Les derniers avis (32299 avis)

Par greg
Note: 4/5
Couverture de la série Glacé - d'après Bernard Minier
Glacé - d'après Bernard Minier

Glacé est un polard montagneux diablement efficace, mettant en scène un inspecteur de la brigade criminelle de Touluse détaché pour l'occasion dans un petit village des Pyrénées en plein hiver où des meurtres sordides se succèdent. Et sur chaque scène de crime, on retrouve l'ADN d'un tueur en série pourtant interné dans un asile. Dit comme cela, on pourrait craindre un enchaînement de clichés : par exemple un flic arrogant et sûr de lui, une omerta/hostilité des locaux, et autres. Mais que nenni, on nous présente une histoire assez crédible avec des personnages qui sont bien creusés, mais en même temps un peu ambigus. Effectivement le mystère est bien construit, et c'est une intrigue assez solide. Je ne pourrais adresser à cette BD que trois reproches : un personnage secondaire (une psychiatre) assez inutile, on se demande pourquoi on insiste autant sur elle. Une flic de montagne charmante comme tout qui se révèle (comme par hasard) être une lesbienne et qui va régulièrement dans une boîte lesbienne assez imposante (pour bien connaître la région décrite dans la BD, c'est totalement tiré par les cheveux, à en croire cette BD il y a plus de lesbiennes dans un coin perdu de Montagne avec 500 habitants qu'à Paris)--> ce genre de détail censé être moderne est un peu idiot. Enfin, le tueur en série interné est bizarrement le personnage le moins approfondi du lot, et les interactions avec lui se comptent sur une dizaine de pages (sur 100). Un peu dommage.

19/03/2023 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trafika
Trafika

Ce qui est bien lors du festival BD d’Angoulême, en cherchant bien et en s’éloignant des stands fourmillants de monde des mastodontes bien connus des festivaliers, vous pouvez découvrir de petits éditeurs qui proposent de pépites surprenantes et séduisantes. C’est le cas avec cette maison d’éditon réunionnaise et cet album bien typé océan indien puisque l’histoire se déroule à Madagascar. Ca bouge. Il y a du rythme. Ce road-movie sous le tropique du capricorne est plutôt une belle réussite. Le graphisme de Rafally tout en rondeur est agréable et harmonieux. Les trajectoires de Gabriel et Ikala vont s’entrechoquer dans les rues infâmes et grouillantes de la capitale malgache. Pas de temps morts. Et j’avoue que je n’ai pas vu arriver la fin de l’histoire. Du coup, je ne peux que vous inviter à vous procurer cet album exotique pour découvrir une histoire originale et particulièrement réussie.

19/03/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Sale Week-End
Sale Week-End

Un album sur l’envers du décor du monde des comics, sur des auteurs en fin de carrière devenus aigris, sur ceux qui auraient pu faire une carrière et qui ne l’ont pas faite. Un monde de regrets, d’amertume et de règlement de compte. J’ai beaucoup aimé ce court album que j’ai trouvé émouvant. Comme les films qui racontent le cinéma vu depuis les coulisses. Sale week end se lit d’une traite Sur le temps d’un week end et d’une ComicCon, toute une vie se déroule. Pas d’événements extraordinaires et même si de temps en temps on s’attend à ce que ça arrive, la tension redescend. C’est très maitrisé, tout en nuances et intelligemment écrit. Les flash-backs et la voix du narrateur sont bien amenés, l’ensemble du scénario est fluide et le dénouement aussi en finesse que le reste de l’album. Un dernier point positif sur le dessin et surtout sur la colorisation qui ose les bleus, les roses et les violets. Une belle réussite.

19/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Quantix - La Physique quantique et la Relativité en BD
Quantix - La Physique quantique et la Relativité en BD

Il faut que je sois vraiment chtarbé pour que je délaisse les courbes ondulantes et envoûtantes de mon avatar Linda pour me plonger dans les ondulations du chat et des équations d'Erwin Schrödinger. Une BD éditée chez Dunod et encensée par des prix Nobel de maths, physique ou chimie en 4ème de couv ne vous prédestine pas un moment de lecture à la Titeuf (Zep est aussi parmi les encenseurs. Lol.) Je ne peux pas dire que j'ai avalé les 170 pages d'une traite ni que je serais capable de tout réexpliquer à la virgule mais j'ai trouvé la série de Laurent Schafer bigrement bien faite. On reste chez Dunod et le scénario s'articule en chapitres avec des titres bien universitaires. Mais derrière ce côté académique il y a vraiment une progression du récit qui donne du sens à toute cette recherche que Schafer nous fait découvrir. La synthèse de toutes les découvertes qu'il propose est si bien faite qu'il rend (assez) accessible aux lectrices et lecteurs les théories des principaux génies scientifiques du XXème siècle. Einstein, Bohr, Schrödinger et d'autres en révolutionnant la physique ont révolutionné la réalité du monde qui nous entoure. La trouvaille de Schafer est de faire intervenir une famille moyenne qui, comme nous, ne perçoit pas cette révolution. Entre les avancées de la physique relativiste et celles, apparemment contradictoires, de la mécanique quantique ce sont toutes les notions d'espace, de temps et de la perception raisonnable de l'univers qui sont remises en cause. Schafer réussit même à introduire une tension dramatique dans son récit car petit à petit, il nous amène à une véritable réflexion philosophique. C'est grâce à un graphisme bourré d'humour que l'auteur fait le pont entre ces différentes notions ardues. Le graphisme me convient parfaitement. Il s'appuie sur un humour semi réaliste qui intercale la promenade festive d'une famille ordinaire avec des flash explicatifs et humoristiques d'expériences de labo. Cela crée un décalage entre le monde que nous connaissons et celui que les savants tentent de découvrir. Je trouve que cette BD mérite vraiment d'être lue car les éléments qui s'y trouvent sont vraiment incroyables pour notre pensée du quotidien. Laurent Schafer a fait un travail remarquable pour nous faire découvrir une autre perception de la réalité qui nous entoure. Pour les quatre cents ans de la naissance de Pascal, Laurent Schafer lui envoie un début de réponse sur la célèbre pensée des deux infinis. Brillant.

18/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Charogne
Charogne

Belle surprise de lecteur. L'auteur a réussi à condenser en un one-shot réussi beaucoup de thèmes tels que notre rapport à la mort et la religion, le monde rural et ces luttes entre familles, le tout dans un genre d'abord d'étude de mœurs qui se dirige tout doucement vers l'horreur puis le polar avec évidemment un dénouement final inattendu. Et bien sûr un dessin personnel et à la hauteur de l’œuvre.

18/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Kemlö
Kemlö

Étrange histoire que celle-ci, évanescente, qui semble jouer sur un immense vide (les rues de cette cité mystérieuse de Kemlö sont aussi vides que certains passages). Une histoire qui mise avant tout sur une ambiance étrange, parfois dérangeante. Je ne saurais pas forcément dire ce qui m’a captivé (je vais essayer quand même !), mais je suis en tout cas sorti de ma lecture bien plus satisfait que tous mes prédécesseurs. Il y a quelque chose d’envoûtant dans la narration dépassionnée, mélancolique, dès lors que l’héroïne arrive devant les murs de cette cité improbable. Le fait que tout soit au style indirecte (il n’y a quasiment aucun dialogue ou phylactère) participe sans doute de l’établissement d’une certaine froideur, d’une certaine distance d’avec les personnages, qui pourtant nous attirent. J’ai retrouvé dans cette histoire, et la façon de la raconter, quelque chose de certains romans gothiques, ou de certains romans de Jacques Abeille. Le fait que l’on ne puisse situer l’intrigue ni dans le temps ni dans l’espace (début du XXème siècle ? Europe centrale ?) ajoute un côté intriguant. Au milieu de cette intrigue froide donc, se glisse une sensualité certaine (autour des amours saphiques de l’héroïne), renforcée par le dessin, et l’utilisation d’un Noir et Blanc pointilliste. Aspect graphique que j’ai vraiment bien aimé, y compris pour la citadelle, qui semble infinie et ressemble parfois à un délire d’Escher. Quant à l’intrigue elle-même, le côté froid, presque implacable du déroulement du destin d'Olga, la rapproche aussi de certains romans gothiques. Rien d’extraordinaire dans l’histoire, et à bien y penser dans le dessin. Mais, allez savoir pourquoi, l’alchimie de tous les éléments fonctionne avec moi, c’est une lecture que j’ai trouvé troublante et captivante.

17/03/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série La Terre, le ciel, les corbeaux
La Terre, le ciel, les corbeaux

Arf ! Voilà un cas de conscience ! La terre, le ciel, les corbeaux est objectivement une très bonne BD. Le dessin tout d'abord est vraiment bien, tout comme la mise en couleurs, très réussie également. Les paysages, les intérieurs de maisons, les silhouettes des personnages... Tout fonctionne bien ensemble, et tout suggère que nos personnages sont englués dans une terre hostile où l'horizon semble toujours rester immobile. Ils tentent de fuir, ensemble, sinon le goulag mais surtout leur condition respective de soldat, c'est à dire leur rôle d'ennemis mutuels. Oui, c'est une histoire peu banale qui voit un russe, un italien et un allemand prendre la poudre d'escampette en pleine seconde guerre mondiale. J'ai beaucoup pensé au film Les Chemins de la liberté de Peter Weir, à ceci près qu'ici, nos héros ne traversent pas les plaines de Mongolie ni les fournaises du désert de Gobi ou les sommets de l’Himalaya. Nos trois fuyards vont peu à peu tomber les masques et au-delà du devoir militaire, derrière la méfiance et la coopération forcée, va poindre une fraternité fragile. Le récit est d'autant plus fort que chacun parle dans sa langue, sauf l'italien qui pour les besoins de l'édition française s'exprime lui en français. Mais bref ! l'effet est d'une efficacité certaine. L'italien ne comprend le russe et l'allemand que par minuscules bribes, mais devine ce qui sourde sous les expressions des visages de ses compagnons d'infortune. Certaines scènes sont très fortes. On sent bien, par exemple, la nostalgie et les souvenirs user progressivement le devoir militaire, quand chacun se remémore sa vie d'avant, celle qu'il espère retrouver tout au bout de leur évasion. On atteint un sommet quand, à la fin, on découvre une double page photographique contenant divers éléments photographiques et/ou épistolaires permettant d'asseoir cette aventure, de lui donner une texture. Ce qui m'a un peu fatigué, je l'avoue, et je rejoins Mac Arthur sur ce point, c'est le texte. J'ai en effet trouvé l'ensemble très verbeux. Il y a beaucoup de récitatifs. Alors certes, les mecs n'avancent pas, ils sont dans la grosse neige bien épaisse jusqu'aux chevilles, mais du coup moi aussi j'avais la sensation de ne pas avancer. Dans ces moment là, je me sentais décrocher. Je me disais : "c'est bon, on a compris !!!"... Ceci fait que les moments très chargés émotionnellement sont selon moi un peu noyés dans ce flot de pensées (car les récitatifs sont le reflet des pensées de notre italien), et c'est dommage. C'est non seulement verbeux mais également un brin ampoulé. J'aurais autant apprécié le texte avec une langue plus simple me semble-t-il. Bon, j'imagine que ça n'aurait pas été du goût de tout le monde, et que l'équilibre est difficile à trouver, mais j'aurais peut-être également préférer qu'il y ait d'avantage de pages muettes avec des paysages qui sont, par ailleurs, très bien rendus, des rencontres d'animaux, des moments tendus, des moments suspendus, sans parole, où le doute s'immisce en silence, que sais-je encore ? Un peu comme dans La Ligne rouge de Terrence Malick et ces scènes très poétiques de nature sur lesquelles déjà je regrettais la présence de voix off. Allez ! C'est décidé ! Suite à cette fructueuse discussion sur le forum à propos de la manière de noter les BD, je lui attribue finalement 4/5, malgré tout. Un 3,5 aurait été plus approprié. Mais je précise tout de même qu'au départ, j'ai commencé à rédiger cette critique avec l'intention de laisser un 3/5. Ca aurait été un peu sévère. Et puis 4, c'est pas volé.

17/03/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Armelle et Mirko
Armelle et Mirko

Loïc Clément (sur une idée d’Anne Montel) lance une nouvelle série jeunesse, et ce premier tome est une réussite. Prise au premier degré, l’histoire est poignante et poétique au possible, avec cette pauvre tortue soufrant d’achluophobie (la peur de l’obscurité), au point de ne pas pouvoir se recroqueviller dans sa carapace en cas de danger. Sa rencontre avec la luciole Mirko va illuminer sa vie, au sens propre comme au sens figuré. En tant que lecteur adulte, j’ai apprécié la réflexion qui vient se greffer sur les évènements, qui peuvent être vus comme une allégorie de la dépression et de l’angoisse. La noirceur, le désespoir, le sentiment d’isolement… puis la rencontre, les confidences, la main tendue, l’entraide. Evidemment, tout n’est pas aussi simple dans la vie, mais il s’agit d’un album jeunesse, et j’ai trouvé le message juste et touchant. La mise en image de Julien Arnal, dessinateur de livres illustrés jeunesse, est absolument magnifique. Le trait tout en rondeur est parfaitement maitrisé, et les couleurs sont lumineuses et contribuent grandement à l’atmosphère du récit. Un délice pour les yeux ! Un album coup de cœur, que je recommande chaudement.

16/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Stern
Stern

Bon je souhaitais poursuivre ma lecture avec les tomes 3 et 4 (en deçà des 2ers a priori) avant de poster mon avis, mais introuvable en médiathèque. Du coup un beau 4* à ce stade de ma découverte de la série, Stern est une bonne surprise dans le genre western. Après Undertaker, les croques morts sont mis à l’honneur dans un genre archi éculé, il s’en dégage un soupçon d’originalité et heureusement le traitement de ces 2 séries se démarquent bien dans le ton. Dans notre cas, les frères (?) Maffre s’en sortent super bien. J’ai beaucoup aimé la construction et les intrigues de ces 2 tomes, comme le fait d’avoir une histoire complète à chaque fois. Le héros m’a bien plu et amène un petit peu d’air frais de part son caractère, tout en gardant une part d’ombre que de nombreux flash-back éclairciront au fur et à mesure, le passé nous rattrape toujours. Niveau dessins et couleurs, c’est ce que j’ai lu de mieux de l’auteur. Je trouve les planches soignées, détaillées et lumineuses. Une heureuse surprise pour tous amateurs qui souhaitent s’éloigner des clichés du genre.

15/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Filles des Marins Perdus
Les Filles des Marins Perdus

Après lecture des deux premiers tomes, je trouve la série vraiment prenante. Tout d’abord, c’est un réel plaisir de retrouver quelques-uns des personnages présents dans « Le Port des Marins Perdus ». Je pense d’ailleurs que c’est un vrai plus d’avoir lu cet album au préalable, même si a) ce n’est pas indispensable, et b) le ton employé est assez différent. Ensuite, nous avons là un vrai récit choral avec beaucoup d’histoires qui s’entremêlent, toutes intéressantes et souvent touchantes. Le ton est assez bienveillant et ce bordel pour marins nous propose des pensionnaires qui semblent bien heureuses de leur sort. Ca fait un peu Bisounours, un peu Disney, mais c’est agréable à lire. Et à propos de Disney, le dessin tire également vers cette marque. Il est très lisible, avec des personnages bien typés (je n’ai jamais rencontré de problème de confusion malgré la pléthore de personnages) et des couleurs lumineuses. Je finis cet avis par un coup de gueule vis-à-vis de Glénat. Manifestement là-bas, personne ne lit les bandes dessinées qu’ils vendent puisqu’ils présentent la série comme un spin-off regroupant des histoires courtes (je cite : « ces filles de petite vertu qui nous content à tour de rôle une histoire confiée par leur amant d’un soir »). En réalité, ce n’est pas ça du tout puisque cette série est la suite directe du Port des marins perdus et n’est pas constituée d’histoires courtes. Les deux premiers tomes s’enchainent et nécessitent une suite (et il y a matière à encore quelques tomes !). Un peu plus classique, un peu plus axé « jeunesse » que le port des marins perdus mais vraiment bien mené, ce récit choral est un vrai plaisir à lire !

30/09/2020 (MAJ le 15/03/2023) (modifier)