Les derniers avis (32251 avis)

Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Désoeuvré
Désoeuvré

C’est suite à l’annonce de l’arrêt de "Lapinot" que Trondheim s’est lancé dans l’écriture de "Désoeuvré". Ce livre est comme souvent un travail autobiographique (comme Approximativement, ou les carnets de bord…), mais ce n’est pas que cela ; le prétexte, ici, n’est pas de nous montrer Lewis dans son quotidien, mais surtout de le comprendre dans son métier de dessinateur. Trondheim s’est lancé dans une réflexion sur son travail d’auteur et sa soi-disant déprime artistique. Trondheim ne se sentant plus capable de créer quelque chose de novateur et traversant un passage à vide, s’interroge sur cette situation. Comme dans ses carnets de bord, on le retrouve grimé en oiseau et on rencontre un certain nombre de ses comparses de la nouvelle génération de la bande dessinée (toujours marrant de connaître ses considérations sur ses collègues). Une des théories intéressantes du bouquin évoque le vieillissement des dessinateurs qui les pousse inexorablement vers une forme d’automatisme et ne peut qu’entraîner leur déclin. Ce livre m’a vraiment beaucoup plu car c’est une vraie réflexion théorique sur le travail de l’artiste et le sens que l’on donne au mot « œuvre ». Trondheim s’interroge sur le travail de dessinateurs célèbres, évoque ses créations, ses ruptures. Il s’informe sur des auteurs comme, Hergé, Bilal, Degotte…, fait des rencontres. Celle avec Gotlib et Tibet est tout à fait intéressante car elle permet de montrer deux façons d’appréhender le métier. L’un des auteurs Tibet poursuit son travail, contre vents et marées, mais reste fidèle à son style de départ. L’autre, Gotlib, s’est arrêté en pleine gloire, car il ne se croyait plus capable de dessiner comme à la belle époque. Alors, il est vrai que ceux qui ne s’intéressent pas au travail de Trondheim trouveront peut-être ce livre assommant et par certains côtés trop nombriliste. Mais, pour ma part, j’ai beaucoup aimé, il est rare de trouver un grand auteur de son vivant s’interroger sur son travail et se remettre ainsi en question.

31/10/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série Où le regard ne porte pas...
Où le regard ne porte pas...

Dans ce diptyque, j’ai nettement préféré le premier tome. Il raconte l’enfance des quatre personnages, 3 garçons, une fille, avec beaucoup de tendresse. La narration prend son temps, on s’attarde sur les paysages méditerranéens, la nature, les animaux. La vision est assez panthéiste, comme dans les films de Terrence Malick. Tout cela se mélange avec les thèmes de l’enfance, de l’amour pour la petite Lisa, sans oublier les conflits et les drames. On avait un vrai sentiment de bien-être à la lecture de cet album. Dans le deuxième tome, le côté tendresse a totalement disparu, les personnages ont vieilli et ont perdu de leur innocence. L’émergence du fantastique m’a un peu gêné. Elle ne cadrait pas avec l’ambiance du premier tome. De ce fait, j’ai été un peu déçu, même si la fin est en tout point magnifique et permet de saisir un vrai moment d’émotion. Le dessin d’Olivier Pont, surtout, grâce à son travail sur les décors, est remarquable. Je mettrais 4 étoiles au premier tome, 3 au second. Ce qui fait 3,5, mais j’arrondis à 4, car cela me semble plus justifié.

31/10/2006 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5
Couverture de la série On a tué Wild Bill
On a tué Wild Bill

J’aime beaucoup les westerns, j’aime aussi le dessin d’Hermann, mais je n’ai pas toujours été convaincu par ses one shot, que ce soit Sarajevo-Tango ou Caatinga. J’ai cependant bien apprécié cet album. Je n'ai pas oublié qu'Hermann avait déjà travaillé sur un précédent western Comanche, une de ses meilleures séries. L’histoire est simple : quatre bandits assassinent une famille de chercheurs d'or. Melvin Hubbard, un jeune garçon, est le seul témoin de la scène. Ce sera le personnage principal de l’histoire et non pas le célèbre Wild Bill Hickock qui n’a qu’un rapport lointain avec l’histoire. On voit alors Melvin accomplir différents petits boulots pour survivre. Le scénario est de fait diablement bien construit et ne donne son sens que dans les dernières pages du livre. Ce western a quelque chose de crépusculaire, dans le genre des films d'Eastwood. A signaler que cet album est entièrement dessiné en couleurs réelles et c’est une merveille. Les fans de la série Deadwood (dont je suis) apprécieront aussi à sa juste valeur ce one shot.

31/10/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Captain Britain - La Fin du Monde
Captain Britain - La Fin du Monde

Cette BD n'est pas l'une des meilleures oeuvres d'Alan Moore, mais cela reste un très bon comics de super-héros. Déjà, il faut savoir que même si l'histoire racontée ici a une vraie fin, son début par contre fait suite à d'autres aventures du même héros. Captain Britain n'est pas en effet une création d'Alan Moore comme je le pensais mais un personnage qui avait existé auparavant, qui avait déjà vécu des aventures et qu'on retrouve sur la fin d'une d'entre elles au début du présent album. C'est un peu déroutant quand on ne connaît pas le personnage car il est entouré d'autres personnes dont on ne sait rien, dans une situation déjà relativement complexe et que les évènements viennent encore davantage chambouler. Le commencement de cette BD est donc un petit peu ardu à appréhender. Et à la difficulté à rentrer dès les premières pages dans le récit s'ajoute la longueur de cette introduction, car ce n'est qu'arrivé à la moitié de l'album environ que l'on rentre dans le vif du sujet avec la rencontre entre Captain Britain et Captain UK. Et toute cette introduction manque un peu d'accroche pour captiver le lecteur. Autre semi-déception, j'imaginais en Captain Britain un détournement irrévérencieux et intelligent des super-héros à l'américaine par un Alan Moore décidé à mettre en avant les spécificités européennes et plus spécialement britanniques. Au lieu de ça, le fait que Captain Britain soit le héraut de la tradition celtique britannique n'a que très peu d'importance dans cette histoire. Tout au plus voit-on Merlin intervenir à distance et l'ennemi prendre la forme d'une sorte de Chapelier Fou de Lewis Caroll, pour le reste le décor britannique et l'Union Jack auraient très bien pu être remplacés par les habituels USA et la bannière étoilée. En outre, le glorieux Captain Britain parait souvent bien minable, passant son temps à sauter sur des ennemis aussi ou plus puissants que lui et se ramassant le plus souvent de gros coups qui le mettent KO et forcent tout son entourage à venir à son secours, si ce n'est à le ressusciter ni plus ni moins. Gentil mais pas très imposant comme grand héros d'une nation quand n'importe quel mercenaire de l'espace semble au moins aussi fort que lui. Passé ces petites mises en garde, le récit est quand même très bon et le dessin tout à fait correct pour le mettre en forme. On retrouve de nombreuses influences d'autres oeuvres d'Alan Moore. Miracleman est largement cité bien sûr, mais on retrouve aussi l'idée de Suprême de voir de nombreuses versions d'un même super-héros. L'abondance de personnages aux super-pouvoirs divers et une petite dose d'humour fait aussi penser à Top 10. L'Angleterre tombant sous une férule faciste fait penser à V pour Vendetta. Bref, autant d'idées parfois déjà-vues mais formant ici un tout néanmoins sympathique. Et autant la première moitié du récit manque un peu de liant, autant il devient assez palpitant et prenant par la suite. Raconté avec intelligence, il captivera le lecteur amateur d'histoires pertinentes de super-héros modernes. Au final, malgré quelques petites déceptions, j'ai passé un très bon et dense moment de lecture que je conseille aux férus d'Alan Moore comme aux autres amateurs de super-héros.

31/10/2006 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Cinq Conteurs de Bagdad
Les Cinq Conteurs de Bagdad

Les Cinq Conteurs de Bagdad est une BD originale, pleine d’humour et de poésie, dont l’histoire m’a vraiment enchanté. C’est fin, c’est intelligent, mais sans verser dans le prétentieux ou l’intello… La fin est chouette, et parvient à surprendre malgré le fait qu’une voyante la prédit au tout début de l’histoire… fort non ? En plus comme le dessin est très joli, et que l’histoire se termine en un tome, je ne peux que vous conseiller ce petit bijou que je pense relire assez souvent… Un coup de cœur !

30/10/2006 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Siècle
Le Grand Siècle

Belle découverte que ce Simon Andriveau. Avec "Le Grand siècle", il fait directement son entrée dans la catégorie des auteurs à suivre de près. Car c'est une série promise à un grand avenir, pour peu que le public suive. Andriveau a décidé de s'attaquer à l'un des plus grands mystères de l'Histoire de France, celui du Masque de Fer. Ni plus ni moins. Et malgré l'apparition de celui-ci seulement dans le dernier tiers du tome 1, cette option rajoute un supplément d'intérêt à cette histoire de poursuite champêtre dont on avait du mal, au départ, à saisir les implications. Enfin je dis du mal, mais ça se lisait déjà assez bien, Andriveau utilisant une trame assez linéaire, saupoudrée de moments d'humour bienvenus. Quant à son dessin, il est déjà très mature, avec cependant des couleurs un peu sombres par moments. Mais on sent plusieurs influences, comme celle d'Uderzo et celle de Frezzato. Une série à suivre de près, comme je l'ai dit.

29/10/2006 (modifier)
Par guillaume
Note: 4/5
Couverture de la série La Porte des mondes
La Porte des mondes

Ce premier tome annonce une série sympathique qui nous donne envie de connaître la suite. Bien que sans grande différence par rapport aux autres séries du genre, le graphisme et les paroles soignées amènent un réel bonheur à la lecture de cet ouvrage. C'est une bd à découvrir, mais n'y cherchez pas d'originalité outre mesure.

28/10/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Nasdine Hodja
Nasdine Hodja

Waaaahhhh... une série "vieux machin", mais belle comme " là-bas " !... Nasdine débute ses aventures dans l'hebdo Vaillant, n° 84 du 19 Décembre 1946. Il donne un dernier coup de sabre dans Pif Gadget, n° 169, du 18 Mai1972. Nasdine ?... Grand, costaud, enrubanné, teint basané, cheveux et yeux de jais, la fine barbichette... un héros "oriental" au grand coeur comme on se plaisait à l'imaginer il y a... 60 ans ! Ses aventures ?... C'est comme un tout bon vieux film de cape et d'épée... mais en Arabie (sens général du terme). Les scénarios ?... Une belle transposition du combat entre le bien et le mal ; la défense des opprimés de toutes sortes, l'amitié, la loyauté... des thèmes archi convenus, c'est vrai, mais ici apposés dans des histoires dites "exotiques" (pour l'époque). Le dessin ?... Du tout bon. René Bastard est un inconnu. Dommage. Son graphisme est fin, diaphane parfois, très réaliste, montrant bien l'ampleur des mouvements, les caractères des personnages. L'ensemble ?.. Une série "bondissante", aux magnifiques illustrations ; une bd "narrative" aussi (pas de phylactères) : le texte sert surtout d'explicatif et de faire valoir au dessin. Un style ?... cela se rapproche des comics US de la grande époque des années 30 à 50 ; et c'est ce qui fait vraiment son charme. Les albums ?... Là, ça coince un peu : Les 3 premiers (EO) sont édités par Vaillant de 1953 à 1961. Je ne possède -malheureusement- que le tome 1 : un grand format cartonné, à l'odeur de papier caractéristique, au dos (la tranche) en papier "peau d'ours" rouge encollé à la colle de poisson (d'origine !). Un must !.. (pour moi, bien sûr...). Le 4ème (Ed. du Fromage) est une réédition du 1 avec changement de titre. Le 5ème -surprise- a été édité chez Glénat en Octobre 2005 sous le titre de "Nasdine Hodja". Je ne le possède pas encore et ne connais son contenu. Nasdine ?... c'est en reclassant une partie de mes Vaillant que je l'ai redécouvert. Il somnolait, là, depuis quelques années. Il s'est relevé, a brandi son cimeterre et, tous deux, nous avons replongé dans ses aventures. Très plaisant.

28/10/2006 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Choucas
Le Choucas

Les éditions Dupuis viennent de publier une intégrale du Choucas, un beau pavé de 300 pages au format souple, noir et blanc, d'une taille légèrement réduite et d'un prix franchement attractif. Pensez : presque 50% moins cher que les albums à l'unité, voilà qui a de quoi attirer le chaland. Et en chaland chanceux que je suis, c'est via cette intégrale que j'ai découvert ce Choucas dont j'avais beaucoup entendu parler en bien. Abordons tout d'abord l'aspect graphique. Le trait de Lax est excellent et profite de la maîtrise que lui ont apporté des oeuvres à succès déjà nombreuses (Azrayen, L'Aigle sans orteils, etc.). Il nous offre des planches pleines de vie, belles et fluides à la lecture. L'intégrale est en noir et blanc, la série originelle en couleurs, oui mais... mais non seulement Lax avait pensé initialement son détective en noir et blanc, mais surtout son dessin s'accommode excellemment bien de l'absence de couleurs. Les planches sont belles, contrastées, parfaites pour créer l'ambiance du polar. Maigre reproche : l'absence de couleurs n'aide pas à distinguer les origines ethniques de certains personnages, ce n'est par exemple qu'au bout de quelques dialogues qu'on comprend que le taxi Gabin est d'origine Africaine, idem pour les indiens Québécois de la 6e affaire. Mais venons-en au récit. Je ne suis guère amateur de polar. Les livres de la Série Noire et autres Léo Malet ne m'ont jamais captivé, pas plus que les films de Bogart et compagnie. Pourtant dès les premières pages, j'ai accroché au personnage du Choucas. Tout d'abord parce que nous savons d'où il vient, dernier rescapé du prolétariat, on découvre dans l'introduction de sa première affaire comment il est passé du statut d'ouvrier au chômage à celui de détective privé. Ensuite, et surtout, parce que ses histoires sont bourrées d'humour. Sous un aspect sombre et sérieux, les dialogues et textes narratifs du Choucas sont emplis de bonnes réparties, de jeux de mots, de dialogues parfois hilarants. La narration graphique n'est pas en reste puisqu'elle se combine excellemment à ces boutades humoristiques et se permet souvent quelques folies à base de symboles et autres images amusantes insérées dans le récit pour en faire ressortir les idées. Et les scénarios eux-mêmes sont de la partie pour amuser le lecteur. Le ton est donné avec le premier tome dont l'enquête se finalise face à une crapule aux ambitions aussi ridicules que dévastatrices. Dès sa première affaire, on réalise combien le Choucas n'a rien d'un héros invincible : parfois minable, souvent maladroit, il a le plus souvent besoin de l'aide que son charisme lui attire heureusement pour résoudre ses enquêtes et se sortir du pétrin dans lequel il plonge plus qu'à l'occasion. Ca le rend d'autant plus attachant, loin de la froideur blasée d'un détective de polar typique. Le Choucas est un cocktail entre polar noir et humour, pour de vraies enquêtes qui passionneront l'amateur du genre tout en amusant tous les lecteurs.

28/10/2006 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Jacques Le Gall
Jacques Le Gall

Jacques Le Gall ?... Une bien chouette série concoctée par deux "pointures" de la BD : Jean-Michel Charlier aux scénarios, Mitacq (La Patrouille des Castors) au dessin. Le Gall ?... Il me fait penser à Mouche, le rouquin des "Castors" qui aurait grandi et pris de l'assurance. C'est en 1959 que Le Gall fait son apparition, dans l'hebdo Pilote n°1 du 29 Octobre 1959. Il y termine sa carrière dans le n° 390 du 13 Avril 1967. J'avoue que j'aime vraiment bien. C'est vrai qu'il ne faut pas trop chercher matière à réflexion dans les histoires ; Charlier balançant ici de sacrés scénarios qui mêlent aventure, tension dramatique, explosivité. C'est vraiment rocambolesque, on n'y croit pas une seconde... mais c'est bien attachant. Les premières histoires bénéficient -et c'est le verbe- d'un magnifique "noir et blanc" très esthétique ; les différentes planches étant réalisées au lavis. Contrastes, profondeur, "faux relief" attirent l'oeil, le font apprécier le travail d'artiste. Surchargé de travail, Mitacq confiera ensuite le graphisme à René Follet ; lequel poursuit la série dans une belle continuité. Jacques le Gall ?... Une belle série qui aurait dû continuer, mais qui s'arrête suite au décès de Charlier en 1989 ; lequel -chose rare- n'en avait écrit aucun scénario d'avance. Les albums : 4 aventures seront éditées. Des rééditions suivront, sous d'autres couvertures et titres différents. On trouve encore les E.O., mais vraiment occasionnellement. Une bonne "intégrale" en deux tomes permet d'apprécier -en une sorte de deuxième jeunesse- les aventures de ce jeune "baroudeur".

28/10/2006 (modifier)