Cette série donne l'impression que Simon Hureau a voulu proposer son message du très bon L'Oasis à un public plus jeune.
En collaboration avec Isabelle Rimasson au scénario, les auteurs proposent un album très frais et facile d'accès pour des enfants de plus en plus éloignés de la nature.
Le duo petit-fils/grand-mère (Nino/mamie) est un couple qui fonctionne toujours bien dans un imaginaire d'une France qui se souvient de ses racines rurales.
Le récit invite à couper du présent (les écrans) pour se replonger dans les merveilles du passé qui doivent aussi assurer le futur de Nino.
J'ai lu ce récit comme une invite à la transmission d'un essentiel que les enfants se doivent de sauvegarder. Le récit qui passe en revue les différents éléments de ce jardin idéal est formidablement soutenu par le très beau dessin de Simon Hureau.
Pas de cases, certains passages font la part belle à de magnifiques illustrations mises en valeur par une coloration très réussie. Simon Hureau est probablement l'un des meilleurs dessinateurs du monde végétal et micro-animal. Ici il ajoute une mise en couleur qui sent bon l'été et la fraicheur des tonnelles.
Une très belle lecture à partager avec ses enfants dans votre jardin ou votre salon d'appartement. 3.5
il faut que je l'avoue tout de suite, "Gone with the wind" est un des rares titres voire le seul titre qui m''émeut depuis des années. J'ai d'abord découvert , en tant que fan du cinéma américain des années 40, le film de Selznick (pour faire court) avec Vivien Leigh et Clark Gable, que je revois au moins une fois par an. Ce film fut pour moi Le Film, s'il n'en fallait qu'un, que l'on devrait retenir du XXème siècle.
Je possède d'ailleurs de nombreux ouvrages sur ce chef-d'œuvre cinématographique, comme les "mémos" de Selznick, ou encore "les coulisses du film" qui reprend notamment un grand nombre de story-board du film, pas si éloigné de cet album, il faut le souligner, et "la fabuleuse aventure d'un film" de Judy Cameron et Paul Christman, et d'autres ouvrages assez nombreux... sans oublier cette formidable adaptation cinématographique que je revois en VO -sans sous-titre- tant je connais les dialogues par cœur (d'ailleurs "Gone with the wind "est avec "Casablanca" est un des rares films que je peux suivre en VO, tant je suis fan de ces films).
En l'espèce, Pierre Alary s'est plutôt attaché à retranscrire le roman de Margaret Mitchell que de nous présenter une adaptation du film de Fleming (et de Georges Cukor, non crédité à la réalisation).
Alors je suis resté scotché par cet album.
D'une part, il faut souligner la qualité des couleurs employées, qui sont formidables. D'autre part, le dessin de Pierre Alary, que j'avais juste découvert avec Belladone, a gagné en maturité et en apaisement, Scarlett étant ici l'héroïne, telle que Margaret Mitchell l'avait imaginée.
L'auteur, ayant en plus réussi à se détacher du film mythique, à mes yeux, avec notamment la présence de Wade, l'enfant d'un premier mariage de Scarlett ( volontairement occulté dans l'adaptation cinématographique) et de Philip, premier et unique amour de Mme O'Hara , complètement oublié dans le film.
Pierre Alary a réussi sur cet album à faire une chose surprenante pour quelqu'un qui a pour ce roman une appétence particulière (je possède les deux adaptations françaises de ce roman, celle de Gallimard (de 1938) et celle de Gallmeister (2020), traduction plus fluide et réaliste à mon avis). En effet, outre son adaptation très réussie du roman, Pierre Alary nous enchante en nous présentant graphiquement les moments forts des aventures de Scarlett, à travers des hors titres consacrés au siège d'Atlanta et à la gare de triage d'Atlanta, avec son flot de blessés, comme Fleming l'avait réalisé dans le film, dans des scènes cruciales.
J'ai oublié de souligner la qualité éditoriale de la maison d'édition "Rue de Sèvres" qui, avec un dos toilé et un prix plus qu'abordable, nous offre un album que tout lecteur doit lire.
Je n'ai pas encore parlé du dessin, des personnages (que Pierre Alary arrive à faire vieillir intelligemment, comme Ashley Wilkes) mais qu'importe, je suis resté sous le charme de cette adaptation que j'ai dévorée.
Bravo à l'auteur.
Et oui, ça peut paraître chelou et quelque peu déroutant pour un lecteur de notre génération mais il ne faut pas oublier qu'on était dans les années 50 et c'était novateur à l'époque.
Ok, certains récits sont très inégaux de l'un à l'autre, mais c'est dur d'avoir le best quand on réunit quatre histoires de la sorte... Ok, on devine la fin de certaines. Mais ce recueil avait le mérite d'apporter de la SF, de l'étrange et du bizarre... Rien que du bon !!! Après, il y a le côté série B qui pourrait en faire fuir certains, mais que c'est le pied pour un amateur de ce genre comme moi !!!
A lire comme on ferait de l' archéologie de BD SF...
J'ai beaucoup apprécié cet opus de la collection présentant les grands poètes. Peut-être parce que la langue de Baudelaire me parle particulièrement, en tout cas je trouve le choix des poèmes effectué par Olivier Petit excellent.
Les notes biographiques de Christophe Renaud donnent le ciment et la cohérence de l'ouvrage autour du Spleen si admirablement mis en mots par Baudelaire. C'est paradoxal comme Baudelaire fut torturé et complexe mais a produit une poésie d'une pureté cristalline.
J'ai trouvé les illustrateurs des seize poèmes particulièrement bons et juste dans l'esprit de la poésie. Il faut avouer que Baudelaire développe des thématiques si contemporaines que les artistes d'aujourd'hui doivent se sentir en phase avec cette musique.
Dans notre société riche mais angoissée une relecture de Baudelaire montre que le Beau survit à la peur. Paradoxalement j'y ai lu un vrai moment de fraicheur.
C'est une bande dessinée que j'ai beaucoup appréciée durant mes années de collège, et encore aujourd'hui.
L'histoire est drôle et triste à la fois car on se met en quelques sortes dans la peau d'une fille, Karine, qui n'est pas très jolie, elle est un larbin envers ses copines qui la traitent comme une servante et ne plaît pas à tout le monde contrairement à Vicky et Jenny, ses "amies".
La BD traite de la superficialité des adolescentes. Sortie vers le début des années 2000, on avait la fameuse "mode" du string par-dessus le pantalon comme Vicky et Jenny nous le montrent.
La méchanceté de Vicky envers Karine, Jenny aussi mais est plus influençable à cause de Vicky qui lui donne mauvaise influence.
ATTENTION SPOIL
Au fil des BD, on observe la vie de ces jeunes filles ;
Karine se sentant très seule et moche (adolescence), Vicky avec des parents exigeants (pression des parents), notamment sa mère et Jenny avec une mère alcoolique (alcoolisme).
Toutefois, la fin se termine plutôt bien sauf pour la plus méchante, Vicky, elle grossit et ne se sent pas très bien du tout. Après le mal qu'elle a pu faire, on lui rend la pareille.
Jenny qui a trouvé un homme qui l'aime pour ce qu'elle a en qualité et non pour son physique, elle aura les cheveux totalement rasés à la fin, ne plaisant plus à personne sauf à son petit-ami.
Et pour terminer, Karine qui devient très belle et est avec un homme qui l'a toujours aimée non pour son physique mais pour ce qu'elle offre.
Malheureusement suite à la séparation des auteurs, il n'y aura pas la vraie fin prévue, ce qui me déçoit sur ce point, même si quelque part cela permet à des fans d'imaginer plusieurs fins possibles, mais bon, un peu décevant tout de même.
"Voilà où mène la haine".
Voilà le message principal de cette BD.
Et il est bon de temps en temps qu'on nous le rappelle.
Ginette Kolinka est une rescapée des camps de la mort et Aurore D'Hondt a décidé de raconter son histoire après leur rencontre et pour une première œuvre, c'est une réussite. A priori, rien ne prédisposait Aurore à se lancer dans la réalisation de cet album, elle était en dernière année de cycle ingénieur (M2). Pourtant, elle va mener à bien ce projet sur quatre années en autodidacte. Chapeau mademoiselle !
Un récit qui n'occulte rien, de la naïveté de Ginette au camp de Drancy à son indifférence à Birkenau, tout en passant par les humiliations et les conditions de vie au camp, le passage sur les latrines en est un exemple effarant. Et ces conditions de vie me parlent, j'ai visité Auschwitz et Birkenau en avril, j'ai vu les baraquements en bois (des box pour chevaux) et les latrines, sans oublier le froid mordant bien présent. Un moment que je n'oublierais jamais.
Et comme le fait remarquer Ginette, il ne faut pas oublier l'odeur pestilentiel qui y régnait.
Alors oui, le sujet de la Shoah n'est pas nouveau, mais ici, j'ai particulièrement aimé la direction choisie par l'autrice, celle d'une BD qui peut être lue par toutes les générations. Un témoignage choc et bouleversant.
Un noir et blanc semi-réaliste tout en rondeur, à première vue assez enfantin qui contraste avec la noirceur du récit, il en atténue la violence sans pour autant l'occulter.
J'ai aimé le parti pris de ne représenter que les visages des proches de Ginette (famille, prisonnières....), pour le reste on ne verra que leur bouche vociférante.
Les planches qui se déroulent dans les différents camps ont toutes un fond noir, le noir de la mort, le noir de la haine.
Je recommande évidemment.
Fabrice Parme réussit la gageure de rendre une petite fille unique et richissime de la cinquième avenue très sympathique.
Si Astrid obéit au doigt et à l'oeil à sa maman Pandora ou à sa maîtresse/préceptrice mlle Poppyscoop et collectionne les A+ sauf en gym, la jeune fille n'en reste pas moins d'une inventivité et d'une filouterie adorable pour contourner une éducation guindée.
C'est cette indépendance intérieure que Fabrice Parme exprime dans les regards d'Astrid qui fait tout le charme du personnage. Dans une ambiance des années 20 à NY un peu style Mary Poppins, Parme place avec humour une galerie de personnages tellement stéréotypés qu'ils en sont sympathiques.
Les différents épisodes proposent de la diversité et les trente pages se lisent avec sourire et plaisir.
Mais ce qui fait le plus de la série, c'est le graphisme de Parme et la mise en couleur de Véronique Dreher. Tout est plaisir des yeux avec des tons en harmonie égale au meilleur chic anglais. C'est aussi un réconfort de montrer aux jeunes lecteurs que l'on peut sortir d'un graphisme standard type animation TV pour créer des histoires sympas.
Une très bonne lecture pour petits et grands.
Sur les premières pages, j'étais un peu circonspect. Tout un album avec des personnages représentés comme des petits points colorés vus de dessus ? Oui. Chaque personnage est constitué de 2 cercles concentriques, comme un mexicain doté d'un sombrero. Au final j'ai lu l'album d'une traite. Ce n'est pas seulement une originalité graphique, l'histoire tient tout à fait la route. C'est celle d'un gamin, un peu le souffre-douleur du quartier, issu d'une famille qui n'a pas trop d'argent avec un père qui biberonne jusqu'au drame. Le jeune Simon va gagner au loto alors qu'il n'avait pas le droit de jouer comme il est mineur et pour la même raison il ne peut encaisser son gain. S’ensuit une sorte de road movie pour trouver un adulte honnête pour avoir cet argent, a priori un de ses 2 parents. On sent assez vite venir qui est vraiment l'homme qui vient visiter sa mère à l'hôpital.
On a l'impression de lire des infographies, des modes d'emploi (notamment un tutoriel de fabrication de vaginette à base de choucroute). On lit un album réalisé avec la formalité d'un logiciel type Visio. Est-ce que ça aurait eu autant d'écho avec un dessin "classique" ? Probablement pas. Comme quoi la bande dessinée est une subtile alliance de dessin et de texte.
Clapas est un one-shot bien ficelé, un thriller dans les montagnes du Vercors. Certes on peut dire qu'on a déjà pu voir ou lire des histoires à la trame similaire mais pourquoi se priver d'un ouvrage avec un bon dessin joliment coloré, un peu de frisson avec une chasse à l'homme et quelques clichés à l'instar de cette famille de crétins des Alpes. C'est une mauvaise rencontre sur les routes sinueuses qui va salement déraper.
Les dialogues sonnent également très justes. Bref un album qui se lit d'une traite. Bravo Isao Moutte.
Dans Hirayasumi, on suit le quotidien d'une poignée de Tokyoïtes ordinaires : Hiroto, employé à temps partiel un peu glandeur, Natsumi, sa cousine étudiante en art, et les personnes qui gravitent autour d'eux. A savoir, pêle-mêle : un jeune papa commercial, une mamie, une agente immobilière, un auteur à succès, d'autres étudiants en art...
Sur une trame a priori quelconque, Shinzo Keigo dresse une galerie de personnages attachants. L'auteur n'hésite pas à montrer leurs échecs et leurs angoisses qui ne sont pas si éloignés des nôtres malgré la différence de culture. Leur salut passe souvent par l'écoute et la bienveillance de leurs proches.
Il y a peu d'action et le fil narratif est plutôt ténu, mais la magie opère. En se focalisant sur les plaisirs simples et les bons moments passés ensemble, l'auteur prend le contrepied de la mentalité productiviste et compétitive qui semble assez ancrée au Japon. Et ça fait du bien !
La carrière bourgeonnante de Natsumi dans le manga m'a renvoyé à celles de Moritaka et Akito dans Bakuman. Mais j'ai plus d'empathie pour la première.
Vivement la suite !
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Un Jardin extraordinaire
Cette série donne l'impression que Simon Hureau a voulu proposer son message du très bon L'Oasis à un public plus jeune. En collaboration avec Isabelle Rimasson au scénario, les auteurs proposent un album très frais et facile d'accès pour des enfants de plus en plus éloignés de la nature. Le duo petit-fils/grand-mère (Nino/mamie) est un couple qui fonctionne toujours bien dans un imaginaire d'une France qui se souvient de ses racines rurales. Le récit invite à couper du présent (les écrans) pour se replonger dans les merveilles du passé qui doivent aussi assurer le futur de Nino. J'ai lu ce récit comme une invite à la transmission d'un essentiel que les enfants se doivent de sauvegarder. Le récit qui passe en revue les différents éléments de ce jardin idéal est formidablement soutenu par le très beau dessin de Simon Hureau. Pas de cases, certains passages font la part belle à de magnifiques illustrations mises en valeur par une coloration très réussie. Simon Hureau est probablement l'un des meilleurs dessinateurs du monde végétal et micro-animal. Ici il ajoute une mise en couleur qui sent bon l'été et la fraicheur des tonnelles. Une très belle lecture à partager avec ses enfants dans votre jardin ou votre salon d'appartement. 3.5
Gone with the wind
il faut que je l'avoue tout de suite, "Gone with the wind" est un des rares titres voire le seul titre qui m''émeut depuis des années. J'ai d'abord découvert , en tant que fan du cinéma américain des années 40, le film de Selznick (pour faire court) avec Vivien Leigh et Clark Gable, que je revois au moins une fois par an. Ce film fut pour moi Le Film, s'il n'en fallait qu'un, que l'on devrait retenir du XXème siècle. Je possède d'ailleurs de nombreux ouvrages sur ce chef-d'œuvre cinématographique, comme les "mémos" de Selznick, ou encore "les coulisses du film" qui reprend notamment un grand nombre de story-board du film, pas si éloigné de cet album, il faut le souligner, et "la fabuleuse aventure d'un film" de Judy Cameron et Paul Christman, et d'autres ouvrages assez nombreux... sans oublier cette formidable adaptation cinématographique que je revois en VO -sans sous-titre- tant je connais les dialogues par cœur (d'ailleurs "Gone with the wind "est avec "Casablanca" est un des rares films que je peux suivre en VO, tant je suis fan de ces films). En l'espèce, Pierre Alary s'est plutôt attaché à retranscrire le roman de Margaret Mitchell que de nous présenter une adaptation du film de Fleming (et de Georges Cukor, non crédité à la réalisation). Alors je suis resté scotché par cet album. D'une part, il faut souligner la qualité des couleurs employées, qui sont formidables. D'autre part, le dessin de Pierre Alary, que j'avais juste découvert avec Belladone, a gagné en maturité et en apaisement, Scarlett étant ici l'héroïne, telle que Margaret Mitchell l'avait imaginée. L'auteur, ayant en plus réussi à se détacher du film mythique, à mes yeux, avec notamment la présence de Wade, l'enfant d'un premier mariage de Scarlett ( volontairement occulté dans l'adaptation cinématographique) et de Philip, premier et unique amour de Mme O'Hara , complètement oublié dans le film. Pierre Alary a réussi sur cet album à faire une chose surprenante pour quelqu'un qui a pour ce roman une appétence particulière (je possède les deux adaptations françaises de ce roman, celle de Gallimard (de 1938) et celle de Gallmeister (2020), traduction plus fluide et réaliste à mon avis). En effet, outre son adaptation très réussie du roman, Pierre Alary nous enchante en nous présentant graphiquement les moments forts des aventures de Scarlett, à travers des hors titres consacrés au siège d'Atlanta et à la gare de triage d'Atlanta, avec son flot de blessés, comme Fleming l'avait réalisé dans le film, dans des scènes cruciales. J'ai oublié de souligner la qualité éditoriale de la maison d'édition "Rue de Sèvres" qui, avec un dos toilé et un prix plus qu'abordable, nous offre un album que tout lecteur doit lire. Je n'ai pas encore parlé du dessin, des personnages (que Pierre Alary arrive à faire vieillir intelligemment, comme Ashley Wilkes) mais qu'importe, je suis resté sous le charme de cette adaptation que j'ai dévorée. Bravo à l'auteur.
Weird Fantasy
Et oui, ça peut paraître chelou et quelque peu déroutant pour un lecteur de notre génération mais il ne faut pas oublier qu'on était dans les années 50 et c'était novateur à l'époque. Ok, certains récits sont très inégaux de l'un à l'autre, mais c'est dur d'avoir le best quand on réunit quatre histoires de la sorte... Ok, on devine la fin de certaines. Mais ce recueil avait le mérite d'apporter de la SF, de l'étrange et du bizarre... Rien que du bon !!! Après, il y a le côté série B qui pourrait en faire fuir certains, mais que c'est le pied pour un amateur de ce genre comme moi !!! A lire comme on ferait de l' archéologie de BD SF...
Poèmes de Baudelaire en BD (Charles Baudelaire - Les Poèmes en bandes dessinées)
J'ai beaucoup apprécié cet opus de la collection présentant les grands poètes. Peut-être parce que la langue de Baudelaire me parle particulièrement, en tout cas je trouve le choix des poèmes effectué par Olivier Petit excellent. Les notes biographiques de Christophe Renaud donnent le ciment et la cohérence de l'ouvrage autour du Spleen si admirablement mis en mots par Baudelaire. C'est paradoxal comme Baudelaire fut torturé et complexe mais a produit une poésie d'une pureté cristalline. J'ai trouvé les illustrateurs des seize poèmes particulièrement bons et juste dans l'esprit de la poésie. Il faut avouer que Baudelaire développe des thématiques si contemporaines que les artistes d'aujourd'hui doivent se sentir en phase avec cette musique. Dans notre société riche mais angoissée une relecture de Baudelaire montre que le Beau survit à la peur. Paradoxalement j'y ai lu un vrai moment de fraicheur.
Les Nombrils
C'est une bande dessinée que j'ai beaucoup appréciée durant mes années de collège, et encore aujourd'hui. L'histoire est drôle et triste à la fois car on se met en quelques sortes dans la peau d'une fille, Karine, qui n'est pas très jolie, elle est un larbin envers ses copines qui la traitent comme une servante et ne plaît pas à tout le monde contrairement à Vicky et Jenny, ses "amies". La BD traite de la superficialité des adolescentes. Sortie vers le début des années 2000, on avait la fameuse "mode" du string par-dessus le pantalon comme Vicky et Jenny nous le montrent. La méchanceté de Vicky envers Karine, Jenny aussi mais est plus influençable à cause de Vicky qui lui donne mauvaise influence. ATTENTION SPOIL Au fil des BD, on observe la vie de ces jeunes filles ; Karine se sentant très seule et moche (adolescence), Vicky avec des parents exigeants (pression des parents), notamment sa mère et Jenny avec une mère alcoolique (alcoolisme). Toutefois, la fin se termine plutôt bien sauf pour la plus méchante, Vicky, elle grossit et ne se sent pas très bien du tout. Après le mal qu'elle a pu faire, on lui rend la pareille. Jenny qui a trouvé un homme qui l'aime pour ce qu'elle a en qualité et non pour son physique, elle aura les cheveux totalement rasés à la fin, ne plaisant plus à personne sauf à son petit-ami. Et pour terminer, Karine qui devient très belle et est avec un homme qui l'a toujours aimée non pour son physique mais pour ce qu'elle offre. Malheureusement suite à la séparation des auteurs, il n'y aura pas la vraie fin prévue, ce qui me déçoit sur ce point, même si quelque part cela permet à des fans d'imaginer plusieurs fins possibles, mais bon, un peu décevant tout de même.
Ginette Kolinka - Récit d'une rescapée d'Auschwitz-Birkenau
"Voilà où mène la haine". Voilà le message principal de cette BD. Et il est bon de temps en temps qu'on nous le rappelle. Ginette Kolinka est une rescapée des camps de la mort et Aurore D'Hondt a décidé de raconter son histoire après leur rencontre et pour une première œuvre, c'est une réussite. A priori, rien ne prédisposait Aurore à se lancer dans la réalisation de cet album, elle était en dernière année de cycle ingénieur (M2). Pourtant, elle va mener à bien ce projet sur quatre années en autodidacte. Chapeau mademoiselle ! Un récit qui n'occulte rien, de la naïveté de Ginette au camp de Drancy à son indifférence à Birkenau, tout en passant par les humiliations et les conditions de vie au camp, le passage sur les latrines en est un exemple effarant. Et ces conditions de vie me parlent, j'ai visité Auschwitz et Birkenau en avril, j'ai vu les baraquements en bois (des box pour chevaux) et les latrines, sans oublier le froid mordant bien présent. Un moment que je n'oublierais jamais. Et comme le fait remarquer Ginette, il ne faut pas oublier l'odeur pestilentiel qui y régnait. Alors oui, le sujet de la Shoah n'est pas nouveau, mais ici, j'ai particulièrement aimé la direction choisie par l'autrice, celle d'une BD qui peut être lue par toutes les générations. Un témoignage choc et bouleversant. Un noir et blanc semi-réaliste tout en rondeur, à première vue assez enfantin qui contraste avec la noirceur du récit, il en atténue la violence sans pour autant l'occulter. J'ai aimé le parti pris de ne représenter que les visages des proches de Ginette (famille, prisonnières....), pour le reste on ne verra que leur bouche vociférante. Les planches qui se déroulent dans les différents camps ont toutes un fond noir, le noir de la mort, le noir de la haine. Je recommande évidemment.
Astrid Bromure
Fabrice Parme réussit la gageure de rendre une petite fille unique et richissime de la cinquième avenue très sympathique. Si Astrid obéit au doigt et à l'oeil à sa maman Pandora ou à sa maîtresse/préceptrice mlle Poppyscoop et collectionne les A+ sauf en gym, la jeune fille n'en reste pas moins d'une inventivité et d'une filouterie adorable pour contourner une éducation guindée. C'est cette indépendance intérieure que Fabrice Parme exprime dans les regards d'Astrid qui fait tout le charme du personnage. Dans une ambiance des années 20 à NY un peu style Mary Poppins, Parme place avec humour une galerie de personnages tellement stéréotypés qu'ils en sont sympathiques. Les différents épisodes proposent de la diversité et les trente pages se lisent avec sourire et plaisir. Mais ce qui fait le plus de la série, c'est le graphisme de Parme et la mise en couleur de Véronique Dreher. Tout est plaisir des yeux avec des tons en harmonie égale au meilleur chic anglais. C'est aussi un réconfort de montrer aux jeunes lecteurs que l'on peut sortir d'un graphisme standard type animation TV pour créer des histoires sympas. Une très bonne lecture pour petits et grands.
La Couleur des choses
Sur les premières pages, j'étais un peu circonspect. Tout un album avec des personnages représentés comme des petits points colorés vus de dessus ? Oui. Chaque personnage est constitué de 2 cercles concentriques, comme un mexicain doté d'un sombrero. Au final j'ai lu l'album d'une traite. Ce n'est pas seulement une originalité graphique, l'histoire tient tout à fait la route. C'est celle d'un gamin, un peu le souffre-douleur du quartier, issu d'une famille qui n'a pas trop d'argent avec un père qui biberonne jusqu'au drame. Le jeune Simon va gagner au loto alors qu'il n'avait pas le droit de jouer comme il est mineur et pour la même raison il ne peut encaisser son gain. S’ensuit une sorte de road movie pour trouver un adulte honnête pour avoir cet argent, a priori un de ses 2 parents. On sent assez vite venir qui est vraiment l'homme qui vient visiter sa mère à l'hôpital. On a l'impression de lire des infographies, des modes d'emploi (notamment un tutoriel de fabrication de vaginette à base de choucroute). On lit un album réalisé avec la formalité d'un logiciel type Visio. Est-ce que ça aurait eu autant d'écho avec un dessin "classique" ? Probablement pas. Comme quoi la bande dessinée est une subtile alliance de dessin et de texte.
Clapas
Clapas est un one-shot bien ficelé, un thriller dans les montagnes du Vercors. Certes on peut dire qu'on a déjà pu voir ou lire des histoires à la trame similaire mais pourquoi se priver d'un ouvrage avec un bon dessin joliment coloré, un peu de frisson avec une chasse à l'homme et quelques clichés à l'instar de cette famille de crétins des Alpes. C'est une mauvaise rencontre sur les routes sinueuses qui va salement déraper. Les dialogues sonnent également très justes. Bref un album qui se lit d'une traite. Bravo Isao Moutte.
Hirayasumi
Dans Hirayasumi, on suit le quotidien d'une poignée de Tokyoïtes ordinaires : Hiroto, employé à temps partiel un peu glandeur, Natsumi, sa cousine étudiante en art, et les personnes qui gravitent autour d'eux. A savoir, pêle-mêle : un jeune papa commercial, une mamie, une agente immobilière, un auteur à succès, d'autres étudiants en art... Sur une trame a priori quelconque, Shinzo Keigo dresse une galerie de personnages attachants. L'auteur n'hésite pas à montrer leurs échecs et leurs angoisses qui ne sont pas si éloignés des nôtres malgré la différence de culture. Leur salut passe souvent par l'écoute et la bienveillance de leurs proches. Il y a peu d'action et le fil narratif est plutôt ténu, mais la magie opère. En se focalisant sur les plaisirs simples et les bons moments passés ensemble, l'auteur prend le contrepied de la mentalité productiviste et compétitive qui semble assez ancrée au Japon. Et ça fait du bien ! La carrière bourgeonnante de Natsumi dans le manga m'a renvoyé à celles de Moritaka et Akito dans Bakuman. Mais j'ai plus d'empathie pour la première. Vivement la suite !