Les derniers avis (32280 avis)

Couverture de la série Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté
Géante - Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté

Beaucoup d'avis contrastés autour de cette BD. Personnellement, je me suis attaché à cette géante et sa trajectoire dans ce monde moyenâgeux fictif. Les auteurs ont réussi à créer une esthétique colorée de style naïf qui sied au conte. Bien-sûr beaucoup de sujets tels que la femme, la liberté, la famille, le couple, le savoir sont abordés de manieres inégales mais dans l'ensemble il n'y a pas de fausse note. Le récit se tient, l'intrigue avance, les thèmes ne se répètent pas bêtement. Si la perspective de lecture d'un conte initiatique teinté de féminisme ne vous rebute pas, allez-y en confiance.

21/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Une pour toutes
Une pour toutes

Brillant. Je m’attendais à quelque chose de plutôt sympa de la part de l’auteur de Mortel Imprévu que j’avais bien apprécié à l’époque, mais je dois avouer que cet album a largement dépassé mes attentes. J'ai tout simplement adoré et pris un plaisir énorme à le lire et le regarder. Je ne connaissais pas le personnage historique Julie d'Aubigny (dite Julie Maupin//Mademoiselle de Maupin) dont parle cette histoire. Je ne connaissais pas non plus le roman original dont est adapté cette Bande Dessinée, mais eu égard à la très grande qualité de cette dernière, je ne doute point que le roman a fourni des bases d'écritures solides sur lesquelles a pu s’appuyer notre auteur. Nous suivrons donc ici le destin d’une femme hors du commun (Duelliste (épéiste), Cantatrice, Actrice) qui se refusera ce futur prédestiné de "femme de" pour une vie folle et débridée riche d’aventures, d’affirmation de soi et d’amours assumé(e)s. Une vie romanesque à souhait en somme. L’histoire est donc haletante, sans temps mort au fil des presque 120 pages. Véritable bonne trouvaille et probablement issue du roman, l’histoire débute par la rencontre improbable entre Julie et le diable en personne (Méphistophélès). Celui-ci accompagnera notre héroïne tout au long du récit, tentant subtilement (ou pas) de lui voler son âme (Il remettra ça avec Faust peu de temps après!). L’histoire va donc être régulièrement rythmée par les discussions entre l’héroïne et le diable (mais pas que !), véritables joutes verbales parfois en écho/parallèle de vrais duels à l’épée. Pour soutenir cette histoire, "Dominique Monféry" propose un dessin vif, enlevé et élégant à ravir, conforme à cette magnifique couverture. Formidable en tout point, dans le fond et dans la forme. Courrez l'acheter! De l'Aventure avec un grand A.

21/03/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Botanica Drama
Botanica Drama

Voilà un conte qui confine à l'horreur (toute mignonne, la Mort n'est pas si effrayante, elle boit du café le matin), dans un registre quasi muet, puisque seuls les bruits sont retranscrits. En effet tout passe par le visuel, dans une suite de- scènes où la sidération tient une grande part, notamment quand apparaissent les créatures qui ne sortent que la nuit. Comme écrit plus haut, la Mort, appelée XIII, y tient un rôle tantôt d'observateur, tantôt moteur, en compagnie de Philomène la petite fleur tellement touchante, elle qui perd peu à peu ses pétales lorsque la nuit s'avance. La plupart des personnages sont des animaux humanisés, avec des caractères assez différenciés, ce qui les rend d'autant plus sympathiques. Les créatures protéiformes qui aiment l'obscurité n'ont pas de nom, mais leur présence est assez inquiétante. Le style graphique de Thom est proche de ce que l'on peut voir dans les "Donjon", un style décomplexé qui permet de nombreuses fantaisies graphiques, mais Thom maîtrise bien ce style, et l'ensemble est vraiment super sympa à l’œil, tout comme l'histoire, qui ne laisse pas beaucoup de temps morts au lecteur. Je recommande fortement ce petit conte sans prétention.

21/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Tanger sous la pluie
Tanger sous la pluie

À partir de deux petites lignes biographiques sur Henri Matisse, Fabien Grolleau et Abdel de Bruxelles proposent une belle fiction sur le célèbre peintre fauve. Fabien Grolleau s'était déjà mis dans les pas et dans la tête du grand peintre tourmenté Chaïm Souline dans son très bon L'Écolier en bleu. Ici encore l'auteur imagine avec beaucoup de crédibilité les tourments d'un Henri Matisse confronté à une absence de lumière et de couleur dans un Tanger sous la pluie. Pour rester dans les pas de Delacroix, Grolleau imagine avec finesse le peintre se tourner vers le thème intérieur de l'odalisque. Ce faisant l'auteur réoriente son objectif de 180 degrés en laissant le peintre à ses tourments pour nous dévoiler ceux de la belle invisible. Cela donne un récit sous forme de conte oriental bien maitrisé dans sa progression jusqu'à la chute finale si adaptée. J'ai trouvé le graphisme très en phase avec le récit oriental et la manière de Matisse. Abdel de Bruxelles nous agrémente de son trait souple et fluide pour fournir de belles planches très travaillées aux multiples détails des jardins et des ruelles de Tanger. Une lecture très divertissante et agréable pour une histoire touchante.

21/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Un maillot pour l'Algérie
Un maillot pour l'Algérie

Voilà une série qui m'a donné chaud au cœur. Sur la thématique épineuse de la guerre d'Algérie les auteurs réussissent la prouesse de proposer une série pleine d'entrain, de bonne humeur et d'optimisme. J'ai longtemps suivi le foot de près mais je ne connaissais pas l'épopée de ces talentueux footballeurs algériens qui se sont mis au service du nouveau maillot de leur pays en devenir via le FLN. J'ai beaucoup aimé l'esprit de la série qui ne cherche pas à cacher les terribles massacres de la guerre mais qui se libère d'une recherche de responsabilité historique et culpabilisante. Les auteurs montrent simplement comment une bande de copains en pleine réussite prennent le risque de tout perdre pour se mettre au service d'une cause historique qui les dépasse. Kris et Galic mettent en avant l'esprit de fraternité qui anime ce groupe tout au long d'un récit bourré d'anecdotes souvent drôles. Onze joueurs qui devraient servir de modèles à toutes les générations puisqu'ils ont montré deux choses : nul besoin de combattre pour tuer afin d'avoir un impact significatif sur la réussite de ses idéaux, puis si deux pays se font malheureusement une guerre stupide et injuste cela n'empêche de garder les amitiés construites en temps de paix. Si ces hommes aiment légitimement leur pays natal le scénario montre très bien que beaucoup n'ont jamais cessé d'aimer la France. J'ai vraiment été touché par ces artisans de paix et de réconciliation sur un sujet toujours sensible et rempli de paradoxes. Javi Rey est très à l'aise à la fois pour la partie intime de la vie de groupe et la partie foot très présente dans l'ouvrage. On sent que le catalan est un habitué du beau jeu. Sa vision et sa transcription graphique des gestes techniques des footballeurs sonnent vraiment juste. La difficulté est de rendre facilement identifiables onze jeunes hommes du même âge et d'un profil presque identique. En mettant l'accent sur Mekhloufi, Zitouni ou Arribi, l'auteur réussit à rendre sa narration graphique fluide. J'ai beaucoup apprécié son travail sur les détails extérieurs des véhicules, des costumes ou des maillots. L'ambiance du début des années 60 est parfaitement retranscrite. Une très belle lecture qui joint histoire et sport dans un bel esprit de réconciliation.

21/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Bobi
Bobi

Étrange album, qui ne narre pas exactement une « histoire », qui semble fait de plein de petits riens, d’observations de l’auteur, de réflexions. C’est à la fois léger et intellectuel (cela part de croquis de Bess sur un carnet, au fil de l’inspiration, et à ça se poursuit parfois dans une réflexion plus poussée sur la création, le lien entre créateur et créature – ici un personnage mystérieux, Bobi, sorte de double [ou triple, ou quadruple !] de l’auteur). Ça part au fil de l’eau donc, mais jamais je n’ai été décroché. Au contraire la chasse aux hasards, la poésie, les jeux de mots, tout rend vivant cette introspection, cette cueillette imaginative, qui doit pas mal à un certain surréalisme. Et, ce qui rend la lecture encore plus agréable, c’est le dessin de Bess, qui confirme ici tout son talent. Son trait réaliste est vraiment excellent. Au Rotring, avec un trait fin et précis, il nous propose quelque chose de fluide et plaisant. Une petite lecture détente originale et rafraichissante. Note réelle 3,5/5.

21/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Vierges - La folle histoire de la virginité
Vierges - La folle histoire de la virginité

Album bien sympathique, j’en suis sorti avec un ressenti positif, même si je ne peux m’empêcher de penser que ça aurait pu être encore mieux. En gros un 3,5 arrondi à 4*. Le sujet sera bien différent mais un album qui se rapproche, dans le traitement, de « Et à la fin, ils meurent » de Lou Lubie : un dessin agréable, simple et lisible ; un sujet approfondi sous divers thématiques à travers les différents chapitres ; un ton moderne et féministe ; et surtout un humour distillé au fil des pages qui fait mouche. J’ai trouvé les 2 auteures bien investies. Le rendu possède cette touche légère mais fort agréable, le tout n’oublie pas d’être distrayant et instructif. Les différents prismes sont plutôt bien vus (religion, science, sexualité …) et quelques exemples sont savoureux. Honnêtement du très bon boulot, j’ai passé un très bon moment mais la fin est arrivée un poil trop vite à mon goût. En fait, ça souffre légèrement de la comparaison avec l’exemple mentionné plus haut, c’est bien mais pas aussi bien. Ça reste toutefois très recommandable.

21/03/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Love Everlasting
Love Everlasting

Lecture du tome 2. Un comics surprenant sur l'amour. Le pitch de départ, déjà, est intrigant avec cette jeune fille, Joan Peterson, qui va vivre d'innombrables histoires d'amour. Mais des histoires d'amour à des époques différentes et avec divers partenaires. Et à chaque fois qu'elle dit "non" à son prétendant, un cow-boy masqué arrive pour lui faire la peau en lui disant : l'amour est éternel. Et boum, elle apparaît dans un autre lieu pour vivre une nouvelle romance à l'eau de rose. Des sauts temporels qui pour l'instant restent un mystère. Je pensais assister à une simple succession de saynètes amoureuses et bien non ! Ce premier tome est captivant et possède une intrigue qui commence juste à se dévoiler. La relation amoureuse en mode vaudeville est au centre des histoires tout en distillant quelques messages : le rôle des parents dans le choix de l'amoureux, la condition sociale qui peut être un frein à une relation au grand jour et les effets dévastateurs de la guerre. J'ai adoré le chapitre sur la première guerre mondiale, une jolie prouesse narrative, très très émouvant. Un récit qui sur le fond sonne juste avec un soupçon d'humour, une dose mesurée de violence et d'ironie dans un tourbillon de mièvrerie. Tous les personnages sont bien campés, une mention particulière à notre héroïne aux multiples facettes. Une lecture décoiffante. J'ai pris grand plaisir à retrouver Elsa Charretier au dessin après son excellent travail sur November. C'est toujours aussi beau dans un style vintage, légèrement caricatural, très expressif, dynamique et sensuel. Les couleurs de Matt Hollingsworth dans les teintes seventies sont superbes. Un rendu graphique de toute beauté. Hâte de découvrir ce que va nous concocter Tom King dans le second volet. Tome 2. Tom King, dans ce second album, nous propose une histoire sur cinq chapitres, des chapitres qui ont tous le même titre : "Trop branchée pour l'amour". On va suivre une nouvelle histoire d'amour de Joan Peterson mais cette fois-ci du début à la fin (pas de cow-boy avec son flingue qui vient lui cramer la cervelle), sur plusieurs décennies, mais toujours en 1963. Oui je sais, c'est compliqué. Un personnage toujours aussi ambiguë pour un récit épatant avec des passages émouvants. Des épisodes qui retranscrivent les conditions de la femme au foyer des années 60, sur son quotidien très bien rendu avec des banalités du genre : "Il y aura du steak pour le dîner. Soyez à l'heure ! Ce n'est pas très bon un steak froid". Je ne suis toujours pas plus avancé sur la direction que va prendre cette série, le mystère reste entier. Je suis toujours sous le charme du dessin d'Elsa Charretier et des couleurs de Matt Hollingsworth. Une excellente lecture et j'ai hâte de lire la suite.

02/11/2023 (MAJ le 20/03/2024) (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Accident de chasse
L'Accident de chasse

Je suis tentée de mettre 5 étoiles parce que c'est un album qui vous ouvre des portes sur de nombreux horizons qui ont toutes les chances de nous aider à vivre. Cela vous semble déjà exagéré et donc je vais essayer de vous convaincre sans vous gâcher le plaisir de la lecture, c'est la quadrature du cercle. C'est une histoire impossible à résumer, l'histoire d'un mensonge qui finit par détruire la vie de celui qui pensait se protéger grâce à lui. (première leçon), c'est aussi l'histoire d'un enfant qui doit devenir adolescent tout en vivant seul avec son père aveugle dans un quartier chaud de Chicago dans les années 50..(deuxième leçon) C'est l'histoire d'un type un peu naïf et inculte qui devient un exégète hyper pointu de Dante au contact d'un meurtrier d'enfant. (la vie est décidément pleine de surprise !) C'est bien sûr l'histoire récurrente de l'accident de chasse (c'est du lard ou du cochon ?) C'est aussi l'histoire de deux détenus qui organisent une lecture gesticulée de l'Enfer de Dante qui obtient un succès impressionnant dans la prison. Enfin c'est le mode d'emploi pour convaincre un dépressif qui a de bonnes raisons de l'être de reprendre goût à la vie. Toutes ses questions sont parfaitement imbriquées dans une histoire à la fois noire et inexorablement optimiste. Les personnages sont très bien caractérisés, et leur parcours nous importe. La poésie est le ciment de toutes cette architecture. Le dessin en hachures noires superposées sur fond blanc créent une ambiance sombre et plutôt oppressante qui nous met sur nos gardes, on s'attend au pire à chaque page alors qu'il n'est jamais sûr. Le panoptique de la prison, en particulier, est magnifiquement rendu, dans sa démultiplication concentrique. Le seul bémol c'est la prose du père aveugle, qui est lu par petits interludes : la langue est très contournées avec un vocabulaire désagréablement recherché , si bien qu'on a du mal à lire le tout et on a tendance à sauter les pages. Quel dommage ! Je n'ai pas trouvé ce que ça apportait... Bref tout le reste doit être lu : cela fait comprendre une partie du monde, et c'est tellement rare ...

18/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Les Petites Reines
Les Petites Reines

J'ai beaucoup aimé la lecture de cette série de Magali Le Huche. Je suis fan du travail de cette auteure et ici encore, Magali m'a fait passer un agréable moment de lecture très fraiche avec des valeurs que je partage totalement. Je n'ai pas lu le roman de Clémentine Beauvais, mais Magali Le Huche en a produit un scénario très rythmé, fluide et bourré d'humour. Le personnage de Mireille m'a comblé avec son côté ado espiègle qui répond à la violence du harcèlement par sa gentillesse et son intelligence. Une sagesse que l'auteure nous distille via certaines touches philosophiques accessibles à tous. Au delà d'une sympathique épopée de trois ados très touchantes, c'est image de la France qui se construit sur ses traditions (le boudin, le vélo du mois de juillet, les Arts et Métiers) et sa modernité (Le beau Kader, sous-officier blessé et handicapé pour la France, Indochine, les réseaux sociaux). J'ai lu cette série comme un beau message de vivre ensemble adressé aux ados souvent enfermés dans les dangers d'une communication mal maitrisée voire porteuse de haine. En effet l'auteure apporte une vraie réflexion sur le langage. Elle introduit bon nombre de gags amusants autour de la maîtrise de la grammaire et de la syntaxe. C'est tout le contraire d'une grande partie de la communication minimaliste et immédiate que véhiculent l'utilisation des réseaux sociaux. Sans être moralisatrice, Le Huche montre que perdre le sens des mots et du langage c'est souvent perdre une part de son humanité avec tous les dangers induits. J'aime beaucoup le graphisme de l'auteure. Je le trouve moderne, dynamique et d'un humour fin et intelligent. Cela donne beaucoup de caractères à ses personnages. Une très bonne lecture récréative et un peu plus. Un prix bien mérité à mes yeux.

18/03/2024 (modifier)