Charogne

Note: 3.29/5
(3.29/5 pour 7 avis)

Festival Polar de Cognac 2018 : Prix du meilleur one-shot ou de la meilleure mini-série BD Quatre paysans descendent le cercueil du vieux Joseph par un sentier escarpé, afin qu’il soit béni avant d’être inhumé. Une promenade funèbre riche en révélations, en tensions et en drames.


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Les prix du Festival Polar de Cognac Occitanie

Par une chaude journée d’été de l’année 1864, le vieux Joseph remonte de la ville jusqu’à son village de l’Aude (Pyrénées) par un pénible et rocailleux sentier. Depuis que le pont de la route a été coupé, c’est là l’unique et interminable moyen de rejoindre la « civilisation ». En arrivant en haut, il donne des nouvelles à chacun, car il est maire de ce petit village perché. La négociation du bois pour le père Roussel, la vente (ratée) de la bague pour le vieux Brunelin, qui a besoin de fonds… Et dans la mesure du possible, Joseph essaie de contenir les rivalités décennales qui se trament entre ces deux familles. Puis Joseph est étonné de trouver son fils Jean en train de lire tranquillement chez eux. Ce couillon s’est blessé à la main avec une faucille, en aidant Motus, le muet du village. Malgré la fatigue, malgré le soleil, Joseph part donc le remplacer dans le prat de la péira, parce que le boulot ne va pas se faire tout seul. Mais à peine le premier coup de faux donné, Joseph a une crise cardiaque et s’écroule dans les blés. Muet, Motus ne peut héler à l’aide. Il reste interdit, hésitant… et de toute façon, c’est trop tard. Dans les jours qui suivent, on se demande comment on va enterrer Joseph. L’église étant écroulée depuis des années, le curé refusera de monter jusqu’à eux… Malgré les dissensions, le fils Roussel, le fils Brunelin, Motus et un certain Jules se dévouent pour descendre le cercueil à mi-chemin, jusqu’à la « pause des morts », où se trouve un crucifix. Il suffit que le curé monte jusque-là, ce qu’il acceptera forcément. Pendant qu’ils se préparent à ce périple, le jeune Jean descend avertir le curé. Mais la météo va s’en mêler… ainsi que de terribles révélations…

Scénario
Dessin
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Juin 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Charogne © Glénat 2018
Les notes
Note: 3.29/5
(3.29/5 pour 7 avis)
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02/12/2018 | Erik
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Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Tiens, je suis surpris d'être l'un des premiers à mettre une aussi bonne note. Mais je dois dire que j'ai pris mon pied à la lecture, avec ce récit étonnant de jeunes gens descendant un cercueil de la montagne pour permettre l'absolution du prêtre. Écrite comme une tragédie, l'histoire se déroule sur les quelques jours suivants la mort d'un maire de commune des Pyrénées, et place très vite les différents pions de son récit. Il y a tout d'abord la rivalité entre deux familles, puis l'absence du curé depuis l'effondrement de l’Église, ensuite ce maire bonhomme et apprécié par ses concitoyens pour qui il fait tellement. Les pièces du puzzle sont là, maintenant arrive l'élément déclencheur : cette mort qui complique les choses en nécessitant de descendre de la montagne pour une bénédiction avant de remonter, le tout alors que l'orage approche et rend impraticable les routes. Le récit avance donc, doucement, et les quatre jeunes gens qui descendent le cercueil vont être le révélateur de la tragédie. Car celle-ci ne s'écrit pas comme je l'aurais pensé d'origine, avec une révélation progressive de nombreuses choses dont personne ne se doutait, tout en mettant en tension les personnages. Puis arrive les révélations finales, suivi d'un coup de théâtre qui achève cette tragédie. A la fin, rien de bien n'a eu lieu et le résultat est triste. Mais comment leur en vouloir ? Ce que j'ai apprécié, c'est que le récit est un trésor de construction. Les péripéties s'enchainent sans que l'on sache vers quoi l'on se diriger de prime abord. Serait-ce un récit sur quatre jeunes inconscient qui s'écharperont autour d'un cercueil et feront une catastrophe ? Un récit sur la mort qui réconcilie les gens brouillé ? Une histoire de secrets de famille ? Ou rien de tout ça ? Je ne dirais pas le fin mot, pour ne pas divulgâcher, mais j'ai été plusieurs fois surpris par la tournure du récit. Certaines personnes changent de visages, d'autres semblent plus important qu'ils ne le sont réellement, et pourtant je n'ai jamais eu l'impression de m'être fait balader inutilement. Borris et Benoit Vidal ont travaillé le récit d'une très belle façon, amenant à une conclusion que j'ai trouvé juste et parfaite pour clore ce récit qui est allé dans tout les sens pour retomber sur ses pattes d'une façon inattendue. Certaines choses ont moins servies que d'autres, mais c'était le principe de nous perdre dans le récit pour masquer l'important. Les révélations n'ont pas une ampleur suffisante pour qu'on ne les devine pas si l'histoire se contentait de se centrer sur elles, et pourtant ce qu'il ressort du final est une sorte de mélancolie pour ce coin du monde. Une petite tragédie locale, en somme. Le tout est servie par le dessin de Borris, tout à fait efficace dans le travail en noir et blanc. Les gueules sont croquées vite, les cases s'enchainent sans temps mort et le style colle très bien au récit. Je le redis, mais je suis assez étonné du ton final, triste et dramatique, bien loin de ce que j'attendais comme type de récit. C'est une chouette surprise qui m'a bien cueilli lors de ma lecture !

29/01/2026 (modifier)
L'avatar du posteur carottebio

Belle surprise de lecteur. L'auteur a réussi à condenser en un one-shot réussi beaucoup de thèmes tels que notre rapport à la mort et la religion, le monde rural et ces luttes entre familles, le tout dans un genre d'abord d'étude de mœurs qui se dirige tout doucement vers l'horreur puis le polar avec évidemment un dénouement final inattendu. Et bien sûr un dessin personnel et à la hauteur de l’œuvre.

18/03/2023 (modifier)
Par lazino
Note: 3/5
L'avatar du posteur lazino

Bien que cette bande dessinée ai été primée lors du Festival Polar de Cognac en 2018 en tant que meilleur album ''one shot'', ma première lecture fût une déception. En effet, je ne suis pas resté sur une bonne note concernant le dessin et le scénario ne m'a pas marqué. En voulant soumettre un avis sur "bdtheque", je me suis autorisé une seconde lecture, et bizarrement j'ai une autre approche assez positive de cette œuvre de Borris et Benoît Vidal. Nous avons à faire à un scénario très original : la descente du cercueil du maire fraichement décédé d'un village reculé des Pyrénées courant 19ème siècle. Les querelles entre familles du village agrémente une histoire qui nous donne envie d'en découdre. Globalement cette BD reste une réussite. Je ne suis pas emballé par le dessin exclusivement noir et blanc mais c'est un avis purement subjectif. Le scénario, assez simple bien qu'original, est bien mené et nous accroche au livre. "Charogne" vous fera passer un agréable moment avec une lecture limpide. Je rejoints les avis de mes camarades pour dire que ce n'est tout de même pas "le chef d'œuvre" du siècle.

10/01/2023 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Vraiment pas mal et tirant même vers la note supérieure. Une histoire ancrée dans une ruralité difficile où les habitants d'un village paumé dans les Pyrénées à la fin du XIXème siècle doivent faire face au décès du maire et convoyer son corps à mi-chemin du prochain village afin que le prêtre puisse faire sa bénédiction. C'est une excellente histoire où les décors, les ambiances sont bien retranscrits. Des perspectives qui renforcent le propos parfois étouffant du périple des porteurs du cercueil. Des visages taillés au couteau qui font ressortir la bassesse, la veulerie des habitants, qui tous cachent un secret. Lorsqu'une histoire vous tient en haleine de la sorte au point que l'on veuille connaitre le dénouement, c'est qu'elle a fait une bonne part du boulot. C'était le cas pour moi qui ai beaucoup apprécié ce récit, pas le chef-d’œuvre du siècle, mais hautement recommandable tout de même.

11/10/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Le premier aspect qui m’a poussé vers cet album est son dessin. Un style semi réaliste soigné aux décors élaborés et aux visages caricaturaux juste ce qu’il faut pour donner de la personnalité, de la vie et de la gravité aux différents personnages. Le tout est servi par un noir et blanc (et nuances de gris) bien à propos avec la thématique du bouquin. Et le petit format de l’objet n’étouffe pas le dessin tant celui-ci parvient à garder une grande lisibilité malgré la profondeur des cases. Franchement, c’est beau à voir ! Le scénario m’a également bien plu. Nous sommes devant un récit rural se déroulant à la fin du XIXème siècle. Petites lâchetés, bassesses, jalousies et coups bas sont au menu de ce récit… qui fait pourtant montre d’une réelle originalité par son synopsis. Un peu de concentration est nécessaire au début du récit pour bien enregistrer les noms et les têtes des différents protagonistes et le rythme est assez lent. Voilà pour les points négatifs (mais, bon, personnellement, un rythme lent n’est pas fait pour me déplaire). La description des mentalités de village, la bassesse de certains personnages (de tous, en fait), la lente progression vers les révélations finales, les divers incidents qui vont rythmer cette descente de cercueil et cette montée de curé sont, eux, les points forts du livre. A titre personnel, j’ai vraiment bien aimé. Pas au point de crier au chef-d’œuvre mais suffisamment pour ne pas regretter mon achat et pour relire cet album de temps à autres avec un réel plaisir.

02/08/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

L’histoire se déroule il y a environ un siècle, dans une région montagneuse et très isolée du sud de la France. Le maire, qui fait le lien entre le village et l’extérieur – en n’hésitant pas à arpenter des heures les sentiers escarpés -, entre les différentes familles – que des rancœurs divisent irrémédiablement. Il est le bienfaiteur, celui qui est cité par tous en exemple. Mais il meurt, et son cadavre doit être descendu dans la vallée pour recevoir la bénédiction d’un curé. L’album retrace essentiellement l’aller-retour des quelques habitants entre le village et le curé. Et peu à peu la personnalité du maire défunt s’éclaire de lumières noires, les secrets reviennent à la surface. Album au petit format, mais avec plus de 160 pages, il se laisse lire facilement, il y a peu de paroles, et le dessin est fluide et agréable (même si je trouve certains visages un peu trop anguleux). L’histoire est lente, il n’y a pas énormément de rebondissements, c’est un peu le reproche qu’on peut faire à cette histoire. Mais elle est quand même plutôt bien fichue. Certes pas un chef-d’œuvre, mais l’achat peut s’envisager.

12/12/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

L'auteur a crée une histoire totalement imaginaire mais à partir de certains éléments véridiques. Il y a tout d'abord un village dans l'Aude assez reculé du monde où il n'y a qu'un seul sentier assez étroit. Il y a également un curé qui a refusé d'y loger car les habitants n'auraient pas assez donné d'argent pour réparer le toit de l'église. Il y a enfin une épidémie de choléra qui aurait eu lieu en 1854. A partir de tout ces éléments, on organise une marche funèbre suite au décès prématuré du maire. Je n'ai pas trop aimé cette mentalité et ces comportements de petits clochers et de tromperies cachées. Le final sera malheureusement assez confus. Au final, c'est assez sordide ce que reflète bien d'ailleurs le titre de cet ouvrage. Une fois lu, cela sera sans doute vite oublié. Reste néanmoins un bon exercice de style sur une façon de faire un peu inédite et originale de la part des auteurs.

02/12/2018 (modifier)