J’ai été littéralement bluffé par cet album. On passe un très agréable moment, lors de sa lecture. Vehlmann est, sans nul doute, un des scénaristes actuels les plus doués de sa génération. Son histoire est construite comme un roman initiatique qui touche au conte, à la poésie et même à la philosophie. La recherche du conte parfait nous conduit dans une aventure tout à fait sympathique et particulièrement originale. Les personnages sont très bien caractérisés et parfaitement attachants.
L’univers que les auteurs ont choisi ; celui des mille et une nuits, celui du calife de Bagdad ; est tout à fait propice à ce genre d’histoires. La recherche du conte parfait, à travers le monde, par les 5 personnages, donne lieu à des découvertes et des voyages passionnants, voire drôles par moment et toujours très inventifs. Les univers approchés sont originaux, il y a de vraies créations totalement jubilatoires, comme ces oiseaux conteurs ou cet inquiétant homme en rouge qui est censé ne jamais quitter notre esprit.
Par contre, le dessin de Duchazeau, même s’il est très stylisé, ne me plaît que moyennement. Je le trouve trop peu lisible. C’est le seul point faible de cet album qui aurait bien mérité une mention culte, s’il n’y avait pas eu ce dernier point.
Le dessin est une œuvre typique de l’univers de M.A. Mathieu. Ses fans ne seront pas dépaysés et ses détracteurs ne changeront pas d’avis à la lecture de cet album. Moi je l’aime plutôt bien et il me surprend avec chacune de ses BDs. Ici le rythme de l’histoire est assez lent et au début je me demandais un peu si j’allais vraiment accrocher. En plus l’histoire est assez sommaire et on est loin du monde extravagant de Julius Corentin Acquefacques.
Et puis les découvertes autour de ce dessin se succèdent et à chacune d’elle l’auteur a réussi à me surprendre. Au final j’ai donc passé un bon moment et j’ai particulièrement apprécié la dernière surprise réservée par le dessin. Surprenant et impressionnant.
Après lecture des 4 premiers albums, la note attribuée de 4/5 est plutôt représentative de la qualité de l'oeuvre en tant que documentaire plutôt que sur le dessin qui n'est pas vraiment à mon goût.
Cette série est vraiment très intéressante, car on en apprend beaucoup sur ce qu'a été par le passé la richesse culturelle de l'Iran et sur les méfaits de la révolution culturelle qui a frappé le pays en 1979.
Ce qui est frappant est que toute cette richesse construite au cours de centaines d'années peut être balayée (en tout cas en surface) en l'espace d'une seule par des imbéciles....
C'est très bien fait, très instructif avec de temps à autre quelques notes d'humour ce qui ne gâche rien, bien au contraire.
Le portrait ovale est une nouvelle courte, très captivante.
Un bon passage de l'action présente au passé, et une bonne fin, assez angoissante.
A lire absolument !!!
Quelle bonne idée que de dessiner l'histoire de René Caillé, un des plus grands explorateurs Français, qui a versé sang et larmes pour être le premier Européen à entrer dans la fameuse cité de Tombouctou.
On suit les traces d'un homme hors du commun, le premier à avoir compris que se couler dans les structures sociales locales et se convertir à l'Islam ouvriraient plus de portes dans le Sahel que l'usage brutal de la force. Parti de rien, tout seul, avec un capital ridicule, René Caillé réussit là où les expéditions ayant infiniment plus de moyens humains et matériels ont toutes échoué avant lui. Mais cette réussite se fait au prix d'un lourd tribut en terme de santé et en termes sociaux - sa conversion à l'Islam, faite pour la grandeur de la France, l'amèneront à être vu comme un traître aux yeux de tous.
Les dessins et les couleurs directes sont véritablement superbes et rendent admirablement bien les ambiances, les paysages d'Afrique et les communautés rencontrées - c'est assez rare pour être souligné !
L'album ne fait pas l'impasse sur les questions existentielles qui ne manquent pas de hanter ce personnage vivant dans une extrême solitude, à la merci des relations qu'il entretient avec ses compagnons de voyage.
Mais c'est ici que l'album pêche, en flanquant René Caillé d'un très improbable guide africain, Arafanba, qui n'a pas grand chose d'africain à part son nom et la couleur de sa peau, et qui chaperonne l'explorateur tout en philosophant avec lui pour lui donner une mauvaise conscience typique de l'anti-colonialisme mou. Il me semble que cet ajout inutile et fort peu crédible déprécie la force et la singularité de l'exploit, empêchant de se rapprocher de René Caillé et de mieux le comprendre (l'histoire est beaucoup plus imaginée que fidèle à ce qu'à écrit Caillé ou qu'à ce qui a été écrit à son sujet).
Malgré cela, cet album reste néanmoins des plus réussi, sort des sentiers battus, et mérite à coup sûr la lecture.
Que certains auteurs amateurs sans talent (je ne cite pas de noms pour ne pas faire de pub à "Lovely Goretta") aient réussi, grâce à un effet de mode, à transformer en vrais livres les platitudes mal dessinées qu'ils affichent sur leur page internet pour que des inconnus viennent y déposer un "kikoolol tro for ta bd, é tu lach 1 komentèr sur mon skyblog toa ossi m1tnan steuplé ?", est un phénomène assez fâcheux. Néanmoins, quand c'est une pointure comme Lewis Trondheim qui décide de se mettre au format "blog", le résultat est assez savoureux et, pour le coup, mérite largement de devenir une série de vrais livres.
Est-ce que ça vaut le coup d'acheter le livre quand on a déjà lu toutes les planches sur le blog jour après jour ? Je dirais oui. Moi, ça m'a fait autant marrer quand j'ai lu le livre que la première fois que j'ai lu "Les Petits Riens" sur le net. En plus, sur le site les planches disparaissent au fur et à mesure, ce qui justifie d'autant plus l'achat.
Pour ce qui est du contenu, ben, c'est du Trondheim pur jus, qui ne décevra pas plus qu'il ne surprendra ses fans. Fidèle à lui-même, Lewis fait ce qu'il sait si bien faire : raconter des petites anecdotes, la plupart du temps assez rigolotes, parfois inquiétantes ou tristes, sur sa petite vie d'auteur de BD. Évidemment, ça ressemble à ses Carnet de bord, à Approximativement, même un peu à Désoeuvré. Évidemment, si vous cherchez plutôt une grande aventure épique, vous ne serez pas forcément subjugué par des histoires de t-shirt sous une chemise à manches courtes ou de bout de barre chocolat-fruits secs qui tombe par terre. Et si vous aimez les Romans Graphiques sérieux et profonds qui font vachement réfléchir sur le sens de la vie et délivrent de puissants messages sur l'amour (qui est triste) et le racisme (qui est mal), vous n'allez pas forcément rigoler quand Lewis et Joann collent exprès du PQ sous leur chaussure pour faire un gag à deux balles dans un festival BD, ou quand Lewis bourré fait du sabre-laser en jouant du piano pour montrer à ses potes qu'il est plus fort que Dark Vador.
Par contre, ben, si vous aimez bien les couillonnades habituelles de Lewis-le-parano, Lewis-l'hypocondriaque, Lewis-le-gamin, Lewis-le-rigolo, pas d'hésitation, ce petit album (et ceux qui suivront) a sa place dans votre collection.
Ne connaissant rien au manga, je croyais que ceux-ci étaient orientés vers le sexe ou la violence, que les dessins étaient stéréotypés et bien détrompez-vous avec Tezuka.
Ayant commencé la lecture de l'oeuvre de Tezuka par L'histoire des 3 Adolf et Métropolis, je dois dire que la vie de Boudddha m'a particulièrement plu.
On peut être surpris par le trait du dessin propre à cet auteur, mais la naïveté du trait ne retire rien à la force du récit.
Parfois dérouté par les anachronismes qui jalonnent les tomes, il faut avouer que cette première impression passée, on s'y habitue très bien, et ces anachronismes ajoutent de l'humour à l'histoire.
Des rebondissements, des trahisons, des leçons de courage et d'altruisme, voilà les piliers de ce monument. L'épaisseur des tomes, environ 400 pages chacun, peut rebuter les moins avides, mais la lecture est agréable et bien rythmée.
Sur le plan de la mise en page, on peut regretter la laideur des couvertures, surtout vu le prix, ainsi que le sens de lecture occidental.
Quelques coquilles apparaissent parfois dans le texte, mais rien de bien grave.
Cette oeuvre m'a donné envie de poursuivre la lecture de cet auteur, qui semble être le Hergé du manga.
Je ne suis pas un grand fan du style de David B. et pourtant cette série m’a beaucoup plu. C’est en lisant les précédents avis que j’ai décidé de me lancer dans cette série. Je n’ai pas du tout regretté. Le moins que l’on puisse dire est que cette série est très originale.
David B. nous plonge dans un conte oriental rempli de monstres et de rêves. Son dessin est tout à fait adapté à ce style d’histoire. La mise en couleur est agréable, c’est peut-être ce qui me manquait sur l’Ascension du Haut-Mal. Par contre, j’ai trouvé, après lecture des deux albums, que l’intrigue était un peu compliquée à suivre et qu’on n’avançait pas beaucoup. Alors peut-être faudra-t-il attendre quelques années pour connaître et saisir tout le sens profond de cette œuvre ?
A n’en pas douter, cependant, ceci est une très grande série qui mérite qu’on s'y attarde un peu.
Conan le barbare dans un monde que je n'aurais pas imaginé.
Celui qui n'a pas lu Howard et les moult aventures guerrières et érotiques de ce géant Cimmérien, ne peut pas apprécier le simplisme des scénarios. Voilà, rien de vraiment fulgurant au premier abord, mais le dessin... Ha le dessin de Segrelles... que dire... rien, il faut le voir. Il se dévore case après case, chaque détail a son importance. Je connais peu d'auteurs avec un tel souci de la perfection.
Rien que pour en avoir plein les yeux et pour se détendre.
Note approximative : 3.5/5
La première rencontre entre Superman/Batman et Wonderwoman mise en image dans un long récit d'aventure, voilà qui a de quoi allécher l'amateur de l'univers DC que je suis. Le résultat en est plutôt bon sans être réellement fantastique.
Comme il s'agit de leur première rencontre, ce récit se passe bien sûr à une époque antérieure aux développements actuels de l'univers DC. Cela se passe à une époque où Batman et Superman travaillent déjà souvent ensemble mais où ni l'un ni l'autre n'avaient rencontré Wonder Woman, encore fraîchement issue de son île paradisiaque. Pas encore de Justice League of America, donc, nous en sommes loin.
Cette rencontre est relativement bien amenée et les personnalités des trois super-héros se confrontent avec un assez bon réalisme, amenant quelques dialogues et situations intéressants.
Je ne ferais qu'un reproche concernant le personnage de Batman à qui il est donné, à mes yeux, un comportement trop puéril par moments, notamment dans ses dialogues qui donnent l'impression de voir parler un adolescent têtu. Mais ce n'est pas trop visible et donc moins gênant que certains passages me l'avaient fait craindre en début de lecture.
L'intrigue du récit en elle-même maintenant est assez banale. Face à notre trinité de héros, un trio de super-méchants s'imposait : Ra's al Ghul à leur tête (comme ennemi de Batman), Bizarro à son service (comme ennemi de Superman) et une rebelle amazone (pour Wonder Woman). Ces trois-là oeuvrent pour un plan mettant en scène des fusées nucléaires volées et le désir de détruire ce qui forge le monde moderne et ses dérives libéralistes qui répugnent l'éco-terroriste Ra's al Ghul.
Une intrigue suffisamment bien construite pour être assez captivante mais sans grande originalité ni véritable passion pour le lecteur.
Le dessin, quant à lui, est assez typé, pas particulièrement joli mais sympathique et agréable à lire. Il est cependant nettement meilleur concernant les personnages que les véhicules. Les avions et autres hélicoptères sont en effet assez ratés. Sans parler du ridicule d'un assemblage flottant apparaissant en fin d'histoire, formé de deux fusées nucléaires accolées de manière suggestive de deux grosses bouées rondes à leur base.
Une lecture assez sympathique, une première rencontre entre trois personnages légendaires de l'univers DC réaliste et bien rendue, mais une intrigue sans grande surprise. Ne vous attendez pas à un chef-d'oeuvre, juste à un bon moment de lecture.
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Les Cinq Conteurs de Bagdad
J’ai été littéralement bluffé par cet album. On passe un très agréable moment, lors de sa lecture. Vehlmann est, sans nul doute, un des scénaristes actuels les plus doués de sa génération. Son histoire est construite comme un roman initiatique qui touche au conte, à la poésie et même à la philosophie. La recherche du conte parfait nous conduit dans une aventure tout à fait sympathique et particulièrement originale. Les personnages sont très bien caractérisés et parfaitement attachants. L’univers que les auteurs ont choisi ; celui des mille et une nuits, celui du calife de Bagdad ; est tout à fait propice à ce genre d’histoires. La recherche du conte parfait, à travers le monde, par les 5 personnages, donne lieu à des découvertes et des voyages passionnants, voire drôles par moment et toujours très inventifs. Les univers approchés sont originaux, il y a de vraies créations totalement jubilatoires, comme ces oiseaux conteurs ou cet inquiétant homme en rouge qui est censé ne jamais quitter notre esprit. Par contre, le dessin de Duchazeau, même s’il est très stylisé, ne me plaît que moyennement. Je le trouve trop peu lisible. C’est le seul point faible de cet album qui aurait bien mérité une mention culte, s’il n’y avait pas eu ce dernier point.
Le Dessin
Le dessin est une œuvre typique de l’univers de M.A. Mathieu. Ses fans ne seront pas dépaysés et ses détracteurs ne changeront pas d’avis à la lecture de cet album. Moi je l’aime plutôt bien et il me surprend avec chacune de ses BDs. Ici le rythme de l’histoire est assez lent et au début je me demandais un peu si j’allais vraiment accrocher. En plus l’histoire est assez sommaire et on est loin du monde extravagant de Julius Corentin Acquefacques. Et puis les découvertes autour de ce dessin se succèdent et à chacune d’elle l’auteur a réussi à me surprendre. Au final j’ai donc passé un bon moment et j’ai particulièrement apprécié la dernière surprise réservée par le dessin. Surprenant et impressionnant.
Persepolis
Après lecture des 4 premiers albums, la note attribuée de 4/5 est plutôt représentative de la qualité de l'oeuvre en tant que documentaire plutôt que sur le dessin qui n'est pas vraiment à mon goût. Cette série est vraiment très intéressante, car on en apprend beaucoup sur ce qu'a été par le passé la richesse culturelle de l'Iran et sur les méfaits de la révolution culturelle qui a frappé le pays en 1979. Ce qui est frappant est que toute cette richesse construite au cours de centaines d'années peut être balayée (en tout cas en surface) en l'espace d'une seule par des imbéciles.... C'est très bien fait, très instructif avec de temps à autre quelques notes d'humour ce qui ne gâche rien, bien au contraire.
Le portrait ovale
Le portrait ovale est une nouvelle courte, très captivante. Un bon passage de l'action présente au passé, et une bonne fin, assez angoissante. A lire absolument !!!
Abdallahi
Quelle bonne idée que de dessiner l'histoire de René Caillé, un des plus grands explorateurs Français, qui a versé sang et larmes pour être le premier Européen à entrer dans la fameuse cité de Tombouctou. On suit les traces d'un homme hors du commun, le premier à avoir compris que se couler dans les structures sociales locales et se convertir à l'Islam ouvriraient plus de portes dans le Sahel que l'usage brutal de la force. Parti de rien, tout seul, avec un capital ridicule, René Caillé réussit là où les expéditions ayant infiniment plus de moyens humains et matériels ont toutes échoué avant lui. Mais cette réussite se fait au prix d'un lourd tribut en terme de santé et en termes sociaux - sa conversion à l'Islam, faite pour la grandeur de la France, l'amèneront à être vu comme un traître aux yeux de tous. Les dessins et les couleurs directes sont véritablement superbes et rendent admirablement bien les ambiances, les paysages d'Afrique et les communautés rencontrées - c'est assez rare pour être souligné ! L'album ne fait pas l'impasse sur les questions existentielles qui ne manquent pas de hanter ce personnage vivant dans une extrême solitude, à la merci des relations qu'il entretient avec ses compagnons de voyage. Mais c'est ici que l'album pêche, en flanquant René Caillé d'un très improbable guide africain, Arafanba, qui n'a pas grand chose d'africain à part son nom et la couleur de sa peau, et qui chaperonne l'explorateur tout en philosophant avec lui pour lui donner une mauvaise conscience typique de l'anti-colonialisme mou. Il me semble que cet ajout inutile et fort peu crédible déprécie la force et la singularité de l'exploit, empêchant de se rapprocher de René Caillé et de mieux le comprendre (l'histoire est beaucoup plus imaginée que fidèle à ce qu'à écrit Caillé ou qu'à ce qui a été écrit à son sujet). Malgré cela, cet album reste néanmoins des plus réussi, sort des sentiers battus, et mérite à coup sûr la lecture.
Les Petits Riens
Que certains auteurs amateurs sans talent (je ne cite pas de noms pour ne pas faire de pub à "Lovely Goretta") aient réussi, grâce à un effet de mode, à transformer en vrais livres les platitudes mal dessinées qu'ils affichent sur leur page internet pour que des inconnus viennent y déposer un "kikoolol tro for ta bd, é tu lach 1 komentèr sur mon skyblog toa ossi m1tnan steuplé ?", est un phénomène assez fâcheux. Néanmoins, quand c'est une pointure comme Lewis Trondheim qui décide de se mettre au format "blog", le résultat est assez savoureux et, pour le coup, mérite largement de devenir une série de vrais livres. Est-ce que ça vaut le coup d'acheter le livre quand on a déjà lu toutes les planches sur le blog jour après jour ? Je dirais oui. Moi, ça m'a fait autant marrer quand j'ai lu le livre que la première fois que j'ai lu "Les Petits Riens" sur le net. En plus, sur le site les planches disparaissent au fur et à mesure, ce qui justifie d'autant plus l'achat. Pour ce qui est du contenu, ben, c'est du Trondheim pur jus, qui ne décevra pas plus qu'il ne surprendra ses fans. Fidèle à lui-même, Lewis fait ce qu'il sait si bien faire : raconter des petites anecdotes, la plupart du temps assez rigolotes, parfois inquiétantes ou tristes, sur sa petite vie d'auteur de BD. Évidemment, ça ressemble à ses Carnet de bord, à Approximativement, même un peu à Désoeuvré. Évidemment, si vous cherchez plutôt une grande aventure épique, vous ne serez pas forcément subjugué par des histoires de t-shirt sous une chemise à manches courtes ou de bout de barre chocolat-fruits secs qui tombe par terre. Et si vous aimez les Romans Graphiques sérieux et profonds qui font vachement réfléchir sur le sens de la vie et délivrent de puissants messages sur l'amour (qui est triste) et le racisme (qui est mal), vous n'allez pas forcément rigoler quand Lewis et Joann collent exprès du PQ sous leur chaussure pour faire un gag à deux balles dans un festival BD, ou quand Lewis bourré fait du sabre-laser en jouant du piano pour montrer à ses potes qu'il est plus fort que Dark Vador. Par contre, ben, si vous aimez bien les couillonnades habituelles de Lewis-le-parano, Lewis-l'hypocondriaque, Lewis-le-gamin, Lewis-le-rigolo, pas d'hésitation, ce petit album (et ceux qui suivront) a sa place dans votre collection.
La Vie de Bouddha
Ne connaissant rien au manga, je croyais que ceux-ci étaient orientés vers le sexe ou la violence, que les dessins étaient stéréotypés et bien détrompez-vous avec Tezuka. Ayant commencé la lecture de l'oeuvre de Tezuka par L'histoire des 3 Adolf et Métropolis, je dois dire que la vie de Boudddha m'a particulièrement plu. On peut être surpris par le trait du dessin propre à cet auteur, mais la naïveté du trait ne retire rien à la force du récit. Parfois dérouté par les anachronismes qui jalonnent les tomes, il faut avouer que cette première impression passée, on s'y habitue très bien, et ces anachronismes ajoutent de l'humour à l'histoire. Des rebondissements, des trahisons, des leçons de courage et d'altruisme, voilà les piliers de ce monument. L'épaisseur des tomes, environ 400 pages chacun, peut rebuter les moins avides, mais la lecture est agréable et bien rythmée. Sur le plan de la mise en page, on peut regretter la laideur des couvertures, surtout vu le prix, ainsi que le sens de lecture occidental. Quelques coquilles apparaissent parfois dans le texte, mais rien de bien grave. Cette oeuvre m'a donné envie de poursuivre la lecture de cet auteur, qui semble être le Hergé du manga.
Les Chercheurs de trésor
Je ne suis pas un grand fan du style de David B. et pourtant cette série m’a beaucoup plu. C’est en lisant les précédents avis que j’ai décidé de me lancer dans cette série. Je n’ai pas du tout regretté. Le moins que l’on puisse dire est que cette série est très originale. David B. nous plonge dans un conte oriental rempli de monstres et de rêves. Son dessin est tout à fait adapté à ce style d’histoire. La mise en couleur est agréable, c’est peut-être ce qui me manquait sur l’Ascension du Haut-Mal. Par contre, j’ai trouvé, après lecture des deux albums, que l’intrigue était un peu compliquée à suivre et qu’on n’avançait pas beaucoup. Alors peut-être faudra-t-il attendre quelques années pour connaître et saisir tout le sens profond de cette œuvre ? A n’en pas douter, cependant, ceci est une très grande série qui mérite qu’on s'y attarde un peu.
Le Mercenaire
Conan le barbare dans un monde que je n'aurais pas imaginé. Celui qui n'a pas lu Howard et les moult aventures guerrières et érotiques de ce géant Cimmérien, ne peut pas apprécier le simplisme des scénarios. Voilà, rien de vraiment fulgurant au premier abord, mais le dessin... Ha le dessin de Segrelles... que dire... rien, il faut le voir. Il se dévore case après case, chaque détail a son importance. Je connais peu d'auteurs avec un tel souci de la perfection. Rien que pour en avoir plein les yeux et pour se détendre.
Trinité
Note approximative : 3.5/5 La première rencontre entre Superman/Batman et Wonderwoman mise en image dans un long récit d'aventure, voilà qui a de quoi allécher l'amateur de l'univers DC que je suis. Le résultat en est plutôt bon sans être réellement fantastique. Comme il s'agit de leur première rencontre, ce récit se passe bien sûr à une époque antérieure aux développements actuels de l'univers DC. Cela se passe à une époque où Batman et Superman travaillent déjà souvent ensemble mais où ni l'un ni l'autre n'avaient rencontré Wonder Woman, encore fraîchement issue de son île paradisiaque. Pas encore de Justice League of America, donc, nous en sommes loin. Cette rencontre est relativement bien amenée et les personnalités des trois super-héros se confrontent avec un assez bon réalisme, amenant quelques dialogues et situations intéressants. Je ne ferais qu'un reproche concernant le personnage de Batman à qui il est donné, à mes yeux, un comportement trop puéril par moments, notamment dans ses dialogues qui donnent l'impression de voir parler un adolescent têtu. Mais ce n'est pas trop visible et donc moins gênant que certains passages me l'avaient fait craindre en début de lecture. L'intrigue du récit en elle-même maintenant est assez banale. Face à notre trinité de héros, un trio de super-méchants s'imposait : Ra's al Ghul à leur tête (comme ennemi de Batman), Bizarro à son service (comme ennemi de Superman) et une rebelle amazone (pour Wonder Woman). Ces trois-là oeuvrent pour un plan mettant en scène des fusées nucléaires volées et le désir de détruire ce qui forge le monde moderne et ses dérives libéralistes qui répugnent l'éco-terroriste Ra's al Ghul. Une intrigue suffisamment bien construite pour être assez captivante mais sans grande originalité ni véritable passion pour le lecteur. Le dessin, quant à lui, est assez typé, pas particulièrement joli mais sympathique et agréable à lire. Il est cependant nettement meilleur concernant les personnages que les véhicules. Les avions et autres hélicoptères sont en effet assez ratés. Sans parler du ridicule d'un assemblage flottant apparaissant en fin d'histoire, formé de deux fusées nucléaires accolées de manière suggestive de deux grosses bouées rondes à leur base. Une lecture assez sympathique, une première rencontre entre trois personnages légendaires de l'univers DC réaliste et bien rendue, mais une intrigue sans grande surprise. Ne vous attendez pas à un chef-d'oeuvre, juste à un bon moment de lecture.