... Qu'ajouter ?
Chapeau, Franquin, pour avoir eu le culot d'inventer ce héros-sans-emploi alors que personne ne devait y croire, et de l'avoir aussi rapidement cerné sans jamais l'avoir trahi ; assumant ta démarche jusqu'à nous offrir l'incarnation la plus humaine de la résistance -pas si passive...!- de l'individu face au système.
Bravo Franquin pour, en si peu d'albums et probablement grâce à ton enthousiasme à les dessiner, avoir acquis ce graphisme prodigieusement moderne et dynamique (encore au jour d'aujourd'hui !) qui transfigure, pour ton lecteur énamouré, le plus simpliste des gags en infarctus potentiel...
Félicitations Franquin pour avoir su, au travers d'une galerie de personnages aussi vrais que touchants -même les pires : salut, Longtarin !- dépeindre presque toute une époque avec une lucidité et une franchise qui témoignent, au travers de si nombreuses cases, de ton soucis de l'autre et de notre devenir.
Et, sur un plan plus personnel : merci Franquin pour m'avoir -sans que je le comprenne à l'époque- offert un héros à qui m'identifier presque totalement et dont les nombreuses relectures de ses gaffes ont parsemé mes années de fou-rires, éclats de rire et, même une fois, une telle crise d'hilarité que ma mère a débarqué pour s'assurer que je ne faisais pas un malaise.
Ce manga m'a littéralement retourné la tête.
Les graphismes sont fous et super détaillés !
Un univers intriguant où tous les médias incitent à la consommation de drogues.
Le tout pris avec beaucoup de légèreté comme quelque chose de tout à fait banal.
Je recommande !
C'est très drôle.
Je recommande vivement.
L'intérêt est surtout dans le texte, ciselé, et qui ne tourne pas autour du pot.
Je l'ai acheté après avoir lu la première page et je ne regrette pas mon achat. (3 Eur)
Un superbe petit cadeau à offrir à une personne qui a de l'humour.
J'ai été intrigué et envouté par la lecture du tome 1.... Où voulait bien nous emmener cette fois l'immense Charles Burns?... Le tome 2 prolongeait l'histoire sur un rythme assez lent, restait intéressant, mais ne nous donnait pas beaucoup plus de réponses. Je me laissais porter par le récit mais l'ensemble restait assez nébuleux....
Eh bien, je dois dire que le tome 3 m'a scotché (du début à la fin) et apporte une forte cohésion à l'ensemble. Cet album est juste admirable et sa très belle conclusion très cinématographique ne vous laissera pas de marbre je l'espère !
Même si Burns joue sa partition en terrain connu, il le fait d'une si brillante manière que l'on ne peut que se résigner. Ce gars est un génie et Dédales, après Black Hole et la trilogie Toxic / La Ruche / Calavera, un nouveau chef d'oeuvre !!
... De l'Humour, évidemment ; sauf que c'est juste prodigieusement bien fichu, c'est tout. Bon, c'est culturel aussi, même si ça n'est pas (jamais !) l'argument important, pour moi : je n'en profite guère car peu ou prou de mémoire... Et il y a encore tout un tas de personnages attachants et de répliques qui tuent : on dirait presque qu'il les éparpille dans ses Bédés juste pour nous rappeler à quel point l'échange et le discours peuvent être nourrissants et bénéfiques, en plus d'être utiles ! Qui a lu du Ralf König ne peut rester entièrement mauvais, je pense.
Je défie quiconque de ne pas rire -de désespoir, même ; et par identification, par dessus le marché !- en réalisant à quelles extrémités (vestimentaires et/ou de comportements grotesques !) le désir de plaire à son Mufti pousse le héros, complètement dévoré par sa libido en folie.
Et, encore une fois, tous les personnages secondaires -même juste aperçus pour les besoins de l'histoire- sont élaborés et riches d'Humanité, ne serait-ce que graphiquement. La moindre attitude, le moindre trait traduit (trahit ?!) l'empathie de l'Artiste : de la bonne enrhumée et voleuse au couple en devenir, formé par la meilleure amie et cette espèce de vieux garçon dont les maladroites -mais si sincères !- tentatives d'approche ne peuvent qu'augurer d'une joyeuse conclusion.
Moi, à chaque fois, j'ai le sentiment d'un shoot d'Arnica ou d'un truc approchant -je sais, mais j'ai un organisme très sensible, alors je fais gaffe ! Je souhaiterais que la lecture de ses albums ait le même effet sur tout le monde.
J'ai reçu "Complètement surbookés !" à un anniversaire (je devais déjà avoir plus de quarante ans...). Je n'avais plus rien lu de neuf depuis longtemps et mes expériences récentes spécifiques du genre consistaient en quelques (vieilles !) BD de Garfield (John est irrésistible et tangible dans sa solitude gaguesque !) et Grimmy, ce chien tellement trash dont l'auteur/dessinateur ne s'embarrasse d'aucune règle ni contrainte. Par flemme autant que par indifférence, aucun des deux ne m'a donné envie de creuser (sans que ça remette en question leur légitimité en tant que bandes humoristiques : vive la diversité !)...
Et POUF ! Voilà ce monstrueux gamin si horripilant dans sa malice égoïste et sa cruauté infantile -mais logique, puisqu'il a six ans tout au long des albums !- flanqué de son Tigre archi-blasé ; et je me suis retrouvé à rire sur trois niveaux différents et à m'émouvoir à en avoir mal au ventre.
Ce coup-ci j'ai creusé : l'intégrale et quelques articles sur l'auteur et, comme le Grand Art est TOUJOURS le résultat d'une forme de souffrance et/ou de frustration, j'ai compris pourquoi j'ai adhéré instantanément. Alors, oui : chapeau bas à Bill Watterson qui, pendant près de deux ans, a dû faire face LÉGALEMENT aux volontés mercantiles de son propre syndicat (entre autres !) pour finalement réussir à empêcher le "marchandisage" de sa création et, ainsi, sauver l'âme et la raison d'être de sa démarche artistique. Car Calvin, tout matérialiste qu'il paraisse, ne cesse avec Hobbes de mettre en valeur les plus hautes et les plus nobles aspirations de l'homme (la soif de liberté et de justice, en particulier) tout au long des cases qu'ils partagent.
L'auteur est d'une honnêteté confondante et, son immense talent graphique comme principal argument de séduction (trait dépouillé, simple, franc, direct : comme lui, quoi !), il se régale à nous fait rire, ricaner, glousser mais aussi réfléchir, s'émouvoir et s'attrister. Il m'a fait avoir honte de ma nullité humaine et m'a rempli d'espoir quant à la foi qu'on place dans l'autre. Le gars peut littéralement vous faire voyager dans le temps, en une planche, sans même un phylactère. Mais il faut la lire, pourtant, pour que ça marche...
... Alors ÇA ! Je ne sais pas pour vous mais, en ce qui me concerne, rien ne me réjouit autant que la transfiguration de vielles Lunes au travers d'une idée si originale qu'on se surprend à avoir l'impression de contempler des astres tous neufs ! Oui, c'est une énième histoire d'adolescents en quête de maturité et d'acceptation, et qui s'interrogent sur le sens de la vie (enfin surtout l'un d'eux). Oui, il y a bien évidemment une figure paternaliste toute puissante, un conflit en cours avec des ennemis mystérieux et, bien sûr, des amours -sinon romantiques, en tous cas réels- se bâtissent laborieusement, entravés par les habituels écueils de la vie...
Mais quelle singularité originale, ces personnages ?! Complètement dingue ! À tel point que même le postulat de départ explicitant l'origine de l'existence des habitants de cette Terre futuriste, pour irréel qu'il paraisse -mais qui s'en soucie ?!- n'est plus qu'un ajout poétique à l'ensemble déjà très "over the top".
Le graphisme tranche franchement avec la production Japonaise "classique", tout en respectant certains codes comme l'exagération des traits du visage et la simplification de la caractérisation des personnages (simple quant au résultat, hein ! Pas au travail que ça nécessite !), déconstruction de la mise en page au profit de l'action, etc... Mais la nature intrinsèque de ces "gemmes vivantes", justement, donne à l'auteur une infinie possibilité de renouvellement quant à la façon d'épicer son récit et en bouleverser un peu les codes, là aussi... Combien de héros ont-ils jamais changé CARRÉMENT de tête, hmm ?!
Les à plats de noir et de blanc remplacent presque les habituelles trames pour un effet graphique plus "pétant" (!) et TRÈS surprenant pour ceux qui, comme moi, ont découvert l’œuvre à travers sa plus récente adaptation animée, très colorée, pour le coup. Les points de vus différents des protagonistes sont bien argumentés, et même leurs belligérants ont une raison logique quant à leur incessante croisade. L'histoire est développée jusqu'au bout (du bout !) et, encore une fois, on reste ébloui par l'incroyable capacité des artistes nippons à réinventer l'art de raconter en images. Enfin, moi j'ai apprécié.
Soixante-cinq ans plus tôt ; Paris, 14e Arrondissement. J'ai alors 6/7 ans à l'époque, c'est donc celle de ''Petzi'', ''Roudoudou et Riquiqui'' ( dont je savais que leur parution hebdomadaire se faisait chaque Mercredi, si ma mémoire est restée bonne ??). Mais la plus marquante , fut celle de l'album de Petzi, dans lequel l'hétéroclite future équipage construisit ce bateau symbolique, page après page ; un Bonheur resté intact en mon Cœur d'enfant.
Merci à votre équipe de ne pas avoir laissé ''sombrer'' à jamais ce tendre Souvenir.
Alain Grenet
Riff Reb's nous offre un plaidoyer contre les conditions inhumaines dans les prisons de ce temps, mais cela a-t-il vraiment changé? Ce diptyque est également l'occasion d'offrir au lecteur des moments de grâce et de poésie, à ce titre je ne peux que lui octroyer la note maximale. Encore une fois je ne peux que plussoir aux avis précédents, Mr Riff Reb's est un tout grand de la bande dessinée. Son graphisme est singulier, reconnaissable entre mille. Après sa trilogie sur le monde marin voilà qu'ici il nous propose un autre voyage, celui de l'âme humaine et ses tréfonds. Librement inspiré de Jack London, et oui celui-ci n'est pas que l'auteur de "Croc Blanc", il s'empare de ce roman qui si l'on y réfléchit bien est une sorte d'attaque en règle du système carcéral, de la bêtise humaine.
Certes Darrel Standing est loin d'être un saint, il a quand même commis un meurtre, sa manière d'entrer en relation avec la hiérarchie de la prison de Saint Quentin n'en fait pas le plus grand diplomate du monde, son orgueil est immense et va lui coûter bien cher. S'ensuivent alors plusieurs planches qui nous montrent avec quelle abjection les gardiens se chargent de casser un homme, de lui enseigner des valeurs qui n'ont aucun sens dans ce milieu. Cassé physiquement à cause de la punition dite de la "camisole", Standing n'aura d'autres moyens pour s'évader que de faire appel à son cerveau que l'on qualifierait aujourd'hui d’analytique. Dans sa cellule Standing va trouver le moyen de s'évader pour retrouver des moments de vies antérieures qui vont l'aider à supporter l’insupportable.
J'attends avec impatience la suite de cette histoire magnifiquement adaptée par Riff Reb's. Adaptation et graphisme sont à l'unisson, bravo j'en redemande.
Majoration après la sortie du deuxième et dernier tome.
J'ai un peu peur de faire une redite de l'avis sur le premier tome, mais véritablement les deux albums à la suite forment un tout homogène qui évoque ce que dans les années 70 on appelait le "voyage astral" mais sans la connotation un peu baba-cool.
Pour Darrel Standing c'est une évidence, un moyen d'échapper à l'enfer qu'il vit notamment avec ce supplice de la camisole. Encore une fois les matons, le directeur de la prison ont le mauvais rôle et on peut le comprendre.
Ce diptyque est également l'occasion d'offrir au lecteur des moments de grâce et de poésie, à ce titre je ne peux que lui octroyer la note maximale
C'était nouveau et la spontanéité/authenticité de la chose était indéniable. J'avais adoré le ton juste des rapports Parents/enfants des personnages et le graphisme romantique et poétique du Hislaire de l'époque -infiniment moins déprimant que ce qu'il nous a proposé depuis...
J'avoue un faible pour les dessinateurs "en devenir" : leurs premières œuvres sont toujours pleines de trouvailles et expérimentations réjouissantes, pour qui aime l'image. Je regrette ses démêlées avec la direction de Spirou Magazine (pas éclairée sur ce coup-là, visiblement...) qui ont abouti à l'interruption de la série, lui conférant pour toujours cette couleur plus mélancolique que comique -et, à ce propos : honte aux éditions Glénat pour le choix de cet orange pétant en fond de couverture de la réédition du recueil, complètement en porte-à-faux avec l'histoire ! Le rouge sombre de l'ouvrage précédent était bien plus "raccord".
Un beau souvenir.
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Gaston Lagaffe
... Qu'ajouter ? Chapeau, Franquin, pour avoir eu le culot d'inventer ce héros-sans-emploi alors que personne ne devait y croire, et de l'avoir aussi rapidement cerné sans jamais l'avoir trahi ; assumant ta démarche jusqu'à nous offrir l'incarnation la plus humaine de la résistance -pas si passive...!- de l'individu face au système. Bravo Franquin pour, en si peu d'albums et probablement grâce à ton enthousiasme à les dessiner, avoir acquis ce graphisme prodigieusement moderne et dynamique (encore au jour d'aujourd'hui !) qui transfigure, pour ton lecteur énamouré, le plus simpliste des gags en infarctus potentiel... Félicitations Franquin pour avoir su, au travers d'une galerie de personnages aussi vrais que touchants -même les pires : salut, Longtarin !- dépeindre presque toute une époque avec une lucidité et une franchise qui témoignent, au travers de si nombreuses cases, de ton soucis de l'autre et de notre devenir. Et, sur un plan plus personnel : merci Franquin pour m'avoir -sans que je le comprenne à l'époque- offert un héros à qui m'identifier presque totalement et dont les nombreuses relectures de ses gaffes ont parsemé mes années de fou-rires, éclats de rire et, même une fois, une telle crise d'hilarité que ma mère a débarqué pour s'assurer que je ne faisais pas un malaise.
Ultra Heaven
Ce manga m'a littéralement retourné la tête. Les graphismes sont fous et super détaillés ! Un univers intriguant où tous les médias incitent à la consommation de drogues. Le tout pris avec beaucoup de légèreté comme quelque chose de tout à fait banal. Je recommande !
Fumier !
C'est très drôle. Je recommande vivement. L'intérêt est surtout dans le texte, ciselé, et qui ne tourne pas autour du pot. Je l'ai acheté après avoir lu la première page et je ne regrette pas mon achat. (3 Eur) Un superbe petit cadeau à offrir à une personne qui a de l'humour.
Dédales (Burns)
J'ai été intrigué et envouté par la lecture du tome 1.... Où voulait bien nous emmener cette fois l'immense Charles Burns?... Le tome 2 prolongeait l'histoire sur un rythme assez lent, restait intéressant, mais ne nous donnait pas beaucoup plus de réponses. Je me laissais porter par le récit mais l'ensemble restait assez nébuleux.... Eh bien, je dois dire que le tome 3 m'a scotché (du début à la fin) et apporte une forte cohésion à l'ensemble. Cet album est juste admirable et sa très belle conclusion très cinématographique ne vous laissera pas de marbre je l'espère ! Même si Burns joue sa partition en terrain connu, il le fait d'une si brillante manière que l'on ne peut que se résigner. Ce gars est un génie et Dédales, après Black Hole et la trilogie Toxic / La Ruche / Calavera, un nouveau chef d'oeuvre !!
Djinn Djinn
... De l'Humour, évidemment ; sauf que c'est juste prodigieusement bien fichu, c'est tout. Bon, c'est culturel aussi, même si ça n'est pas (jamais !) l'argument important, pour moi : je n'en profite guère car peu ou prou de mémoire... Et il y a encore tout un tas de personnages attachants et de répliques qui tuent : on dirait presque qu'il les éparpille dans ses Bédés juste pour nous rappeler à quel point l'échange et le discours peuvent être nourrissants et bénéfiques, en plus d'être utiles ! Qui a lu du Ralf König ne peut rester entièrement mauvais, je pense. Je défie quiconque de ne pas rire -de désespoir, même ; et par identification, par dessus le marché !- en réalisant à quelles extrémités (vestimentaires et/ou de comportements grotesques !) le désir de plaire à son Mufti pousse le héros, complètement dévoré par sa libido en folie. Et, encore une fois, tous les personnages secondaires -même juste aperçus pour les besoins de l'histoire- sont élaborés et riches d'Humanité, ne serait-ce que graphiquement. La moindre attitude, le moindre trait traduit (trahit ?!) l'empathie de l'Artiste : de la bonne enrhumée et voleuse au couple en devenir, formé par la meilleure amie et cette espèce de vieux garçon dont les maladroites -mais si sincères !- tentatives d'approche ne peuvent qu'augurer d'une joyeuse conclusion. Moi, à chaque fois, j'ai le sentiment d'un shoot d'Arnica ou d'un truc approchant -je sais, mais j'ai un organisme très sensible, alors je fais gaffe ! Je souhaiterais que la lecture de ses albums ait le même effet sur tout le monde.
Calvin et Hobbes
J'ai reçu "Complètement surbookés !" à un anniversaire (je devais déjà avoir plus de quarante ans...). Je n'avais plus rien lu de neuf depuis longtemps et mes expériences récentes spécifiques du genre consistaient en quelques (vieilles !) BD de Garfield (John est irrésistible et tangible dans sa solitude gaguesque !) et Grimmy, ce chien tellement trash dont l'auteur/dessinateur ne s'embarrasse d'aucune règle ni contrainte. Par flemme autant que par indifférence, aucun des deux ne m'a donné envie de creuser (sans que ça remette en question leur légitimité en tant que bandes humoristiques : vive la diversité !)... Et POUF ! Voilà ce monstrueux gamin si horripilant dans sa malice égoïste et sa cruauté infantile -mais logique, puisqu'il a six ans tout au long des albums !- flanqué de son Tigre archi-blasé ; et je me suis retrouvé à rire sur trois niveaux différents et à m'émouvoir à en avoir mal au ventre. Ce coup-ci j'ai creusé : l'intégrale et quelques articles sur l'auteur et, comme le Grand Art est TOUJOURS le résultat d'une forme de souffrance et/ou de frustration, j'ai compris pourquoi j'ai adhéré instantanément. Alors, oui : chapeau bas à Bill Watterson qui, pendant près de deux ans, a dû faire face LÉGALEMENT aux volontés mercantiles de son propre syndicat (entre autres !) pour finalement réussir à empêcher le "marchandisage" de sa création et, ainsi, sauver l'âme et la raison d'être de sa démarche artistique. Car Calvin, tout matérialiste qu'il paraisse, ne cesse avec Hobbes de mettre en valeur les plus hautes et les plus nobles aspirations de l'homme (la soif de liberté et de justice, en particulier) tout au long des cases qu'ils partagent. L'auteur est d'une honnêteté confondante et, son immense talent graphique comme principal argument de séduction (trait dépouillé, simple, franc, direct : comme lui, quoi !), il se régale à nous fait rire, ricaner, glousser mais aussi réfléchir, s'émouvoir et s'attrister. Il m'a fait avoir honte de ma nullité humaine et m'a rempli d'espoir quant à la foi qu'on place dans l'autre. Le gars peut littéralement vous faire voyager dans le temps, en une planche, sans même un phylactère. Mais il faut la lire, pourtant, pour que ça marche...
L'Ère des Cristaux
... Alors ÇA ! Je ne sais pas pour vous mais, en ce qui me concerne, rien ne me réjouit autant que la transfiguration de vielles Lunes au travers d'une idée si originale qu'on se surprend à avoir l'impression de contempler des astres tous neufs ! Oui, c'est une énième histoire d'adolescents en quête de maturité et d'acceptation, et qui s'interrogent sur le sens de la vie (enfin surtout l'un d'eux). Oui, il y a bien évidemment une figure paternaliste toute puissante, un conflit en cours avec des ennemis mystérieux et, bien sûr, des amours -sinon romantiques, en tous cas réels- se bâtissent laborieusement, entravés par les habituels écueils de la vie... Mais quelle singularité originale, ces personnages ?! Complètement dingue ! À tel point que même le postulat de départ explicitant l'origine de l'existence des habitants de cette Terre futuriste, pour irréel qu'il paraisse -mais qui s'en soucie ?!- n'est plus qu'un ajout poétique à l'ensemble déjà très "over the top". Le graphisme tranche franchement avec la production Japonaise "classique", tout en respectant certains codes comme l'exagération des traits du visage et la simplification de la caractérisation des personnages (simple quant au résultat, hein ! Pas au travail que ça nécessite !), déconstruction de la mise en page au profit de l'action, etc... Mais la nature intrinsèque de ces "gemmes vivantes", justement, donne à l'auteur une infinie possibilité de renouvellement quant à la façon d'épicer son récit et en bouleverser un peu les codes, là aussi... Combien de héros ont-ils jamais changé CARRÉMENT de tête, hmm ?! Les à plats de noir et de blanc remplacent presque les habituelles trames pour un effet graphique plus "pétant" (!) et TRÈS surprenant pour ceux qui, comme moi, ont découvert l’œuvre à travers sa plus récente adaptation animée, très colorée, pour le coup. Les points de vus différents des protagonistes sont bien argumentés, et même leurs belligérants ont une raison logique quant à leur incessante croisade. L'histoire est développée jusqu'au bout (du bout !) et, encore une fois, on reste ébloui par l'incroyable capacité des artistes nippons à réinventer l'art de raconter en images. Enfin, moi j'ai apprécié.
Petzi
Soixante-cinq ans plus tôt ; Paris, 14e Arrondissement. J'ai alors 6/7 ans à l'époque, c'est donc celle de ''Petzi'', ''Roudoudou et Riquiqui'' ( dont je savais que leur parution hebdomadaire se faisait chaque Mercredi, si ma mémoire est restée bonne ??). Mais la plus marquante , fut celle de l'album de Petzi, dans lequel l'hétéroclite future équipage construisit ce bateau symbolique, page après page ; un Bonheur resté intact en mon Cœur d'enfant. Merci à votre équipe de ne pas avoir laissé ''sombrer'' à jamais ce tendre Souvenir. Alain Grenet
Le Vagabond des Étoiles
Riff Reb's nous offre un plaidoyer contre les conditions inhumaines dans les prisons de ce temps, mais cela a-t-il vraiment changé? Ce diptyque est également l'occasion d'offrir au lecteur des moments de grâce et de poésie, à ce titre je ne peux que lui octroyer la note maximale. Encore une fois je ne peux que plussoir aux avis précédents, Mr Riff Reb's est un tout grand de la bande dessinée. Son graphisme est singulier, reconnaissable entre mille. Après sa trilogie sur le monde marin voilà qu'ici il nous propose un autre voyage, celui de l'âme humaine et ses tréfonds. Librement inspiré de Jack London, et oui celui-ci n'est pas que l'auteur de "Croc Blanc", il s'empare de ce roman qui si l'on y réfléchit bien est une sorte d'attaque en règle du système carcéral, de la bêtise humaine. Certes Darrel Standing est loin d'être un saint, il a quand même commis un meurtre, sa manière d'entrer en relation avec la hiérarchie de la prison de Saint Quentin n'en fait pas le plus grand diplomate du monde, son orgueil est immense et va lui coûter bien cher. S'ensuivent alors plusieurs planches qui nous montrent avec quelle abjection les gardiens se chargent de casser un homme, de lui enseigner des valeurs qui n'ont aucun sens dans ce milieu. Cassé physiquement à cause de la punition dite de la "camisole", Standing n'aura d'autres moyens pour s'évader que de faire appel à son cerveau que l'on qualifierait aujourd'hui d’analytique. Dans sa cellule Standing va trouver le moyen de s'évader pour retrouver des moments de vies antérieures qui vont l'aider à supporter l’insupportable. J'attends avec impatience la suite de cette histoire magnifiquement adaptée par Riff Reb's. Adaptation et graphisme sont à l'unisson, bravo j'en redemande. Majoration après la sortie du deuxième et dernier tome. J'ai un peu peur de faire une redite de l'avis sur le premier tome, mais véritablement les deux albums à la suite forment un tout homogène qui évoque ce que dans les années 70 on appelait le "voyage astral" mais sans la connotation un peu baba-cool. Pour Darrel Standing c'est une évidence, un moyen d'échapper à l'enfer qu'il vit notamment avec ce supplice de la camisole. Encore une fois les matons, le directeur de la prison ont le mauvais rôle et on peut le comprendre. Ce diptyque est également l'occasion d'offrir au lecteur des moments de grâce et de poésie, à ce titre je ne peux que lui octroyer la note maximale
Bidouille et Violette
C'était nouveau et la spontanéité/authenticité de la chose était indéniable. J'avais adoré le ton juste des rapports Parents/enfants des personnages et le graphisme romantique et poétique du Hislaire de l'époque -infiniment moins déprimant que ce qu'il nous a proposé depuis... J'avoue un faible pour les dessinateurs "en devenir" : leurs premières œuvres sont toujours pleines de trouvailles et expérimentations réjouissantes, pour qui aime l'image. Je regrette ses démêlées avec la direction de Spirou Magazine (pas éclairée sur ce coup-là, visiblement...) qui ont abouti à l'interruption de la série, lui conférant pour toujours cette couleur plus mélancolique que comique -et, à ce propos : honte aux éditions Glénat pour le choix de cet orange pétant en fond de couverture de la réédition du recueil, complètement en porte-à-faux avec l'histoire ! Le rouge sombre de l'ouvrage précédent était bien plus "raccord". Un beau souvenir.