Ma première rencontre avec Lost Girls date de 1995. L’œuvre était restée inachevée, et à l’époque je n’avais pas du tout apprécié cette BD (le dessin de Gebbie me rebutait, et en 6 chapitres, je n’ai pas eu la possibilité de cerner les intentions pornographiques de Moore). Treize ans plus tard, et après 2 lectures (la première en 2006, et la deuxième avec la sortie française), mon avis a finalement beaucoup changé (mûri ?).
L’histoire comporte 3 volumes. Chaque volume/livre (ou book en v.o.) comporte 10 chapitres de 8 pages exactement (donc en tout 240 pages).
Petit comparatif entre l’édition française et l’édition originale : globalement et de toutes façons (n'ayant aucune idée du potentiel commercial de l'oeuvre sur le marché français), l’édition française reste de très grande qualité, et très nettement au dessus de ce qui se fait habituellement (épaisseur du papier, lettrage etc..). Coup de chapeau donc. Les différences principales sont les suivantes : les 3 livres de l’œuvre (vendus dans un coffret) ont été regroupés en un seul (pas de coffret donc), le format a été légèrement réduit et le texte est plus petit pour donner plus de place au traducteur afin de ne pas dénaturer l'oeuvre (mais est donc moins agréable à lire). Le style de la typo du lettrage de Todd Klein n’a pas été repris.
La couverture de l’édition française reprend celle du livre 1 original (la couverture du coffret étant reprise au dos de l’édition française), mais il faut savoir que chaque couverture et dos de couverture des 3 livres se faisaient écho. Ainsi, au dos du livre 1 de la version originale, on peut admirer l’illustration complète du reflet apparaissant dans le miroir de la couverture de l’édition française (où les 3 héroïnes sont nues et mises en scène autours d’un « fauteuil godemiché »). Il manquera donc dans la version Delcourt, les couvertures (versions soft) correspondants aux livres 2 et 3 ainsi que les dos de couvertures (versions hard) des 3 livres.
On pourra aisément au niveau du dessin remarquer une rupture de style entre les 2 premiers numéros de 1995 (les 6 premiers chapitres) et la reprise de l’œuvre. Les bulles de l’édition de 1995 ont d’ailleurs été retravaillées pour accentuer le coté pastel doucereux de l’ensemble. Le style relâché de Gebbie (voir CobWebb) est bien sûr immédiatement identifiable, et à la deuxième lecture on se surprend à apprécier de plus en plus ce style, même si parfois les visages paraissent bâclés. Au premier abord, on sent la volonté des auteurs d’en faire une œuvre où tout n’est que « luxe, calme et volupté » (jusqu’au touché du papier utilisé pour imprimer) alors que beaucoup de pages comportent leur lot de « full frontal nudity » et de gros plans sur des sexes offerts. On notera quand même certaines ruptures de mises en page, certains passages en noir et blanc et des illustrations « à la manière de » qui apportent un contraste souvent bienvenu pour éviter la monotonie pastel.
L’histoire fil rouge, est celle de nos 3 héroïnes, se racontant leurs premières aventures sexuelles, aventures habilement « métaphorisées » par Moore à partir de leurs romans respectifs (« Alice au pays des merveilles », « Le Magicien d’Oz » et « Peter Pan »). Et là, je commence à beaucoup regretter de n’avoir jamais lu ces 3 romans afin de mieux cerner les références utilisées.
Il est essentiel d’insister sur l’envie d’Alan Moore d’accoucher d’une œuvre complètement pornographique (âmes sensibles s’abstenir, c’est cru et sans tabou) avant d’appréhender l’ouvrage. Au delà de ce premier but, c’est une œuvre qui questionne et fait se questionner le lecteur sur la sexualité et la nature des fantasmes qui y sont attachés. Quand je dit aucun tabou, c’est vraiment aucun puisque pédophilie et inceste sont par exemple abordés ce qui en bousculera plus d’un (j’en suis, ou plutôt, j’en étais). Mais c’est toujours présenté avec un angle d’approche très subtil, permettant d’exclure le rejet primaire de ce qui est dépeint. Je m’explique : une personne de mon entourage qui a lu la BD, trouvait bien trop léger le traitement de notions aussi extrêmes que l’inceste ou la pédophilie. Le débat qui en suivit fut âpre mais on s’est rendu compte que toutes les questions et objections contenues dans nos arguments respectifs se trouvaient dépeint à un moment donné ou un autre dans la BD.
Le premier livre nous présente les personnages alors qu’ils font connaissance. C’est dans l’avant dernier chapitre de ce premier volume qu’est abordé pour la première fois le thème de la pédophilie mais à travers un pédophile « passif ». Dans le second livre, nos héroïnes insouciantes vont continuer de narrer leurs récits sexuels, ces derniers étant de plus en plus explicites. Cette montée en puissance est palpable à travers les thèmes abordés : homosexualité masculine, pédophilie de moins en moins passive au travers des récits de Wendy, ainsi que l’inceste qui fait « doucement » son apparition au travers des aventures de Dorothy.
Ambiance de fin de monde par contre dans le troisième livre, où les scènes d’orgies et de débauches vont se succéder sans relâche (le bouquet final ?). Les thèmes sexuels sont poussés encore plus loin : pédophilie « active », inceste à tous les degrés de parenté, zoophilie, relations maître/esclave bien sûr, et j’en passe et des meilleurs. Et c'est le moment qu'utilisent Moore et Gebbie, pour obliger le lecteur (jusqu'ici plutôt acteur/spectateur) à participer activement au(x) d(ébats) (Alix, elle est pour toi celle là!). Et puis un dernier chapitre et une fin tout simplement sublimes.
Y a-t-il un but à cette histoire, en dehors de provoquer l’excitation du lecteur ou de la lectrice ? A la deuxième lecture, je pense en tout cas en avoir perçu un message évident (pourtant sous-jacent dans toutes les interviews des auteurs) qui se trouve résumé à la fin de la page 139.
Une œuvre troublante à tout point de vue, pour son érotisme, et ce qu’elle nous renvoie de nous même, portée par trois héroïnes attachantes. Et c’est sur ce point que les auteurs font mouche : leur œuvre pornographique présente des personnages développés, exprimant leurs sentiment, leurs peurs et leurs craintes, et c’est ce surcroît d’humanité qui rend la BD forcément encore plus excitante (au sens sexuel du terme) ! Pari gagné donc (il serait bon que l’industrie du X s’en inspire), et désormais un coup de coeur.
PS : en parallèle à cet avis, j’ouvrirais bientôt un topic orienté techniques narratives, en commençant par cette BD. Attention, ce complément d’avis pourrait spoiler le plaisir de découverte de l’œuvre.
Longtemps attiré par le titre mais rebuté par la couverture du premier tome (je l'ai pris 4 fois, 3 fois je l'ai relâché), je me suis décidé à franchir le pas. De prime abord, j'avais pas compris grand-chose à ce 1er tome et le dessin me semblait plutôt mauvais. Il est vrai que cette entrée en matière laisse planer beaucoup d’incertitudes et ne prend véritablement sens qu’en lisant les autres. C’est même un peu curieux puisqu’il détonne un peu des autres dans le sens où on apprend très peu d’éléments sur la suite de l’histoire et on a vite le sentiment d'être perdu. Puis j'ai enchaîné sur les suivants et là... grandiose. Le graphisme s'améliore nettement et le scénario prend une dimension supplémentaire. On rentre dans une histoire hallucinante et pour moi surprenante. Je ne m’attendais en aucun cas à ce final, ni à ce déroulement, ni à cette montée crescendo dans les révélations.
Au vu du début, on a le sentiment que Brunschwig n’a pas l’air de savoir où il va. Et bien, la suite des épisodes prouve admirablement bien le contraire. Tout est savamment distillé et tous les éléments s’emboîtent parfaitement pour révéler un complot politique de grande envergure.
Et le dessin s’améliore au fil des tomes. Loin d’être parfait cependant, il ne baisse pas la qualité de la série, ajoutant même une coloration spécifique. Mais il faut reconnaître que le scénario prend le pas sur la réalisation graphique. Le message véhiculé par les auteurs est universel (pour un peu que le lecteur adhère aux idées bien sur) et développe un message humaniste fort. Tous les moyens sont-ils bons pour arriver à ses fins ?
Intelligent, Bouleversant et Surprenant, un cocktail détonnant !
Un futur classique !
(Avis portant sur les 4 tomes).
Lecture des 2 premiers tomes :
Encore une BD qui ne payait pas mine, je me suis plongé dans la lecture du premier tome sans a priori. Un peu surpris par les couleurs tirant principalement sur les jaune, beige et bleu, j'ai mis peu de temps à "rentrer" dans l'histoire. Le dessin est clairement bon, simple mais efficace. Le scénario sans être original, distrait le lecteur et donne envie d'aller à la page suivante. C'est clair, j'en redemande !!! La lecture du tome 2 confirme mon ressentiment général. Je vais rapidement investir sur le tome 3.
Cette série semble méconnue, j'invite les fidèles de BDT à la découvrir. Sans être une série "immanquable", on a affaire à une bonne série divertissante.
Suite à la lecture du tome 3 :
L'impression est toujours aussi bonne, pour moi cette série est proche d'Alim Le Tanneur au niveau du graphisme. Le dessin est très fin et les couleurs chaleureuses et douces. Le seul reproche que je puisse faire concerne le traitement graphique du ciel et des surfaces aquatiques trop simplifiées en général, sinon c'est superbe.
Le scénario est dense et la lecture vraiment plaisante, vivement le dernier tome.
Après la lecture du tome 4 qui clôt la série. L'ensemble se révèle être de très bonne facture. Cette série est très plaisante à lire, plus adulte que le dessin voudrait nous faire croire.
Je conseille vivement "Aster" qui vaut largement des séries plus commerciales et qui a au moins l'avantage d'avoir une fin.
Requiem est un récit à la fois mi-fantastique et mi-science-fiction de vampires, de résurrection et de violence perverse dans un monde où le temps avance à reculon.
C'est une histoire gothique comme j'en avais jamais lu auparavant. J'avais peur au début de lire une mauvaise séquelle de 666 mais il n'en est rien fort heureusement. C'est époustouflant dans le graphisme et dans la mise en place du scénario. On ne s'ennuie jamais, bien que l'histoire avance lentement mais sûrement. On souhaite connaître le destin tourmenté de ce soldat allemand mort sur le front russe en 1944 et qui avait laissé partir sa bien-aimée d'origine juive dans les mains de la Gestapo.
Il y a de la démesure dans l'imagination même de cet univers cauchemardesque. Un féroce humour satirique est présent de temps à autre. C'est juste nécessaire pour ne pas sombrer dans la noirceur de ce récit très poussif sur le mal absolu. J'avoue cependant que j'ai trouvé certains dialogues vraiment succulents à souhait. Que dire également de la mise en case particulièrement judicieuse et des décors somptueux pour les yeux. Bref, une merveille pour les sens !
J'ai conscience qu'il a fallu un formidable travail aux auteurs pour donner vie à ces personnages dans ce conflit cosmique qui les dépasse. Je ne suis pourtant pas un adepte du gothisme ou autre culte satanique mais j'ai succombé à cette fascinante série hors norme. Suis-je un damné pour autant ? Et en plus, je livre cet avis le jour même de la Résurrection ! Mais cette bd distille véritablement un poison venimeux mais ô combien jouissif ! Âmes sensibles ou puritaines, s'abstenir !
Eugenio Sicomoro, voilà un dessinateur qui a fait du chemin depuis Lumière froide, la seule autre série de lui que j'ai lue. J'y avais déjà noté ses personnages très travaillés et réalistes mais je lui reprochais des décors vides et des couleurs médiocres. Tout cela est corrigé et encore perfectionné dans cette nouvelle série qui parait dans la collection Aire Libre.
Ses personnages sont dessinés avec un souci du détail impressionnant. Ils ont un peu de la vie et du réalisme des héros de Gibrat. Et ils ont même temps la grande expressivité faciale des personnages de grands du dessin italien tels que Liberatore ou encore Serpieri. Face à un tel réalisme, il résulte parfois une légère impression de figé mais ce serait vraiment chercher la petite bête tant chaque planche est soignée et réussie.
Les décors ne sont pas en reste. A l'exception de quelques lignes droites trop tracées à la règle, ils offrent de simples mais superbes paysages campagnards et forestiers.
La colorisation est en outre excellente et ajoute à la beauté de chaque page.
Makyo nous offre un scénario mêlant plusieurs trames qui s'agencent de belle manière.
La principale, en toile de fond, est sur le thème de la disparition. La disparition d'un enfant et la force de vivre du père éploré qui maintient sa fille en vie par des toiles de peinture où il fait évoluer et vieillir son visage, années après années.
La seconde trame, force dynamique du récit, raconte la fugue commune de trois adolescentes, chacune pour des raisons différentes et très valables. Ce sont de vraies amies attachantes et jolies même si elles ont toutes les trois tenté de se suicider par le passé.
Ces deux fils narratifs vont se mêler autour d'un endroit légendaire, la Porte au Ciel, qui apporte une dimension un peu mystique à ce récit où les vivants côtoient la mort et la disparition.
Présentée ainsi, l'intrigue parait sombre et un peu sinistre. Mais il s'en dégage pourtant une vraie joie de vivre, de résister. Les héroïnes sont tourmentées mais pleines de vie et bien décidées à ne pas se laisser abattre. Le père dont la fille a disparu a su lui aussi redresser la tête et maintient l'esprit de sa fille en vie par la force de sa volonté. Et à cela s'ajoutent les très beaux décors champêtres de ce récit.
Tout cela pour donner une BD que j'ai lue avec grand plaisir et dont j'ai hâte de découvrir le second et dernier tome.
Après la lecture du premier tome.
Sacré pari que de faire une série BD à partir d'une oeuvre importante.
Au bord de l'eau est une oeuvre collective. JD Morvan en explique les origines au début de l'album.
L'histoire initiale semble si dense, que la série BD, par le biais d'un narrateur, est un concentré pour ne par dire un résumé.
Le résultat est bon, mais il ne faut pas s'attendre à lire ce premier tome en 20 minutes : un minimum d'attention est requis pour suivre les tenants et les aboutissants.
Il faut aussi se familiariser avec les personnages et leurs noms. La présentation des principaux personnages en préambule m'a un peu dérouté mais l'initiative est bienvenue.
Le dessin a sa propre personnalité avec des couleurs apportant indéniablement un plus au côté exotique. J'ai parfois eu l'impression de découvrir de nouveaux rendus comme avec les capes rouges.
Un excellent début de série.
Après la lecture des 2 premiers tomes.
Excellent scénario bénéficiant d'un traitement graphique de haut niveau : que demander de plus à une BD ?
Il faut ne pas être dans l'urgence pour la lecture de cette série, car malgré le petit format, celle ci demande de l'attention avec ses textes et ses dessins détaillés.
Le tome 2 m'a surpris mais j'attends le tome 3 pour bien saisir l'intrigue et le fond de l'histoire.
C'est riche, dense et pourtant on a l'impression que les auteurs en ont encore sous la semelle.
A suivre de très près.
Finalement ma BD préférée de Le Floch.
J'ai adoré son dessin en nuances de gris, sublimant son style.
Quand aux 3 histoires, elles sont originales, assez dures sur le fond.
L'auteur nous rappelle qu'il y a encore peu de temps, la vie n'était pas aussi facile.
Les pages défilent très vite, la beauté du dessin s'oppose à la cruauté des destins des personnages.
La troisième histoire est assez hallucinante avec la tournée posthume de Fri Ruz.
Waaaahhhh !!! Un nouvel album d’Emmanuel Civiello ! Et cette fois-ci, il a réalisé une bd plus axée pour le jeune public… pourquoi pas, étant donné que, jusqu’à maintenant, ma bd préférée de Civiello est le tome 1 « Igguk » de La Graine de Folie où des scènes féeriques foisonnent.
Pour ce retour de Civiello au scénario (il avait laissé l’écriture à Thomas Mosdi pour la réalisation du dernier tome de La Graine de Folie et pour la totalité de la série Korrigans), l’auteur nous propose un conte pour enfants : le fameux croquemitaine, un monstre à l’aspect humain qui effraie les bambins la nuit.
Si l’histoire apparaît simpliste pour un adulte, j’ai tout de même eu beaucoup de plaisir à redécouvrir ce petit conte que nous racontaient les parents au coin du feu ou que l’on regardait en frissonnant à travers un bon téléfilm d’horreur diffusé tard dans la nuit. A défaut de ressentir vraiment des frémissements, le récit m’est apparu très accrocheur... il faut dire aussi que le graphisme d’Emmanuel Civiello est exceptionnel !
Seul le dénouement m’a semblé un peu trop brutal, pas assez développé à mon goût.
Bon, je l’avoue : Civiello figure au panthéon de mes dessinateurs préférés. Cet auteur possède le don de créer des protagonistes aux gueules terribles, son style est très proche de la caricature. Avec « Humphrey Dumbar le croquemitaine », Civiello a pu laisser libre court à sa fascination pour les personnages distordus aux membres déformés, à travers le héros, c’est à dire le croquemitaine.
C’est vraiment un régal pour les yeux de voir ce monstre tout à tour être en colère, inquiet ou … ressentir de la peine.
C’est un bonheur aussi de contempler ses planches faites à la peinture à l’huile, aux tons à dominante ocres très agréables à l’œil qui regorgent de détails sans que ça soit illisible ! Et pourtant, l’auteur a indiqué dans une interview qu'il a simplifié son dessin !
Je voudrais également féliciter l’excellente qualité d’impression de l’album où les couleurs sont éclatantes de beauté (on est loin des planches sombres de Korrigans) !
Que ceux qui ont été déçus par le scénario des tomes 2 et 3 de « la graine de folie » et qui ont des difficultés à apprécier les planches sombres de « Korrigans » se rassurent, avec « Humphrey Dumbar le croquemitaine », Emmanuel Civiello nous présente -à mon avis- un joli conte qui vous fera revivre les petits moments de frisson et de féérie de votre jeunesse. En tout cas, moi, j’ai été charmé par ce récit orienté pour les enfants, d’autant plus que le graphisme de Civiello est éclatant de beauté !
Vivement un deuxième album de cet auteur pour la collection "jeunesse" de Delcourt !
Corbeyran lance un nouveau projet SF ambitieux : 3 séries de 3 tomes trouvant leur dénouement dans un 10ème album commun.
Il est donc bien évidemment difficile de se faire un avis sur ce 1er tome, qui ne représente vraiment qu’une introduction, mais le potentiel est là, pas de doute. Le background est super riche sans pour autant perdre le lecteur, et le dosage intrigue/action fonctionne à merveille. Le dessin et le découpage sont très chouettes, très modernes, et servent parfaitement l’histoire.
Bon je le répète, ce 1er tome ne fait vraiment qu’introduire une histoire qui sera sans doute tentaculaire. Il se termine en plus un peu bizarrement, et il va falloir patienter pour lire la suite. Avis aux fans de SF complexes au background riche et intéressant !
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Ma première rencontre avec Lost Girls date de 1995. L’œuvre était restée inachevée, et à l’époque je n’avais pas du tout apprécié cette BD (le dessin de Gebbie me rebutait, et en 6 chapitres, je n’ai pas eu la possibilité de cerner les intentions pornographiques de Moore). Treize ans plus tard, et après 2 lectures (la première en 2006, et la deuxième avec la sortie française), mon avis a finalement beaucoup changé (mûri ?). L’histoire comporte 3 volumes. Chaque volume/livre (ou book en v.o.) comporte 10 chapitres de 8 pages exactement (donc en tout 240 pages). Petit comparatif entre l’édition française et l’édition originale : globalement et de toutes façons (n'ayant aucune idée du potentiel commercial de l'oeuvre sur le marché français), l’édition française reste de très grande qualité, et très nettement au dessus de ce qui se fait habituellement (épaisseur du papier, lettrage etc..). Coup de chapeau donc. Les différences principales sont les suivantes : les 3 livres de l’œuvre (vendus dans un coffret) ont été regroupés en un seul (pas de coffret donc), le format a été légèrement réduit et le texte est plus petit pour donner plus de place au traducteur afin de ne pas dénaturer l'oeuvre (mais est donc moins agréable à lire). Le style de la typo du lettrage de Todd Klein n’a pas été repris. La couverture de l’édition française reprend celle du livre 1 original (la couverture du coffret étant reprise au dos de l’édition française), mais il faut savoir que chaque couverture et dos de couverture des 3 livres se faisaient écho. Ainsi, au dos du livre 1 de la version originale, on peut admirer l’illustration complète du reflet apparaissant dans le miroir de la couverture de l’édition française (où les 3 héroïnes sont nues et mises en scène autours d’un « fauteuil godemiché »). Il manquera donc dans la version Delcourt, les couvertures (versions soft) correspondants aux livres 2 et 3 ainsi que les dos de couvertures (versions hard) des 3 livres. On pourra aisément au niveau du dessin remarquer une rupture de style entre les 2 premiers numéros de 1995 (les 6 premiers chapitres) et la reprise de l’œuvre. Les bulles de l’édition de 1995 ont d’ailleurs été retravaillées pour accentuer le coté pastel doucereux de l’ensemble. Le style relâché de Gebbie (voir CobWebb) est bien sûr immédiatement identifiable, et à la deuxième lecture on se surprend à apprécier de plus en plus ce style, même si parfois les visages paraissent bâclés. Au premier abord, on sent la volonté des auteurs d’en faire une œuvre où tout n’est que « luxe, calme et volupté » (jusqu’au touché du papier utilisé pour imprimer) alors que beaucoup de pages comportent leur lot de « full frontal nudity » et de gros plans sur des sexes offerts. On notera quand même certaines ruptures de mises en page, certains passages en noir et blanc et des illustrations « à la manière de » qui apportent un contraste souvent bienvenu pour éviter la monotonie pastel. L’histoire fil rouge, est celle de nos 3 héroïnes, se racontant leurs premières aventures sexuelles, aventures habilement « métaphorisées » par Moore à partir de leurs romans respectifs (« Alice au pays des merveilles », « Le Magicien d’Oz » et « Peter Pan »). Et là, je commence à beaucoup regretter de n’avoir jamais lu ces 3 romans afin de mieux cerner les références utilisées. Il est essentiel d’insister sur l’envie d’Alan Moore d’accoucher d’une œuvre complètement pornographique (âmes sensibles s’abstenir, c’est cru et sans tabou) avant d’appréhender l’ouvrage. Au delà de ce premier but, c’est une œuvre qui questionne et fait se questionner le lecteur sur la sexualité et la nature des fantasmes qui y sont attachés. Quand je dit aucun tabou, c’est vraiment aucun puisque pédophilie et inceste sont par exemple abordés ce qui en bousculera plus d’un (j’en suis, ou plutôt, j’en étais). Mais c’est toujours présenté avec un angle d’approche très subtil, permettant d’exclure le rejet primaire de ce qui est dépeint. Je m’explique : une personne de mon entourage qui a lu la BD, trouvait bien trop léger le traitement de notions aussi extrêmes que l’inceste ou la pédophilie. Le débat qui en suivit fut âpre mais on s’est rendu compte que toutes les questions et objections contenues dans nos arguments respectifs se trouvaient dépeint à un moment donné ou un autre dans la BD. Le premier livre nous présente les personnages alors qu’ils font connaissance. C’est dans l’avant dernier chapitre de ce premier volume qu’est abordé pour la première fois le thème de la pédophilie mais à travers un pédophile « passif ». Dans le second livre, nos héroïnes insouciantes vont continuer de narrer leurs récits sexuels, ces derniers étant de plus en plus explicites. Cette montée en puissance est palpable à travers les thèmes abordés : homosexualité masculine, pédophilie de moins en moins passive au travers des récits de Wendy, ainsi que l’inceste qui fait « doucement » son apparition au travers des aventures de Dorothy. Ambiance de fin de monde par contre dans le troisième livre, où les scènes d’orgies et de débauches vont se succéder sans relâche (le bouquet final ?). Les thèmes sexuels sont poussés encore plus loin : pédophilie « active », inceste à tous les degrés de parenté, zoophilie, relations maître/esclave bien sûr, et j’en passe et des meilleurs. Et c'est le moment qu'utilisent Moore et Gebbie, pour obliger le lecteur (jusqu'ici plutôt acteur/spectateur) à participer activement au(x) d(ébats) (Alix, elle est pour toi celle là!). Et puis un dernier chapitre et une fin tout simplement sublimes. Y a-t-il un but à cette histoire, en dehors de provoquer l’excitation du lecteur ou de la lectrice ? A la deuxième lecture, je pense en tout cas en avoir perçu un message évident (pourtant sous-jacent dans toutes les interviews des auteurs) qui se trouve résumé à la fin de la page 139. Une œuvre troublante à tout point de vue, pour son érotisme, et ce qu’elle nous renvoie de nous même, portée par trois héroïnes attachantes. Et c’est sur ce point que les auteurs font mouche : leur œuvre pornographique présente des personnages développés, exprimant leurs sentiment, leurs peurs et leurs craintes, et c’est ce surcroît d’humanité qui rend la BD forcément encore plus excitante (au sens sexuel du terme) ! Pari gagné donc (il serait bon que l’industrie du X s’en inspire), et désormais un coup de coeur. PS : en parallèle à cet avis, j’ouvrirais bientôt un topic orienté techniques narratives, en commençant par cette BD. Attention, ce complément d’avis pourrait spoiler le plaisir de découverte de l’œuvre.
Le Pouvoir des innocents
Longtemps attiré par le titre mais rebuté par la couverture du premier tome (je l'ai pris 4 fois, 3 fois je l'ai relâché), je me suis décidé à franchir le pas. De prime abord, j'avais pas compris grand-chose à ce 1er tome et le dessin me semblait plutôt mauvais. Il est vrai que cette entrée en matière laisse planer beaucoup d’incertitudes et ne prend véritablement sens qu’en lisant les autres. C’est même un peu curieux puisqu’il détonne un peu des autres dans le sens où on apprend très peu d’éléments sur la suite de l’histoire et on a vite le sentiment d'être perdu. Puis j'ai enchaîné sur les suivants et là... grandiose. Le graphisme s'améliore nettement et le scénario prend une dimension supplémentaire. On rentre dans une histoire hallucinante et pour moi surprenante. Je ne m’attendais en aucun cas à ce final, ni à ce déroulement, ni à cette montée crescendo dans les révélations. Au vu du début, on a le sentiment que Brunschwig n’a pas l’air de savoir où il va. Et bien, la suite des épisodes prouve admirablement bien le contraire. Tout est savamment distillé et tous les éléments s’emboîtent parfaitement pour révéler un complot politique de grande envergure. Et le dessin s’améliore au fil des tomes. Loin d’être parfait cependant, il ne baisse pas la qualité de la série, ajoutant même une coloration spécifique. Mais il faut reconnaître que le scénario prend le pas sur la réalisation graphique. Le message véhiculé par les auteurs est universel (pour un peu que le lecteur adhère aux idées bien sur) et développe un message humaniste fort. Tous les moyens sont-ils bons pour arriver à ses fins ? Intelligent, Bouleversant et Surprenant, un cocktail détonnant ! Un futur classique !
Aster
(Avis portant sur les 4 tomes). Lecture des 2 premiers tomes : Encore une BD qui ne payait pas mine, je me suis plongé dans la lecture du premier tome sans a priori. Un peu surpris par les couleurs tirant principalement sur les jaune, beige et bleu, j'ai mis peu de temps à "rentrer" dans l'histoire. Le dessin est clairement bon, simple mais efficace. Le scénario sans être original, distrait le lecteur et donne envie d'aller à la page suivante. C'est clair, j'en redemande !!! La lecture du tome 2 confirme mon ressentiment général. Je vais rapidement investir sur le tome 3. Cette série semble méconnue, j'invite les fidèles de BDT à la découvrir. Sans être une série "immanquable", on a affaire à une bonne série divertissante. Suite à la lecture du tome 3 : L'impression est toujours aussi bonne, pour moi cette série est proche d'Alim Le Tanneur au niveau du graphisme. Le dessin est très fin et les couleurs chaleureuses et douces. Le seul reproche que je puisse faire concerne le traitement graphique du ciel et des surfaces aquatiques trop simplifiées en général, sinon c'est superbe. Le scénario est dense et la lecture vraiment plaisante, vivement le dernier tome. Après la lecture du tome 4 qui clôt la série. L'ensemble se révèle être de très bonne facture. Cette série est très plaisante à lire, plus adulte que le dessin voudrait nous faire croire. Je conseille vivement "Aster" qui vaut largement des séries plus commerciales et qui a au moins l'avantage d'avoir une fin.
Requiem - Chevalier Vampire
Requiem est un récit à la fois mi-fantastique et mi-science-fiction de vampires, de résurrection et de violence perverse dans un monde où le temps avance à reculon. C'est une histoire gothique comme j'en avais jamais lu auparavant. J'avais peur au début de lire une mauvaise séquelle de 666 mais il n'en est rien fort heureusement. C'est époustouflant dans le graphisme et dans la mise en place du scénario. On ne s'ennuie jamais, bien que l'histoire avance lentement mais sûrement. On souhaite connaître le destin tourmenté de ce soldat allemand mort sur le front russe en 1944 et qui avait laissé partir sa bien-aimée d'origine juive dans les mains de la Gestapo. Il y a de la démesure dans l'imagination même de cet univers cauchemardesque. Un féroce humour satirique est présent de temps à autre. C'est juste nécessaire pour ne pas sombrer dans la noirceur de ce récit très poussif sur le mal absolu. J'avoue cependant que j'ai trouvé certains dialogues vraiment succulents à souhait. Que dire également de la mise en case particulièrement judicieuse et des décors somptueux pour les yeux. Bref, une merveille pour les sens ! J'ai conscience qu'il a fallu un formidable travail aux auteurs pour donner vie à ces personnages dans ce conflit cosmique qui les dépasse. Je ne suis pourtant pas un adepte du gothisme ou autre culte satanique mais j'ai succombé à cette fascinante série hors norme. Suis-je un damné pour autant ? Et en plus, je livre cet avis le jour même de la Résurrection ! Mais cette bd distille véritablement un poison venimeux mais ô combien jouissif ! Âmes sensibles ou puritaines, s'abstenir !
La Porte au Ciel
Eugenio Sicomoro, voilà un dessinateur qui a fait du chemin depuis Lumière froide, la seule autre série de lui que j'ai lue. J'y avais déjà noté ses personnages très travaillés et réalistes mais je lui reprochais des décors vides et des couleurs médiocres. Tout cela est corrigé et encore perfectionné dans cette nouvelle série qui parait dans la collection Aire Libre. Ses personnages sont dessinés avec un souci du détail impressionnant. Ils ont un peu de la vie et du réalisme des héros de Gibrat. Et ils ont même temps la grande expressivité faciale des personnages de grands du dessin italien tels que Liberatore ou encore Serpieri. Face à un tel réalisme, il résulte parfois une légère impression de figé mais ce serait vraiment chercher la petite bête tant chaque planche est soignée et réussie. Les décors ne sont pas en reste. A l'exception de quelques lignes droites trop tracées à la règle, ils offrent de simples mais superbes paysages campagnards et forestiers. La colorisation est en outre excellente et ajoute à la beauté de chaque page. Makyo nous offre un scénario mêlant plusieurs trames qui s'agencent de belle manière. La principale, en toile de fond, est sur le thème de la disparition. La disparition d'un enfant et la force de vivre du père éploré qui maintient sa fille en vie par des toiles de peinture où il fait évoluer et vieillir son visage, années après années. La seconde trame, force dynamique du récit, raconte la fugue commune de trois adolescentes, chacune pour des raisons différentes et très valables. Ce sont de vraies amies attachantes et jolies même si elles ont toutes les trois tenté de se suicider par le passé. Ces deux fils narratifs vont se mêler autour d'un endroit légendaire, la Porte au Ciel, qui apporte une dimension un peu mystique à ce récit où les vivants côtoient la mort et la disparition. Présentée ainsi, l'intrigue parait sombre et un peu sinistre. Mais il s'en dégage pourtant une vraie joie de vivre, de résister. Les héroïnes sont tourmentées mais pleines de vie et bien décidées à ne pas se laisser abattre. Le père dont la fille a disparu a su lui aussi redresser la tête et maintient l'esprit de sa fille en vie par la force de sa volonté. Et à cela s'ajoutent les très beaux décors champêtres de ce récit. Tout cela pour donner une BD que j'ai lue avec grand plaisir et dont j'ai hâte de découvrir le second et dernier tome.
Au bord de l'eau
Après la lecture du premier tome. Sacré pari que de faire une série BD à partir d'une oeuvre importante. Au bord de l'eau est une oeuvre collective. JD Morvan en explique les origines au début de l'album. L'histoire initiale semble si dense, que la série BD, par le biais d'un narrateur, est un concentré pour ne par dire un résumé. Le résultat est bon, mais il ne faut pas s'attendre à lire ce premier tome en 20 minutes : un minimum d'attention est requis pour suivre les tenants et les aboutissants. Il faut aussi se familiariser avec les personnages et leurs noms. La présentation des principaux personnages en préambule m'a un peu dérouté mais l'initiative est bienvenue. Le dessin a sa propre personnalité avec des couleurs apportant indéniablement un plus au côté exotique. J'ai parfois eu l'impression de découvrir de nouveaux rendus comme avec les capes rouges. Un excellent début de série.
Secrets de sang
Après la lecture des 2 premiers tomes. Excellent scénario bénéficiant d'un traitement graphique de haut niveau : que demander de plus à une BD ? Il faut ne pas être dans l'urgence pour la lecture de cette série, car malgré le petit format, celle ci demande de l'attention avec ses textes et ses dessins détaillés. Le tome 2 m'a surpris mais j'attends le tome 3 pour bien saisir l'intrigue et le fond de l'histoire. C'est riche, dense et pourtant on a l'impression que les auteurs en ont encore sous la semelle. A suivre de très près.
Au bord du monde
Finalement ma BD préférée de Le Floch. J'ai adoré son dessin en nuances de gris, sublimant son style. Quand aux 3 histoires, elles sont originales, assez dures sur le fond. L'auteur nous rappelle qu'il y a encore peu de temps, la vie n'était pas aussi facile. Les pages défilent très vite, la beauté du dessin s'oppose à la cruauté des destins des personnages. La troisième histoire est assez hallucinante avec la tournée posthume de Fri Ruz.
Humphrey Dumbar - Le Croquemitaine
Waaaahhhh !!! Un nouvel album d’Emmanuel Civiello ! Et cette fois-ci, il a réalisé une bd plus axée pour le jeune public… pourquoi pas, étant donné que, jusqu’à maintenant, ma bd préférée de Civiello est le tome 1 « Igguk » de La Graine de Folie où des scènes féeriques foisonnent. Pour ce retour de Civiello au scénario (il avait laissé l’écriture à Thomas Mosdi pour la réalisation du dernier tome de La Graine de Folie et pour la totalité de la série Korrigans), l’auteur nous propose un conte pour enfants : le fameux croquemitaine, un monstre à l’aspect humain qui effraie les bambins la nuit. Si l’histoire apparaît simpliste pour un adulte, j’ai tout de même eu beaucoup de plaisir à redécouvrir ce petit conte que nous racontaient les parents au coin du feu ou que l’on regardait en frissonnant à travers un bon téléfilm d’horreur diffusé tard dans la nuit. A défaut de ressentir vraiment des frémissements, le récit m’est apparu très accrocheur... il faut dire aussi que le graphisme d’Emmanuel Civiello est exceptionnel ! Seul le dénouement m’a semblé un peu trop brutal, pas assez développé à mon goût. Bon, je l’avoue : Civiello figure au panthéon de mes dessinateurs préférés. Cet auteur possède le don de créer des protagonistes aux gueules terribles, son style est très proche de la caricature. Avec « Humphrey Dumbar le croquemitaine », Civiello a pu laisser libre court à sa fascination pour les personnages distordus aux membres déformés, à travers le héros, c’est à dire le croquemitaine. C’est vraiment un régal pour les yeux de voir ce monstre tout à tour être en colère, inquiet ou … ressentir de la peine. C’est un bonheur aussi de contempler ses planches faites à la peinture à l’huile, aux tons à dominante ocres très agréables à l’œil qui regorgent de détails sans que ça soit illisible ! Et pourtant, l’auteur a indiqué dans une interview qu'il a simplifié son dessin ! Je voudrais également féliciter l’excellente qualité d’impression de l’album où les couleurs sont éclatantes de beauté (on est loin des planches sombres de Korrigans) ! Que ceux qui ont été déçus par le scénario des tomes 2 et 3 de « la graine de folie » et qui ont des difficultés à apprécier les planches sombres de « Korrigans » se rassurent, avec « Humphrey Dumbar le croquemitaine », Emmanuel Civiello nous présente -à mon avis- un joli conte qui vous fera revivre les petits moments de frisson et de féérie de votre jeunesse. En tout cas, moi, j’ai été charmé par ce récit orienté pour les enfants, d’autant plus que le graphisme de Civiello est éclatant de beauté ! Vivement un deuxième album de cet auteur pour la collection "jeunesse" de Delcourt !
Uchronie[s] - New Byzance
Corbeyran lance un nouveau projet SF ambitieux : 3 séries de 3 tomes trouvant leur dénouement dans un 10ème album commun. Il est donc bien évidemment difficile de se faire un avis sur ce 1er tome, qui ne représente vraiment qu’une introduction, mais le potentiel est là, pas de doute. Le background est super riche sans pour autant perdre le lecteur, et le dosage intrigue/action fonctionne à merveille. Le dessin et le découpage sont très chouettes, très modernes, et servent parfaitement l’histoire. Bon je le répète, ce 1er tome ne fait vraiment qu’introduire une histoire qui sera sans doute tentaculaire. Il se termine en plus un peu bizarrement, et il va falloir patienter pour lire la suite. Avis aux fans de SF complexes au background riche et intéressant !