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Simon du fleuve

Note: 3.41/5
(3.41/5 pour 17 avis)

Simon évolue dans un contexte post catastrophe atomique. Pétri d'idéal, il se déplace comme un nomade, à la recherche de paix et d'un endroit où enfin se poser. Il déchante souvent. Malgré les blessures encore ouvertes du monde qu'il parcourt, il se rend compte que la violence de l'homme et sa folie, sont toujours d'actualité. (nb) cette série commencée par Auclair -5 tomes- a été poursuivie ensuite. J'ignore le nombre exact de volumes parus à ce jour. La série étant épuisée et abandonnée depuis un bout de temps déjà. Auclair est mort).


Après l'apocalypse... BDs oubliées Journal Tintin

Le clan des centaures place d'emblée Simon face à la violence qu'il fuit. Le premier album se conclue par un massacre. Simon croise des personnages marqués par la mort et l'angoisse. Simon trouve enfin l'amour qui l'aide à voir la vie avec un peu plus d'optimisme.

Scénaristes
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mars 1976
Statut histoire Une histoire par tome (Série terminée) 9 tomes parus
Couverture de la série Simon du fleuve
Les notes (17)
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21/05/2002 | SAGERA
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Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Une autre vieille série que j'ai pu lire grâce aux intégrales et si je suis plutôt content d'avoir lu une série qui semble avoir marqué son époque, je ne peux pas dire que j'ai été très passionné durant ma lecture. Le point fort de la série est le dessin réaliste que j'ai bien aimé. Le découpage est assez fluide même si parfois il y a un peu trop de dialogues sur certaines pages. Malheureusement, je n'ai pas accroché à l'univers post-apocalyptique imaginé par Auclair. Déjà, le personnage principal est sans charisme et pas du tout intéressant. Ensuite, j'ai trouvé que les histoires étaient sans saveur. Les personnages sont trop manichéens alors qu'il y avait du potentiel pour faire un truc plus complexe. Les histoires n'ont pas réussi à me passionner. La plupart du temps j'ai fini par feuilleter le récit et lorsque je lisais le tome suivant j'espérais qu'il serait meilleur. Le pire c'est la reprise de la série 10 ans plus tard avec un scénariste. Les histoires deviennent carrément chiantes et sans intérêt. J'ai l'impression d'être né trop tard pour apprécier cette série.

02/04/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà une série qui possède des qualités (d’où les trois étoiles), mais qui ne m’a pas non plus trop enthousiasmé (d’où le fait que je ne conseille pas l’achat). Mon avis ne porte que sur les cinq premiers albums (ceux pour lesquels Auclair était seul à la manœuvre). Le point de départ, comment des hommes s’organisent après une crise post atomique, est intéressant, avec un personnage principal, Simon, dont on ne sait pas grand-chose. Celui-ci va s’intégrer à diverses communautés, les aidant dans leur lutte contre « ceux des cités », c’est-à-dire ceux qui, bénéficiant des restes de l’ancienne technologie, et se comportant en oppresseurs, représentent les méchants – relativement invisibles. On le remarque d’emblée, c’est très manichéen, Simon étant une sorte de gardien des valeurs humanistes censées avoir été balayées par les guerres. Il est vrai qu’Auclair joue souvent sur ce registre, de l’homme qui doit retrouver un équilibre avec la nature, et respecter certaines règles morales minimales (voir par exemple son western très contemplatif La Saga du Grizzli). Cela tombe parfois un peu trop dans le ruralisme, le côté « retour aux sources, à la terre ou aux racines religieuses », au terroir (comme dans l’album « Les pèlerins », sans doute celui que j’ai le moins aimé de la série). Ce point est très marqué années 1970 (comme la colorisation d’ailleurs). Un message maladroit donc, caricatural et daté. Ce qui m’a chiffonné dans cette série, au-delà de ce manichéisme et de ce passéisme maladroit, ce sont les invraisemblances chronologiques. En effet, le premier tome situe clairement l’intrigue à la fin du XXème siècle, le « désastre » ayant eu lieu quelques dizaines d’années avant le début de l’intrigue. Or, certaines technologies (comme les machines volantes) n’ont pas pu être développées si vite. A l’inverse, la régression culturelle (des peuples nomades en particulier) est beaucoup trop rapide ! Si la végétation qui recouvre certains anciens édifices en ruine est crédible, j’ai du mal à croire que les hommes aient aussi vite oublié certaines notions, certains outils, en une génération ! Cette distorsion (on est parfois trop loin en arrière, ou trop en avant) du temps par rapport au point de départ m’a quelque peu gêné. Le dessin d’Auclair est lui classique, mais bon (comme toujours chez lui, du moins dans les séries que j’ai lues). Ce qui rend un certain nombre d’albums encore lisibles, malgré les défauts du scénario. Quelques années plus tard, Neige, ou Jeremiah développeront (mieux par plusieurs aspects, même si ces deux séries se sont trop diluée…) ce thème post apocalyptique. Note réelle 2,5/5.

03/03/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

Pour la première fois, l'intégrale de Simon du Fleuve, qui vient enfin d'être (ré)éditée en trois tomes, est disponible… Je l'ai lue, dans l'ordre, et, révérence parler, je me suis copieusement emmerdé ! Grosse déception avec cette série que je n'avais jusqu'alors parcourue que par bribes, et dont j'avais gardé un bon souvenir. À l’époque de la parution dans Tintin, j’ai lu certains épisodes (pas tous, car il manquait toujours un numéro de la revue), et, à travers cette lecture décousue, j’avais apprécié la vision du monde post apocalyptique développée dans Les esclaves ou Cité NW n°3. Peut-être ai-je lu cela avec mes yeux de préadolescent naïf… Franchement, mon regard de vieux con s’est décillé et Simon du Fleuve a fort mal vieilli. D'une part, il y a ce personnage, Simon, avec sa crinière blonde qui vole au vent et sa moustache de jais, qui traîne son mutisme contemplatif et son humanisme écologiste dans un monde post-apocalyptique peuplé de survivants plus ou moins belliqueux. Auclair s’efforce de le rendre très humain ; ArzaK a raison lorsqu’il évoque un « Jeremiah » qui serait doté d’une famille et qui vieillirait comme « Buddy Longway ». Mais à force d’être humain, ce brave Simon, avec ses rêves de babacool éleveur de chèvres sur le Larzac, devient ridicule. Il est super gentil et ne rêve que de faire le bien, un peu comme un Rahan du XXIe siècle, mais en moins inventif, et pas combattif pour un sou, pacifisme oblige (et puis Rahan, lui, ne m’a jamais ennuyé)… Dans certains albums, Simon du Fleuve est si fort dans son rôle d’antihéros qu’il n’apparaît presque pas et ne sert à rien dans le récit ! D’autre part, il y a les scénarios, fades et mal rythmés… Aux longues séquences muettes succèdent des scènes de dialogues et d’action vite expédiées, comme si Auclair s’ennuyait à raconter des histoires. Le point d’orgue du grand n’importe quoi est atteint dans les albums du retour de la série après dix années d’interruption (c’est le troisième volume de l’intégrale). À la fin des années 1980, Auclair a décidé que l’univers d’anticipation qu’il a construit pour Simon ne l’intéresse plus ; entretemps, il a commis des albums comme Bran Ruz ou Celui-là, avec un ton plus adulte et moins tourné vers le récit d’aventure. Alors il nous gratifie d’une bouillie philosophico-moraliste imprégnée de références shamaniques et celtisantes. De longues sentences en voix off assènent d’interminables aphorismes mystiques dignes d’un vieux sage asiatique. On n’y comprend rien et le pire c’est qu’on s’en fout (en gros, je vous résume : « la nature c’est bien, il faut être gentil et vivre en harmonie avec elle, mais seul le sage peut comprendre ces mystères… »). Il réussit le tour de force d’être à la fois gnangnan et pédant, étonnant non ? La lecture des albums 6 et 7 (en réalité 7 et 8, intitulés L'éveilleur et Les chemins de l'Ogam) m’a été un calvaire. Reste le dessin… Typique de l’époque, sans grande personnalité en fait. C’est moins bon que du Derib ou du Hermann, sans comparaison avec du Giraud. En plus, vers la fin, le trait est submergé par de nombreux aplats noirs, avec beaucoup de scènes en clair obscur, mal servies par une colorisation tour à tour criarde et pâlichonne, donnant un ensemble trop sombre. Malgré tout, il y a dans Simon du Fleuve quelques belles scènes avec de grands espaces dignes des meilleurs westerns. Au final, cette série est trop marquée par l’esprit des années 1970, et je pense que les derniers albums étaient déjà ringards au moment de leur parution. Les fans de Jeremiah Johnson s’y retrouveront un peu. Les écologistes post-soixante-huitards y puiseront quelques évocations nostalgiques. Les curieux y discerneront l’esprit d’une époque… Quant aux autres, ils risquent fort d’être déçus. Aux amateurs de récits post apocalyptiques, je conseille de s’en tenir aux deux premiers recueils de l’intégrale, mais sans s'attendre à être ébahis.

19/09/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Voilà une série particulièrement typée de son époque tant par le dessin que son propos. Le dessin n'est pas déplaisant, les couleurs sont assez "fades" et dans un style réaliste les personnages ont un côté un peu figé. Mais à l'époque c'était tout de même ce qui se faisait de mieux et surtout qui était au goût des lecteurs. Les différents scénarios s'appliquent à mettre en avant un discours très antimilitariste et écolo. A priori je n'ai rien contre sauf qu'ici cela ressemble beaucoup trop à un discours militant, presque intégriste. Oui les villes c'est pas bien, oui les campagnes c'est trop bien. Soit, mais ce qui pouvait faire écho à une période devient à la lecture d'aujourd'hui un poil plus compliqué, nettement moins basique ou simpliste. Il faut ajouter à cela des dialogues et un texte plus qu'encombrants, ce qui donne une lecture parfois difficile. Pour autant, il ne pas jeter cette série qui, je le répète, dans le contexte de son temps avait le mérite d'être novatrice et d'aborder des thèmes qui n'étaient pas forcément connus de tous, les médias de l'époque ne s'en faisant pas l'écho. Depuis, Jeremiah, dans une veine similaire teintée de fantastique, a fait à mon sens beaucoup mieux dans le genre post apocalyptique. Une série qui reste à lire malgré tout pour son message humaniste et ses qualités scénaristiques.

19/02/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

D'abord, il y a Jason Muller constituée de 4 récits parus dans le journal Pilote entre 1970 et 1972 ; cette Bd est en quelque sorte un 1er acte de "Simon du Fleuve", conçue par Auclair à partir de 1973 dans le journal Tintin. Je ne la lisais pas, je n'y comprenais rien, à cette époque je ne m'intéressais qu'à de la BD distrayante, je n'avais pas envie de réfléchir ou de m'emmerder. Et comme je l'ai beaucoup fait, j'ai relu cette bande bien des années après, avec des yeux d'adulte. Je dois dire que si elle ne m'a pas véritablement transporté, c'est probablement une des meilleures bandes post-atomiques, dont le héros voyage à travers plusieurs régions d'une France revenue à un état quasi sauvage suite à un conflit ; d'après ce que j'ai vu dans un avis précédent, je confirme que c'est possible qu'en une génération, la végétation puisse repousser très vite, un arbre mettant à peu près 20 ans pour retrouver sa forme originelle. Avec Simon, on découvre les communautés où il s'intègre dans l'une d'elles et où il trouve l'amour auprès d'Emeline ; on découvre aussi que "ceux des cités" possèdent une technologie qui date du "temps d'avant", et leur équilibre est parfois perturbé par des bandes de pillards. Le message délivré dans cette bande est typique de ce début des années 70, c'est une philosophie écologiste basée sur l'amour de la terre et des paysages, Auclair dénonce d'une façon un peu pédante les dangers du pouvoir par la force, de la civilisation technologique, et le fléau de la guerre, prônant la paix et la fraternité des peuples grâce au retour de la nature. C'est très hippie, très pacifiste, dans l'air de l'époque, et aujourd'hui, ces visions sont chamboulées, mais la série vaut le détour pour ses grandes qualités humanistes. Graphiquement, c'est un dessin très plaisant, tel que je l'appréciais dans le journal Tintin à cette époque, qui ne cessera de s'affiner pour atteindre son point culminant sur Bran Ruz. Une bd rare, de qualité, à découvrir.

02/09/2013 (modifier)
Par Olivier
Note: 5/5

Cette série est captivante pour qui s'intéresse à la bande dessinée post-apocalyptique européenne. Je ne pense pas que la présence d'un message ruraliste et écologiste soit un problème, car le propre de ce genre de BD est justement de délivrer un message en forme d'espoir. En outre, le propos devient plus riche et subtil au fur et à mesure que l'on avance dans les tomes. "Simon du fleuve" me semble constituer une bonne lecture complémentaire de ce chef d'oeuvre de la BD post-apocalyptique qu'est Neige, commencé en 1987 par Christian Gine et Didier Convard. Je trouve que la série Neige est encore plus culte car la psychologie des personnages est très fouillée et la symbolique encore plus riche, avec des lieux emblématiques comme Venise et Vézelay. Deux séries à découvrir et à savourer, donc.

12/03/2009 (modifier)
Par AlainM
Note: 4/5
L'avatar du posteur AlainM

Très bonne série avec une ambiance assez particulière où le futur se mêle au passé du fait de l'abandon de quasi toutes nos technologies modernes (un peu comme dans Jeremiah de Hermann). Il reste cependant quelques détenteurs de richesses passées qui les utilisent généralement à mauvais escient. Les albums de "Simon du Fleuve" sont un hymne à la nature et aux valeurs de vie en communauté. J'ai moins aimé les derniers albums, un peu trop mystiques à mon goût. Il est à remarquer que la 1ère histoire de "Simon du Fleuve" n'est pas le clan des Centaures mais "la ballade de Cheveu Rouge", qui est très largement inspiré du roman "Le chant du monde" de Jean Giono. Cette histoire n'a pas été publiée en album suite à des problèmes de droits d'auteur. Elle n'a été publiée, à ma connaissance, que dans le magazine de Tintin en 1973 et de façon confidentielle en noir et blanc dans une biographie d'Auclair.

08/10/2006 (MAJ le 20/01/2008) (modifier)
Par Chéreau
Note: 2/5

Le dessin a vieilli : un peu sage et conventionnel et les couleurs ne valent pas celles de la BD actuelle. Avec ça, les personnages sont guindés comme dans du Vance... Bon, mais le problème n'est pas tant là. C'est d'un moralisateur, cette série ! Et avec une morale bébête du style "le progrès et les grandes villes, c'est caca, la campagne et la vie rustique comme nos ancêtres, c'est encore ce qu'il y a de mieux". Le tout martelé avec insistance, sur des scénarios mal ficelés et bien pauvrets, où les rares péripéties se dénouent en deux coups de cuiller à pot. Auclair passe plus de temps à nous décrire la vie merveilleuse de ses gentils Amish à barbe en collier qu'à raconter une histoire. C'est vite lassant. Et son Simon, beau, blond, taiseux, courageux et écolo me paraît bien pâlot.

18/04/2007 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Ne vous êtes-vous jamais demandé : "... et s'il se passait quelque chose de grave sur la Terre... que je serais un des rares survivants... que ferais-je ?... " Bonne question non ?... Simon du fleuve fait ses premiers pas post-atomiques dans l'hebdo Tintin n° 4, 28ème année, du 23 Janvier 1973... Après un énorme conflit mondial, quelques symboles témoignent encore de "l'ancienne époque". La race humaine, du moins ce qu'il en reste, est retournée quasi à ses origines... Hommes et femmes tentent de survivre, se regroupent en tribus, en villages... Simon, lui, est un infatigable voyageur. Il va "là où son regard le porte", plutôt sans but précis, tentant quand même de se reforger une sorte d'équilibre... Cette saga écologique se veut une sorte de réflexion de l'auteur sur le progrès que l'on n'a pas su contrôler, sur la folie meurtrière des hommes. Alliant écologie et aspect mystique, Auclair va gérer cette belle série jusqu'en 1978. Cinq albums seront édités. A la suite de problèmes avec sa maison d'éditions -Lombard-Dargaud- il va l'arrêter pendant une dizaine d'années. Simon revient en 1988. Un retour attendu et remarqué. Les scénarios sont maintenant signés Alain Riondet. Cette sorte de second cycle renferme un contenu beaucoup plus philosophique, moins polémique que les opus précédents. La mort d'Auclair, en 1990, met un terme a cette véritable oeuvre généreuse. Simon aura vécu le temps de 9 albums. La série ne sera pas poursuivie. Personnellement, c'est peut-être mieux ainsi... L'auteur : Serge Auclair est né à La Barre-des-Monts (Vendée) le 1er Mai 1943. Outre Simon du Fleuve, on lui connaît principalement Les Naufragés d'Arroyoka, "La saga du grizzli". Auclair pratiquait le dessin de style réaliste avec grand talent. Il laisse derrière lui une oeuvre très personnelle empreinte d'amour, d'écologie, de sensibilité et -surtout- d'humanisme. Il nous a quitté le 20 Janvier 1990 à Nantes.

23/08/2006 (modifier)
Par Nijal
Note: 4/5

Mon avis se situerait plutôt entre "pas mal" et "franchement bien", de telle sorte que mon appréciation deviendrait "bien dans l'ensemble". "Simon du fleuve" combine efficacement certaines caractéristiques du genre post-apocalyptique, tout en apportant une approche originale. Tout d'abord, cette BD est typique des années 70. De par le dessin, qui était très usité durant cette décennie: clair, réaliste, il s'était éloigné de la feu dominante ligne claire, et on entrevoyait la "modernité" actuelle. On peut le rapprocher de Derib, qui utilise sensiblement le même trait. De par le découpage aussi; là aussi on perçoit la "transition": une certaine liberté dans l'agencement des cases certes, annonciatrice du style actuel, mais qui reste très classique. A noter de même le titre qui apparaît après quelques planches, caractéristique elle aussi des années 70. Auclair situe son récit dans un décor post-apocalyptique. Certes l'on pourrait critiquer la façon dont s'est déroulée cette fin du monde (la crise pétrolière de 1973 qui a généré un désordre mondial), mais cela reste malgré tout crédible, surtout dans le contexte géopolitique actuel. Etrange aussi le paysage: comment cela se fait-il que toutes les infrastructures qui constituaient notre civilisation aient disparu en l'espace d'une génération, comme le fait judicieusement remarquer l'avis précédent? Mais pour l'auteur, cela n'a que peu d'importance, car ce n'est qu'un prétexte. Nous touchons là -si je puis dire- à "l'âme" de l'oeuvre d'Auclair. Il fait en effet évoluer un personnage (Simon donc) dans un monde désolé et sauvage où tout est à reconstruire. Cet homme, idéaliste à l'extrême, se retrouve confronté à toutes sortes de situations qui, si elles ne soumettent sa capacité de survie à rude épreuve, du moins lui poseront-elles de sérieux cas de conscience. A travers son périple et le passage dans différentes communautés humaines, il doit affronter l'hostilité des hommes, la haine, l'incompréhension, l'inconscience, parfois la folie, bien qu'il rencontre l'amour avec une épouse qui semble modelée à son image. Auclair en profite pour faire passer des messages qui semblent lui tenir très à coeur: la défense de la nature, la fraternité entre les hommes bien sûr, mais aussi le sort et le rôle de la femme... Etrangement, "Simon" n'est pas l'intérêt principal de cette série. Il est trop idéaliste pour être attachant. Auclair ne semble en outre pas briller par la finesse de son analyse psychologique. Les hommes semblent se diviser en deux catégories: les bons et les méchants, ou plutôt, les "responsables" et les "inconscients". Ce sont les situations que vit Simon qui rendent la série intéressante: d'elles transpirent toujours un certain souffle lyrique, sans doute les grands espaces sauvages; et aussi la façon dont Auclair fait passer son message. A partir du tome 5, la série prend un virage à 90°, puisque c'est Riondet qui s'attelle au scénario. Pendant deux tomes, Simon est embarqué dans des aventures philosophiques où il semble vivre un rêve éveillé, et ne joue qu'un rôle mineur. Les dialogues, qui n'étaient déjà pas très drôles, deviennent carrément abstraits et métaphysiques. Ces albums-là sont les moins compréhensibles, et contrastent singulièrement avec les précédentes aventures réalistes. Retour à la réalité pour les deux derniers tomes, qui ne forment qu'une seule et même histoire. Ici, finis les beaux messages explicites, on entre dans le drame humain: les personnages sont ici très charismatiques, car leur analyse psychologique est poussée. De cette tragédie en huis-clos (une presqu'île) se dégage même une certaine tension, pour la première fois dans la série. Nous est tout de même fait passer un message sur la vanité et la folie des hommes. Ces deux derniers tomes sont pour moi les plus intéressants. Bref, une BD originale et assez captivante. "Simon du fleuve", la série humaniste par excellence.

04/07/2005 (modifier)