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Couverture de la série Yojimbot
Yojimbot

Très sympa cette série, ça s’adresse plutôt aux ados mais je n’ai pas boudé mon plaisir. Sylvain Repos m’a embarqué dans son petit monde. Sa mise en page est aérée et agréable à suivre, les nombreuses scènes d’action sont rythmées, le tout est d’une fluidité exemplaire. J’ai surtout succombé à son univers de robots samouraïs, j’aime beaucoup cette idée et leurs designs (un peu comme dans le jeu video Stray). Une trame relativement classique mais ça déroule gentiment, par contre il ne faudrait pas que ça s’éternise trop. J’ai enchaîné les 3 tomes ce week-end, bref il assure seul un sacré et super boulot et il tient plutôt bien son récit. De la chouette bd dans le genre divertissement. 3,5

18/12/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hoka Hey !
Hoka Hey !

Si les histoires d'indiens ne me tentent pas trop d'ordinaire, je ne pouvais pas passer à côté d'avis positifs aussi unanimes au sujet de cet album. Et force est de constater que c'est vraiment une chouette BD. L'histoire est dense, réaliste et mature. Le récit aborde l'identité indienne et le passage vers le monde moderne de manière intelligente, mêlant la réflexion et l'amertume des sentiments à de la pure aventure. Les décors sont magnifiques, beaucoup m'ayant replongé dans l'ambiance que j'avais aimée dans Red Dead Redemption 2 qui se déroule à peu près à la même époque et visiblement dans des lieux très similaires. J'ai été à la fois dépaysé par ce récit épique et intéressé tout du long par le développement de son intrigue, la justesse de ses dialogues et des comportements des protagonistes, ainsi que par les quelques retournements de situations inattendus qui ont fait que je n'aurais pas pu deviner comment les choses allaient se passer. Excellent western crépusculaire à l'intrigue finement ciselée et au dessin de grande qualité.

18/12/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Pénis de table
Pénis de table

Cette BD est une petite perle qui plaira sans doute aux plus barbus d'entre nous. Prévue comme une suite d'échanges et discussion autour d'une thématique peu abordée, elle est aussi intéressante que salutaire pour faire face aux considérations classiques de la sexualité des hommes. Je suis assez intéressé par les questions tournant autour de la sexualité, ce qui se voit sans doute dans mes lectures de polisson, mais c'est surtout par intérêt pour une pratique bien humaine et cachée dans notre société codifiée par des années de culpabilité judéo-chrétienne autour du pêché de chair. Comme beaucoup d'autres gars, parler de sexe est tabou, exprimer des idées sur ma sexualité est considéré comme "sale" et il ne faut surtout pas que je me pose trop de questions, j'aurais sans doute des fantasmes bizarre. J'aime donc tout ce qui amène à interroger et questionner ces pratiques codifiées de vies, mais aussi voir que pour tout le monde, c'est la même sauce. La BD est une suite d'échanges, donc, entre personnes que je pense pas représentatives du français moyen (sans méchanceté aucune). Il y a plusieurs représentations de sexualité mais je pense que c'est avant tout une façon de présenter un large spectre plutôt que de représenter la moyenne des français. Et en même temps, cette diversité apparente cache finalement des mécanismes semblables sur bien des points. Il y a finalement pas mal de points communs à ces messieurs bien différents de prime abord. Les questions sont abordés par thématiques et englobent pas mal de questions intéressantes, avec des témoignages parfois surprenant. Ca m'a rappelé le moment où, au lycée, j'avais déniché un livre sur la puberté chez les garçon (un seul dans un rayon qui en comptait au moins une vingtaine pour femmes) et que j'avais découvert cette incroyable vérité : tout le monde s'est déjà masturbé. A l'époque, j'ai vu ça comme une véritable révolution. Ce livre m'a fait un peu le même effet : me rendre compte que beaucoup de questions que j'ai sont légitimes, que plusieurs réflexions que je me suis faite, je ne suis pas le seul à les avoir. La sexualité, c'est un sujet vaste et souvent complexe (ou qu'on complexifie, je dirais). A travers cette BD, l'auteur annonce qu'il serait temps de remettre en question la sacro-sainte idée de la sexualité des hommes (rappelés par les tables de la loi du virilisme dans la BD). Je me rappelle avoir échangé une fois avec une amie et l'avoir surprise en parlant de certains détails de sexualité : oui, certains hommes n'aiment pas forcément la fellation, ne sont pas toujours disponible, peuvent avoir mal ou se blesser, ne pas aimer la pénétration systématique, etc … Les hommes ont aussi à prendre en main leur sexe (au sens propre et figuré !) pour se choisir ce qu'ils veulent comme plaisir, savoir poser des limites, ne pas se mettre la pression et surtout, surtout apprécier sereinement. Sans compétition, sans besoin de toujours être parfait, en sachant demander et avouer. La BD n'est pas parfaite, surtout pas exhaustive et manque de développement sur plusieurs points, mais j'aime beaucoup ce qu'elle propose parce que c'est un grand pas en avant. A mon sens, il se rapproche de Bagarre érotique - Récits d'une travailleuse du sexe que j'ai aussi adorée sur les questions de ce que chaque garçon peut se poser sur le sexe. Une lecture salutaire, qui fait du bien et incite grandement à développer ces réflexions. C'est surtout une invitation à s'ouvrir sur ce sujet, à échanger entre barbus pour enfin se libérer de cette oppression invisible. On commence quand ?

18/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Nexus (Semic)
Nexus (Semic)

Le point fort de la bande est incontestablement son dessin : extrêmement rigoureux et maitrisé, il est très agréable à l'oeil et particulièrement facile à apprécier au travers des cases dynamiques des aventures de ce Super-Héros décalé. C'est archi-lisible, et même le plus allergique au classicisme affiché de ce trait dépouillé de toute fioriture -et d'hésitation !- devrait être séduit par la maitrise affichée de tous les aspects graphiques de ce Comic-Book. Bon, l'histoire... Hé bien, je ne peux pas dire qu'elle m'ait laissé un souvenir impérissable ! De la mise sur la figure cosmique (?) en plein milieu d'un Univers Science-Fictionnesque pleins de vaisseaux spatiaux et d'extra-terrestres... Il est manifeste que ce gars-là, mis à part son patronyme retentissant et son joli costume (et ses pouvoirs, bien sûr !) n'a pas grand chose du super champion habituel. Bien plus : le côté "radical" de certaines scènes tend à le ranger dans une catégorie plus "Aventure" que Super-Héros ; ce qui traduirait mieux la nature du contexte où il évolue, beaucoup moins naïf que ce qui se fait en général. En fait de SF, c'est une épopée de piraterie, avec Empire à défier et hors-la-loi de confiance ! Et, bien sûr, tous ces "ports" mal famés où aborder entre deux abordages... C'est original, même au jour d'aujourd'hui ; même si, en ce qui me concerne, le côté "dur" de la personnalité du Nexus heurte un peu trop ma sensibilité pour éveiller un tant soit peu mon adhésion. Mais Steve Rude est un grand artiste de Comic : il maitrise son sujet sur le bout des doigts, qu'on aime ou pas son style. Du Comic de qualité.

17/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Dracula d'après Bram Stoker
Dracula d'après Bram Stoker

Comme indiqué précédemment : l'absence d'autonomie réelle des artistes quant à l'adaptation du film les limite dans leur exploitation de l'histoire : c'est plan-plan, malgré l'aisance de Mignola (encore une fois) à transcrire assez efficacement en ombres et lumières les scènes-clés du long-métrage. Roy Thomas peine par contre à donner un rythme -et de la chaleur !- au Comic, tant la narration de Coppola suit le rythme originel de Bram Stoker (Hoouaff, j'ai bien dormi !). Mais c'est un peu le défaut des adaptations, d'un genre à l'autre : sans une réelle liberté d'interprétation, il est presque impossible d'insuffler quoi que ce soit de sa vision propre et, donc, l'exercice y perd souvent en profondeur. Au delà de la qualité du travail de Mignola, il est néanmoins important de souligner l'intelligence des décideurs pour lui avoir confié l'ouvrage : étant donnée la façon très "théâtre de marionnettes" -volontaire, hein !- de la réalisation de Coppola, les noirs et blancs théâtraux du dessinateur rendent magnifiquement hommage au style précisément choisi de l’œuvre filmée ; et, donc, la subliment sans en trahir l'esthétique. Assez rare, dans ce genre d'exercice, pour être noté. Vraiment pas mal du tout.

17/12/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série True love - Une romance graphique
True love - Une romance graphique

Une artiste que je voulais découvrir depuis un certain temps (rien de disponible dans ma bibliothèque), je profite donc de la sortie de cet album pour le faire et cet album est bien plus qu'une simple bande dessinée. Un album qui se décompose en trois parties distinctes. D'abord un avant-propos sur l'exposition à la bibliothèque du Centre Pompidou, du 22 novembre 2023 au 01 avril 2024, avec une rétrospective sur la vie de Posy Simmonds avec de nombreux dessins inédits, certains datant de son enfance, ce qui permet de contextualiser son œuvre. Ensuite, place à la BD avec : - True love (44 planches) L'histoire d'amour à sens unique d'une secrétaire pour son patron qui est un coureur de jupons. Des situations cocasses avec de nombreux personnages magnifiquement croqués pour un récit satirique sur les rapports homme/femme. C'est drôle, percutant et criant de vérité. Un humour très britannique pour enrubanner ce petit bijou. Un dessin très expressif qui mélange caricature et réalisme pour différencier réalité et rêverie. J'aime beaucoup. Note : 4,5. - One pagers (10 planches). Dix histoires sur une planche, reprenant chacune un thème spécifique. J'ai beaucoup aimé celle avec la visite en coup de vent d'une fille chez sa vieille mère. Culpabilité et solitude sont au rendez-vous. Un ensemble qui fait souvent mouche. Visuellement, un noir et blanc efficace légèrement caricatural. Note : 3,5. - La petite fille aux allumettes (3 planches). Une revisite ironique, en inversant les rôles, du conte de Hans Christian Andersen. Un style graphique proche de la caricature, très expressif aux couleurs seventies. Jubilatoire. Note : 4 étoiles. - Cartier (5 planches). Le désir et une montre Cartier au milieu de cet imbroglio amoureux. Un dessin au trait fin dans un style plus réaliste dans des couleurs pastel. Déroutant. Note : 4 étoiles. Et pour terminer, un long autoportrait avec un entretien où Posy Simmonds revient sur cinquante ans de carrière. Un album que je conseille à celles et ceux qui veulent découvrir cette artiste.

16/12/2023 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Labyrinthus
Labyrinthus

Avec un album de Christophe Bec je sais par avance que je vais me régaler. J’adore plonger dans les méandres de ses histoires. Avec ces deux albums de science-fiction de la série Labyrinthus je n’ai pas été déçu, bien au contraire. Christophe Bec au scénario et Fabrice Neaud dévoilent une symbiose exceptionnelle entre narration captivante et illustration immersive. L'univers créé par Christophe est riche en détails, explorant des thèmes futuristes avec une profondeur conceptuelle remarquable. Comme d’hab ! Fabrice Neaud, quant à lui, apporte une dimension visuelle envoûtante, sa maîtrise artistique transcende les attentes. Les personnages, complexes et nuancés, s'animent grâce à l’habileté du scénariste, offrant une immersion émotionnelle intense. Fabrice Neaud complète ce tableau avec des dessins qui capturent l'essence même de chaque scène, éveillant les sens du lecteur que je suis à travers une palette visuelle impressionnante. MA GNI FI QUE ! L'intrigue, habilement tissée, se déploie avec des rebondissements ingénieux, maintenant un suspense haletant. Vous ne pouvez pas lâcher vos albums avant d’avoir fini. Les dialogues ciselés à la perfection enrichissent l'expérience, tandis que Fabrice Neaud utilise son talent graphique pour transcender les limites de la narration conventionnelle. C’est du grand art je vous dis. En somme, cette première collaboration entre Christophe Bec et Fabrice Neaud dans le domaine de la bande dessinée de science-fiction érige un monument artistique captivant avec une fusion magistrale de scénario sophistiqué et d'art visuel exquis. Cette série est un incontournable pour les amateurs du genre, offrant une expérience sensorielle et intellectuelle qui perdurera bien au-delà de la dernière page. Je recommande vivement.

16/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Jungle beef
Jungle beef

Un album instructif qui nous plonge au cœur de la jungle hondurienne. Parti en repérage pour un reportage, l'auteur découvre avec effroi l'impact du trafic de drogue sur cette région sauvage. Au menu : corruption, déforestation, populations locales dépossédées de leurs terres... L'album alterne judicieusement les passages didactiques avec des scènes davantage centrées sur l'expédition de l'auteur. L'occasion de partager avec nous son amour de la nature (Olivier Behra est ethnobotaniste de profession) au travers de planches très immersives grâce au dessin de Cyrille Meyer. L’utilisation de l’aquarelle sublime le trait, et certaines cases, en particulier celles pleine page, sont magnifiques. Seul petit bémol, j'ai eu du mal à bien saisir tous les tenants et les aboutissants de certains passages, mais c'est peut-être davantage ma concentration que le propos qui est à mettre en cause. Une seconde lecture me semble intéressante pour mieux cerner tous les détails. Un album très intéressant et utile, qui ne peut que nous révolter tout en nous obligeant à nous confronter à nos propres habitudes de consommation.

16/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Georges et la Mort
Georges et la Mort

Je suis un grand amateur de la poésie truculente et populaire, des airs tristes et enjoués de Georges Brassens, et je connais assez bien sa vie. Je pense être le cœur de cible de ce petit ouvrage. En effet, le récit est truffé d’allusion à son œuvre (des lieux qu’il a chantés, comme Paris, Brive ou Sète, mais aussi et surtout beaucoup de ses chansons célèbres – les exemples sont très nombreux au fil des pages) ou à sa vie (surtout la période des vaches maigres, lorsqu’il vivotait chez Jeanne – mais aussi sur la fin lorsque, devenu malgré lui « vedette », il habitait dans les Yvelines à Crespières). Le récit est centré sur la période de dèche (qu’il avait magnifiée et détournée dans son roman « La tour des miracles »), avant qu’il ne « perce » (bizarre que l’impasse ait été faite sur la rencontre avec Patachou au début des années 1950). Mais on sent que Blaise Guinin connait son bonhomme, son œuvre, et surtout qu’il l’aime. C’est en effet une déclaration d’amour à Brassens et ce qu’il représentait. La grande hypocrisie de la « bien-pensance » (représentée ici par les commères qui déblatèrent sur lui dans son dos, le dépouillent lorsqu’elles le croient mort, les flics un peu cons et obtus qui lui cherchent des noises ou ce couple adultère qui fornique en l’accusant d’être un danger pour les bonnes mœurs), mais aussi l’amitié indéfectible pour ses proches, l’homme est bien cerné et brossé. Sorte de Shéhérazade ayant convaincu la Mort de lui laisser du sursis en chantant, Brassens devient ici quasi immortel. Et le dessin très simple, mais agréable et fluide de Guinin est comme une ultime caresse à ce faux dur, ce grand bougon anarchiste plein de compassion et d’amitié pour les réprouvés (les pauvres, les prostituées, etc.), qui a su toute sa vie rester fidèle à ses idées. Un récit simple, mais un bel hommage. Note réelle 3,5/5.

16/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Geisha ou Le jeu du shamisen
Geisha ou Le jeu du shamisen

J’ai lu ce diptyque avec beaucoup de plaisir. C’est un récit qui captive sans esbroufe. Le dessin, que je trouvais parfois moyen (sur certains visages), s’est révélé rapidement très agréable, en tout cas fluide et dynamique, mais aussi adapté au ton contemplatif souvent adopté par la narration. Le récit est intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord – et c’est une de ses principales qualités je pense, il nous donne à voir un moment charnière de l’histoire japonaise, la première moitié du vingtième siècle, après l’ère Meiji, et avant la descente aux enfers de la dictature fasciste des années 1930. Il y a un peu d’une « fin de siècle/belle époque » décalée, un violent tremblement de terre venant détruire vies et bâtiments, en même temps qu’il fait voler en éclats les aspirations de l’héroïne qui, si elle échappe à l’hécatombe, voit la voie royale qui s’ouvrait devant elle se boucher, la suite du récit n’étant qu’une descente, plus ou moins calme et apaisée, vers une « retraite » à l’écart du monde. C’est aussi une présentation d’un monde finissant, celui des geishas, ces courtisanes à ne pas confondre avec de simples prostituées, que les tremblements de terre, mais aussi et surtout une certaine « modernité » font disparaitre. Un univers que je ne connaissais pas vraiment. Enfin, au milieu de tout ça, nous suivons une jeune femme, de sa jeunesse à sa « retraite », elle qui est entrée comme « apprentie » dans une maison renommée d’une grande ville japonaise, pour devenir une geisha réputée, une grande joueuse de shamisen (une sorte de cithare/guitare traditionnelle). Son personnage prend de plus en plus d’épaisseur, et ses amours – contrariées – donne à son personnages quelque chose d’éperdu, de troublant, une force et une fêlure qui peuvent s’apparenter à celles que dégagent les failles sismiques. Une lecture que j’ai bien appréciée en tout cas.

16/12/2023 (modifier)