Les derniers avis (32299 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dirt
Dirt

Un album détonant ! Tout détonne dans cet album, du personnage principal à l'histoire. Le personnage principal, Dirt (il porte bien son nom), est un toon, une ancienne gloire des années 50 qui faisait de la publicité pour les cigarettes "dirt", il est attachiant, toujours la clope au bec, si ce n'est trois ou quatre en même temps, et termine la majorité de ses phrases par "t'en penses quoi ?". Une époque où de nombreux toons vivent parmi les humains, cette particularité sera expliquée dans l'album. Nous sommes en 2040, dans un monde post-apocalyptique, après l'extermination d'une grande partie de l'humanité suite à une pandémie. Dirt, avec sa valise Borrison (Tabacco Company), erre dans cet univers post pandémique jusqu'au jour où il va faire une rencontre. Une narration non linéaire puisqu'elle explore plusieurs espaces temps ce qui permet de comprendre pourquoi notre protagoniste en est arrivé là. Un récit déjanté qui pointe la discrimination sur un ton décalé avec l'aide d'un humour corrosif. Un récit touchant qui nous fera découvrir les fils d'Edin qui sont atteints de crétinisme et toujours accompagnés de leur grosse pute. Giulo Rincione a su créer un monde "cohérent", délirant et captivant, un peu à la mode Azimut mais en plus sombre. Un artiste que je vais suivre avec intérêt. La partie graphique est sublime, elle joue sur plusieurs styles (semi-réaliste et cartoonesque) et différentes colorisations (bichromie, noir et blanc...) suivant l'espace temps et les personnages. A cela, il faut ajouter une mise en page chirurgicale qui donne de la fluidité et du dynamisme. Un régal ! L'objet en lui-même est beau, papier glacé de qualité avec une jolie jaquette. C'est un petit bijou qui sort des sentiers battus, j'attends impatiemment la suite. Est-ce que je recommande ? "T'EN PENSES QUOI ?"

18/04/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série L'Homme qui venait d'ailleurs
L'Homme qui venait d'ailleurs

Comme beaucoup, j'ai découvert l'histoire étrange de Thomas Jerome Newton via le film de Nicholas Roeg, avec en vedette David Bowie, dont l'étrangeté physique et l'aura magnétique en faisait l'interprète idéal. Cet album est donc l'adaptation du film, qui lui-même était une adaptation d'un roman de Walter Tevis. Une itération tout à fait intéressante, Dan Watters ayant choisi de mettre l'accent sur les dérives industrielles et la corruption du gouvernement. Des thèmes déjà présents dès 1963 dans le roman de Tevis, mais moins discernables. Très vite, quand on voit la façon dont Thomas est traité, on se dit que son destin ne peut qu'être dramatique, l'ambiance qui l'entoure étant très lourde, tandis que le récit est entrecoupé d'entrevues avec des personnages qui racontent la façon dont il a chuté, ou plutôt les éléments qui ont amené sa chute. C'est assez fascinant, dans la mesure où ce personnage est entouré d'une aura de séduction, au sens charnel mais aussi professionnel, ses inventions l'amenant à faire avancer significativement la science et la technique. Dev Pramanik est un dessinateur indien qui travaille sur de nombreux comics ; il apporte ici son trait à la fois nerveux et très expressif, lui qui s'efforce de "coller" au mieux aux visages des acteurs du film au fil de ses pages. C'est une façon de retrouver de manière un brin modernisée cette histoire très prenante, et c'est plutôt réussi.

18/04/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Capital & Idéologie
Capital & Idéologie

3.5 Adaptation en BD du livre de l'économiste Thierry Piketty, qui semble bien connu en France. C'est le genre de BD qui existe si on veut une version accessible d'un gros livre. J'ai d'ailleurs voulu faire mon malin en me disant que j'aillais juste lire le livre, mais lorsque j'ai vu que ça faisait plus de 1000 pages j'ai décidé de lire la BD à la place. C'est un bon documentaire de vulgarisation sur les inégalités causées par l'économie capitaliste et j'ai appris des choses même si je savais déjà les grandes lignes. Disons que si on est politisé, il y a pas de grande surprises dans les révélations. J'ai bien aimé l'idée de suivre une famille sur plusieurs générations, cela permet de bien voir l'évolution de l'économie de la fin de l'Ancien régime à aujourd'hui. La lecture est fluide même si par moment j'ai été perdu par des notions économiques que je ne comprends pas trop. D'ailleurs je ne suis pas convaincu par les idées avancées par Piketty à la fin de l'ouvrage. Je suis du même avis de ThePatrick sur les économistes qui jouent à l'apprenti-sorcier avec des théories qui ont l'air belles sur papier, mais qui virent souvent à la catastrophe. Cela reste un bon ouvrage même si la dernière partie m'a moins convaincu que le reste.

18/04/2023 (modifier)
Couverture de la série Messire Guillaume
Messire Guillaume

J'ai bien apprécié la lecture de ce triptyque moyenâgeux. Gwen de Bonneval réutilise les codes du genre (spiritualité, sorcellerie, chevalerie, félonie) pour nous offrir un récit très bien construit, alerte et assez innovant. En effet le tome 2 nous fait voyager dans un univers onirique où l'on retrouve une touche de Hieronimus Bosch qui sied très bien à l'atmosphère de l'épopée de Guillaume. Les auteurs arrivent à introduire suffisamment de rebondissements crédibles pour rendre le récit très vivant jusqu'à la fin. Tous les personnages ont une personnalité intéressante et cohérente. Même le félon de Brifaut se révèle d'une personnalité bien plus subtile et complexe qu'au premier abord. Le graphisme de Matthieu Bonhomme est excellent. Son trait très expressif convient admirablement bien à ce type de récit très aventureux. J'ai beaucoup aimé son imagination créative dans le bestiaire du tome 2 qui nous renvoie aux enfers imaginés par les grands peintres de la fin du Moyen-Âge. Une excellente lecture très agréable pour un large public.

17/04/2023 (modifier)
Par LucasD
Note: 4/5
Couverture de la série Vesper
Vesper

J'ai pour ma part pris beaucoup de plaisir à lire les deux premiers tomes et j'attends le 3eme avec impatience. (je ne partage pas vraiment les avis précédents). L'intrigue est intéressante et les dessins splendides. De nombreux mystères et questions devront être résolus dans les épisodes à venir, j'espère que le scénario sera à la hauteur.

16/04/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Le Mythe de l’ossuaire - Des milliers de plumes noires
Le Mythe de l’ossuaire - Des milliers de plumes noires

« Des milliers de plumes noires » est le deuxième album de l’univers Lovecraftien de Lemire, après Le Passage, que j’avais trouvé bien sans plus… et j’ai plus accroché cette fois-ci. J’ai beaucoup aimé les deux protagonistes et leur relation ambiguë, l’univers mystérieux qui se met lentement en place, et la narration qui alterne entre 3 époques sans jamais perdre le lecteur (grâce à une colorisation judicieuse). L’intrigue est prenante et bien construite, et la mise en image de Sorrentino absolument magnifique, avec ce découpage torturé et ces cases en forme de plume. Un album classique mais efficace, que je recommande aux amateurs d’horreur et de Lovecraft.

16/04/2023 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Petite Lumière
La Petite Lumière

Dès les premières pages, ce récit nous embarque par son atmosphère mystérieuse. Sans rien déflorer de l’intrigue, on pourra dire que le vieil homme solitaire va accéder à une étrange dimension où le rêve se confond avec la réalité. Celui-ci serait-il gagné par la sénilité ? Serait-il victime d’hallucinations ? Dans sa solitude, il suscite l’empathie du lecteur par son courage. Dans sa masure sans âge et sans électricité, où les murs craquent la nuit et semblent faire jaillir des fantômes, notre ermite affronte vaillamment sa fin qu’il sent proche, même si son regard révèle une sourde inquiétude. Mais surtout, ce mystère qui fait irruption au crépuscule de sa vie, il devra absolument l’élucider ! Sa quête finale le mènera vers des chemins à la fois déstabilisants, touchants et apaisants comme la pureté de l’enfance. Adapté d’un roman d’Antonio Moresco, remarqué par la critique et couronné de plusieurs prix, « La Petite Lumière » à la sauce Panaccione est une réussite. Le co-auteur d’ "Un océan d’amour" nous livre ici un récit intrigant et fluide que l’on dévore jusqu’au bout. Son trait déstructuré et un peu fragile traduit parfaitement la sensibilité du propos qui invite le lecteur à faire corps avec le vieil homme, lequel nous renvoie à notre propre fin dans sa quête ultime. Difficile de rester de glace devant la poésie de cette histoire intemporelle utilisant à bon escient la métaphore des saisons et magnifiquement restituée d’un point de vue visuel. Grégory Panaccione recourt à une palette restreinte où le vert (la nature est omniprésente ici) se mêle à des tonalités sombres où parfois on ne fait que deviner les silhouettes (avec de nombreuses scènes de nuit). Si l’on accepte de se laisser porter par la poésie de l’ouvrage, sans chercher à avoir des réponses à toutes les questions qu’il suscite, on tombera facilement sous le charme de cette « Petite Lumière », aussi fragile que puissante par sa capacité à nous habiter longtemps une fois le livre refermé. C’est souvent à cela que l’on reconnaît les œuvres de qualité et celle-ci se révèle en outre un vrai coup de cœur.

15/04/2023 (modifier)
Par kanibal
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Thrace
Thrace

Une plongée dans les mœurs de la société romaine où tout doit être à sa place , et cette histoire d'amour contrarié, entre 2 mondes diamétralement opposés, présage pas mal de désagréments pour les protagonistes. Cet amour réciproque entre cette jeune patricienne et cet esclave ne sonne pas faux dans ce récit vu que les auteurs ont bien pris leur temps pour tisser les liens entre Adriana et Cleio, vu qu'il s'agit d'eux. J'ai bien aimé la petite galerie de personnages qui gravitent autour des principaux protagonistes, dont l'oncle qui est par essence même du patricien arrogant, méprisant et rancunier. Tout m'a plu dans cet ouvrage, dessins décors et surtout la dernière planche de l'album. La série est prévue en 3 tomes et déjà je pressens qu'ils ne sortiront pas indemnes de ce périple. Ce premier tome est un véritable coup de cœur pour moi, vivement les 2 autres volumes.

15/04/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vermines
Vermines

Vermines surprend dans le catalogue de Dupuis car malgré son grand format cartonné bien franco-belge, son contenu ressemble fortement à du comics d'action et de fantastique. Le cadre général de son intrigue rappelle d'ailleurs en grande partie Midnight Nation qui avait eu son petit succès au début des années 2000, mais dans une version plus moderne et plus pêchue. C'est l'histoire d'un gangster des quartiers noirs de New Orleans qui va se faire buter après avoir titillé le gang rival qu'il ne fallait pas énerver. Mais Marcus n'est pas vraiment mort, ou plutôt si mais il n'a pas vraiment quitté la Terre. Il se réveille derrière le voile qui recouvre la face du monde, découvrant les créatures étranges qui y évoluent et que les vivants ne voient pas ou prennent pour de simples humains. Ses anciens amis ne le reconnaissent pas et manquent de le tuer, des monstres rôdent un peu partout, certains semblent dotés de pouvoirs magiques, et surtout Marcus apprend qu'il est impliqué dans quelque chose de plus grand que lui et en lien avec les membres de ce gang étrange qui a causé sa mort. C'est une histoire rythmée et rapidement prenante. Marcus a tout du anti-héros en début de récit, étant le second et l'exécuteur de son gang, le genre à tirer d'abord et discuter ensuite. Quand il va débarquer dans un monde dont il ne connait rien et où les créatures sont souvent plus dangereuses que lui, il ne va pas en mener large mais il lui faudra un moment pour se départir de son agressivité et de sa détermination. L'aventure qu'il va vivre a quelques accents de déjà-vu dans l'univers des récits fantastiques et de la BD, mais elle accroche par son action percutante et le mystère qui plane autour des motivations des parties prenantes, notamment celles des vermines et des magiciennes qui les ont créées. Et surtout l'ensemble est soutenu par un dessin excellent ! Hormis Les Lumières de l'Aérotrain qu'il a réalisée il y a quelques années et qui ne montrait pas l'étendue de son talent, Johann Corgié n'a jusque là été quasiment que coloriste de différentes séries. Et pourtant quel talent ! J'ai mis quelques pages à m'en apercevoir, les premières m'ayant un peu dérangé car je trouvais que des visages et notamment leurs bouches se ressemblaient trop. Mais quand l'intrigue bascule dans le monde des vermines et vers une action plus prononcée, j'ai été épaté par la maîtrise du dynamisme et de la mise en scène du dessinateur, toujours associée à un très grand soin apporté aux détails. Certaines planches sont formidables, je pense par exemple à l'apparition de la maison marchante façon Baba Yaga. Cette maîtrise du graphisme et du rythme joue pour beaucoup dans la très bonne impression et le plaisir que j'ai eus à la lecture de cet album. Mais ne boudons pas non plus l'intérêt du scénario, faisant d'ailleurs un petit clin d'oeil à In Memoriam du même scénariste que j'ai aussi beaucoup aimé. Vivement la suite !

15/04/2023 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une soif légitime de vengeance
Une soif légitime de vengeance

Il ne m'a pas fallu plus de quelques secondes pour craquer en librairie sur cette nouvelle série de Rick Remender. Ce monsieur est un scénariste assez prolifique qui a signé entre Fear Agent et The Last Days of American Crime quelques-un de mes plus beaux souvenirs de lecture de comics indépendants. De surcroit il sait s'entourer de dessinateurs talentueux développant chacun leur style particulier et je vous laisse regarder sa production pour en avoir le coeur net. Pour le présent titre, on ne déroge pas à cette tradition avec le trait d'un dessinateur portugais proche des dessins de Moebius, Geof Darrow ou de Katsuhiro Otomo, excusez du peu ! Si cette histoire avare en dialogues semble se lire bien vite, le tout réside dans les détails créant une sensation de mal être et de suspens de chaque instant. On suit ici les déambulations d'un homme d'origine Asiatique dans Vancouver sans savoir ce qui va se tramer ni quels sont les desseins du héros pour atterrir dans une sombre histoire de meurtres sanglants et de complot. Amateurs de la série Breaking Bad, vous allez être aux anges ! Imaginez un polar urbain où tout peut basculer du calme vers la tempête en un claquement de doigts. Que ce soit l'environnement ou le découpage, tout est parfaitement mis en condition pour passer un moment de lecture des plus délectables. La série se clôture en deux tomes et ne perd pas de temps en allant droit à l'essentiel tout en conservant beaucoup de subtilité comme de mystères mais offre une conclusion des plus jouissives et satisfaisantes que je ne peux dévoiler ici.

15/04/2023 (modifier)