Les derniers avis (7654 avis)

Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gyakushu !
Gyakushu !

On va de surprise en surprise avec les éditions Ankama qui non seulement nous dégotent de jolis talents bien de chez nous pour leur label 619 mais également quelques figures de proues de la scène indépendante comme cet OVNI tout droit sorti de l'imagination débridée de son auteur Dan Hipp. Gyakushu ! (Vengeance !) ne donne pourtant pas très envie a priori. Les pages représentées ici même ne donnent guère envie avec un dessin très (trop ?) épuré a priori. L'histoire de vengeance inspirée d'un Kill Bill ou de Lady SnowBlood dans un monde Dark Fantasy n'a en soi rien de fichtrement original. Les références de duel à la Sergio Leone sont également légion ainsi l'identité du voleur, principal protagoniste, est soigneusement éludée de la même façon que l'homme sans nom incarné par Clint Eastwood dans la trilogie du dollar. Ce voleur, sorte de Robin des Bois un rien désinvolte, brave les autorités par jeu afin de dérober moult trésors. Souhaitant élever son fils à l'abri avec sa compagne dans une contrée lointaine, il va être retrouvé par un sinistre Empereur et laissé pour mort après le massacre de sa propre famille. Ressuscité sous la forme d'une créature recouverte de bandelettes, il est grand temps de régler les comptes à ses agresseurs 15 ans plus tard dans un pays dévasté par la tyrannie de son principal ennemi.... Avec un tel pitch il y a plusieurs façons d'opérer... Soit on s'y prend très au sérieux sous peine de se vautrer dans le ridicule des plus convenus soit on profite de la minceur du scénario et de sa banalité pour en faire un gros délire propre aux expériences graphiques et narratives des plus variées.... Et Dan Hipp a heureusement choisi la deuxième option en multipliant cadrages nerveux et un usage du noir et blanc à la Scott Pilgrim pour alterner scènes de flashbacks et de nombreux charcutages bien rythmés. L'utilisation d'un mystérieux narrateur rythmant le récit à sa guise en nous envoyant dans le passé ou le présent du Voleur est plutôt ingénieuse car on évite la linéarité d'un récit convenu tout en ayant droit à quelques pincées d'humour plus que bienvenues. Il n'y a rien de révolutionnaire dans tout cela et les 200 pages du premier tome s'avèrent être une simple mise en bouche divertissante et pourtant son cliffhanger interpelle quant à l'issue de cette histoire. Comme le dit si bien le narrateur de cette histoire : Tout va mal finir ! Le second volume éclate davantage l'ordre narratif en virevoltant dans le présent et le passé sans que l'on soit pour autant perdu grâce à l'aide de ce mystérieux narrateur. Une fois de plus, pas de quartier avec trois frères psychopathes complètement allumés du cigare et un commanditaire masqué qui semble bien connaître notre héros... Quelques amputations plus tard et des révélations qui relancent la mécanique et notre intérêt un rien perturbé par ce mélange pop et indépendant et on arrive déjà à la fin de ce chapitre avec pas mal de réponses mais avec de nouvelles questions en suspens. Le troisième et ultime volet offre son lot de surprises et résout toutes les intrigues en cours. C'est la lecture de ce dernier acte qui justifie l’intérêt de toute la série au complet. S'y révèle même un soupçon imaginé de tension et d’émotions qu'on n'a pas vu du tout venir. Du grand art. Dan Hipp manipule parfaitement la narration et en joue diaboliquement avec le lecteur pour offrir une digne fin à la hauteur d’une grande saga. Utilisant les mécanismes d’une narration éclatée et tout autant de révélations qui redonnent une toute autre lecture à Gyakushu, une fois la dernière page tournée toute la richesse d'un scénario parfaitement écrit. La patte graphique est loin d'être simpliste, Dan Hipp est avant tout un illustrateur de renom Outre-Atlantique qui a su adapter des règles purement cinématographiques pour dynamiser sa mise en scène. Gyakushu est un incroyable melting-pot d’influences et de saveurs uniques. D’un intérêt initial plus qu’incertain, l'auteur a su rendre captivante une histoire de vengeance et l'étoffer pour rendre le récit haletant jusqu'à la dernière case. Les personnages ont beau être peu développés, on comprend leurs motivations et ambitions en quelques cases. Du coup l’ensemble est plus que hautement recommandable et Dan Hipp offre un lot de passages épiques voire bouleversants sans abandonner aucun de ses protagonistes. C’est bien la caractéristique des grandes œuvres cultes, celles qui n’auront jamais un impact commercial monstrueux mais qui auront touché ou diverti les quelques bonnes âmes courageuses pour les découvrir. À noter un travail d’édition remarquable de la part d’Ankama. Belle découverte pour ma part. :)

27/11/2011 (MAJ le 13/11/2019) (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jusqu'au dernier
Jusqu'au dernier

Ces deux auteurs nous avaient livré il y a quelques années L'Héritage du Diable, une série sympathique mêlant ésotérisme avec la grande Histoire, série que j'avais beaucoup appréciée. Cette fois-ci le tandem nous revient avec un western, et quel western! Derrière une magnifique couverture, que l'on ait opté pour le tirage de luxe ou le tirage normal, nous découvrons une histoire assez inattendue. Outre un scénario qui n'est pas avare en surprises, et qui défie tout ce que l'on attendait d'un western classique, il faut souligner la qualité exceptionnelle du dessin de Paul Gastine. Quels progrès depuis L'Héritage du Diable. Avec des plans très cinématographiques (jetez un coup d’œil à la troisième case de la page 49), Gastine nous offre des planches somptueuses. Il est très à l'aise dans les scènes nocturnes, assez nombreuses dans cette histoire. J'avoue avoir choisi l'édition grand format, en tirage de luxe pour admirer le dessin. J'attendais depuis plusieurs mois la sortie de cet album, après avoir découvert quelques planches sur certains sites, et mon attente a été à la hauteur de ce que j'espérais. Car ce one shot, il faut souligner qu'il s'agit d'un one-shot, est sublime. Jérôme Félix a l'habileté de nous offrir, derrière un début de scénario somme toute assez classique, souvent traité au cinéma (le déclin des cow-boys et l'émergence du chemin de fer) une histoire d'amitié, d'engagement qui va virer au cauchemar. J'ai déjà relu cet album deux fois tant cette histoire m'a enthousiasmé, et je vous invite à découvrir ce one-shot, qui, avec Les Indes fourbes sera à mon avis, un des meilleurs albums de cette année.

12/11/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Rapport de Brodeck
Le Rapport de Brodeck

Adapter une œuvre d’un medium à un autre est souvent casse-gueule (combien de romans retranscrits en films ou séries télé déçoivent les fans ?). Les adaptations de romans en BD sont courantes (766 séries référencées sur le site au moment où j’écris ces lignes) mais l’exercice est difficile. Manu Larcenet réussit pour moi un sans-faute, et évite les pièges classiques (textes trop abondants et grosses coupures scénaristiques). Le dessin n’est pas « juste » magnifique, avec ce noir et blanc d’une précision remarquable, et ces scènes contemplatives d’une poésie rarement égalée. Non, ce qui est remarquable selon moi dans le dessin, c’est qu’il accomplit parfaitement son rôle dans l’adaptation : il capture le texte original, les descriptions, les émotions, et les retranscrit dans le medium de la BD : le dessin. Les regards et les silences en disent long, les paysages sont un personnage à part entière. Seuls les dialogues factuels ont été conservés, ce qui donne une narration légère et fluide. L’histoire de Philippe Claudel est sombre au possible, et parle de l’âme humaine, de la peur de l’autre, de la lâcheté face au danger… bref, vous voyez le tableau. Je suis ressorti de ma lecture bouleversé. « Le Rapport de Brodeck » est pour moi un diptyque parfait. Je me retrouve complètement incapable de justifier une note autre que 5/5… et je vois que je ne suis pas le seul.

11/11/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dracula (Bess)
Dracula (Bess)

Bammmm !!! C'te baffe ! C'est sur les conseils insistants de notre bon Sloane que je me suis lancé dans la lecture de cet album (je vous renvoie à son avis dithyrambique) et connaissant nos goûts respectifs je partais plutôt confiant. Et bien les aminches je fus servi et pas qu'un peu ! Quel régal ! Si certaines adaptations laissent parfois un goût amer ou insipide, rien de tout cela ici ! Il faut dire aussi que les prémices de la littérature fantastique produits par Edgar Poe ou Bram Stoker ont ravi mes nuits de jeune lecteur et ont forgé mon engouement pour le genre. Ajoutez à cette adaptation un noir et blanc somptueux (Ahhh le noir et blanc... j'adore !) et totalement maîtrisé, et là moi je dis chapeau bas monsieur Bess ! C'est avec Le Lama blanc et Juan Solo que j'avais déjà pu apprécier le talent de cet auteur ; mais là, on passe au niveau supérieur ! High level même ! Que ce soit au niveau de l'adaptation très fidèle au texte de Stoker tout en parvenant à conserver une fluidité de narration impressionnante ou le découpage talentueux qu'il nous propose, rien n'est à jeter ! Ces planches mes amis ! Bess s'amuse avec ses cases, quitte à en sortir, il marie un réalisme saisissant et des décors parfois très impressionnistes un peu à la façon d'un Sergio Toppi tout en gardant son style propre. On est littéralement happé par cet album, comme hypnotisé par ce bon vieux roublard de Dracula. Alors pas d'hésitation, cet album est une pure merveille graphique et une adaptation des plus réussies, foncez chez votre libraire, vous ne regretterez pas votre achat.

05/11/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Coeur de Ténèbres (Delcourt)
Coeur de Ténèbres (Delcourt)

Nantes, durant la longue période des guerres de Vendée (où Les Blancs et Les Bleus s’affrontaient), le lieutenant Varenne et son acolyte Uncas, sont engagés pour retrouver le colonel Schreb. Celui-ci, surnommé l’Ange de la terreur, s’est retiré dans des marécages bretons, en compagnie de toute une armée d’oubliés. Son exil est considéré comme une vendetta et si Varenne le trouve, il doit l’abattre. Transposer le célèbre court roman ‘Au cœur des ténèbres’ de Joseph Conrad doit être un sacré défi. C’est un roman intense au caractère très sombre. Il compte le récit d’un périple au cœur de l’Afrique noire d’un jeune officier de la marine marchande britannique envoyé pour rétablir des liens commerciaux, concernant le business de l’ivoire, en pleine jungle, avec un certain Kurtz qui ne donne plus de nouvelles. Je pense qu’après tout le monde doit connaître ce roman de Conrad même si jamais lu via Apocalypse now, le film de Francis Ford Coppola, en transposant le récit durant la guerre du Vietman avec ce duo inoubliable qui est Martin Sheen et Marlon Brando. Jean-Pierre Pécau replace donc les événements de la nouvelle de Conrad avec brio puisqu’il arrive à sublimer ce récit étrange et terrible. Tout en restant sur le thème du conflit, il met en place la sédition d’un homme face à l’horreur de la guerre et met en avant un épisode sanglant et sombre de l’histoire de France : les guerres de Vendée. Les thèmes abordés sont forts et nous dévoilent toute l'angoisse de cette période de l’après Terreur. De plus, Jean-Pierre Pécau arrive à garder le côté exotique, mot à prendre avec des pincettes, du récit de Conrad qui se déroule en Afrique noire, avec le personnage de Uncas, un peau-rouge de la tribu Mohawk, venu s’engager dans l’armée française. De même que le récit de Conrad se déroule sur un fleuve d’Afrique noire au milieu de la jungle, présentement le récit se déroule sur un canoë dans des marécages touffus. Le côté graphique est absolument réussi et atypique. Le trait de Benjamin Bachelier s’harmonise avec la plume de Jean-Pierre Pécau et nous applaudissons le choix de ce duo qui est en total symbiose. Tout en gris, les traits marqués des personnages nous envahissent et nous crient leur horreur, souvent nous sommes à la limite de déchiffrer comme dans un brouillard. Ils ont des regards et des expressions happés par la folie. Des regards hagards, pétris de douleur et de souvenirs sanglants. Et tout d’un coup, des touches de couleurs, très vives, qui nous font monter en pression ! Boum ! Tout en se terminant comme dans une explosion de douleurs ! C’est beau, très beau, très émouvant et très délicat en fait. Je pense que cela peut rebuter au premier coup d’œil car le rendu est presque grossier mais c’est de l’art totalement maîtrisé. Bravo aux auteurs et à l’éditeur qui a su porter à bien ce projet totalement réussi.

04/11/2019 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Atelier des Sorciers
L'Atelier des Sorciers

Alors tout d'abord, remballez vos préjugés. Il ne s'agit ni d'un Shojo, ni d'un manga destiné à un jeune public (elle est éditée en France chez PIKA dans la collection "PIKA SEINEN") et on est très loin d'un Harry Pot-de-Beurre. Alors certes, l'héroïne est jeune et inexpérimentée mais ses actions ont déclenché une tragédie (elle n'est donc pas victime mais en quelque sorte "coupable") et cela ne fait que renforcer sa détermination. Voilà, maintenant qu'on a clarifié ce point, on peut parler des qualités qui font de ce manga un excellent achat qui vous fera passer un bon moment. Le dessin est bon voire très bon parfois même si certaines cases sont un peu vides. Le character design est également agréable et aide à la lecture. Mais c'est avant tout le scénario, original, qui fait de ce manga une perle rare. En effet, là où un shonen se retrouvera à faire du "level-up", ici on a une intrigue complexe dont, après 4 tomes, on ne fait qu'effleurer le potentiel, le tout servi par un découpage donnant un très bon rythme à l'ensemble. Bref, du tout bon et j'ai hâte de lire la suite... Après relecture et lecture du tome 5, j'augmente ma note d'une étoile car ce manga est tout simplement magique...

23/09/2019 (MAJ le 31/10/2019) (modifier)
Couverture de la série Les Aventures de Flip (Skateboard et Vahinés)
Les Aventures de Flip (Skateboard et Vahinés)

J’ai lu ce tome de Flip , et quel dommage qu’il n’y ait pas eu plus de tomes de la part de Navarro. Flip est un Dauphin âgé de 10 ans qui vit dans une sorte de banlieue avec ses parents et son petit frère. Il y a différentes phases se contrastant dans la BD : on s’amuse avec les copains , mais on pleure car ses parents se disputent puis on va chez le papy etc. J’ai beaucoup aimé l’humour et aussi la tendresse dans cette BD , la relation entre Flip et sa famille est réellement mignonne et touchante , on ressent la peine que Flip a durant les graves disputes de ses parents. Les relations entre ses amis sont aussi plutôt sympatoches , aimant le skateboard j’ai plutôt aimé le côté urbain. Au niveau des dessins c’est pas super non plus, c’est assez flashy mais les personnages sont plutôt mignons et ont un bon petit design. Bref un petit coup de cœur découvert par hasard qui mérite d’être plus connu à mes yeux.

28/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Jim Cutlass
Jim Cutlass

Longtemps j'attendrai la suite. Carolyn sera-t-elle l'amour de sa vie de Jim ? Tant de promesses dans chaque tome, qui appellent le suivant, et particulièrement dans le dernier tome. Celui qui aime Blueberry ne devrait pas ne pas aimer cette série. Jean-Michel Charlier est un bon faiseur de scénario, certes mais c'est quand même toujours la même chose. (Sorry pour les fans mais je viens de relire tous les Blueberry et c'est ce qui m'a le plus frappé.) Ici, c'est amour et folie et amour de la folie.

27/10/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sunstone - Mercy
Sunstone - Mercy

Je suis parfois gêné en mettant une note, parce qu'elle pourrait être bien trop personnelle et induire en erreur d'autres lecteurs. C'est pour ça que j'essaye de toujours être le plus clair possible dans mes avis. Mais là, j'ai beau essayer, je mets le culte. Parce que franchement, je suis bluffé. L'idée d'un spin-off sur deux personnages secondaires de Sunstone me plaisait énormément, ne serait-ce que pour avoir l'opportunité de retourner dans cet univers-là. Mais, comme souvent avec les spin-off, j'avais également de l'appréhension quant à l'histoire. L'auteur parlait de dévoiler l'histoire de Anne et de Alan, et si celle de Anne nous était totalement inconnue, celle de Alan avait déjà été racontée par bribes dans la série Sunstone. Donc j'avais peur d'une redondance, d'une histoire sans grand intérêt si l'on avait déjà lu l'autre série. Mais qui suis-je pour juger avant de lire ? Et la lecture fut merveilleuse. Je ne m'attendais vraiment pas à ce que ce soit si bon. Parce que l'auteur a fait fort, très fort même : il a créé une histoire qui s'articule parfaitement autour de celle de Sunstone, reprenant des éléments mais créant quelque chose de neuf, de différent et sur un autre propos. Bref, l'auteur a fait une nouvelle BD. Je m'attendais à ce que l'album soit centré sur la vie d'Alan et que le second soit centré sur Anne, mais l'auteur a choisi de mêler les deux voix en faisant raconter alternativement leurs aventures aux deux. Et l'idée est remarquablement trouvée, puisque chacun présentera sa découverte de la sexualité, son histoire "d'amour" (les guillemets sont importants) et l'état d'esprit avec lequel ils abordent tout cela. Le mélange des deux histoires met en parallèle leurs vies, mais aussi leurs attentes, et surtout le rapport de chacun à la sexualité. Rien que pour cela, je trouve que l'auteur fait incroyablement fort : son histoire réussit à mettre sur un pied d'égalité deux sexualités différentes, en montrant que toutes se ressemblent. En terme de message tolérant, on est sur du parfait : homosexualité féminine face à BDSM, hétérosexualité face à sexualité ordinaire, même combat, mêmes enjeux. J'ai hâte qu'il parle de l'homosexualité masculine et du transgenre, mais il semblerait que cela arrive dans la série suivante ... Vivement la suite donc ! Bref, le message est fort, et très bien amené. Tout ceci reposant principalement sur la force de l'auteur : les personnages. Encore une fois, on sent dans le développement une tendresse. Une tendresse incroyable de la part de l'auteur pour ces humains qu'il a créés et développés. On sent qu'il les aime, qu'il aime leur développement et qu'il s'est attaché (huhu, attaché, bdsm ... Quoi, faut bien rire un peu !) à les rendre le plus humain possible. L'empathie est totale avec ces personnes qui se découvrent, tout autant dans leurs sexualités que dans leurs vies (en même temps ça va souvent de paire). A ce titre, l'histoire d'Anne et son père est superbe, hilarante face à cette gêne qui nait de la situation, mais touchante par le rapport qu'ils entretiennent. Et montrer un père qui ne condamne pas la sexualité de sa fille même s'il n'y était pas préparé et qu'il n'y connait presque rien, c'est encore une fois un très beau message. Après tout cela, que dire de plus ? J'ai une attente énorme de la suite, parce que contrairement à Sunstone, on sait que ces histoires ne finiront pas heureuses. Enfin, si, mais pas dans la voie qu'elles suivent actuellement. Et de sentir que le drame arrive (il est annoncé clairement au fil des pages), ça rajoute une dimension tragique qui donne envie de découvrir la suite. En fait, le souci que j'ai avec cette BD, c'est que j'ai un mal fou à la considérer comme érotique, parce qu'en dehors de quelques scènes gentillettes de nues, on a rien de bien excitant. C'est vraiment une BD sur les liens sociaux, sur l'amour et sur l'humain. Le sexe, c'est ici une partie de l'être humain, rien de plus et rien de moins. Rien de honteux, rien de scandaleux, mais pas négligeable pour autant. Stjepan Sejic transmet un message de tolérance, d'humanité, mais aussi un message positif au possible. Comme s'il avait envie de crier "vivez votre sexualité comme vous l'entendez !" au monde. Et ça me touche beaucoup, parce que cette bienveillance permet de s'éloigner un peu de la lourdeur du réel. On aimerait que ce soit aussi simple et aussi beau dans notre monde, mais pour fabriquer un autre monde il faut commencer par le rêver. Et cette BD donne envie de le faire. Je suis très -trop- élogieux envers cette BD, mais j'ai ri à la lecture, au point de devoir poser la BD et attendre quelques minutes que le fou rire passe, et j'ai été touché par les personnages. Alors même que je pensais que l'auteur ne réussirait pas à faire mieux que Sunstone. Et il n'a pas fait mieux : il a fait complémentaire et différent. C'est du grand art. Son dessin reste toujours aussi agréable, on y trouvera des belles idées de mise en scène, de composition et de colorisation. Et bien sûr, quelques scènes agréables à l'oeil. Mais si peu importantes face au reste, finalement ... Allez, je peux quand même faire une critique (si, je vous jure) : c'est quoi cette tête d'Alan sur la couverture ? Sérieusement, elle fait tâche par rapport au reste, et je ne la comprends pas. En résumé, -parce que j'ai encore été écrire des caisses sur une BD que j'aime beaucoup- Sunstone : Mercy était un pari selon moi, et l'auteur l'a réussi sans conteste. Il a fait un réel tour de force au niveau du message, des personnages et de l'ambiance d'ensemble. C'est une BD qui fait du bien à lire, qui redonne le sourire et donne espoir. En fait, cette BD est une de ces histoires que j'aime parce qu'elle me fait sentir bien pendant la lecture, et encore plus après. Parce que l'auteur nous invite à voir sans juger, à apprécier sans participer et à faire son propre avis. C'est d'une justesse touchante, et j'attends impatiemment la suite. Et s'il fallait le préciser, je crois bien que cette BD devrait trainer entre le plus de mains possible. Partager une part d'humanité, ça ne peux que faire du bien dans la situation actuelle ...

26/10/2019 (modifier)
Par Bouriket
Note: 5/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Je profite de la sortie du 38ème tome pour aviser la série. En résumé, pour ceux qui habiteraient dans une galaxie très lointaine, cela se passe en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains... Toute ? Non ! Un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Les connaisseurs auront constaté que j’ai recopié le texte d’introduction figurant sous une carte de Gaule ouvrant traditionnellement chaque album. Carte dont j’ai accueilli le retour dans le dernier opus avec plaisir après son omission du précédent, accompagnée de la non moins traditionnelle présentation de quelques habitants du village en question. Ce tome 38 a pour titre « la Fille de Vercingétorix ». Bon point : l’absence du nom d’Astérix dans le titre de l’album évite une redondance graphique du plus mauvais effet avec le titre de la série. Mauvais point : sujet potentiellement glissant. La couverture ne laisse guère place au doute : Astérix et Obélix vont récupérer la garde de la fille du renommé chef gaulois et celle-ci n’aura pas un caractère facile. À mes yeux, cet album est le plus réussi du duo Ferri / Conrad. Le scénario, bien que sans surprise ni réelle ambition, tient à peu prêt la route, mené par un Ferri qui maîtrise parfaitement son petit gaulois. J’ai ris plusieurs fois aux jeux de mots, calembours et situations comiques de cet album. Goscinny affleure par moment et c’est réjouissant. Le dessin est à l’avenant, dans la droite ligne d’Uderzo (voir la reprise de la 1ère case du Bouclier Arverne). Un Astérix qui a le mérite de se laisser lire sans déplaisir, sans pour autant atteindre les sommets de l’âge d’or. J’attends une confirmation dans deux ans car les 3 premiers albums du duo d’auteurs actuels ne fonctionnaient pas aussi bien. La note globale de la série est de 5 étoiles car il s’agit d’une série culte dans le monde de la franco-belge même si la qualité est plus irrégulière après le décès du formidable René Goscinny.

24/10/2019 (MAJ le 25/10/2019) (modifier)