de Daniel, leur guide, qui leur explique qu'ici, à chaque coin de rue, il y a une histoire qui vous tire les larmes. Bref ! J'ai été transporté virtuellement en Arménie. Mais maintenant, j'ai très envie de m'y rendre pour de vrai, et ce n'est pas le moindre des mérites de cette magnifique BD. Je me suis également promis que j'allais me plonger dans la discographie des Ogres de Barback, ainsi que dans la biblio d'Aurel. Pour moi, un ouvrage qui impulse une telle énergie est de fait un travail salvateur. En outre, la densité de matière est considérable pour un "si petit livre", et l'émotion est palpable. Le personnage d'Arminé pourrait aisément être élevée au rang d'allégorie, car à peu de chose près, c'est l'anagramme d'Arménie. Rien que ça, ça ressemble à un vaste programme, non ?
O Senseï
Un petit coup de cœur pour cet album qui traite de la vie de celui qui a vécu pour comprendre l'essence de la vie. Je ne vais pas m'attarder sur l'histoire mais n'importe quel fan d'arts martiaux comprendra que les techniques et l'aspect martial n'est rien comparé à l'ART, à l'essence des arts martiaux. Une vie pour comprendre son sens, le sens des combats, des affrontements. Cet album, au delà de retracer la vie de de l'inventeur de l'aïkido met en lumière les luttes intérieurs auquel chaque pratiquant qui essaie de comprendre l'essence des ces arts est confronté un jour. La compétition dénature l'âme des pratiques martiales. Bien que destinées à la guerre, elles sont d’avantages conçues pour élever l'homme, élever l'âme. Par son trait parfois superficiel, Edouard cour retranscrit parfaitement le côté superficiel de cette quête de puissance. Son trait me fait penser à la calligraphie japonaise qui transmet parfois l'intention. Cette dernière est plus puissante que le message. J'ai ressentis cette intention, cette volonté de transmettre l'aspect philosophique avant la discipline martial. Un album que j'ai particulièrement apprécié en tant qu'ancien pratiquant. Relu plusieurs fois, à chaque fois je redécouvre une puissance du message à travers ce trait, énergique, emplit d'intention. Un très bel hommage à cette discipline qui avant d'être martiale est une philosophie, un art de vivre.
Reckless
Brubaker et Phillips profitent des contraintes du confinement Covid et du ralentissement de l’industrie du comics pour adopter un nouveau format (des albums complets et non sérialisés), et pour lancer une nouvelle série et un nouveau personnage : Ethan Reckless. Si le genre reste le même que dans leur série phare Criminal, le personnage donne un ton frais aux récits : Reckless rappelle les détectives privés des feuilletons littéraires à la Jack Reacher : passé trouble et traumatisant, méthodes discutables voire illégales, compétences criminelles acquises alors qu’il bossait au FBI, et « petits boulots » douteux pour renflouer les caisses. Les auteurs démontrent tout leur talent : Les intrigues sont prenantes et remarquablement écrites, la narration est aux petits oignons et la mise en image de Phillips père et fils est parfaite. Les rebondissements sont bien amenés et ont réussi à me surprendre à chaque fois. Le tome 2 maintient la qualité du premier, et le tome 3 n’est pas en reste, et lâche une sacrée bombe en fin de récit… Les tomes 4 et 5 prennent place en même temps, et suivent Anne et Ethan qui s’occupent de deux affaires différentes... Rigolo comme concept. Voilà, un coup de cœur, vivement la suite !
Venera
Je rejoins Ro sur sa description (de ce qui fait office d’intrigue, et des décors et personnages), sur le côté décousu de ce récit, et sur les deux styles graphiques assez différents qui cohabitent. Mais mon ressenti sera par contre très différent. Presque inversé d’ailleurs si l’on prend les styles graphiques, ma préférence allant très clairement aux passages usant d’une sorte de fusain. On y trouve des planches superbes (voir dans le dernier tiers les passages sous-marins). Il faut dire que ce dessin, des plus froids et énigmatiques, est pour beaucoup dans la fascination exercée sur le lecteur par ce récit (que j’aurais davantage placé en inclassable qu’en SF pure). Un récit qui fait la part belle à l’imagination du lecteur, qui mise tout sur une ambiance poétique, des images surréalistes (les êtres hybrides par exemple). Le texte lui-même a parfois des airs de poème en prose. Il ne faut donc pas être réfractaire à ce genre d’univers pour apprécier cet album (je ne prétends pas avoir tout compris, mais cela ne me frustre pas outre mesure), sans doute difficile à appréhender, et qui rebutera ceux qui ne lisent que du franco-belge classique ou qui ne jurent que par un récit très construit et/ou une action omniprésente. En tout cas je sors très satisfait de cette lecture, qui m’a permis de découvrir un auteur très original, publié par un éditeur qui sait toujours les accueillir et bien les mettre en valeur (très beau travail éditorial, avec couverture cartonnée épaisse, comme le papier, belle maquette avec des pages aérées, etc.).
Le Piège Malais
J'ai beaucoup apprécié la lecture du "Piège malais" et j'ai du mal à comprendre la somme de mauvais avis à l'encontre de cette série. J'ai découvert le travail de Didier Conrad via sa série Jeunesse Donito à laquelle j'ai immédiatement adhéré à la fois dans l'humour et dans le graphisme. La lecture du piège malais m'a convaincu de l'excellence du travail de Conrad ainsi que son originalité créative. En premier lieu c'est intéressant de voir comment son style graphique peut passer d'un public jeune à un public franchement adulte. Car le piège malais qui fait voyager Ernest, petit routard français du 19ème siècle, entre le catalogue du Kamasutra et celui des supplices chinois n'a pas vraiment sa place entre des mains enfantines. Contrairement à d'autres lecteurs, je trouve le personnage d'Ernest très bien choisi. Ernest petit cartésien agnostique ou athée, opportuniste, qui se croit libre de toute autorité est le témoin impuissant du choc entre deux mondes dont il est exclu. Pire Ernest est un anti-OSS que sa qualité de Blanc ne met à l'abri ni des humiliations les plus infamantes ni d'une fatalité la plus sordide. Sous couvert d'un récit à valeur humoristique, cynique et satirique, Conrad laisse percevoir une réelle connaissance des coutumes et croyances indiennes. S’il ne cache pas le côté choquant que peut avoir à nos yeux d'occidentaux, une société de castes, Conrad équilibre la balance avec l'hypocrisie, la bêtise et la vénalité des colons. Je trouve même cette oeuvre toujours aussi pertinente dans la perception des fractures et les chocs potentiels de civilisations différentes sur de nombreux points fondamentaux spirituels et temporels. Je n'ai pas été choqué par l'apparition du fantastique dans le récit qui accompagne la plongée du lecteur dans une ambiance indienne de plus en plus puissante. La fin nous rappelle que la réalité n'est pas un conte de fée qui sourit toujours à nos héros maisons. Le graphisme assez humoristique m'a permis de prendre de la distance par rapport à la noirceur du contenu du récit. Conrad n'hésite pas utiliser des scènes explicites dans le sexe ou la torture sans jamais tomber dans la bestialité ou le voyeurisme. J'ai trouvé la construction très dynamique, sans longueur et bien dans l'ambiance des rapports de force en présence. En conclusion j'ai beaucoup aimé ce moment de lecture original et non-conformiste.
Guerres d'Arran
Dans son préambule Jean-Luc Istin dit : « Vous l’avez voulu ? Vous l’avez ! Ce crossover est pour vous ! » Oh ça oui on l’a désiré, depuis des années et la fin de la saison 2 de Nains j’en parle, que ce serait bien que tous ces personnages se rencontrent enfin pour le grand soir. Pour éviter la redondance des histoires, pour éviter la lassitude du lecteur, il fallait que les Terres d’Arran aient leur Endgame où la crème des héros s’allient pour enfin botter le cul des raclures qui dirigent le monde. Il en aura fallu du temps, mieux vaut tard que jamais, les choses sérieuses peuvent enfin débuter… Un nouveau cycle très particulier celui-ci puisque, même si le tome 1 peut se lire tout seul, franchement, en tout honnêteté, il s’adresse surtout aux lecteurs les plus assidus du Monde d’Aquilon. Cette fois, pas d’albums pouvant se lire indépendamment, mais une série traditionnelle avec une seule histoire en continue. Vraiment je ne la recommanderai pas aux néophytes, bien que je sois loin d’avoir tout lu (me suis arrêté au tome 4 d’Elfes par exemple), j’ai pas mal arpenté l’univers de la série et si vous n’avez pas lu tel ou tel album (pour ce tome 1), c’est quand même un peu dommage sous peine de passer à côté de pas mal d’éléments clés. Je conseille en particulier de se remémorer : Mages T3 Altherat, Orcs T10 Dunnrak, Nains T15 Oboron. Entre autres… J’ai plutôt apprécié cette mise en bouche. C’est bien écrit avec une intrigue intelligemment montée proposant une montée en gamme, du cliffhanger, des émotions fortes. Je trépigne de lire la suite et dé découvrir quelles nouvelles têtes vont rejoindre la guerre de libération des anciennes races. Après une grosse intrigue centrée sur la guerre des goules, beaucoup redoutait l’après, et ce que la série pourrait avoir à offrir. Nous sommes encore dans une guerre de type apocalyptique, mais là on sent qu’on n'est plus dans les petites histoires indépendantes et que c’est la grande Histoire qui est en train de s’écrire. J’ai parcouru le dessin de Brice Cossu sans déplaisir. Même si ce n’est pas ce que je préfère son dessin est lisible, et vu l’ambition du récit il y a à boire et à manger. Hâte également de le relire dans sa version noir et blanc que j’apprécierai davantage je pense. Le coup de cœur est là pour encourager la série et remercier à ma façon, parce que vraiment ce crossover j’y croyais plus du tout ! Tome 2 Dal'Darrum
Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé
J’avais déjà beaucoup aimé Les Sauveurs chez le même éditeur, mais « Nées Rebelles » m’a encore plus ému. Le principe est similaire : les auteurs brossent le portrait de jeunes femmes voulant changer le monde, quitte à faire face à des ogres effrayants : les talibans, la National Rifle Association… et puis l’opinion générale et les trolls sur Internet, aussi… leur détermination inspire, et leur impact aussi, puisqu’elles ont toutes réussi à faire bouger les choses. Greta Thunberg n’est plus à présenter, et sa diatribe « how dare you » à l’ONU a fait le tour du monde… son histoire AVANT d’être connue m’a cependant beaucoup touché. Et que dire de Emma González… son discours à elle, prononcé suite à la fusillade de Parkland, m’a fait fondre en larmes. Une photo des jeunes filles conclut judicieusement chaque chapitre, ce qui les humanise encore plus. Je note aussi le rôles des parents. Ils sont dépeints comme ouverts, et encouragent leurs enfants à poursuivre leurs rêves et leurs idéaux… être un model pour ses enfants est plus important que jamais. Il parait futile de parler de réalisation technique… je note toutefois que la narration est parfaite, et que les différents styles graphiques apportent une variété appréciable entre les chapitres. Un album d’intérêt général, à mettre entre toutes les mains… et plus particulièrement celles des jeunes filles, qui ont plus que jamais besoin de modèles autres que Kim Kardashian et toutes ces influenceuses TikTok à la vacuité sans fond.
Frontier
Je découvre Guillaume Singelin avec cet album, et j’adore son style graphique. Il est typé manga, mais plutôt des années 80, genre Nausicaä de la vallée du vent ou encore Capitaine Albator, avec ces personnages tout en rondeur aux proportions cartoon, et une mise en couleur pastelle du plus bel effet. Les planches fourmillent de détails, que j’ai pris beaucoup de plaisir à examiner, et les scènes d’action sont magnifiquement représentées. Vraiment, c’est beau, et il y a un côté nostalgique pour le quarantenaire que je suis. L’histoire mêle science-fiction et quotidien, et propose une brochette de personnages attachants qui tentent de donner du sens à leur vie dans ce nouvel âge spatial. La réflexion et les thèmes sont passionnants : pillages des ressources, traitement des employés par les corporations, survie hors du système… Le ton est résolument positif malgré tout, avec un optimisme basé sur l’amitié et les valeurs personnelles qui font chaud au cœur. La narration est parfaite, et alterne entre quotidien, aventure, exploration et action… je ne me suis jamais ennuyé pendant les 200 pages du récit. J’ai trouvé la fin très belle. Une chouette découverte, qui me donne envie de lire P.T.S.D., autre album en tant qu’auteur complet de Guillaume Singelin.
À la recherche de l'Homme Sauvage
Alors là ! C’est un étonnant hommage à Tintin (et plus précisément à l’album mythique ‘Tintin au Tibet’) que nous propose ici Frédéric Bihel. Vous y découvrirez une multitude de références plus ou moins explicites. Vous croiserez Tintin, Milou, le capitaine Haddock, les Dupondt, Tchang. Certaines compositions, certaines péripéties vous en rappelleront très clairement d’autres. Et pourtant Frédéric Bihel nous propose une tout autre histoire que celle de Tintin au Tibet. Tout autre et pourtant si semblable. Le personnage central, plutôt que de partir au secours d’un ami disparu, va ici se lancer dans les traces du Yeti. Mais sa plus grande découverte sera celle de lui-même en définitive. Le récit est prenant, bien structuré, très bien illustré. Les multiples références à Tintin lui apportent une dimension ludique mais ne m’auront jamais distrait du fond de l’histoire. Le mélange aurait pu être indigeste et pourtant, il est incroyablement harmonieux. A un point tel que la personne qui n’a jamais lu de Tintin (mais bon, ils ne doivent pas être très nombreux parmi les lecteurs de bandes dessinées) trouvera ici une histoire touchante sans aucun rapport avec celles vécues d’ordinaire par le petit reporter. Il est même fort probable qu’il ne se rende absolument pas compte de l’hommage rendu. Alors que le tintinophile, lui, s’amusera comme un fou de ces nombreux clins d’œil et finira par les scruter (mais ne perdra jamais le fil du récit). Voici donc un album étonnant proposant très clairement deux niveaux de lecture dont chacun est parfaitement maîtrisé : une histoire touchante et un hommage subtil. Franchement bien, moi je dis !
Karolus Magnus - L'Empereur des barbares
La couverture et le titre ont attiré mon attention et mon regard. Alors OK, on n'est pas dans un récit historique sérieux et didactique, mais dans une relecture du Haut Moyen Age et du monde carolingien à travers la figure de ce bon vieux Charlemagne. Et n'empêche que c'est quand même sacrément documenté au niveau armes et décors ; avec un tel potentiel, il y avait tout lieu d'éveiller mon intérêt. Si le récit s'appuie sur une base réelle et quelques détails, le développement de cette histoire est entièrement fictif, c'est de la pseudo-Histoire, mais qui n'est pas traitée n'importe comment. Si on accepte ce postulat, on ne peut que s'intéresser à cette Bd, et c'est ce que j'ai fait. Ce qui est remarquable, c'est que le scénariste fait en sorte de conter un récit très plausible malgré des anachronismes et une pure invention, il n'est pas évident de toujours démêler le vrai du faux, tout ceci est savamment enchevêtré mais sans verser dans les aberrations, ça reste crédible, c'est l'une des forces de ce récit. Pour une fois, je me fous donc de la vérité historique à partir du moment où une Bd me procure un vrai plaisir de lecture et produit une bonne histoire qui tient debout, et qui en plus bénéficie d'un dessin magnifique, au trait puissant, chargé et vigoureux, exactement comme j'aime dans ce genre de bande. Il me fait penser un peu au dessin de Iko dans Ténèbres, c'est assurément l'autre force de ce récit. On est loin de l'image du vieux Charlemagne, raide et sentencieux, certes conquérant, et du paladin Roland héroïsé par la Chanson de Roland ; il y a un aspect de fantasy dans ce récit, on y croise des brutes épaisses et de fourbes despotes loin des figures de preux et de l'imagerie d'Epinal apprise à l'école, j'aime beaucoup cette ambiance. Il va donc de soi que je compte beaucoup sur une suite d'un aussi bon niveau.