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Couverture de la série Cyrano de Bergerac en bandes dessinées
Cyrano de Bergerac en bandes dessinées

La petite ville de Bergerac en Dordogne doit autant sa notoriété à Edmond Rostand qu'à ses crus bien agréables. Impossible de dissocier Cyrano et Bergerac tellement le personnage a marqué l'histoire du théâtre. Les éditions petit à petit ont donc choisi la pièce d'Edmond Rostand pour compléter leur collection des grands classiques du théâtre. Nous sommes loin du classicisme du Grand Siècle. Ici on se bat, on boit,on mange, on tue ses ennemis, on brocarde les puissants. On va même sur le champ de bataille y mourir en musique pour l'amour d'une belle. La bande dessinée est donc assez bien adaptée à transcrire cette pièce tellement le visuel y est important. Reste le texte... probablement l'un des plus riches et des plus fournis en vocabulaire du répertoire français. Je plains les auditeurs sans lexique tellement les mots sont recherchés et souvent inconnus. Peu importe, la musique des phrasés est si belle qu'elle ne séduit pas seulement Roxane. Ici encore le découpage de Fanch Juteau est essentiel pour garder le rythme du récit. Comme pour le Cid ou Phèdre nous avons un dessin en N/B sans beaucoup de décors. Comme au théâtre l'important est dans l'expressivité des personnages presque des comédiens. C'est précis et sans fioriture presque minimaliste même si le côté purement artistique manque un peu. Un mot sur Roxane. N'est-elle pas l'image d'une femme moderne? Eduquée au point de tenir tête aux plus nobles, libre de choisir ou de refuser son mari, courageuse et intelligente au point de franchir les lignes ennemies pour apporter des vivres à sa compagnie. Voici une précieuse loin d'être ridicule à mon avis. Pour finir je ne peux m'empêcher de reprendre en Acte III scène 14 " Mes compliments , monsieur l'inventeur de machines: votre récit eût fait s'arrêter au portail du paradis, un saint! Notez-en le détail, car vraiment cela peut resservir dans un livre!- Monsieur, c'est un conseil que je m'engage à suivre." Et oui c'est de ce type de conseil que peut naitre un certain De Cape et de Crocs

20/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Sapiens (Albin Michel)
Sapiens (Albin Michel)

Une lecture du 1er tome qui remonte à plusieurs mois maintenant mais j’en garde un très bon souvenir. On m’a prêté ce tome et je dois dire qu’initialement sa lecture ne m’emballait pas franchement. L’adaptation en bd du best seller « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » de l’historien Yuval Noah Harari. J’imaginais un gros pavé didactique au dessin austère, un truc chiant mais utile. Et honnêtement il y a un peu de ça, j’ai du le lire en plusieurs fois. Mais la narration m’a agréablement surpris, l’auteur se mettant en scène pour nous narrer notre genèse, ça reste fluide malgré la quantité d’infos, quelques pointes d’humour et c’est très très bien raconté, ça s’adresse vraiment à tout le monde. Finalement la naissance de l’humanité est assez passionnante à suivre, j’ai appris énormément de choses, et me pose quelques questions, l’homo sapiens une espèce néfaste ou ? Un bon et gros boulot de vulgarisation. Je lirais la suite dès qu’on me la prête.

19/04/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Ecureuil du Vel d'Hiv
L'Ecureuil du Vel d'Hiv

Lax nous propose un bel album avec un scénario qui se décline à trois niveaux de lecture. Une histoire sportive et un récit familial plus intimiste. Ces deux niveaux sont prisonniers de la grande histoire, l'une des plus sombres de notre passé . C'est sam Ancelin pistard de renom dans les années 30/40 qui fait le lien entre ces deux histoires. On sent l'amour de Lax pour le vélo, ses difficultés, ses risques et surtout cet engouement populaire des gradins avec ses codes, son vocabulaire, ses familles d'aficionados. Lax nous fait vibrer pour ces acrobates qui risquaient leur vie pour gagner des cacahuètes quand on compare aux contrats d'aujourd'hui. La piste a disparu du paysage des sports populaires français et c'est avec plaisir que je me suis plongé dans ces ambiances gouailleuses de cette époque. Même si Sam reste dans sa bulle de sportif pour traverser les évènements dramatiques de son époque, Lax l'implique dans le monde qui l'entoure. Résistance active du frère, plus passive de la maman mais aux conséquences qui n'étaient pas forcement liées au degré d'implication, le zèle d'un fonctionnaire plus ou moins bien/malveillant pouvant écrire un destin. En filigrane la tragédie des familles juives d'abord réfugiées d'Allemagne puis françaises qui ont subi l'ignominie des décisions du gouvernement de l'époque. Lax n'insiste pas dans cette voie, il n'insiste même pas sur la déportation de la maman c'est un peu la faiblesse que je trouve au livre. Mais vouloir tout traiter aurait été probablement trop compliqué pour l'unité du récit. Le dessin de Lax est toujours excellent. Il est à son meilleur quand il peint ces visages assez fins ou grossiers empreints des émotions du supporter ou de l'effort des sportifs. Un bel ouvrage qui oppose la lutte sportive tout fait de dépassement et de fraternité dans l'effort où la tricherie doit rester exceptionnelle et marginale, à la guerre tout fait d'inhumanité où la fraternité des ennemis existe de façon exceptionnelle. Lax, comme a son habitude, nous fait passer un bon moment d'humanité.

19/04/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Thanos vs Silver Surfer
Thanos vs Silver Surfer

3.5 Lorsqu'il retourne chez Marvel en 1990, Jim Starlin se voit confier la série du Silver Surfer et il ne perd pas de temps en ressuscitant Thanos, son personnage fétiche. Durant un an il va mettre en place les éléments qui vont conduire aux événements de Le Gant de l'Infini - Le Défi de Thanos. À noter que ces trois albums ne contiennent pas la minisérie en deux épisodes où Thanos récupère les gemmes qui lui donnent tous les pouvoirs, pour ça il faut lire Thanos - La Quête de Thanos qui contient aussi les épisodes contenus dans le premier tome de cette série Thanos vs Silver Surfer (oui, oui, vous avez bien lu, c'est tellement pas une arnaque, hein). Ce sont des bons épisodes de comics, peut-être le meilleur récit de Thanos que Starlin a écrit. Il faut dire qu'ici ce n'est pas un gros crossover avec plein de personnages Marvel qui ne servent à rien, lorsqu'un personnage apparait, il a un rôle à jouer. Tout le long de ces trois albums on verra les raisons de la Mort pour ramener Thanos à la vie, son plan pour plaire à la Mort, les tentatives de Silver Surfer pour le vaincre, l'alliance de Thanos et Méphisto et plusieurs autres événements qui vont aboutir à ce qu'on voit au début de Le Gant de l'Infini. Cela se lit bien, pour une fois le Silver Surfer n'est pas un personnage chiant. Le dessin est très agréable. Je précise bien sûr que pour un achat, je conseille de ne prendre que les deux derniers albums sauf si vous aimez voir des récits de comics en double.

18/04/2022 (modifier)
Par kanibal
Note: 4/5
Couverture de la série Le Prix De L'Honneur
Le Prix De L'Honneur

La lecture de cette bande dessinée m'a fait penser à la série Les Tuniques Bleues , le sergent Lester Durret , le caporal Elzaphan McDonnell sont un peu les équivalents de Blutch et le lieutenant Robert Goodloe lui serait Chesterfield sauf que le parallèle s’arrête ici , car ce sont de vraies crapules. Il n'y a rien de révolutionnaire dans ce récit, mais les auteurs ont su bien manœuvrer leur barque jusqu'à bon port pour un dénouement digne d’intérêt. Le Prix de L'Honneur est un western de bonne facture avec un graphisme assez particulier et une mise en scène simple mais efficace ( entre 5 et 6 vignettes par planche)

18/04/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Donjon Parade
Donjon Parade

De toutes les séries Donjon, c'est largement celle-ci que j'aime le moins. Sans doute parce qu'elle n'a pas le côté évolutif des autres et reste cantonnée à une date précise dans le "grand Tout" et se borne à vouloir être drôle. Alors j'aime bien l'univers Donjon par son côté comique, j'aime bien le dessin de Larcenet, mais c'est franchement sans passion et sans réellement m'y amuser que je lis les albums de cette série là. Franchement, c'est sympa, pas prise de tête, mais il n'y a pas grand chose de plus à en tirer pour moi. A noter tout de même que dans cette série se trouve l'album Technique Grogro qui, à mes yeux, sort nettement du lot : beau, excellente histoire, très drôle, et en plus l'album donne davantage de profondeur au personnage de Grogro. Cet album est du niveau d'un très bon Donjon Monsters. Quant au tome 6, il est dessiné par Alexis Nesme et même si son scénario n'a pas tellement marqué ma mémoire, son dessin est très beau par contre. Note : 3,5/5

28/08/2004 (MAJ le 18/04/2022) (modifier)
Couverture de la série Shangri-La
Shangri-La

Enfin lu, un album qui prenait la poussière sur ma pile depuis bien trop longtemps. C’est pas sans menus défauts mais j’ai beaucoup aimé. Déjà je me suis pris une claque sur la partie graphique, certaines vues (extérieures comme intérieures) sont magistrales et les couleurs sont vraiment superbes, le dessin fourmille de détail et les planches sont très bien construites. Le tout est très immersif, le physique ou la représentation des différents personnages personnages ne m’a pas gêné outre mesure. Matthieu Bablet possède une patte et un style bien à lui qui n’est pas pour me déplaire. Niveau scénario, c’est un peu plus confus, l’auteur brasse énormément de thématiques, certaines passent mieux que d’autres, il y a quelques maladresses/lourdeurs mais le tout reste compréhensible, et surtout distrayant. L’auteur nous propose un univers sf solide. Une œuvre dense mais fluide malgré les plus de 200 pages, j’ai beaucoup aimé l’introduction et la conclusion. Un chouette album (en plus d’un bel objet). Un auteur à suivre, prochaine étape pour moi « Carbone & Silicium » (également sur ma pile).

18/04/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Cadres noirs
Cadres noirs

Cadres noirs est à l’origine un roman signé Pierre Lemaitre. Ce livre a déjà fait l’objet d’une adaptation très réussie en série télé, sous le titre dérapages, avec Eric Cantona dans le premier rôle. Et voici maintenant l’adaptation en bande dessinée. L’histoire est celle d’Alain Delambre, un quinquagénaire qui après avoir travaillé en tant que DRH, est au chômage depuis 4 ans. 4 longues années de galères, de doute, d’entretiens d’embauche ratés car trop vieux, de perte de confiance en lui, de petits boulots alimentaires pour joindre les 2 bouts. Bref c’est plutôt la déprime quand enfin il postule à l’offre de la dernière chance et qu’un nouveau vrai job semble lui tendre les bras. Il est prêt à tout pour ce boulot. Sauf que les dés sont faussés dès le départ et quand Alain va s’en rendre compte, il va péter les plombs. La construction du récit est une succession de scènes qui alternent entre le passé, et le présent où Alain est en prison. On ne sait pas pourquoi au début, mais cela laisse imaginer le pire, il a sans doute toucher encore un peu plus le fond. Au début on pourrait penser que les flash-backs vont nous raconter comment il a atterri en prison et que c’est la finalité du récit. Mais non, on devine peu à peu que l’histoire ne s’arrête pas là et qu’il se trame encore quelque chose. C’est malin. Ce découpage en forme de puzzle est rythmé. Cela a un coté efficace car c’est de cette manière qu’on découvre progressivement l’histoire d’Alain, comment il s’est retrouvé embarqué dans cette spirale de galères. De l’autre, c’est un peu déstabilisant car ce n’est pas toujours évident de comprendre ce qui lui arrive. Cela va vite, certains personnages n’appariassent que quelques cases, parfois un peu brutalement (l’homme qui l’aide à se préparer à une prise d’otage sort vraiment de nulle part). Pourtant ses séquences ont leur importance dans l’intrigue. La connaissance de l’histoire originale a été un plus niveau compréhension. On se laisse volontiers embarqué dans cette histoire de pétage de plomb. C’est crédible, on sent le désespoir puis la colère d’Alain, on a envie de connaitre le fin mot de tout ça. Au final on lit un mix réussi entre une chronique sociale et un polar. Tout cela est accompagné par un dessin soigné et détaillé qui met très bien en valeur le récit.

18/04/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sarane
Sarane

C’est après avoir lu l’avis de l’excellent Bamiléké que je me suis rendu compte que je ne connais pas cet album du brillant Christian Lax. Ni une ni deux, je me suis procuré Sarane. Et vous savez quoi ? j’ai bien fait car cet ouvrage est un petit bonbon sucré. Que c’est bon de s’enfoncer avec dans le désert du Sahara avec cette femme qui se retrouve dans un univers africain qui n’est pas le sien. Le graphisme est délicat et un peu fragile. Les couleurs sont chaudes et lumineuses. Chaque case est une lithographie. C’est un régal pour les yeux. Que c’est beau notamment les visages des personnages, des jeunes comme des vieux. Lawrence d’Arabie n’est pas très loin ! La dimension étrange du début du récit s’intègre paradoxalement très bien dans la globalité de celui-ci. C’est subtil. Tout est maitrisé avec pourtant de nombreux allers et retours entre le présent et le passé. Je me suis régalé de ce voyage sensuel au fin fond du désert. L’auteur du Choucas est au top de sa forme. A lire absolument.

17/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Donjon Monsters
Donjon Monsters

Une série au potentiel infini. On retrouve toujours notre duo de scénaristes (Sfar/Trondheim) à la baguette mais avec un dessinateur différent par tome. Les albums sont indépendants et s’attachent à suivre des personnages ou événements secondaires croisés dans les différents univers, chaque tome s’insère dans la temporalité des séries « mères » : Zenith, Crépuscule et Poltron minet jusqu’à maintenant, à voir si avec le temps elle se développe sur les antipodes. Sur la longueur, le ton et la partie graphique ne sont pas homogènes mais ça reste un quasi sans faute à ce jour. C’est la série la plus riche de la franchise, on ne sait jamais sur quoi on va tomber : humour, aventure, tragédie ... et qui se permet de sacrés bonds temporels pour enrichir notre connaissance de l’univers (Le grand animateur, Les profondeurs ...). L’autre point fort de cette série est la liste de dessinateurs guest star, entre les potes de L’Association, des petits nouveaux et des grands noms, certains sont improbables sur ce genre de série, un régal et un plaisir pour les yeux. Une très bonne série qui donne énormément de cohérence à l’univers et qui se démarque de ses consœurs, tout en y étant intimement liée. 4+

17/04/2022 (modifier)