Nouvel ouvrage des éditions BD Must, voilà un très bel album ! Dany est vraiment un auteur/dessinateur d'une richesse incomparable. Il s'est essayé à tous les styles et on retrouve à merveille cet éclectisme dans l'album ici présent.
Les récits inédits qui nous sont offerts vont de 1966 à 2011, ce qui nous garantit d'en avoir pour tous les goûts. Cela signifie que chaque lecteur trouvera son plaisir dans des histoires différentes du voisin, mais a priori, chaque lecteur trouvera son plaisir à un moment ou à un autre. Pour ma part, j'avoue préférer la première moitié de l'album avec des récits écrits par Godard ou Greg, ou même par Dany seul, dans le style des deux auteurs précités (Dany lui-même fait aussi un parallèle compréhensible avec Franquin ou Kiraz, mais ce dernier m'est totalement inconnu). On y trouve la patte fantaisiste propre à la bande dessinée de cette époque, du journal Tintin.
Néanmoins, les amateurs de récits réalistes y trouveront également leur compte, grâce à des récits historiques ou à la dernière histoire, la plus longue, Rêve d'Istanbul, qui est apparemment publiée pour la 1re fois en français. Je dois dire que ce récit est celui qui m'a le plus déçu. Il correspond au style moderne de Dany et m'a rappelé Un homme qui passe, c'est-à-dire que ça ne raconte à peu près rien, car le ton se veut contemplatif. Dans la mesure où il s'agit d'un récit à vocation touristique, puisqu'il s'agit d'une commande de la ville d'Istanbul, qui l'a publié dans une revue turque. Si on sent qu'il s'agit d'une commande de promotion d'Istanbul, c'est toutefois peu gênant à la lecture, car l'aspect "carte postale" est complètement en adéquation avec le récit romantique que Dany met en place. En revanche, si on ne s'implique pas émotionnellement aux côtés des personnages, on ne tirera rien de cette histoire.
En ce qui me concerne, j'ai eu largement de quoi me consoler avec le reste. Car il faut bien reconnaître que cette polyvalence extrême de Dany permet de maintenir une surprise rafraîchissante du début à la fin de l'album. On ne sait jamais si le récit suivant durera 2 ou 8 pages, s'il sera comique ou historique, s'il sera dessiné dans un style "gros nez" ou réaliste, etc. Et pour les amateurs de ce genre de compilation, c'est un pur régal !
Qu'il s'agisse d'un récit humoristique qui multiplie les jeux de mots jusqu'à plus soif (Ah, quel œuf !), d'un gag étalé sur 4 pages (Le voleur supersonique), d'un récit réaliste sur le dernier membre d'une tribu honteusement massacrée par les Américains (Le Dernier Sauvage), ou d'une simple scène qui constitue une histoire à elle toute seule (Le Meilleur, impressionnant dans sa manière de condenser tous les enjeux d'une grande histoire en seulement deux pages !), cet album est un délice quasiment de A à Z.
Evidemment, ceux qui préfèrent le réalisme passeront vite les premières pages, ceux qui préfèrent l'humour s'attarderont dessus, mais chacun y trouvera son compte. Le tout dans un bel album, très propre et agréable. Bref, pour ceux qui aiment Dany, un incontournable. Pour les autres, une curiosité qui se consultera avec un réel plaisir tout de même.
Souvent chez de petits éditeurs (remarque qui n’est en rien péjorative !), et généralement sans trop de fioriture, Nancy Pena développe une œuvre des plus intéressantes et originales. Et cet album confirme tout son talent.
Construit comme un assemblage au départ assez hétéroclite d’histoires courtes (qui au final s’agglomèrent dans un ensemble cohérent), le récit se révèle rapidement intéressant. Il brasse des univers différents, du conte japonisant à l’enquête policière (dans laquelle apparaissent d’ailleurs Holmes et Watson), et nous présente une variation sur les chats, dans laquelle la poésie a toute sa place (elle prend même par moments toutes la place !)..
La lecture est très agréable. Grâce au dessin de Pena, simple et fluide, qui utilise très bien un Noir et Blanc un peu gras. Mais aussi grâce à une narration légère, pleine de fraicheur.
Après le sympathique mais imparfait Mickey's Craziest Adventures, Trondheim et Keramidas reprennent la plume pour se concentrer cette fois sur Donald. Le début fait vraiment penser au début du tome précédent, mais l'aventure part dans une direction tout-à-fait différente. Exit le procédé consistant à enlever des pages aléatoirement, cette fois, le récit est complet. Cela renforce l'unité de l'histoire, et pour autant, Trondheim ne rompt pas avec le procédé "un gag par page", qui en est même peut-être renforcé.
Mais surtout, ce qui rend cet album très supérieur au précédent, c'est que, mine de rien, les auteurs glissent une vraie réflexion philosophique sur la quête et la nature du bonheur. Evidemment, rien de très développé, mais beaucoup de répliques font mouche par leur capacité à introduire à la fois une rupture humoristique très drôle, voire parfois hilarante, et une amorce de réflexion souvent très intelligente, mais toujours adaptée à un jeune public.
Les aventures de Donald le mènent cette fois dans une dictature type soviétique et au sommet de l'Himalaya, et Trondheim réussit à mener de main de maître son récit échevelé sans jamais perdre de vue sa réflexion philosophique. Les personnages sont hauts en couleur, et rentrent totalement dans la logique de l'apologue à la Voltaire ou La Fontaine l'auteur perpétue ici. Je ne dis pas qu'on est au même niveau, mais les procédés sont les mêmes et ils témoignent d'une belle maîtrise.
Du côté du dessin, je trouve que, comme dans le premier tome, il lui manque une petite touche pour nous offrir un pastiche vraiment digne de ce nom, mais cela m'a moins gêné que dans Mickey's craziest adventures. Peut-être est-ce aussi dû au fait que le récit est plus uni, car plus suivi.
Bref, une bonne lecture, que j'ai préférée à celle du tome précédent. Si on n'est toujours pas sur un chef-d'œuvre, il est clair que cette histoire remplit totalement sa fonction et remplit son but à merveille : nous divertir, tout en nous offrant un soupçon de réflexion pas désagréable.
J'aime bien la thématique de l'urbex que j'avais découvert dans la série Urbex-Pep et Djou. Cela ouvre la porte à de nombreuses possibilités de scénarii. Les auteurs peuvent travailler sur le patrimoine, l'histoire avec des digressions policières ou aventureuses comme pour Pep et Djou.
Ici Dugomier choisit un angle fantastique intimiste qui convient aussi très bien avec des vieilles bâtisses abandonnées.
Alex et Julie sont deux lycéens qui passent leurs soirées à explorer les bâtiments désaffectés pour en découvrir les secrets et faire des photos. C'est excitant, en marge de la légalité, source d'adrénaline mais aussi respectueux d'une éthique. De quoi se construire une vraie personnalité sans avoir besoin de la popularité des autres au lycée.
Mais un jour la visite d'une villa fantôme, la ville Pandora change la donne. Dugommier nous entraine alors dans un univers proche de Stanley Kubrick dans Shining. L'ambiance devient mi fantastique mi horreur et va s'enfoncer dans le glauque au fil des trois épisodes.
Comme dans Shining, Alex et Julie se retrouvent avec ce don de voir des éléments dramatiques du passé. En travaillant sur des faits qui semblent extérieurs à leur famille ils se rendent compte que c'est leur passé lointain qui leur parle. L'auteur travaille sur deux plans dans son scénario : une histoire qui se résout à la fin de chaque tome mais cela porte une histoire plus complexe qui forme un cycle des trois épisodes.
C'est très bien construit même s’il y quelques longueurs en t2 et t3 et que j'ai trouvé la conclusion un peu confuse avec quelques petites faiblesses.
Pour alléger l'ambiance, l'auteur ajoute une histoire d'amourette d'ados/jeunes adultes. Ce ne sont pas les épisodes que je préfère, les auteurs étant contraints de limiter le lycée à une dizaine d'élèves stéréotypés à outrance pour terminer par une histoire d'orientation sexuelle un peu hors de la cohérence générale du récit.
Le graphisme de Clarke est très moderne mixant les attitudes manga avec un style plus européen. Cela donne du dynamisme à la narration. Si les personnages sont assez conventionnels, les décors sont très soignés et travaillés. C'est d'ailleurs l'essentiel car à mon avis c'est la villa Pandora avec son univers fantastique, la vraie vedette de la série.
Il y a beaucoup de scènes de nuit et j'ai trouvé la mise en couleur et les éclairages agréables pour rendre ces ambiances nocturnes.
Une bonne série pour ados qui se lit agréablement bien malgré quelques petits détails. 3.5
Ce livre nous propose un témoignage plus qu’une véritable histoire. Un témoignage d'un père à sa fille sur une partie de sa jeunesse. Un témoignage qui sonne et résonne vrai, si proche en terme de temps (approx. 80 ans) mais déjà si éloigné de notre quotidien, une autre époque donc. Et le moins que l’on puisse dire ou écrire, c’est que ça fait froid dans le dos.
J'ai ressenti beaucoup de peine (pour lui) en lisant les aventures de ce petit garçon. Et c’est vraiment la grande force de ce livre, On y adhère tant on le vit avec lui et le ressent: sa tristesse, son abandon, son désamour, ses liens familiaux "complexes et variés", sa maltraitance, son travail...inlassablement….sa vie tout simplement à cette époque…glauque, ingrate, dure, âpre, injuste. Une enfance détournée, volée!
Bizarrement, le livre pourrait être pessimiste au possible mais c'est tout le contraire qui se dégage de ce petit garçon, une joie de vivre, un optimisme rare, une force à toujours aller de l'avant, une grande innocence...Même si elle se fane vers la fin du livre (la maturité de l'âge arrivant).
Après lecture, le livre ne m'évoque quasiment que du positif tant en ressort cette insouciance et ce positivisme propre à la jeunesse.
Coté dessin c'est du tout bon, du début à la fin. Il sert parfaitement l'histoire et en s'inspirant de "l'art paysan" permet de mieux la contextualiser.
L’album se refermera quasiment d'ailleurs sur des pleines pages (une quinzaine au total) (en quelque sortes des tableaux….à libre interprétation) franchement très très réussies.
Une très belle bande dessinée.
J'ai été vraiment séduit par cette série très originale de Baptiste Pagani. Son scénario m'a tenu en haleine du début à la fin.
Même si la fin est un peu rose, son dénouement est si bien amené, suite à des montagnes russes émotionnelles qu'il n'amoindrit pas du tout la cohérence du récit.
Je n'ai jamais été amateur de Bruce Lee ni de Jacky Chan mais cette époque me parle et je me suis plongé dans l'ambiance des fims de Hong Kong avec délice. En effet dans les années 80 HK était un centre majeur du cinéma mondial.
J'ai donc beaucoup apprécié le côté documentaire qui porte la fiction de cette jeune chinoise Jin Ha, naïve mais au combien sympathique et symbolique.
L'idée de Pagani d'orienter Jin vers les cascades est une superbe proposition. Cela la démarque d'un côté glamour et séductrice (Moon Choi) vu mille fois, ensuite Pagani nous entraine dans les coulisses des plateaux et des réglages millimétrés des cascades qui ont fait la singularité et la gloire mondiale de ce type de cinéma.
Pour autant l'auteur ne se contente pas de nous faire partager une passion nostalgique de ces films, il introduit une dramaturgie bien véritable pour de si nombreuses actrices qui se retrouvent sexuellement exploitées par des professionnels voyous peu scrupuleux.
L'auteur ne tombe jamais dans le voyeurisme racoleur pour faire vivre cette partie de l'histoire. De plus, c'est soutenu par des dialogues d'un bon niveau ce qui rend la lecture très plaisante.
J'ai été un peu dérouté par le graphisme au début de ma lecture. Mais très vite je me le suis approprié. J'y ai trouvé deux qualités fortes : les visages asiatiques sont très réussis, avec beaucoup de diversité, d'expressivité et une facilité de reconnaissance remarquable. Ensuite j'ai été séduit par l'ambiance de la ville de HK qui perle des beaux panoramas ou scènes plus intimes dessinées par Pagani.
Les scènes de Kung Fu sont très dynamiques avec un côté chorégraphique qui l'emporte sur le côté violence.
Pour finir j'ai ri aux piques d'humour concernant les personnages japonais dans l'imaginaire des acteurs et actrices chinois(es).
Une excellente lecture qui prouve que l'on peut encore écrire de très belles histoires originales et dépaysantes. Un très bon 4
Un album très dense, marquant, qui donne à voir le terrible destin d’un homme, mais aussi de milliers de militants de gauche en Grèce, des années 1940 au début des années 1970.
Les lecteurs qui n’ont pas de connaissance géopolitique de l’époque – et de la région, gagneraient à lire d’abord les jalons chronologiques du dossier final.
Pour le reste, la capacité de résistance de ces hommes, emprisonnés, torturés pendant des années, est assez incroyable. Et l’on s’étonne -pas trop en y réfléchissant – que les crimes commis contre les militants communistes dans les régimes du « camp de l’ouest » durant la guerre froide soient totalement occultés, et non traités au même niveau que ceux commis par le « camp » d’en face.
Le dessin est simple et agréable, fluide. Sans fioriture, il est au service du récit, très dur. Récit qui est l’adaptation du livre autobiographique écrit par le personnage principal.
Et j’ai bien aimé ce récit. Instructif (pour le cadre général, mais aussi pour découvrir la force de caractère de certains hommes face à un appareil répressif obstiné et inique.
Une lecture qui prend du temps (180 pages très denses donc), mais que j’ai appréciée.
Note réelle 3,5.
Je connais le roman de Chester Himes, que j’avais bien aimé. Et je dois dire que Wolinski a très bien su retranscrire le rythme, la truculence, la violence – qui sert de dénonciation du traitement raciste subi par les Noirs dans le New-York des années 1950.
Dans un très grand format, Wolinski présente une facette de son travail qui peut surprendre, tant il nous a ensuite habitué à un dessin plus brouillon et « crade ». Ici, au contraire, c’est un dessin très chouette, qui fleure bon l’underground américain (dont Wolinski était friand, entre Shelton et Crumb je trouve pour le rendu). La mise en page est aussi parfois audacieuse (le très grand format lui donne pas mal de libertés dans ce domaine).
En tout cas, j’ai retrouvé ce gros naïf (un champion du genre !) de Jackson, qui se fait entuber par tout le monde, et qui, à chaque fois qu’il tente de sauver les meubles, s’enfonce encore plus dans la mouise. C’est assez drôle et jouissif. Et le rythme s’accélère dans la seconde moitié de l’histoire (d’autant plus qu’ont été coupés certains monologues de Jackson présents dans le roman), humour et noirceur accompagnant.
Une adaptation très fidèle au roman, et une lecture très agréable. Avec en sus le plaisir et/ou la surprise de voir un Wolinski éloigné de son style « habituel ».
Note réelle 3,5/5.
3.5
J'avais entendu parler du scandale Mediator, mais je ne connaissais que les grandes lignes.
Ce qu'on apprend dans cet album est édifiant, mais malheureusement pas surprenant si on s'intéresse à ce genre d'affaire: une grosse compagnie qui cache les effets néfastes d'un produit et qui ne pense qu'au profit, les organismes gouvernementales qui ferment les yeux, les lanceurs d'alertes qui se sentent bien seul et pendant ce temps il y a des morts qui s'accumulent dans l'indifférence générale.....C'est juste écœurant.
C'est un bon documentaire où on développe bien le sujet et on parle de différents éléments de manière claire et précis sans perdre le lecteur. Le seul reproche que je peux faire est que cela manque un peu de dynamisme dans la narration, mais pour un documentaire ce n'est pas trop grave. Il faut juste savoir qu'il y a tellement d'informations que c'est pas le genre d'album de BD qu'on peut lire en moins d'une heure. Malgré le fait qu'il y a beaucoup de texte, j'ai été passionné, mai c'est sans doute parce que le sujet de base m'intéressais.
Le dessin est très bon et va bien pour un documentaire.
Attention OVNI. Cet Inexistences est un album sur lequel Christophe Bec a travaillé 5 ans, et le moins qu'on puisse dire c'est que le résultat est surprenant et spectaculaire. Il brise les codes de la BD conventionnelle et nous propose un album très grand format qui mêle BD évidemment, mais aussi textes, illustrations, peintures, et même une nouvelle... en effet le 4e chapitre est composé de pages de textes, agrémentées de quelques illustrations. Voilà donc un album qui sort totalement des sentiers battus.
Mais l'originalité ne fait pas tout, il faut que cela soit au service de la qualité. En l'occurence ici graphiquement on est servi. Des pleines pages d'illustrations succèdent à d'autres pleines pages d'illustrations. Tout cela met en scène et en lumière un monde post apocalyptique ou règne la désolation. On y découvre des paysages montagneux et enneigés, on y respire un air glacial et on sent un environnement hostile. Visuellement c'est assez fort. Les cases sont vraiment grandes et on en prend pleins les yeux. Traditionnellement vous lisez des BDs qui se composent de cases 'standard', format gaufriers, et occasionnellement on a une illustration pleine page. Ici la proportion est inversée et les grandes illustrations sont prépondérantes. Il y a même quelques quadruples pages qui proposent des paysages grandioses.
Pas grand chose à redire graphiquement, ce livre est un plaisir pour les yeux.
Du coup, et c'est assez rare pour être souligné, l'histoire passe au second plan. On évolue dans cet univers post apocalyptique sans vraiment suivre une intrigue, ni un personnage principal, au début en tout cas. Les gens vivent en petits clans, ils ont oublié le passé, toutes les connaissances que les hommes avaient acquises sont perdues. On ne sait pas comment on en est arrivé là. C'est assez contemplatif, mais finalement Bec arrive à capter notre curiosité. Car après nous avoir planté le décor pendant des pages et des pages, on découvre qu'un enfant terré dans une montagne connaitrait l'origine de tout ça et se rappellerait du monde d'avant. Il n'en faut pas plus pour être happé par la suite du récit.
Suite qui est assez onirique, mais tout autant saisissante que le reste. Inexistences est un album original et atypique, un pari éditorial, peut être risqué, mais à mon avis, un pari pleinement réussi.
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Les Inédits de Dany
Nouvel ouvrage des éditions BD Must, voilà un très bel album ! Dany est vraiment un auteur/dessinateur d'une richesse incomparable. Il s'est essayé à tous les styles et on retrouve à merveille cet éclectisme dans l'album ici présent. Les récits inédits qui nous sont offerts vont de 1966 à 2011, ce qui nous garantit d'en avoir pour tous les goûts. Cela signifie que chaque lecteur trouvera son plaisir dans des histoires différentes du voisin, mais a priori, chaque lecteur trouvera son plaisir à un moment ou à un autre. Pour ma part, j'avoue préférer la première moitié de l'album avec des récits écrits par Godard ou Greg, ou même par Dany seul, dans le style des deux auteurs précités (Dany lui-même fait aussi un parallèle compréhensible avec Franquin ou Kiraz, mais ce dernier m'est totalement inconnu). On y trouve la patte fantaisiste propre à la bande dessinée de cette époque, du journal Tintin. Néanmoins, les amateurs de récits réalistes y trouveront également leur compte, grâce à des récits historiques ou à la dernière histoire, la plus longue, Rêve d'Istanbul, qui est apparemment publiée pour la 1re fois en français. Je dois dire que ce récit est celui qui m'a le plus déçu. Il correspond au style moderne de Dany et m'a rappelé Un homme qui passe, c'est-à-dire que ça ne raconte à peu près rien, car le ton se veut contemplatif. Dans la mesure où il s'agit d'un récit à vocation touristique, puisqu'il s'agit d'une commande de la ville d'Istanbul, qui l'a publié dans une revue turque. Si on sent qu'il s'agit d'une commande de promotion d'Istanbul, c'est toutefois peu gênant à la lecture, car l'aspect "carte postale" est complètement en adéquation avec le récit romantique que Dany met en place. En revanche, si on ne s'implique pas émotionnellement aux côtés des personnages, on ne tirera rien de cette histoire. En ce qui me concerne, j'ai eu largement de quoi me consoler avec le reste. Car il faut bien reconnaître que cette polyvalence extrême de Dany permet de maintenir une surprise rafraîchissante du début à la fin de l'album. On ne sait jamais si le récit suivant durera 2 ou 8 pages, s'il sera comique ou historique, s'il sera dessiné dans un style "gros nez" ou réaliste, etc. Et pour les amateurs de ce genre de compilation, c'est un pur régal ! Qu'il s'agisse d'un récit humoristique qui multiplie les jeux de mots jusqu'à plus soif (Ah, quel œuf !), d'un gag étalé sur 4 pages (Le voleur supersonique), d'un récit réaliste sur le dernier membre d'une tribu honteusement massacrée par les Américains (Le Dernier Sauvage), ou d'une simple scène qui constitue une histoire à elle toute seule (Le Meilleur, impressionnant dans sa manière de condenser tous les enjeux d'une grande histoire en seulement deux pages !), cet album est un délice quasiment de A à Z. Evidemment, ceux qui préfèrent le réalisme passeront vite les premières pages, ceux qui préfèrent l'humour s'attarderont dessus, mais chacun y trouvera son compte. Le tout dans un bel album, très propre et agréable. Bref, pour ceux qui aiment Dany, un incontournable. Pour les autres, une curiosité qui se consultera avec un réel plaisir tout de même.
Le Chat du kimono
Souvent chez de petits éditeurs (remarque qui n’est en rien péjorative !), et généralement sans trop de fioriture, Nancy Pena développe une œuvre des plus intéressantes et originales. Et cet album confirme tout son talent. Construit comme un assemblage au départ assez hétéroclite d’histoires courtes (qui au final s’agglomèrent dans un ensemble cohérent), le récit se révèle rapidement intéressant. Il brasse des univers différents, du conte japonisant à l’enquête policière (dans laquelle apparaissent d’ailleurs Holmes et Watson), et nous présente une variation sur les chats, dans laquelle la poésie a toute sa place (elle prend même par moments toutes la place !).. La lecture est très agréable. Grâce au dessin de Pena, simple et fluide, qui utilise très bien un Noir et Blanc un peu gras. Mais aussi grâce à une narration légère, pleine de fraicheur.
Donald's Happiest Adventures
Après le sympathique mais imparfait Mickey's Craziest Adventures, Trondheim et Keramidas reprennent la plume pour se concentrer cette fois sur Donald. Le début fait vraiment penser au début du tome précédent, mais l'aventure part dans une direction tout-à-fait différente. Exit le procédé consistant à enlever des pages aléatoirement, cette fois, le récit est complet. Cela renforce l'unité de l'histoire, et pour autant, Trondheim ne rompt pas avec le procédé "un gag par page", qui en est même peut-être renforcé. Mais surtout, ce qui rend cet album très supérieur au précédent, c'est que, mine de rien, les auteurs glissent une vraie réflexion philosophique sur la quête et la nature du bonheur. Evidemment, rien de très développé, mais beaucoup de répliques font mouche par leur capacité à introduire à la fois une rupture humoristique très drôle, voire parfois hilarante, et une amorce de réflexion souvent très intelligente, mais toujours adaptée à un jeune public. Les aventures de Donald le mènent cette fois dans une dictature type soviétique et au sommet de l'Himalaya, et Trondheim réussit à mener de main de maître son récit échevelé sans jamais perdre de vue sa réflexion philosophique. Les personnages sont hauts en couleur, et rentrent totalement dans la logique de l'apologue à la Voltaire ou La Fontaine l'auteur perpétue ici. Je ne dis pas qu'on est au même niveau, mais les procédés sont les mêmes et ils témoignent d'une belle maîtrise. Du côté du dessin, je trouve que, comme dans le premier tome, il lui manque une petite touche pour nous offrir un pastiche vraiment digne de ce nom, mais cela m'a moins gêné que dans Mickey's craziest adventures. Peut-être est-ce aussi dû au fait que le récit est plus uni, car plus suivi. Bref, une bonne lecture, que j'ai préférée à celle du tome précédent. Si on n'est toujours pas sur un chef-d'œuvre, il est clair que cette histoire remplit totalement sa fonction et remplit son but à merveille : nous divertir, tout en nous offrant un soupçon de réflexion pas désagréable.
Urbex
J'aime bien la thématique de l'urbex que j'avais découvert dans la série Urbex-Pep et Djou. Cela ouvre la porte à de nombreuses possibilités de scénarii. Les auteurs peuvent travailler sur le patrimoine, l'histoire avec des digressions policières ou aventureuses comme pour Pep et Djou. Ici Dugomier choisit un angle fantastique intimiste qui convient aussi très bien avec des vieilles bâtisses abandonnées. Alex et Julie sont deux lycéens qui passent leurs soirées à explorer les bâtiments désaffectés pour en découvrir les secrets et faire des photos. C'est excitant, en marge de la légalité, source d'adrénaline mais aussi respectueux d'une éthique. De quoi se construire une vraie personnalité sans avoir besoin de la popularité des autres au lycée. Mais un jour la visite d'une villa fantôme, la ville Pandora change la donne. Dugommier nous entraine alors dans un univers proche de Stanley Kubrick dans Shining. L'ambiance devient mi fantastique mi horreur et va s'enfoncer dans le glauque au fil des trois épisodes. Comme dans Shining, Alex et Julie se retrouvent avec ce don de voir des éléments dramatiques du passé. En travaillant sur des faits qui semblent extérieurs à leur famille ils se rendent compte que c'est leur passé lointain qui leur parle. L'auteur travaille sur deux plans dans son scénario : une histoire qui se résout à la fin de chaque tome mais cela porte une histoire plus complexe qui forme un cycle des trois épisodes. C'est très bien construit même s’il y quelques longueurs en t2 et t3 et que j'ai trouvé la conclusion un peu confuse avec quelques petites faiblesses. Pour alléger l'ambiance, l'auteur ajoute une histoire d'amourette d'ados/jeunes adultes. Ce ne sont pas les épisodes que je préfère, les auteurs étant contraints de limiter le lycée à une dizaine d'élèves stéréotypés à outrance pour terminer par une histoire d'orientation sexuelle un peu hors de la cohérence générale du récit. Le graphisme de Clarke est très moderne mixant les attitudes manga avec un style plus européen. Cela donne du dynamisme à la narration. Si les personnages sont assez conventionnels, les décors sont très soignés et travaillés. C'est d'ailleurs l'essentiel car à mon avis c'est la villa Pandora avec son univers fantastique, la vraie vedette de la série. Il y a beaucoup de scènes de nuit et j'ai trouvé la mise en couleur et les éclairages agréables pour rendre ces ambiances nocturnes. Une bonne série pour ados qui se lit agréablement bien malgré quelques petits détails. 3.5
Une enfance de paille
Ce livre nous propose un témoignage plus qu’une véritable histoire. Un témoignage d'un père à sa fille sur une partie de sa jeunesse. Un témoignage qui sonne et résonne vrai, si proche en terme de temps (approx. 80 ans) mais déjà si éloigné de notre quotidien, une autre époque donc. Et le moins que l’on puisse dire ou écrire, c’est que ça fait froid dans le dos. J'ai ressenti beaucoup de peine (pour lui) en lisant les aventures de ce petit garçon. Et c’est vraiment la grande force de ce livre, On y adhère tant on le vit avec lui et le ressent: sa tristesse, son abandon, son désamour, ses liens familiaux "complexes et variés", sa maltraitance, son travail...inlassablement….sa vie tout simplement à cette époque…glauque, ingrate, dure, âpre, injuste. Une enfance détournée, volée! Bizarrement, le livre pourrait être pessimiste au possible mais c'est tout le contraire qui se dégage de ce petit garçon, une joie de vivre, un optimisme rare, une force à toujours aller de l'avant, une grande innocence...Même si elle se fane vers la fin du livre (la maturité de l'âge arrivant). Après lecture, le livre ne m'évoque quasiment que du positif tant en ressort cette insouciance et ce positivisme propre à la jeunesse. Coté dessin c'est du tout bon, du début à la fin. Il sert parfaitement l'histoire et en s'inspirant de "l'art paysan" permet de mieux la contextualiser. L’album se refermera quasiment d'ailleurs sur des pleines pages (une quinzaine au total) (en quelque sortes des tableaux….à libre interprétation) franchement très très réussies. Une très belle bande dessinée.
The Golden Path - Ma vie de cascadeuse
J'ai été vraiment séduit par cette série très originale de Baptiste Pagani. Son scénario m'a tenu en haleine du début à la fin. Même si la fin est un peu rose, son dénouement est si bien amené, suite à des montagnes russes émotionnelles qu'il n'amoindrit pas du tout la cohérence du récit. Je n'ai jamais été amateur de Bruce Lee ni de Jacky Chan mais cette époque me parle et je me suis plongé dans l'ambiance des fims de Hong Kong avec délice. En effet dans les années 80 HK était un centre majeur du cinéma mondial. J'ai donc beaucoup apprécié le côté documentaire qui porte la fiction de cette jeune chinoise Jin Ha, naïve mais au combien sympathique et symbolique. L'idée de Pagani d'orienter Jin vers les cascades est une superbe proposition. Cela la démarque d'un côté glamour et séductrice (Moon Choi) vu mille fois, ensuite Pagani nous entraine dans les coulisses des plateaux et des réglages millimétrés des cascades qui ont fait la singularité et la gloire mondiale de ce type de cinéma. Pour autant l'auteur ne se contente pas de nous faire partager une passion nostalgique de ces films, il introduit une dramaturgie bien véritable pour de si nombreuses actrices qui se retrouvent sexuellement exploitées par des professionnels voyous peu scrupuleux. L'auteur ne tombe jamais dans le voyeurisme racoleur pour faire vivre cette partie de l'histoire. De plus, c'est soutenu par des dialogues d'un bon niveau ce qui rend la lecture très plaisante. J'ai été un peu dérouté par le graphisme au début de ma lecture. Mais très vite je me le suis approprié. J'y ai trouvé deux qualités fortes : les visages asiatiques sont très réussis, avec beaucoup de diversité, d'expressivité et une facilité de reconnaissance remarquable. Ensuite j'ai été séduit par l'ambiance de la ville de HK qui perle des beaux panoramas ou scènes plus intimes dessinées par Pagani. Les scènes de Kung Fu sont très dynamiques avec un côté chorégraphique qui l'emporte sur le côté violence. Pour finir j'ai ri aux piques d'humour concernant les personnages japonais dans l'imaginaire des acteurs et actrices chinois(es). Une excellente lecture qui prouve que l'on peut encore écrire de très belles histoires originales et dépaysantes. Un très bon 4
Toi au moins, tu es mort avant
Un album très dense, marquant, qui donne à voir le terrible destin d’un homme, mais aussi de milliers de militants de gauche en Grèce, des années 1940 au début des années 1970. Les lecteurs qui n’ont pas de connaissance géopolitique de l’époque – et de la région, gagneraient à lire d’abord les jalons chronologiques du dossier final. Pour le reste, la capacité de résistance de ces hommes, emprisonnés, torturés pendant des années, est assez incroyable. Et l’on s’étonne -pas trop en y réfléchissant – que les crimes commis contre les militants communistes dans les régimes du « camp de l’ouest » durant la guerre froide soient totalement occultés, et non traités au même niveau que ceux commis par le « camp » d’en face. Le dessin est simple et agréable, fluide. Sans fioriture, il est au service du récit, très dur. Récit qui est l’adaptation du livre autobiographique écrit par le personnage principal. Et j’ai bien aimé ce récit. Instructif (pour le cadre général, mais aussi pour découvrir la force de caractère de certains hommes face à un appareil répressif obstiné et inique. Une lecture qui prend du temps (180 pages très denses donc), mais que j’ai appréciée. Note réelle 3,5.
La Reine des pommes
Je connais le roman de Chester Himes, que j’avais bien aimé. Et je dois dire que Wolinski a très bien su retranscrire le rythme, la truculence, la violence – qui sert de dénonciation du traitement raciste subi par les Noirs dans le New-York des années 1950. Dans un très grand format, Wolinski présente une facette de son travail qui peut surprendre, tant il nous a ensuite habitué à un dessin plus brouillon et « crade ». Ici, au contraire, c’est un dessin très chouette, qui fleure bon l’underground américain (dont Wolinski était friand, entre Shelton et Crumb je trouve pour le rendu). La mise en page est aussi parfois audacieuse (le très grand format lui donne pas mal de libertés dans ce domaine). En tout cas, j’ai retrouvé ce gros naïf (un champion du genre !) de Jackson, qui se fait entuber par tout le monde, et qui, à chaque fois qu’il tente de sauver les meubles, s’enfonce encore plus dans la mouise. C’est assez drôle et jouissif. Et le rythme s’accélère dans la seconde moitié de l’histoire (d’autant plus qu’ont été coupés certains monologues de Jackson présents dans le roman), humour et noirceur accompagnant. Une adaptation très fidèle au roman, et une lecture très agréable. Avec en sus le plaisir et/ou la surprise de voir un Wolinski éloigné de son style « habituel ». Note réelle 3,5/5.
Mediator - Un crime chimiquement pur
3.5 J'avais entendu parler du scandale Mediator, mais je ne connaissais que les grandes lignes. Ce qu'on apprend dans cet album est édifiant, mais malheureusement pas surprenant si on s'intéresse à ce genre d'affaire: une grosse compagnie qui cache les effets néfastes d'un produit et qui ne pense qu'au profit, les organismes gouvernementales qui ferment les yeux, les lanceurs d'alertes qui se sentent bien seul et pendant ce temps il y a des morts qui s'accumulent dans l'indifférence générale.....C'est juste écœurant. C'est un bon documentaire où on développe bien le sujet et on parle de différents éléments de manière claire et précis sans perdre le lecteur. Le seul reproche que je peux faire est que cela manque un peu de dynamisme dans la narration, mais pour un documentaire ce n'est pas trop grave. Il faut juste savoir qu'il y a tellement d'informations que c'est pas le genre d'album de BD qu'on peut lire en moins d'une heure. Malgré le fait qu'il y a beaucoup de texte, j'ai été passionné, mai c'est sans doute parce que le sujet de base m'intéressais. Le dessin est très bon et va bien pour un documentaire.
Inexistences
Attention OVNI. Cet Inexistences est un album sur lequel Christophe Bec a travaillé 5 ans, et le moins qu'on puisse dire c'est que le résultat est surprenant et spectaculaire. Il brise les codes de la BD conventionnelle et nous propose un album très grand format qui mêle BD évidemment, mais aussi textes, illustrations, peintures, et même une nouvelle... en effet le 4e chapitre est composé de pages de textes, agrémentées de quelques illustrations. Voilà donc un album qui sort totalement des sentiers battus. Mais l'originalité ne fait pas tout, il faut que cela soit au service de la qualité. En l'occurence ici graphiquement on est servi. Des pleines pages d'illustrations succèdent à d'autres pleines pages d'illustrations. Tout cela met en scène et en lumière un monde post apocalyptique ou règne la désolation. On y découvre des paysages montagneux et enneigés, on y respire un air glacial et on sent un environnement hostile. Visuellement c'est assez fort. Les cases sont vraiment grandes et on en prend pleins les yeux. Traditionnellement vous lisez des BDs qui se composent de cases 'standard', format gaufriers, et occasionnellement on a une illustration pleine page. Ici la proportion est inversée et les grandes illustrations sont prépondérantes. Il y a même quelques quadruples pages qui proposent des paysages grandioses. Pas grand chose à redire graphiquement, ce livre est un plaisir pour les yeux. Du coup, et c'est assez rare pour être souligné, l'histoire passe au second plan. On évolue dans cet univers post apocalyptique sans vraiment suivre une intrigue, ni un personnage principal, au début en tout cas. Les gens vivent en petits clans, ils ont oublié le passé, toutes les connaissances que les hommes avaient acquises sont perdues. On ne sait pas comment on en est arrivé là. C'est assez contemplatif, mais finalement Bec arrive à capter notre curiosité. Car après nous avoir planté le décor pendant des pages et des pages, on découvre qu'un enfant terré dans une montagne connaitrait l'origine de tout ça et se rappellerait du monde d'avant. Il n'en faut pas plus pour être happé par la suite du récit. Suite qui est assez onirique, mais tout autant saisissante que le reste. Inexistences est un album original et atypique, un pari éditorial, peut être risqué, mais à mon avis, un pari pleinement réussi.