Les derniers avis (32323 avis)

Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Nettoyage à sec
Nettoyage à sec

Rarement vu une aussi grande BD. Par le format, bien-sûr, qui magnifie un dessin extrêmement expressif où le destin pluvieux du héros est représenté avec tellement de vérité qu'on a peine à croire, en refermant le livre, que nous soyons en période de sècheresse et de forte chaleur. Dans la galerie (très généreuse sur ce coup là) on voit à la fois les vues de la ville (avec ses lumières artificielles, ses reflets de feux rouges et de phares de voitures, de vitrines et de salles de brasseries, mais à voir en vrai, c'est beaucoup mieux) et la description la plus près de la réalité que j'ai jamais vue, de la première cigarette, avant de partir au boulot. Dans un film ça ferait maniéré, esthétisant, mais dans une BD, ça touche : le réalisme en devient poétique. L'alternance de grilles serrées et de pleines pages est somptueuse tout en laissant voir tous les traits de construction, ce n'est pas simple à faire et c'est très réussi. Ensuite l'histoire évoque les films des années 60, (j'ai pensé à Mélodie en sous-sol par certains aspects) avec des types en costard, des 404 et des déesses, mais aussi les chansons de Renaud qui décrivent des petites vies foireuses... C'est poignant, on ne sait pas si on doit rire ou pleurer, mais je ne pense pas que ce serait utile de vous raconter l'histoire, la galerie fait le boulot. C'est parfaitement construit et les dialogues sont savoureux, les personnages, peu nombreux, ont de l'épaisseur. Évidemment quand c'est bien, c'est toujours trop court. Bref, 140 pages à lire absolument, je vous le recommande.

22/05/2022 (modifier)
Couverture de la série The Kong Crew
The Kong Crew

Une série popcorn bien faite. Un bon divertissement concocté par Eric Herenguel (seul à la barre), sur la base d’une idée assez sympa : King Kong ne meurt pas sur le toit de l’Empire State Building. Il met la pâtée à l’armée américaine, et les humains n’ont d’autre choix que de lui abandonner Manhattan et de placer le quartier en quarantaine. L’histoire se situe une quinzaine d’années après ces événements, la nature sauvage a repris ces droits. La zone est source de surveillance et de curiosité, on y suit tout un tas de personnages : pilotes, soldats, journaliste, chercheur … On passe de l’un à l’autre sans problème, c’est super fluide. On sent que l’auteur se (et nous) fait plaisir en proposant cette version, un équilibre réussi de New York 1997 et Le monde perdu (pour les références principales), c’est bien digéré. La partie graphique assure le spectacle, un bon découpage et de chouettes vues dans une ambiance jungle urbaine. Je suis plus réservé sur les visages (féminins notamment) mais c’est pour faire le difficile. Je veux connaître la suite des aventures de Spit le teckel et de ce petit monde. Fun et dynamique. 3,5

22/05/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une vie d'huissier
Une vie d'huissier

Un dessin qui touche, avec des gros plans sur les visages, une texture de l'image qui remplit la page et imprime la rétine de manière très persistante. C'est particulier et rien que pour cela c'est à lire. Ensuite l'histoire, tellement inhabituelle dans la fiction, de la vie d'un huissier est intéressante par elle-même, oscillant entre l'étude sociologique, le film de gangster, et la tragédie à la Zola. Le fait que ce soit l'adaptation d'un témoignage réel et le lien entre l'auteur et le héros ajoute à la présence du dessin une sorte d'intimité presque intimidante. Bref, lisez-le, c'est troublant. J'aurais peut-être dû mettre 5, mais il manque quelque chose au niveau de la construction de l'histoire, et peut-être un peu trop de voix off...

21/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Hyver 1709
Hyver 1709

Voilà une série que les amateurs de BD d’aventure historique apprécieront certainement. Car elle possède de belles qualités. D’abord d’être conclue en deux tomes, sans rallonge inutile. Je dirais presque que c’est dommage, il y avait sans doute matière à étoffer et développer encore l’intrigue (le passage au Brésil, la partie maritime – piraterie auraient pu être plus mises en avant). Et la fin est un peu brutale, comme si l’urgence du bouclage avait tout fait accélérer. Ensuite un dessin franchement très bon pour qui apprécie le style réaliste. Personnages et décors sont réussis. En particulier de superbes planches et une belle colorisation pour des décors glacés, durant cet hiver qui a frappé durement une France épuisée par les guerres. Si le règne de Louis XIV a souvent été pris pour cadre, ce diptyque situe son intrigue dans sa partie obscure, dans cette longue et douloureuse fin de règne (le roi voyant peu à peu mourir tous ses proches et s’étioler sa santé), lors de la guerre de succession d’Espagne (le cadre historique, pour qui ne le connait pas, est d’ailleurs rapidement, mais clairement posé en début de récit). Et, surtout, la cour elle-même n’est que périphérique ici, nous suivons quelques protagonistes, dans une intrigue certes un peu classique, mais bien menée. J’ai juste craint la fausse note avec une histoire d’amour un peu téléphonée et inopportune, mais cet aspect n’est qu’effleuré et là aussi la mort fait son œuvre et dynamise l’intrigue. Bref, voilà une histoire pas forcément hyper originale, mais qui est bien traitée, bien mise en images, et qui procure un moment de lecture sympathique.

21/05/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Ceux qu'on choisit
Ceux qu'on choisit

Il y a des albums, comme ça, dont vous ne savez presque rien avant de les ouvrir, et qui s'avèrent vraiment marquants, car particulièrement attachants. C'est le cas, vous vous en doutez, de ce roman graphique entièrement réalisé par une Américaine vivant en Australie. Une histoire qui, comme elle le révèle en postface, est inspirée de sa propre vie d'adolescente bourrée de complexes liés à son physique. Winifred est donc une adolescente timide, qui va tout de même se faire de nouveaux amis, qui assez vite vont devenir très proches. La façon dont les choses se mettent en place est très naturelle, et d'autant plus efficace que l'on ressent de l'empathie pour l'adolescente. L'autrice évite (de très loin) l'écueil de l'auto-apitoiement, ne passe pas par les étapes de pensées morbides, et nous montre comment, au travers d'une BD créée au départ comme une boutade, elle prend confiance en elle, y transpose se craintes, ses angoisses, tout en injectant ses amitiés particulières dedans. Sarah Winifred Searle a d'ailleurs la bonne idée d'inclure cette BD dans son récit, pour que l'on voie le parallèle, et qu'on comprenne également les réactions des personnes qui lisent son oeuvre (écrite par un ami au départ). Je ne fais pas partie du coeur de cible, mais j'avoue que la dignité, la délicatesse et la tendresse mis en scène dans "Ceux qu'on choisit" m'a touché. Ce sont des éléments qui aideront à coup sûr des adolescent(e)s qui se demandent ce qu'ils font là, ne s'aiment pas. Fort de ces qualités, l'éditeur français (imitant en cela l'original ?) propose en annexes les coordonnées de différentes associations qui peuvent venir en aide aux jeunes gens en difficulté psychique. Bonne idée. Le dessin, combinant des influences manga avec un style relativement dépouillé, est à la fois rond et dynamique, ce qui rend la lecture fort agréable. Attention toutefois, c'est un beau pavé de près de 350 pages.

21/05/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Spirou de Schwartz et Yann
Le Spirou de Schwartz et Yann

Le Spirou de Schwartz et Yann mérite plusieurs lectures et plusieurs niveaux de lecture à mon avis. C'est une oeuvre complexe en trompe-l'oeil. La série explore tellement de pistes quelquefois contradictoires qu'on peut assez facilement s'y perdre et lui faire le reproche de fourre-tout. Comme indiqué dans plusieurs avis, il y a pléthore de références sur la Résistance Bruxelloise, sur la BD belge et sur le parler Bruxellois. C'est un côté hommage appuyé qui contraste presque avec le côté comique et ridicule des actions de Spirou et des Gestapistes. Yann nous invite-t-il à aller au-delà des apparences que les auteurs nous livrent? C'est fort probable, d'où cette invite aux lecteurs de rechercher la réalité via toutes ces références. C'est encore plus criant pour les deux autres albums. Pauvre Fantasio qui se débat avec " L'existentialisme est un humanisme" auquel il n'a pas l'air de comprendre grand chose. Yann a choisi deux périodes, le Nazisme et le Colonialisme , qui donnent la nausée. "La Nausée" n'est elle pas la clé de la série? Fantasio aurait pu le demander à J.P Sartre. Car m'enfin !! Nos deux héros pourfendeurs de la bête monstrueuse à Bruxelles sont tout miel devant le tableau géant d'une autre célébrité historique. Quel beau portrait de Léopold II, quelle belle statue dans une case carte postale qui vente la douceur de vivre au milieu de Léopoldville. Léopold II !! Esclavagiste, tortionnaire par procuration qui a sur la conscience plusieurs millions de Congolais tués ou mutilés (commission d'enquête 1904-05). Ce qui n'empêche pas d'avoir une avenue à Paris 16. La nausée je vous ai dit, on y est jusqu'au cou!! Yann ne nous renvoie-t-il pas à travers Spirou l'image de l'Autodidacte de Sartre naïf et pétri de bons sentiments ambigus. C'est particulièrement vrai dans le dialogue entre Spirou et le pauvre albinos. Quelle ironie envers l'humanisme sentimentaliste et satisfait de Spirou et la réalité de la situation. Le dessin de Schwartz est très bon, un poil d'auto dérision quand il se dessine en conducteur de blindé. Il est bien dans l'esprit de la série, dynamique et invraissemblable. Ses décors sont soignés, travaillés et font entrer dans l'ambiance déjantée du Paris intello de 1945/47. J'aime beaucoup les couleurs chaudes et agréables. Une série qui mérite de prendre son temps mais une superbe lecture dans un style très différent de Emile Bravo sur le même thème de la Résistance. Les deux se complètent à mon avis.

20/05/2022 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Mortel Imprévu
Mortel Imprévu

Voilà un album rondement bien construit. L'intro est efficace, en 4 planches le décor est planté, les protagonistes présentés et on rentre tout de suite dans l'intrigue. On découvre Edith, une jeune femme qui a fui un l'Angleterre et son mari violent, pour refaire sa vie de l'autre coté de l'Atlantique. Elle y rencontre un charpentier dont elle va tomber amoureuse. Ensemble ils vont se lancer dans la ruée vers l'or, accompagnés de trois hommes rencontrés en chemin. Le rythme est plutôt lent, mais la lecture est très agréable. On suit avec un intérêt croissant la vie harmonieuse du groupe car même si les pépites ne sont pas nombreuses, le petit groupe évolue sereinement. Jusqu'au jour où tout dérape... La suite ressemble à un huis clos glacial, où nos protagonistes coupés du monde seront en désaccord face à un cas de conscience. C'est efficace, tendu et crédible. L'histoire prend une dimension psychologique interesssante. Cet aspect, basé sur les sentiments et les convictions, occupe même une place prépondérante au coeur des évènements, chacun essayant de convaincre l'autre. La méfiance devient la règle et la tension ambiante entre Edith et Hans est bien rendue. On comprend les 2 points de vue qui s'opposent car ils correspondent bien aux caractères de chacun. On a l'impression que quelque chose sera définitivement rompu entre Edith et son compagnon. Fini l'osmose du début et on se demande bien qui va convaincre l'autre et comment tout ça va finir. Sans parler de suspens, l'issue est incertaine et ça fonctionne très bien. Au final l'histoire est prenante sans être complexe. Cela donne un bel album au dessin agréable, ce qui ne gâche rien.

19/05/2022 (modifier)
Couverture de la série La Venin
La Venin

Malgré le fait que ce western récupère pas mal de stéréotypes du genre, je le trouve intéressant et suffisamment intriguant avec sa narration entrecoupée de flashbacks laissant voir l'enfance de cette gamine dans un bordel qui une fois adulte, se rend dans un patelin de l'Ouest pour y semer la pagaille en faisant parler la poudre et en cachant bien son jeu. Apparemment, l'héroïne surnommée la Venin par un scout Apache, traine un lourd passé, et visiblement c'est une histoire de vengeance. Ce thème est tellement éculé dans le western que Laurent Astier devra faire preuve d'une grosse dose d'originalité pour surprendre. J'ai envie de voir cette évolution parce que ce premier album démarre bien en plantant le décor et les personnages, on devine un truc pas catholique sous les motivations d'Emily, ça laisse augurer quelque chose d'intéressant, surtout que ce western a de bons atouts : - un coin perdu du Colorado - une action située en 1900, début du 20ème siècle où l'Ouest entre en mutation - une héroïne de caractère très badass sous de beaux atours - les péripéties sont déjà captivantes pour un premier album, ça va très vite, puisque ça commence dans un bordel, puis on arrive à Silver Creek, il y a un meurtre puis une traque et on aboutit dans une réserve Comanche... - ça mélange le fictif et le réel, ben oui, on parle de Butch Cassidy, du Wild Bunch, de Geronimo, de Quanah Parker, de Tom Horn et de Charlie Siringo et du Sundance (personnage évoqué dans un autre western chez Glénat Sundance), sans compter les gars de chez Pinkerton... tous ces gens ont vraiment existé. Le seul ennui, c'est qu'il va falloir encore se farcir 5 albums et attendre. Ce qui compte, c'est que la Bd est construite autour d'un personnage solitaire de femme charismatique et que ça donne envie d'en savoir plus. Le dessin d'Astier, je m'en méfiais avant d'ouvrir cette Bd, car j'avais conservé un souvenir plus que mitigé avec Cirk, mais ensuite, Comment faire fortune en juin 40 m'a un peu rassuré, son dessin s'est amélioré, même si je trouve encore ça et là un petit aspect hésitant, comme si le trait n'était pas fignolé, surtout sur certains visages (le petit vieux du début), mais je chipote sans doute, il y a de belles images de ville et de désert, et le dessin a un petit air de Ralph Meyer, donc c'est pas mal. ********* additif Après lecture des tomes 2 et 3, je peux dire que la série suit bien son cours en décrivant le parcours vengeur d'Emily, avec peut-être un peu trop de facilités, parce que cette belle héroïne a quand même pas mal de gens aux fesses et qu'elle réussit toujours ses coups en s'introduisant dans des lieux avec une trop grande aisance et à fausser compagnie à tous ses poursuivants, mais l'intérêt principal est qu'après avoir rassemblé une tonne de clichés westerniens dans le tome 1 (ce qui constituait une bonne accroche pour le lecteur), l'intrigue reste toujours sur une ligne de vengeance mais en évoquant d'autres thèmes un peu éloignés du western, comme la perversion des hommes et les injustices sociales. Ce qui me dérange un peu, ce sont les flashbacks trop répétitifs, il y en a trop, certes ils approfondissent le passé du personnage d'Emily, mais certains ne servent pas à grand chose et surtout je trouve que ça ralentit le rythme. Mis à part ce petit défaut, le récit roule comme une mécanique bien huilée, avec plusieurs rebondissements, un découpage dynamique et un dessin qui s'est grandement amélioré, la lecture reste donc très accrocheuse et ma note reste inchangée pour l'instant.

20/08/2019 (MAJ le 19/05/2022) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Celle qui parle
Celle qui parle

Je n'arrive toujours pas à m'enlever de la tête que cette BD n'est pas de Claire Fauvel, auteure de Phoolan Devi, reine des bandits, tant j'ai trouvé des similitudes dans la couverture et le sujet de cette femme historique. Mais non, c'est bien Alicia Jaraba Abellan qui en est l'auteure, mais ça reste une démarche qui me semble parallèle. La Malinche est une figure de l'Histoire assez complexe à étudier, entre la maigreur des sources que l'on a sur elle et le fait qu'elle soit présente dans un contexte trouble, entre un empire espagnol qui découvre le Mexique, des Mayas qui vivent sur place et des Aztèques qui colonisent un empire sans cesse plus gros. Sa vie est tellement mal connue qu'on ne connait pas sa date de mort ! Autant dire que c'est un sujet passionnant qu'il faut décrypter entre les trous des sources. Mais ces personnages ont quelque chose qui attire (comme Geronimo de Aguilar, qui apparait dans la BD, et Gonzalo Guerrero, considéré comme l’ancêtre des métisses amérindiens), parce qu'ils sont à la frontière de deux mondes et donnent des aperçus très différents selon les peuplades qui les considère. Bref, tout ça pour dire que je suis déjà ravi de voir une BD sur la Malinche, et que celle-ci est très réussie à mon gout. Sans aller jusqu'à nous proposer une thèse historique (ce qui serait assez difficile), la BD parle d'une manière assez bien trouvée de la place de la Malinche dans ces épisodes historiques : c'est une femme qui parle, celle qui lie les cultures entre elles en comprenant et transmettant. J'aime beaucoup cette idée, surtout que couplée à un message sur la place des femmes et l'oppression qu'elle a pu subir (en tant que femme, maya et esclave), cela donne à l'histoire un ton qui déborde de simplement son propos historique pour un message plus contemporain. Un message qui ne fait pas du tout forcé, à mon gout, mais qui marche très bien avec le propos. Le dessin est réussi, avec une représentation qui m'a fait plus sentir les terres Mexicaines, déchirées entre cultures et pouvoirs différents, dans laquelle l'eau est une denrée précieuse et la jungle omniprésente. D'autre part, le rendu des couleurs et des ambiances a quelque chose qui nous plonge dans le récit. C'est très prenant à lire, le tout passe à une vitesse agréable, bref, un très bon moment de lecture qui m'a personnellement beaucoup plu ! J'en recommande la lecture.

19/05/2022 (modifier)
Couverture de la série La Fille aux Ibis
La Fille aux Ibis

J'aime beaucoup les histoires d'amour que nous propose Lax. Ici il est accompagné de Giroud ce qui ne gâte rien. Ses histoires s'inscrivent toujours dans un contexte historique ou social très défavorable. C'était le cas pour Azrayen', Chiens de fusil, Sarane ou Soleil Cou Coupé que j'ai lus et appréciés. Quand le contexte est historique (Algérie, Irlande, Afrique coloniale) cela permet au scénario de jouer sur la grande et la petite histoire. Procédé très classique mais qui nécessite un minimum de sérieux au niveau documentation historique pour ne pas tomber dans le ridicule. Ici l'ouvrage est écrit deux ans après la chute de Ceausescu en Roumanie pendant cette semaine de décembre qui a tenu toutes les TV européennes en live et en haleine tous les jours. Moments incroyables pour les journalistes et leurs auditoires de vivre sur place et en direct ce que tout le monde pensait impossible quelques mois auparavant. Stoian Mirtzu professeur type "Cercle des poètes disparus" exerce dans la charmante petite ville de Baia Mare au nord de la Roumanie. Un enseignement jugé subversif, ce qui lui vaut un très joli piège et 10 ans de prison dans les geôles de la Securitate de sinistre mémoire. Giroud et Lax axent leur passage carcéral sur les méthodes psychologiques très subtiles employées par les tortionnaires. Pour Stoian une reconstruction passe forcément par une recherche de la vérité de ses actes et de ses sentiments vis à vis de Rodica. Je trouve le scénario tourné vers l'intimisme bien construit. Le spectaculaire est peu présent même dans les scènes de la "révolution populaire". Les auteurs par quelques cases ouvrent une porte sur la mise en scène possible des événements orchestrés par une caste qui se savait perdue. Mais c'est au lecteur d'approfondir le sujet. Graphiquement Lax était à la fin d'un cycle juste avant Sarane. Son trait est plus fin moins puissant et caricatural que ce qu'il fera par la suite. Cela correspond bien à l'esprit de la série pour les passages intimistes moins pour la prison ou la révolution. Les couleurs ne sont pas au top. Elles rendent Bucarest, le Maramures et le delta du Danube très tristes (c'était l'hiver) ce qui est injuste. Je connais bien le nord de la Roumanie. C'est un pays charmant avec des gens très accueillants. Le delta passe pour l'un des plus beaux paysages encore naturels d'Europe et Bucarest est surnommée "Petite Paris". De meilleures couleurs auraient rendu justice à leur beauté. Le type d'ouvrage sans clinquant que j'apprécie beaucoup.

19/05/2022 (modifier)