Après lecture des deux premiers tomes, je trouve la série vraiment prenante.
Tout d’abord, c’est un réel plaisir de retrouver quelques-uns des personnages présents dans « Le Port des Marins Perdus ». Je pense d’ailleurs que c’est un vrai plus d’avoir lu cet album au préalable, même si a) ce n’est pas indispensable, et b) le ton employé est assez différent.
Ensuite, nous avons là un vrai récit choral avec beaucoup d’histoires qui s’entremêlent, toutes intéressantes et souvent touchantes. Le ton est assez bienveillant et ce bordel pour marins nous propose des pensionnaires qui semblent bien heureuses de leur sort. Ca fait un peu Bisounours, un peu Disney, mais c’est agréable à lire.
Et à propos de Disney, le dessin tire également vers cette marque. Il est très lisible, avec des personnages bien typés (je n’ai jamais rencontré de problème de confusion malgré la pléthore de personnages) et des couleurs lumineuses.
Je finis cet avis par un coup de gueule vis-à-vis de Glénat. Manifestement là-bas, personne ne lit les bandes dessinées qu’ils vendent puisqu’ils présentent la série comme un spin-off regroupant des histoires courtes (je cite : « ces filles de petite vertu qui nous content à tour de rôle une histoire confiée par leur amant d’un soir »). En réalité, ce n’est pas ça du tout puisque cette série est la suite directe du Port des marins perdus et n’est pas constituée d’histoires courtes. Les deux premiers tomes s’enchainent et nécessitent une suite (et il y a matière à encore quelques tomes !).
Un peu plus classique, un peu plus axé « jeunesse » que le port des marins perdus mais vraiment bien mené, ce récit choral est un vrai plaisir à lire !
Cette série est vraiment à lire pour qui s'intéresse à la naissance de l'action médico-sociale organisée en France.
L'action de John Bost s'inscrit dans ce contexte si particulier du XIXème siècle où la révolution industrielle a engendrée une grande paupérisation et une redistribution des liens familiaux et sociaux.
La très bonne documentation de Vincent Henry montre comment une initiative perso qui part de sa seule foi peut aboutir à une oeuvre d'utilité publique qui a peu à peu transformé le regard de la société sur des êtres très vulnérables.
D'une certaine manière, à travers l'exemple de John Bost (mais on pourrait en citer d'autres) c'est la naissance d'un tissu associatif de proximité si propre à la France que nous fait découvrir cette série.
J'ai beaucoup aimé ce récit car il montre que contrairement à l'idée propagée par Victor Hugo, de nombreuses choses très intéressantes ont été faites au cours du second Empire par delà les confessions ou les orientations politiques.
John Bost n'était pas un thérapeute mais un homme de charisme. Le livre montre bien que c'est ainsi que Bost a pu entraîner riches et pauvres dans ce qui pouvait être considérée comme une folle aventure au seul profit des plus exclus au sein même de leurs propres familles.
Je n'ai pas été ennuyé par le long développement de la maturation psychologique de Bost. Cela montre que la création et la pérennité d'une entreprise du type associatif de ce genre demande plus qu'une bonne volonté.
Le graphisme de Bruno Loth porte très bien le récit. J'ai ressenti à travers ses dessins un grand respect pour les bénéficiaires "malades" des asiles de Bost. Loth n'a pas voulu jouer la carte facile du sentimentalisme à bon marché.
Son trait est précis et entretient le dynamisme propre à l'action de Bost.
C'est une oeuvre qui m'a parlé par cet hommage à tous les Bost qui ont oeuvré sans fanfare ni trompette pour rendre le monde meilleur.
Ah Largo Winch !!
Je l’ai découverte à son tome 6. Une série qui aura bercé la fin de mon adolescence et qui m’aura tenu en grande haleine jusqu’à son tome 10, avant que je ne parte vers d’autres horizons.
Je me suis fait une grosse mise à jour l’été dernier en empruntant la suite jusqu’au tome 22.
Verdict … du bon blockbuster dans la catégorie franco belge « classique », bien fait et distrayant.
La bonne idée est de proposer à chaque fois des histoires en diptyque. On aura ses préférences niveau cycle mais dans l’ensemble c’est plus qu’honorable, ça va du culte au pas mal. Des intrigues variées aux 4 coins du monde, mélangeant action et thriller financier.
Le tout est servi par le dessin agréable et très lisible de Francq, ainsi que de chouettes couleurs, pour un bon moment de lecture.
A la base c’est un roman(s ?)de Van Hamme (non lu) mais la version bd reste à mes yeux la référence. Je reste bien attaché à ce héros qui aura fait bien des petits (films, série tv et de nombreux ersatz sur le médium : IRS, Alpha …).
Après il ne faut pas être allergique au côté boy-scout ou James Bond, au programme jolies filles et quelques facilités scénaristiques, mais qui ne ternissent en rien l’efficacité de lecture. Et je dois avouer que mes maigres connaissances financières (holding, OPA …) viennent de cette série.
Dans le top des cycles on trouve les 3 premiers, les moins accrocheurs vont pour le 6eme et 10eme, pour le reste c’est plus que pas mal, même si les tous derniers tirent un peu sur la corde, on ne sait plus quoi inventer pour mettre en difficulté notre milliardaire en basket.
Au travers du destin de plusieurs familles, en Europe et aux États-Unis (mais cela nous amène aussi en Inde et dans diverses colonies ou ex-colonies), entre la fin de l’Ancien régime et aujourd’hui, c’est tout un pan de l’histoire de l’humanité qu’il nous est donné à voir, à comprendre, sous le prisme de l’économie. Et des choix effectués, qui impactent la répartition des richesses.
La narration est intéressante, plutôt fluide, alors que les connaissances (historiques, économiques, sociales) distillées ici auraient pu rendre l’ensemble ardu, aride. Mais en fait tout passe bien, grâce à l’artifice des biographies imaginaires, des personnages fictifs qui, au travers de leurs dialogues font passer le tout agréablement.
Le propos est intéressant d’un bout à l’autre de l’ouvrage – très dense finalement – même si la toute dernière partie est un peu moins fluide.
Mais ça reste un éclairage bien fichu sur certaines réalités, et cette dernière partie, bien qu’un peu moins fluide, a le mérite de proposer des pistes concrètes pour limiter réellement les inégalités.
Une lecture instructive et très recommandable, qui montre bien qu’il n’y a pas de fatalité, et que tout est affaire de choix : chaque citoyen devrait être en mesure de participer à ces choix cruciaux – à condition que tous puissent le faire en connaissance de cause.
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur cette saga, et je crois n'avoir rien de bien nouveau à dire... Néanmoins, ce serait dommage de se priver de dire tout le bien qu'il faut penser de ces deux tomes !
En effet, Il faut flinguer Ramirez est à ranger au rayon des excellentes surprises. La couverture et l'atmosphère à la Tarantino étaient déjà accrocheuses, mais quand on commence à lire, on voit bien qu'il n'y a eu nulle part tromperie sur la marchandise. Nicolas Pétrimaux sait exactement ce qu'il fait et où il va. Il n'a dès lors aucun mal pour nous entraîner à sa suite dans ce long récit délirant mais toujours rigoureux.
C'est vrai que l'auteur sait rendre ses personnages intéressants et/ou attachants, ce qui nous donne un moteur supplémentaire pour continuer dans cette histoire dont on aimerait vraiment avoir le fin mot. Sans immenses surprises, mais avec un talent de conteur né, l'auteur sait développer les différents arcs de cette intrigue à tiroirs, en veillant à ne pas nous égarer. Les tiroirs s'ouvrent, et on découvre chaque nouvelle couche du récit avec une jubilation constante, aidé par un humour à toute épreuve.
Au niveau du dessin, Pétrimaux réussit parfaitement à nous faire oublier que tout est numérique. C'est beau, c'est bien tracé, c'est rigoureux, et c'est surtout incroyablement dynamique. Chaque page nous offre une composition qui éclate, et nous entraîne dans son tourbillon, pour notre plus grand bonheur.
Bref, c'est à la fois bien écrit, et très joliment dessiné. On se plaît beaucoup à la lecture d'un récit à la fois explosif, oppressant, noir mais aussi très délirant et amusant. Cette cohabitation entre un humour efficace et une atmosphère poisseuse typique du thriller urbain à l'américaine est sans aucun doute la plus grande réussite de ces albums.
On espère très fort voir la suite un jour, voilà une saga qui mérite d'être conclue !
MAJ suite à la lecture du tome 2
Une histoire de science-fiction comme je les aime, qui privilégie le contenu à l’action. Les thèmes sont nombreux, surpopulation de la Terre, colonisation spatiale, connexion cérébrale à Internet… ce dernier point est particulièrement fascinant, et fait vraiment écho aux technologies actuelles et futures (smart phones, technologie portable, réseaux sociaux) et les problèmes éthiques et sociaux qui en découlent.
L’histoire est typée « comics américain indépendant », et se focalise surtout sur les personnages et leurs relations. On découvre les enjeux (et les horreurs) des différents projets scientifiques via les conversations entre les différents protagonistes. Des passages oniriques et un peu psychédéliques s’intercalent dans l’histoire principale, et je dois avouer ne pas avoir toujours saisi leur sens ou leur pertinence. La grosse intro d’une 30aine de page est particulièrement hermétique, et j’ai failli décrocher avant même que l’histoire principale ne commence !
Le dessin aussi fait très « comics indépendant » et sert remarquablement l’histoire. J’adore le look des personnages.
Le début du tome 2 surprend un peu, et semble raconter une autre histoire, celle de deux jeunes vivant sur Terre… puis on comprend petit à petit que les évènements se déroulent AVANT le tome 1, et expliquent la genèse du flux… J’ai trouvé ce tome passionnant, certaines réponses arrivent, alors que d’autres restent en suspens – on retrouve ces passages un peu bizarres montrant un homme déambulant dans un paysage aride.
Je lirai la suite, même si l’attente risque d’être longue, si l’auteur met 7 ans à réaliser chaque album !
Je suis toujours en délicatesse avec les BD d'Emile Bravo. Il a une manière bien à lui de construire ses intrigues : c'est excessivement condensé, comme s'il suivait les codes du strip alors qu'il délaie ici son histoire en 4 tomes, condensé y compris lorsque l'événement narré est d'importance. Et son graphisme plutôt figé vient tel un miroir enfermer cette impression de lourdeur. Une critique qui siérait aussi parfaitement aux Blake et Mortimer d'Edgar P. Jacobs par exemple. La lecture de ses BD en devient légèrement fastidieuse. Cette belle série en 4 tomes ne déroge pas à cette dommageable spécificité, malheureusement. [fin du préambule]
Avec L'Espoir malgré tout, Bravo situe les personnages de Spirou & Fantasio dans la Belgique occupée durant la 2nde guerre.
La thématique est d'ampleur, le traitement à l'unisson, c'est aussi ambitieux que captivant !
Il s'agit d'une œuvre majeure mêlant action, humour, romance, vérités historiques, fin propos politique et réflexions philosophiques, et tout cela au service d'une BD ciblant les plus jeunes. Seules mes réserves initiales et un tome 4 assez décevant noircissent ce tableau d'honneur.
Tout parent, tout bibliothécaire, libraire... se doit de conseiller la lecture de cette série aux pré-ados !
Quentin Zuttion nous plonge dans le quotidien d'une infirmière en EHPAD : un travail accaparant et dont il est impossible de se déconnecter, une vie sociale et sentimentale mise en suspens, une sensibilité et une conscience professionnelle sans cesse tiraillées et interrogeant la notion d'accompagnement.
Ce quotidien dans un environnement où la mort vagabonde trop fréquemment est délicatement présenté par Zuttion. C'est un véritable hymne à l'humain, à l'expression des sensibilités, qui répond aux non-débats de notre société sur la valeur travail, le sens à lui donner, le droit à la déconnexion...
Le sujet invoque évidemment la thématique de la vieillesse et de la dépendance : quel regard porter sur nos personnes âgées, comment les accompagner, que faire lorsque les familles fuient les difficultés au point de s'effacer, se détacher des vieilles personnes pourtant aimées.
Voici un beau roman graphique, faisant le choix de la fiction via le portrait d'une jeune femme attachante un peu perdue, évitant ainsi l'écueil de la BD documentaire froide et surchargée d'infos. L'auteur au contraire s'appuie sur une ligne claire tendre et à peine bleutée pour aérer un récit émouvant sans être tire-larmes, élégant et délicat. Une jolie lecture, indiscutablement, plus agréable à lire que ses précédentes BD (Touchées, Appelez-moi Nathan), qui n'avaient qu'imparfaitement su s'extraire de leur sujet là aussi fort envahissant.
En rencontrant une quadra russe à la BM, elle m'a appris que Moomin était la seule BD qui a bercé l'enfance de beaucoup de petits Russes.
C'est dire que cette série finlandaise a eu un grand impact en dehors de la sphère franco-belge. Scandinavie, Russie, Japon ou Pologne sont parmi les pays où le petit hippopotame de Tove Jansson a donné à sourire ou à rêver à beaucoup.
Avec une grande économie de moyens Jansson a su créer un univers d'une poésie où douceur et mélancolie cohabitent.
Si le graphisme de la famille Moomin attire immédiatement les enfants avec sa rondeur d'hippo-nounours attendrissant c'est déjà beaucoup moins vrai pour Sniff ou Snufkin.
On retrouve assez vite cette double lecture au niveau des personnalités entre des Moomin isolés dans leur bulle de tranquillité et d'insouciance très loin du matérialisme ambiant et Sniff un brin vénal ou Snufkin bien désabusé sur la réalité du monde rempli " de bruit et de misère".
Graphiquement Jansson nous propose des strips de trois ou quatre cases qui s'enchaînent pour former une histoire courte d'une vingtaine de planches. Son trait fin, fluide et élégant n'a eu besoin que de quelques accessoires pour faire vivre l'univers des Moomin. Un collier pour la fiancée, un tablier pour la maman et un haut de forme pour le papa sont les seuls éléments qui habillent notre famille.
Un dénuement qui éloigne d'une ambiance consumériste peut être tentante mais source de bien d'ennuis. Faut-il y voir l'esprit de populations qui vivent dans des conditions rudes et proches de la nature ? Il faut remarquer la grande importance de l'eau dans la série comme c'est le cas en Scandinavie. Peuples "amphibies" comme peut l'être cette famille hippopotame ? Avec cette eau source d'aventures mais aussi très protectrice.
En conclusion je trouve cette série à l'image de son héros. L'hippopotame est une espèce menacée comme l'est la gentille naïveté des Moomin. L'aspect rond et sympathique de l'hippo cache un animal très dangereux auquel personne ne se frotte dans la savane. Ainsi en va-t-il des thèmes développés par Tove Jansson (abandon, orphelin, fidélité, misère...) bien plus adultes qu'une lecture enfantine ne le laisse croire.
Une lecture très intéressante.
Cette série fut d'abord éditée chez Delcourt sous le titre L'ombre Inca. À la suite d'un différend, Benoit Roels a repris ses billes pour rester maître de son projet.
Bien lui en a pris car cela a permis au récit de garder une forme bien compacte et nerveuse qui est très agréable à lire. Les trois tomes prévus sont devenus un one shot à 120 planches. Cela assure une continuité et un dynamisme qui va bien à l'histoire.
Je connaissais le travail graphique de Roels à travers ses beaux dessins des "Mystères d'Osiris". J'apprécie son trait délicat et précis. Il donne à la fois beaucoup de sensualité et de force à la gestuelle de ses personnages.
Son dessin dépeint deux univers éloignés dans le temps et l'espace. Roels nous fait voyager entre notre bonne ville de Lyon de l'an 2000 jusqu'à Cuzco et le Machu Picchu du XVIème siècle et d'aujourd'hui dans un final assez inattendu.
Sa peinture à l'aquarelle des paysages andins est magnifique. Son graphisme rend hommage aux différentes beautés du Pérou. Ses personnages sont une véritable invitation à se promener dans ce magnifique et sympathique pays.
Iloa nous conduit des montagnes douces de la région de Cuzco, à travers les hauts sommets de la Cordillère Blanche jusqu'à la forêt amazonienne impénétrable. Ses extérieurs sont précis et très bien travaillés qui laissent deviner la formidable architecture des Incas encore debout sans aucun jointoiement.
Vous l'avez compris, je partage avec Roels l'amour du Pérou et de sa population si accueillante.
Mais le scénario de l'auteur est bien plus riche qu'une simple visite guidée exotique. J'ai bien aimé le choix de la personnalité de Léa qui développe un syndrome d'Asperger soft. Cela permet de faire connaître cette pathologie qui peut être vraiment invalidante dans les rapports sociaux.
Le lien entre Léa et Iloa permet à Roels de développer une thématique du paranormal qui lui est chère. Perso je ne suis pas un lecteur assidu des docteurs Moody ou Kübler-Ross mais j'ai trouvé intéressant d'introduire ce genre de travaux dans le scénario.
Si on y ajoute le rebondissement du retour au pays, Roels propose un scénario bien travaillé qui explore plusieurs directions.
En conclusion j'ai passé un vrai bon moment de lecture à la fois dans les découvertes scénaristiques et la beauté du graphisme.
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Les Filles des Marins Perdus
Après lecture des deux premiers tomes, je trouve la série vraiment prenante. Tout d’abord, c’est un réel plaisir de retrouver quelques-uns des personnages présents dans « Le Port des Marins Perdus ». Je pense d’ailleurs que c’est un vrai plus d’avoir lu cet album au préalable, même si a) ce n’est pas indispensable, et b) le ton employé est assez différent. Ensuite, nous avons là un vrai récit choral avec beaucoup d’histoires qui s’entremêlent, toutes intéressantes et souvent touchantes. Le ton est assez bienveillant et ce bordel pour marins nous propose des pensionnaires qui semblent bien heureuses de leur sort. Ca fait un peu Bisounours, un peu Disney, mais c’est agréable à lire. Et à propos de Disney, le dessin tire également vers cette marque. Il est très lisible, avec des personnages bien typés (je n’ai jamais rencontré de problème de confusion malgré la pléthore de personnages) et des couleurs lumineuses. Je finis cet avis par un coup de gueule vis-à-vis de Glénat. Manifestement là-bas, personne ne lit les bandes dessinées qu’ils vendent puisqu’ils présentent la série comme un spin-off regroupant des histoires courtes (je cite : « ces filles de petite vertu qui nous content à tour de rôle une histoire confiée par leur amant d’un soir »). En réalité, ce n’est pas ça du tout puisque cette série est la suite directe du Port des marins perdus et n’est pas constituée d’histoires courtes. Les deux premiers tomes s’enchainent et nécessitent une suite (et il y a matière à encore quelques tomes !). Un peu plus classique, un peu plus axé « jeunesse » que le port des marins perdus mais vraiment bien mené, ce récit choral est un vrai plaisir à lire !
John Bost - Un précurseur
Cette série est vraiment à lire pour qui s'intéresse à la naissance de l'action médico-sociale organisée en France. L'action de John Bost s'inscrit dans ce contexte si particulier du XIXème siècle où la révolution industrielle a engendrée une grande paupérisation et une redistribution des liens familiaux et sociaux. La très bonne documentation de Vincent Henry montre comment une initiative perso qui part de sa seule foi peut aboutir à une oeuvre d'utilité publique qui a peu à peu transformé le regard de la société sur des êtres très vulnérables. D'une certaine manière, à travers l'exemple de John Bost (mais on pourrait en citer d'autres) c'est la naissance d'un tissu associatif de proximité si propre à la France que nous fait découvrir cette série. J'ai beaucoup aimé ce récit car il montre que contrairement à l'idée propagée par Victor Hugo, de nombreuses choses très intéressantes ont été faites au cours du second Empire par delà les confessions ou les orientations politiques. John Bost n'était pas un thérapeute mais un homme de charisme. Le livre montre bien que c'est ainsi que Bost a pu entraîner riches et pauvres dans ce qui pouvait être considérée comme une folle aventure au seul profit des plus exclus au sein même de leurs propres familles. Je n'ai pas été ennuyé par le long développement de la maturation psychologique de Bost. Cela montre que la création et la pérennité d'une entreprise du type associatif de ce genre demande plus qu'une bonne volonté. Le graphisme de Bruno Loth porte très bien le récit. J'ai ressenti à travers ses dessins un grand respect pour les bénéficiaires "malades" des asiles de Bost. Loth n'a pas voulu jouer la carte facile du sentimentalisme à bon marché. Son trait est précis et entretient le dynamisme propre à l'action de Bost. C'est une oeuvre qui m'a parlé par cet hommage à tous les Bost qui ont oeuvré sans fanfare ni trompette pour rendre le monde meilleur.
Largo Winch
Ah Largo Winch !! Je l’ai découverte à son tome 6. Une série qui aura bercé la fin de mon adolescence et qui m’aura tenu en grande haleine jusqu’à son tome 10, avant que je ne parte vers d’autres horizons. Je me suis fait une grosse mise à jour l’été dernier en empruntant la suite jusqu’au tome 22. Verdict … du bon blockbuster dans la catégorie franco belge « classique », bien fait et distrayant. La bonne idée est de proposer à chaque fois des histoires en diptyque. On aura ses préférences niveau cycle mais dans l’ensemble c’est plus qu’honorable, ça va du culte au pas mal. Des intrigues variées aux 4 coins du monde, mélangeant action et thriller financier. Le tout est servi par le dessin agréable et très lisible de Francq, ainsi que de chouettes couleurs, pour un bon moment de lecture. A la base c’est un roman(s ?)de Van Hamme (non lu) mais la version bd reste à mes yeux la référence. Je reste bien attaché à ce héros qui aura fait bien des petits (films, série tv et de nombreux ersatz sur le médium : IRS, Alpha …). Après il ne faut pas être allergique au côté boy-scout ou James Bond, au programme jolies filles et quelques facilités scénaristiques, mais qui ne ternissent en rien l’efficacité de lecture. Et je dois avouer que mes maigres connaissances financières (holding, OPA …) viennent de cette série. Dans le top des cycles on trouve les 3 premiers, les moins accrocheurs vont pour le 6eme et 10eme, pour le reste c’est plus que pas mal, même si les tous derniers tirent un peu sur la corde, on ne sait plus quoi inventer pour mettre en difficulté notre milliardaire en basket.
Capital & Idéologie
Au travers du destin de plusieurs familles, en Europe et aux États-Unis (mais cela nous amène aussi en Inde et dans diverses colonies ou ex-colonies), entre la fin de l’Ancien régime et aujourd’hui, c’est tout un pan de l’histoire de l’humanité qu’il nous est donné à voir, à comprendre, sous le prisme de l’économie. Et des choix effectués, qui impactent la répartition des richesses. La narration est intéressante, plutôt fluide, alors que les connaissances (historiques, économiques, sociales) distillées ici auraient pu rendre l’ensemble ardu, aride. Mais en fait tout passe bien, grâce à l’artifice des biographies imaginaires, des personnages fictifs qui, au travers de leurs dialogues font passer le tout agréablement. Le propos est intéressant d’un bout à l’autre de l’ouvrage – très dense finalement – même si la toute dernière partie est un peu moins fluide. Mais ça reste un éclairage bien fichu sur certaines réalités, et cette dernière partie, bien qu’un peu moins fluide, a le mérite de proposer des pistes concrètes pour limiter réellement les inégalités. Une lecture instructive et très recommandable, qui montre bien qu’il n’y a pas de fatalité, et que tout est affaire de choix : chaque citoyen devrait être en mesure de participer à ces choix cruciaux – à condition que tous puissent le faire en connaissance de cause.
Il faut flinguer Ramirez
Beaucoup de choses ont déjà été dites sur cette saga, et je crois n'avoir rien de bien nouveau à dire... Néanmoins, ce serait dommage de se priver de dire tout le bien qu'il faut penser de ces deux tomes ! En effet, Il faut flinguer Ramirez est à ranger au rayon des excellentes surprises. La couverture et l'atmosphère à la Tarantino étaient déjà accrocheuses, mais quand on commence à lire, on voit bien qu'il n'y a eu nulle part tromperie sur la marchandise. Nicolas Pétrimaux sait exactement ce qu'il fait et où il va. Il n'a dès lors aucun mal pour nous entraîner à sa suite dans ce long récit délirant mais toujours rigoureux. C'est vrai que l'auteur sait rendre ses personnages intéressants et/ou attachants, ce qui nous donne un moteur supplémentaire pour continuer dans cette histoire dont on aimerait vraiment avoir le fin mot. Sans immenses surprises, mais avec un talent de conteur né, l'auteur sait développer les différents arcs de cette intrigue à tiroirs, en veillant à ne pas nous égarer. Les tiroirs s'ouvrent, et on découvre chaque nouvelle couche du récit avec une jubilation constante, aidé par un humour à toute épreuve. Au niveau du dessin, Pétrimaux réussit parfaitement à nous faire oublier que tout est numérique. C'est beau, c'est bien tracé, c'est rigoureux, et c'est surtout incroyablement dynamique. Chaque page nous offre une composition qui éclate, et nous entraîne dans son tourbillon, pour notre plus grand bonheur. Bref, c'est à la fois bien écrit, et très joliment dessiné. On se plaît beaucoup à la lecture d'un récit à la fois explosif, oppressant, noir mais aussi très délirant et amusant. Cette cohabitation entre un humour efficace et une atmosphère poisseuse typique du thriller urbain à l'américaine est sans aucun doute la plus grande réussite de ces albums. On espère très fort voir la suite un jour, voilà une saga qui mérite d'être conclue !
Déplacement [deplasma]
MAJ suite à la lecture du tome 2 Une histoire de science-fiction comme je les aime, qui privilégie le contenu à l’action. Les thèmes sont nombreux, surpopulation de la Terre, colonisation spatiale, connexion cérébrale à Internet… ce dernier point est particulièrement fascinant, et fait vraiment écho aux technologies actuelles et futures (smart phones, technologie portable, réseaux sociaux) et les problèmes éthiques et sociaux qui en découlent. L’histoire est typée « comics américain indépendant », et se focalise surtout sur les personnages et leurs relations. On découvre les enjeux (et les horreurs) des différents projets scientifiques via les conversations entre les différents protagonistes. Des passages oniriques et un peu psychédéliques s’intercalent dans l’histoire principale, et je dois avouer ne pas avoir toujours saisi leur sens ou leur pertinence. La grosse intro d’une 30aine de page est particulièrement hermétique, et j’ai failli décrocher avant même que l’histoire principale ne commence ! Le dessin aussi fait très « comics indépendant » et sert remarquablement l’histoire. J’adore le look des personnages.
Le début du tome 2 surprend un peu, et semble raconter une autre histoire, celle de deux jeunes vivant sur Terre… puis on comprend petit à petit que les évènements se déroulent AVANT le tome 1, et expliquent la genèse du flux… J’ai trouvé ce tome passionnant, certaines réponses arrivent, alors que d’autres restent en suspens – on retrouve ces passages un peu bizarres montrant un homme déambulant dans un paysage aride. Je lirai la suite, même si l’attente risque d’être longue, si l’auteur met 7 ans à réaliser chaque album !
Le Spirou d'Emile Bravo - L'Espoir malgré tout
Je suis toujours en délicatesse avec les BD d'Emile Bravo. Il a une manière bien à lui de construire ses intrigues : c'est excessivement condensé, comme s'il suivait les codes du strip alors qu'il délaie ici son histoire en 4 tomes, condensé y compris lorsque l'événement narré est d'importance. Et son graphisme plutôt figé vient tel un miroir enfermer cette impression de lourdeur. Une critique qui siérait aussi parfaitement aux Blake et Mortimer d'Edgar P. Jacobs par exemple. La lecture de ses BD en devient légèrement fastidieuse. Cette belle série en 4 tomes ne déroge pas à cette dommageable spécificité, malheureusement. [fin du préambule] Avec L'Espoir malgré tout, Bravo situe les personnages de Spirou & Fantasio dans la Belgique occupée durant la 2nde guerre. La thématique est d'ampleur, le traitement à l'unisson, c'est aussi ambitieux que captivant ! Il s'agit d'une œuvre majeure mêlant action, humour, romance, vérités historiques, fin propos politique et réflexions philosophiques, et tout cela au service d'une BD ciblant les plus jeunes. Seules mes réserves initiales et un tome 4 assez décevant noircissent ce tableau d'honneur. Tout parent, tout bibliothécaire, libraire... se doit de conseiller la lecture de cette série aux pré-ados !
La Dame blanche
Quentin Zuttion nous plonge dans le quotidien d'une infirmière en EHPAD : un travail accaparant et dont il est impossible de se déconnecter, une vie sociale et sentimentale mise en suspens, une sensibilité et une conscience professionnelle sans cesse tiraillées et interrogeant la notion d'accompagnement. Ce quotidien dans un environnement où la mort vagabonde trop fréquemment est délicatement présenté par Zuttion. C'est un véritable hymne à l'humain, à l'expression des sensibilités, qui répond aux non-débats de notre société sur la valeur travail, le sens à lui donner, le droit à la déconnexion... Le sujet invoque évidemment la thématique de la vieillesse et de la dépendance : quel regard porter sur nos personnes âgées, comment les accompagner, que faire lorsque les familles fuient les difficultés au point de s'effacer, se détacher des vieilles personnes pourtant aimées. Voici un beau roman graphique, faisant le choix de la fiction via le portrait d'une jeune femme attachante un peu perdue, évitant ainsi l'écueil de la BD documentaire froide et surchargée d'infos. L'auteur au contraire s'appuie sur une ligne claire tendre et à peine bleutée pour aérer un récit émouvant sans être tire-larmes, élégant et délicat. Une jolie lecture, indiscutablement, plus agréable à lire que ses précédentes BD (Touchées, Appelez-moi Nathan), qui n'avaient qu'imparfaitement su s'extraire de leur sujet là aussi fort envahissant.
Moomin
En rencontrant une quadra russe à la BM, elle m'a appris que Moomin était la seule BD qui a bercé l'enfance de beaucoup de petits Russes. C'est dire que cette série finlandaise a eu un grand impact en dehors de la sphère franco-belge. Scandinavie, Russie, Japon ou Pologne sont parmi les pays où le petit hippopotame de Tove Jansson a donné à sourire ou à rêver à beaucoup. Avec une grande économie de moyens Jansson a su créer un univers d'une poésie où douceur et mélancolie cohabitent. Si le graphisme de la famille Moomin attire immédiatement les enfants avec sa rondeur d'hippo-nounours attendrissant c'est déjà beaucoup moins vrai pour Sniff ou Snufkin. On retrouve assez vite cette double lecture au niveau des personnalités entre des Moomin isolés dans leur bulle de tranquillité et d'insouciance très loin du matérialisme ambiant et Sniff un brin vénal ou Snufkin bien désabusé sur la réalité du monde rempli " de bruit et de misère". Graphiquement Jansson nous propose des strips de trois ou quatre cases qui s'enchaînent pour former une histoire courte d'une vingtaine de planches. Son trait fin, fluide et élégant n'a eu besoin que de quelques accessoires pour faire vivre l'univers des Moomin. Un collier pour la fiancée, un tablier pour la maman et un haut de forme pour le papa sont les seuls éléments qui habillent notre famille. Un dénuement qui éloigne d'une ambiance consumériste peut être tentante mais source de bien d'ennuis. Faut-il y voir l'esprit de populations qui vivent dans des conditions rudes et proches de la nature ? Il faut remarquer la grande importance de l'eau dans la série comme c'est le cas en Scandinavie. Peuples "amphibies" comme peut l'être cette famille hippopotame ? Avec cette eau source d'aventures mais aussi très protectrice. En conclusion je trouve cette série à l'image de son héros. L'hippopotame est une espèce menacée comme l'est la gentille naïveté des Moomin. L'aspect rond et sympathique de l'hippo cache un animal très dangereux auquel personne ne se frotte dans la savane. Ainsi en va-t-il des thèmes développés par Tove Jansson (abandon, orphelin, fidélité, misère...) bien plus adultes qu'une lecture enfantine ne le laisse croire. Une lecture très intéressante.
Quipou (L'ombre Inca)
Cette série fut d'abord éditée chez Delcourt sous le titre L'ombre Inca. À la suite d'un différend, Benoit Roels a repris ses billes pour rester maître de son projet. Bien lui en a pris car cela a permis au récit de garder une forme bien compacte et nerveuse qui est très agréable à lire. Les trois tomes prévus sont devenus un one shot à 120 planches. Cela assure une continuité et un dynamisme qui va bien à l'histoire. Je connaissais le travail graphique de Roels à travers ses beaux dessins des "Mystères d'Osiris". J'apprécie son trait délicat et précis. Il donne à la fois beaucoup de sensualité et de force à la gestuelle de ses personnages. Son dessin dépeint deux univers éloignés dans le temps et l'espace. Roels nous fait voyager entre notre bonne ville de Lyon de l'an 2000 jusqu'à Cuzco et le Machu Picchu du XVIème siècle et d'aujourd'hui dans un final assez inattendu. Sa peinture à l'aquarelle des paysages andins est magnifique. Son graphisme rend hommage aux différentes beautés du Pérou. Ses personnages sont une véritable invitation à se promener dans ce magnifique et sympathique pays. Iloa nous conduit des montagnes douces de la région de Cuzco, à travers les hauts sommets de la Cordillère Blanche jusqu'à la forêt amazonienne impénétrable. Ses extérieurs sont précis et très bien travaillés qui laissent deviner la formidable architecture des Incas encore debout sans aucun jointoiement. Vous l'avez compris, je partage avec Roels l'amour du Pérou et de sa population si accueillante. Mais le scénario de l'auteur est bien plus riche qu'une simple visite guidée exotique. J'ai bien aimé le choix de la personnalité de Léa qui développe un syndrome d'Asperger soft. Cela permet de faire connaître cette pathologie qui peut être vraiment invalidante dans les rapports sociaux. Le lien entre Léa et Iloa permet à Roels de développer une thématique du paranormal qui lui est chère. Perso je ne suis pas un lecteur assidu des docteurs Moody ou Kübler-Ross mais j'ai trouvé intéressant d'introduire ce genre de travaux dans le scénario. Si on y ajoute le rebondissement du retour au pays, Roels propose un scénario bien travaillé qui explore plusieurs directions. En conclusion j'ai passé un vrai bon moment de lecture à la fois dans les découvertes scénaristiques et la beauté du graphisme.