Les Petites Reines

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Angoulême 2024 - Prix spécial jury jeunesse La revanche des boudins !


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À cause de leur physique ingrat, Mireille, Astrid et Hakima ont gagné le « concours de boudins » de leur collège de Bourg-en-Bresse. Les trois découvrent alors que leurs destins s’entrecroisent en une date et un lieu précis : Paris, l’Élysée, le 14 juillet. L’été des « trois Boudins » est donc tout tracé : destination la fameuse garden-party de l’Élysée !!! Et tant qu’à monter à Paris, autant le faire à vélo – comme vendeuses ambulantes de boudin, tiens ! Ce qu’elles n’avaient pas prévu, c’est que leur périple attire l’attention des médias… jusqu’à ce qu’elles deviennent célèbres !!! Entre galères, disputes, rigolades et remises en question, les trois filles dévalent les routes de France, dévorent ses fromages, s’invitent dans ses châteaux et ses bals, au fil de leur odyssée. En vie, vraiment.

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Octobre 2023
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Les Petites Reines © Sarbacane 2023
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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01/02/2024 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Léger et plutôt sympa, un peu trop gentil à mon goût, traitant de sujets universels avec humour, cet album s’adresse peut-être plus particulièrement aux jeunes adolescentes mais je pense qu’un très large panel de lecteurs peut y trouver de l’intérêt. Son sujet central est la mochophobie, manie profondément destructrice par laquelle les adolescent.e.s stigmatisent leurs congénères sur base de leur aspect physique. Le personnage principal du récit, qui en est victime, cache sa souffrance derrière une désinvolture de façade, façade d’autant plus solide qu’elle dispose d’une grande maturité pour son âge, d’esprit d’initiative, d’ouverture aux autres et d’une grande force de caractère. C’est un personnage auquel les lectrices (comme les lecteurs) peuvent facilement s’identifier, et en cela, c’est un des gros atouts de cet album. Autre atout, le dessin vivant et spontané de Magali Le Huche. Il apporte toute la fraicheur nécessaire à cette histoire, avec un découpage moderne, des personnages bien typés (des moches pas trop moches auxquelles il est encore possible de s’identifier ou de s’attacher, mais pas assez belles pour ne pas comprendre qu’elles sont moches, notamment (exercice extrêmement délicat selon moi et très bien réussi dans le cas présent)), des décors présents sans être invasifs et des visages très expressifs. Les sujets abordés tournent bien entendu autour du regard de l’autre qui finit par déteindre sur le regard que l’on se porte à soi-même. C’est un sujet universel que le phénomène des réseaux sociaux n’a fait qu’accentuer ces dernières années (et ce n’est pas fini). Outre nos trois boudins, un quatrième personnage, handicapé physique, apporte une variation sur le même thème (même si là, il est surtout question du regard que l’on se porte à soi-même). Alors même qu’elle est hautement improbable, l’odyssée cycliste des quatre comparses devient crédible grâce au talent des autrices. L’histoire d’amitié qui va naitre entre elles permet de proposer différents profils et donc différentes manières de réagir face à un rejet dû à son apparence physique. Les rencontres avec différents personnages permettent de montrer la méchanceté, la bêtise mais aussi le respect et la compréhension dont peuvent faire montre les êtres humains. Il y a toutefois un aspect du scénario qui m’a dérangé : Clémentine Beauvais et Magali le Huche limitent les victimes uniquement aux personnes de sexe féminin et sous-entendent fortement que les garçons ne sont pas la cible de ce type de jugement de la part des filles, et moi qui ai été élu par l’ensemble des filles de ma classe deuxième mec le plus moche de la classe -à 15 ans, un âge similaire à celui des héroïnes de cet album- ça me fait quand même méchamment marrer. De plus, je suis convaincu que dans la société actuelle, dans laquelle l’image prime sur toute autre qualité, la tendance à la mochophobie a encore dû bien s’accentuer et touche encore plus les deux sexes qu’à mon époque. Ce détail mis à part, j’ai bien aimé ce récit. Je l’aurais voulu plus mordant à l’occasion (le happy end est trop général à mon goût) mais les personnages m’ont touché autant par leur naïveté que par leur capacité à rebondir. Vraiment pas mal du tout !

01/02/2024 (modifier)