Les derniers avis (7654 avis)

Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Top 10 - The Forty-Niners
Top 10 - The Forty-Niners

Woah ! J'avais oublié comme c'était réussi, cette mini série. Alan Moore, en mode "on se calme un peu !", nous donne l'occasion de mieux appréhender la réalité de Néopolis via sa fondation et les intervenants ayant marqué les début de son histoire. L'intrigue nous offre des méchants faciles à identifier, tant ils sont "tout d'un bloc" et, sans plus de réelles complications, on peut confortablement découvrir ce nouveau monde avec les jeunes héros fraichement débarqués. Et c'est vrai qu'on prend le temps. En parallèle de la lente installation de la menace sournoise du Mal, à l'ordinaire danger inhérent à la bêtise humaine, on suit avec intérêt -sinon avec passion- l'histoire d'amour (puisque c'est bien de ça qu'il s'agit) entre Steve Traynor/Jetboy et le pilote Wulf (décidément très intéressant et original dans sa désarmante honnêteté). Suffisamment réaliste (dans le contexte de l'après-guerre) pour ne pas paraitre mièvre, la romance est assez indirectement mise en relief (dans sa simplicité) via les quelques apartés du scénario en rapport avec les suspicions engendrées par les nombreuses associations entre "héros de la science" et jeunes "associés" ; qui donnent un peu plus de profondeur alternative, sinon de clarté, au propos du scénariste sur l'Homosexualité masculine. Notamment à travers ceci, on sent bien que le désordre politique de cette cité "en devenir" n'est pas une véritable nuisance pour tout le monde : il souffle un air de liberté, effectivement très Fifties, sur les citoyens de Néopolis. Gene Ha est incroyable, tant l'apparente décontraction de son dessin accentue l'atmosphère des planches ; sa ville utopique, à cheval entre deux esthétiques extrêmes, deux époques, parvenant a être crédible dans la chaleur/douceur de ses traits -et de ses couleurs, gentiment "passées". Assez incroyablement, il vêt ses personnages d'une humanité réelle qui illumine leur présence même dans des plans aussi statiques -et répétitifs- que les discussions "graves" qui alternent le récit. Le choix de leur donner à tous des physiques Lambda y est sûrement pour beaucoup. Pas facile à assurer, cette démarche-là, quand on fait dans le Super-Héros... Et les scènes d'actions, si elles ne brillent pas par une surenchère d'effets graphiques, sont néanmoins lisibles et, encore une fois, parfaitement assorties d'une planche à l'autre. Son encrage, très classique, accentue encore l'effet "patiné" de l'ensemble : on a vraiment l'impression de lire une histoire déjà ancienne. Très beau travail, et surtout très équilibré, entre le propos et sa réalisation graphique.

17/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Blueberry
Blueberry

Il y a plusieurs années que je n'ai pas ouvert un album de Blueberry mais ses personnages et ses situations sont tellement présentes qu'il est aisé d'aviser le chef d'oeuvre de Charlier et Giraud. Enfant et ado j'étais un grand lecteur des séries de Charlier. J'ai vieilli et pris beaucoup de distance avec nombre de ses scénarii. Blueberry est l'exception à cette évolution personnelle. J'aime toujours autant la richesse et la modernité des récits proposés par Charlier. Même si pour moi la série commence avec l'homme à l'étoile d'argent. En effet Mc Clure y devient un personnage atypique et fondamental dans l'éclairage des valeurs de Blueberry et Miss March préfigure l'importance de plusieurs personnages féminins dont l'inoubliable Chihuahua. Une initiative scénaristique d'une grande modernité qui imprime une partie de sa singularité à la série. D'ailleurs il fallait bien un personnage comme la belle chanteuse pour relever le défi après l'un des diptyques les plus somptueux de la BD, celui des Monts de la Superstition. Inutile d'en rajouter tellement cela fait l'unanimité. De même le graphisme de Giraud évolue très vite pour sortir du classicisme des premiers albums pour devenir d'une richesse extraordinaire dans tous les domaines : découpage, mise en scène, dynamisme, détails du second plan et des arrières plans. Tout devient de plus en plus précis et élaboré. Une série hors norme qui, de plus, a su tenir son niveau d'excellence jusqu'à la fin. Remarquable

16/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Batman - The Dark Knight returns
Batman - The Dark Knight returns

... Certains dépoussiérages se font au lance-flammes... La première fois que j'ai aperçu les quasi-croquis de Frank Miller pour son adaptation du détective encapé (au dos d'une édition Francophone riquiqui ?!), j'ai bien compris que l'ouvrage s'envolait vers des horizons Super-Héroïques encore inexplorés à l'époque : on était en 1987, quand même. Mais je n'ai pas acheté, alors : best seller ou pas, Batman ne figurait pas parmi mes priorités BDessinées du moment (et puis les sous ! Les sous !). Je n'y suis retourné qu'adulte, à l'occasion d'un marché en plein air où trainaient les quatre albums grands formats. Hé bien, je dois dire que je me suis pas mal amusé ! Cette interprétation culottée à la foi trash (le côté sordide/décadent des pouvoirs en place), "réaliste" (la facilité avec laquelle le premier abruti venu -un peu looké- peut créer un culte autour de sa personne grâce à la complaisance traditionnelle des médias, et ainsi faire basculer une génération d'ados dans l'horreur ordinaire) et même gaguesque : la partie Super-Héroïque très bien mise en valeur malgré tout, même si complètement atomisée -très logiquement !- à la fin... Voilà qui nous changeait des trains-trains habituels proposés par DC ! Tant d'oxygène à la foi : est-ce possible ?! Même les couleurs, qualifiées à raison de "criardes" précédemment, participent à la dynamique de l’œuvre : c'est punchy au possible ! On n'est pas obligé d'aimer : c'est d'une esthétique bien particulière, qu'il retourne ; mais force est de reconnaitre l'efficacité de la méthode (écriture et dessin), parfaitement raccord avec le médium. Du plein les yeux ! "Efficacité" : mot-clé à prendre en compte dans la lecture (et la création !) d'un Comic-Book. Les autres ressentis , bien qu'utiles, ne peuvent faire référence qu'à une seule partie de l’œuvre ; et perdent un peu de leur pertinence quant à l'appréhension objective de son entièreté. Bon, comme d'habitude, Frank Miller n'y va pas par quatre chemins ; même si sa ré-interprétation est plutôt appliquée -écriture graphique et écriture tout court ! Des petites cases/bulletins d'informations (inconnus alors, il me semble, dans ce domaine ?!) très originaux jusqu'au classicisme des mises en pages d'ambiance/présentation/baston ; on assiste au déroulé parfaitement orchestré d'une quadrilogie dont le sombre crescendo scénaristique ne fait que s'intensifier jusqu'à la conclusion, pleine de sens et d'espoir. Culte car séminal : personne n'avait encore à ce point libéré une franchise aussi célèbre -ni aussi contrite dans ses limites très spécifiques, puisque Batman n'est, en fait, qu'un homme ordinaire au destin extraordinaire. Une incursion assez jouissive dans l'exercice jusqu'au boutiste (et périlleux !) qui consiste à pousser un concept jusqu'à son extrapolation ultime, mais sans trahir son sujet. Bien sûr, on aurait aimé encore plus de détails intimes sur les intervenants mais, nécessité faisant loi, Frank Miller privilégie le récit : vue plongeante sur leur âme, et forcément inscrits dans l'action en cours, leurs dialogues intérieurs, essentiellement ciselés et parfaitement disposés entre (et sur !) les cases, nous régalent néanmoins de la part d'intimité partagée absolument vitale au genre. Quant à son interprétation du personnage d'Alfred Pennyworth, elle est absolument parfaite tant ce dernier concentre (graphiquement ET au travers de son utilisation scénaristique !) l'ensemble des valeurs humaines essentielles à tout récit un tant soi peu profond. Miller en fait le prisme au travers duquel, entre rires et larmes, la tragédie de son ex-pupille nous apparait comme réelle et, de fait, digne d'intérêt -et de compassion. Chapeau bas ; même si rien que pour ça.

15/12/2023 (modifier)
Par Domi
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tube Story
Tube Story

Superbe performance d’Astrid Cornet, excellent coup de crayon pour une BD truffée d’anecdotes sympas et de blagues à la Gotlib, c’est vraiment un coup de cœur, je le recommande les yeux fermés. Super idée cadeau pour Noël ou autre.

13/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Cyrrus / Mil
Cyrrus / Mil

Ha ouais : faut aimer les puzzles. Non, je galéje : j'aime pas ça du tout dans la vie -horreur des complications et partisan acharné du moindre effort. ...Mais alors, les architectures "graphico-narratives" de Andreas ! Je possède les deux tomes originaux depuis plus de vingt ans maintenant (peut-être même trente ?) et il me semble avoir encore compris quelque chose de nouveau à leur re-re-re-re... Bref ! RE-lecture de cet après-midi...! Enfin, je pense ? J'espère, en tous cas ! Qu'importe. On y retourne d'autant plus volontiers avec cette certitude qu'une autre partie du mystère va se révéler et, sous le prétexte d'y voir plus clair dans cet embrouillamini temporel, on s'offre le luxe d'une nouvelle immersion entre ces pages pleines d'une beauté aussi étrange qu'hypnotique, tant les audaces de mise en scène -surtout dans le premier tome- transforment en labyrinthe (!) l'odyssée/course-poursuite passé/futur entre Cyrrus, Mil, sa mère et Jérôme Bachmann - plus quelques autres ! De l'inventivité très expérimentale du départ, où le style archi-personnel d'Andreas va jusqu'à retranscrire carrément (avec une puissance rarement atteinte, même dans les comics de super-héros !) le "look" du sur-homme (sur-femme ?) moyen(ne) en plein déchaînement destructeur, et dans lequel le moindre point de vue subjectif des cases sert si précisément le propos ; jusqu'à la suite, infiniment plus classique dans sa réalisation (même si les allers-retours entre les époques sont, encore une fois, narrés hors de leur chronologie "objective") mais dont le suspense, très réel, colore l'album d'une réelle touche Comic-Book dans l'énormité des conséquences implicites à son échéance, c'est encore une fois un vrai voyage hors de tout ce qui s'est fait dans le domaine. De ses personnages si bizarrement stylisés au découpage spectaculairement dynamique des cases, en passant par la disposition des phylactères - et même la rigueur des dialogues, archi secs mais signifiants !- , Andreas offre à nouveau une leçon de liberté époustouflante quant à son aisance dans sa maitrise du médium BDessiné. Loin des codes "obligés" souvent très lourdement manipulés par bon nombre de ses confrères beaucoup plus populaires -car ils dessinent tèèèèellement bien- le bougre s'amuse à nous balader dans des aventures dont, il le reconnait lui-même, une grande partie demeure non-écrite et reste ainsi ouverte à l'interprétation. Précieuse et rare marque de confiance envers un public pourtant plus enclin à aller vers ce qu'il connait bien (surtout pas de surprises !). Mais je pense que c'est là aussi une des raisons de sa pérennité dans le cœur de ses admirateurs : intrigués dés la première rencontre, puis assez rapidement séduits, happés presque malgré nous par l'évidence de son talent de conteur pluridisciplinaire. Cette liberté de ton, qu'il partage ainsi si généreusement, ne fait que renforcer notre fascination pour son œuvre... Et il le sait très bien ! D'ailleurs, il n'y a qu'à observer ses personnages : souvent, entre les ombres et les traits, ils sourient, un peu goguenards, à nos mines perdues et perplexes -mais réjouies !- dans notre déchiffrage orgiaque... Les coquins !

12/12/2023 (modifier)
Par hervé
Note: 5/5
Couverture de la série Trompette
Trompette

J'ai 65 ans aujourd'hui et j'ai moi aussi lu les aventures de Trompette dans la revue Femmes d'Aujourd'hui que recevait ma mère. Je les ai découpées toutes le semaines et avais moi aussi fait mon album, que je possède encore. Ces aventures que j'attendais avec impatience chaque semaine. Certes un peu désuet à ce jour, mais c'était magnifique avec mes yeux d'enfant et je suis certain aussi que cela plairait à bon nombre d'enfants.

12/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Fantastic Four - Retour aux sources
Fantastic Four - Retour aux sources

J'ai déjà longuement étayé mon avis sur la reprise du titre par John Byrne pour l'Intégrale consacrée aux Fantastic Four mais, puisque cette parution-ci lui est exclusivement consacrée -distrait que je suis !- , je m'en vais re-préciser les raisons qui justifient mon classement. ... Extra-archi-fidèle au canevas originel de la série, et soucieux d'en respecter les codes au maximum tout en essayant d'assortir le concept à l'époque "moderne" où il en prend les rênes, John Byrne ne cessera de rendre hommage à Lee et Kirby ; imitant le rythme d'une aventure complète à (presque !) chaque épisode publié et variant le plus équitablement possible les univers où emmener jouer son quatuor (New-York, le Mexique, l'Espace, l’Himalaya, la Lune, l'Afrique... La Zone Négative et même un diorama miniature !). À quelques rares -et plutôt réussies- exceptions près, les adversaires sont tous issus des premières années de l'équipe (logique !) et, sous la patte décidément habile de l'auteur/artiste, on les redécouvre aussi bien fidèles à leurs personnages originels qu'habités d'un second souffle vraiment bienvenu. Ceci est aussi vrai pour les Super-Héros de passage, toujours utilement mis en scène, et qu'il connait bien pour les avoir, eux aussi, très souvent illustrés avant de reprendre les FF. Son dessin, encore à mi-chemin entre un rendu élégant/arrondi (très Seventies) et la rigueur d'un trait plus moderne (plus sec) qu'il réserve à ses décors -mais qui allait dix ans plus tard s'exprimer aussi au travers de ses personnages !- convient parfaitement à l'univers pseudo-scientifique de l'équipe, et culmine avec l'arc consacré à la naissance de Nova : hommage magistral à ses maitres. Mais c'est bien dans sa ré-interprétation des quatre personnages principaux et des liens qui les unissent que John Byrne s'est vraiment -et très brillamment !- approprié l’œuvre. Outre une exploration un poil plus poussée -et inventive- de leurs pouvoirs respectifs, c'est à travers une analyse très lucide des caractères en présence qu'il ré-invente, avec un soucis de fidélité absolu à leur genèse, cette famille pas comme les autres. Sous sa plume, Reed redevient beaucoup plus tempéré que ses incarnations immédiatement antérieures (!) alors que Susan, à la faveur de quelques épisodes particulièrement savoureux (l'interview télévisée, notamment !) acquiert enfin une identité à part entière -et unique au sein du MCG, rien que ça ! L'humanité profonde de Benjamin est à nouveau mise en avant -bien plus que son humour/carapace, du coup- et Johnny, à l'instar de sa soeur, peut désormais se permettre quelques incursions dans les domaines plus adultes de l'introspection. Le remplacement de Ben par She-Hulk, loin d'altérer la dynamique familiale, ne fera qu'en renforcer la valeur émotionnelle au travers de son regard "extérieur" d'invitée temporaire. Le côté "Soap" traditionnel du Comic-Book à la Marvel n'est pas négligé non plus et, de Frankie Raye à la Tante Pétunia (!) en passant par Alicia et Franklin, Wyiatt Wingfoot ou même H.E.R.B.I.E, les humeurs et intrigues de toutes sortes sous-tendent le quotidien des Super-Héros d'une trame chaleureuse, contrebalançant agréablement la démesure de leurs aventures tout en leur procurant un contraste qui en accentue la profondeur. Enfin, bref ! S'il n'y avait qu'une façon d'assimiler toute la spécificité de cette formule familiale du genre, j'irais jusqu'à prétendre qu'il n'est pas vraiment nécessaire d'en lire d'autres moutures modernes ! Rien d'aussi accompli n'a été réalisé après qui n'ait autant respecté l'originalité du concept de départ car, même si certaines itérations valent néanmoins le détour par leur rupture d'avec leurs racines originelles, elles s'éloignent tellement du sujet qu'elles s'apparentent d'avantage à une totale refonte commerciale qu'une véritable suite. Mais cela étant devenu la norme, lectorat à renouveler oblige, on ne saurait les critiquer trop durement. Un très bel hommage, décidément ; et une grande réussite.

11/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Earth X
Earth X

Houlàlà, non : on peut ne pas apprécier le look des planches de John Paul Leon, mais il est loin d'être moyen ! Le gars savait TOUT dessiner et avec une maitrise rarement atteinte, même dans l'univers des Comics où ce don est traditionnellement gage de réussite, tant la justesse académique de son Art ne concède rien à la puissance de son trait. Guidé ici par l'esthétique du très inspiré Alex Ross, cantonné à l'élaboration écrite et dessinée du concept originel, il s'avère malgré tout complètement à l'aise dans ses cases ; des plus urbaines -dont il a l'habitude- jusqu'aux sommets lyriques des dernières pages, véritablement cosmiques dans leur démesure. Earth X restera comme une de ses plus grandes réussites mainstream. Ceci étant posé, quel pied, cette lecture ! Sur une idée de départ complètement loufoque -au mieux : pauvre J.J.J. !-, les auteurs parviennent, à l'issue d'une très riche et encore plus sérieusement documentée (et passionnante !) redécouverte de l'Histoire selon le MCG, à faire une synthèse complètement miraculeuse tant elle semble logique de TOUS les concepts originaux (même les plus idiots !) ayant nourri l'univers des Super-Héros Marvel depuis la création de "La Boîte Aux Idées" ! AUCUN personnage un tant sois peu intéressant n'est mis de côté et, pour l'amateur, il y a une joie parfaitement enfantine -et très réelle !- à découvrir le MachineMan des origines propulsé sur le devant de la scène dans un rôle-clé taillé sur mesure pour lui, un Ben Grimm heureux en amour, un Peter Parker complètement fidèle à son identité Lee/Ditko et, bien sûr, un Scott Summers inchangé, incarnation rigide des valeurs de son mentor. Même le désespoir de Reed Richard, dans sa solitude forcée, magnifie encore davantage la profondeur des liens qui unissaient jadis les FF. Tout en essayant de comprendre, au fil des observations de Aaron Stack, promu nouvel "Observateur" par son prédécesseur aveugle, cet univers complètement chamboulé au niveau planétaire à la suite d'une expérience qui aurait mal tournée (...?), on s'amuse à reconnaitre tel ou tel intervenant -et à en découvrir de nouveaux !- au fil d'un récit qui, on ne sait par quelle magie, finit par justifier jusqu'au concept Super-Héroïque le plus faible mis en scène dans les pages de nos mensuels d'enfance (Les dieux d'Asgard, Galactus(!), les Célestes...!) en parvenant à relier toutes les idées des auteurs/artistes des cinquante dernières années en un tout cohérent ! Un tour de force que ne pouvait accomplir que de vrais passionnés et qui, selon moi, constitue une fin tout ce qu'il y a de grandiose à l'ère du Super-Héros selon Marvel (c'est le vieux lecteur qui parle !). Nul doute que d'autres encore parviendront à nous surprendre dans l'exploration/exploitation du genre, mais il est peu probable qu'on revoit un jour un hommage dessiné aussi émouvant dans sa sincérité ; et à la démesure de tous ceux qui, au fil des années, en ont nourri les planches de leur créativité.

11/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Les Mères
Les Mères

... Utile, Claire Bretécher ? Carrément nécessaire, oui ! Qui d'autre oserait s'attaquer au dogme de cette sacro-sainte représentation de la moitié de l'Humanité dans son rôle biologiquement imposé et Ô combien mis en exergue par l'autre moitié du groupe susnommé -et que ça arrange bien, en plus !- comme l'aboutissement ultime de la féminité ?! Avec un humour imparable de justesse et d'équité -elle est la meilleure ambassadrice de la parité dans l'univers de la Bande Dessinée, car les deux sexes en prennent systématiquement pour leur grade à part égale !- elle témoigne des difficultés inhérentes à l'expérience de la maternité en ces temps dits "modernes" ; pointant la lâcheté ordinaires de parents incapables de concilier leurs aspirations les plus hautes avec la réalité quasi préhistorique de leur rôle. Mais, aussi, les nombreux artifices mis à leur disposition pour les amener tant bien que mal à continuer de remplir leur part de contrat génétique et social, à savoir croitre et se multiplier... De la redistribution des rôles -au mieux gaguesque !- aux impitoyables manipulations des unes en passant par la fuite ou l'indifférence banale (et traditionnelle !) des autres, elle démontre en se faisant rire (et nous avec, si on en a le courage !) l'absence de réelle évolution dans le domaine et, même, le durcissement des positions genrées au travers d'arguments spécieux visant à valider les acquis casse-gueule hérités de la Révolution sexuelle des années soixante. La transgression est plus que jamais nécessaire au discours politique et Claire Bretécher, en toute bonne foi, ne peut qu'illustrer -avec encore une fois un talent inégalé pour le juste milieu entre le propos et sa représentation graphique- la vacuité de nos efforts pour échapper à notre condition humaine, aussi laborieuse nous semble-elle au travers de ses obligations et devoirs millénaires, en ces temps de "choix" multiples. De l'art utile, et même majeur, puisqu'on rit à la lecture de nos pathétiques errances contemporaines pour tenter d'assumer toutes les contradictions imposées par notre héritage culturel moderne, et en complet porte à faux avec les exigences de nos instincts les plus vitaux.

10/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Far Sector
Far Sector

WOOF !... Je ne sais pas comment Jamal Campbell s'y prend, tablette graphique ou pas (?) ; mais le look de ses planches dans ce Comic-Book là est à couper le souffle ! Quelle maestria... Bien sûr son aisance purement stylistique, quant au rendu des personnages et des décors. Mais le découpage, les perspectives, les couleurs... C'est proprement spectaculaire de joliesse mais aussi de clarté, quand bien même il se permet pas mal d'audaces de mises en scènes ; et, malgré tout le côté très "léché" de l'ensemble, sa maitrise des expressions des visages force notre sympathie ; que ce soit envers Joe ou n'importe lequel des seconds couteaux qui gravitent autour d'elle dans cette histoire véritablement policière. Même les plus inhumains de ces bizarres ressortissants d'autres mondes -carrément virtuels pour un tiers d'entre eux !- semblent vivants sous sa plume/son pinceau/son stylet ?! Paradoxalement, c'est bel et bien à une enquête que nous invitent à participer les auteurs de ce Comic, précieux ovni dans la production habituelle de la maison d'édition DC. La présentation des différentes civilisations en place tient la route, même si le genre Super-Héroïque en limite fatalement l'exploration ; et le nœud de l'intrigue, suffisamment grave de conséquences funestes pour nous tenir en haleine, est habilement détourné de notre attention -et de celle de Joe !- chaque fois que cette dernière se trouve aux prises de ses sentiments contradictoires quant aux émotions que suscitent telle ou tel autre personnages, ambigus qu'ils apparaissent -à elle comme à nous !- dans leur insupportable perfection Zen ! Bien sûr, que les amateurs se rassurent : il y a évidemment quelques affrontements à coups de rafales zigzagantes dans l'éther si particulier de ce monde artificiel ; et, là comme ailleurs, le visuel est privilégié et aucune case ne semble de trop. Un grand plaisir de lecture, donc ; même si je pense que mon peu d'exposition à ce genre d'esthétique, très "orientée", a beaucoup joué dans mon enthousiasme. Cela-dit, j'ai récemment relu l'ensemble et, ma foi ! J'ai de nouveau bien apprécié ; alors...?!

10/12/2023 (modifier)