Remarque d'introduction: j'ai lu cette BD il y a 20 ans et celle-ci a malheureusement été retirée de toutes les bibliothèques environnantes. Cet avis repose donc sur mes souvenirs.
De bons souvenirs, d'un album dont le trait gras et acéré et le format à l'italienne marquent l'esprit. Et puis ce n'est pas courant d'être immergé si longtemps dans une bataille unique. Le film sublime le matériau de base mais les pointes de clair aèrent l'album et le rend plus lisible en focalisant certains détails. Les aplats noirs, la marque de fabrique de Miller, font de ce jeu de massacre un spectacle de marionnettes car finalement ici tout le monde est poussé par un intérêt supérieur: l'empereur pour les Perses et le culte du combat pour les Spartes.
Les voix off sont bien placées et bien équilibrées et le scénario m'a tenu en haleine jusqu'au bout. Bref un album qui me donne une envie d'achat pour le redécouvrir à nouveau.
Mira est un pré-ado danoise plutôt heureuse malgré une vie pas si ordinaire. Elle ne connait pas son père. Elle vit avec sa mère célibataire qui alterne les petits amis et jongle entre son rôle de mère aimante et de séductrice souhaitant restant jeune. Elle a de bons amis, dont un meilleur ami qu'elle aimerait bien aimer assez pour transformer en petit ami, mais elle n'a pas encore vraiment l'esprit à ça.
C'est une série jeunesse assez basique sur le fond : la vie quotidienne d'une pré-ado, sa famille, ses amis, l'école... Mais le résultat est vraiment sympathique.
Pour commencer, la série aborde avec une grande sincérité et pas mal d'intelligence des sujets intéressants. Faut-il forcément avoir un petit ami quand on est encore collégienne ? Est-ce que c'est un problème si votre mère a toujours de nouveaux petits amis ? Faut-il être désespéré si vos amis vous abandonnent pour aller vers d'autres ? Que se passe-t-il quand on découvre son père qu'on n'a jamais vu auparavant ? Est-ce un problème de ne pas avoir une vie exactement comme les autres ?
Ces thématiques sont toutes abordées mais de manière subtile, au cours d'un récit qui peut se lire comme un simple récit du quotidien. Structurée en très courts chapitres, de parfois une page uniquement, l'histoire de la vie de la jeune Mira est facilement prenante car la fille et ses proches sont attachants. Le fait qu'elle soit danoise se ressent par-ci par-là, comme par exemple dans le fait qu'elle et sa mère vont vivre sur une péniche à partir du second tome, mais globalement ça pourrait être la vie de n'importe quelle petite fille occidentale. Il y a aussi pas mal d'humour, par exemple dans le comportement de la mère de Mira avec elle et avec les hommes mignons en général. Quant aux dialogues, aussi basiques paraissent-ils au premier abord, ils sont intelligents et vont à l'essentiel pour faire progresser la réflexion et l'histoire.
Le dessin est similaire à pas mal de publications jeunesse, dans ce style rappelant celui de dessins d'enfant ou d'illustrations à la Roald Dahl, même si forcément il y a une vraie maîtrise technique derrière. Il fonctionne très bien, et même si ça leur fait des bouilles marrantes parfois, les personnages sont bien expressifs.
On suit avec plaisir ces histoires d'apparence anodines, en s'attachant facilement à l'héroïne, et c'est avec simplicité mais efficacité qu'on s'imprègne de ces questions importantes de la vie et qu'on ressort avec le sourire de leurs résolutions pleines de sagesse, d'amour, d'amitié et de bonne humeur.
Les hôpitaux psychiatriques, que l'on surnommait autrefois "asiles", existent depuis moins de deux siècles en France. Objet de nombreuses peurs, de fantasmes, ce sont des établissements à la réputation souvent erronée. Deux auteurs charentais ont donc décidé d'en visiter un, pour justement démystifier les HP. Très vite on comprend leur démarche : ils son spectateurs, et préfèrent donner la parole aux patients, aux soignants, aux familles, la transmettre "telle quelle", même si en fin de processus ils participent de manière active -mais discrète- à un groupe de parole. Le résultat est un album qui compile les tranches de vie, les témoignages tous azimuts, et permet de brosser un tableau assez complet de ce qu'est la vie dans un hôpital spécialisé. Une vie qui se fait aussi "hors les murs", puisque nos reporters BD vont également voir les patients, leurs familles, chez eux, ou dans d'autres établissements géographiquement détachés du principal. On sent une grande liberté dans ce qui nous est relaté, même si on peut imaginer que des choses sont passées sous silence. C'est donc un tableau plein d'humanité, où les récits s'entremêlent, se succèdent parfois sans transition. Il ne faut pas chercher un "héros" là-dedans, un personnage fil rouge, la relative anonymisation des protagonistes permet au contraire de mieux s'immerger dans ce milieu si particulier.
Mention spéciale pour des dispositifs qui permettent, malgré la baisse des moyens financiers et humains, d'essayer de garder une qualité de soins, comme le dispositif Profamille qui permet aux familles de patients de tenir un rôle actif dans leur traitement, et celui de la pair-aidance, au sein duquel d'anciens malades (ou des malades "stabilisés") viennent soutenir des personnes en traitement, en leur faisant profiter de leur expérience.
Sans voyeurisme, avec pudeur et loyauté, c'est donc un ouvrage très informatif, accompagné par la ligne claire de Loyer, avec des couleurs de Thomas Lavaud, qui a fait en sorte que les patients soient clairement identifiables.
A noter en annexe une note sur la schizophrénie, la maladie la plus répandue chez les pensionnaires de l'HP, ainsi qu'une brève histoire de l'établissement visité par nos deux auteurs, du nom de Camille Claudel. Sans oublier quelques ressources bibliographiques et en ligne si l'on souhaite approfondir le sujet.
Étrange couverture, n'est-ce pas ?
Intrigante, surprenante et interrogative.
Le docteur Strange n'est pas un personnage qui m'attire, j'ai juste adoré l'ère Steve Ditko et aimé la période Paul Smith, pour le reste, bof, bof.
C'est le nom de l'unique, du prodigieux Moore qui m'a incité à l'achat. Je parle évidemment de Tradd Moore ! ;-)
Un comics qui ne fera pas l'unanimité, tout y est revisité.
D'abord le docteur Strange est transformé physiquement et les puristes risquent de crier au scandale. Ben moi, j'applaudis des deux mains pour cette prise de risque.
Ensuite le récit s'oriente sur le roman philosophique, il restera hermétique pour certains.
Tradd Moore a de l'or dans les doigts, j'avais déjà pu apprécier son talent avec Silver Surfer - Black, c'est typiquement le dessin qui me met des étoiles dans les yeux. Un dessin aux lignes arrondies d'une grande finesse, aux formes incroyables et hypnotiques où les corps sont déformés et à la mise en page époustouflante où l'art séquentiel est bousculé.
Et les superbes couleurs psychédéliques de son épouse accentuent ce plaisir visuel.
Un ensemble à couper le souffle.
On est véritablement transporté dans un autre monde.
Une histoire qui propulse notre héros dans un univers parallèle terrifiant et sa quête pour en sortir ne se fera pas sans souffrance. On pourra y voir une renaissance, un deuxième passage dans le ventre maternel.
Une quête mystique qui tire un peu sur la dark fantasy, elle pioche dans les versets de la bible et dans la mythologie grecque. On aura droit aussi à la création d'un nouveau panthéon de dieux où le dieu Bythos règne sur le royaume des idées et la déesse Sophia sur celui des formes.
Un récit dense où il faut rester concentré pour ne pas décrocher avec les nombreux personnages et sa narration singulière. Le sacrifice, la maternité et la mort seront au centre de ce récit où Tradd Moore veillera à laisser votre imagination en éveil.
Si ce comics vous tente, soyez en forme.
Gros coup de cœur graphique.
Jensine Eckwall n'a qu'un rôle mineur (dessin additionnel ép. 2).
Une autre adaptation d'un light novel qui est un isekai et je pense qu'il fait partie du haut du panier du genre. C'est vraiment une des séries que j'aime le plus parmi les mangas que je suis sur internet.
On retrouve des éléments familiers au genre isekai, mais le scénario change allégrement les clichés. Ainsi, le héros est un Japonais qui se réincarne dans un monde de fantasy de type européen sauf qu'au lieu d'être un homme ordinaire, notre héros était l'exorciste le plus puissant du Japon qui a fini par être tué parce que les gens avaient peur de son pouvoir. Il est donc déjà puissant avant de mourir, alors s'est normal qu'il soit encore puissant lorsqu'il se réincarne.
Notre héros a donc été trahi par la société et il y a un sous-genre d'isekai où le héros se venge d'une société qui a été méchante avec lui et qui semble avoir été écrit pour des ados immatures et frustrés parce que ça finit souvent avec des trucs du genre le héros tue tous les méchants et puis aussi il viole des femmes (mais uniquement les méchantes, le héros il va quand même pas violer des gentilles femmes) et c'est pas grave que le héros fasse des trucs méchants parce que le reste de l'humanité est plus méchant que lui.
Ici, il y a pas de conneries de ce genre parce que le héros a été trahi dans sa vie précédente alors il va pas se venger dans sa nouvelle vie. Ce qu'il veut c'est avoir une vie tranquille et pour ça il va essayer de faire en sorte de finir deuxième comme ça c'est quelqu'un d'autre qui va être le puissant héros comme ça si les gens finissent par avoir peur de l'invincible héros, ben c'est pas lui qui va se faire tuer. Le héros a donc un coté manipulateur et il n'hésite pas à tuer des méchants, mais c'est beaucoup moins extrême que dans d'autres isekai que je connais. Le seul élément qui pourrait déplaire à un lectorat occidental est que l'esclavage existe dans ce monde, il y a une servante-esclave qui tombe amoureuse du héros. Sauf qu'elle l'aime parce qu'elle a passé son enfance à servir la famille du héros et il a toujours été gentil avec elle et il la voit uniquement comme un membre de sa famille donc c'est pas comme s'il l'avait achetée au marché d'esclaves du coin pour avoir du sexe avec elle. J'aurais tout de même préféré qu'elle soit juste une servante parce que le fait qu'elle soit aussi esclave n’apporte pas grand chose au scénario.
Le scénario prend bien son temps pour développer son univers et ses personnages. J'aime vraiment les personnages, le héros est vite entouré de filles fortes, mais pour le moment il n'y a pas d'aspect harem parce que seule une fille est amoureuse du héros, on n’est pas dans un isekai où toutes les filles tombent immédiatement sous le charme du héros. En plus, ses filles fortes sont très bonnes au combat et n'ont pas besoin que le héros les sauve toutes les 5 minutes. L'histoire est aussi prenante et il y a beaucoup de surprises si on connait la fantasy à la japonaise parce qu'on s'amuse avec les codes du genre. D'ailleurs j'ai l'impression que pour bien apprécier le scénario, il faut connaitre un peu ce qui se passe habituellement dans un isekai.
Le dessin est bon. Il est dynamique et expressif, même si le résultat est un peu moyen sur certaines cases.
Un des 100000 mangas qui adaptent un light novel où le personnage principal se réincarne dans un autre monde.
Ici, la série fait partie du sous-genre où une héroïne se retrouve dans un otome game (un jeu pour filles). Une femme japonaise devient l'héroïne d'un jeu qu'elle aime et elle décide immédiatement de séduire....la vilaine du jeu. Vous avez déjà lu un shojo avec une méchante rivale riche qui a rien d'autre à faire de sa vie que de rendre la vie misérable à la pauvre gentille héroïne ? Ben là le gag c'est que la gentille héroïne est amoureuse de la méchante.
J'ai lu la série sur internet et si au début cela semble n'être qu'une comédie, on va parler de thèmes plus graves comme les privilèges des nobles qui se croient supérieur aux roturiers. Le scénario est très bon et les personnages sont attachants. L'humour fonctionne bien et le dessin est très bon. Le seul point vraiment négatif est le comportement harceleuse de l'héroïne qui va jusqu'à carrément utiliser ses connaissances du jeu pour faire du chantage à son père pour devenir sa servante et elle va profiter de sa position pour pouvoir reluquer la vilaine lorsqu'elle prend son bain.. Et lorsque plus tard la série va finir par parler de la discrimination que subissent les homosexuels, cela fait un peu bizarre vu qu'on a commencé avec le gros cliché de la lesbienne qui harcèle les jolies filles. Surtout que la riche va passer son temps à se plaindre de l'héroïne sans utiliser les pouvoirs de sa famille pour au minimum lui donner une ordonnance restrictive. Je doute que dans une société aristocratique une personne du peuple peut harceler sexuellement un membre de l'aristocratie et s'en tirer.
Heureusement cet élément négatif finit par se calmer après les premiers chapitres et la relation entre les deux personnages principaux devient plus plaisante. Une série qui fait partie du haut niveau du genre isekai pour moi.
A partir d'un authentique secret lié au tableau "L'angélus" de Millet et ses multiples réinterprétations de Salvador Dali (que je ne connaissais pas), Franck Giroud nous entraine dans une histoire de famille très intéressante.
Je ne m’appesantirai pas sur le scénario car il a déjà largement été commenté dans la quinzaine d'avis précédents. Les personnages sont bien brossés et touchants et ont des réactions crédibles renforçant l'attachement du lecteur à mesure que l'on avance dans l'histoire. On a envie de savoir la suite et comment va se dénouer l'histoire de sorte que l'on a du mal à refermer le livre avant la fin... [DÉBUT SPOILER] Le seul petit bémol concerne le fait que le libraire soit en réalité son demi-frère, ce qui m'a paru être une surenchère dans l'histoire pas forcément très utile [FIN SPOILER]
Côté dessin et colorisation, comme dit précédemment, c'est vraiment magnifique. Les visages des personnages sont bien croqués par Homs avec un trait tout en mouvement rendant très dynamique chaque case composant ce diptyque. Côté mise en couleurs, c'est également très agréable à l’œil avec des pages aux dominantes d'ocre, de gris voire de violet lorsque le héros fait un cours passage en boite de nuit.
Une œuvre à posséder selon moi.
Originalité : 4,5/5 - Histoire : 4/5
Dessin : 4/5 - Mise en couleurs : 4,5/5
NOTE GLOBALE : 17/20
Je m’attendais à une plus haute moyenne pour cet album, personnellement je le trouve tout bonnement excellent.
Django ne m’est pas un inconnu mais j’avoue que je connais bien plus les personnes qu’il a inspiré que sa propre musique.
Mais revenons au présent tome qui me ravit à chaque lecture, c’est bien simple j’y aime tout.
Déjà, le merveilleux graphisme d’Efa, un trait rond, des couleurs magnifiques, les planches sont superbes, j’aime le côté chaleureux qui s’en dégage.
Ensuite le prisme du récit, qui d’un certain côté m’a fait pensé à Gisèle Halimi - Une jeunesse tunisienne. Ce n’est pas une simple biographie de notre célèbre guitariste (qui m’aurait sans doute plus ennuyée) mais bien une version, légèrement fantasmée, de son enfance. On y relate ses jeunes années pleines de liberté, entre camp manouche, école buissonnière, premiers amours, accident avec sa main, et surtout son amour et un talent incommensurable pour la musique.
C’est formidablement bien conté, j’apprécie que les auteurs ne cherchent pas à en faire un héros, mais force et de constater que l’on va s’attacher à cet homme plein de résilience.
La préface et le dossier en fin d’album entérine mon ressenti sur cet œuvre, vraiment bien chouette à suivre, du très bon boulot de la part des 2 auteurs, très fort.
Une belle surprise que ce "L'Université des Chèvres".
Je vais commencer par la conclusion et ces mots de Nelson Mandela : "l'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde".
Je ne savais pas à quelle sauce j'allais être mangé en lisant cet ouvrage. Et bien Christian Lax a su retranscrire à travers plusieurs époques, la ténacité de deux membres d'une famille séparés par plusieurs générations. Une ténacité sur l'envie d'éduquer en itinérance, de village en village, pour le premier (Fortuné) en ce début du XIXe siècle. Une ténacité sur l'envie d'informer pour la seconde (Arizona), elle travaille pour le Phoenix Post et elle va être bridée par sa hiérarchie et envoyée en Afghanistan, nous sommes sous la présidence de Donald Trump. Un lien unit pourtant ces deux récits, celui du nomadisme enseignant qu'on appelle aussi l'université des chèvres. En effet, Arizona va rencontrer en Afghanistan un homme qui se bat contre l'intégrisme et le droit à l'éducation pour les enfants, surtout pour les jeunes filles. Mais les Talibans viellent. Ces mêmes problèmes qui ont poussé Fortuné à quitter ses Alpes natales, sous le régime de la Monarchie de Juillet avec le système Guizo, pour le nouveau monde.
Un récit richement documenté qui fait voyager et qui met en avant l'éducation, elle est la meilleure arme contre l'obscurantisme.
J'ai particulièrement aimé la partie se déroulant en territoire Hopis (peuple de la paix) et Arizona signifie "petite source" en Navajo, mais la source du savoir peut-elle se transformer en un fleuve qui balaie tout sur son passage ?
D'autres thématiques sont aussi évoquées, le lobbying de la NRA et ses conséquences avec les nombreuses fusillades en milieu scolaire, l'identité indienne et le racisme. Une narration saccadée qui peut désorienter, mais un album dense avec une pointe de féminisme que j'ai pris plaisir à lire.
Le dessin réaliste de Lax restitue superbement les différents paysages traversés, des alpes à l'Afghanistan, en passant par le désert de l'Arizona. Un trait fin, précis et expressif. L'ambiance de cet album doit aussi beaucoup aux couleurs pastel, elles suivent l'ambiance voulue par l'auteur. Superbe !
Je recommande.
Rhaaa !! encore une nouvelle série sur les terres d’Arran, cette dernière se place comme le méga crossover de toutes les séries préalablement parues.
Pas de race spécialement mise en avant cette fois, on assiste plus à la grande réunion de famille de nombreux personnages croisés dans l’univers, ces derniers vont devoir faire front commun pour lutter contre les seigneurs humains qui ont décidés de faire fi des anciens peuples (Elfes, Nains et peaux vertes) en les réduisant à l’état de cendres.
Dit comme ça, ça a pas l’air terrible et pourtant ça fonctionne très bien, il y a de l’ambition à fermer la boucle, je retrouve tout ce que j’aime dans l’univers, hâte de voir la suite.
Les 2 tomes parus, en plus d’être solidement réalisés, sont denses et très chouettes à suivre. Pas de réelles surprises mais c’est fait avec talent, on connaît le savoir faire des auteurs.
Il y a un côté sombre insufflé pas désagréable, on sent qu’il va y avoir de l’élagage parmi nos héros.
Seul petit point noir, la série se veut compréhensible pour un nouveau lecteur, cependant je pense que la connaissance de certaines des précédentes aventures est un beau plus pour mettre en perspective des personnages et s’y attacher.
Précisons également que ce crossover « Les guerres d’Arran » touche également d’autres séries de l’univers (Mages et Orcs et gobelins), leur lecture n’est pas indispensable mais ajoute de la cohérence à la menace que subissent ces peuples, qui n’est pas géographiquement localisée.
Voili voilou, je commençais un peu à saturer de l’univers mais les auteurs ont su relancer de belle manière mon intérêt, en espérant quand même que ce soit le dernier baroud d’honneur sur cette Terre, histoire de conclure en apothéose cet arc avant de se consacrer au pendant africain (Terres d’Ogon) ou asiatique (à venir a priori).
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Remarque d'introduction: j'ai lu cette BD il y a 20 ans et celle-ci a malheureusement été retirée de toutes les bibliothèques environnantes. Cet avis repose donc sur mes souvenirs. De bons souvenirs, d'un album dont le trait gras et acéré et le format à l'italienne marquent l'esprit. Et puis ce n'est pas courant d'être immergé si longtemps dans une bataille unique. Le film sublime le matériau de base mais les pointes de clair aèrent l'album et le rend plus lisible en focalisant certains détails. Les aplats noirs, la marque de fabrique de Miller, font de ce jeu de massacre un spectacle de marionnettes car finalement ici tout le monde est poussé par un intérêt supérieur: l'empereur pour les Perses et le culte du combat pour les Spartes. Les voix off sont bien placées et bien équilibrées et le scénario m'a tenu en haleine jusqu'au bout. Bref un album qui me donne une envie d'achat pour le redécouvrir à nouveau.
Mira
Mira est un pré-ado danoise plutôt heureuse malgré une vie pas si ordinaire. Elle ne connait pas son père. Elle vit avec sa mère célibataire qui alterne les petits amis et jongle entre son rôle de mère aimante et de séductrice souhaitant restant jeune. Elle a de bons amis, dont un meilleur ami qu'elle aimerait bien aimer assez pour transformer en petit ami, mais elle n'a pas encore vraiment l'esprit à ça. C'est une série jeunesse assez basique sur le fond : la vie quotidienne d'une pré-ado, sa famille, ses amis, l'école... Mais le résultat est vraiment sympathique. Pour commencer, la série aborde avec une grande sincérité et pas mal d'intelligence des sujets intéressants. Faut-il forcément avoir un petit ami quand on est encore collégienne ? Est-ce que c'est un problème si votre mère a toujours de nouveaux petits amis ? Faut-il être désespéré si vos amis vous abandonnent pour aller vers d'autres ? Que se passe-t-il quand on découvre son père qu'on n'a jamais vu auparavant ? Est-ce un problème de ne pas avoir une vie exactement comme les autres ? Ces thématiques sont toutes abordées mais de manière subtile, au cours d'un récit qui peut se lire comme un simple récit du quotidien. Structurée en très courts chapitres, de parfois une page uniquement, l'histoire de la vie de la jeune Mira est facilement prenante car la fille et ses proches sont attachants. Le fait qu'elle soit danoise se ressent par-ci par-là, comme par exemple dans le fait qu'elle et sa mère vont vivre sur une péniche à partir du second tome, mais globalement ça pourrait être la vie de n'importe quelle petite fille occidentale. Il y a aussi pas mal d'humour, par exemple dans le comportement de la mère de Mira avec elle et avec les hommes mignons en général. Quant aux dialogues, aussi basiques paraissent-ils au premier abord, ils sont intelligents et vont à l'essentiel pour faire progresser la réflexion et l'histoire. Le dessin est similaire à pas mal de publications jeunesse, dans ce style rappelant celui de dessins d'enfant ou d'illustrations à la Roald Dahl, même si forcément il y a une vraie maîtrise technique derrière. Il fonctionne très bien, et même si ça leur fait des bouilles marrantes parfois, les personnages sont bien expressifs. On suit avec plaisir ces histoires d'apparence anodines, en s'attachant facilement à l'héroïne, et c'est avec simplicité mais efficacité qu'on s'imprègne de ces questions importantes de la vie et qu'on ressort avec le sourire de leurs résolutions pleines de sagesse, d'amour, d'amitié et de bonne humeur.
Les Âmes fendues
Les hôpitaux psychiatriques, que l'on surnommait autrefois "asiles", existent depuis moins de deux siècles en France. Objet de nombreuses peurs, de fantasmes, ce sont des établissements à la réputation souvent erronée. Deux auteurs charentais ont donc décidé d'en visiter un, pour justement démystifier les HP. Très vite on comprend leur démarche : ils son spectateurs, et préfèrent donner la parole aux patients, aux soignants, aux familles, la transmettre "telle quelle", même si en fin de processus ils participent de manière active -mais discrète- à un groupe de parole. Le résultat est un album qui compile les tranches de vie, les témoignages tous azimuts, et permet de brosser un tableau assez complet de ce qu'est la vie dans un hôpital spécialisé. Une vie qui se fait aussi "hors les murs", puisque nos reporters BD vont également voir les patients, leurs familles, chez eux, ou dans d'autres établissements géographiquement détachés du principal. On sent une grande liberté dans ce qui nous est relaté, même si on peut imaginer que des choses sont passées sous silence. C'est donc un tableau plein d'humanité, où les récits s'entremêlent, se succèdent parfois sans transition. Il ne faut pas chercher un "héros" là-dedans, un personnage fil rouge, la relative anonymisation des protagonistes permet au contraire de mieux s'immerger dans ce milieu si particulier. Mention spéciale pour des dispositifs qui permettent, malgré la baisse des moyens financiers et humains, d'essayer de garder une qualité de soins, comme le dispositif Profamille qui permet aux familles de patients de tenir un rôle actif dans leur traitement, et celui de la pair-aidance, au sein duquel d'anciens malades (ou des malades "stabilisés") viennent soutenir des personnes en traitement, en leur faisant profiter de leur expérience. Sans voyeurisme, avec pudeur et loyauté, c'est donc un ouvrage très informatif, accompagné par la ligne claire de Loyer, avec des couleurs de Thomas Lavaud, qui a fait en sorte que les patients soient clairement identifiables. A noter en annexe une note sur la schizophrénie, la maladie la plus répandue chez les pensionnaires de l'HP, ainsi qu'une brève histoire de l'établissement visité par nos deux auteurs, du nom de Camille Claudel. Sans oublier quelques ressources bibliographiques et en ligne si l'on souhaite approfondir le sujet.
Doctor Strange - Fall Sunrise
Étrange couverture, n'est-ce pas ? Intrigante, surprenante et interrogative. Le docteur Strange n'est pas un personnage qui m'attire, j'ai juste adoré l'ère Steve Ditko et aimé la période Paul Smith, pour le reste, bof, bof. C'est le nom de l'unique, du prodigieux Moore qui m'a incité à l'achat. Je parle évidemment de Tradd Moore ! ;-) Un comics qui ne fera pas l'unanimité, tout y est revisité. D'abord le docteur Strange est transformé physiquement et les puristes risquent de crier au scandale. Ben moi, j'applaudis des deux mains pour cette prise de risque. Ensuite le récit s'oriente sur le roman philosophique, il restera hermétique pour certains. Tradd Moore a de l'or dans les doigts, j'avais déjà pu apprécier son talent avec Silver Surfer - Black, c'est typiquement le dessin qui me met des étoiles dans les yeux. Un dessin aux lignes arrondies d'une grande finesse, aux formes incroyables et hypnotiques où les corps sont déformés et à la mise en page époustouflante où l'art séquentiel est bousculé. Et les superbes couleurs psychédéliques de son épouse accentuent ce plaisir visuel. Un ensemble à couper le souffle. On est véritablement transporté dans un autre monde. Une histoire qui propulse notre héros dans un univers parallèle terrifiant et sa quête pour en sortir ne se fera pas sans souffrance. On pourra y voir une renaissance, un deuxième passage dans le ventre maternel. Une quête mystique qui tire un peu sur la dark fantasy, elle pioche dans les versets de la bible et dans la mythologie grecque. On aura droit aussi à la création d'un nouveau panthéon de dieux où le dieu Bythos règne sur le royaume des idées et la déesse Sophia sur celui des formes. Un récit dense où il faut rester concentré pour ne pas décrocher avec les nombreux personnages et sa narration singulière. Le sacrifice, la maternité et la mort seront au centre de ce récit où Tradd Moore veillera à laisser votre imagination en éveil. Si ce comics vous tente, soyez en forme. Gros coup de cœur graphique. Jensine Eckwall n'a qu'un rôle mineur (dessin additionnel ép. 2).
The Reincarnation of the Strongest Exorcist in Another World
Une autre adaptation d'un light novel qui est un isekai et je pense qu'il fait partie du haut du panier du genre. C'est vraiment une des séries que j'aime le plus parmi les mangas que je suis sur internet. On retrouve des éléments familiers au genre isekai, mais le scénario change allégrement les clichés. Ainsi, le héros est un Japonais qui se réincarne dans un monde de fantasy de type européen sauf qu'au lieu d'être un homme ordinaire, notre héros était l'exorciste le plus puissant du Japon qui a fini par être tué parce que les gens avaient peur de son pouvoir. Il est donc déjà puissant avant de mourir, alors s'est normal qu'il soit encore puissant lorsqu'il se réincarne. Notre héros a donc été trahi par la société et il y a un sous-genre d'isekai où le héros se venge d'une société qui a été méchante avec lui et qui semble avoir été écrit pour des ados immatures et frustrés parce que ça finit souvent avec des trucs du genre le héros tue tous les méchants et puis aussi il viole des femmes (mais uniquement les méchantes, le héros il va quand même pas violer des gentilles femmes) et c'est pas grave que le héros fasse des trucs méchants parce que le reste de l'humanité est plus méchant que lui. Ici, il y a pas de conneries de ce genre parce que le héros a été trahi dans sa vie précédente alors il va pas se venger dans sa nouvelle vie. Ce qu'il veut c'est avoir une vie tranquille et pour ça il va essayer de faire en sorte de finir deuxième comme ça c'est quelqu'un d'autre qui va être le puissant héros comme ça si les gens finissent par avoir peur de l'invincible héros, ben c'est pas lui qui va se faire tuer. Le héros a donc un coté manipulateur et il n'hésite pas à tuer des méchants, mais c'est beaucoup moins extrême que dans d'autres isekai que je connais. Le seul élément qui pourrait déplaire à un lectorat occidental est que l'esclavage existe dans ce monde, il y a une servante-esclave qui tombe amoureuse du héros. Sauf qu'elle l'aime parce qu'elle a passé son enfance à servir la famille du héros et il a toujours été gentil avec elle et il la voit uniquement comme un membre de sa famille donc c'est pas comme s'il l'avait achetée au marché d'esclaves du coin pour avoir du sexe avec elle. J'aurais tout de même préféré qu'elle soit juste une servante parce que le fait qu'elle soit aussi esclave n’apporte pas grand chose au scénario. Le scénario prend bien son temps pour développer son univers et ses personnages. J'aime vraiment les personnages, le héros est vite entouré de filles fortes, mais pour le moment il n'y a pas d'aspect harem parce que seule une fille est amoureuse du héros, on n’est pas dans un isekai où toutes les filles tombent immédiatement sous le charme du héros. En plus, ses filles fortes sont très bonnes au combat et n'ont pas besoin que le héros les sauve toutes les 5 minutes. L'histoire est aussi prenante et il y a beaucoup de surprises si on connait la fantasy à la japonaise parce qu'on s'amuse avec les codes du genre. D'ailleurs j'ai l'impression que pour bien apprécier le scénario, il faut connaitre un peu ce qui se passe habituellement dans un isekai. Le dessin est bon. Il est dynamique et expressif, même si le résultat est un peu moyen sur certaines cases.
I'm in Love with the Villainess
Un des 100000 mangas qui adaptent un light novel où le personnage principal se réincarne dans un autre monde. Ici, la série fait partie du sous-genre où une héroïne se retrouve dans un otome game (un jeu pour filles). Une femme japonaise devient l'héroïne d'un jeu qu'elle aime et elle décide immédiatement de séduire....la vilaine du jeu. Vous avez déjà lu un shojo avec une méchante rivale riche qui a rien d'autre à faire de sa vie que de rendre la vie misérable à la pauvre gentille héroïne ? Ben là le gag c'est que la gentille héroïne est amoureuse de la méchante. J'ai lu la série sur internet et si au début cela semble n'être qu'une comédie, on va parler de thèmes plus graves comme les privilèges des nobles qui se croient supérieur aux roturiers. Le scénario est très bon et les personnages sont attachants. L'humour fonctionne bien et le dessin est très bon. Le seul point vraiment négatif est le comportement harceleuse de l'héroïne qui va jusqu'à carrément utiliser ses connaissances du jeu pour faire du chantage à son père pour devenir sa servante et elle va profiter de sa position pour pouvoir reluquer la vilaine lorsqu'elle prend son bain.. Et lorsque plus tard la série va finir par parler de la discrimination que subissent les homosexuels, cela fait un peu bizarre vu qu'on a commencé avec le gros cliché de la lesbienne qui harcèle les jolies filles. Surtout que la riche va passer son temps à se plaindre de l'héroïne sans utiliser les pouvoirs de sa famille pour au minimum lui donner une ordonnance restrictive. Je doute que dans une société aristocratique une personne du peuple peut harceler sexuellement un membre de l'aristocratie et s'en tirer. Heureusement cet élément négatif finit par se calmer après les premiers chapitres et la relation entre les deux personnages principaux devient plus plaisante. Une série qui fait partie du haut niveau du genre isekai pour moi.
Secrets - L'Angélus
A partir d'un authentique secret lié au tableau "L'angélus" de Millet et ses multiples réinterprétations de Salvador Dali (que je ne connaissais pas), Franck Giroud nous entraine dans une histoire de famille très intéressante. Je ne m’appesantirai pas sur le scénario car il a déjà largement été commenté dans la quinzaine d'avis précédents. Les personnages sont bien brossés et touchants et ont des réactions crédibles renforçant l'attachement du lecteur à mesure que l'on avance dans l'histoire. On a envie de savoir la suite et comment va se dénouer l'histoire de sorte que l'on a du mal à refermer le livre avant la fin... [DÉBUT SPOILER] Le seul petit bémol concerne le fait que le libraire soit en réalité son demi-frère, ce qui m'a paru être une surenchère dans l'histoire pas forcément très utile [FIN SPOILER] Côté dessin et colorisation, comme dit précédemment, c'est vraiment magnifique. Les visages des personnages sont bien croqués par Homs avec un trait tout en mouvement rendant très dynamique chaque case composant ce diptyque. Côté mise en couleurs, c'est également très agréable à l’œil avec des pages aux dominantes d'ocre, de gris voire de violet lorsque le héros fait un cours passage en boite de nuit. Une œuvre à posséder selon moi. Originalité : 4,5/5 - Histoire : 4/5 Dessin : 4/5 - Mise en couleurs : 4,5/5 NOTE GLOBALE : 17/20
Django Main de feu
Je m’attendais à une plus haute moyenne pour cet album, personnellement je le trouve tout bonnement excellent. Django ne m’est pas un inconnu mais j’avoue que je connais bien plus les personnes qu’il a inspiré que sa propre musique. Mais revenons au présent tome qui me ravit à chaque lecture, c’est bien simple j’y aime tout. Déjà, le merveilleux graphisme d’Efa, un trait rond, des couleurs magnifiques, les planches sont superbes, j’aime le côté chaleureux qui s’en dégage. Ensuite le prisme du récit, qui d’un certain côté m’a fait pensé à Gisèle Halimi - Une jeunesse tunisienne. Ce n’est pas une simple biographie de notre célèbre guitariste (qui m’aurait sans doute plus ennuyée) mais bien une version, légèrement fantasmée, de son enfance. On y relate ses jeunes années pleines de liberté, entre camp manouche, école buissonnière, premiers amours, accident avec sa main, et surtout son amour et un talent incommensurable pour la musique. C’est formidablement bien conté, j’apprécie que les auteurs ne cherchent pas à en faire un héros, mais force et de constater que l’on va s’attacher à cet homme plein de résilience. La préface et le dossier en fin d’album entérine mon ressenti sur cet œuvre, vraiment bien chouette à suivre, du très bon boulot de la part des 2 auteurs, très fort.
L'Université des Chèvres
Une belle surprise que ce "L'Université des Chèvres". Je vais commencer par la conclusion et ces mots de Nelson Mandela : "l'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde". Je ne savais pas à quelle sauce j'allais être mangé en lisant cet ouvrage. Et bien Christian Lax a su retranscrire à travers plusieurs époques, la ténacité de deux membres d'une famille séparés par plusieurs générations. Une ténacité sur l'envie d'éduquer en itinérance, de village en village, pour le premier (Fortuné) en ce début du XIXe siècle. Une ténacité sur l'envie d'informer pour la seconde (Arizona), elle travaille pour le Phoenix Post et elle va être bridée par sa hiérarchie et envoyée en Afghanistan, nous sommes sous la présidence de Donald Trump. Un lien unit pourtant ces deux récits, celui du nomadisme enseignant qu'on appelle aussi l'université des chèvres. En effet, Arizona va rencontrer en Afghanistan un homme qui se bat contre l'intégrisme et le droit à l'éducation pour les enfants, surtout pour les jeunes filles. Mais les Talibans viellent. Ces mêmes problèmes qui ont poussé Fortuné à quitter ses Alpes natales, sous le régime de la Monarchie de Juillet avec le système Guizo, pour le nouveau monde. Un récit richement documenté qui fait voyager et qui met en avant l'éducation, elle est la meilleure arme contre l'obscurantisme. J'ai particulièrement aimé la partie se déroulant en territoire Hopis (peuple de la paix) et Arizona signifie "petite source" en Navajo, mais la source du savoir peut-elle se transformer en un fleuve qui balaie tout sur son passage ? D'autres thématiques sont aussi évoquées, le lobbying de la NRA et ses conséquences avec les nombreuses fusillades en milieu scolaire, l'identité indienne et le racisme. Une narration saccadée qui peut désorienter, mais un album dense avec une pointe de féminisme que j'ai pris plaisir à lire. Le dessin réaliste de Lax restitue superbement les différents paysages traversés, des alpes à l'Afghanistan, en passant par le désert de l'Arizona. Un trait fin, précis et expressif. L'ambiance de cet album doit aussi beaucoup aux couleurs pastel, elles suivent l'ambiance voulue par l'auteur. Superbe ! Je recommande.
Guerres d'Arran
Rhaaa !! encore une nouvelle série sur les terres d’Arran, cette dernière se place comme le méga crossover de toutes les séries préalablement parues. Pas de race spécialement mise en avant cette fois, on assiste plus à la grande réunion de famille de nombreux personnages croisés dans l’univers, ces derniers vont devoir faire front commun pour lutter contre les seigneurs humains qui ont décidés de faire fi des anciens peuples (Elfes, Nains et peaux vertes) en les réduisant à l’état de cendres. Dit comme ça, ça a pas l’air terrible et pourtant ça fonctionne très bien, il y a de l’ambition à fermer la boucle, je retrouve tout ce que j’aime dans l’univers, hâte de voir la suite. Les 2 tomes parus, en plus d’être solidement réalisés, sont denses et très chouettes à suivre. Pas de réelles surprises mais c’est fait avec talent, on connaît le savoir faire des auteurs. Il y a un côté sombre insufflé pas désagréable, on sent qu’il va y avoir de l’élagage parmi nos héros. Seul petit point noir, la série se veut compréhensible pour un nouveau lecteur, cependant je pense que la connaissance de certaines des précédentes aventures est un beau plus pour mettre en perspective des personnages et s’y attacher. Précisons également que ce crossover « Les guerres d’Arran » touche également d’autres séries de l’univers (Mages et Orcs et gobelins), leur lecture n’est pas indispensable mais ajoute de la cohérence à la menace que subissent ces peuples, qui n’est pas géographiquement localisée. Voili voilou, je commençais un peu à saturer de l’univers mais les auteurs ont su relancer de belle manière mon intérêt, en espérant quand même que ce soit le dernier baroud d’honneur sur cette Terre, histoire de conclure en apothéose cet arc avant de se consacrer au pendant africain (Terres d’Ogon) ou asiatique (à venir a priori).