Il était temps pour moi de retourner en librairie, après plusieurs semaines sans prendre connaissance des sorties récentes, et boum! Voilà t'y pas qu'est sorti un Chabouté y'a 2 jours. Béni soit le Dieu du destin, j'achète sans hésiter.
Je vais me répéter, mais le dessin de Chabouté sait m'absorber dès la première planche. Son style est pour moi l'art de la contemplation. Le muet occupe un tiers du récit, au début. Et puis, peu à peu, les personnages du musée font naître les phylactères. Certains sont immobiles, d'autres ont la bougeotte. Certains sont taiseux et pensifs quand d'autres bavardent, se querellent ou se questionnent. Ces personnages, ce sont tantôt les visiteurs du musée d'Orsay, tantôt les œuvres d'art qui, après une journée à les écouter sans bouger, prennent vie durant la nuit. Tout au long du récit, Chabouté nous fait alterner les moments diurnes et nocturnes. Le quotidien défile en même temps que le temps semble s'arrêter, dans un moment où le lecteur rencontre toutes ses œuvres traversant les âges.
La parole donnée aux peintures et aux sculptures amènent des situations tout à fait absurdes qui prêtent à rire (à commencer par Héraclès). Il y a beaucoup d'humour oui, mais aussi une simplicité poétique que je ne saurai pas décrire. Je vais simplement rappeler que Chabouté réussit encore à porter un regard artistique formidable sur des faits et évènements qui semblent basiques, dont on ne prête pas vraiment attention. Et, fait rare ressenti: Chabouté ne met pas autant en exergue la bêtise humaine ni sa cruauté. On retrouve sa vision critique et sombre bien sûr, mais je la trouve bien faible face aux passages qui redonnent foi en l'humanité. Peut-être que le fait de poser l'Art plutôt que l'Homme au centre de son récit lui fait changer d'état d'esprit.
Enfin, au niveau du dessin, c'est ce qui me fait ajouter le coup de coeur. Alors OK, de base j'adore. Mais là, c'est pas pareil. J'adore plus. Et je vais vous dire pourquoi en fait. A force de lire Chabouté, je trouvais le faciès des personnages assez répétitifs quelle que soit la BD. Grosso modo. Mais cette fois, et peut-être grâce à tous ses visiteurs éphémères qui vont qui viennent, l'auteur s'est amusé à jouer avec les formes pour nous offrir des visages et expressions bien plus variées qu'à l'accoutumée.
Après Yellow Cab, Chabouté prouve encore son audace (si tenté qu'il cherche à prouver quoi que ce soit). Voilà un objet curieux, au récit simple et poétique et dont le dessin rend l'ensemble profondément enivrant.
Dans tout ça, le lecteur peut jouer à s'identifier parmi tous ces visiteurs dessinés, il peut également se divertir ou s'interloquer devant les scènes nocturnes, ou encore réfléchir sur l'intérêt qu'il porte sur l'Art. Et par-dessus tout, j'espère qu'il n'en finira pas d'apprécier le monde incroyablement riche du quotidien, aussi basique semble-t-il être.
ÉNORME ! Tellement énorme qu’on pense immanquablement que tout est inventé ! Et lorsque l’on s’aperçoit qu’hélas il n’en est rien, eh bien c’est encore plus énorme ! Hallucinant, enfin bref tous les synonymes y passent. Une triste illustration des capacités quasi infinie de la connerie humaine, surtout lorsqu’elle est portée par la foule, et par des élans de chauvinisme/racisme. J’ai immédiatement pensé à l’album (et donc l’histoire) Le Singe de Hartlepool, qui illustre à peu près les mêmes thèmes, de façon aussi loufoque et abominable.
Une histoire incroyable mais vraie donc, d’un type ordinaire, quasi parfait dans ses sentiments. Les premières pages sont presque dégoulinantes de bons sentiments, lorsque nous découvrons Alain de Moneys, propriétaire généreux, ami loyal, fils prévenant. Qui, par le plus grand des hasards, parce qu’il se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, et suite à quelques quiproquos, va se trouver insulté, torturé, massacré – voire en partie mangé ! par une foule voyant en lui un « Prussien » (nous sommes au moment de la défaite de l’Empereur Napoléon III face aux Prussiens en 1870).
L’essentiel de l’album présente par le menu ce massacre, dans plusieurs chapitres suivant (plan du village à l’appui) le long et improbable chemin de croix de Moneys (son supplice dure plusieurs heures). Les images sont crues, c’est horrible et sanglant à souhait.
Le dessin de Gelli (que je ne connaissais qu’accompagnant des délires loufoques et comiques de Tronchet – c’est dire s’il change ici de registre !) est original et intéressant. Très sombre, au point que les visages ne sont pas toujours faciles à discerner. Mais ça colle très bien avec l’histoire, puisque chaque individu disparait au sein de la meute : c’est la foule le personnage principal. Il n’y a qu’à voir la réaction des tortionnaires lorsque, leur esprit revenu et redevenu des individus lors du procès, ils se rendent compte de ce qu’ils ont fait.
Une histoire édifiante, bien mise en image (je ne connais pas la version d’origine du roman de Teulé – mais je vois bien ce qui a pu l’attirer dans cette histoire) : une lecture hautement recommandable.
J’ai beaucoup aimé ce récit, qui m’a un peu rappelé les romans de « La trilogie de Corfou » de Gerald Durrell (et la série télévisée qui en est tirée) : Charity se passionne elle aussi pour la nature, et notamment pour les animaux, qu’elle capture et étudie, transformant ainsi sa chambre en véritable ménagerie.
Il y a je trouve un double niveau de lecture intéressant : en surface on suit avec intérêt et amusement les déboires de Charity, ses machinations astucieuses mais pas toujours couronnées de succès, le tout saupoudré d’un humour qui m’a vraiment fait rire. Mais on peut aussi y voir une chronique sociale de la vie d’une jeune fille dans l’Angleterre victorienne, et tout ce que cela implique en termes d’attentes et de mœurs - une femme qui s’intéresse à la science, est-ce bien raisonnable ?
Le tome 2 s’intéresse à l’adolescence de Charity. Les thèmes sont un peu plus sombres, mais l’histoire est toujours aussi prenante et intéressante.
Le dessin d’Anne Montel fourmille de détails et les couleurs pastelles à l’aquarelle sont vraiment magnifiques… A ce titre je regrette personnellement le manque de décors sur de nombreuses cases. Je réalise parfaitement qu’il s’agit d’un choix des auteurs, mais les quelques cases « complètes » sont tellement belles.
Une lecture agréable et remplie de tendresse et d’humour. Vivement le troisième et dernier tome !
Mise à jour suite à lecture du deuxième tome.
Une lecture vraiment déroutante.
Walter va réunir 10 de ses meilleurs amis, nombreux s'étaient perdus de vue après leurs études, pour des retrouvailles dans une somptueuse villa au bord d'un lac en pleine nature, loin de tout. Le week-end va vite prendre une tournure inattendue.
Je retrouve James Tynion IV après son décevant House of Slaughter et son surprenant The Department of Truth et ce "The Nice House on the Lake" m'a vraiment décontenancé. Un huit clos à la Agatha Christie qui va basculer dans le fantastique. Une narration singulière avec des pleines pages de conversations type SMS et faite de nombreux flash-back sur les protagonistes pour mieux comprendre leurs liens avec le mystérieux Walter. Des personnages aux personnalités différentes, des relations complexes et des vraies surprises font de ce récit une petite merveille. J'ai été happé dès les premières pages par cette histoire au rythme lent et menaçant, dans un climat de suspicion et à l'intrigue ténébreuse.
J'ai beaucoup aimé le dessin de Alvaro Martinez, un dessin qui joue beaucoup sur les ombrages et qui engendre une atmosphère angoissante bien aidé par une colorisation sombre. Une mise en page réussie. Une jolie découverte.
Un premier tome captivant et haletant, vivement la suite.
Tome 2.
Un deuxième opus dans la même veine que le premier, toujours ce huit clos et les nombreux flash-back, mais l'intrigue se resserre jusqu'au dénouement final, dénouement qui me convient et qui laisse la porte grande ouverte pour un second cycle.
Côté dessin, c'est toujours aussi bon, avec un bémol sur certains visages qui sont justes esquissés. La colorisation est parfaite.
Une très bonne série que je recommande.
Je serai de la partie pour un nouveau cycle.
J'ai découvert le manga avec l'anime qui a commencé, au moment où j'écris ses lignes,....la semaine dernière. C'était un mini-événement dans le monde des fans d'anime parce qu'au lieu de faire les 24 minutes habituelles, le premier épisode fait presque 90 minutes ! Et pour une bonne raison parce que cet épisode adapte tout le premier volume et dans ce tome il y a deux retournements de situations et c'est tellement bien fait que j'étais scotché du début jusqu'à la fin et après avoir fini l'épisode, il fallait que j'achète tous les tomes disponibles en français tellement je voulais savoir la suite immédiatement !
Je n'ai pas été déçu. Ce manga est vraiment très bien fait. Je veux pas trop spoiler pour ne pas gâcher la lecture du premier tome, mais je pense que je peux dire sans problème que cela se passe dans les coulisses du monde du show-business japonais. Je sais pas si le scénariste a fait beaucoup de recherches, mais je peux dire que pour le moment, c'est réaliste et crédible et il y a une bonne critique du monde impitoyable des idoles. On est loin des shonens avec un ton naïf où le héros a un don naturel dans un domaine et devient vite le meilleur. Le scénario est vraiment prenant avec des intrigues qui donnent envie de découvrir la suite. Les auteurs parlent de tout: les choix de castings, le poids des grosses maisons de productions par rapport aux plus petites, le harcèlement sur internet que subissent les célébrités, les difficultés d'adapter une oeuvre....C'est vraiment passionnant ! Les personnages sont complexes et terriblement attachants. Le dessin est très bon.
Bref, un manga qui mérite d'être mieux connu et que je recommande à tous.
Quelle belle histoire que voilà !
Avec Hiroto, héros nonchalant pas tout à fait trentenaire, nous voilà soudain surpris à savourer notre impatience en marchant à ses côtés d'un pas lent. Ce garçon à qui la vie offre tout ce qu'elle a à offrir (c'est à dire le plaisir simple de savourer le temps qui passe ; "vis chaque jour au présent" semble nous souffler l'auteur), n'intellectualise rien et se contente de suivre ce que lui dicte son cœur, nous communiquant ainsi sa fraîcheur. Si son apparente désinvolture convient à la vieille voisine avec qui il va lier une amitié forte, elle a en revanche le don d'agacer les stressés de la vie. En premier lieu sa jeune cousine, venue à Tokyo afin de suivre ses études d'Art, ou cette belle inconnue croisée à la gare et que le destin, on le pressent, l'amènera à croiser à nouveau.
Il n'y a pas grand chose dans cette histoire, du moins dans ce premier tome. L'auteur présente ses personnages. En premier lieu Hiroto et sa cousine dont les liens semblent s'être pour le moins distendus avec le temps. Ensuite, cette inconnue, donc, qui semble n'avoir de vie que pour son travail. Ou bien encore son ami de lycée, récemment marié et en instance de devenir père, qui ne supporte pas le mieux du monde sa vie de couple... Tout cela prend le juste temps de se déployer. On découvre les problématiques de chacun, toutes liées, on le devine, à nos modes de vie rapides et déconnectés de la chair et de l'os. Le lecteur sent bien qu'en Hiroto se dissimule le héros de ce monde moderne, pirate de la flemme, poète de l'apathie. Tout est suggéré, bien entendu. Point de grande leçon ni de grand archétype. Juste ce quotidien qui énerve ou satisfait, selon la façon dont on perçoit la vie.
Ôde à la lenteur et à la douceur de vivre, ce premier tome renferme des promesses à venir. J'ai hâte, mais lentement.
Comment peut-on critiquer cet album si on ne s'est jamais délecté à lire l'oeuvre de Voltaire?....On a ici un coup de maître. Les auteurs ont fait ici un travail d'espace temps et un découpage de l'oeuvre du grand écrivain pour l'adapter dans un langage moderne et cinématographique, c'est un petit chef d'oeuvre admirablement dessiné !
König se lance dans l’adaptation du théâtre grec classique ! Dans la reconstitution historique de la Grèce de la fin du Vème siècle avant Jésus-Christ !? Quezako ?
Bon, qu’on se rassure – ou que l’on s’inquiète, c’est selon ! – si l’on reconnait bien les bases historiques (l’action se passe durant la guerre de Péloponnèse opposant Sparte à Athènes et ses alliés), et si formellement on est dans une représentation théâtrale d’une pièce d’Aristophane, König va ajouter sa petite touche (qui se développe dans la seconde moitié de l’album), à savoir l’homosexualité masculine.
Car pour le reste, le côté farce jouant sur un absurde malin est déjà présent dans la pièce d’Aristophane, qui présente une « grève » des femmes, pour forcer leurs hommes à arrêter de faire la guerre. Les Hippies n’ont rien inventé avec leur « faites l’amour pas la guerre », le slogan serait plutôt ici « si vous continuez à faire la guerre vous ne ferez plus l’amour ».
C’est raconté de façon savoureuse par König, avec anachronismes amusants, passages assez drôles dans le public entre chaque nouvel acte. Et puis, en plein désarroi face à la grève des relations sexuelles de la part de leurs femmes, quelques homosexuels de la cité arrivent à proposer une compensation originale sur laquelle appuie König.
Cette « guerre des sexes » offre une lecture agréable, plaisante et recommandable, König s’étant bien emparé de son sujet et de l’œuvre originale.
Note réelle 3,5/5.
Dans une ville de New York fantasmée, Charlie s'adonne avec une éternelle bonne humeur à son métier au service clientèle d'une société proposant le recyclage des corps des défunts : en compost pour donner la vie à un arbre ou en divers objets destinés à maintenir chez leur proche le souvenir de leurs chers disparus. Charlie sait donc ce qu'il advient du corps des morts... mais quand un enfant lui demande ce qu'il est advenu de l'âme de sa mère, il ne sait plus quoi répondre et va partir en quête de la réponse.
C'est un conte moderne original qui nous est offert là.
Il marque d'emblée par son graphisme tout en légèreté et en liberté. Le trait est lâché et soigné à la fois, avec un personnage principal simple aux grands yeux de cartoon évoluant dans un monde plus sérieux et des décors urbains évocateurs et légèrement oniriques. Il règne dans cette ville et dans la société où travaille Charlie une ambiance à la Brazil de Terry Gillian, une absurdité en théorie déshumanisante qui contraste pourtant par sa population bien humaine et globalement bienveillante. La dessinatrice, Aurélie Guarino, s'y donne à cœur joie, parvenant à distiller une impression de bonne humeur de planches majoritairement en noir et blanc, agrémentées ça et là de quelques touches de couleurs.
Après une introduction intrigante, on comprend que cette histoire aborde avant tout le sujet de l'âme humaine et de son parcours après la mort. Difficile de ne pas trop en dévoiler sans dire qu'il s'agit aussi d'une romance contrariée à travers les âges.
Tout au long du récit, on reste sur le ton de la fable, avec une grande liberté narrative, un part d'humour et des péripéties sans réelles conséquences. Le scénario ne se laisse pas deviner et apporte une réelle fraicheur, plusieurs passages amusants et quelques belles idées. On se laisse porter avec joie dans ce conte à la fois léger et profond qui dédramatise le sujet de la mort. Et on referme l'album avec le sourire.
Le Dernier Quai est un conte fantastique imaginant un hôtel qui héberge les personnes décédées dans le but de leur permettre de faire face à leurs souvenirs et de résoudre les derniers regrets de leur vie avant de passer vers un autre monde. Une sorte de thérapie post-mortem pour assainir leur âme. Emile est seul en charge de cet hôtel et de l'accueil de nouveaux arrivants. Il aime cette routine et prend son devoir très à cœur. Mais tout bascule pour lui le jour où trois nouveaux venus n'ont aucun souvenir de leur passé et donc aucun moyen de comprendre pourquoi ils sont là.
C'est un joli conte dans une ambiance de fantastique aux diverses influences, notamment celle des films de Miyazaki et un peu de Wes Anderson aussi. L'atmosphère douce et chaleureuse malgré son léger voile de danger en arrière-plan est très agréable. On tombe vite sous le charme.
L'immanquable retournement de situation de l'intrigue se devine facilement pour qui connait ce genre d'histoire, mais celui-ci survient étonnamment plus tôt que prévu et par un biais inattendu. Et la seconde moitié de l'album consiste précisément à résoudre cette nouvelle situation avec un mélange d'action et de flashback qui tranche avec l'ambiance confortable du début. J'ai été moins charmé par cette seconde partie qui est moins romantique. Et j'ai été un peu déçu par la résolution finale que j'ai trouvée convenue, même si elle était sans doute inévitable.
Cette légère déception s'oublie vite et je garde un plaisant souvenir de cette belle fable.
Note : 3,5/5
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Il était temps pour moi de retourner en librairie, après plusieurs semaines sans prendre connaissance des sorties récentes, et boum! Voilà t'y pas qu'est sorti un Chabouté y'a 2 jours. Béni soit le Dieu du destin, j'achète sans hésiter. Je vais me répéter, mais le dessin de Chabouté sait m'absorber dès la première planche. Son style est pour moi l'art de la contemplation. Le muet occupe un tiers du récit, au début. Et puis, peu à peu, les personnages du musée font naître les phylactères. Certains sont immobiles, d'autres ont la bougeotte. Certains sont taiseux et pensifs quand d'autres bavardent, se querellent ou se questionnent. Ces personnages, ce sont tantôt les visiteurs du musée d'Orsay, tantôt les œuvres d'art qui, après une journée à les écouter sans bouger, prennent vie durant la nuit. Tout au long du récit, Chabouté nous fait alterner les moments diurnes et nocturnes. Le quotidien défile en même temps que le temps semble s'arrêter, dans un moment où le lecteur rencontre toutes ses œuvres traversant les âges. La parole donnée aux peintures et aux sculptures amènent des situations tout à fait absurdes qui prêtent à rire (à commencer par Héraclès). Il y a beaucoup d'humour oui, mais aussi une simplicité poétique que je ne saurai pas décrire. Je vais simplement rappeler que Chabouté réussit encore à porter un regard artistique formidable sur des faits et évènements qui semblent basiques, dont on ne prête pas vraiment attention. Et, fait rare ressenti: Chabouté ne met pas autant en exergue la bêtise humaine ni sa cruauté. On retrouve sa vision critique et sombre bien sûr, mais je la trouve bien faible face aux passages qui redonnent foi en l'humanité. Peut-être que le fait de poser l'Art plutôt que l'Homme au centre de son récit lui fait changer d'état d'esprit. Enfin, au niveau du dessin, c'est ce qui me fait ajouter le coup de coeur. Alors OK, de base j'adore. Mais là, c'est pas pareil. J'adore plus. Et je vais vous dire pourquoi en fait. A force de lire Chabouté, je trouvais le faciès des personnages assez répétitifs quelle que soit la BD. Grosso modo. Mais cette fois, et peut-être grâce à tous ses visiteurs éphémères qui vont qui viennent, l'auteur s'est amusé à jouer avec les formes pour nous offrir des visages et expressions bien plus variées qu'à l'accoutumée. Après Yellow Cab, Chabouté prouve encore son audace (si tenté qu'il cherche à prouver quoi que ce soit). Voilà un objet curieux, au récit simple et poétique et dont le dessin rend l'ensemble profondément enivrant. Dans tout ça, le lecteur peut jouer à s'identifier parmi tous ces visiteurs dessinés, il peut également se divertir ou s'interloquer devant les scènes nocturnes, ou encore réfléchir sur l'intérêt qu'il porte sur l'Art. Et par-dessus tout, j'espère qu'il n'en finira pas d'apprécier le monde incroyablement riche du quotidien, aussi basique semble-t-il être.
Mangez-le si vous voulez
ÉNORME ! Tellement énorme qu’on pense immanquablement que tout est inventé ! Et lorsque l’on s’aperçoit qu’hélas il n’en est rien, eh bien c’est encore plus énorme ! Hallucinant, enfin bref tous les synonymes y passent. Une triste illustration des capacités quasi infinie de la connerie humaine, surtout lorsqu’elle est portée par la foule, et par des élans de chauvinisme/racisme. J’ai immédiatement pensé à l’album (et donc l’histoire) Le Singe de Hartlepool, qui illustre à peu près les mêmes thèmes, de façon aussi loufoque et abominable. Une histoire incroyable mais vraie donc, d’un type ordinaire, quasi parfait dans ses sentiments. Les premières pages sont presque dégoulinantes de bons sentiments, lorsque nous découvrons Alain de Moneys, propriétaire généreux, ami loyal, fils prévenant. Qui, par le plus grand des hasards, parce qu’il se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, et suite à quelques quiproquos, va se trouver insulté, torturé, massacré – voire en partie mangé ! par une foule voyant en lui un « Prussien » (nous sommes au moment de la défaite de l’Empereur Napoléon III face aux Prussiens en 1870). L’essentiel de l’album présente par le menu ce massacre, dans plusieurs chapitres suivant (plan du village à l’appui) le long et improbable chemin de croix de Moneys (son supplice dure plusieurs heures). Les images sont crues, c’est horrible et sanglant à souhait. Le dessin de Gelli (que je ne connaissais qu’accompagnant des délires loufoques et comiques de Tronchet – c’est dire s’il change ici de registre !) est original et intéressant. Très sombre, au point que les visages ne sont pas toujours faciles à discerner. Mais ça colle très bien avec l’histoire, puisque chaque individu disparait au sein de la meute : c’est la foule le personnage principal. Il n’y a qu’à voir la réaction des tortionnaires lorsque, leur esprit revenu et redevenu des individus lors du procès, ils se rendent compte de ce qu’ils ont fait. Une histoire édifiante, bien mise en image (je ne connais pas la version d’origine du roman de Teulé – mais je vois bien ce qui a pu l’attirer dans cette histoire) : une lecture hautement recommandable.
Miss Charity
J’ai beaucoup aimé ce récit, qui m’a un peu rappelé les romans de « La trilogie de Corfou » de Gerald Durrell (et la série télévisée qui en est tirée) : Charity se passionne elle aussi pour la nature, et notamment pour les animaux, qu’elle capture et étudie, transformant ainsi sa chambre en véritable ménagerie. Il y a je trouve un double niveau de lecture intéressant : en surface on suit avec intérêt et amusement les déboires de Charity, ses machinations astucieuses mais pas toujours couronnées de succès, le tout saupoudré d’un humour qui m’a vraiment fait rire. Mais on peut aussi y voir une chronique sociale de la vie d’une jeune fille dans l’Angleterre victorienne, et tout ce que cela implique en termes d’attentes et de mœurs - une femme qui s’intéresse à la science, est-ce bien raisonnable ? Le tome 2 s’intéresse à l’adolescence de Charity. Les thèmes sont un peu plus sombres, mais l’histoire est toujours aussi prenante et intéressante. Le dessin d’Anne Montel fourmille de détails et les couleurs pastelles à l’aquarelle sont vraiment magnifiques… A ce titre je regrette personnellement le manque de décors sur de nombreuses cases. Je réalise parfaitement qu’il s’agit d’un choix des auteurs, mais les quelques cases « complètes » sont tellement belles. Une lecture agréable et remplie de tendresse et d’humour. Vivement le troisième et dernier tome !
The Nice House on the lake
Mise à jour suite à lecture du deuxième tome. Une lecture vraiment déroutante. Walter va réunir 10 de ses meilleurs amis, nombreux s'étaient perdus de vue après leurs études, pour des retrouvailles dans une somptueuse villa au bord d'un lac en pleine nature, loin de tout. Le week-end va vite prendre une tournure inattendue. Je retrouve James Tynion IV après son décevant House of Slaughter et son surprenant The Department of Truth et ce "The Nice House on the Lake" m'a vraiment décontenancé. Un huit clos à la Agatha Christie qui va basculer dans le fantastique. Une narration singulière avec des pleines pages de conversations type SMS et faite de nombreux flash-back sur les protagonistes pour mieux comprendre leurs liens avec le mystérieux Walter. Des personnages aux personnalités différentes, des relations complexes et des vraies surprises font de ce récit une petite merveille. J'ai été happé dès les premières pages par cette histoire au rythme lent et menaçant, dans un climat de suspicion et à l'intrigue ténébreuse. J'ai beaucoup aimé le dessin de Alvaro Martinez, un dessin qui joue beaucoup sur les ombrages et qui engendre une atmosphère angoissante bien aidé par une colorisation sombre. Une mise en page réussie. Une jolie découverte. Un premier tome captivant et haletant, vivement la suite. Tome 2. Un deuxième opus dans la même veine que le premier, toujours ce huit clos et les nombreux flash-back, mais l'intrigue se resserre jusqu'au dénouement final, dénouement qui me convient et qui laisse la porte grande ouverte pour un second cycle. Côté dessin, c'est toujours aussi bon, avec un bémol sur certains visages qui sont justes esquissés. La colorisation est parfaite. Une très bonne série que je recommande. Je serai de la partie pour un nouveau cycle.
Oshi no Ko
J'ai découvert le manga avec l'anime qui a commencé, au moment où j'écris ses lignes,....la semaine dernière. C'était un mini-événement dans le monde des fans d'anime parce qu'au lieu de faire les 24 minutes habituelles, le premier épisode fait presque 90 minutes ! Et pour une bonne raison parce que cet épisode adapte tout le premier volume et dans ce tome il y a deux retournements de situations et c'est tellement bien fait que j'étais scotché du début jusqu'à la fin et après avoir fini l'épisode, il fallait que j'achète tous les tomes disponibles en français tellement je voulais savoir la suite immédiatement ! Je n'ai pas été déçu. Ce manga est vraiment très bien fait. Je veux pas trop spoiler pour ne pas gâcher la lecture du premier tome, mais je pense que je peux dire sans problème que cela se passe dans les coulisses du monde du show-business japonais. Je sais pas si le scénariste a fait beaucoup de recherches, mais je peux dire que pour le moment, c'est réaliste et crédible et il y a une bonne critique du monde impitoyable des idoles. On est loin des shonens avec un ton naïf où le héros a un don naturel dans un domaine et devient vite le meilleur. Le scénario est vraiment prenant avec des intrigues qui donnent envie de découvrir la suite. Les auteurs parlent de tout: les choix de castings, le poids des grosses maisons de productions par rapport aux plus petites, le harcèlement sur internet que subissent les célébrités, les difficultés d'adapter une oeuvre....C'est vraiment passionnant ! Les personnages sont complexes et terriblement attachants. Le dessin est très bon. Bref, un manga qui mérite d'être mieux connu et que je recommande à tous.
Hirayasumi
Quelle belle histoire que voilà ! Avec Hiroto, héros nonchalant pas tout à fait trentenaire, nous voilà soudain surpris à savourer notre impatience en marchant à ses côtés d'un pas lent. Ce garçon à qui la vie offre tout ce qu'elle a à offrir (c'est à dire le plaisir simple de savourer le temps qui passe ; "vis chaque jour au présent" semble nous souffler l'auteur), n'intellectualise rien et se contente de suivre ce que lui dicte son cœur, nous communiquant ainsi sa fraîcheur. Si son apparente désinvolture convient à la vieille voisine avec qui il va lier une amitié forte, elle a en revanche le don d'agacer les stressés de la vie. En premier lieu sa jeune cousine, venue à Tokyo afin de suivre ses études d'Art, ou cette belle inconnue croisée à la gare et que le destin, on le pressent, l'amènera à croiser à nouveau. Il n'y a pas grand chose dans cette histoire, du moins dans ce premier tome. L'auteur présente ses personnages. En premier lieu Hiroto et sa cousine dont les liens semblent s'être pour le moins distendus avec le temps. Ensuite, cette inconnue, donc, qui semble n'avoir de vie que pour son travail. Ou bien encore son ami de lycée, récemment marié et en instance de devenir père, qui ne supporte pas le mieux du monde sa vie de couple... Tout cela prend le juste temps de se déployer. On découvre les problématiques de chacun, toutes liées, on le devine, à nos modes de vie rapides et déconnectés de la chair et de l'os. Le lecteur sent bien qu'en Hiroto se dissimule le héros de ce monde moderne, pirate de la flemme, poète de l'apathie. Tout est suggéré, bien entendu. Point de grande leçon ni de grand archétype. Juste ce quotidien qui énerve ou satisfait, selon la façon dont on perçoit la vie. Ôde à la lenteur et à la douceur de vivre, ce premier tome renferme des promesses à venir. J'ai hâte, mais lentement.
Candide ou l'optimisme de Voltaire
Comment peut-on critiquer cet album si on ne s'est jamais délecté à lire l'oeuvre de Voltaire?....On a ici un coup de maître. Les auteurs ont fait ici un travail d'espace temps et un découpage de l'oeuvre du grand écrivain pour l'adapter dans un langage moderne et cinématographique, c'est un petit chef d'oeuvre admirablement dessiné !
Lysistrata
König se lance dans l’adaptation du théâtre grec classique ! Dans la reconstitution historique de la Grèce de la fin du Vème siècle avant Jésus-Christ !? Quezako ? Bon, qu’on se rassure – ou que l’on s’inquiète, c’est selon ! – si l’on reconnait bien les bases historiques (l’action se passe durant la guerre de Péloponnèse opposant Sparte à Athènes et ses alliés), et si formellement on est dans une représentation théâtrale d’une pièce d’Aristophane, König va ajouter sa petite touche (qui se développe dans la seconde moitié de l’album), à savoir l’homosexualité masculine. Car pour le reste, le côté farce jouant sur un absurde malin est déjà présent dans la pièce d’Aristophane, qui présente une « grève » des femmes, pour forcer leurs hommes à arrêter de faire la guerre. Les Hippies n’ont rien inventé avec leur « faites l’amour pas la guerre », le slogan serait plutôt ici « si vous continuez à faire la guerre vous ne ferez plus l’amour ». C’est raconté de façon savoureuse par König, avec anachronismes amusants, passages assez drôles dans le public entre chaque nouvel acte. Et puis, en plein désarroi face à la grève des relations sexuelles de la part de leurs femmes, quelques homosexuels de la cité arrivent à proposer une compensation originale sur laquelle appuie König. Cette « guerre des sexes » offre une lecture agréable, plaisante et recommandable, König s’étant bien emparé de son sujet et de l’œuvre originale. Note réelle 3,5/5.
Les Vies de Charlie
Dans une ville de New York fantasmée, Charlie s'adonne avec une éternelle bonne humeur à son métier au service clientèle d'une société proposant le recyclage des corps des défunts : en compost pour donner la vie à un arbre ou en divers objets destinés à maintenir chez leur proche le souvenir de leurs chers disparus. Charlie sait donc ce qu'il advient du corps des morts... mais quand un enfant lui demande ce qu'il est advenu de l'âme de sa mère, il ne sait plus quoi répondre et va partir en quête de la réponse. C'est un conte moderne original qui nous est offert là. Il marque d'emblée par son graphisme tout en légèreté et en liberté. Le trait est lâché et soigné à la fois, avec un personnage principal simple aux grands yeux de cartoon évoluant dans un monde plus sérieux et des décors urbains évocateurs et légèrement oniriques. Il règne dans cette ville et dans la société où travaille Charlie une ambiance à la Brazil de Terry Gillian, une absurdité en théorie déshumanisante qui contraste pourtant par sa population bien humaine et globalement bienveillante. La dessinatrice, Aurélie Guarino, s'y donne à cœur joie, parvenant à distiller une impression de bonne humeur de planches majoritairement en noir et blanc, agrémentées ça et là de quelques touches de couleurs. Après une introduction intrigante, on comprend que cette histoire aborde avant tout le sujet de l'âme humaine et de son parcours après la mort. Difficile de ne pas trop en dévoiler sans dire qu'il s'agit aussi d'une romance contrariée à travers les âges. Tout au long du récit, on reste sur le ton de la fable, avec une grande liberté narrative, un part d'humour et des péripéties sans réelles conséquences. Le scénario ne se laisse pas deviner et apporte une réelle fraicheur, plusieurs passages amusants et quelques belles idées. On se laisse porter avec joie dans ce conte à la fois léger et profond qui dédramatise le sujet de la mort. Et on referme l'album avec le sourire.
Le Dernier Quai
Le Dernier Quai est un conte fantastique imaginant un hôtel qui héberge les personnes décédées dans le but de leur permettre de faire face à leurs souvenirs et de résoudre les derniers regrets de leur vie avant de passer vers un autre monde. Une sorte de thérapie post-mortem pour assainir leur âme. Emile est seul en charge de cet hôtel et de l'accueil de nouveaux arrivants. Il aime cette routine et prend son devoir très à cœur. Mais tout bascule pour lui le jour où trois nouveaux venus n'ont aucun souvenir de leur passé et donc aucun moyen de comprendre pourquoi ils sont là. C'est un joli conte dans une ambiance de fantastique aux diverses influences, notamment celle des films de Miyazaki et un peu de Wes Anderson aussi. L'atmosphère douce et chaleureuse malgré son léger voile de danger en arrière-plan est très agréable. On tombe vite sous le charme. L'immanquable retournement de situation de l'intrigue se devine facilement pour qui connait ce genre d'histoire, mais celui-ci survient étonnamment plus tôt que prévu et par un biais inattendu. Et la seconde moitié de l'album consiste précisément à résoudre cette nouvelle situation avec un mélange d'action et de flashback qui tranche avec l'ambiance confortable du début. J'ai été moins charmé par cette seconde partie qui est moins romantique. Et j'ai été un peu déçu par la résolution finale que j'ai trouvée convenue, même si elle était sans doute inévitable. Cette légère déception s'oublie vite et je garde un plaisant souvenir de cette belle fable. Note : 3,5/5