Les derniers avis (32287 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Kuklos
Kuklos

Je partage l'avis de Bamileke, qui a bien résumé les défauts de cette BD (la fin un peu trop pathétique selon moi, notamment), mais tout comme lui j'ai été assez surpris de la maitrise du ton ! C'est assez difficile de passer dans le camp des "méchants" (et à cet égard le Klan est franchement dans ce camp) sans en faire trop et les dénoncer comme des vilains pas beau, ou tenter de les comprendre et les rendre attachants. Lorsqu'on parle de personnes qui pendent des noirs et les brutalisent juste pour asseoir une idéologie raciste, il est dangereux de les rendre attachants. La BD joue parfaitement bien dessus, présentant le Klan comme une grande famille que beaucoup rejoignent par esprit de camaraderie, on sent d'ailleurs le côté rite initiatique et intégration dans un monde d'adulte lors de la cérémonie d'intronisation. Le Klan est aussi un outil politique, un moyen d'asseoir une domination locale dans un pays beaucoup moins centralisé que la France. Cette notion est assez clairement montrée également, rien que par la profusion de magistrats qui en faisaient partie. En deux parties distinctes (les années 20 avec l'entrée dans le Klan et les années 50 au moment des tensions) nous découvrons les deux facettes du Klan : ce qu'il veut être et ce qu'il est. Une volonté d'être les chevaliers sauveurs d'une civilisation et d'une race, des défenseurs des droits des blancs et tout le tintouin, voila pour le programme. Très réjouissant ! Mais la BD montre aussi dans sa deuxième partie ce qu'il en est vraiment : violence aveugle (le crime prémédité est interdit par les règles du Klan, ce qui m'a surpris), sadisme, tensions entre membres jusqu'aux fausses accusations et tentatives de meurtres par un tiers. Une explosion de violence assez sauvage imprègne la fin de la BD, dans laquelle une sorte de revanche des noirs-américains violentés jusque là se fait sentir. Une revanche sordide et violente, tout autant que l'étaient les actions commises à leurs égards. La BD se positionne clairement contre le Klan et ses idéaux racistes, mais arrive à nous montrer aussi ce qu'il veut être et ce qu'il est, dévoilant le fanatisme et la peur d'un remplacement (tiens, ça me rappelle un truc), la volonté de faire corps ensemble et de s'investir pour un avenir radieux. Le Klan se veut dans le passé, le présent et l'avenir, ce qui s'est malheureusement confirmé. Bien que n'étant plus aussi grand et puissant qu'il le fut, ce groupuscule subsiste encore par divers moyens et organismes, dont certains ont pu faire parler d'eux récemment. Finalement, je trouve que la BD utilise parfaitement bien le médium pour faire passer un message. Une dénonciation de ce que c'est, sans jamais tomber dans la facilité. Je suis surpris de la qualité du travail, en bien, et je ne peux que vous la recommander.

21/12/2023 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Picsou - Le Dragon de Glasgow
Picsou - Le Dragon de Glasgow

Celle-là, je ne m'y attendais pas ! Quelle émotion, quelle surprise ! Le Dragon de Glasgow commence comme un récit classique pour enfants. Le décor est joliment posé, dans cette Ecosse industrielle du XIXe siècle, avec ses clivages sociaux très forts. On se laisse donc facilement embarquer, grâce au joli dessin - classique mais efficace - de Petrossi. Mais ce qui nous embarque le plus, c'est l'histoire de Chamblain. Cette histoire n'a l'air de rien, mais l'auteur prend le temps de construire son récit et ses personnages avec une efficacité impressionnante. Le fond de lutte des classes, la description de la misère sociale, cette amitié et ces petites guéguerres entre des enfants désœuvrés, plus ou moins insouciants des problèmes "de grands"... On a déjà vu/lu tout ça, mais ici, ça marche plutôt bien. Mais surtout, plus on avance dans l'histoire, plus on se rend compte de la puissance de ce que Chamblain construit l'air de rien sous nos yeux. La volonté du jeune Picsou pour sauver sa famille, ces relations entre les personnages, pleines d'orgueil et d'honneur mal placé mais aussi de tendresse et d'attention aux autres, le fait qu'il n'y ait aucun vrai méchant... Tout cela participe à façonner une atmosphère très séduisante, façonnée par l'âme de personnages savamment croqués. Bien sûr, le récit peut rencontrer quelques grosses facilités causées par l'enlèvement de cette barrière traditionnelle adultes/enfants. Si les adultes croient aussi facilement les enfants et leur parlent quasiment d'égal à égal, la structure du récit d'initiation en est modifiée et rendue peut-être un peu trop évidente. Et en même temps, c'est ce qui permet à l'émotion de nous toucher directement en plein cœur. Que la directrice du théâtre ou le gérant de la mine s'énervent aussi peu devant des enfants qui s'infiltrent chez eux peut étonner, mais c'est aussi ce genre de détails qui les rend très humains et attachants. Cela donne lieu à de belles scènes comme ce moment où le directeur de la scène ouvre les yeux du jeune Balthazar sur les difficultés des adultes. Ainsi, l'absence de véritable méchant permet d'instaurer une jolie délicatesse et une belle poésie qui portent ce récit humainement très riche. Malheureusement, il faut bien être conscient que cela n'exclut pas quelques grosses approximations ou facilités narratives. J'avoue avoir eu du mal à cerner la nature de certains événements (tout ce qui tourne autour du château) ou à apprécier quelques ellipses temporelles. Jusqu'à quelques pages avant la fin, j'étais prêt à ne mettre que 3 étoiles à cette bande dessinée, trouvant que cette narration pas toujours maîtrisée nuisait un peu trop à l'immersion pour rendre celle-ci vraiment complète. Mais c'était sans compter sur la conclusion, qui m'a absolument embarqué ! Légère et poétique, elle est tout à fait attendue et ne surprend guère, mais elle est admirablement mise en œuvre. Venant parfaitement couronner le parcours de personnages joliment travaillé, cette fin en clin d'œil à tout ce qui a précédé est la seule conclusion qui valait. Et la bouffée d'émotion qu'elle apporte justifie bien qu'on soit généreux avec ce tome, qui me restera probablement bien plus en mémoire que ce que j'avais imaginé.

21/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Des vivants
Des vivants

Le parti pris des auteurs est sans doute pour beaucoup dans la distanciation, la relative froideur des dialogues – et par là même de « l’intrigue ». Mais ce parti pris est aussi gage d’authenticité. En effet, ils se sont servis pour la trame et les dialogues des écrits des personnes évoquées, que ce soit dans des journaux, des lettres – ou alors par des témoignages directs. C’est ainsi qu’est reconstituée la fondation et la vie du réseau du Musée de l’Homme, qui a uni des hommes et des femmes dans la résistance à l’occupation et à la collaboration. C’est un récit intéressant, qui pointe l’enthousiasme, l’intransigeance, mais aussi la folie et l’imprudence de ces personnes qui, pour beaucoup, vont payer de leur vie leur action salvatrice et la confiance qu’ils avaient placé dans certains « traitres ». Album intéressant donc, avec un dessin qui ne joue pas la carte du réalisme, qui est assez proche de celui de Stanislas, mais que j’ai bien aimé. Comme j’ai encore bien aimé le très beau travail éditorial des éditions 2024.

21/12/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Spectateur
Le Spectateur

3.5 J'avoue que je ne savais pas si je devrais mettre 3 ou 4 étoiles pour ce one-shot hors du commun. En effet, tout le long de l'album je ne savais pas trop ce que l'auteur voulait raconter au juste au travers cette histoire d'un garçon qui s'enferme dans son mutisme et qui n'est que spectateur de tout ce qui arrive dans sa vie. J'aime bien lorsque je comprends les intentions de l'auteur parce que lorsque ce n'est pas le cas, je suis souvent perdu. Heureusement, ce n'a pas été le cas et malgré ce défaut, j'ai bien aimé ma lecture. Le gimmick de tout voir au travers les yeux du personnage principal fonctionne bien. Le scénario est prenant et la situation du héros change souvent au fil de sa vie ce qui fait que je ne me suis pas ennuyé. Le point fort s'est que tous les personnages sont très bien écrient et les dialogues sont vraiment savoureux. Un bon album qui mérite d'être mieux connu.

20/12/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chevalier au Dragon
Le Chevalier au Dragon

Je note un peu large, mais la BD est intéressante autant dans son histoire que dans sa création. Sur le premier plan, c'est une histoire de fantastique médiévale un peu classique dans le genre mais qui fonctionne, aux personnages attachants et aux situations épiques. Sur le second plan, c'est une incroyable histoire de redécouverte d'une histoire médiévale, patiemment reconstituée dans les textes étalés aux quatre coins du monde. Rien que cette idée originale m'a donné envie de lire cette BD. J'ai trouvé que la BD était sympathique, mais sans grand plus. Je ne sais pas si la volonté de coller au texte a limité les possibilités, ou si l'inclusion de modernité dans les textes (dialogues notamment) a été mal amenée, mais dans tout les cas je trouve que l'équilibre est parfois précaire. Ca m'a surtout frappé dans les interactions de personnages, puisque Sivar est un personnage très typé roman de chevalerie tandis que les deux compagnons font beaucoup plus contemporains. Cette différence de ton se manifeste aussi dans un déséquilibre au niveau des interactions : certains personnages ne servent qu'une seule fois au récit et restent en second plan tout le reste du temps. Je pense que c'est la résultante de l'adaptation du texte médiévale dans une nouvelle forme, mais je l'ai ressenti à la lecture. Par contre ces défauts mis de côté, j'ai trouvé l'ensemble franchement bien menée. Une légende arthurienne de plus, qui joue sur les personnages et les codes avec une certaine aisance et nous expose une légende qui semble inspirée de nombreuses autres. J'ai trouvé, à la lecture, que plusieurs mélanges se faisaient sentir, mais c'est parce que je commence à distinguer les différentes mythologies qui se croisent. En tout cas à cet égard, j'ai vraiment apprécié le fait de lire la BD comme une sorte de jeu de pistes à la croisée des influences. Et l'histoire en elle-même est tout autant divertissante qu'une autre. C'est le genre à lire lorsqu'on s'intéresse aux histoires du mythe arthurien, mais aussi à tout ce qui touche aux légendes médiévales. Personnellement j'ai bien aimé !

20/12/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Nous ne serons jamais des héros
Nous ne serons jamais des héros

Ma note oscille entre le "Pas mal" et le "Franchement bien", que j'arrondis à la hausse parce que l'impression finale reste tout de même positive. C'est le genre de roman graphique classique qui sait tirer son épingle du jeu en restant assez habile dans sa narration. Le canevas est classique : conflit familiaux, vie insipide, voyage ensemble, réconciliation, tout ça. Mais dans cette trame très codifié qu'on a déjà vu mille fois avec deux protagonistes que tout oppose, les auteurs développent quelques idées que j'ai apprécié. Déjà la personnalité du père, bourru et amer suite à son veuvage, alcoolique et handicapée. Il est vite catégorisé comme imbuvable, et le reste pendant tout le récit, chose rare. Pas de découverte d'un petit cœur tendre sous un caractère trempé parce qu'il ne sait pas parler. Non, c'est un type handicapée qui souffre de douleurs chroniques et s'en veut d'avoir causé son accident, incapable de tisser de vrais liens avec son enfant et c'est tout. Si on explore un peu son passé et qu'on découvre ce qu'il a été, il n'en devient pas plus sympathique, juste plus profond. De même, le protagoniste looser à 30 ans passé, sans emploi et sans envie, ne devient pas un fils aimant et attentionné. Juste un peu plus intéressé par ce qu'il se passe autour et qui reprend légèrement gout à la vie après des discussions. Pas de fin heureuse, mariage, rédemption, nouvelle vie ailleurs. Juste un retour dans un appart sale et une envie de repartir, c'est déjà très bien. Ce qui est originale, selon moi, c'est que le récit explore vraiment le fossé entre générations en en donnant quelques clés : le mouvement hippie et son résultat actuel, les espoirs d'une génération, les désillusions de la suivante, la question de ce qui anime les vies. Bien sur, c'est le dialogue de la fille rencontrée qui porte surtout ces questions sociologiques, mais il est bien trouvé. Le dessin par contre m'a moyennement convaincu. Si les paysages sont bien retranscrit et qu'on sent un effort dans le rendu, les personnages sont souvent caricaturés et plusieurs poses/attitudes m'ont parus artificiels. C'est surtout les grosses gouttes de sueur pour le malaise, les lèvres dépassant toujours, les yeux cachés … Il y a des bons moments, mais globalement je ne suis pas très fan de ce dessin. Une BD qui joue sur une trame archi-codifié mais qui en tire quelque chose d'intéressant et qui fait plaisir à lire. Sous des aspects de road-movies réconciliateurs, c'est un questionnement sur les générations et le but de leurs vies qui est menée. Plusieurs bonnes idées s'en dégagent et c'est ce qui m'incite à dépasser le 3* dans ma note. Une bonne lecture !

20/12/2023 (modifier)
Par MrAnn
Note: 4/5
Couverture de la série Y Le Dernier Homme
Y Le Dernier Homme

Je viens de terminer l’intégralité de la BD à l’instant et je suis venu lire tous les commentaires pour connaître les opinions de chacun et je retrouve du vrai dans (quasiment) chacun d’eux. Alors c’est vrai que c’est long mais en même temps, comment correctement développer une bonne histoire avec ce type de scénario sans passer par cette longueur! Je me suis largement plongé dans cette BD qui n’est peut être pas attrayante par la qualité de son dessin, ni par les quelques longueurs qu’on y trouvera c’est vrai. En revanche, pour ma part je souhaite partager ce que j’ai ressenti et les réflexions que l’histoire m’a amené à avoir. Le personnage principal est imparfait ? C’est ça qui est top ! La charge de la sauvegarde de l’humanité est une chose, le cheminement psychologique qu’il traverse pour l’accepter est bcp plus intéressant ! Cette histoire provoque de véritables remises en question et c’est ça qu’on attend d’une œuvre, nan ? J’ai eu des frissons en lisant les dernières pages. Pas que l’histoire apporte des twists inoubliables (parfois si quand même) mais grâce aux sauts dans le temps qui apportent une véritable profondeur au lecteur et cela jusqu'à la fin. Lorsqu’une Bd me fait réfléchir au delà de ce que le scénario offre à voir en première lecture et qu’elle me provoque des émotions , alors je considère que c’est une bonne BD. C’est le cas ici, je vous encourage à la lire en accompagnant les vrais questionnements philosophiques des personnages face à leurs situations.

19/12/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Western
Western

Très bon western que ce "Western", aux bases solides qui balaye la plupart des thématiques du genre pour une histoire qui se tient franchement bien. C'est une bonne idée, que Van Hamme exploite d'une très bonne façon. D'un début explosif qui met en scène la violence du monde de l'Ouest qui se "civilise" jusqu'à la fin dans un ranch tout à fait classique. C'est rempli de personnages qu'on a déjà vu mille fois mais qui sont employés de façon efficace, avec une intrigue qui m'a tenu tout du long. Ce n'est ni le suspens insoutenable ni l'absence de scénario, c'est surtout une histoire a retournements qui se laisse lire agréablement et demande un certain lâcher-prise. Comme un bon film blockbuster, quoi. Le dessin est excellent, mention spécial à toutes ces pages en pleine planches qui peignent des paysages, harmonisés avec l'histoire afin de nous plonger dans l'ambiance de ces cadres. C'est magnifique, très bonne idée et Rosinki s'est fait plaisir dans les décors, ça se sent. Rien que pour les visuels la BD vaut le coup d'oeil. Mais c'est aussi une histoire très agréable à suivre et qui m'a surprise dans les dénouements. J'ai adoré la façon dont tout est conduit jusqu'à cette fin qui est cruelle, comme Van Hamme sait si bien le faire. Une lecture que je recommande !

19/12/2023 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5
Couverture de la série Les Chevaliers Ténèbres
Les Chevaliers Ténèbres

Bon j'ai hésité sur ma notation qui serait en réalité de 3.5/5 mais je tiens à encourager le potentiel sous-jacent de la série. Eric Corbeyran aime la Dark Fantasy et cela se ressent. Ses personnages sont intéressants et on perçoit que derrière la façade des personnages des secrets se cachent et qu'il peut y avoir de belles révélations à la clé malgré le fait que l'on ai un sentiment de récupération/réchauffé ( les 4 cavaliers aux airs de Nazguls). Le trait de Léno Carvhalo est accrocheur et nous met dans l'ambiance tout de suite et on ressent la fureur de ses cavaliers semant la mort et la désolation. A noter qu'il existe une version couleurs et une N&B et que les deux valent le détour. Un premier tome très introductif mais qui laisse espérer beaucoup pour la suite. Corbeyran a confié qu'il espérait une série assez longue pour tout développer.

19/12/2023 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sarah
Sarah

Voilà une œuvre captivante qui fusionne le génie de Christophe Bec au scénario et le talent graphique exceptionnel de l'auteur italien Stefano Raffaele. Je le dis haut et fort ce duo est au panthéon de la BD fantastique. Leur collaboration, déjà fructueuse, atteint ici des sommets créatifs. Christophe Bec tisse une trame complexe et immersive où le fantastique se mêle habilement à l'émotion humaine. C’est sans doute ça le génie. Les rebondissements astucieusement orchestrés vous maintiendront en haleine à chaque page. Stéfano Raffaele déploie un coup de crayon magistral, donnant vie à des mondes et des personnages d'une richesse visuelle éblouissante. Les détails soignés et la fluidité de son trait participent à l'envoûtement graphique de la série. La double page des chutes du Niagara est juste sublissime. Ensemble les deux compères créent une synergie artistique indéniable, vous transportant dans un univers où l'extraordinaire devient palpable. Sarah s'inscrit comme une œuvre incontournable dans le genre fantastique, confirmant brillamment la cohésion artistique et narrative de ce duo d'exception. Si vous n’avez pas encore acheté vos cadeaux de Noel, n’hésitez pas une seule seconde à vous procurer l’intégral. Vous ferez des heureux assurément.

19/12/2023 (modifier)