Les derniers avis (32329 avis)

Couverture de la série Kaboul Disco
Kaboul Disco

J'ai dévoré les deux livres de nicolas Wild. Quelques mois après la chute de Kaboul, une sorte de Saïgon 2, Kaboul Disco 1&2 se lisent avec un autre oeil. Beaucoup des événements dramatiques , d'un point de vue ONUsien, étaient annoncés dans l'ouvrage de Wild!! Quel échec malgré les milliards de dollars déversés en un temps record sur Kaboul. J'ai beaucoup aimé cet ouvrage parce qu'il est un témoignage vécu de premier ordre. Même reclus dans un quartier d'ONG occidentales, c'est beaucoup de courage que de rester à la merci d'un fanatique à la colère exacerbée par des évènements qui ont eu lieu de l'autre côté du monde ( Guantanamo , Copenhague). Nicolas Wild décrit avec beaucoup d'humour sa vie quotidienne à la fois dans son travail et dans ses rapports sociaux. Il ne tient pas toujours le beau rôle. Cette autodérision ajoute à l'humour et à l'autenticité du récit. Cet humour est la grande force de l'histoire mais quelque fois une faiblesse car comment rendre avec humour les massacres des années communistes ou le différentiel de niveau de vie entre les expat ,même associatifs, bourrés de dollars en comparaison des familles afghanes devant élever leurs enfants handicapés avec quelques afghanis qui n'arrivent pas. Le second livre qui nous montre la lutte contre l'opuim le décrit de façon très explicite. Vouloir imposer une morale, même légitime par la force, a toujours conduit à des catastrophes. Le 15 août 2021 nicolas Wild devait penser au très beau et prémonitoire passage de son tome 1 écrit en 2007 quand le poète récitait " Dormez mes enfants car bientôt un roi défunt/ Transplantera, pour accomplir son noir dessin/ La belle rose de l'Afghanistan dans son jardin." Beaucoup de décideurs auraient du lire les livres de monsieur Wild car il expliquait très simplement ,comme il l'avait fait avec la constitution afghane pour des illétrés, à travers des personnages de BD amusants, les germes de la plus grande humiliation de la "Communauté Internationnale" en ce début de siècle. Fallait il que cela passe les portes blindées de quelques tours d'ivoire.

03/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Rock et si je ne m’abuse le Roll
Le Rock et si je ne m’abuse le Roll

Killoffer est l’un des fondateurs de L’Association et il a l’air d’être un sacré personnage. Je n’accroche pas à toutes ses productions mais j’aime quand il use de son dessin noir et blanc comme ici, ça me parle bien. Et j’apprécie beaucoup ce petit album, le dessin donc, mais aussi une certaine densité dans l’histoire. L’auteur se mettant en scène avec son avatar Kilo dans un bon et beau délire. Il se la joue rock star et son groupe n’est autre que les autres membres de L’Association. Le décalage de son personnage est assez jouissif, le ton sans être hilarant m’a énormément amusé (le costume, le logo …), et je trouve déjà le dessin de couverture et le titre très très bons. J’y ai descellé plusieurs niveaux de lectures. Une 1er degré où l’on suit ce looser magnifique et attachant qu’est Kilo, et une 2ème bien plus finaude pour qui connaît l’histoire de cette maison d’édition et le schisme de 2005/2006 où seul J-C Menu gouvernera (voir l’album Quoi !), et qui donne une meilleure compréhension de la dernière page. Tout ça pour dire que j’aime beaucoup, une petite réussite tout en métaphore et double lecture (l’album datant de 2006). Et un petit coup de cœur pour ce personnage de Kilo.

02/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Vol du Corbeau
Le Vol du Corbeau

Gibrat nous propose une version parisienne du Sursis dans la même collection Aire Libre. J'avais vraiment beaucoup aimé les aventures de Julien et de Cécile dans leur campagne Aveyronnaise. Je trouve le Vol du Corbeau un peu moins captivant. Le dessin de Gibrat est vraiment très bon dans cette promenade des quartiers est de Paris. Par ses dessins, Gibrat crée à la fois une atmosphère de promenade amoureuse par un beau mois de juin 44 et de jeu de cache-cache avec l'occupant. Comme si quelque soient les circonstances, Paris restera toujours une destination première des rencontres amoureuses. La longue séquence sur les toits (presque mythiques) de Paris crée immédiatement un face à face intime qui va marquer le récit. Cette première partie, assez lente et pleine d'interrogations, endort un peu notre méfiance comme celle de Jeanne ou au contraire l'exacerbe puisque nous ne savons rien. Vues du métro aérien, du canal St Martin, Paris sans ses touristes (autres qu'Allemands) n'a pas tant changé que cela (sauf pour les Allemands). Jeanne est digne de sa soeur en beauté et en réparties. Une lettrée idéaliste qui est loin d'être une potiche. Comme pour le Sursis la petite promenade laisse place à de l'intensité dramatique qui s'intensifie à la fin du tome 1. C'est alors le génie de Gibrat de multiplier les rebondissements jusqu'au dénouement qui reste ouvert. Un bel ouvrage mais si j'avais mis 5 au Sursis je baisse un peu pour ce vol du corbeau. Pour finir un mot sur le titre à double sens. Noirdésir avait souligné très justement le clin d'oeil aux oeuvres cinématographiques de ces années sombres. Il citait "La Traversée de Paris". Ce titre, "Le Vol du Corbeau" nous renvoie aussi en 1943 à l'un des chef-d'oeuvres du cinéma réalisé par Clouzot avec un Pierre Fresnay inoubliable. A lire et à voir absolument !!!

02/05/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Ne m'oublie pas
Ne m'oublie pas

J’ai pris beaucoup de plaisir à accompagner Clémence et sa grand-mère dans ce road-trip un peu fou. J’ai trouvé le ton juste, les réflexions sur la vie intéressantes, et puis j’aime tout simplement ce que fait Clémence, ce moment de folie pour sa mamie. Je trouve ça beau, et de nombreux passages m’ont beaucoup touché. Par contre comme Mac Arthur j’ai trouvé la fin un peu « too much », même si ce détail n’a pas gâché ma lecture. La réalisation est exemplaire. J’aime beaucoup le dessin simple mais très expressif, et les couleurs pastelles sont très jolies. La narration est fluide, j’ai englouti les 220 pages d’une traite. Un joli promenade introspective.

02/05/2022 (modifier)
Par Borh
Note: 4/5
Couverture de la série Servitude
Servitude

Cette série me laisse sur une très bonne impression après avoir fini les 6 tomes. Si le premier tome m'a un peu trop fait penser au Trône de Fer, le reste est finalement assez différent avec un univers plus fantasy. Ce qui est très sympa dans Servitude, c'est l'impression que l'univers est vivant, il a un passé, un avenir, et le scénario qui nous est raconté est un évènement certes important de l'histoire de ce monde, mais tout ne s'y arrête pas. Les appendices sont très intéressants à lire et donne vraiment de l'épaisseur à l'univers. L'histoire elle même est bien racontée, les personnages ont des caractères bien trempés. Ca se lit bien, mais je pense qu'il vaut mieux lire les 6 tomes d'affilée pour ne pas oublier les nombreux personnages et les nombreux évènements qui se déroulent entre les tomes. Concernant les dessins, ils sont très beaux, avec des couleurs assez particulières, avec un aspect délavé. Enfin bref, une très bonne série que je conseille aux fans de Fantasy guerrière.

01/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Un colt qu'on en finisse
Un colt qu'on en finisse

Un court mais bon moment, ce petit album m’amuse toujours autant, il peut concurrencer les meilleurs pattes de mouche. Peyraud m’avait étonné avec cet album, il quittait son univers « contemporain » pour un western humoristique. La mise en situation et les joutes verbales de ces 2 cowboys à moitié mort sont savoureuses et réussies, bien mis en valeur par le trait d’Alfred, les trognes des 2 affreux sont exquises. Une petite friandise. 25 Fr bien investis 3,5

01/05/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Jeune Acteur - Aventures de Vincent Lacoste au cinéma
Le Jeune Acteur - Aventures de Vincent Lacoste au cinéma

3.5 J'ai attendu que le premier tome soit disponible à la bibliothèque pour le lire parce que même si j'aime bien globalement Riad Sattouf, je ne savais pas si je trouverais cela intéressant de suivre un acteur français que je ne connaissais même pas. Oui, depuis plusieurs années je regarde de moins en moins de films, et le cinéma français qui m'intéresse le plus c'est le cinéma populaire des années 50-80, alors je n'ai jamais vu de films avec Vincent Lacoste et les deux films français les plus récents que j'ai c'est les deux films en 3D d'Astérix, ce qui doit être assez pour vous montrer à quoi se résume ma connaissance du cinéma français moderne. Donc voilà comme le sujet principal m'intéressais moins que de suivre la jeunesse de Riad Sattouf, j'avais peur de m'ennuyer un peu. Et puis au fil des pages, j'ai trouvé que c'était pas mal et j'ai complètement embarqué dans le scénario lorsque Lacoste devient le personnage principal. J'ai vite trouvé cet ado que je ne connaissais pas complètement attachant. Sattouf fait partie des auteurs qui ont le ton juste pour raconter la vie quotidienne, toutes les anecdotes de l'album sont intéressantes, souvent drôles et parfois un peu tristes. Sattouf est vraiment le meilleur pour montrer la galère qu'est la vie des jeunes. J'ai aussi bien aimé voir l'envers du décor et découvrir les coulisses d'un tournage de film. Bref, j'ai passé un bon moment de lecture et j'ai bien envie de regarder le film de Sattouf !

01/05/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Salammbô
Salammbô

Attiré par le graphisme dès le premier coup d'œil en librairie, j'ai acheté Salammbô de Druillet. Et j'ai pris mon temps avant de le lire. Il y avait eu une expo temporaire "Salammbô" il y a plus d'un an au musée des Beaux-Arts de Rouen, et je me souviens des gigantesques planches en noir et blanc accrochées au mur d'une salle dédiée à l'adaptation BD du roman de Flaubert. Le grand format nous permettait de profiter de chaque menu détail, c'était fou. Je suis content d'avoir parcouru le roman juste avant, parce-que je ne suis vraiment pas sûr que l'appréciation aurait été aussi bonne sans cette lecture préliminaire. Flaubert nous charge de descriptions tellement métaphoriques que nous sommes facilement amenés à avoir une certaine vision du récit. Et donc une certaine attente sur une adaptation BD. Et malgré le délire de l'univers créé par Druillet, tout ce fourmillement de détails est vraiment incroyable, je suis scotché par cette beauté et la terreur atroce qui se dégage. On aime ou on n'aime pas. Perso, je trouve que c'est du génie. Presque toute la narration provient du roman. Et il n'y a quasiment que de la narration. En cela, Druillet respecte aussi la forme du roman, qui contient très peu de dialogues. On le voit aussi à travers le graphisme, les plans sont larges et très souvent en mode paysage. Druillet a lâché la bête pour dégager toutes les atrocités de la Guerre avec authenticité par rapport à Flaubert. Dans les derniers chapitres, Druillet est plus furtif, les personnages importants du récit quittent l'histoire sans honneur, aussi on ne perd pas de temps sur leur sort. Dommage quand même. Scénaristiquement aussi, le début me surprend (je ne comprends pas trop la vision que Sloane porte déjà sur Salammbô dans son vaisseau). A part ça, j'ai aimé l'histoire racontée à travers Sloane qui prend le rôle de Matho, comme s'il vivait une parenthèse dans son aventure galactique. Et puis ce qui m'a agréablement surpris, c'est qu'on n'est finalement pas sur de la SF. J'ai vraiment adoré l'ambiance Fantasy, qui a permis de mettre en avant la folie humaine dégagée par le roman. Cette BD mérite les honneurs. Pour l'époque, ça a dû être culotté de faire ça. Graphiquement c'est particulier, ultra chargé, mais pour moi c'est un régal. La seule chose qui m'a irrité c'est la police. Difficile de lire certains passages, à cause de la typo ou de la taille du texte infiniment petite. Je pensais que ça allait être plus gênant que ça, mais parfois quand je voyais une double planche avec pas mal de narration, je me suis dis "allez Solo, lance toi, courage...", ce qui n'est pas vraiment bon signe. Je conseillerais la lecture du roman de Flaubert en amont, pour profiter de tout le récit avant de parcourir cette histoire qui le résume. Et puis ça vous donnera clairement une idée de ce dans quoi vous mettrez les pieds. Faut s'accrocher! Tenez bon, c'est du très bon! Et je rejoins l'avis de Gaendoul, pour moi il y a quelque chose d'intemporel dans le graphisme: ça ne vieillit pas à mes yeux, même si le dessin identifie clairement une époque passée.

01/05/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Open Bar
Open Bar

J'ai un p'tit lot de Fabcaro qui débarque, oh le plaisir ! J'ai ri à pleines dents sur beaucoup de blagues. Il y a des chutes vraiment terribles, où la dernière case déclenche le gag. Les gags retenus sont les bons pour moi... On a vite dévoré ce recueil, et même s'il y a quelques répétitions de temps en temps dans le style d'humour choisi (les gags de "situation inversée" ? Je sais pas comment qu'on dit), le fond reste super quali. On adhère!

30/04/2022 (modifier)
Couverture de la série Petit manuel d'humour en toute circonstance
Petit manuel d'humour en toute circonstance

Lécroart est un auteur que j'aime beaucoup. Mais je préfère nettement la partie de son oeuvre liée à l'oubapo, tellement il sait utiliser les contraintes pour développer des histoires intéressantes. Mais cela n'empêche pas de reconnaître son talent d'humoriste, son sens du gag, même sans contrainte autre que les commandes d'un éditeur ou d'une revue. Et, ici, j'ai trouvé l'ensemble de gags plutôt réussis: j'ai très souvent souri, plusieurs fois rigolé. C'est certes inégal, mais globalement c'est drôle, avec un humour gentiment con que j'aime bien. Et son graphisme, avec ces personnages à gros nez, son trait caricatural, est agréable, et tout à fait adapté à ce genre de production. Les premières pages, singeant les magazines sérieux, avec de fausses pubs, sont vraiment très réussies. C'est une lecture très sympathique donc. Note réelle 3,5/5.

30/04/2022 (modifier)