Au début de la lecture, je n'avais pas un bon avis sur ce one-shot. Je me disais que c'était une énième histoire d'enfants maltraités dans un orphelinat comme je l'ai vue si souvent (notamment dans Paracuellos).
Toutefois, lorsque Jean rencontre le directeur, j'ai changé d'avis. Je suis rentré dans cette histoire bizarre pour la première fois. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que cette histoire est différente de tout ce que j'ai lu jusqu'à présent.
Le phalanstère est un endroit étrange, rempli de gens encore plus étranges et j'aime ça. Le dessin en noir et blanc rempli d'ombres est excellent et rend à merveille l'atmosphère du récit.
Après lecture des 6 premiers tomes. (9 avec le rajout en bas d'avis)
Je ne sais pas si j'étais dans un bon jour, mais j'ai apprécié cette série.
Le scénario n'est pas si compliqué que ça, c'est rythmé, sans prétentions. Le but étant clairement de divertir avec il me semble une certaine légèreté. Il faut au préalable ne pas se poser trop de questions et apprécier, un peu comme les premiers épisodes de Capricorne.
Certes il y a un côté kitch, mais il est clairement assumé.
Les dessins sont de très bon niveau, et les couleurs pourtant flachies n'ont pas altéré mon plaisir de lecture.
Ca fait du bien de temps en temps des séries de ce type : de l'action, une certaine originalité et une lecture passive. Le scénario retombe toujours sur ses pattes même si il faut utiliser des raccourcis : le plus important dans ce genre de récit est de rester cohérent : objectif atteint.
Après lecture des 3 derniers tomes : confirmation du plaisir de lecture que procure cette série. Je passe sans hésitation la note à 4/5 car j'ai trouvé l'ensemble bien amené, structuré dans son apparent bordel. Un concentré d'ingénuosité.
Une belle découverte au détour du rayon BD de la bibliothèque communale.
Ces 5 fables cauchemardesques pointent autant dans la SF que dans l'humour noir.
Cette BD a maintenant 14 ans et mis à part les couleurs, elle n'a pas pris une ride.
Le dessin est excellent, dynamique et fin.
Les histoires se lisent avec délectation, elles sont cohérentes et bien amenées.
Une bonne lecture assurée pour ceux qui mettront la main sur ce one-shot.
Ce n'est encore pas la meilleure oeuvre de l'artiste mais décidément que j'aime son style. Il y a parfois des cases qui me semblent inutiles car contemplatives d'un mouvement de personnage. L'ambiance distillée de ce village perdu arrive à nous faire éprouver quelque chose de terrifiant.
Malheureusement, je n'arrive pas à croire à un tel scénario. Je m'explique et donne un exemple tout simple. Notre héroïne Zoé (on dirait d'abord que c'est un garçon) sort de prison après 10 ans d'enfermement et on dirait qu'elle a encore 20 ans. Cela ne se lit pas sur son visage ! Elle semble toute fraîche !
Il y a des zones de troubles non résolues et l'ensemble apparaît peu crédible. On sait que depuis l'auteur a fait mieux en reprenant ces mêmes thèmes de prédilection.
A noter que ce titre fait partie d'une Intégrale Chabouté que vous pouvez acquérir dans un format plus petit mais beaucoup plus économique.
Note Dessin : 4/5 - Note Scénario: 3/5 - Note Globale: 3.5/5
Après Un îlot de bonheur, c'est la seconde bd de Chabouté que je découvre. J'ai été particulièrement surpris par tant de méchanceté dans le propos, mais au final, je dois bien avouer que cela sonne plutôt vrai.
Je me demande encore s'il s'agit d'une critique féroce de la superstition ou de la mentalité des gens de campagne, voire les deux. En tout cas, c'est réussi.
Ces histoires ont toutes un sens et certaines d'entres elles remuent profondément. Alors, oui, l'effet est dignement atteint (là où le triste "légendes urbaines" a échoué). "Sorcières" est une lecture qui mérite l'attention.
A noter que ce titre fait partie d'une Intégrale Chabouté que vous pouvez acquérir dans un format plus petit mais beaucoup plus économique.
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Qu'est ce que cela fait du bien de lire les oeuvres de Chabouté ! Le niveau reste excellent avec ce nouvel opus que je viens de dévorer.
Le personnage principal est la pire des créatures immondes que j'ai pu rencontrer dans le monde de la Bd. Et pourtant, ce personnage est si proche des personnes qu'on peut rencontrer dans la vraie vie par exemple au détour d'une administration. Le seul problème, c'est que l'auteur a poussé à l'extrême les traits de caractères ainsi que les situations rocambolesques. La crédibilité en prend un coup.
Je crois qu'on fond, c'est une oeuvre expiatoire et jubilatoire à la fois. Peut-être voulait-il que tous les malheurs du monde s'abattent sur cet être abject. J'aurais tellement aimé que les épreuves subies puissent changer fondamentalement le personnage et lui faire voir ses erreurs mais il n'en est rien...
A noter que ce titre fait partie d'une Intégrale Chabouté que vous pouvez acquérir dans un format plus petit mais beaucoup plus économique.
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
J'ai vraiment aimé cette histoire de vieil homme infirme et acariâtre qui cache en réalité une vie bien mouvementée dans sa jeunesse. Le scénario est même magistral. Quelle bonne idée d'avoir associé un vieux dessinateur (Gillon) avec un jeune scénariste (Lapière) plein de talent : ce duo fait véritablement merveille!
J'ai souvent eu le sentiment que quelque chose s'est perdu avec notre jeune génération. On ne se raconte plus les histoires de vie de génération en génération comme pouvaient le faire nos aînés. Ce récit suit un peu ce cheminement.
Un vieux monsieur infirme et grincheux va mourir dans un parking de voiture à Prague. Il n'a plus aucune famille. C'est sa vie qui va être contée dans ce récit à la manière d'une grande production de cinéma.
Notre héros du nom de Raoul Rosenszrtroch est d'ailleurs né en même temps que le cinéma (et dans une salle de cinéma s'il vous plaît !). C'est une belle métaphore. Il va consacrer sa vie au cinéma d'avant-guerre et faire de multiples rencontres qui vont enrichir son parcours. Emile Reynaud, l'un des créateurs du cinéma, va mourir dans l'indifférence générale, ruiné car le cinéma, c'est surtout une industrie. Or, Raoul essayera de rechercher autre chose que gloire et fortune...
J'ai également bien aimé ce passage, ce relais entre les deux générations car nous avons en réalité deux héros : l'un du passé et l'autre du présent qui fait revivre celui du passé en lisant son autobiographie. En même temps que sa vie, ce sont également les grands thèmes du passé du vingtième siècle qui sont retranscrits (le nazisme, le communisme, les atrocités des deux guerres mondiales...).
Les cases sont de grande taille comme au cinéma. Les plans silencieux et descriptifs foisonnent. L'histoire avance doucement, sans précipitation. Pourtant, elle va couvrir presque un siècle d'évènements. Le déroulement n'est pas confus même s'il y a de nombreux flash-back. C'est là que réside l'une des forces de ce récit.
Le lecteur prend conscience de tout le patrimoine humain que représentent les personnes âgées. "La dernière des salles obscures" est avant tout une histoire profondément humaine et émouvante. A découvrir de toute urgence pour ceux qui ne connaissent pas !
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Les "petits formats" ont connu énormément de héros dans les années 70 /80, principalement des cowboys sans peur et sans reproche, dont les aventures, si divertissantes soient-elles, n'avaient pas grand intérêt à l'instar de beaucoup de mangas actuels.
Mister No n'en fait pas partie.
S'il faut une comparaison, Mister No c'est un peu le Golgo 13 italien : Un héros (ou plutôt un antihéros) dont on découvre au fur et à mesure un peu de son histoire tourmentée. Des scénarios très variés et bien documentés.
Mais à la différence du manga précité, Mister No n'est pas un tueur froid et calculateur. C'est tout le contraire (même s'il lui arrive souvent de jouer du pistolet ou du couteau). Dans son tempérament, Mister No me rappelle un peu le Lieutenant Blueberry. C'est un ancien militaire désabusé, qui s'oppose à toutes les formes d'injustice, noie son chagrin dans le whisky et n'a jamais un dollar en poche.
Le dessin est classique mais parfaitement exécuté.
Les scénarios, variés, fonctionnent bien.
On prend plaisir à suivre les aventures de Mister No qui s'enchainent (Chaque histoire se déroule sur 4 ou 5 épisodes dont le dernier met immédiatement en place l'histoire suivante).
Une très bonne série qui n'a pas pris une ride et mériterait d'être rééditée (en intégrales ?) car il est assez difficile de retrouver des albums en bon état... (j'ai la chance d'avoir mis la main, par hasard, sur un stock de plusieurs albums reliés qui se suivent).
Les Dingodossiers sont peut-être moins connus que la Rubrique-à-Brac de Gotlib ; pourtant elle réunit deux génies de la bande dessinée d'humour : Marcel Gotlib et René Goscinny.
C'est en 1965 que Gotlib est contacté par Goscinny pour réaliser les planches délirantes des Dingodossiers. Goscinny voulait faire quelque chose dans le style du journal MAD d'Harvey Kurtzman : des enquêtes loufoques et gentiment absurdes.
Gotlib ira sans doute plus loin dans le non-sens avec la RAB. De même, son dessin paraît encore un peu hésitant.
En fait, je trouve que ces planches ont presque un caractère "historique" car elles sont parfaitement symboliques de la société de consommation des années 60 en France. La télévision, le cinéma, le départ en vacances font parti des sujets de ces petites saynètes.
Mais, l'aventure s'est assez vite terminée, puisque en 1967 Goscinny a abandonné le navire Dingodossier et a laissé Gotlib continuer seul dans le même registre avec ses rubriques-à-brac dans Pilote...
A redécouvrir...
Parmi mes nombreuses lectures en retard, figurait le premier volume du codex Angelique.
Et bien, je dois dire que je suis vraiment sous le charme de ce premier opus qui m'a conquis, aussi bien au niveau du scénario, que du dessin.
Dès l'incipit, j'ai été littéralement happé par les dialogues fort bien ciselés et cinglants de Thierry Gloris.
Pourtant, à la lecture des premières pages, je pensais lire un énième avatar de "Jack l'éventreur". Cruelle méprise, puisque l'album se déroule, non dans les rues sordides de Londres, (comme dans From Hell) mais dans notre chère capitale, qui a du mal à se relever de la Commune, de l'instauration de la III République et de l'affaire Dreyfus.
En outre, l'ambiance qui ressort de cette bande dessinée m'a fait songer à H.H. Holmes de Fabuel et Le Hennanf (Chez Glénat), que j'avais bien aimé.
C'est beau, c'est bien, et la fin de ce premier volume laisse augurer une suite que je n'aurais pas imaginée.
Bref, un album déstabilisant, dans le bon sens du terme.
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Le phalanstère du bout du monde
Au début de la lecture, je n'avais pas un bon avis sur ce one-shot. Je me disais que c'était une énième histoire d'enfants maltraités dans un orphelinat comme je l'ai vue si souvent (notamment dans Paracuellos). Toutefois, lorsque Jean rencontre le directeur, j'ai changé d'avis. Je suis rentré dans cette histoire bizarre pour la première fois. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que cette histoire est différente de tout ce que j'ai lu jusqu'à présent. Le phalanstère est un endroit étrange, rempli de gens encore plus étranges et j'aime ça. Le dessin en noir et blanc rempli d'ombres est excellent et rend à merveille l'atmosphère du récit.
Vortex
Après lecture des 6 premiers tomes. (9 avec le rajout en bas d'avis) Je ne sais pas si j'étais dans un bon jour, mais j'ai apprécié cette série. Le scénario n'est pas si compliqué que ça, c'est rythmé, sans prétentions. Le but étant clairement de divertir avec il me semble une certaine légèreté. Il faut au préalable ne pas se poser trop de questions et apprécier, un peu comme les premiers épisodes de Capricorne. Certes il y a un côté kitch, mais il est clairement assumé. Les dessins sont de très bon niveau, et les couleurs pourtant flachies n'ont pas altéré mon plaisir de lecture. Ca fait du bien de temps en temps des séries de ce type : de l'action, une certaine originalité et une lecture passive. Le scénario retombe toujours sur ses pattes même si il faut utiliser des raccourcis : le plus important dans ce genre de récit est de rester cohérent : objectif atteint. Après lecture des 3 derniers tomes : confirmation du plaisir de lecture que procure cette série. Je passe sans hésitation la note à 4/5 car j'ai trouvé l'ensemble bien amené, structuré dans son apparent bordel. Un concentré d'ingénuosité.
Demain... les monstres
Une belle découverte au détour du rayon BD de la bibliothèque communale. Ces 5 fables cauchemardesques pointent autant dans la SF que dans l'humour noir. Cette BD a maintenant 14 ans et mis à part les couleurs, elle n'a pas pris une ride. Le dessin est excellent, dynamique et fin. Les histoires se lisent avec délectation, elles sont cohérentes et bien amenées. Une bonne lecture assurée pour ceux qui mettront la main sur ce one-shot.
Zoé
Ce n'est encore pas la meilleure oeuvre de l'artiste mais décidément que j'aime son style. Il y a parfois des cases qui me semblent inutiles car contemplatives d'un mouvement de personnage. L'ambiance distillée de ce village perdu arrive à nous faire éprouver quelque chose de terrifiant. Malheureusement, je n'arrive pas à croire à un tel scénario. Je m'explique et donne un exemple tout simple. Notre héroïne Zoé (on dirait d'abord que c'est un garçon) sort de prison après 10 ans d'enfermement et on dirait qu'elle a encore 20 ans. Cela ne se lit pas sur son visage ! Elle semble toute fraîche ! Il y a des zones de troubles non résolues et l'ensemble apparaît peu crédible. On sait que depuis l'auteur a fait mieux en reprenant ces mêmes thèmes de prédilection. A noter que ce titre fait partie d'une Intégrale Chabouté que vous pouvez acquérir dans un format plus petit mais beaucoup plus économique. Note Dessin : 4/5 - Note Scénario: 3/5 - Note Globale: 3.5/5
Sorcières
Après Un îlot de bonheur, c'est la seconde bd de Chabouté que je découvre. J'ai été particulièrement surpris par tant de méchanceté dans le propos, mais au final, je dois bien avouer que cela sonne plutôt vrai. Je me demande encore s'il s'agit d'une critique féroce de la superstition ou de la mentalité des gens de campagne, voire les deux. En tout cas, c'est réussi. Ces histoires ont toutes un sens et certaines d'entres elles remuent profondément. Alors, oui, l'effet est dignement atteint (là où le triste "légendes urbaines" a échoué). "Sorcières" est une lecture qui mérite l'attention. A noter que ce titre fait partie d'une Intégrale Chabouté que vous pouvez acquérir dans un format plus petit mais beaucoup plus économique. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Pleine lune
Qu'est ce que cela fait du bien de lire les oeuvres de Chabouté ! Le niveau reste excellent avec ce nouvel opus que je viens de dévorer. Le personnage principal est la pire des créatures immondes que j'ai pu rencontrer dans le monde de la Bd. Et pourtant, ce personnage est si proche des personnes qu'on peut rencontrer dans la vraie vie par exemple au détour d'une administration. Le seul problème, c'est que l'auteur a poussé à l'extrême les traits de caractères ainsi que les situations rocambolesques. La crédibilité en prend un coup. Je crois qu'on fond, c'est une oeuvre expiatoire et jubilatoire à la fois. Peut-être voulait-il que tous les malheurs du monde s'abattent sur cet être abject. J'aurais tellement aimé que les épreuves subies puissent changer fondamentalement le personnage et lui faire voir ses erreurs mais il n'en est rien... A noter que ce titre fait partie d'une Intégrale Chabouté que vous pouvez acquérir dans un format plus petit mais beaucoup plus économique. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
La Dernière des Salles Obscures
J'ai vraiment aimé cette histoire de vieil homme infirme et acariâtre qui cache en réalité une vie bien mouvementée dans sa jeunesse. Le scénario est même magistral. Quelle bonne idée d'avoir associé un vieux dessinateur (Gillon) avec un jeune scénariste (Lapière) plein de talent : ce duo fait véritablement merveille! J'ai souvent eu le sentiment que quelque chose s'est perdu avec notre jeune génération. On ne se raconte plus les histoires de vie de génération en génération comme pouvaient le faire nos aînés. Ce récit suit un peu ce cheminement. Un vieux monsieur infirme et grincheux va mourir dans un parking de voiture à Prague. Il n'a plus aucune famille. C'est sa vie qui va être contée dans ce récit à la manière d'une grande production de cinéma. Notre héros du nom de Raoul Rosenszrtroch est d'ailleurs né en même temps que le cinéma (et dans une salle de cinéma s'il vous plaît !). C'est une belle métaphore. Il va consacrer sa vie au cinéma d'avant-guerre et faire de multiples rencontres qui vont enrichir son parcours. Emile Reynaud, l'un des créateurs du cinéma, va mourir dans l'indifférence générale, ruiné car le cinéma, c'est surtout une industrie. Or, Raoul essayera de rechercher autre chose que gloire et fortune... J'ai également bien aimé ce passage, ce relais entre les deux générations car nous avons en réalité deux héros : l'un du passé et l'autre du présent qui fait revivre celui du passé en lisant son autobiographie. En même temps que sa vie, ce sont également les grands thèmes du passé du vingtième siècle qui sont retranscrits (le nazisme, le communisme, les atrocités des deux guerres mondiales...). Les cases sont de grande taille comme au cinéma. Les plans silencieux et descriptifs foisonnent. L'histoire avance doucement, sans précipitation. Pourtant, elle va couvrir presque un siècle d'évènements. Le déroulement n'est pas confus même s'il y a de nombreux flash-back. C'est là que réside l'une des forces de ce récit. Le lecteur prend conscience de tout le patrimoine humain que représentent les personnes âgées. "La dernière des salles obscures" est avant tout une histoire profondément humaine et émouvante. A découvrir de toute urgence pour ceux qui ne connaissent pas ! Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Mister No
Les "petits formats" ont connu énormément de héros dans les années 70 /80, principalement des cowboys sans peur et sans reproche, dont les aventures, si divertissantes soient-elles, n'avaient pas grand intérêt à l'instar de beaucoup de mangas actuels. Mister No n'en fait pas partie. S'il faut une comparaison, Mister No c'est un peu le Golgo 13 italien : Un héros (ou plutôt un antihéros) dont on découvre au fur et à mesure un peu de son histoire tourmentée. Des scénarios très variés et bien documentés. Mais à la différence du manga précité, Mister No n'est pas un tueur froid et calculateur. C'est tout le contraire (même s'il lui arrive souvent de jouer du pistolet ou du couteau). Dans son tempérament, Mister No me rappelle un peu le Lieutenant Blueberry. C'est un ancien militaire désabusé, qui s'oppose à toutes les formes d'injustice, noie son chagrin dans le whisky et n'a jamais un dollar en poche. Le dessin est classique mais parfaitement exécuté. Les scénarios, variés, fonctionnent bien. On prend plaisir à suivre les aventures de Mister No qui s'enchainent (Chaque histoire se déroule sur 4 ou 5 épisodes dont le dernier met immédiatement en place l'histoire suivante). Une très bonne série qui n'a pas pris une ride et mériterait d'être rééditée (en intégrales ?) car il est assez difficile de retrouver des albums en bon état... (j'ai la chance d'avoir mis la main, par hasard, sur un stock de plusieurs albums reliés qui se suivent).
Les Dingodossiers
Les Dingodossiers sont peut-être moins connus que la Rubrique-à-Brac de Gotlib ; pourtant elle réunit deux génies de la bande dessinée d'humour : Marcel Gotlib et René Goscinny. C'est en 1965 que Gotlib est contacté par Goscinny pour réaliser les planches délirantes des Dingodossiers. Goscinny voulait faire quelque chose dans le style du journal MAD d'Harvey Kurtzman : des enquêtes loufoques et gentiment absurdes. Gotlib ira sans doute plus loin dans le non-sens avec la RAB. De même, son dessin paraît encore un peu hésitant. En fait, je trouve que ces planches ont presque un caractère "historique" car elles sont parfaitement symboliques de la société de consommation des années 60 en France. La télévision, le cinéma, le départ en vacances font parti des sujets de ces petites saynètes. Mais, l'aventure s'est assez vite terminée, puisque en 1967 Goscinny a abandonné le navire Dingodossier et a laissé Gotlib continuer seul dans le même registre avec ses rubriques-à-brac dans Pilote... A redécouvrir...
Le Codex angélique
Parmi mes nombreuses lectures en retard, figurait le premier volume du codex Angelique. Et bien, je dois dire que je suis vraiment sous le charme de ce premier opus qui m'a conquis, aussi bien au niveau du scénario, que du dessin. Dès l'incipit, j'ai été littéralement happé par les dialogues fort bien ciselés et cinglants de Thierry Gloris. Pourtant, à la lecture des premières pages, je pensais lire un énième avatar de "Jack l'éventreur". Cruelle méprise, puisque l'album se déroule, non dans les rues sordides de Londres, (comme dans From Hell) mais dans notre chère capitale, qui a du mal à se relever de la Commune, de l'instauration de la III République et de l'affaire Dreyfus. En outre, l'ambiance qui ressort de cette bande dessinée m'a fait songer à H.H. Holmes de Fabuel et Le Hennanf (Chez Glénat), que j'avais bien aimé. C'est beau, c'est bien, et la fin de ce premier volume laisse augurer une suite que je n'aurais pas imaginée. Bref, un album déstabilisant, dans le bon sens du terme.