Charogne

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Quatre paysans descendent le cercueil du vieux Joseph par un sentier escarpé, afin qu’il soit béni avant d’être inhumé. Une promenade funèbre riche en révélations, en tensions et en drames.


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Languedoc-Roussillon

Par une chaude journée d’été de l’année 1864, le vieux Joseph remonte de la ville jusqu’à son village de l’Aude (Pyrénées) par un pénible et rocailleux sentier. Depuis que le pont de la route a été coupé, c’est là l’unique et interminable moyen de rejoindre la « civilisation ». En arrivant en haut, il donne des nouvelles à chacun, car il est maire de ce petit village perché. La négociation du bois pour le père Roussel, la vente (ratée) de la bague pour le vieux Brunelin, qui a besoin de fonds… Et dans la mesure du possible, Joseph essaie de contenir les rivalités décennales qui se trament entre ces deux familles. Puis Joseph est étonné de trouver son fils Jean en train de lire tranquillement chez eux. Ce couillon s’est blessé à la main avec une faucille, en aidant Motus, le muet du village. Malgré la fatigue, malgré le soleil, Joseph part donc le remplacer dans le prat de la péira, parce que le boulot ne va pas se faire tout seul. Mais à peine le premier coup de faux donné, Joseph a une crise cardiaque et s’écroule dans les blés. Muet, Motus ne peut héler à l’aide. Il reste interdit, hésitant… et de toute façon, c’est trop tard. Dans les jours qui suivent, on se demande comment on va enterrer Joseph. L’église étant écroulée depuis des années, le curé refusera de monter jusqu’à eux… Malgré les dissensions, le fils Roussel, le fils Brunelin, Motus et un certain Jules se dévouent pour descendre le cercueil à mi-chemin, jusqu’à la « pause des morts », où se trouve un crucifix. Il suffit que le curé monte jusque-là, ce qu’il acceptera forcément. Pendant qu’ils se préparent à ce périple, le jeune Jean descend avertir le curé. Mais la météo va s’en mêler… ainsi que de terribles révélations…

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Juin 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Charogne
Les notes (3)
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02/12/2018 | Erik
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Le premier aspect qui m’a poussé vers cet album est son dessin. Un style semi réaliste soigné aux décors élaborés et aux visages caricaturaux juste ce qu’il faut pour donner de la personnalité, de la vie et de la gravité aux différents personnages. Le tout est servi par un noir et blanc (et nuances de gris) bien à propos avec la thématique du bouquin. Et le petit format de l’objet n’étouffe pas le dessin tant celui-ci parvient à garder une grande lisibilité malgré la profondeur des cases. Franchement, c’est beau à voir ! Le scénario m’a également bien plu. Nous sommes devant un récit rural se déroulant à la fin du XIXème siècle. Petites lâchetés, bassesses, jalousies et coups bas sont au menu de ce récit… qui fait pourtant montre d’une réelle originalité par son synopsis. Un peu de concentration est nécessaire au début du récit pour bien enregistrer les noms et les têtes des différents protagonistes et le rythme est assez lent. Voilà pour les points négatifs (mais, bon, personnellement, un rythme lent n’est pas fait pour me déplaire). La description des mentalités de village, la bassesse de certains personnages (de tous, en fait), la lente progression vers les révélations finales, les divers incidents qui vont rythmer cette descente de cercueil et cette montée de curé sont, eux, les points forts du livre. A titre personnel, j’ai vraiment bien aimé. Pas au point de crier au chef-d’œuvre mais suffisamment pour ne pas regretter mon achat et pour relire cet album de temps à autres avec un réel plaisir.

02/08/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

L’histoire se déroule il y a environ un siècle, dans une région montagneuse et très isolée du sud de la France. Le maire, qui fait le lien entre le village et l’extérieur – en n’hésitant pas à arpenter des heures les sentiers escarpés -, entre les différentes familles – que des rancœurs divisent irrémédiablement. Il est le bienfaiteur, celui qui est cité par tous en exemple. Mais il meurt, et son cadavre doit être descendu dans la vallée pour recevoir la bénédiction d’un curé. L’album retrace essentiellement l’aller-retour des quelques habitants entre le village et le curé. Et peu à peu la personnalité du maire défunt s’éclaire de lumières noires, les secrets reviennent à la surface. Album au petit format, mais avec plus de 160 pages, il se laisse lire facilement, il y a peu de paroles, et le dessin est fluide et agréable (même si je trouve certains visages un peu trop anguleux). L’histoire est lente, il n’y a pas énormément de rebondissements, c’est un peu le reproche qu’on peut faire à cette histoire. Mais elle est quand même plutôt bien fichue. Certes pas un chef-d’œuvre, mais l’achat peut s’envisager.

12/12/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

L'auteur a crée une histoire totalement imaginaire mais à partir de certains éléments véridiques. Il y a tout d'abord un village dans l'Aude assez reculé du monde où il n'y a qu'un seul sentier assez étroit. Il y a également un curé qui a refusé d'y loger car les habitants n'auraient pas assez donné d'argent pour réparer le toit de l'église. Il y a enfin une épidémie de choléra qui aurait eu lieu en 1854. A partir de tout ces éléments, on organise une marche funèbre suite au décès prématuré du maire. Je n'ai pas trop aimé cette mentalité et ces comportements de petits clochers et de tromperies cachées. Le final sera malheureusement assez confus. Au final, c'est assez sordide ce que reflète bien d'ailleurs le titre de cet ouvrage. Une fois lu, cela sera sans doute vite oublié. Reste néanmoins un bon exercice de style sur une façon de faire un peu inédite et originale de la part des auteurs.

02/12/2018 (modifier)