J'ai littéralement dévoré les sept tomes qui accompagnent la montée en puissance du chevalier Bragon dans sa défense d'Akbar contre les forces sectaires.
Je ne suis pourtant pas un grand fan de la série mère mais ici j'ai été envoûté par la mise en scène et l'ambiance du récit. Les dialogues sont assez simples ce qui permet d'avancer rapidement dans l'histoire et de garder un rythme élevé à la narration.
Le découpage et la mise en scène sont tellement précis que l'enchaînement des actions parallèles sur les différents territoires se fait avec une grande fluidité. Le récit reste cohérent du tome 1 au tome7 apportant à chaque épisode sa trouvaille scénaristique qui a capturé mon attention.
En bout de course je me suis trouvé légèrement frustré de ne pas avoir les huit tomes pour boucler ce récit de haut vol. La gageure n'était pas simple puisque in fine on sait tous que Bragon va se tirer de chaque traquenard. C'est donc une prouesse des auteurs de créer des situations surprenantes et crédibles (dans l'esprit du récit) pour que la progression de Bragon et sa relation avec Mara reste attractive à chaque épisode.
Les auteurs alternent des passages émotionnels très forts aux tome 1,3 et 5 dans une logique psychologique très pointue. Je trouve que Loisel donne à Bragon des caractéristiques déjà rencontrées chez Peter Pan. Pour passer de l'insouciance enfantine à la plénitude de l'adulte, il devra vivre la mort de l'ami, de la mère et du père. Sa responsabilité n'étant pas nulle dans chaque cas.
Une autre prouesse de la série est de garder la cohérence graphique malgré quatre dessinateurs différents. Lidwine lance admirablement bien la série. Mais Aouamri, Mallié et enfin Etien restent tous dans un niveau d'excellence pour nous entraîner dans cet univers de villes, villages, forêts ou marécages peuplés de mille ethnies différentes. Le soin apporté pour créer une faune et une flore à la fois stupéfiante et originale montre l'extrême qualité de chaque planche proposée.
Je fais partie des rares iconoclastes qui préfèrent cette série à la série mère que j'ai lue il y a peu sans la nostalgie des origines. Ce cycle m'invite à reprendre une nouvelle lecture des quatre premiers opus. Mais pour le moment je me retrouve bien plus dans les thèmes proposés par cette série.
Il est des sujets tabous, intimes, dont il est parfois (souvent ?) difficile de parler. La dépression post-partum en fait partie. Marion Nail, autrice et illustratrice, en a fait la douloureuse expérience après la naissance de son premier enfant. Elle est donc allée voir une thérapeute, qui lui a conseillé de faire des exercices sous forme de dessins dans un cahier dédié. La jeune mère s'y est pliée, a abandonné, puis y est revenue, créant pour l'occasion un alter ego en forme de sphère de couleur bleue, sobrement surnommé Bleu. Dont l'enfant, Jaune, est la principale source de soucis. La grossesse est l'occasion de nombreux changements physiques et psychiques chez la mère, et nombre de ses changements, surtout psychiques, sont donc mis en scène et personnifiés dans cet album au ton très personnel, dans lequel Marion Nail s'interroge aussi sur sa vision du monde, son rapport à la maternité et à son corps.
C'est émouvant, très émouvant. Il est fort probable que les angoisses qu'elle décrit dans ce petit album (78 pages demi-format avec une couverture souple) aient été vécues par nombre de jeunes parents. de manière à la fois simple et accessible, elle expose donc ce qu'elle a ressenti pendant les premiers mois, les premières années de sa parentalité. Livrant au passage quelques petits "trucs" pour laisser passer les vagues de colère qui la submergeaient parfois, jusqu'à commettre des choses à la fois tristes et graves. Des envies, des pensées que nombre de parents n'ont pas manqué de ressentir, dépassés par ces petites vies qui prennent tellement de place. Les trois quarts de l'album nous montrent des taches de couleur (y compris pour la psychologue, représentée en rose) qui parlent et pensent, dans des planches en gaufrier de 4x3, des alternances de cases et de bandes, des cases pleine page, ou du 2x2. Seule la dernière quinzaine de pages nous propose des êtres humains, représentant le retour à la réalité dans le récit. Avec seulement trois couleurs en plus du noir.
J'ai un seul regret concernant cet album, dont l'intérêt est dans le propos intime, c'est que Marion Nail ne soit pas allée plus loin, se livrant un peu plus sur son entourage, peut-être sa jeunesse. L'album est un instantané sur quelques mois, quelques années de sa vie d'adulte.
C’est con, ça partait vraiment bien… mais Cati Baur semble avoir eu du mal à trouver sa fin. Du coup, le dernier tiers de l’album perd beaucoup de son charme. Ca dérape (la soirée d’ouverture du café tourne au grand burlesque), ça s’égare (cette histoire de mur transformé en urinoir n’a pas grand intérêt) et ça se termine en eau de boudin (les deux frangines auraient quand même pu se renseigner un peu plus tôt sur le passé de leur bienfaitrice).
C’est con, car j’ai adoré les deux premiers tiers du récit. C’est un récit feelgood et tendance aux dialogues espiègles. Les personnages sont attachants et leurs profils si différents ne nous empêchent pas de croire en leur amitié. La mise en page est joueuse et je me suis amusé à ainsi voyager dans ces planches. Le dessin dégage une grande fraicheur et une spontanéité qui cadrent bien avec le récit. Les heureux hasards ne sont pas rares et nous rappellent au besoin que nous sommes devant un récit feelgood, mais ça reste relativement plausible et on a envie d’y croire.
Pour moi, il y a eu un problème de construction du récit. Le terminer au moment de l’inauguration m’aurait semblé plus opportun. Parler plus tôt du passé de la généreuse tante, et accorder plus d’espace à cette partie du récit auraient été plus judicieux.
Mais je ne veux que retenir le positif, ces deux premiers tiers qui m’ont vraiment beaucoup plu. Réel coup de cœur pour ceux-ci !
Cette bande dessinée est une franche réussite. J'avais beaucoup apprécié dans le passé Une affaire de caractères et ici je suis également complétement conquis. L'exercice de style et la lecture qui en découle est ultra jouissif.
Partant d'un postulat assez classique, deux personnes s'échangent leur bagages respectifs à l'insu de leur plein gré au prémice d'un week-end sur le quai d'une gare. Le parti pris de l'auteur, narration en miroir pour suivre les pérégrinations des deux protagonistes est juste magique tant leur déambulations et chassé-croisé vous captivent. Finiront-ils par physiquement se rencontrer ?
Souvent dans ce type de bd, la forme peut avoir raison du fond mais ici pas du tout, l'histoire est très prenante et la narration juste parfaite. Cet album se lit d'une traite.
C'est très bien illustré dans la veine ligne claire. Même sur ce plan là, rien à redire. Cet album frôle la perfection.
Bon on va pas tourner autour du pot, le label 619 a encore frappé !!
J’adore cette collection, elle nous propose toujours des albums soignés et c’est mené par une chouette génération d’auteurs fidèles. Il y en a du talent et ils ne cessent de s’améliorer au fil du temps.
Leur catalogue est rempli de pépites, Frontier ne déroge pas à la règle.
A mes yeux, une aussi belle surprise que Hoka Hey ! de Neyef, j’adore ces albums que l’on n’attend pas et qui te font Waouh. Comme son comparse avant lui, Guillaume Singelin franchit un cap en tant qu’auteur complet. J’aime ses précédentes œuvres mais là c’est la belle claque, ce sentiment est renforcé par la taille et la beauté de l’écrin.
J’ai adoré son style graphique et le parti pris du côté kawaii des personnages ne m’a absolument pas dérangé, chaque case est un délice de détails, et que dire des couleurs et des décors magnifiques, un plaisir pour les yeux.
Le tout est dans une narration impeccable pour une histoire fluide et prenante, c’est rempli de persos charismatiques et attachants (notre trio et leur petit compagnon en tête). Les thématiques développées sont passionnantes, divertissantes et intelligentes pour un récit dur mais plein d’optimisme, il y a un côté feel good bien agréable.
Un voyage spatial au top, je ne peux que conseiller sa découverte, un album fort attachant.
Je suis vraiment tombé sous le charme de cette petite série de trois albums. J'ai été séduit par le scénario très bien construit, avec beaucoup de surprises proposées par Cazenove.
Pourtant le dessin de Cécile nous invite à lire cette série comme une production Jeunesse dans le sillage d'un Johan et Pirlouit. Cette idée est renforcée au tome1 par des histoires de sorcières, de potions ou de renard de compagnie qui rentrent bien dans un univers merveilleux dirigé vers un jeune lectorat.
Mais déjà une lecture attentive montre que Cazenove nous réserve quelques surprises comme s’il s'amusait à détourner les codes pour introduire des thématiques bien plus complexes.
On se retrouve vite dans une ambiance historique de la période Jeanne d'Arc où Cazenove nous fait visiter une salle de torture avec une description des outils du bourreau. L'auteur nous rappelle plus loin comment la justice expéditive pouvait mener au bûcher.
Comme tout bon héros le jeune Piik doit partir en quête d'un trésor. Géniale trouvaille de Cazenove que cette lettre-trésor qui invite Piik à découvrir cet immense trésor qu'est la lecture. Le scénario prend vite de la hauteur en tome 2 qui nous propose une réflexion sur le combat entre l'ignorance génitrice de peur et de violence et la lecture porte ouverte vers la liberté.
Le récit fourmille de rebondissements qui donnent de la profondeur aux personnages qui paraissaient insignifiants au début du récit. Jusqu'à la fin du tome 3 le récit m'a tenu en haleine pour savoir comment Piik qui a accédé à la liberté de choix va pouvoir utiliser ce pouvoir.
Le graphisme de Cécile fait contre-poids à ce récit qui rappelle des épisodes de "Slumdog millionaire" quand les enfants sont enlevés et martyrisés pour mendier. Ce décalage entre le message visuel très apaisant et le message textuel bien plus rude fait une partie du charme de la série. On trouve même du vocabulaire style moyenâgeux des "Visiteurs" bien loin d'une série jeunesse classique.
Cécile travaille dans un style de ligne claire qui plaira à un très large public. Ses personnages ont "la tête de l'emploi" et elle sait les rendre attachants ou repoussants à souhait.
En conclusion j'ai beaucoup aimé cette lecture car elle m'a surpris à de nombreux endroits. Évidemment des enfants n'auront probablement pas la même lecture que la mienne sur les nombreux détails qu'introduisent les auteurs. Ce sont ces détails qui incitent à aller au delà des apparences d'un visuel à la Disney qui cache un univers bien plus sombre.
Malgré cela le récit reste optimiste et se conclut par une très belle dernière planche comme un hommage à Victor Hugo.
Il était temps pour moi de retourner en librairie, après plusieurs semaines sans prendre connaissance des sorties récentes, et boum! Voilà t'y pas qu'est sorti un Chabouté y'a 2 jours. Béni soit le Dieu du destin, j'achète sans hésiter.
Je vais me répéter, mais le dessin de Chabouté sait m'absorber dès la première planche. Son style est pour moi l'art de la contemplation. Le muet occupe un tiers du récit, au début. Et puis, peu à peu, les personnages du musée font naître les phylactères. Certains sont immobiles, d'autres ont la bougeotte. Certains sont taiseux et pensifs quand d'autres bavardent, se querellent ou se questionnent. Ces personnages, ce sont tantôt les visiteurs du musée d'Orsay, tantôt les œuvres d'art qui, après une journée à les écouter sans bouger, prennent vie durant la nuit. Tout au long du récit, Chabouté nous fait alterner les moments diurnes et nocturnes. Le quotidien défile en même temps que le temps semble s'arrêter, dans un moment où le lecteur rencontre toutes ses œuvres traversant les âges.
La parole donnée aux peintures et aux sculptures amènent des situations tout à fait absurdes qui prêtent à rire (à commencer par Héraclès). Il y a beaucoup d'humour oui, mais aussi une simplicité poétique que je ne saurai pas décrire. Je vais simplement rappeler que Chabouté réussit encore à porter un regard artistique formidable sur des faits et évènements qui semblent basiques, dont on ne prête pas vraiment attention. Et, fait rare ressenti: Chabouté ne met pas autant en exergue la bêtise humaine ni sa cruauté. On retrouve sa vision critique et sombre bien sûr, mais je la trouve bien faible face aux passages qui redonnent foi en l'humanité. Peut-être que le fait de poser l'Art plutôt que l'Homme au centre de son récit lui fait changer d'état d'esprit.
Enfin, au niveau du dessin, c'est ce qui me fait ajouter le coup de coeur. Alors OK, de base j'adore. Mais là, c'est pas pareil. J'adore plus. Et je vais vous dire pourquoi en fait. A force de lire Chabouté, je trouvais le faciès des personnages assez répétitifs quelle que soit la BD. Grosso modo. Mais cette fois, et peut-être grâce à tous ses visiteurs éphémères qui vont qui viennent, l'auteur s'est amusé à jouer avec les formes pour nous offrir des visages et expressions bien plus variées qu'à l'accoutumée.
Après Yellow Cab, Chabouté prouve encore son audace (si tenté qu'il cherche à prouver quoi que ce soit). Voilà un objet curieux, au récit simple et poétique et dont le dessin rend l'ensemble profondément enivrant.
Dans tout ça, le lecteur peut jouer à s'identifier parmi tous ces visiteurs dessinés, il peut également se divertir ou s'interloquer devant les scènes nocturnes, ou encore réfléchir sur l'intérêt qu'il porte sur l'Art. Et par-dessus tout, j'espère qu'il n'en finira pas d'apprécier le monde incroyablement riche du quotidien, aussi basique semble-t-il être.
J’ai beaucoup aimé ce récit, qui m’a un peu rappelé les romans de « La trilogie de Corfou » de Gerald Durrell (et la série télévisée qui en est tirée) : Charity se passionne elle aussi pour la nature, et notamment pour les animaux, qu’elle capture et étudie, transformant ainsi sa chambre en véritable ménagerie.
Il y a je trouve un double niveau de lecture intéressant : en surface on suit avec intérêt et amusement les déboires de Charity, ses machinations astucieuses mais pas toujours couronnées de succès, le tout saupoudré d’un humour qui m’a vraiment fait rire. Mais on peut aussi y voir une chronique sociale de la vie d’une jeune fille dans l’Angleterre victorienne, et tout ce que cela implique en termes d’attentes et de mœurs - une femme qui s’intéresse à la science, est-ce bien raisonnable ?
Le tome 2 s’intéresse à l’adolescence de Charity. Les thèmes sont un peu plus sombres, mais l’histoire est toujours aussi prenante et intéressante.
Le dessin d’Anne Montel fourmille de détails et les couleurs pastelles à l’aquarelle sont vraiment magnifiques… A ce titre je regrette personnellement le manque de décors sur de nombreuses cases. Je réalise parfaitement qu’il s’agit d’un choix des auteurs, mais les quelques cases « complètes » sont tellement belles.
Une lecture agréable et remplie de tendresse et d’humour. Vivement le troisième et dernier tome !
J’ai beaucoup aimé cette lecture, alors même que l’intrigue m’est apparue à la fois des plus légères (elle peut se résumer en quelques mots) et pas toujours des plus limpides. Mais malgré ces remarques, jamais je n’ai été tenté de renoncer, et j’ai lu cette histoire SF assez froide et manquant d’empathie avec plaisir, tournant les pages avec la quasi-certitude d’être surpris sur la suivante.
C’est en fait le travail graphique qui justifie mon coup de cœur. Et là pas de bémols. Pourtant cet aspect peut rebuter pas mal de lecteurs, comme l’intrigue peut en refroidir par sa relative obscurité. Mais j’ai trouvé très beau le travail de Legendre. Le Noir et Blanc tranché (agrémenté de rares et belles touches d’un rose chair), avec un jeu sur des formes géométriques et des représentations géantes de puces électroniques, tout cela donne un caché très original et fort à l’ensemble.
Une histoire moyennement convaincante, mais une mise en images superbe : un album original à découvrir.
C'est assurément la BD la plus honnête, la plus intelligente et la plus en phase avec l'idée de la débrouille/déprime et rigolade de la banlieue des années 80/90. Au point même que cette BD et son personnage Kebra - ô combien culte - devraient être étudiés en sociologie voire en sémiologie également (pourquoi pas après tout, l'argot de banlieue aussi a son âge d'or). Bref, j'adore, je collectionne et je recommande vivement cette lecture aussi délirante que… déridante !!! Big up à mon ami Jano et son acolyte Tramber. Respect éternel ! MooZ
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La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête
J'ai littéralement dévoré les sept tomes qui accompagnent la montée en puissance du chevalier Bragon dans sa défense d'Akbar contre les forces sectaires. Je ne suis pourtant pas un grand fan de la série mère mais ici j'ai été envoûté par la mise en scène et l'ambiance du récit. Les dialogues sont assez simples ce qui permet d'avancer rapidement dans l'histoire et de garder un rythme élevé à la narration. Le découpage et la mise en scène sont tellement précis que l'enchaînement des actions parallèles sur les différents territoires se fait avec une grande fluidité. Le récit reste cohérent du tome 1 au tome7 apportant à chaque épisode sa trouvaille scénaristique qui a capturé mon attention. En bout de course je me suis trouvé légèrement frustré de ne pas avoir les huit tomes pour boucler ce récit de haut vol. La gageure n'était pas simple puisque in fine on sait tous que Bragon va se tirer de chaque traquenard. C'est donc une prouesse des auteurs de créer des situations surprenantes et crédibles (dans l'esprit du récit) pour que la progression de Bragon et sa relation avec Mara reste attractive à chaque épisode. Les auteurs alternent des passages émotionnels très forts aux tome 1,3 et 5 dans une logique psychologique très pointue. Je trouve que Loisel donne à Bragon des caractéristiques déjà rencontrées chez Peter Pan. Pour passer de l'insouciance enfantine à la plénitude de l'adulte, il devra vivre la mort de l'ami, de la mère et du père. Sa responsabilité n'étant pas nulle dans chaque cas. Une autre prouesse de la série est de garder la cohérence graphique malgré quatre dessinateurs différents. Lidwine lance admirablement bien la série. Mais Aouamri, Mallié et enfin Etien restent tous dans un niveau d'excellence pour nous entraîner dans cet univers de villes, villages, forêts ou marécages peuplés de mille ethnies différentes. Le soin apporté pour créer une faune et une flore à la fois stupéfiante et originale montre l'extrême qualité de chaque planche proposée. Je fais partie des rares iconoclastes qui préfèrent cette série à la série mère que j'ai lue il y a peu sans la nostalgie des origines. Ce cycle m'invite à reprendre une nouvelle lecture des quatre premiers opus. Mais pour le moment je me retrouve bien plus dans les thèmes proposés par cette série.
Baby Bleu
Il est des sujets tabous, intimes, dont il est parfois (souvent ?) difficile de parler. La dépression post-partum en fait partie. Marion Nail, autrice et illustratrice, en a fait la douloureuse expérience après la naissance de son premier enfant. Elle est donc allée voir une thérapeute, qui lui a conseillé de faire des exercices sous forme de dessins dans un cahier dédié. La jeune mère s'y est pliée, a abandonné, puis y est revenue, créant pour l'occasion un alter ego en forme de sphère de couleur bleue, sobrement surnommé Bleu. Dont l'enfant, Jaune, est la principale source de soucis. La grossesse est l'occasion de nombreux changements physiques et psychiques chez la mère, et nombre de ses changements, surtout psychiques, sont donc mis en scène et personnifiés dans cet album au ton très personnel, dans lequel Marion Nail s'interroge aussi sur sa vision du monde, son rapport à la maternité et à son corps. C'est émouvant, très émouvant. Il est fort probable que les angoisses qu'elle décrit dans ce petit album (78 pages demi-format avec une couverture souple) aient été vécues par nombre de jeunes parents. de manière à la fois simple et accessible, elle expose donc ce qu'elle a ressenti pendant les premiers mois, les premières années de sa parentalité. Livrant au passage quelques petits "trucs" pour laisser passer les vagues de colère qui la submergeaient parfois, jusqu'à commettre des choses à la fois tristes et graves. Des envies, des pensées que nombre de parents n'ont pas manqué de ressentir, dépassés par ces petites vies qui prennent tellement de place. Les trois quarts de l'album nous montrent des taches de couleur (y compris pour la psychologue, représentée en rose) qui parlent et pensent, dans des planches en gaufrier de 4x3, des alternances de cases et de bandes, des cases pleine page, ou du 2x2. Seule la dernière quinzaine de pages nous propose des êtres humains, représentant le retour à la réalité dans le récit. Avec seulement trois couleurs en plus du noir. J'ai un seul regret concernant cet album, dont l'intérêt est dans le propos intime, c'est que Marion Nail ne soit pas allée plus loin, se livrant un peu plus sur son entourage, peut-être sa jeunesse. L'album est un instantané sur quelques mois, quelques années de sa vie d'adulte.
Pisse-Mémé
C’est con, ça partait vraiment bien… mais Cati Baur semble avoir eu du mal à trouver sa fin. Du coup, le dernier tiers de l’album perd beaucoup de son charme. Ca dérape (la soirée d’ouverture du café tourne au grand burlesque), ça s’égare (cette histoire de mur transformé en urinoir n’a pas grand intérêt) et ça se termine en eau de boudin (les deux frangines auraient quand même pu se renseigner un peu plus tôt sur le passé de leur bienfaitrice). C’est con, car j’ai adoré les deux premiers tiers du récit. C’est un récit feelgood et tendance aux dialogues espiègles. Les personnages sont attachants et leurs profils si différents ne nous empêchent pas de croire en leur amitié. La mise en page est joueuse et je me suis amusé à ainsi voyager dans ces planches. Le dessin dégage une grande fraicheur et une spontanéité qui cadrent bien avec le récit. Les heureux hasards ne sont pas rares et nous rappellent au besoin que nous sommes devant un récit feelgood, mais ça reste relativement plausible et on a envie d’y croire. Pour moi, il y a eu un problème de construction du récit. Le terminer au moment de l’inauguration m’aurait semblé plus opportun. Parler plus tôt du passé de la généreuse tante, et accorder plus d’espace à cette partie du récit auraient été plus judicieux. Mais je ne veux que retenir le positif, ces deux premiers tiers qui m’ont vraiment beaucoup plu. Réel coup de cœur pour ceux-ci !
Océan Express
Cette bande dessinée est une franche réussite. J'avais beaucoup apprécié dans le passé Une affaire de caractères et ici je suis également complétement conquis. L'exercice de style et la lecture qui en découle est ultra jouissif. Partant d'un postulat assez classique, deux personnes s'échangent leur bagages respectifs à l'insu de leur plein gré au prémice d'un week-end sur le quai d'une gare. Le parti pris de l'auteur, narration en miroir pour suivre les pérégrinations des deux protagonistes est juste magique tant leur déambulations et chassé-croisé vous captivent. Finiront-ils par physiquement se rencontrer ? Souvent dans ce type de bd, la forme peut avoir raison du fond mais ici pas du tout, l'histoire est très prenante et la narration juste parfaite. Cet album se lit d'une traite. C'est très bien illustré dans la veine ligne claire. Même sur ce plan là, rien à redire. Cet album frôle la perfection.
Frontier
Bon on va pas tourner autour du pot, le label 619 a encore frappé !! J’adore cette collection, elle nous propose toujours des albums soignés et c’est mené par une chouette génération d’auteurs fidèles. Il y en a du talent et ils ne cessent de s’améliorer au fil du temps. Leur catalogue est rempli de pépites, Frontier ne déroge pas à la règle. A mes yeux, une aussi belle surprise que Hoka Hey ! de Neyef, j’adore ces albums que l’on n’attend pas et qui te font Waouh. Comme son comparse avant lui, Guillaume Singelin franchit un cap en tant qu’auteur complet. J’aime ses précédentes œuvres mais là c’est la belle claque, ce sentiment est renforcé par la taille et la beauté de l’écrin. J’ai adoré son style graphique et le parti pris du côté kawaii des personnages ne m’a absolument pas dérangé, chaque case est un délice de détails, et que dire des couleurs et des décors magnifiques, un plaisir pour les yeux. Le tout est dans une narration impeccable pour une histoire fluide et prenante, c’est rempli de persos charismatiques et attachants (notre trio et leur petit compagnon en tête). Les thématiques développées sont passionnantes, divertissantes et intelligentes pour un récit dur mais plein d’optimisme, il y a un côté feel good bien agréable. Un voyage spatial au top, je ne peux que conseiller sa découverte, un album fort attachant.
Le Livre de Piik
Je suis vraiment tombé sous le charme de cette petite série de trois albums. J'ai été séduit par le scénario très bien construit, avec beaucoup de surprises proposées par Cazenove. Pourtant le dessin de Cécile nous invite à lire cette série comme une production Jeunesse dans le sillage d'un Johan et Pirlouit. Cette idée est renforcée au tome1 par des histoires de sorcières, de potions ou de renard de compagnie qui rentrent bien dans un univers merveilleux dirigé vers un jeune lectorat. Mais déjà une lecture attentive montre que Cazenove nous réserve quelques surprises comme s’il s'amusait à détourner les codes pour introduire des thématiques bien plus complexes. On se retrouve vite dans une ambiance historique de la période Jeanne d'Arc où Cazenove nous fait visiter une salle de torture avec une description des outils du bourreau. L'auteur nous rappelle plus loin comment la justice expéditive pouvait mener au bûcher. Comme tout bon héros le jeune Piik doit partir en quête d'un trésor. Géniale trouvaille de Cazenove que cette lettre-trésor qui invite Piik à découvrir cet immense trésor qu'est la lecture. Le scénario prend vite de la hauteur en tome 2 qui nous propose une réflexion sur le combat entre l'ignorance génitrice de peur et de violence et la lecture porte ouverte vers la liberté. Le récit fourmille de rebondissements qui donnent de la profondeur aux personnages qui paraissaient insignifiants au début du récit. Jusqu'à la fin du tome 3 le récit m'a tenu en haleine pour savoir comment Piik qui a accédé à la liberté de choix va pouvoir utiliser ce pouvoir. Le graphisme de Cécile fait contre-poids à ce récit qui rappelle des épisodes de "Slumdog millionaire" quand les enfants sont enlevés et martyrisés pour mendier. Ce décalage entre le message visuel très apaisant et le message textuel bien plus rude fait une partie du charme de la série. On trouve même du vocabulaire style moyenâgeux des "Visiteurs" bien loin d'une série jeunesse classique. Cécile travaille dans un style de ligne claire qui plaira à un très large public. Ses personnages ont "la tête de l'emploi" et elle sait les rendre attachants ou repoussants à souhait. En conclusion j'ai beaucoup aimé cette lecture car elle m'a surpris à de nombreux endroits. Évidemment des enfants n'auront probablement pas la même lecture que la mienne sur les nombreux détails qu'introduisent les auteurs. Ce sont ces détails qui incitent à aller au delà des apparences d'un visuel à la Disney qui cache un univers bien plus sombre. Malgré cela le récit reste optimiste et se conclut par une très belle dernière planche comme un hommage à Victor Hugo.
Musée
Il était temps pour moi de retourner en librairie, après plusieurs semaines sans prendre connaissance des sorties récentes, et boum! Voilà t'y pas qu'est sorti un Chabouté y'a 2 jours. Béni soit le Dieu du destin, j'achète sans hésiter. Je vais me répéter, mais le dessin de Chabouté sait m'absorber dès la première planche. Son style est pour moi l'art de la contemplation. Le muet occupe un tiers du récit, au début. Et puis, peu à peu, les personnages du musée font naître les phylactères. Certains sont immobiles, d'autres ont la bougeotte. Certains sont taiseux et pensifs quand d'autres bavardent, se querellent ou se questionnent. Ces personnages, ce sont tantôt les visiteurs du musée d'Orsay, tantôt les œuvres d'art qui, après une journée à les écouter sans bouger, prennent vie durant la nuit. Tout au long du récit, Chabouté nous fait alterner les moments diurnes et nocturnes. Le quotidien défile en même temps que le temps semble s'arrêter, dans un moment où le lecteur rencontre toutes ses œuvres traversant les âges. La parole donnée aux peintures et aux sculptures amènent des situations tout à fait absurdes qui prêtent à rire (à commencer par Héraclès). Il y a beaucoup d'humour oui, mais aussi une simplicité poétique que je ne saurai pas décrire. Je vais simplement rappeler que Chabouté réussit encore à porter un regard artistique formidable sur des faits et évènements qui semblent basiques, dont on ne prête pas vraiment attention. Et, fait rare ressenti: Chabouté ne met pas autant en exergue la bêtise humaine ni sa cruauté. On retrouve sa vision critique et sombre bien sûr, mais je la trouve bien faible face aux passages qui redonnent foi en l'humanité. Peut-être que le fait de poser l'Art plutôt que l'Homme au centre de son récit lui fait changer d'état d'esprit. Enfin, au niveau du dessin, c'est ce qui me fait ajouter le coup de coeur. Alors OK, de base j'adore. Mais là, c'est pas pareil. J'adore plus. Et je vais vous dire pourquoi en fait. A force de lire Chabouté, je trouvais le faciès des personnages assez répétitifs quelle que soit la BD. Grosso modo. Mais cette fois, et peut-être grâce à tous ses visiteurs éphémères qui vont qui viennent, l'auteur s'est amusé à jouer avec les formes pour nous offrir des visages et expressions bien plus variées qu'à l'accoutumée. Après Yellow Cab, Chabouté prouve encore son audace (si tenté qu'il cherche à prouver quoi que ce soit). Voilà un objet curieux, au récit simple et poétique et dont le dessin rend l'ensemble profondément enivrant. Dans tout ça, le lecteur peut jouer à s'identifier parmi tous ces visiteurs dessinés, il peut également se divertir ou s'interloquer devant les scènes nocturnes, ou encore réfléchir sur l'intérêt qu'il porte sur l'Art. Et par-dessus tout, j'espère qu'il n'en finira pas d'apprécier le monde incroyablement riche du quotidien, aussi basique semble-t-il être.
Miss Charity
J’ai beaucoup aimé ce récit, qui m’a un peu rappelé les romans de « La trilogie de Corfou » de Gerald Durrell (et la série télévisée qui en est tirée) : Charity se passionne elle aussi pour la nature, et notamment pour les animaux, qu’elle capture et étudie, transformant ainsi sa chambre en véritable ménagerie. Il y a je trouve un double niveau de lecture intéressant : en surface on suit avec intérêt et amusement les déboires de Charity, ses machinations astucieuses mais pas toujours couronnées de succès, le tout saupoudré d’un humour qui m’a vraiment fait rire. Mais on peut aussi y voir une chronique sociale de la vie d’une jeune fille dans l’Angleterre victorienne, et tout ce que cela implique en termes d’attentes et de mœurs - une femme qui s’intéresse à la science, est-ce bien raisonnable ? Le tome 2 s’intéresse à l’adolescence de Charity. Les thèmes sont un peu plus sombres, mais l’histoire est toujours aussi prenante et intéressante. Le dessin d’Anne Montel fourmille de détails et les couleurs pastelles à l’aquarelle sont vraiment magnifiques… A ce titre je regrette personnellement le manque de décors sur de nombreuses cases. Je réalise parfaitement qu’il s’agit d’un choix des auteurs, mais les quelques cases « complètes » sont tellement belles. Une lecture agréable et remplie de tendresse et d’humour. Vivement le troisième et dernier tome !
Flesh Empire
J’ai beaucoup aimé cette lecture, alors même que l’intrigue m’est apparue à la fois des plus légères (elle peut se résumer en quelques mots) et pas toujours des plus limpides. Mais malgré ces remarques, jamais je n’ai été tenté de renoncer, et j’ai lu cette histoire SF assez froide et manquant d’empathie avec plaisir, tournant les pages avec la quasi-certitude d’être surpris sur la suivante. C’est en fait le travail graphique qui justifie mon coup de cœur. Et là pas de bémols. Pourtant cet aspect peut rebuter pas mal de lecteurs, comme l’intrigue peut en refroidir par sa relative obscurité. Mais j’ai trouvé très beau le travail de Legendre. Le Noir et Blanc tranché (agrémenté de rares et belles touches d’un rose chair), avec un jeu sur des formes géométriques et des représentations géantes de puces électroniques, tout cela donne un caché très original et fort à l’ensemble. Une histoire moyennement convaincante, mais une mise en images superbe : un album original à découvrir.
Kebra
C'est assurément la BD la plus honnête, la plus intelligente et la plus en phase avec l'idée de la débrouille/déprime et rigolade de la banlieue des années 80/90. Au point même que cette BD et son personnage Kebra - ô combien culte - devraient être étudiés en sociologie voire en sémiologie également (pourquoi pas après tout, l'argot de banlieue aussi a son âge d'or). Bref, j'adore, je collectionne et je recommande vivement cette lecture aussi délirante que… déridante !!! Big up à mon ami Jano et son acolyte Tramber. Respect éternel ! MooZ