Les derniers avis (7538 avis)

Par Spooky
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fax de Sarajevo
Fax de Sarajevo

Les derniers Poilus ont à présent disparu. Dans les autres pays d’Europe, je ne suis pas sûr qu’il reste beaucoup de vétérans de la première guerre. Ceux qui ont vécu et combattu pendant la seconde sont tous des personnes âgées à présent. Il y a encore eu un conflit d’ampleur en Europe, c’est celle qui a déchiré l’ex-Yougoslavie. Il y a un peu plus de 15 ans. Une guerre où des voisins se sont déchirés, au nom de la purification ethnique. Des gens parlant la même langue, qui tuent sans vergogne, sans distinction d’âge, de sexe, de religion. Juste parce que certains sont Serbes et d’autres pas. Une guerre terrible, où certains comportements ne sont pas sans rappeler ceux qui étaient de mise cinquante ans plus tôt. Des populations terrifiées, que la communauté internationale a laissées tomber, laissant l’ogre serbe raser des villes entières, tuer des centaines de milliers de personnes… Ce calvaire, Ervin Rustemagic, éditeur de bandes dessinées bosniaque, l’a vécu de l’intérieur. Bloqué avec sa famille à Sarajevo, il envoie des centaines de fax à ses amis auteurs du monde entier : Joe Kubert aux Etats-Unis, Hermann en Belgique, Hugo Pratt en Suisse… Tous vont se démener pour permettre aux Rustemagic de sortir de la capitale bosniaque, longtemps en vain. La peur, la claustration et les courses au milieu des balles et des obus vont durer plus d’un an. C’est à partir des fax d’Ervin et de photos prises par un jeune Bosniaque disparu que Joe Kubert va composer « Fax de Sarajevo », qui va raconter l’histoire des Rustemagic. Ancien encreur de Will Eisner (dont on sent l’influence), l’auteur va livrer là son œuvre la plus personnelle, puisqu’elle touche ses amis. Il va transcender certains des poncifs du comic pour livrer un ouvrage universel. Point ici de mâchoires exagérément carrées, d’explosions à outrance ou de dialogues empreints d’humour. C’est la réalité, c’est la vie et la mort qui flirtent dans une ville de 500 000 habitants au centre de l’Europe, c’est un conflit où la barbarie refait son apparition. Bien sûr, l’auteur va prendre quelques libertés avec les dialogues, la mise en scène, changer quelques noms, mais l’essentiel est là, dans sa réalité crue. C’est un récit qui là encore prend aux tripes. Le danger quotidien des snipers et des bombardements, l’angoisse de la coupure d’électricité, le stress quand votre enfant tombe malade et que vous n’avez aucun médicament… Et puis les montagnes russes quand on veut quitter le pays, les promesses non tenues des gouvernements étrangers qui font preuve d’une lâcheté sans nom (à ce titre, Bernard Kouchner n’est pas innocent). Et pour finir, on devient blasé ; on s’habitue au sifflement continu des bombes, les cadavres dans les rues deviennent un élément de décor, la lâcheté des puissants une déception, pas un facteur de découragement. Ervin, héros ordinaire, devient une sorte de figure emblématique, un modèle de survie qui ne veut qu’une chose : sortir sa famille de cet enfer. C’est tout ce qui lui a permis de tenir le coup pendant ces longs mois, même quand il a pu sortir, seul, de Sarajevo. Ce one shot est donc une bande dessinées découpée en différents chapitres (le début des hostilités, le transfert à l’Holiday Inn, les tentatives pour sortir de la ville… Ceux-ci sont également ponctués par les fax d’Ervin et de ses amis internationaux. En fin d’album se trouve une série de photos montrent la ville avant et pendant le conflit, commentés par Kubert lui-même. L’intérêt de l’ensemble est inestimable, puisqu’il rend compte de l’intérieur et de l’extérieur d’un conflit dont la communauté internationale s’est détournée à l’époque ; seuls les commentaires de Kubert en regard des photos à la fin m’ont semblé quelque peu superfétatoires, puisqu’ils répétaient à la fois la bande dessinée et les fax d’Ervin, sans quasiment rien apporter de plus. « Culte » n’est pas le terme que j’utiliserais pour qualifier succinctement cet album. Je parlerais plutôt de « patrimoine », « d’utilité publique », ou de « devoir de mémoire ». indispensable pour comprendre ce qu’est devenue l’Europe et l’inertie de la communauté internationale.

16/03/2009 (modifier)
Par Miranda
Note: 5/5
Couverture de la série Combustion spontanée
Combustion spontanée

Pour l'instant nous sommes tous d'accord, c'est une excellente bd, mais je dirais même mieux, il y a du génie là-dedans. Des histoires courtes, décalées, parodiques et d'une grande intelligence. Les grands sujets de notre civilisation tournés en dérision, anéantis, piétinés, sans remords. Superstitions, croyances, peine de mort, chômage, extraterrestres, super-héros, politiques, sexe, etc. Même le Père Noël en prend pour son grade. Si les deux premières histoires peuvent paraître un peu légères, les autres vont crescendo et sont toutes du même niveau. A cela s'ajoute un dessin noir sur blanc ou blanc sur noir, sans nuances, comme les deux faces d'une même vérité. Et quelle que soit celle que vous choisirez, que vous soyez d'accord ou pas, l'auteur fait flamber notre société, alors réchauffons-nous autour de ce feu de joie, et mort à la bêtise ! Combustion spontanée, Froutch… et tout part en fumée. A lire d'urgence !

15/03/2009 (modifier)
Par Tomeke
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Par où commencer? C'est la question que je me pose pendant que j’écris cet avis, et ce doit être la question que s’est posé cet auteur au commencement de cette trilogie… Est-ce de la prétention ou du génie ? Résumer quatorze milliards d’années en 340 planches, je pense que l’on peut appeler cela un challenge, non ? Je m’adresserais donc à toi, lecteur de BD hétéroclite, amateur de science et curieux de nos origines : tu veux découvrir de quels phénomènes tu proviens ? Tu souhaites savoir comment de rien est né le Tout ? Tu veux voir ce qu’il y avait au début? Oui me diras-tu ; mais cela semble facile de le savoir, tu sais trouver un cours de bio sur le net… Je ne te parle pas de cela, je te parle d’autre chose : d’un tour de magie dont toi, humble lecteur, sort différent, content, heureux et fier de pouvoir dire : « nom de Zeus, ce n’est quand même pas compliqué mais franchement, qu’est-ce que la nature est bien faite ! ». Eh oui, chaque passage, chaque étape de la Vie, est intelligemment mis en page avec diverses représentations iconographiques de nos origines, issues des différentes civilisations connues. Toutes ces représentations semblent être abordées, tant le panel est large. Mieux encore, les passages plus scientifiquement ardus sont comparés à certains phénomènes couramment connus et compris. Et par rapport à ce qui a été cru et à ce qui a été représenté par les civilisations anciennes, l’auteur nous livre les dernières conclusions scientifiques. Compte-tenu de la BD que j’avise, ma réflexion sur l’auteur va paraître légère, vous êtes prévenus : « balèze le mec ! ». L'aspect graphique est à la hauteur de l’ambition du projet. Manifestement, l’auteur n’improvise pas les dessins de ce qu’il souhaite décrire ; on ne peut dessiner une cellule eucaryote ou les espèces primitives du règne animal sans savoir de quoi l’on parle. L’auteur fait très fort… Alors justement, le bémol semble résider dans certaines explications complexes pour qui n’a aucune affinité dans le domaine scientifique. Le public est peut-être ciblé, moi qui ai suivi une formation scientifique, je me pose la question ? Les autres avis me donneront, je l’espère, sans doute tort. Quoi qu’il en soit, cet album présenté en one-shot fait d’ores et déjà partie de mes incontournables. Audacieux, intelligent et pédagogique, voilà trois termes qui pourraient certainement le résumer. Il me reste une envie, découvrir les deux albums suivants qui viendront clôturer cette trilogie : Beta… civilisations qui nous parlera de la naissance de l’humanité et Gamma… visions, qui s’intéressera aux visualisations du futur. Quel programme !

14/03/2009 (modifier)
Couverture de la série Jacques le petit lézard géant
Jacques le petit lézard géant

Un dessin et un scénario déroutants au début mais le décalage entre la gentillesse de Jacques et la peur (lâcheté) des humains qu'il rencontre emporte le rire à toutes les pages. Avec le n°1, on rit tout seul et on ne lache plus la bd jusqu'à la fin (y compris dans le métro). Le second opus est moins centré sur Jacques et je trouve cela dommage. Les humains sont toujours aussi pompeux et ridicules mais un peu trop de répétitions à mon goût. Le premier opus reste un must. Golden7575

14/03/2009 (modifier)
Par Richart
Note: 5/5
Couverture de la série Watchmen
Watchmen

Cette immense BD trônait dans ma bibliothèque depuis 20 ans. La sortie du film a réveillé mes sens endormis. J'en ai profité pour relire les 6 tomes et faire découvrir cette série à mon fils de 15 ans. Watchmen c'est comme un grand cru de Bordeaux : il se bonifie avec le temps. Découpage, scénario, suspense, désenchantement, tout y est sur un monde qui "perd la boule" et ses repères. Je précise que la version française de la BD bénéficie d'une traduction par JP Manchette* (grand écrivain de roman noir des années 80). Les critiques, sur la qualité des dessins et des couleurs tant pour The Watchmen (plutôt criardes) que V pour Vendetta (plutôt lavasses), oublient que le génie d'Allan Moore est de confier ses scénarios aux dessinateurs qui pourront retranscrire l'atmosphère qui s'y rattache. A lire et relire. Inutile de rajouter que mon fils a été bluffé de la qualité d'une bd "si ancienne" ! *[Ndlc] : dans l'édition Delcourt uniquement désormais épuisée (mars 2009) :(

13/03/2009 (modifier)
Par Kobun
Note: 5/5
Couverture de la série Légendes des Contrées Oubliées
Légendes des Contrées Oubliées

Une série que j'ai débutée en 1989, et j'ai attendu la sortie du troisième tome très (trop) longtemps... Un vrai coup de coeur qui reste ma série préférée encore aujourd’hui, et ce pour plusieurs raisons : - pureté et précision du graphisme - il y a de petits détails qui font que l'on peut passer du temps sur chaque vignette pour les étudier - il y a un début et surtout une fin (donc pas besoin d'acheter 20 tomes pour connaitre la fin) Pour ceux qui aiment l'heroic fantasy, c'est une bd culte. Et pour ceux qui n'en sont pas particulièrement accros, ça vaut quand même le coup d'oeil.

13/03/2009 (modifier)
Par Antoine
Note: 5/5
Couverture de la série Peter Pan
Peter Pan

Voilà, je voulais noter ma série BD préférée, c'est tout simplement magnifique ! Loisel nous livre une superbe réflexion sur l'enfance, parfois très cruelle et noire... Mais nous avons aussi droit à une réflexion sur l'âge adulte : la plupart d'entre eux sont bêtes et méchants, mais on aperçoit surtout des personnages fragiles en eux, beaucoup plus que les enfants (le capitaine est vraiment sympa, un mélange de méchanceté et surtout de gaminerie, on voit l'enfant refoulé qu'il est...). L'histoire est très bien ficelée, avec un scénario riche, on ne s'ennuie pas (le cinquième tome est peut être un peu en dessous). La fin reste très noire et est vraiment bouleversante, du grand art ! Le dessin est du pur Loisel, qu'on aime ou non, c'est quand même très travaillé et en parfait accord avec la série et son scénario. Absolument génial !

13/03/2009 (modifier)
Par kalish
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Codex angélique
Le Codex angélique

Il m’aura fallu du temps pour digérer cette lecture, dans le bon sens du terme, bien sûr. J’ai vraiment été soufflé par cette série. Première remarque : le dessin et les couleurs de Bourgouin sont magnifiques. On peut, sans le vouloir, s’arrêter sur certaines cases pendant dix bonnes minutes pour contempler les postures, les ombres, la mise en scène, la folie dans les yeux de certains personnages… Bref, j’avais pas pris une telle claque depuis La Licorne ( ça n’a rien à voir mais c’est pas grave ). Reste le scénario : un fourre-tout incroyable qui part dans tous les sens. Du policier fantastique ésotérique dramatique dans une ambiance steampunk un poil délirante. Je vote moi aussi pour interner Thierry Gloris, comme ça, il aura tout le temps de nous pondre ses histoires hallucinantes. Parti comme ça, on peut légitimement avoir peur sur la cohésion de l’ensemble… Et bien, le bougre s’en tire à merveille, avec une excellente fin que je vous laisse découvrir. Seule minuscule ombre au tableau : le quatrième de couverture du dernier tome nous présente une charade qui fournirait les clefs du machiavélisme de cette histoire. J’ai beau la tourner dans tous les sens, j’ai pas la queue d’une réponse. A l’aide ! Il faut absolument interviewer ce nouvel auteur prometteur pour qu’il nous explique cette pirouette.

12/03/2009 (modifier)
Par tolllo
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cuervos
Cuervos

J’ai commencé cette série après avoir lu Gemelos qui se déroule dans la même ville et plus précisément après avoir parcouru l’avis de Ro se référant à "Cuervos". Je le remercie donc de m’avoir fait découvrir ce véritable trésor de la bande dessinée. Autres raisons à mon engouement : - D’une part, ce récit démontre et prouve, sans détour, la vérité sur une des villes les plus violentes au monde, si ce n'est la plus violente comme je le disais dans mon avis sur Gemelos. Bien avant les "villes en guerre" dont nous avons chaque jour des échos dans les journaux ou à la télé, Medellin en 2006 remportait déjà la triste palme de la ville la plus violente du monde. Les situations nous sont montrées telles qu’elles sont, nous pouvons donc y voir une réelle dénonciation un triste bilan de l'auteur qui fait un zoom sur les personnes oubliées, les laissés pour compte. Un côté sociologique dans cette BD qui n'échappe pas à qui se tient au courant des remouds dans le monde... Le fait de commencer chaque tome par aujourd’hui à Medellin peut surprendre au vu des personnages qui vieillissent, mais cela nous permet de comprendre que malheureusement, quelque soit le "aujourd’hui", la situation restera la même, sans véritable espoir donc… - D’autre part cette histoire présente des personnages extrêmement intéressants, voire même charismatiques, malgré leur déchéance, leur mode de vie, et leur violence. Ils sont réellement très bien construits. On apprend à les connaître, voyant leur caractère et leur personnalité évoluer et nous pouvons même essayer de les comprendre ou du moins comprendre pourquoi ils en sont arrivés là. De plus cette histoire est réellement forte, tracée au vitriol pourrait-on dire, un récit puissant pour peu que le sujet nous intéresse un tant soit peu ou tout simplement si nous nous faisons happer par ce récit. A qui s’adresse-t-il ? Eh bien a ceux qui aime les polars, ils ne serons pas perdus.... Et plus précisément à ceux qui aiment les histoires tournant autour de la maffia. Ce récit peut s’apparenter par exemple à La Cuisine du Diable, mais en beaucoup plus âpre. Pour faire une comparaison rapide, un enfant doit apprendre à survivre seul dans une ville où le crime organisé est omniprésent et interfère sur sa propre vie. Finalement le point de départ n’est pas si éloigné. Les personnes qui aiment les récits réalistes, aimeront également ce récit, tout simplement car contrairement à ce que l’on pourrait penser ce récit est tout à fait réaliste… Heureusement le scénariste n’en fait pas trop… Enfin un dessin sublime, un cadrage audacieux et extraordinaire, vraiment différent et qui sert le récit nous met la tête la l’envers comme le font les drogues aux personnages de cette histoire. Un coup de cœur pour une série qui… elle, n’en a pas, de cœur. Une histoire culte, un coup de cœur, pour une série coup de poing… 19/20

12/03/2009 (modifier)
Par Olivier
Note: 5/5
Couverture de la série Simon du fleuve
Simon du fleuve

Cette série est captivante pour qui s'intéresse à la bande dessinée post-apocalyptique européenne. Je ne pense pas que la présence d'un message ruraliste et écologiste soit un problème, car le propre de ce genre de BD est justement de délivrer un message en forme d'espoir. En outre, le propos devient plus riche et subtil au fur et à mesure que l'on avance dans les tomes. "Simon du fleuve" me semble constituer une bonne lecture complémentaire de ce chef d'oeuvre de la BD post-apocalyptique qu'est Neige, commencé en 1987 par Christian Gine et Didier Convard. Je trouve que la série Neige est encore plus culte car la psychologie des personnages est très fouillée et la symbolique encore plus riche, avec des lieux emblématiques comme Venise et Vézelay. Deux séries à découvrir et à savourer, donc.

12/03/2009 (modifier)