Les derniers avis (7654 avis)

Par olma
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série 47 Cordes
47 Cordes

Cette BD est un superbe récit à la fois fantastique, sensuel et empli de suspense, dans lequel le surnaturel se fait une place dans le monde réel à travers deux histoires menées en parallèle, qui s’entrecroisent progressivement et finissent par se rejoindre avec un premier tome qui se termine sur un « cliffhanger haletant » qui ne donne qu’une envie : ouvrir le 2ème tome. Le personnage d’Ambroise, harpiste confirmé aspirant à devenir professionnel est celui qui fait le lien entre ces deux récits : Le premier raconte la façon dont une métamorphe (créature fantastique capable de prendre n’importe quelle apparence) tente de le séduire sans lui dévoiler sa nature, alors que le second décrit l’insertion difficile d’Ambroise dans un orchestre où joue déjà sa sœur percussionniste. La formation musicale est traversée de sourdes tensions en raison notamment des agissements d’un corbeau malveillant et des rivalités, conflits ou attirances dans l’orchestre. Les interactions entre personnages (humains ou fantastiques) sont très riches de désirs exprimés ou refoulés, de sentiments généreux ou plus obscurs qui créent mystère et suspense. Les personnages eux-mêmes sont finement dessinés dans toutes leur diversités. Un des autres intérêts du récit est de laisser beaucoup de zones d’ombre et de mystère sur les nombreux personnages principaux et secondaires dont l’on découvre peu à peu certains secrets ou motivations, alors que d’autres restent dans l’ombre au moins pour le premier tome. Ainsi par exemple, Ambroise reste froidement indifférent à toutes les variantes d’incarnations classiques de la séduction (de la pin-up à la sportive en passant par la fille d’à côté ou la lectrice…), et c’est par un jeu de billard à deux bandes inattendu et surprenant que se révélera à lui celle qui correspond à son attente profonde : une femme plus grande que lui dans tous les domaines : que ce soit par sa reconnaissance artistique internationale, sa force de caractère, sa maturité d’âge, l’amplitude généreuse de son corps… sachant qu’une possible clé sur l’explication de cette correspondance nous est donnée ensuite plus loin dans le récit. L’histoire joue avec virtuosité sur les thèmes des relations multiples de l’amour et du désir, de la vérité et de la dissimulation, de la confiance et de la trahison... L’illustration est très réussie : les dessins fins et précis de Thomas Le Boucher sont aussi excellents lorsqu’ils représentent le monde « normal » avec finesse et réalisme, que lorsqu’ils dépeignent l’intrusion du fantastique dont certaines scènes sont dignes de certains tableaux de Jérôme Bosch, ou lorsqu’il représentent des extraits (souvent très drôles) du carnet à dessins d’Ambroise qui illustre les moments importants de sa vie. La qualité des dessins est mise au service d’un scénario découpé de façon vive et dynamique, très cinématographique.

19/02/2023 (modifier)
Par Marty
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Manhattan Projects (Projets Manhattan)
Manhattan Projects (Projets Manhattan)

Trés surpris des avis précédents ! Pour ma part je trouve le dessin sublime et je considère ce comics comme un chef d'œuvre. Evidemment il faut être ouvert à la fantaisie pour en apprécier le sel

18/02/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Indociles
Les Indociles

Enfin ! Enfin j'ai lu Les Indociles ! Je guignais cette grosse BD de plus de 400 pages depuis sa sortie qui s'est faite sans tambour ni trompette fin 2022. Plus exactement, il s'agit d'une intégrale réunissant les 5 tomes originels parus entre février 2012 et janvier 2016, agrémentée d'un petit bonus. Bref ! Sur le net, rien, aucun écho, ou quasi. Côté avis des lecteurs, une seule critique du tome 1 publiée sur PlanetBd, au demeurant peu engageante. Au dos de la BD elle-même, pas mieux. En guise de résumé, ce court extrait de dialogue : - Papa, ça veut dire quoi communiste ? - Appelle-moi pas papa. Plutôt succinct. Difficile d'acheter ce pavé à plus de cinquante balles dans de telles conditions. Pourtant, quelque chose me titillait. Le dessin déjà me séduisait, malgré l'avis du site pré-cité dont l'auteur lui attribuait à peine la moyenne. Dur ! Enfin, autour de moi, personne ne semblait avoir entendu parler de cette série. 416 pages, ça fait quand même 3,5 centimètres d'épaisseur, et ça pèse une tonne ! En somme, une belle bête qui ne passe pas inaperçue en principe. Et puis c'est mon grand refré qui a tranché la question, m'offrant le pavé sans crier gare. Alors du coup, nous y voilà ! Et bien c'est génial ! Je suis tombé sous le charme de ce coup de crayon gracieux soutenu par une mise en couleur tout à fait convaincante. Pitch Comment propose un genre de gaufrier non conventionnel. Les bords des cases sont flottant, certaines ne comportant d'ailleurs aucun bord. Parfois une case plus grande vient casser le rythme, plus rarement une pleine page. Le trait de Comment est subtil, délicat, très fluide, et rend le mouvement dans toute sa spontanéité. Attitudes et expressions sont croquées avec justesse, les personnages sont de suite reconnaissables malgré leur nombre conséquent, et malgré les années qui passent (Les indociles est une histoire qui s'étale sur presque 5 décennies !). Notre duo d'auteurs possède en outre un sens de l’ellipse remarquable. On saute d'une scène à l'autre ou d'une époque à l'autre avec une aisance naturelle. Bref ! C'est une grande réussite. J'adore ! Le scénario quant à lui ne manque pas non plus de saveur, et c'est peu de le dire. On est loin, très loin, à des années lumière même de ce scénario "ennuyeux et guère convaincant" évoqué par le confrère. Déjà, on suit une bande de potes depuis les années 60 jusqu'aux années 2000, et même jusqu'à aujourd'hui si l'on inclut le bonus de cette intégrale. C'est ambitieux certes, et étant donnée la nature du projet, il faut avoir quelque chose à raconter. Après une préface aussi drôle qu'énigmatique, signé par un certain Stéphane Babey, rédacteur en chef de l'hebdomadaire satirique suisse romand Vigousse, on pénètre dans le vif du sujet. Dans la série originale, chaque tome porte le nom de l'un des protagonistes principaux associé à une décennie. Tout commence ainsi dans les années 60 quand, en plein cœur d'un Jura Suisse étouffé par les convenances, une bande de jeunes crée une communauté dont le lecteur va suivre l'évolution jusqu'à nos jours, ainsi que la transmission de cette utopie à leur progéniture, bon gré mal gré. A ce stade, il m'est vraiment difficile de ne pas en dire plus tant j'ai été embarqué par le rythme incroyable de cette saga. J'étais avec les personnages au quotidien, j'ai vécu leurs espoirs, leurs déconvenues. J'ai ri, j'ai supporté leurs hypocrisies parfois, ressenti leurs joies, leurs peines, leurs frustrations... Parce que j'étais mal parfois. Certains passages sont vraiment durailles, et certains personnages assez antipathiques, sans toutefois l'être totalement. Mais tout sonne juste. On sent que les anecdotes fleurent le vécu. Allez ! J'arrête là pour ce qui est du récit. Il serait dommage de dévoiler la substantifique moelle des Indociles. Je me contenterai d'ajouter que les dialogues sont vraiment excellents, au point que je me demande si Olivier Hervé a réellement lu la même BD que moi, lui qui les jugeait "sans relief". Ils sont au contraire si vivants qu'on les croirait enregistrés dans le jus. Mais au-delà du scénario, en toile de fond, cette histoire si proche de nous (de l'humain qui est en nous s'entend) dresse le bilan de plus de soixante ans de vie politique suisse mais aussi française, puisque cette dernière est très présente. Gardons en effet à l'esprit que nous sommes dans une région frontalière ! En leur temps, Bakounine et Gustave Courbet y avaient trouvé refuge... Alors oui, au-delà du scénario disais-je, il y a soixante années bercées d'utopies et de désillusions. Et aujourd'hui ? Y a-t-il encore une alternative à créer ? Quels espoirs sont encore susceptibles de porter les jeunes générations ? Que reste-t-il des rêves de liberté des sixties ? Toutes ces questions sont posées ici et les auteurs y apportent quelques réponses avec cette fin suspendue. Bref ! Les Indociles est un monstre. Ça cause d'utopie et de politique, bien entendu, mais ça parle aussi d'amour, d'amitié, de sexualité, de paternité, de transmission, de trahison, de désillusion, d'avenir... C'est une saga formidable à échelle d'être humain, une histoire en 3D dont les contours se dévoilent à l'aune de l'actualité passée et présente. Rien que pour ça, Camille Rebetez et Pitch Comment sont largement parvenus à donner vie à leur ambition, avec un brio rare. Il y a dans ce pavé un cœur qui bat, fort et clair. Et pour qui sait écouter, on peut y entendre une voix qui nous enjoint de tracer son propre chemin, loin des sentiers battus.

17/02/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Amabilia
Amabilia

Mise à jour suite à lecture du dernier tome. C'est un Père Noël lubrique qui m'a déposé ces deux albums au pied du sapin. Mais c'est aussi un Père Noël saligaud, merde il en manque un, je suis en plein coït interrompu. Sniff sniff. Je viens de dévorer ces deux tomes en un après-midi. Un délice visuel sur un scénario en béton. Un sucre d'orge à lécher, sucer ou croquer suivant ses envies. Une soirée mondaine, Iris et Simon s'ennuient, leurs regards se croisent et il en découlera une nuit torride. Elle se sauve au petit matin, elle doit retrouver Bruno, son mari. Mais cette nuit aura laissée des traces indélébiles. Je vous laisse le plaisir de découvrir la suite. Un récit qui explore les méandres du plaisir, de la séduction, du désir, du dominant(e)/dominé(e), de la trahison et de l'amour. Nos personnages principaux sont entourés d'une kyrielle de seconds rôles aux personnalités diverses et intrigantes. Une narration faite des voix off de nos protagonistes qui donne une ambiance intemporelle. Tout ce petit monde est attachant et nous fait découvrir le monde de la nuit et de ses soirées où le sexe sous toutes ses formes est le maître mot. Mais aussi le monde de l'art et celui des rapports humains dans toutes ses contradictions. Un noir et blanc de toute beauté où juste le rouge fait éruption pour apporter cette touche de sensualité et d'érotisme. Un trait fin, léché, qui retranscrit les émotions et le plaisir. Il suffit de regarder le mordillement des lèvres de ces dames. Une merveille. Ça titille, ça émoustille.Mais là où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir. Faites-vous du bien. Moi je vais de ce pas me procurer le tome 3. Tome 3 Quel bonheur de lire ce troisième opus qui explore les profondeurs de l'âme humaine. Une osmose parfaite entre narration et dessin. Une narration d'une grande justesse, poignante. Un dessin d'un érotisme rare, hypnotisant. Je ne peux que vous en conseiller la lecture que vous soyez ou non un adepte de ce genre. Je monte ma note à 5 étoiles. Tome 4 Ce dernier tome clos de bien belle manière les aventures de nos protagonistes, entre désespoir et joie, entre solitude et amour. Il suffit parfois d'une étincelle .... Une narration toujours maîtrisée, toujours juste et toujours avec son lot de surprises. On ne peut que s'attacher à tous ces personnages bien différents, chacun avec sa part d'ange et sa part de démon. La partie graphique évolue dans cet album, puisque une autre couleur apparaît, le mauve, celui des iris, pour mieux visualiser le début de la transformation d'Iris jusqu'à une pleine colorisation lorsqu'elle sera passée de chrysalide à papillon. Visuellement, ça transpire de sensualité et la mise en page permet d'en prendre plein les yeux. En fin d'album, un magnifique artbook. Dans le genre, un must have. Culte et re,re coup de cœur.

22/01/2022 (MAJ le 16/02/2023) (modifier)
Par karibou79
Note: 5/5
Couverture de la série Thorgal
Thorgal

Mise à jour àprès lecture des tomes 39 et 40: J'ai continué de lire d'un oeil distrait les tomes suivants le 17 que j'évoquais avant me disant à chaque fois "mais pour quelle raison je continue de suivre cette série?". Eh bien j'ai la réponse : ce mix si particulier d'aventure, de mytholige et de SF reprend de la vigueur avec l'ouverture du vaisseau atlante qui va nous permettre de revenir aux sources de la saga pour en mieux redéfinir les tenants et les aboutissants. Des esprits chagrins crient au grand n'importe quoi, je fais partie de l'autre camp qui met le Thorgal "enfant des étoiles" à égalité avec le Thorgal "viking". Je repasse la note à 5 et me réjouis de la suite. J'ai parallèlement commencé à lire "Adieu Aaricia", le 1er tome de Thorgal Saga: cette grande et belle série fait son grand retour en ne trahissant ni le visuel ni l'esprit d'orgine. L'avenir s'annonce radieux pour les fans. ------------------------------------ Pourquoi, mais pourquoi les auteurs de Thorgal n'ont-ils pas su arrêter cette série à temps, c'est-à-dire vers le tome 17 ? Ce mélange d'aventure, fantastique et SF en fait une série bien à part dans le monde de la BD. Le trait graphique, bien pauvre au début, s'améliore au fur et à mesure des épisodes. Van Hamme est bien inspiré, avec des pointes de génie le temps de certains, comme par exemple pour le cycle de Qâ. Certains albums dénotent complètement, le mot Thorgal n'étant que prétexte à leur édition, comme par exemple le fabuleusement inquiétant Alinoë. De plus, cette série se laisse et relire avec toujours le même plaisir à tout âge.

17/02/2009 (MAJ le 15/02/2023) (modifier)
Par Sam Cragg
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo
Le Spirou de Frank Pé et Zidrou - La Lumière de Bornéo

Fichtre! Quelle réussite que cet album que j'ai découvert après la bataille, plusieurs années après sa sortie! Si seulement je m'étais douté du moment de lecture extraordinaire qu'il me ferait passer... Elles sont rares les BD qui m'ont ému à ce point ces dernières années. J'ai refermé celle-ci à regret car j'en aurais lu volontiers une centaine de pages supplémentaires. J'ai grandi en lisant le journal de Spirou, de la fin des années 70 au début des années 90. J'ai retrouvé ici tout ce qui avait enchanté mes lectures d'enfance. Franck Pé est pour moi la synthèse de ce style développé par les éditions Dupuis. Son dessin, la composition de ses cases et de ses planches possèdent une force d'évocation hors du commun. Quant au scénario, il a trouvé un point d'équilibre rare entre les différentes émotions. Il se dégage de ce Spirou une grâce étonnante, inattendue pour moi avant d'en entamer la lecture et je m'incline devant le talent qui a été mis en œuvre ici. Nom d'une pipe, qu'est-ce qu'il m'a touché ce bouquin! Je voudrais faire une remarque sur une critique récurrente au sujet de l'histoire des champignons noirs développée en parallèle: certains se plaignent de l'inutilité de cet épisode. Sans vouloir leur manquer de respect, ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas compris qu'il n'y a pas de sens à cette partie du récit qui est fondamentalement liée aux autres parties. Les auteurs ne donnent pas d'explications à l'inverse de toutes les mauvaises séries tv qui aiment le faire en mâchant et pré-digérant pour le spectateur ce qu'il y a à comprendre, le rendant finalement paresseux et incapable de se débrouiller sans cette canne. Et c'est toute la force de cet album de nous donner à comprendre par l'entremise des pensées et des réflexions induites par les émotions qu'il sait faire naître. A sa manière donc, et dans son style, La lumière de Bornéo est un chef d'œuvre qui parvient à convoquer tout le génie d'un journal et d'une tradition éditoriale pour en restituer l'exceptionnelle saveur. Un mot pour finir sur l'objet lui même: les éditions Dupuis ont eu l'heureuse idée d'imprimer cet album sur un papier mat, blanc cassé, qui offre un plaisir de lecture décuplé. Le livre est beau, l'impression également, merci aux auteurs et à l'éditeurs qui semblent avoir donné le meilleur d'eux mêmes.

15/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Cette série sort vraiment du lot par son originalité et par la qualité de son scénario et de son graphisme. Si on y ajoute une mise en scène/page des plus réussie, cela justifie à mes yeux la note maximale. Surprendre avec un morceau universellement connu est une prouesse que seuls les grands Chefs ou les virtuoses de la musique peuvent réaliser. C'est un peu le cas ici. En effet j'ai lu beaucoup d'aventures de Sherlock Holmes et je trouve que Dahan et Lieron réussissent la double gageure d'être parfaitement fidèle à la personnalité du détective dans une histoire qui ne défigurerait pas la bibliographie de Sir Conan Doyle. En effet le scénario reprend presque tous les codes utilisés par Doyle : une personnalité à fort ego, une rapidité d'investigation, un contact rapproché avec l'ennemi avec des combats à la canne ou à la boxe, sans oublier l'opium. Un scénario qui taquine un étrange qui se dissout dans la rationalité de Sherlock. C'est du Chien des Baskerville pur jus. Je trouve que les auteurs respectent sur ce point l'esprit du détective et de son créateur : chapeau. La cerise sur le gâteau est cette fin pleine d'ambiguïté sur les bons et méchants en rappelant quelques ignominies du colonialisme européen. Mais l'originalité est encore plus flagrante dans le domaine du graphisme. Chaque planche possède sa propre particularité. Les trouvailles sont innombrables comme le jeu des transparences, le fil rouge qui nous fait voyager sur cette carte de Londres en fond d'écran des péripéties du couple Holmes-Watson ou cette architecture de la pensée de Holmes. Les extérieurs de Londres sont travaillés avec minutie ce qui renforce cette ambiance Victorienne. La lecture des planches n'est pas toujours des plus simple un peu comme si nous étions nous mêmes invités à faire fonctionner nos petites cellules grises, isn't it Hercule ? Plus sérieusement, le seul petit défaut que je trouve à la série est un manque d'émotion tragique dans le récit. C'est seulement au dénouement que j'ai éprouvé des sentiments plus humains pour les personnages. Mais cela correspond aussi à la personnalité de Sherlock qui ressemble à un être au sang-froid. Cela ne m'empêche pas de donner les cinq étoiles pour la qualité et l'originalité du travail des auteurs. Un must.

14/02/2023 (modifier)
Par Antoine
Note: 5/5
Couverture de la série 100 bullets
100 bullets

Comment ne pas hisser cette série fleuve de Brian Azzarello & Eduardo Risso au rang de culte ? J'entends les différentes réserves émises ici et là sur les défauts de la série mais la toile tissée par Azzarello sur ce format long est tout simplement impressionnante. Partant d'un point de départ qui ne peut qu'attirer l'attention (un flingue, 100 balles non traçables, preuves irréfutables du tort que l'on vous a fait, impunité totale), les auteurs nous baladent pendant 100 épisodes. Parce que oui, si ce synopsis de départ est bien le fil rouge de leur œuvre, 100 bullets parle de bien d'autres choses. Le comics nous raconte la vengeance certes mais nous dépeint surtout une société américaine (mais pas que) ultra violente, ultra individualiste, ultra inégale, sans foi ni loi. C'est un western que l'on a entre les mains, en fait. Je salue le travail de fourmi de Brian Azzarello qui avance pas à pas. Il prend son temps pour nous dépeindre le contexte, les personnages (et il y en a beaucoup !). Il n'hésite pas, au moment d'un climax à nous couper l'herbe sous le pied et à nous balancer des épisodes de transition, permettant d'anticiper de futurs évènements. Et là où c'est fort, c'est que ces épisodes de transition deviennent eux-mêmes climax. Et rebelote. Brillant ! On ne sait plus où donner de la tête, tellement on veut en savoir plus. Et donc on lit, on lit, sans s'arrêter. Enfin, presque. Parce que oui, l'univers est vaste, il y a beaucoup de personnages, je l'ai déjà mentionné, il y a beaucoup de liens entre eux, parfois ambigus, parfois difficilement compréhensibles, au moins de prime abord. Des pauses sont donc nécessaires. Et c'est là où l'édition Urban en 15 tomes que je possède (je ne sais pas pour les autres ?) est bien foutue. A chaque début de tome, l'éditeur (les auteurs ?) nous fait un récap' des relations et des personnages. J'avoue avoir bloqué un long moment sur ce schéma afin de mieux comprendre ce que j'avais lu dans le tome précédent. Et boum, je me faisais avoir. Alors que j'avais prévu de dormir ou de vaquer à d'autres occupations, je me remettais à lire ce nouveau tome. Quoi chérie ? Il est 4h du mat' et je bosse demain ? Oui, les enfants, je prépare le repas, attendez 5 minutes... La série est terriblement addictive, on déteste les uns, on est à fond avec les autres. Puis cela s'inverse. Et se ré-inverse à nouveau. Brian Azzarello est un enfoiré de manipulateur. Et j'adore ça. Le scénario comporte malgré tout des défauts. La fin est un peu décevante, l'apothéose que j'attendais n'est pas arrivée, je me suis encore fait avoir par le scénariste. Bien joué ! Parce qu'avec du recul, cette fin est peut-être la seule qui soit satisfaisante, en fin de compte. De même, certaines psychologies de personnage sont un peu manichéennes et auraient mérité plus de profondeurs. Et encore… Azzarello ne nous dépeint pas des personnes en réalité, il nous dépeint des personnages qui ont un rôle à jouer dans la fresque, il sont donc jusqu'au-boutistes. D'autre part, certains autres personnages ont un rôle très limité malgré une introduction conséquente, il faut sans doute que je relise l'intégralité une deuxième fois pour me concentrer sur certains détails qui m'ont sûrement échappés, tant ma lecture me happait sur la trame principale. Je le referai je pense. Mais pas tout de suite, je souhaite garder ce doux goût dans ma bouche, celui d'avoir lu quelque chose de rare, d'incroyable, de monumental. Le dessin de Risso est nerveux à souhait, le découpage est splendide. Les visages sont à l'image de ce que je disais tout à l'heure sur le supposé manque de profondeur psychologique des personnages. Ils ont un rôle à jouer. Ces sourires effrayants, pervers, s'ils sont peut-être utilisés un peu trop souvent, nous rappellent que nous sommes dans une histoire de manipulation, si jamais il nous arrive de l'oublier. J'ai lu des critiques sur la mise en couleurs, j'avoue ne pas avoir fait attention à son harmonie. Des défauts dans le dessin, oui, il y en a sans doute. Mais des défauts attachants somme toute. C'est la patte de Risso, et comme avec nos proches, ce sont ces petits défauts qui rendent son travail graphique si particulier et si rassurant. Sauf un. Qui m'a un peu énervé à la longue. Les strings (jamais, j'aurai cru écrire une critique sur les strings un jour ;)). Il y en a trop. Ok, les femmes sont hypersexualisées, ça peut être discutable mais elles s’insèrent parfaitement dans la fresque. Et puis, elles sont libres, fortes, donc pas de soucis, ce ne sont pas des faire-valoir. Mais punaise, pourquoi toujours (souvent) les dessiner avec cette ficelle qui dépasse de leur pantalon ? C'est hyper sexy au début (Megan et Dizzy sont magnifiques) mais franchement, j'en avais assez dans les derniers tomes. Ce n'est qu'un détail, une facilité, mais qui aurait pu être limité. Tout comme ces trop nombreuses scènes dans les bars à strip. C'est bon, on a compris que nos personnages sont plus à l'aise dans la nuit et qu'ils opèrent en dessous des radars, mais c'est comme pour les strings, il y avait sans doute d'autres lieux à explorer. Ces petites réserves, qui participent du charme de la série, n'enlève rien de la qualité incroyable de cette œuvre qui me restera longtemps dans la tête, qui me torturera longtemps et que je relirai, à coup sûr, un jour. Quand mes enfants ne seront plus à la maison à me demander à manger !

13/02/2023 (modifier)
Par Philippe
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Le duo Wilfrid Lupano et Paul Cauuet nous offre un chef d'oeuvre à chaque nouveau "Vieux fourneaux". Des scénarios bien ficelés, des dialogues auquel il serait impensable d'enlever un mot, des personnages irrésistibles dont on aimerait se faire des amis et un dessin fabuleusement précis et inventif. J'attend toujours impatiemment le nouvel opus, mais hésite un peu à le lire car après il faut encore attendre. Mais surtout, ne changez rien, prenez votre temps et continuez à faire vivre vos héros du quotidien et à dénoncer la bêtise et les injustices de toutes sortes. A lire absolument ! ! !

13/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Donjon Zenith
Donjon Zenith

Culte, coup de cœur et plus encore si c’était possible !! J’ai un attachement tout particulier à cette série et d’autant plus sur cette déclinaison Zénith. Ça fait 25 ans que je la suis et je ne m’en lasse toujours pas. La découverte en 98 de Coeur de canard a été une claque, pas sur le plan graphique on va pas se mentir, mais bien sur ce ton humoristique aux relents parodiques, c’est con, c’est drôle, c’est frais et d’une belle densité dans le monde créé. Sans l’attendre spécialement c’était à mes yeux l’album rêvé. Grâce à lui je me suis jeté derechef sur Les formidables aventures de Lapinot … et un peu plus tard sur les albums de L’Association. Je m’égare quelque peu mais la rencontre avec ces 2 auteurs (majeurs ?) a mine de rien participé à mon élargissement du médium. Le 2eme tome sorti la même année enfonce le clou et surfe sur la même veine. C’était alors le début de la franchise, des histoires pas très profondes mais immensément drôles, et qui mine de rien vont créer le terreau de tout un univers au combien attachant. Ce dernier commencera à prendre forme rapidement avec les déclinaisons Crépuscule et Potron-minet. Les tomes 3 et 4 de Zénith seront les derniers dessinés par Lewis Trondheim, c’est toujours aussi bon, au ton décomplexé et joyeux par rapport aux déclinaisons un peu plus sombre, un must. A partir du 5eme, Boulet reprend la partie graphique de bien belle manière, et les scenarii commencent à être plus ancrés dans l’univers, il en va de même pour l’évolution des personnages, un must. Je fais parti des dégoûtés de 2010 avec l’arrêt de la franchise annoncée par les auteurs, ils avaient offerts une fin à la série Crépuscule en 2014 mais laissés un trou béant dans mon cœur ainsi que sur la déclinaison Zénith, qui est la colonne vertébrale de ce vaste monde. Depuis 2020 et cette reprise de Zénith par les mêmes auteurs, je pardonne tout (et mon petit coeur est réparé). Chaque nouvelle sortie est de très très haute volée et me remplit de joie, un immense plaisir de retrouver Herbert, Marvin, Le gardien, Isis … et de suivre leur évolution (Larmes et brouillard fait partie de mes meilleures lectures de 2022). A mes yeux un classique et un indispensable, quand c’est fait avec autant de talents, c’est le genre d’histoire et d’univers où je souhaite me perdre, et Zénith en est la pièce maîtresse. C’est génial, c’est fort, ça a super bien évolué depuis ses débuts, c’est rare (9 tomes en 25 ans), c’est drôle, c’est monstrueux, un must pour tous les amateurs de Fantasy. Une des rares séries où je ne peux attendre la lecture, complètement addict, il me faut la nouveauté dans les 48h de sa sortie et tant pis pour les kilomètres. Je ne suis pas le seul à être tombé dans la marmite mais les auteurs ont bien réussis leur coup. Génération Donjon !!

12/02/2023 (modifier)