Eh bien moi, je crie, que dis-je, je hurle au chef d’œuvre !!! A mon âge (vénérable), je me découvre FAN de cet humour machiavélique qu'on a du mal à retrouver ailleurs !!! Quant au dessin, c'est égal aux maîtres de la ligne claire !!! A quand la réédition d'un autre chef d’œuvre de J.F. BIARD ?
J’ai attendu ma 1000ème chronique pour aviser « Peter Pan », c’est vous dire à quel point cette bande dessinée est un must absolu pour moi.
Je pense que tout a été dit sur cette série réalisée de A à Z par Régis Loisel, elle a eu un tel impact sur le public amateur du 9ème art qu’elle fut même l’objet d’un ouvrage qui explique la genèse de « Peter Pan ».
Pour ma part, j’ai découvert cette bande dessinée en me rendant chez un ami bédéphile à l’époque où les 3 premiers tomes avaient été publiés. Il m’avait dit que « Peter Pan » était pour lui une des meilleures séries qu’il a lues jusqu’à maintenant. Je ne l’avais pas cru car « Peter Pan » est, pour moi, en premier lieu un dessin animé de Walt Disney et… je n’aime pas trop leurs réalisations.
Du coup, il m’a fallu attendre bien plus tard lorsque j’eus découvert et adoré « La Quête de l'Oiseau du Temps » du même auteur, Régis Loisel, pour me mettre à feuilleter « Peter Pan » et ce fut… une sacrée claque ! (Rien à voir avec du Walt Disney !) Une des BD qui m’a le plus impressionné au niveau des émotions (du rire aux larmes, tout y passe !) ; d’ailleurs, rien qu’à écrire cet avis et à repenser à cette histoire, j’ai de nouveau des frissons, des poils qui hérissent !
Je ne vais pas vous écrire ce qui m’a exactement plu dans « Peter Pan » parce que, justement, j’ai tout adoré que ce soit du graphisme, le scénario, l’ambiance, les personnages, sa situation dans Londres victorienne, la mise en page… TOUT je vous dis !
J'ai vraiment été séduit par cette excellente série. Pourtant je suis rentré dans la série un peu à reculons tellement le thème de la Résistance a été utilisé parfois à tort et à travers.
J'avais peur de me retrouver en compagnie des énièmes gamins qui sauvent le monde du haut de leurs 13 ans. Au final je me retrouve avec une série que j'adore tellement les auteurs ont su traiter cette période de façon intelligente en direction d'un public assez jeune.
Je trouve que le scénario de Vincent Dugommier est un exemple de justesse et de précision dans la crédibilité du récit proposé. Il n'y a pas de baguette magique qui permet à trois ados de mettre en échec une armée aguerrie qui vient de conquérir la moitié de l'Europe.
Au contraire le postulat de départ, une bande d'enfants est peu crédible dans ces affaires d'adultes, est maintenu tout au long de la série. C'est une première trouvaille que de faire percevoir nos trois lascars (surtout François) comme de simples agents de liaisons du Lynx.
Cela permet à Dugomier d'exploiter un thème fondamental de la série, le cloisonnement et le secret. Comme le montre le scénario du tome2 ou celui du tome 5, toute imprudence visible se payait immédiatement au prix fort. Dugomier évite le stéréotype puéril de soldats allemands stupides, aveugles et ne sachant pas tirer.
L'espérance de vie d'un Résistant était courte même s’il ne participait pas aux combats d'un maquis. Je le lis comme un véritable hommage à tous ces jeunes hommes ou femmes qui risquaient leur vie (pour les hommes), de se retrouver dans un bordel du front Est (pour les femmes) ou de trahir sous la torture, pour avoir porté un message.
J'ai beaucoup aimé la trouvaille de Lisa incorporée dans l'équipe. Ce personnage est à la fois rappel du rôle important des jeunes femmes dans le combat contre l'occupant mais aussi un rappel de l'opposition intérieure allemande aux concepts idéologiques Nazis. Cela permet aussi aux auteurs de garder une part importante de dialogues en allemand ce qui augmente la crédibilité de l'ambiance, Lisa pouvant jouer le rôle de traductrice à l'insu de l'ennemi.
La série aborde un grand nombre d'aspects de la vie de la Résistance : création d'un réseau avec les risques dus à sa croissance, distribution de tract, opérateur radio, exfiltration de Juifs, de prisonniers ou d'aviateurs, STO, Milice et Collaboration, France divisée géographiquement et idéologiquement et création du CNR.
Le scénario porte souvent une charge émotionnelle forte tellement les situations sont traduites de façons réalistes. Certains trouveront peut-être une orientation plutôt gaulliste, même si faire intervenir des enfants évite de rentrer dans des querelles politiques. Dans chaque tome j'ai trouvé de quoi me nourrir à la fois intellectuellement et affectivement.
Le graphisme de Benoît Ers accompagne admirablement le récit de Dugomier. Son trait apaisant permet des plages de respiration entre les moments de tensions du scénario.
Ers traduit admirablement le paradoxe que fait vivre la série. Ce petit coin de Bourgogne reste presque paradisiaque avec son canal où François allait pêcher, cette campagne où Eusèbe et Lisa peuvent se promener main dans la main ainsi que ces rues pittoresques d'un village regroupé autour de son église. Je retrouve l'ambiance qu'avait su créer Gibrat dans Le Sursis à la différence que la présence allemande est ici bien plus importante puisqu'en zone Nord.
La violence est presque absente des images même si elle est omniprésente comme une ombre qui plane dans les têtes de tous les personnages.
Les petits dossiers en fin de chaque tome permettent de remettre l'opus dans un cadre historique et chronologique très pertinent. Cela montre une évolution des actions et des personnalités qui s'inscrit dans un contexte bien précis.
J'ai trouvé cette série vraiment admirable pour tout public à partir du collège. Aucune hésitation à mettre la note max.
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette série. J'ai relu 2 fois les 2 tomes et je vais assurément les relire dans les prochains jours ! Je me suis même amusé à retrouver sur Gmaps les principaux lieux des actions dans une ville balnéaire... qui existe réellement !
J'ai bien hâte au 3ième tome. Lequel devrait nous parvenir dans les prochains mois, espère-je bien !
Ayé ! Je viens de terminer le tome 6. Le moins que l'on puisse dire est que cet ultime volume constitue une conclusion forte.
Cette série est formidable. Cela ne tient pas tant au dessin, très sympa au demeurant, qu'à la manière de Sattouf de raconter, et à cet humour dont il mâtine son récit. Tout au long de cette saga, il fait preuve d'une honnêteté sans filtre et raconte cet enfant malingre qu'il a été, confronté à ce père que chacun jugera à sa manière. Il raconte comment il a grandi, en proie aux moqueries, souvent, dresse un portrait sans concession de ce souffre-douleurs qui a subi le mal-être de ceux qui se croyaient dominants, le conduisant sans doute à faire de lui un dessinateur, un conteur hors-paire, qui a eu bien raison de suivre sa bille malgré les avis parfois contraires. Grande leçon que voilà. Son parcours est peu banal et méritait d'être raconté.
On lit chaque tome d'une traite, ou du moins jusqu'à ce que le sommeil fasse ployer vos paupières. Oui, récit drôle, épique et réellement émouvant. Comme on dit : un must-have !
Enfin mon 900è avis sur ce site, pile avant mes vacances, ça fait rudement plaisir !
Ralph Azam nous a été prêté par un ami qui est franchement fan de la série Donjon et qui recommandait fortement Ralph Azam. Les douze tomes qu'il nous a prêté on été engloutis en moins d'une semaine. Trondheim est vraiment passé maitre dans l'art narratif et ça se sent. Pour ma part, je n'ai pas décroché des volumes à aucun moment. Et surtout, chaque volume m'entrainait à la suite des autres sans que je ne puisse résister. Imaginez la souffrance d'attendre que le conjoint ai fini le volume pour pouvoir le lire !
Ralph Azam à des faux airs de Donjon, avec son personnage canard rappelant Marvin, ses personnages anthropomorphique, sa fantasy qui parle d'artefacts sacrés et de pouvoirs. Mais contrairement à Donjon Zénith ou Donjon Crépuscule, l'histoire se tient bien plus et n'a pas le côté sérielle que je reproche un peu à Donjon. Ici, tout se tient d'un bout à l'autre et a même une cohérence assez importante qu'on ne soupçonnerais pas au début. Ainsi plusieurs révélations tardives permettent de remettre en lumière ce qui se produit au préalable. Une relecture est de toute façon intéressante pour remboiter toutes les pièces du puzzle, non pas que le récit est une enquête dont le mystère révèle une profondeur insoupçonnée, mais simplement le récit semble plus profond qu'on ne le soupçonnais de prime abord.
L'histoire est dense et surtout rapide. Pas de remplissage, mais une action continue et qui ne souffre jamais d'être simplement là pour l’esbroufe. A travers les péripéties de Ralph Azam, c'est un passage de l'adolescent à l'adulte qui nous est raconté, mais aussi des considérations sur la politique ou la religion, sur l'importance de nos choix et de nos actions, la découverte des conséquences de nos actes et des changements que le temps induit sur nous, sur les autres et sur nos relations.
En effet, la BD explore un temps assez long. Entre le premier et le dernier volume, plusieurs années sont passées. Au cours de ce temps, Ralph verra bon nombre de choses qui le sortiront de cette adolescence bête qu'il incarne au début, moqueur et toujours un peu distant des choses par un sarcasme bien placé, pour devenir un adulte, parfois violent, parfois énervé, conscient de plus en plus de l'impact qu'il a sur le monde. Le récit est volontairement violent d'ailleurs, bon nombre de personnages disparaissent vite du récit et beaucoup d'entre eux meurent parfois brutalement. Je sens que Trondheim s'inspire de récit d'épic fantasy mais aussi de dark fantasy, n'hésitant pas à parler de choses plus sombres sur le monde et l'âme humaine. C'est un savant mélange qui fait rire mais qui émeut aussi.
Le tout est accompagné par des personnages parfaitement bien décrits. Ralph, bien sur, est un personnage attachant par sa bêtise et sa naïveté qu'il va perdre au fur et à mesure. Mais aussi Zania, personnage moralement trouble mais qui connaitra un parcours assez peu conventionnel. Il y a aussi Yassou, jeune mage prématurément vieilli qui découvrira que son univers n'est sans doute pas vrai et ira de désillusion en désillusion. La bande de personnages présentés est assez disparates dans les intentions et les pouvoirs, mais au final ils sont tous intéressants d'une façon ou d'une autre.
Je finirais juste en disant que le second cycle me laissait envisager des passages plus long et dans une optique bien différente du début, mais Trondheim revient rapidement à son récit principal, par des pirouettes qui m'ont assez surpris. Il reste dans la continuité de son récit et le finit lorsqu'il le faut. Le dernier tome, au ton plus triste et sombre, est un adieu au monde de Ralph qui est franchement bon. Il n'aurait pas pu faire meilleure fin.
En somme, une œuvre de fantasy très simple dans son genre, explorant divers genres et plusieurs thématiques, entrainante et passionnante, mâtinée de personnages fabuleux. C'est le genre de série que je recommande parce qu'elle est à la fois suffisamment simple pour être lue par tout le monde, mais aussi suffisamment fouillée pour intéresser tout lecteur. Je pense que dans les BD que j'ai lu de Trondheim, c'est une des plus réussie en tout point. Lecture recommandée, bien sur.
Vraiment super, je recommande vivement ! Ce livre est très intéressant, j’ai appris beaucoup comme l’existence de Los Alamos, le fait que certains scientifiques soient contre l’utilisation de l’arme,... La narration de l’atome lui-même est une bonne idée qui nous tient au fil tout au long de cet ouvrage assez intense. Le noir et blanc nous plonge dans cette ambiance tragique. On peut dire que c’est un chef-d’œuvre, bravo et merci !
Tome 1
Quel raffinement dans cette bande dessinée pour adultes.
Habitué du genre, je suis encore sous le charme de cette première intégrale qui avec un dessin très sensuel, est une véritable révélation. C'est en tombant sur la parution de la seconde intégrale, que j'ai finalement cédé à l'achat de cette série que je ne connaissais que de nom.
Il faut avouer que les dessin sont somptueux avec un choix de couleurs limité (noir & blanc avec une pointe de rouge toujours très bien ciblée), les auteurs nous offrent une histoire très sensuelle malgré des scènes très hard classiques et des dialogues parfois très crus qui tranchent avec l'érotisme raffiné des dessins.
Là où la plupart des bandes dessinées pour adultes ne sont qu'un catalogue de scènes hard, nous avons le droit ici à un scénario élaboré et crédible, avec des chapitres où l'on découvre le point de vue des personnages, Iris et Simon, le tout pimenté par les aventures saphiques (et terriblement excitantes) de Charlotte .
Tome 2
5 ans ont passé depuis la première rencontre entre Iris et Simon, et l'habitude remplace le désir.
Avec ce second volume, Elise et Thomas Raven s'allie avec la scénariste Candice Solère. Si le dessin est toujours aussi sublime, avec l'apparition de nouveaux personnages comme "la danseuse folle" et la très délurée Valentine, l'histoire tourne surtout autour des amours lesbiens de Charlotte, et de la" danseuse folle", bref les femmes prennent le pouvoir dans ce second opus.
Il y a un parfum de "Eyes Wilde Shut" qui flotte sur cette histoire, qui prend un tour nouveau avec une Iris qui finit par céder à une aventure où on ne l'attendait pas.
Un peu en deçà du premier volume, sans doute en raison de trop longues scènes qui se déroulent à "la danseuse folle", ce second tome reste tout de même de grande qualité .
Bref, une très belle réussite, et je me demande encore pourquoi je suis passé à côté de ce petit chef d’œuvre de la bande dessinée érotique.
L'histoire se conclut par un cliffhanger qui ne peut que nous entraîner dans l'achat de la seconde intégrale.
Tome 3
Troisième intégrale pour cette série érotique qui possède deux atouts de taille dans le monde des bandes dessinées pour adultes.
D'une part un dessin d'une élégance que je n'ai pas retrouvé ailleurs, et d'autre part un scénario inspiré, ce qui est assez rare dans ce domaine.
Nous retrouvons ici notre couple, Simon et Iris, mais séparément,leur mariage n'ayant pas résisté aux assauts de La Danseuse folle.
En effet, nous assistons à la dérive des principaux personnages dans ce volume. Simon ,esseulé,essaie de se rattacher à ses souvenirs; Iris va jusqu'au bout de ses fantasmes avec La Danseuse folle, tandis que la plantureuse Charlotte a du mal a surmonter ses aventures avec Ava et Richard.
Les auteurs nous offrent donc un portrait assez désabusé de nos héros, le tout illustré par des scènes de sexe explicites, d'ailleurs de toute beauté. C'est pourtant le paradoxe de cet album, le dessin est si élégant qu'il fait oublier le côté pornographie de la série.
A noter, à la fin de l'album, la présence d'un bonus constituée de planches "coupées au montage", avec le commentaire des auteurs.
J'en conseille la lecture évidemment.
Tome 4
Clap de fin avec ce 4ème volume d'une série qui restera pour moi une des meilleures séries érotiques que j'ai lues. Je dis bien érotique et non pornographique car, malgré des scènes très crues voire explicites, je ne vois aucune vulgarité mais plutôt un érotisme torride et raffiné.
Après un 3ème opus assez sombre et désabusé, les auteurs nous offrent là une véritable renaissance des personnages. J'ai immédiatement songé à ce titre Renaissance au fil de la lecture, jusqu'à ce que je tombe en fin d'album sur ces mots: "mourir un peu, renaître; meilleur; Et tout recommencer....une boucle d'agonies et d'extases, de petites morts et de renaissances."
Car à travers les principaux personnages que nous suivons depuis presque 7 ans, Charlotte, Simon, Iris, nous assistons à un véritable tournant dans leur vie.
Les auteurs, non seulement, nous offrent une bouffée d'espoir après un album très sombre, mais aussi un changement de style avec l'apparition de la couleur dans les dernières pages, comme un feu d'artifice ou un apaisement après une période assez dure vécue par l'ensemble des personnages.
(Jean Louis Tripp avait utilisé le même procédé avec Le Petit Frère)
Il faut souligner en fin d'album , la présence d' un superbe cahier "art book" qui met en valeur le dessin de Raven.
Une série érotique de qualité, reposant sur un dessin soigné, et un dessin d'une qualité rarement vue dans ce genre de bande dessinée.
Bref une réussite complète.
Je ne vois pas ce que je pourrais rajouter de plus au concert de louanges qui s’est abattu à la sortie de « Hoka Hey ! », c’est une bande dessinée qui m’a impressionné par la maturité de l’auteur, Neyef.
Maturité graphique d’abord, je n’ai tout simplement rien à lui reprocher : Belle mise en couleurs adaptée à l’intensité de chaque séquence, personnages expressifs et tout de suite facilement identifiables, beauté des décors (encore heureux ! ça se passe en pleine nature et au temps des Far-West… et merci à l’éditeur d’avoir publié cet album en grand format afin qu’on puisse apprécier hautement ces superbes planches !), ça, il s’agit du dessin pur… Une vraie claque visuelle !
Maturité narrative ensuite, tout cela ne serait rien sans une narration exemplaire d’une fluidité remarquable, une mise en page aérée, un découpage des scènes varié et cohérent qui évite la monotonie que pouvaient résulter les scènes de contemplation ou de bavardages… Il est rare qu’une bande dessinée atteigne un tel degré d’excellence dans ce domaine et « Hoka Hey ! » en fait partie ! Des moments forts en action en complément de ceux calmes sont disséminés avec grand harmonie et en toute logique dans ce récit… Aucune lassitude ressentie en cours de lecture, du grand art je vous dis !
Maturité scénaristique enfin, Neyef nous propose un récit touchant qui nous fait plonger en plein cœur de la disparition des tribus indiennes en particulier celle des Lakotas. Le lecteur est invité à suivre quatre individus tous aussi attachants les uns des autres et… je vous laisse découvrir, moins vous en saurez, plus vous apprécierez cette histoire ! Beaucoup de séquences fortes en émotion jalonnent ce récit… un régal !
C’est du western sans être vraiment du western, une ambiance qui semble issue du film « Danse avec les loups » (en plus violent quand même) et qui nous change des traditionnels combats entre les cow-boys et les indiens à la John Wayne que nous présente l’auteur.
Neyef est un jeune dessinateur/scénariste, avoir une telle maturité à son âge, ça n’arrive pas souvent… s’il continue dans cette lancée en réalisant des ouvrages de même qualité que « Hoka Hey ! », on aura affaire à un futur grand auteur ! Wait and see !
Les Années Spoutnik est une BD extrêmement touchante et totalement intergénérationnelle. Mon fils de 9 ans a lu l'intégralité de la série 2 ou 3 fois et il a adoré, bien qu'il n'était pas très motivé au départ, mon insistance ayant payé.
Le talent de Baru éclabousse les 4 tomes, on prend un plaisir fou à observer la vie de ces gamins et de leurs familles dans cette cité ouvrière des années 50-60, qui me rappelle la rue de mes grands-parents, dans laquelle toutes les maisons se ressemblent. Les souvenirs racontés par mon père et mes oncles dans ce quartier communiste ouvrier, balancé entre papeterie et cimenterie, collent parfaitement avec ceux de Baru. C'est émouvant, on est face à un témoignage de la vie et des rêves de nos ascendants.
Et même moi, qui suis plus jeune, je me suis retrouvé dans plein de choses : la scène du pénalty évidemment, les bandes "rivales" (même si on ne se mettait pas des peignées comme ça !), le fait que n'importe quel endroit à l'extérieur pouvait nous servir de terrain de jeu. Je revois Alex, Alicia, Gwenaël, Gladys et d'autres, mes voisins avec qui je partais jouer toute la journée dans la forêt, sur le terrain de foot, dans le champ d'à côté, etc.
Les dialogues sont géniaux, ils ont réveillé en moi le passionné de langues, de jargons et de patois. Ils ont fait rire mon fils.
J'ai lu la série deux fois, et à chaque fois, j'ai pris un plaisir fou à lire et à décrypter ces sociolectes. Encore mieux, le mélange des cultures - et donc des langues - est un témoignage surpuissant des bienfaits, linguistiques et sociaux, de la diversité.
Sous ses abords de BD simple et légère, Baru nous livre une œuvre bien plus complexe sur notre histoire, sur la vie de nos parents et grands-parents. Et, si comme moi, vous êtes issus d'une famille modeste, communiste et ouvrière (mais heureuse), et qu'en plus vous vous intéressez de près au multiculturalisme et à la diversité linguistique et sociale, cette série doit trôner en haut de votre bédéthèque.
Les Années Spoutnik est un véritable trésor.
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Eh bien moi, je crie, que dis-je, je hurle au chef d’œuvre !!! A mon âge (vénérable), je me découvre FAN de cet humour machiavélique qu'on a du mal à retrouver ailleurs !!! Quant au dessin, c'est égal aux maîtres de la ligne claire !!! A quand la réédition d'un autre chef d’œuvre de J.F. BIARD ?
Peter Pan
J’ai attendu ma 1000ème chronique pour aviser « Peter Pan », c’est vous dire à quel point cette bande dessinée est un must absolu pour moi. Je pense que tout a été dit sur cette série réalisée de A à Z par Régis Loisel, elle a eu un tel impact sur le public amateur du 9ème art qu’elle fut même l’objet d’un ouvrage qui explique la genèse de « Peter Pan ». Pour ma part, j’ai découvert cette bande dessinée en me rendant chez un ami bédéphile à l’époque où les 3 premiers tomes avaient été publiés. Il m’avait dit que « Peter Pan » était pour lui une des meilleures séries qu’il a lues jusqu’à maintenant. Je ne l’avais pas cru car « Peter Pan » est, pour moi, en premier lieu un dessin animé de Walt Disney et… je n’aime pas trop leurs réalisations. Du coup, il m’a fallu attendre bien plus tard lorsque j’eus découvert et adoré « La Quête de l'Oiseau du Temps » du même auteur, Régis Loisel, pour me mettre à feuilleter « Peter Pan » et ce fut… une sacrée claque ! (Rien à voir avec du Walt Disney !) Une des BD qui m’a le plus impressionné au niveau des émotions (du rire aux larmes, tout y passe !) ; d’ailleurs, rien qu’à écrire cet avis et à repenser à cette histoire, j’ai de nouveau des frissons, des poils qui hérissent ! Je ne vais pas vous écrire ce qui m’a exactement plu dans « Peter Pan » parce que, justement, j’ai tout adoré que ce soit du graphisme, le scénario, l’ambiance, les personnages, sa situation dans Londres victorienne, la mise en page… TOUT je vous dis !
Les Enfants de la Résistance
J'ai vraiment été séduit par cette excellente série. Pourtant je suis rentré dans la série un peu à reculons tellement le thème de la Résistance a été utilisé parfois à tort et à travers. J'avais peur de me retrouver en compagnie des énièmes gamins qui sauvent le monde du haut de leurs 13 ans. Au final je me retrouve avec une série que j'adore tellement les auteurs ont su traiter cette période de façon intelligente en direction d'un public assez jeune. Je trouve que le scénario de Vincent Dugommier est un exemple de justesse et de précision dans la crédibilité du récit proposé. Il n'y a pas de baguette magique qui permet à trois ados de mettre en échec une armée aguerrie qui vient de conquérir la moitié de l'Europe. Au contraire le postulat de départ, une bande d'enfants est peu crédible dans ces affaires d'adultes, est maintenu tout au long de la série. C'est une première trouvaille que de faire percevoir nos trois lascars (surtout François) comme de simples agents de liaisons du Lynx. Cela permet à Dugomier d'exploiter un thème fondamental de la série, le cloisonnement et le secret. Comme le montre le scénario du tome2 ou celui du tome 5, toute imprudence visible se payait immédiatement au prix fort. Dugomier évite le stéréotype puéril de soldats allemands stupides, aveugles et ne sachant pas tirer. L'espérance de vie d'un Résistant était courte même s’il ne participait pas aux combats d'un maquis. Je le lis comme un véritable hommage à tous ces jeunes hommes ou femmes qui risquaient leur vie (pour les hommes), de se retrouver dans un bordel du front Est (pour les femmes) ou de trahir sous la torture, pour avoir porté un message. J'ai beaucoup aimé la trouvaille de Lisa incorporée dans l'équipe. Ce personnage est à la fois rappel du rôle important des jeunes femmes dans le combat contre l'occupant mais aussi un rappel de l'opposition intérieure allemande aux concepts idéologiques Nazis. Cela permet aussi aux auteurs de garder une part importante de dialogues en allemand ce qui augmente la crédibilité de l'ambiance, Lisa pouvant jouer le rôle de traductrice à l'insu de l'ennemi. La série aborde un grand nombre d'aspects de la vie de la Résistance : création d'un réseau avec les risques dus à sa croissance, distribution de tract, opérateur radio, exfiltration de Juifs, de prisonniers ou d'aviateurs, STO, Milice et Collaboration, France divisée géographiquement et idéologiquement et création du CNR. Le scénario porte souvent une charge émotionnelle forte tellement les situations sont traduites de façons réalistes. Certains trouveront peut-être une orientation plutôt gaulliste, même si faire intervenir des enfants évite de rentrer dans des querelles politiques. Dans chaque tome j'ai trouvé de quoi me nourrir à la fois intellectuellement et affectivement. Le graphisme de Benoît Ers accompagne admirablement le récit de Dugomier. Son trait apaisant permet des plages de respiration entre les moments de tensions du scénario. Ers traduit admirablement le paradoxe que fait vivre la série. Ce petit coin de Bourgogne reste presque paradisiaque avec son canal où François allait pêcher, cette campagne où Eusèbe et Lisa peuvent se promener main dans la main ainsi que ces rues pittoresques d'un village regroupé autour de son église. Je retrouve l'ambiance qu'avait su créer Gibrat dans Le Sursis à la différence que la présence allemande est ici bien plus importante puisqu'en zone Nord. La violence est presque absente des images même si elle est omniprésente comme une ombre qui plane dans les têtes de tous les personnages. Les petits dossiers en fin de chaque tome permettent de remettre l'opus dans un cadre historique et chronologique très pertinent. Cela montre une évolution des actions et des personnalités qui s'inscrit dans un contexte bien précis. J'ai trouvé cette série vraiment admirable pour tout public à partir du collège. Aucune hésitation à mettre la note max.
Monsieur Vadim
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette série. J'ai relu 2 fois les 2 tomes et je vais assurément les relire dans les prochains jours ! Je me suis même amusé à retrouver sur Gmaps les principaux lieux des actions dans une ville balnéaire... qui existe réellement ! J'ai bien hâte au 3ième tome. Lequel devrait nous parvenir dans les prochains mois, espère-je bien !
L'Arabe du futur
Ayé ! Je viens de terminer le tome 6. Le moins que l'on puisse dire est que cet ultime volume constitue une conclusion forte. Cette série est formidable. Cela ne tient pas tant au dessin, très sympa au demeurant, qu'à la manière de Sattouf de raconter, et à cet humour dont il mâtine son récit. Tout au long de cette saga, il fait preuve d'une honnêteté sans filtre et raconte cet enfant malingre qu'il a été, confronté à ce père que chacun jugera à sa manière. Il raconte comment il a grandi, en proie aux moqueries, souvent, dresse un portrait sans concession de ce souffre-douleurs qui a subi le mal-être de ceux qui se croyaient dominants, le conduisant sans doute à faire de lui un dessinateur, un conteur hors-paire, qui a eu bien raison de suivre sa bille malgré les avis parfois contraires. Grande leçon que voilà. Son parcours est peu banal et méritait d'être raconté. On lit chaque tome d'une traite, ou du moins jusqu'à ce que le sommeil fasse ployer vos paupières. Oui, récit drôle, épique et réellement émouvant. Comme on dit : un must-have !
Ralph Azham
Enfin mon 900è avis sur ce site, pile avant mes vacances, ça fait rudement plaisir ! Ralph Azam nous a été prêté par un ami qui est franchement fan de la série Donjon et qui recommandait fortement Ralph Azam. Les douze tomes qu'il nous a prêté on été engloutis en moins d'une semaine. Trondheim est vraiment passé maitre dans l'art narratif et ça se sent. Pour ma part, je n'ai pas décroché des volumes à aucun moment. Et surtout, chaque volume m'entrainait à la suite des autres sans que je ne puisse résister. Imaginez la souffrance d'attendre que le conjoint ai fini le volume pour pouvoir le lire ! Ralph Azam à des faux airs de Donjon, avec son personnage canard rappelant Marvin, ses personnages anthropomorphique, sa fantasy qui parle d'artefacts sacrés et de pouvoirs. Mais contrairement à Donjon Zénith ou Donjon Crépuscule, l'histoire se tient bien plus et n'a pas le côté sérielle que je reproche un peu à Donjon. Ici, tout se tient d'un bout à l'autre et a même une cohérence assez importante qu'on ne soupçonnerais pas au début. Ainsi plusieurs révélations tardives permettent de remettre en lumière ce qui se produit au préalable. Une relecture est de toute façon intéressante pour remboiter toutes les pièces du puzzle, non pas que le récit est une enquête dont le mystère révèle une profondeur insoupçonnée, mais simplement le récit semble plus profond qu'on ne le soupçonnais de prime abord. L'histoire est dense et surtout rapide. Pas de remplissage, mais une action continue et qui ne souffre jamais d'être simplement là pour l’esbroufe. A travers les péripéties de Ralph Azam, c'est un passage de l'adolescent à l'adulte qui nous est raconté, mais aussi des considérations sur la politique ou la religion, sur l'importance de nos choix et de nos actions, la découverte des conséquences de nos actes et des changements que le temps induit sur nous, sur les autres et sur nos relations. En effet, la BD explore un temps assez long. Entre le premier et le dernier volume, plusieurs années sont passées. Au cours de ce temps, Ralph verra bon nombre de choses qui le sortiront de cette adolescence bête qu'il incarne au début, moqueur et toujours un peu distant des choses par un sarcasme bien placé, pour devenir un adulte, parfois violent, parfois énervé, conscient de plus en plus de l'impact qu'il a sur le monde. Le récit est volontairement violent d'ailleurs, bon nombre de personnages disparaissent vite du récit et beaucoup d'entre eux meurent parfois brutalement. Je sens que Trondheim s'inspire de récit d'épic fantasy mais aussi de dark fantasy, n'hésitant pas à parler de choses plus sombres sur le monde et l'âme humaine. C'est un savant mélange qui fait rire mais qui émeut aussi. Le tout est accompagné par des personnages parfaitement bien décrits. Ralph, bien sur, est un personnage attachant par sa bêtise et sa naïveté qu'il va perdre au fur et à mesure. Mais aussi Zania, personnage moralement trouble mais qui connaitra un parcours assez peu conventionnel. Il y a aussi Yassou, jeune mage prématurément vieilli qui découvrira que son univers n'est sans doute pas vrai et ira de désillusion en désillusion. La bande de personnages présentés est assez disparates dans les intentions et les pouvoirs, mais au final ils sont tous intéressants d'une façon ou d'une autre. Je finirais juste en disant que le second cycle me laissait envisager des passages plus long et dans une optique bien différente du début, mais Trondheim revient rapidement à son récit principal, par des pirouettes qui m'ont assez surpris. Il reste dans la continuité de son récit et le finit lorsqu'il le faut. Le dernier tome, au ton plus triste et sombre, est un adieu au monde de Ralph qui est franchement bon. Il n'aurait pas pu faire meilleure fin. En somme, une œuvre de fantasy très simple dans son genre, explorant divers genres et plusieurs thématiques, entrainante et passionnante, mâtinée de personnages fabuleux. C'est le genre de série que je recommande parce qu'elle est à la fois suffisamment simple pour être lue par tout le monde, mais aussi suffisamment fouillée pour intéresser tout lecteur. Je pense que dans les BD que j'ai lu de Trondheim, c'est une des plus réussie en tout point. Lecture recommandée, bien sur.
La Bombe
Vraiment super, je recommande vivement ! Ce livre est très intéressant, j’ai appris beaucoup comme l’existence de Los Alamos, le fait que certains scientifiques soient contre l’utilisation de l’arme,... La narration de l’atome lui-même est une bonne idée qui nous tient au fil tout au long de cet ouvrage assez intense. Le noir et blanc nous plonge dans cette ambiance tragique. On peut dire que c’est un chef-d’œuvre, bravo et merci !
Amabilia
Tome 1 Quel raffinement dans cette bande dessinée pour adultes. Habitué du genre, je suis encore sous le charme de cette première intégrale qui avec un dessin très sensuel, est une véritable révélation. C'est en tombant sur la parution de la seconde intégrale, que j'ai finalement cédé à l'achat de cette série que je ne connaissais que de nom. Il faut avouer que les dessin sont somptueux avec un choix de couleurs limité (noir & blanc avec une pointe de rouge toujours très bien ciblée), les auteurs nous offrent une histoire très sensuelle malgré des scènes très hard classiques et des dialogues parfois très crus qui tranchent avec l'érotisme raffiné des dessins. Là où la plupart des bandes dessinées pour adultes ne sont qu'un catalogue de scènes hard, nous avons le droit ici à un scénario élaboré et crédible, avec des chapitres où l'on découvre le point de vue des personnages, Iris et Simon, le tout pimenté par les aventures saphiques (et terriblement excitantes) de Charlotte . Tome 2 5 ans ont passé depuis la première rencontre entre Iris et Simon, et l'habitude remplace le désir. Avec ce second volume, Elise et Thomas Raven s'allie avec la scénariste Candice Solère. Si le dessin est toujours aussi sublime, avec l'apparition de nouveaux personnages comme "la danseuse folle" et la très délurée Valentine, l'histoire tourne surtout autour des amours lesbiens de Charlotte, et de la" danseuse folle", bref les femmes prennent le pouvoir dans ce second opus. Il y a un parfum de "Eyes Wilde Shut" qui flotte sur cette histoire, qui prend un tour nouveau avec une Iris qui finit par céder à une aventure où on ne l'attendait pas. Un peu en deçà du premier volume, sans doute en raison de trop longues scènes qui se déroulent à "la danseuse folle", ce second tome reste tout de même de grande qualité . Bref, une très belle réussite, et je me demande encore pourquoi je suis passé à côté de ce petit chef d’œuvre de la bande dessinée érotique. L'histoire se conclut par un cliffhanger qui ne peut que nous entraîner dans l'achat de la seconde intégrale. Tome 3 Troisième intégrale pour cette série érotique qui possède deux atouts de taille dans le monde des bandes dessinées pour adultes. D'une part un dessin d'une élégance que je n'ai pas retrouvé ailleurs, et d'autre part un scénario inspiré, ce qui est assez rare dans ce domaine. Nous retrouvons ici notre couple, Simon et Iris, mais séparément,leur mariage n'ayant pas résisté aux assauts de La Danseuse folle. En effet, nous assistons à la dérive des principaux personnages dans ce volume. Simon ,esseulé,essaie de se rattacher à ses souvenirs; Iris va jusqu'au bout de ses fantasmes avec La Danseuse folle, tandis que la plantureuse Charlotte a du mal a surmonter ses aventures avec Ava et Richard. Les auteurs nous offrent donc un portrait assez désabusé de nos héros, le tout illustré par des scènes de sexe explicites, d'ailleurs de toute beauté. C'est pourtant le paradoxe de cet album, le dessin est si élégant qu'il fait oublier le côté pornographie de la série. A noter, à la fin de l'album, la présence d'un bonus constituée de planches "coupées au montage", avec le commentaire des auteurs. J'en conseille la lecture évidemment. Tome 4 Clap de fin avec ce 4ème volume d'une série qui restera pour moi une des meilleures séries érotiques que j'ai lues. Je dis bien érotique et non pornographique car, malgré des scènes très crues voire explicites, je ne vois aucune vulgarité mais plutôt un érotisme torride et raffiné. Après un 3ème opus assez sombre et désabusé, les auteurs nous offrent là une véritable renaissance des personnages. J'ai immédiatement songé à ce titre Renaissance au fil de la lecture, jusqu'à ce que je tombe en fin d'album sur ces mots: "mourir un peu, renaître; meilleur; Et tout recommencer....une boucle d'agonies et d'extases, de petites morts et de renaissances." Car à travers les principaux personnages que nous suivons depuis presque 7 ans, Charlotte, Simon, Iris, nous assistons à un véritable tournant dans leur vie. Les auteurs, non seulement, nous offrent une bouffée d'espoir après un album très sombre, mais aussi un changement de style avec l'apparition de la couleur dans les dernières pages, comme un feu d'artifice ou un apaisement après une période assez dure vécue par l'ensemble des personnages. (Jean Louis Tripp avait utilisé le même procédé avec Le Petit Frère) Il faut souligner en fin d'album , la présence d' un superbe cahier "art book" qui met en valeur le dessin de Raven. Une série érotique de qualité, reposant sur un dessin soigné, et un dessin d'une qualité rarement vue dans ce genre de bande dessinée. Bref une réussite complète.
Hoka Hey !
Je ne vois pas ce que je pourrais rajouter de plus au concert de louanges qui s’est abattu à la sortie de « Hoka Hey ! », c’est une bande dessinée qui m’a impressionné par la maturité de l’auteur, Neyef. Maturité graphique d’abord, je n’ai tout simplement rien à lui reprocher : Belle mise en couleurs adaptée à l’intensité de chaque séquence, personnages expressifs et tout de suite facilement identifiables, beauté des décors (encore heureux ! ça se passe en pleine nature et au temps des Far-West… et merci à l’éditeur d’avoir publié cet album en grand format afin qu’on puisse apprécier hautement ces superbes planches !), ça, il s’agit du dessin pur… Une vraie claque visuelle ! Maturité narrative ensuite, tout cela ne serait rien sans une narration exemplaire d’une fluidité remarquable, une mise en page aérée, un découpage des scènes varié et cohérent qui évite la monotonie que pouvaient résulter les scènes de contemplation ou de bavardages… Il est rare qu’une bande dessinée atteigne un tel degré d’excellence dans ce domaine et « Hoka Hey ! » en fait partie ! Des moments forts en action en complément de ceux calmes sont disséminés avec grand harmonie et en toute logique dans ce récit… Aucune lassitude ressentie en cours de lecture, du grand art je vous dis ! Maturité scénaristique enfin, Neyef nous propose un récit touchant qui nous fait plonger en plein cœur de la disparition des tribus indiennes en particulier celle des Lakotas. Le lecteur est invité à suivre quatre individus tous aussi attachants les uns des autres et… je vous laisse découvrir, moins vous en saurez, plus vous apprécierez cette histoire ! Beaucoup de séquences fortes en émotion jalonnent ce récit… un régal ! C’est du western sans être vraiment du western, une ambiance qui semble issue du film « Danse avec les loups » (en plus violent quand même) et qui nous change des traditionnels combats entre les cow-boys et les indiens à la John Wayne que nous présente l’auteur. Neyef est un jeune dessinateur/scénariste, avoir une telle maturité à son âge, ça n’arrive pas souvent… s’il continue dans cette lancée en réalisant des ouvrages de même qualité que « Hoka Hey ! », on aura affaire à un futur grand auteur ! Wait and see !
Les Années Spoutnik
Les Années Spoutnik est une BD extrêmement touchante et totalement intergénérationnelle. Mon fils de 9 ans a lu l'intégralité de la série 2 ou 3 fois et il a adoré, bien qu'il n'était pas très motivé au départ, mon insistance ayant payé. Le talent de Baru éclabousse les 4 tomes, on prend un plaisir fou à observer la vie de ces gamins et de leurs familles dans cette cité ouvrière des années 50-60, qui me rappelle la rue de mes grands-parents, dans laquelle toutes les maisons se ressemblent. Les souvenirs racontés par mon père et mes oncles dans ce quartier communiste ouvrier, balancé entre papeterie et cimenterie, collent parfaitement avec ceux de Baru. C'est émouvant, on est face à un témoignage de la vie et des rêves de nos ascendants. Et même moi, qui suis plus jeune, je me suis retrouvé dans plein de choses : la scène du pénalty évidemment, les bandes "rivales" (même si on ne se mettait pas des peignées comme ça !), le fait que n'importe quel endroit à l'extérieur pouvait nous servir de terrain de jeu. Je revois Alex, Alicia, Gwenaël, Gladys et d'autres, mes voisins avec qui je partais jouer toute la journée dans la forêt, sur le terrain de foot, dans le champ d'à côté, etc. Les dialogues sont géniaux, ils ont réveillé en moi le passionné de langues, de jargons et de patois. Ils ont fait rire mon fils. J'ai lu la série deux fois, et à chaque fois, j'ai pris un plaisir fou à lire et à décrypter ces sociolectes. Encore mieux, le mélange des cultures - et donc des langues - est un témoignage surpuissant des bienfaits, linguistiques et sociaux, de la diversité. Sous ses abords de BD simple et légère, Baru nous livre une œuvre bien plus complexe sur notre histoire, sur la vie de nos parents et grands-parents. Et, si comme moi, vous êtes issus d'une famille modeste, communiste et ouvrière (mais heureuse), et qu'en plus vous vous intéressez de près au multiculturalisme et à la diversité linguistique et sociale, cette série doit trôner en haut de votre bédéthèque. Les Années Spoutnik est un véritable trésor.