C'est une BD totalement dans l'air du temps, et le fait qu'elle soit adaptée d'une pièce vieille d'un siècle ne devrait pas flatter notre égo, bien au contraire ! Surprenamment, je m'attendais, au vu du pitch, à plus de développement dans la seconde partie que dans la première, mais l'ensemble est d'une excellente facture que je n'ai pas pu m'empêcher de dévorer d'une traite.
Le livre est une histoire à charge envers la bêtise sociétale des individus, engoncé dans leurs petites vies et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, mais aussi une critique acerbe des dirigeants qui ne veulent pas changer l’establishment pour des considérations réelles, s'en tenant à l'argent et au pouvoir. Le propos est bien sur assez manichéen, les gentils et les "méchants" étant assez clair dans le récit, mais c'est surtout une représentation d'une réalité qui existe malheureusement trop souvent (et dont nous avons eu un bel aperçu avec le Covid). La vérité importe peu au regard de tout le reste : l'argent, le pouvoir, les conflits personnels, les arrangements ... Il y a presque de quoi s'énerver lorsque l'on voit les personnes rejeter au fur et à mesure les preuves pourtant réelles au nom d'autres idées. Et, même si cela n'est pas beaucoup montré, on voit bien que le souci est que cette situation n'ira pas en améliorant le problème de base.
Je ne sais pas de quelle façon est faite l'adaptation, ce qui est ajouté ou enlevé, mais je trouve que l'histoire est d'une très bonne tenue. Autour du personnage principal gravitent sa fille, qui a une petite histoire secondaire s'inscrivant dans la lignée de ce qui est dit dans la principale mais avec une différence dans la finalité, puisqu'elle aura un moment final qui enclenche une sorte d'espoir. C'est très bien mené, dans la lignée du reste et aussi porteur de plus d'espoir, ce qui n'est pas désagréable après une œuvre qui est assez sombre sur la foule humaine.
Le dessin porte très bien le récit, avec une sorte de raideur dans les personnages qui est assez à propos. C'est clair et lisible, tout ce qu'on demande pour une œuvre qui insiste beaucoup sur les dialogues et les discours des personnages. Pour ma part, je suis conquis par l'ouvrage et je recommande la lecture. Il y a une intelligence dans le propos et une certaine réflexion sur notre monde, sur les médias, les politiques, les pouvoirs qui est presque en avance sur son temps. C'est remarquable d'avoir autant de pertinence si longtemps après.
3.5
J'ai bien aimé cette biographie de Goscinny. Certes, c'est un peu frustrant qu'elle s'arrête lorsque le génial scénariste connait enfin du succès, mais ayant déjà lu beaucoup d'ouvrages sur l'histoire de Pilote, Goscinny et des auteurs ayant travaillés avec lui, cela ne me dérange pas trop. Je ne pense pas que j'aurais appris quelque chose de nouveau. Mon seul regret est que j'aurais bien aimé voir comment a évolué la relation entre Goscinny et Morris (pour ceux qui le savent pas, Goscinny en confit avec Dargaud avait demandé à Morris d'arrêter de dessiner l'album Le Fils qui chante et Morris la tout de même terminé derrière le dos de son scénariste).
J'ai bien aimé découvrir la vie d'enfance de Goscinny vu que mes connaissances sur cette partie de sa vie était très limité. J'ai aussi maintenant un aperçu complet de sa carrière avant Pilote, c'est vrai que cela peut être un peu dur à suivre au début avec ses va et viens entre les États-Unis et l'Europe. J'ai bien apprécié les discussions entre Anne Goscinny et Catel au sujet de son père, je trouve que cela apporte du dynamisme dans la narration, ce n'est pas juste qu'une 'bête' biographie où on suit un personnage du début jusqu'à la fin. Il y a juste la dernière partie avec les deux dames qui m'a semblé sans intérêt parce que là on est en dehors de la vie de Goscinny. En faite, si Castel voulait mettre aussi en avant la fille, je ne vois pas pourquoi elle n'a pas évoqué ses débuts comme écrivaine, je pense que cela aurait plus intéressant que voir Anne et Castel s'amuser dans une piscine.
Le dessin est très bon. J'ai bien aimé les changements de couleurs selon ce qu'évoquait le chapitre.
Attiré par le duo d’auteurs dont j’ai déjà apprécié quelques œuvres, je me suis laissé tenter par ce récit dont, pourtant, ni le cadre ni le profil des personnages, me semblaient séduisants… a priori. Oui, a priori, car une fois cette lecture entamée, il m’a été difficile d’abandonner ce récit.
C’est dans un pays imaginaire, fortement inspiré par le Congo (ex-Zaïre) qu’Appollo place son intrigue et il est difficile de ne pas penser à Mobutu Sese Seko à la lecture de ce récit. T’Zée, dictateur impassible, mégalomane, craint, admiré, détesté, personnifie au mieux le dictateur africain tel que je l’imagine. Son fils, tiraillé entre un père qu’il admire et une vision politique nourrie par ses nombreux voyages, semble paralysé par l’ampleur de cette ombre qui plane au-dessus de lui. Instruit, intelligent mais trop bien éduqué peut-être pour endosser un rôle pour lequel il n’est pas taillé, il n’a même pas le courage de déclarer son amour à une amie d’enfance. La seconde épouse, arriviste en désespoir de cause, dont la beauté a scellé la destinée et qui découvre l’amour alors même que tout est perdu. Oui, c’est bien à une tragédie qu’Appollo nous confie.
Un récit tout en ambiance, moite, désespéré, fataliste, dans une Afrique toujours en guerre, fétichiste, fascinante, impitoyable pour les faibles et dans laquelle la loi du plus fort apparait encore dans toute sa cruelle simplicité.
La mise en page aérée, le dessin épuré, les dialogues posés, une forme de fatalité dans la destinée des personnages, et toujours cette Afrique décrite avec amour mais sans complaisance par un scénariste inspiré.
Vraiment, un récit prenant. Tout en ambiance, oui… tout en ambiance…
J’ai beaucoup d’affection pour le travail de Dave Mckean… ses albums complets, ceux qu’il scénarise. Je me sens cependant bien seul en ces lieux. Mon avis reste souvent le seul, à part peut-être Cages qui avait attiré plus d’attention, mais pas toujours positive (pas récemment en tout cas – le dernier avis très positif datant de 2006).
Je me suis jeté sur son nouvel album avec trépidation, et je l’ai lu deux fois d’affilée… pour en comprendre les méandres, mais aussi pour en apprécier la richesse. On retrouve le même genre de narration à deux niveaux : une histoire au premier degré, qui nous montre deux personnages tentant de communiquer entre deux mondes, par les écrits. Mais l’auteur l’enrichit (ou l’alourdit, selon le point de vue) de réflexions sur l’art, la vie, la nature… les textes sont poétiques voire abscons, et je suis toujours resté à la limite de la compréhension, persuadé de savoir où l’auteur voulait en venir, mais avec une impression que certains éléments m’échappaient… en tout cas ma lecture fut stimulante et agréable, pas de doute.
Et j’aime toujours son travail graphique, ce mélange de plusieurs techniques, cette poésie ambiante.
Un excellent album pour les fans de l’auteur… mais où sont-ils, exactement ?
On comprend assez vite ce qu'Abel ,comme Montaigne, veut fuir en voulant quitter Reclesme."Ya pas de bitume là-bas, c'est qu' des pâtures/ N'empêche qu'on y croise pas mal d'ordures." Ses quatre saisons n'ont pas le goût ni la légèreté de Vivaldi ni la drôlerie d'un rap de Kamini mais plutôt l'odeur du purin et de la bêtise. Heureusement le beat est bon!
Lisa Belvent et Duhamel nous livre un conte poétique plein d'humour où notre vieux chêne à bien la tête dans un ailleurs fantasmé , rêvé et rempli d'étoiles.
Malheureusement ses racines qui l'empêchent de bouger sont elles bien dans la fange d'une vieille France qui ne joue pas aux ballons Black Blanc Beur mais plutôt petit blanc sec.
Oui derrière cette jolie histoire de nostalgie d'une vie qui a raté ses aspirations profondes (Adeline ou sa liberté )pour se retrouver avec "le tracteur, le facteur et puis rien... si une vache de temps en temps".
Derrière cela donc, je lis une charge joliment camouflée d'une France vieillote et pas sympa qui n'accepte l'étranger qu'à son corps défendant.
Reclesme c'est un Marly-Gomont qui ne muera pas, englué dans ses vieilles peaux pas jolies jolies. C'est cyniquement très drôle.
Bruno Duhamel est à son meilleur. Par son dessin seul il nous ferait presque avoir de l'empathie pour ces abrutis qui moquent notre Abel.
Avec ses merveilleuses vieilles pierres, ses trop mignonnes bêtes, ses arbres centenaires la France est heureusement bien plus belle que la mentalité de nos tueurs en (im)puissance avec leurs fusils comme unique signe de virilité (un clin d'oeil à Franquin?)
C'est cette France là qui nous redonne des couleurs, celle qui navigue au large de façon pacifique.
Bref encore un superbe album de monsieur Duhamel bien aidé par sa collègue Lisa Belvent dédicacé à tous les hommes libres même dans "les petits patelins que personne ne connait, même pas Jean Pierre Pernaut" RIP JPP et merci Kamini.
Troisième titre dans cette collection d'adaptation des nouvelles de Liu Cixin, et nouvelle réussite. Le graphisme est original, on sent la patte asiatique du dessinateur, et c'est parfait puisque cela colle bien avec le récit.
On suit ici deux histoires distinctes. Dans l'espace on assiste à une guerre interstellaire entre 2 entités extra terrestre, d'un coté les envahisseurs de l'empire du silicium, de l'autre la fédération des civilisations carbonées. Ce combat d'une ampleur gigantesque dure depuis des siècles, s'étend sur des années lumières, aux 4 coins de l'univers, et fait des ravages sur les planètes qui se trouvent malheureusement prise au milieu. Vaisseaux, lasers, explosions, ciels étoilés sont à l'honneur et mis en valeur par quelques séquences spatiales brillamment illustrées. Cette partie n'occupe pas la majeure partie de l'histoire, mais le peu qui en est montré est suffisant, limpide et explicite.
La seconde trame du récit se passe sur terre, dans une campagne chinoise très pauvre. Les habitants, de malheureux paysans, vivent de pas grand chose. Au milieu de tout ça une école, seulement occupée par quelques enfants et surtout leur instituteur. Dans des conditions pas faciles, dans un environnement hostile où l'instruction passe vraiment au dernier plan, il va faire preuve de courage et d'une abnégation exemplaire pour transmettre son savoir à ses élèves. Son rôle dépasse largement le cadre de simple instituteur. Là aussi le récit est interessant, on retrouve des valeurs assez classiques de la culture asiatique : le maitre, l'apprentissage, le courage, etc... Les enfants et l'instituteur sont attachants.
Evidement les 2 histoires vont se rejoindre. Cette jonction se fait attendre et lorsqu'elle se produit, c'est assez logique et bien vu. Cela amène un petit suspens efficace et une légère tension. Même si on s'y attend un peu, cela fonctionne très bien, cela permet de justifier une telle construction du récit en deux intrigues parallèles. Cela donne tout son sens à cette histoire, et vient la clôturer de façon très satisfaisante.
Mettons tout de suite les choses au point : RASL n’a absolument rien en commun avec la série Bone, qui a révélé Jeff Smith au grand public. Les fans de cette dernière attendant une série de la même veine risquent d’être déçus. Voilà, c’est dit.
RASL est une BD de science-fiction inspirée des théories d’univers parallèles et par l’électromagnétisme, et en particulier par le travail de Nikola Tesla, « inventeur et ingénieur américain d’origine serbe, ayant principalement œuvré dans le domaine de l’électricité. » (je vous laisse lire la suite sur Wikipedia) L’histoire de cet inventeur est tout simplement fascinante, et le fait qu’une BD de SF y fasse autant référence apporte un background d’une énorme richesse (certains passages du tome 2 sont presque encyclopédiques !) et surtout perd le lecteur entre faits avérés, spéculation et pure fiction. Jeff Smith mêle en effet son intrigue à des théories de complot connues telles que l’explosion de la Toungouska ou l’expérience de Philadelphie, et au travail de scientifiques de renom (Nikola Tesla donc, mais aussi Guglielmo Marconi, Thomas Edison et Albert Einstein)
L’histoire est rythmée et facile à suivre, malgré les explications scientifiques et les sauts temporels et dimensionnels. Il s’agit bien entendu d’une vulgarisation de théories scientifiques complexes, même si l’auteur s’est clairement documenté. La fin n’apporte pas vraiment de surprises, mais est logique et satisfaisante. Certains passages un peu mystiques dans le tome 3 m’avaient fait craindre un dénouement « grand n’importe quoi » incompréhensible, quel plaisir donc de retrouver une fin qui n’en fait pas trop.
Le dessin est le seul point commun avec Bone : on reconnait bien le trait de Jeff Smith, même s’il faut souligner que les illustrations sont elles aussi bien plus noires et adultes.
Une série magnifique, diablement intéressante et terminée en 3 tomes.
Avec « Un certain Cervantès », Christian Lax nous emmène aux Etats-Unis en compagnie d’un rescapé de la guerre d’Afghanistan, Mike. Celui-ci est revenu dans son pays amputé de son bras gauche et il se sent paumé…
Le début du récit nous raconte par flash-back le vécu de Mike en Afghanistan ; puis, l’action transite vers la « cavale » de cet ancien soldat aux Etats-Unis.
J’ai lu « Un certain Cervantès » d’une seule traite, sans ennui et avec intérêt. Il faut dire que le coup de patte réaliste de Christian Lax m‘est apparu très bon. On reconnaît facilement au premier coup d’œil les personnages. Les décors sont magnifiques que ce soit la situation du récit en Afghanistan ou aux Etats-Unis. La narration est nickelle. On a vraiment l’impression de suivre un film (de nombreux clins au 7ème art sont présents dans le récit) en feuilletant cette bande dessinée.
Quant au scénario, on sent bien que l’auteur a voulu rendre hommage à Don Quichotte en faisant le parallèle entre ce héros de fiction et Mike, et en mettant en scène le roman de Cervantès dans divers lieux du récit. J’avoue que cette idée m’est apparue tordue, je n’y ai pas du tout cru. Après, je peux comprendre que Christian Lax a voulu nous faire ressortir la soif de liberté et d’indépendance de nos héros qui sont séparés de 4 siècles (voire plus), un message du genre « C’est un combat de tous les instants qui faut mener sans cesse » mais je trouve que ce n’est pas très bien amené (un exemplaire de l’ouvrage avec des dessins de Gustave Doré dans une prison… M’ouais…) et je ne suis pas convaincu non plus qu’il ait pu « se balader » aussi longtemps sans se faire repéré.
Quant au « héros » Mike, je n’ai pas vraiment éprouvé de la sympathie pour lui car c’est un personnage qui m’a semblé compulsif. Sa tendance à vouloir tabasser tous les gens (il fonce sur des bikers dont on ne saura jamais s’ils voulaient faire un mauvais coup… le pasteur dont on ne peut lui reprocher sa liberté de paroles…) qu’il ne lui plaise pas me désole : à force de vouloir faire la loi lui-même, à ne pas se montrer irréprochable, ses faits et gestes se retournent contre lui… et c’est tant mieux ! Il y a donc une certaine justice quand je le vois être incarcéré à maintes reprises.
Après, j’ai apprécié certaines « piques » de Christian Lax sur l’Amérique et sur la société en général en particulier sur les victimes de la crise des subprimes, le sort des migrants, les indiens et sur le traçage informatique des individus.
Malgré tous ces reproches, j’ai apprécié ma lecture de « Un certain Cervantès » car c’est une bande dessinée qui donne à réfléchir. C’est un récit à prendre avec du recul… On ne sait pas trop si c’est vraiment comme ça l’Amérique. Le personnage principal, Mike, est un mutilé, il en a bien bavé mais ce n’est pas une raison pour se défouler à chaque fois sur des personnes qui ne lui plaisent pas… Il y a donc une certaine justice quand il se fait emprisonner à maintes fois. Le graphisme de Christian Lax est exceptionnel.
Quel titre intriguant ! Et l’histoire ne déçoit pas, et fait preuve de beaucoup d’originalité.
La thématique est intéressante, avec cet écrivain raté qui décide du jour au lendemain de devenir garde du corps pour des membres du gouvernement au Pays Basque, pour trouver l’inspiration pour son roman. Un boulot pas forcément compatible avec une vie de famille. L’histoire est prenante, et je n’ai pas vu passer les 368 pages. J’ai parfois eu un peu de mal à croire en ce personnage de Miguel, ou en tout cas à m’y identifier, mais c’est bien le seul petit reproche que je ferai.
La mise en image de Judith Vanistendael est superbe. J’ai particulièrement apprécié les couleurs (au fusain ?), tantôt sombres, tantôt vives et colorées. La narration est fluide et légère, les textes se font discrets, et de belles pleines pages viennent aérer le récit. Certaines scènes s’étalent sur plusieurs planches, comme l’explosion (voir galerie) qui s’étale sur 8 pages, formant une véritable fresque… original !
Une chouette collaboration entre une autrice belge et un auteur espagnol.
J'ai dévoré les deux livres de nicolas Wild. Quelques mois après la chute de Kaboul, une sorte de Saïgon 2, Kaboul Disco 1&2 se lisent avec un autre oeil.
Beaucoup des événements dramatiques , d'un point de vue ONUsien, étaient annoncés dans l'ouvrage de Wild!!
Quel échec malgré les milliards de dollars déversés en un temps record sur Kaboul.
J'ai beaucoup aimé cet ouvrage parce qu'il est un témoignage vécu de premier ordre.
Même reclus dans un quartier d'ONG occidentales, c'est beaucoup de courage que de rester à la merci d'un fanatique à la colère exacerbée par des évènements qui ont eu lieu de l'autre côté du monde ( Guantanamo , Copenhague).
Nicolas Wild décrit avec beaucoup d'humour sa vie quotidienne à la fois dans son travail et dans ses rapports sociaux. Il ne tient pas toujours le beau rôle.
Cette autodérision ajoute à l'humour et à l'autenticité du récit. Cet humour est la grande force de l'histoire mais quelque fois une faiblesse car comment rendre avec humour les massacres des années communistes ou le différentiel de niveau de vie entre les expat ,même associatifs, bourrés de dollars en comparaison des familles afghanes devant élever leurs enfants handicapés avec quelques afghanis qui n'arrivent pas.
Le second livre qui nous montre la lutte contre l'opuim le décrit de façon très explicite. Vouloir imposer une morale, même légitime par la force, a toujours conduit à des catastrophes.
Le 15 août 2021 nicolas Wild devait penser au très beau et prémonitoire passage de son tome 1 écrit en 2007 quand le poète récitait
" Dormez mes enfants car bientôt un roi défunt/ Transplantera, pour accomplir son noir dessin/ La belle rose de l'Afghanistan dans son jardin."
Beaucoup de décideurs auraient du lire les livres de monsieur Wild car il expliquait très simplement ,comme il l'avait fait avec la constitution afghane pour des illétrés, à travers des personnages de BD amusants, les germes de la plus grande humiliation de la "Communauté Internationnale" en ce début de siècle.
Fallait il que cela passe les portes blindées de quelques tours d'ivoire.
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C'est une BD totalement dans l'air du temps, et le fait qu'elle soit adaptée d'une pièce vieille d'un siècle ne devrait pas flatter notre égo, bien au contraire ! Surprenamment, je m'attendais, au vu du pitch, à plus de développement dans la seconde partie que dans la première, mais l'ensemble est d'une excellente facture que je n'ai pas pu m'empêcher de dévorer d'une traite. Le livre est une histoire à charge envers la bêtise sociétale des individus, engoncé dans leurs petites vies et qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, mais aussi une critique acerbe des dirigeants qui ne veulent pas changer l’establishment pour des considérations réelles, s'en tenant à l'argent et au pouvoir. Le propos est bien sur assez manichéen, les gentils et les "méchants" étant assez clair dans le récit, mais c'est surtout une représentation d'une réalité qui existe malheureusement trop souvent (et dont nous avons eu un bel aperçu avec le Covid). La vérité importe peu au regard de tout le reste : l'argent, le pouvoir, les conflits personnels, les arrangements ... Il y a presque de quoi s'énerver lorsque l'on voit les personnes rejeter au fur et à mesure les preuves pourtant réelles au nom d'autres idées. Et, même si cela n'est pas beaucoup montré, on voit bien que le souci est que cette situation n'ira pas en améliorant le problème de base. Je ne sais pas de quelle façon est faite l'adaptation, ce qui est ajouté ou enlevé, mais je trouve que l'histoire est d'une très bonne tenue. Autour du personnage principal gravitent sa fille, qui a une petite histoire secondaire s'inscrivant dans la lignée de ce qui est dit dans la principale mais avec une différence dans la finalité, puisqu'elle aura un moment final qui enclenche une sorte d'espoir. C'est très bien mené, dans la lignée du reste et aussi porteur de plus d'espoir, ce qui n'est pas désagréable après une œuvre qui est assez sombre sur la foule humaine. Le dessin porte très bien le récit, avec une sorte de raideur dans les personnages qui est assez à propos. C'est clair et lisible, tout ce qu'on demande pour une œuvre qui insiste beaucoup sur les dialogues et les discours des personnages. Pour ma part, je suis conquis par l'ouvrage et je recommande la lecture. Il y a une intelligence dans le propos et une certaine réflexion sur notre monde, sur les médias, les politiques, les pouvoirs qui est presque en avance sur son temps. C'est remarquable d'avoir autant de pertinence si longtemps après.
Le Roman des Goscinny - Naissance d'un gaulois
3.5 J'ai bien aimé cette biographie de Goscinny. Certes, c'est un peu frustrant qu'elle s'arrête lorsque le génial scénariste connait enfin du succès, mais ayant déjà lu beaucoup d'ouvrages sur l'histoire de Pilote, Goscinny et des auteurs ayant travaillés avec lui, cela ne me dérange pas trop. Je ne pense pas que j'aurais appris quelque chose de nouveau. Mon seul regret est que j'aurais bien aimé voir comment a évolué la relation entre Goscinny et Morris (pour ceux qui le savent pas, Goscinny en confit avec Dargaud avait demandé à Morris d'arrêter de dessiner l'album Le Fils qui chante et Morris la tout de même terminé derrière le dos de son scénariste). J'ai bien aimé découvrir la vie d'enfance de Goscinny vu que mes connaissances sur cette partie de sa vie était très limité. J'ai aussi maintenant un aperçu complet de sa carrière avant Pilote, c'est vrai que cela peut être un peu dur à suivre au début avec ses va et viens entre les États-Unis et l'Europe. J'ai bien apprécié les discussions entre Anne Goscinny et Catel au sujet de son père, je trouve que cela apporte du dynamisme dans la narration, ce n'est pas juste qu'une 'bête' biographie où on suit un personnage du début jusqu'à la fin. Il y a juste la dernière partie avec les deux dames qui m'a semblé sans intérêt parce que là on est en dehors de la vie de Goscinny. En faite, si Castel voulait mettre aussi en avant la fille, je ne vois pas pourquoi elle n'a pas évoqué ses débuts comme écrivaine, je pense que cela aurait plus intéressant que voir Anne et Castel s'amuser dans une piscine. Le dessin est très bon. J'ai bien aimé les changements de couleurs selon ce qu'évoquait le chapitre.
T'Zée - Une tragédie africaine
Attiré par le duo d’auteurs dont j’ai déjà apprécié quelques œuvres, je me suis laissé tenter par ce récit dont, pourtant, ni le cadre ni le profil des personnages, me semblaient séduisants… a priori. Oui, a priori, car une fois cette lecture entamée, il m’a été difficile d’abandonner ce récit. C’est dans un pays imaginaire, fortement inspiré par le Congo (ex-Zaïre) qu’Appollo place son intrigue et il est difficile de ne pas penser à Mobutu Sese Seko à la lecture de ce récit. T’Zée, dictateur impassible, mégalomane, craint, admiré, détesté, personnifie au mieux le dictateur africain tel que je l’imagine. Son fils, tiraillé entre un père qu’il admire et une vision politique nourrie par ses nombreux voyages, semble paralysé par l’ampleur de cette ombre qui plane au-dessus de lui. Instruit, intelligent mais trop bien éduqué peut-être pour endosser un rôle pour lequel il n’est pas taillé, il n’a même pas le courage de déclarer son amour à une amie d’enfance. La seconde épouse, arriviste en désespoir de cause, dont la beauté a scellé la destinée et qui découvre l’amour alors même que tout est perdu. Oui, c’est bien à une tragédie qu’Appollo nous confie. Un récit tout en ambiance, moite, désespéré, fataliste, dans une Afrique toujours en guerre, fétichiste, fascinante, impitoyable pour les faibles et dans laquelle la loi du plus fort apparait encore dans toute sa cruelle simplicité. La mise en page aérée, le dessin épuré, les dialogues posés, une forme de fatalité dans la destinée des personnages, et toujours cette Afrique décrite avec amour mais sans complaisance par un scénariste inspiré. Vraiment, un récit prenant. Tout en ambiance, oui… tout en ambiance…
Raptor
J’ai beaucoup d’affection pour le travail de Dave Mckean… ses albums complets, ceux qu’il scénarise. Je me sens cependant bien seul en ces lieux. Mon avis reste souvent le seul, à part peut-être Cages qui avait attiré plus d’attention, mais pas toujours positive (pas récemment en tout cas – le dernier avis très positif datant de 2006). Je me suis jeté sur son nouvel album avec trépidation, et je l’ai lu deux fois d’affilée… pour en comprendre les méandres, mais aussi pour en apprécier la richesse. On retrouve le même genre de narration à deux niveaux : une histoire au premier degré, qui nous montre deux personnages tentant de communiquer entre deux mondes, par les écrits. Mais l’auteur l’enrichit (ou l’alourdit, selon le point de vue) de réflexions sur l’art, la vie, la nature… les textes sont poétiques voire abscons, et je suis toujours resté à la limite de la compréhension, persuadé de savoir où l’auteur voulait en venir, mais avec une impression que certains éléments m’échappaient… en tout cas ma lecture fut stimulante et agréable, pas de doute. Et j’aime toujours son travail graphique, ce mélange de plusieurs techniques, cette poésie ambiante. Un excellent album pour les fans de l’auteur… mais où sont-ils, exactement ?
Le Voyage d'Abel
On comprend assez vite ce qu'Abel ,comme Montaigne, veut fuir en voulant quitter Reclesme."Ya pas de bitume là-bas, c'est qu' des pâtures/ N'empêche qu'on y croise pas mal d'ordures." Ses quatre saisons n'ont pas le goût ni la légèreté de Vivaldi ni la drôlerie d'un rap de Kamini mais plutôt l'odeur du purin et de la bêtise. Heureusement le beat est bon! Lisa Belvent et Duhamel nous livre un conte poétique plein d'humour où notre vieux chêne à bien la tête dans un ailleurs fantasmé , rêvé et rempli d'étoiles. Malheureusement ses racines qui l'empêchent de bouger sont elles bien dans la fange d'une vieille France qui ne joue pas aux ballons Black Blanc Beur mais plutôt petit blanc sec. Oui derrière cette jolie histoire de nostalgie d'une vie qui a raté ses aspirations profondes (Adeline ou sa liberté )pour se retrouver avec "le tracteur, le facteur et puis rien... si une vache de temps en temps". Derrière cela donc, je lis une charge joliment camouflée d'une France vieillote et pas sympa qui n'accepte l'étranger qu'à son corps défendant. Reclesme c'est un Marly-Gomont qui ne muera pas, englué dans ses vieilles peaux pas jolies jolies. C'est cyniquement très drôle. Bruno Duhamel est à son meilleur. Par son dessin seul il nous ferait presque avoir de l'empathie pour ces abrutis qui moquent notre Abel. Avec ses merveilleuses vieilles pierres, ses trop mignonnes bêtes, ses arbres centenaires la France est heureusement bien plus belle que la mentalité de nos tueurs en (im)puissance avec leurs fusils comme unique signe de virilité (un clin d'oeil à Franquin?) C'est cette France là qui nous redonne des couleurs, celle qui navigue au large de façon pacifique. Bref encore un superbe album de monsieur Duhamel bien aidé par sa collègue Lisa Belvent dédicacé à tous les hommes libres même dans "les petits patelins que personne ne connait, même pas Jean Pierre Pernaut" RIP JPP et merci Kamini.
Les Trois Lois du monde
Troisième titre dans cette collection d'adaptation des nouvelles de Liu Cixin, et nouvelle réussite. Le graphisme est original, on sent la patte asiatique du dessinateur, et c'est parfait puisque cela colle bien avec le récit. On suit ici deux histoires distinctes. Dans l'espace on assiste à une guerre interstellaire entre 2 entités extra terrestre, d'un coté les envahisseurs de l'empire du silicium, de l'autre la fédération des civilisations carbonées. Ce combat d'une ampleur gigantesque dure depuis des siècles, s'étend sur des années lumières, aux 4 coins de l'univers, et fait des ravages sur les planètes qui se trouvent malheureusement prise au milieu. Vaisseaux, lasers, explosions, ciels étoilés sont à l'honneur et mis en valeur par quelques séquences spatiales brillamment illustrées. Cette partie n'occupe pas la majeure partie de l'histoire, mais le peu qui en est montré est suffisant, limpide et explicite. La seconde trame du récit se passe sur terre, dans une campagne chinoise très pauvre. Les habitants, de malheureux paysans, vivent de pas grand chose. Au milieu de tout ça une école, seulement occupée par quelques enfants et surtout leur instituteur. Dans des conditions pas faciles, dans un environnement hostile où l'instruction passe vraiment au dernier plan, il va faire preuve de courage et d'une abnégation exemplaire pour transmettre son savoir à ses élèves. Son rôle dépasse largement le cadre de simple instituteur. Là aussi le récit est interessant, on retrouve des valeurs assez classiques de la culture asiatique : le maitre, l'apprentissage, le courage, etc... Les enfants et l'instituteur sont attachants. Evidement les 2 histoires vont se rejoindre. Cette jonction se fait attendre et lorsqu'elle se produit, c'est assez logique et bien vu. Cela amène un petit suspens efficace et une légère tension. Même si on s'y attend un peu, cela fonctionne très bien, cela permet de justifier une telle construction du récit en deux intrigues parallèles. Cela donne tout son sens à cette histoire, et vient la clôturer de façon très satisfaisante.
RASL
Mettons tout de suite les choses au point : RASL n’a absolument rien en commun avec la série Bone, qui a révélé Jeff Smith au grand public. Les fans de cette dernière attendant une série de la même veine risquent d’être déçus. Voilà, c’est dit. RASL est une BD de science-fiction inspirée des théories d’univers parallèles et par l’électromagnétisme, et en particulier par le travail de Nikola Tesla, « inventeur et ingénieur américain d’origine serbe, ayant principalement œuvré dans le domaine de l’électricité. » (je vous laisse lire la suite sur Wikipedia) L’histoire de cet inventeur est tout simplement fascinante, et le fait qu’une BD de SF y fasse autant référence apporte un background d’une énorme richesse (certains passages du tome 2 sont presque encyclopédiques !) et surtout perd le lecteur entre faits avérés, spéculation et pure fiction. Jeff Smith mêle en effet son intrigue à des théories de complot connues telles que l’explosion de la Toungouska ou l’expérience de Philadelphie, et au travail de scientifiques de renom (Nikola Tesla donc, mais aussi Guglielmo Marconi, Thomas Edison et Albert Einstein) L’histoire est rythmée et facile à suivre, malgré les explications scientifiques et les sauts temporels et dimensionnels. Il s’agit bien entendu d’une vulgarisation de théories scientifiques complexes, même si l’auteur s’est clairement documenté. La fin n’apporte pas vraiment de surprises, mais est logique et satisfaisante. Certains passages un peu mystiques dans le tome 3 m’avaient fait craindre un dénouement « grand n’importe quoi » incompréhensible, quel plaisir donc de retrouver une fin qui n’en fait pas trop. Le dessin est le seul point commun avec Bone : on reconnait bien le trait de Jeff Smith, même s’il faut souligner que les illustrations sont elles aussi bien plus noires et adultes. Une série magnifique, diablement intéressante et terminée en 3 tomes.
Un certain Cervantès
Avec « Un certain Cervantès », Christian Lax nous emmène aux Etats-Unis en compagnie d’un rescapé de la guerre d’Afghanistan, Mike. Celui-ci est revenu dans son pays amputé de son bras gauche et il se sent paumé… Le début du récit nous raconte par flash-back le vécu de Mike en Afghanistan ; puis, l’action transite vers la « cavale » de cet ancien soldat aux Etats-Unis. J’ai lu « Un certain Cervantès » d’une seule traite, sans ennui et avec intérêt. Il faut dire que le coup de patte réaliste de Christian Lax m‘est apparu très bon. On reconnaît facilement au premier coup d’œil les personnages. Les décors sont magnifiques que ce soit la situation du récit en Afghanistan ou aux Etats-Unis. La narration est nickelle. On a vraiment l’impression de suivre un film (de nombreux clins au 7ème art sont présents dans le récit) en feuilletant cette bande dessinée. Quant au scénario, on sent bien que l’auteur a voulu rendre hommage à Don Quichotte en faisant le parallèle entre ce héros de fiction et Mike, et en mettant en scène le roman de Cervantès dans divers lieux du récit. J’avoue que cette idée m’est apparue tordue, je n’y ai pas du tout cru. Après, je peux comprendre que Christian Lax a voulu nous faire ressortir la soif de liberté et d’indépendance de nos héros qui sont séparés de 4 siècles (voire plus), un message du genre « C’est un combat de tous les instants qui faut mener sans cesse » mais je trouve que ce n’est pas très bien amené (un exemplaire de l’ouvrage avec des dessins de Gustave Doré dans une prison… M’ouais…) et je ne suis pas convaincu non plus qu’il ait pu « se balader » aussi longtemps sans se faire repéré. Quant au « héros » Mike, je n’ai pas vraiment éprouvé de la sympathie pour lui car c’est un personnage qui m’a semblé compulsif. Sa tendance à vouloir tabasser tous les gens (il fonce sur des bikers dont on ne saura jamais s’ils voulaient faire un mauvais coup… le pasteur dont on ne peut lui reprocher sa liberté de paroles…) qu’il ne lui plaise pas me désole : à force de vouloir faire la loi lui-même, à ne pas se montrer irréprochable, ses faits et gestes se retournent contre lui… et c’est tant mieux ! Il y a donc une certaine justice quand je le vois être incarcéré à maintes reprises. Après, j’ai apprécié certaines « piques » de Christian Lax sur l’Amérique et sur la société en général en particulier sur les victimes de la crise des subprimes, le sort des migrants, les indiens et sur le traçage informatique des individus. Malgré tous ces reproches, j’ai apprécié ma lecture de « Un certain Cervantès » car c’est une bande dessinée qui donne à réfléchir. C’est un récit à prendre avec du recul… On ne sait pas trop si c’est vraiment comme ça l’Amérique. Le personnage principal, Mike, est un mutilé, il en a bien bavé mais ce n’est pas une raison pour se défouler à chaque fois sur des personnes qui ne lui plaisent pas… Il y a donc une certaine justice quand il se fait emprisonner à maintes fois. Le graphisme de Christian Lax est exceptionnel.
Salto - L'Histoire du marchand de bonbons qui disparut sous la pluie
Quel titre intriguant ! Et l’histoire ne déçoit pas, et fait preuve de beaucoup d’originalité. La thématique est intéressante, avec cet écrivain raté qui décide du jour au lendemain de devenir garde du corps pour des membres du gouvernement au Pays Basque, pour trouver l’inspiration pour son roman. Un boulot pas forcément compatible avec une vie de famille. L’histoire est prenante, et je n’ai pas vu passer les 368 pages. J’ai parfois eu un peu de mal à croire en ce personnage de Miguel, ou en tout cas à m’y identifier, mais c’est bien le seul petit reproche que je ferai. La mise en image de Judith Vanistendael est superbe. J’ai particulièrement apprécié les couleurs (au fusain ?), tantôt sombres, tantôt vives et colorées. La narration est fluide et légère, les textes se font discrets, et de belles pleines pages viennent aérer le récit. Certaines scènes s’étalent sur plusieurs planches, comme l’explosion (voir galerie) qui s’étale sur 8 pages, formant une véritable fresque… original ! Une chouette collaboration entre une autrice belge et un auteur espagnol.
Kaboul Disco
J'ai dévoré les deux livres de nicolas Wild. Quelques mois après la chute de Kaboul, une sorte de Saïgon 2, Kaboul Disco 1&2 se lisent avec un autre oeil. Beaucoup des événements dramatiques , d'un point de vue ONUsien, étaient annoncés dans l'ouvrage de Wild!! Quel échec malgré les milliards de dollars déversés en un temps record sur Kaboul. J'ai beaucoup aimé cet ouvrage parce qu'il est un témoignage vécu de premier ordre. Même reclus dans un quartier d'ONG occidentales, c'est beaucoup de courage que de rester à la merci d'un fanatique à la colère exacerbée par des évènements qui ont eu lieu de l'autre côté du monde ( Guantanamo , Copenhague). Nicolas Wild décrit avec beaucoup d'humour sa vie quotidienne à la fois dans son travail et dans ses rapports sociaux. Il ne tient pas toujours le beau rôle. Cette autodérision ajoute à l'humour et à l'autenticité du récit. Cet humour est la grande force de l'histoire mais quelque fois une faiblesse car comment rendre avec humour les massacres des années communistes ou le différentiel de niveau de vie entre les expat ,même associatifs, bourrés de dollars en comparaison des familles afghanes devant élever leurs enfants handicapés avec quelques afghanis qui n'arrivent pas. Le second livre qui nous montre la lutte contre l'opuim le décrit de façon très explicite. Vouloir imposer une morale, même légitime par la force, a toujours conduit à des catastrophes. Le 15 août 2021 nicolas Wild devait penser au très beau et prémonitoire passage de son tome 1 écrit en 2007 quand le poète récitait " Dormez mes enfants car bientôt un roi défunt/ Transplantera, pour accomplir son noir dessin/ La belle rose de l'Afghanistan dans son jardin." Beaucoup de décideurs auraient du lire les livres de monsieur Wild car il expliquait très simplement ,comme il l'avait fait avec la constitution afghane pour des illétrés, à travers des personnages de BD amusants, les germes de la plus grande humiliation de la "Communauté Internationnale" en ce début de siècle. Fallait il que cela passe les portes blindées de quelques tours d'ivoire.