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Couverture de la série Carnets d'Orient
Carnets d'Orient

Entre récit historique et saga familiale intimiste, Jacques Ferrandez nous entraine dans un long voyage au coeur de l'Algérie. Tout au long du récit, l'amour de l'auteur pour sa terre natale explose aux yeux du lecteur. Je reconnais un travail énorme de l'auteur pour faire coïncider la réalité historique de la colonisation avec les épisodes romanesques du scénario. J'ai d'ailleurs préféré les épisodes depuis 1914 où l'on sent l'influence du vécu de la famille Ferrandez dans cette épopée algérienne. L'angle de vue est celui d'un colon modéré et ouvert, le regard sur les Algériens étant forcément extérieur même s’il exprime beaucoup d'empathie. Même si, à travers quelques anecdotes, Ferrandez aborde les perversités du "système" colonial (égalité des chances, salaires, conditions de travail, égalité des droits...) ce n'est pas cet angle que j'ai perçu comme premier dans l'ouvrage. Toutefois l'ambiance du pays semble rendue avec justesse, Ferrandez ne cachant pas l'inconscience coupable d'une population européenne peu encline à remettre un état de fait qu'elle a connu dès la naissance et qui lui convenait parfaitement bien. Ferrandez donne la parole de façon très crédible à tous les colons de la terre qui justifient leur légitimité par les résultats des travaux effectués sur place. En introduisant des photos ou des documents d'époque l'auteur ajoute une vraie source de crédibilité à son récit. Le graphisme soutient à merveille le travail du scénario. Le choix d'un ancêtre peintre et d'un grand père cheminot permet à Ferrandez de proposer des cases peintes en aquarelles (souvent des autochtones) et des cases au dessin plus traditionnel dans les histoires de famille. C'est très détaillé et facilement reconnaissable malgré l'abondance des personnages. La mise en couleur très chaude met en valeur la beauté solaire des paysages et des villes algériennes. Une bonne lecture qui ne m'a pas touché émotionnellement mais que mérite ce travail admirable. 3.5

17/07/2023 (modifier)
Par canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Mégafauna
Mégafauna

tome 1 C'est l'Histoire de Timoléon de Veyres qui est envoyé par son oncle en mission vers un monde inconnu et présenté comme adverse, accompagné de son comparse Pontus , tout deux étudiants en médecine. Avant tout c'est une belle histoire, bien ficelée, bien mise en scène, avec de l'aventure, des acteurs touchants : qui ont de l'épaisseur et des ambiguïtés. Le héros est chargé de tenir un journal pour garder une trace de son voyage et cela permet d'entrer dans la pensée du jeune homme et de saisir les nuances de ses impressions. Pour le dessin, il touche au but en matière de visages et de morphologie tant humaine qu'animale, c'est le décors et les couleurs qui pèchent un peu de mon point de vue. On sent qu'il y a une réticence à s'y jeter vraiment, dans le premier tome en tout cas. L'originalité de l'aventure tient dans sa manière de représenter les enjeux actuels (environnement, genre, religion...) et de chercher dans cette fiction de quoi nous aider à réfléchir. La série se présente comme une uchronie, mais les repères sont tellement loin de notre expérience que cela confine au fantastique : deux peuples réunis par une adversité immémoriale et qui cherchent d'une certaine manière à résoudre cette opposition (ici désignés comme Néandertaliens et Sapiens). Les sapiens sont présentés dans une société quasi médiévale avec en plus un problème de ressources alimentaire qui semblent se tarir (désertification). A l'inverse les autres vivent dans une forêt luxuriante, protégée des sapiens par un grand mur, mais leur fécondité semble en recul. L'auteur imagine que d'autres peuples auraient pu faire d'autres choix pour préserver leurs ressources, cependant c'est ici avec en contrepartie des difficultés à gérer la religion et son rôle dans les choix politiques. Comme dans notre vrai moyen âge on explore deux pistes pour résoudre le conflit : le mariage et la guerre. L'album aborde ici un autre sujet d'actualité : le genre. Chez ces néandertaliens imaginaires, on ne retrouve pas le stéréotype féminin habituel : les femmes sont fortes et pas particulièrement souriantes ou accueillantes, elle font les travaux physiques au même titre que les hommes. On sent que rien que ça , c'est une marche importante qui nous secoue. Mais le genre féminin qui n'est pas fondé sur la séduction fonde la religion : seules le femmes peuvent devenir prêtresses et les hommes acquérir le pouvoir politique. c'est curieux comme c'est difficile d'imaginer un monde ou le genre social n'existerait pas... Bref, cet album m'a vraiment intéressé mais j'ai été un peu rebutée par l'épilogue qui m'a paru comme une douche froide : pourquoi refermer l'histoire sur un bain de sang, plutôt que laisser libre cours à notre imagination ?

16/07/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Hieroglyph - Des aiguilles dans la gorge
Hieroglyph - Des aiguilles dans la gorge

Dans le genre, histoires courtes, c'est vraiment très bien. Un album qui reprend des nouvelles issues du recueil "Le quatrième top" de Ludwig Schuurman. Cet album va permettre à plusieurs artistes de revisiter onze de ses nouvelles. Des tranches de vie qui sont le reflet de notre société, de notre mode de vie. Des récits qui m'ont beaucoup plu avec leurs chutes bien trouvées. Chaque histoire commence par une petite présentation ainsi qu'un autoportrait de chaque dessinateur-risse. - La fille pronominale [Emmanuel Murzeau] Lorsqu'une rencontre sort de son triste quotidien, Métro-Boulot-Dodo, un homme à la vie sans joie. Pas innovant, mais diablement efficace. J'ai beaucoup aimé la douceur qui se dégage des aquarelles de Murzeau, ainsi que son côté surréaliste. 4 étoiles. -  J'ai longtemps été une petite fausse septique [Grazia La Padula] L'histoire la plus déjantée, un jeune garçon a la phobie des toilettes. Flatulences, odeurs nauséabondes et enfin la délivrance pour un petit bijou narratif, auquel le magnifique dessin tout en rondeur de La Padula (Itinéraire d'une garce) apporte de la continence, flûte de la consistance. A lire avec un masque à gaz ! 5 étoiles. - Décalage [Ignacio Noé] Il ne suffit pas d'avoir de jolies courbes et de beaux pare-chocs pour séduire. En seulement deux planches, Ignacio Noé arrive à croquer un instant de vie en mêlant sensualité et humour. Son dessin est sublime. 5 étoiles. - La philosophie du jardin [Benoît Frebourg] Lorsqu'un couple veut s'échapper de son quotidien urbain et trouver un petit nid douillet à la campagne. Un récit dont le centre d'intérêt va doucement évoluer et qui va mettre à mal ce jeune couple. Subtil et accrocheur. Le style de Frebourg n'est pas celui que je préfère, mais il est efficace. 3,5 étoiles. - Midi pile [Barbara Baldi] Un homme doit obligatoirement appeler son épouse à midi. Le problème, c'est qu'il ne sait plus pourquoi et il n'a pas de téléphone portable. L'histoire d'un couple où l'usure du temps a fait son œuvre. La partie graphique de Baldi est somptueuse, photographique. 4 étoiles. - Midi face [Alberto Madrigal] Une femme s'ennuie dans son couple, elle veut profiter de la vie et s'est trouvée un amant. Elle lui donne un ultimatum, mais tout ne va pas se passer comme prévu... J'ai bien aimé, par contre je ne suis pas fan du trait et de la colorisation de Alberto Madrigal que j'avais pu découvrir dans Berlin 2.0. 3,5 étoiles. - Gavage dominical [Mister Kern] On a tous connu ces repas familiaux qui finissent à pas d'heure. Ici, il fait penser au film la grande bouffe. Un récit gargantuesque. Mister Kern a fait le choix de la peinture à l'huile et j'aime bien le rendu avec sa touche de surréalisme. 3,5 étoiles. - Canal [Francesca Marinelli] Le repas dominical chez la grand-tante est  une corvée pour ce jeune homme, jusqu'au jour où une invitée surprise va faire partie de ce rituel. Entre rêves et la réalité, il peut y avoir un fossé ou un canal. Francesca Marinelli est plus habituée à travailler sur l'animation, son style semi-réaliste fait son effet avec son esthétisme très travaillée. 4 étoiles. - Pleine lune [Giuseppe Manunta] Un futur jeune marié passe des vacances chez ses futurs beaux-parents avec sa douce et tendre. L'occasion de découvrir cette merveille de la nature, le deuxième cerveau des mâles, celui qui annihile le premier. L'histoire la plus osée de l'album sublimée par un dessin expressif aux couleurs chaudes. 4 étoiles. - Kaminski sous la pluie [Julien Motteler] Un supermarché pour décor et un manutentionnaire amoureux transi de sa jolie cadre. Une histoire sur le pouvoir. Le dessin de Motteler avec sa légère touche de manga dégage de la sensualité. 3,5 étoiles. - Téton gauche [Stéphane Torossian] La seule nouvelle en noir et blanc mais aussi avec une dose de fantastique. S'il suffisait de toucher le téton gauche d'une femme pour.... Une fable sur le rejet et le désir. Un clair obscur voluptueux au trait précis et délicat. 4 étoiles. Une belle découverte que je recommande.

14/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Chansons de Nino Ferrer en bandes dessinées
Chansons de Nino Ferrer en bandes dessinées

Certaines chansons de Nino Ferrer ont bercé ma jeunesse même si je n'ai jamais été très variété. Comment oublier des titres comme Mirza ou le téléfon qui avaient plus l'allure de gags drôles et sans prétention au milieu des Brassens, Moustaki, Ferrat, Barbara et consorts. Un bol de fraîcheur et de désinvolture que Nino partageait avec son collègue Dutronc dans des textes pas si anodins que cela. Je trouve le choix fait par Olivier Petit excellent car il montre l'éclectisme de Nino et la richesse sémantique et poétique de nombre de ses textes. On passe doucement d'un téléfon à un Mamadou Mémé enjoué pour arriver au Sud qui reste un petit chef d'oeuvre de message poétique de politique désabusée. Le graphisme pluriel permet à chaque artiste de proposer sa propre vision de l'univers poétique du chanteur. J'ai trouvé l'ensemble bien cohérent et réussi dans un rappel à des années festives et contestataires qui voulaient changer le monde. Une lecture que j'ai bien appréciée. Avec Nino, on est toujours en été. Que du bonheur.

14/07/2023 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Le Baiser
Le Baiser

« Le Baiser », c’est une histoire en apparence légère qui se vient se poser tel un cocktail parfumé au cœur de l’été, mais qui s’avère plus profonde que ce que l’on pourrait croire au premier abord. Les premières pages nous mettent dans les pas d’un jeune touriste venus « visiter » la Thaïlande (à moins que ce ne soit le Vietnam) avec un copain, mais très vite on comprend que leur but est de prendre du bon temps avec des « filles faciles en quête d’argent facile », qui ne dédaigneraient pas la demande en mariage d’un « bel » Européen, histoire de quitter leur trou pour de bon. Mais ce jeune touriste, qui se sent mal à l’aise, tout incognito soit-il, prend conscience qu’il n’est pas à sa place. Envahi par la culpabilité, il décide de prendre la tangente après un baiser aussi tendre que furtif avec une prostituée. Cette prostituée, elle s’appelle Duyên. La jeune femme, à l’allure si réservée, couche sans états d’âme avec les hommes de passage, mais elle a bien d’autres rêves en tête. Ce seul baiser a suffi à la rendre amoureuse. Mais son « prince charmant » a pris la fuite, aiguisant son désir de partir loin, très loin, en Europe peut-être… Ce délicat roman graphique aborde la question du tourisme sexuel de façon originale, en optant pour une narration à quatre voix, une par chapitre : d’abord le jeune homme du début, la proxénète, puis le quadragénaire célibataire et enfin Duyên. Choix original, par la multiplicité des points de vue, favorise l’empathie du lecteur en évitant tout ethnocentrisme. Et c’est le gros point fort de l’ouvrage, qui nous fait voir au-delà des apparences, nous montrant que les gens ne correspondent pas forcément à l’image qu’ils donnent, et que, finalement, d’un bout à l’autre de la planète, les aspirations humaines demeurent toujours les mêmes malgré les différences culturelles. En résumé, ce récit nous transmet un très beau message empreint d’optimisme malgré l’âpreté de certaines scènes. Le dessin délicat d’Andrea Bruno, qui figure parmi les représentants de la nouvelle vague de la BD italienne, illustre très bien ce récit contemplatif aux dialogues rares, davantage en « voix off ». Les ambiances nocturnes et érotiques d’Asie, où le rouge domine, contrastent avec les paysages hivernaux et secs de la France (d’Europe ?). Pour chaque contexte, la couleur bénéfice d’un agencement sans aucune fausse note. Très sensibilisé à la cause politique, le scénariste Frédéric Debomy a souvent évoqué des sujets sur les libertés hors d’Europe, en Asie principalement, et pour cause : celui-ci a été durant deux ans le programmateur du Festival international du film des droits de l’Homme de Paris. Contrairement aux apparences, « Le Baiser » avec sa multiplicité de points de vue, est sous-tendu par un constat amer, se faisant le révélateur d’une vision de deux mondes opposés, où les idées toutes faites de part et d’autre, modelées par des siècles de colonisation, semblent avoir survécu aux vagues d’indépendance des années 60 et aux divers mouvements de démocratisation. L’exploitation des richesses a fait la place au tourisme sexuel, permettant à l’homme blanc occidental de « faire son marché » et libérer sa libido dans un certain anonymat. Le rapport de dominant à dominé (et vice-versa) s’est incrusté dans les esprits, même s’il est désormais en sourdine. Quant à l’accueil des réfugiés sous les cieux européens, le livre nous le rappelle à bon escient, il est rarement caractérisé par la générosité et la bienveillance, sans aucun souci de réciprocité si l’on admet l’existence d’une certaine « dette » historique vis-à-vis des anciennes colonies. Dans ce sens, l’ouvrage possède une dimension politique, mais se contente surtout de jeter un regard froid sur un aspect peu glorieux de notre monde actuel, sans chercher à culpabiliser. Ce roman graphique, malgré sa retenue formelle, n’en recèle pas moins une certaine puissance dans le propos, le sujet central étant la quête de liberté d’une jeune femme refusant la fatalité. Tout en subtilité, « Le Baiser » se laisse admirer tout en alimentant notre réflexion intellectuelle.

14/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Dans le béton
Dans le béton

Je l'ai lu d'une traite, et je dois dire que c'était vraiment agréable à suivre. Tout le début du récit fonctionne en partie sur un décalage entre ce qu’on voit de dessiné dans les cases (détail d’une oreille, portable, pigeon…) et la situation qui fait référence à un ailleurs, produisant une sorte de profondeur existentielle. L’atmosphère du récit est confinée, ses situations kafkaïennes. Les lieux toujours en intérieur où déambulent les deux héroïnes sont pesants et angoissants. Ce qui marche vraiment bien car cela nous permet de ressentir directement l’univers absurde du quotidien dans lequel évoluent les personnages et leur besoin de rechercher une échappatoire. J’ai beaucoup aimé que Gina note la crue de la Seine, comme ça, entre deux ouvertures de métro, comme si l’attention portée vers l’extérieur était rendue impossible par les pressions à rester enfermé au travail – vie salariée oblige. Le dessin repose sur des aplats et des touches de couleur, et j'aime en particulier la variété des plans, et les impression de vitesse. Il y a me semble-t-il une ingéniosité visuelle. Le contraste entre les textures lisses ultra-colorées des vêtements et le griffonnage par touche de crayon des décors fonctionne vraiment bien. L’auteure mêle à la fois aventure, critique sociale, et peinture de la vie quotidienne… s’il fallait le classer peut-être s’agirait-il d’un polar politique. Bref l’histoire est prenante, et le titre est bien trouvé !

14/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Neska du clan du lierre
Neska du clan du lierre

J'ai trouvé cette série pour jeunes ados assez sympathique. La thématique centrale qui tourne autour de clans d'escargots est assez originale car ce n'est pas un animal souvent mis à l'honneur. Louise Joor essaye de réhabiliter l'image des insectes auprès des enfants. Elle participe à ces oeuvres comme celles de Simon Hureau qui alertent à la disparition des insectes (ou assimilés les escargots étant des gastéropodes). Le scénario utilise des ressors classiques de l'aventure et du merveilleux à travers une jeune héroïne qui vit aussi sa première approche de la sexualité. Malheureusement cela nous détourne à mon avis, un peu trop du thème de la disparition des espèces due aux activités humaines. Toutefois le récit se lit facilement et de façon agréable avec un texte de bon niveau. Le graphisme est un standard sans grande originalité mais techniquement bien réalisé entre ligne claire et expressions d'influences Manga. Ce n'est pas ce que je préfère mais c'est un trait agréable et dynamique. J'ai surtout aimé la mise en couleur qui rend le visuel agréable. Une lecture sympa qui porte de belles valeurs. 3.5

13/07/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Majnoun et Leïli - Chants d'outre-tombe
Majnoun et Leïli - Chants d'outre-tombe

J'ai adoré cet album, mais il ne fera pas l'unanimité. Certains risquent de rester hermétique à cette histoire singulière. "Majnoun et Leïli" est tiré d'une histoire d'amour populaire d'origine arabe, elle trouve ses racines chez les bédouins d'Irak au VII° siècle. C'est l'adaptation perse de Nizami au XII° siècle qui a contribué à sa vaste diffusion. J'ai eu cet album dans les mains lors de sa sortie, la partie graphique m'avait subjugué mais j'ai du le reposer pour une question de budget à ne pas dépasser. C'est l'avis enthousiaste de Blue boy qui a réveillé mes velléités d'achat. Yann Damezin nous propose une adaptation personnelle de cet amour impossible et tragique entre Leïli et Qaïs. Qaïs prendra le surnom de Majnoun, qui signifie "le fou". Tout d'abord, le choix narratif est osé puisqu'il se fera exclusivement en alexandrins à travers les voix off des différents personnages. J'avoue avoir eu une certaine appréhension en début de lecture, mais celle-ci s'est vite estompée, j'ai été littéralement absorbé par la puissance des vers et des tournures employées. Du travail d'orfèvre ! Un conte envoûtant que je n'ai pu lâcher avant la dernière page. J'ai particulièrement aimé les deux derniers chapitres : la supplique de Majnoun suivie de la réponse de Leïli et quelle réponse. Cette BD est un hymne à l'amour, à la liberté et aux femmes. La partie graphique est phénoménale. La mise en page est uniforme, toute en horizontalité ou verticalité avec une pleine page de temps en temps. On a droit à de superbes fresques orientales. Je me suis attardé sur chaque planche pour en apprécier les nombreux détails, les couleurs chatoyantes et son inventivité graphique. Que c'est beau ! Une lecture marquante où texte et dessin ne font qu'un. "Pour entendre l'écho, il faut savoir se taire".

12/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Obie Koul
Obie Koul

Je poste mon avis après la lecture des trois premiers albums que l'on peut considérer comme un cycle, le cycle du don. J'ai trouvé ce premier triptyque vraiment plaisant alors que je ne suis pas un grand fan de SF. Mais le scénario de Makyo ne se contente pas de nous faire voyager dans un nième transport interplanétaire. Il mixte le temps de garde partagée de Obie (sans intervention du JAF) entre l'espace intergalactique et son collège de ZEP. Car Obie est un sang mêlé, terrien/ Extraterrestre. Comme son sang est royal (mais pas bleu) on se retrouve dans deux univers qui renvoient à Harry Potter et à Star Wars. Tout le talent de Makyo est de trouver le juste équilibre entre ces deux poids lourds. Comme l'auteur ajoute une destinée à caractère messianique salvatrice de l'univers, le risque était grand de tomber dans un papier collé d'éléments rabâchés mille fois. Pas du tout, Makyo prend le temps d'installer notre jeune héros d'une manière progressive et humoristique. Cela donne un héros qui cultive l'humilité malgré un don (un seul mais quel don !) qui est hors norme mais pas si facile à maîtriser. Le don en question, qui clôt ce cycle, est aussi difficile à maîtriser pour Makyo à mon avis. En effet l'auteur semble franchir une frontière avec un attribut héroïque si difficile à utiliser de façon convaincante, qu'on ne le trouve pratiquement jamais dans le domaine des super héros. Je suis très curieux de connaître la suite pour voir comment Makyo va maîtriser son bébé Obie. J'ai une petite réserve : Obie a 12 ans (6/5ème) et cela me semble vraiment très jeune pour une ambiance de gangs que je situerais au moins en 3ème. Cela décrédibilise un peu cet aspect du récit à ma lecture. Le graphisme d'Alessia Buffolo amplifie le côté poupon des intervenants. C'est vrai pour Obie mais aussi pour Mia sa maman, et pour les deux chefs de gang qui sont un peu lisses pour moi. Par contre le personnage d'Axelle est très réussi avec une recherche de coiffure et de vêtements très convaincante. J'ai ressenti Buffolo plus à l'aise dans le monde onirique de la SF que dans les expressions plus réalistes de la vie du quotidien. Son bestiaire tout en étant assez classique reste inventif et crédible dans une atmosphère humanisée digne de Star Wars. Une mise en couleur très plaisante complète l'agrément de cette série. Une lecture divertissante très agréable et bien construite autour d'un scénario solide. J'attends la suite avec curiosité.

12/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Un Jardin extraordinaire
Un Jardin extraordinaire

Cette série donne l'impression que Simon Hureau a voulu proposer son message du très bon L'Oasis à un public plus jeune. En collaboration avec Isabelle Rimasson au scénario, les auteurs proposent un album très frais et facile d'accès pour des enfants de plus en plus éloignés de la nature. Le duo petit-fils/grand-mère (Nino/mamie) est un couple qui fonctionne toujours bien dans un imaginaire d'une France qui se souvient de ses racines rurales. Le récit invite à couper du présent (les écrans) pour se replonger dans les merveilles du passé qui doivent aussi assurer le futur de Nino. J'ai lu ce récit comme une invite à la transmission d'un essentiel que les enfants se doivent de sauvegarder. Le récit qui passe en revue les différents éléments de ce jardin idéal est formidablement soutenu par le très beau dessin de Simon Hureau. Pas de cases, certains passages font la part belle à de magnifiques illustrations mises en valeur par une coloration très réussie. Simon Hureau est probablement l'un des meilleurs dessinateurs du monde végétal et micro-animal. Ici il ajoute une mise en couleur qui sent bon l'été et la fraicheur des tonnelles. Une très belle lecture à partager avec ses enfants dans votre jardin ou votre salon d'appartement. 3.5

12/07/2023 (modifier)