C'est la première fois que je lis une oeuvre de Will Eisner, inculte que je suis ! Je suis très agréablement surpris par le style de l'auteur ainsi que par le dessin dans sa représentation des différents personnages. Cela me plaît bien et me donne envie de découvrir d'autres histoires.
En outre, j'ai aimé le sujet: les mariages arrangés dans les familles juives outre-atlantique. C'est une véritable saga que l'on suit et qui décortique les mécanismes de l'ascension ou de la régression sociale.
Mais je n'aime pas les erreurs aussi minime soit 'elle : Baden Baden est une jolie station balnéaire située en Allemagne non loin de chez moi et non en Suisse !
Parce que c'est une agréable découverte, 4 étoiles ! :)
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Rouge de Chine du même auteur avait déjà attiré mon attention. "Koblenz" fait encore mieux ! Il y a toujours le thème du lien entre réalité et fantastique qu'on retrouve mais poussé un petit peu plus loin dans son traitement.
J'ai bien aimé que les informations soient distillées à travers les différents tomes autour du héros : le personnage énigmatique de Koblenz qui offre ses services en échange d'années de vie. Tout n'est pas révélé tout de suite ce qui agrémente la lecture (voir notamment le lien entre le second et quatrième tome).
Le premier tome qui traite du désespoir d'une ombre est une parfaite réussite. Le thème de l'industrialisation massive d'une société capitaliste qui fait des sacrifices est parfaitement traité. Le traitement du récit fait penser un peu au film Sleepy Hollow de Tim Burton. L'ambiance est parfaitement rendue.
Le second tome, qui nous entraîne sur les traces d'une civilisation totalement disparue et qui n'acceptait pas sa fin inéluctable est une merveille. Carthage contre Rome. Ce récit est très dépaysant par rapport au premier.
Le troisième tome nous entraîne dans le Japon de l'ère Meiji où il y a ce fameux combat entre la tradition et le passé des derniers samouraïs rebelles et la modernité pro-occidentale voulu par l'Empereur. Géniale idée que d'introduire ce robot samouraï. J'ai adoré l'ensemble de ce récit.
Le dernier tome est le plus sombre. Il traite du terrorisme et de l'anarchisme poussé à l'extrême. On découvre également le choix peu moral qu'effectue Clara, l'assistante amoureuse. Le côté sombre de nos héros... En même temps, on découvre que le gentil bon père de famille peut être le pire des extrémistes. Tout cela n'est pas fameux pour le genre humain. C'est une véritable critique appuyée de la part de l'auteur.
Au final, je peux dire que Koblenz est une Bd pas comme les autres. Le dessin est très réussi de même que l'audace des cases. Les dialogues sont fins et on sent vraiment une tendre complicité entre nos deux héros. Je conseille très vivement cette lecture. Un vrai coup de coeur ! :)
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Avec Elysée République, nous avons une très bonne idée de départ car peu de BD ont pour cadre la politique française ainsi que les arcanes du pouvoir (hors la BD d'humour). On est très vite happé par un scénario habile et fluide même si cela tombe parfois dans le sensationnalisme.
C'est une BD qui ne ressemble à aucune autre ou presque ... (est-ce le Largo Winch de la politique ?). Le mérite vient du fait d'avoir "osé" ce type d'histoire pour dénoncer certains travers de nos hommes politiques. Je peux dire que cette série va très loin car elle s'inspire effectivement de faits réels (c'est abracadabrantesque!...). Elle explique également les dérives du pouvoir sur les médias et sur l'opinion publique ainsi que les manoeuvres de l'hyper présence médiatique d'un président en fonction.
Le premier tome place la barre vraiment haute avec un final à la hauteur de nos espérances. C'est plus qu'un simple thriller politique avec deux hommes prêts à tout pour garder ou conquérir le pouvoir. Le trait du dessin pourrait être encore amélioré au niveau des personnages mais les décors sont assez réalistes...
Mais qu'il est rare de combiner authenticité et suspense avec autant de bonheur ! Une Bd qui palpite ardemment dans l'air du temps. Etait-ce un coup d'essai après un premier tome étonnant et audacieux sur une fiction réaliste du monde politique? Pas du tout! Le second tome va encore plus loin. Non seulement il y a une véritable maîtrise du scénario, mais c'est encore meilleur! :)
Note Dessin : 4/5 - Note Scénario : 4.5/5 - Note Globale : 4.25/5
Je n'ai pas besoin de me forcer pour être sincère dans mon analyse de cette Bd. Quand je songe qu'encore hier soir, j'ai lu une "daube" pourtant signée de grands auteurs reconnus ; je me dis que justement cette bd est bien dans l'air du temps et plus encore et qu'elle correspond tout à fait à mon approche par rapport à ce concept ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le message passé est fluide et surtout moderne dans son approche intellectuelle. Je n'ai pas été déçu et cela me rassure dans le flot de tout ce que je peux lire actuellement. Croyez-moi que je n'aurais pas hésité une seule seconde à dire ce que j'en pensais même si c'était négatif !
J'avoue également que je ne l'aurais jamais acquise si la scénariste n'était jamais venue sur les forums du site pour présenter sa première bd. Je ne suis pas généralement le public pour ce genre, tant j'aime les bd d'action, de fantastique, de science-fiction (bref, tout ce qui sort de la réalité)... Et pourtant, j'ai apprécié très sincèrement ce roman graphique et je ne regrette pas mon achat.
J'ai aimé toute la fraîcheur qui se dégage de cette histoire sentimentale avec de vrais personnages intéressants. Celui de Christophe m'a bien plû avec toutes ses interrogations légitimes et son consensualisme. C'est loin d'être caricatural.
J'aurais aimé avoir une autre conclusion entre ces deux êtres que tout semble opposer (c'est mon côté fleur bleue) mais tel qu'elle est, elle souligne un véritable message. Il ne faut pas se fier aux apparences et essayer de comprendre l'autre. J'ai également apprécié la surprise que nous réserve la fin de ce récit.
Quelques sujets majeurs y sont évoqués. Cependant, à peine explorés, ils fournissent juste le relief nécessaire au récit en évitant les lourdeurs inutiles.
Sur la forme maintenant. La colorisation est très agréable. Les décors en arrière plan sont merveilleux. Il y a un assez bon rendu grâce à un trait simple et à un joli graphisme. C'est dommage simplement qu'il n'y ait pas plus de précision dans les traits des visages des personnages.
Par ailleurs, dans la seconde moitié du récit, je me suis quand même demandé si on était bien en Europe tant le contexte fait asiatique. C'est bizarre mais ma libraire m'avait lâché cette même remarque. Il est vrai que cela peut s'expliquer par le fait que le dessinateur vît en Chine. Il en a manifestement été inspiré et cela se ressent. Ceci n'est pas une critique mais juste une impression.
Au final, "Effleurés" est une sorte d'expérience sentimentale et sociologique assez intéressante à partager. Un album qui me laisse détendu pour le reste de la journée ! :)
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Dropsie Avenue, c'est une rue imaginaire nourrie des souvenirs d'enfance de Will Eisner à travers 4 siècles d'immigration durant lesquels Hollandais, Anglais, Irlandais, Juifs, Afro-Américains et Portugais ont construit l'identité américaine.
Nous suivons ici l'évolution d'un quartier en mutation permanente. L'auteur retrace la trajectoire sociale de la mythique avenue depuis 1870 alors qu'elle n'était qu'un vaste carrefour du Bronx délimité par quelques fermes.
Ce n'est pas une Amérique glorifiante que Will Eisner décrit mais celle qui souffre dans les rues miséreuses. Une vérité historique saisissante que cette survie en milieu urbain. C'est un véritable regard humaniste que pose l'auteur avec une sensibilité qui le caractérise. Le scénario semble s'effacer car ce qui compte c'est de découvrir l'évolution de ce quartier et ce qui forge son identité. L'auteur s'affranchit du format des cases: c'est d'une véritable audace graphique!
Cet album est le dernier d'une trilogie commencée en 1978 par Un Pacte avec Dieu. Suivra plus tard le combat existentiel d'un Jacob le Cafard. J'ai pris du plaisir à découvrir cette trilogie dressant le portrait d'une Amérique multiculturelle de la fin du XIXème siècle à nos jours. Vous également, vous le serez! :)
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Qu'est ce que j'aime cet auteur ! Après l'excellent Quetzalcoatl et Attila... mon amour, voilà que je découvre son travail passé et mesure tout son étonnant parcours jusqu'à la bd historique.
Nous avons là un véritable "comic" à la française dont la source d'inspiration est directement puisée de Watchmen ou encore du "Surfer d'Argent". J'ai appris récemment que l'auteur avait d'ailleurs dessiné deux épisodes de "Spider-Man" aux States qui resteront inédits en France.
Initialement, cela a été publié chez les Editions Lug mais il y a eu une réédition chez Soleil en 1994.
Nous avons ici 5 fables et qui ne sont pas vides de sens :
- "Vidéorreur" : 2 enfants "jouent" à la guerre mondiale thermonucléaire.
- "Fécondation" : avez-vous déjà fait l'amour avec un extraterrestre ?
- "Deux ex machina" : Une exploration d'astéroïdes qui va mal finir.
(A noter que cette fable est parue dans "Fantomen", magazine édité dans les pays nordiques).
- "Atomutants" : la visite d'un musée humain "de l'ancien temps".
-"Dernière escale" : qui sont les vrais monstres ?
Je crois que si vous aimez à la fois la science-fiction, le comic, et la cohérence, eh bien, cette bd sera une véritable découverte pour vous. Je conseille vivement ! Une bd brillante qui conserve toute son efficacité graphique et thématique ! :)
Avec cette histoire où la psychologie côtoie le monde fantasmagorique, on peut dire que cette Bd porte bien son titre.
On découvre un personnage central qui sort de l'asile après une longue thérapie de 10 ans. Des liens se sont crées avec le personnel soignant. Affronter la vie "dehors" ne sera pas chose facile. Il est vrai que ce récit va totalement basculer dans le fantastique (page 36-tome 1) là où on pouvait expliquer rationnellement tous les fantasmes. Cela m'a un peu choqué sur le moment mais après tout, pourquoi pas?
Le héros est donc doté d'un pouvoir assez étrange que de celui de pénétrer extrasensoriellement dans la personnalité des gens. Mais cela se fera à ses dépens jusqu'à ce qu'il soit en mesure de canaliser tout ceci avec l'aide d'alliés surprises. Ce récit est à chaque fois sur un terrain qu’on n’attendait pas. C'est bien car cela souligne l'originalité de cette histoire.
La rechute de notre jeune psychotique va prendre une tournure inconcevable. Il va se remémorer certains souvenirs de son enfance enfouis au plus profond de son inconscient. Des faits précis et effroyables qu'il n'avait cessé de fuir. Or de dangereux fantasmes vont provoquer chez lui un véritable électrochoc.
Entre allégories fantastiques et réalisme inquiétant, le dernier tome va nous offrir un dénouement aussi spectaculaire qu'infernal! Il y a dans cette Bd une puissance d'inspiration associée à un dessin dynamique qui contribue à la réussite de cette série à découvrir absolument! :)
Note Dessin: 4.25/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.25/5
J'aimerais en lire plus souvent des histoires de cette qualité. Et pour couronner le tout, le dessin est franchement excellent. Quand scénario et graphisme sont de bonne qualité, le chef d'oeuvre n'est pas loin.
Et dire que j'avais commencé la lecture par la suite Un Paradis distant. Je dois dire que ce premier volet est une réussite du genre.
C'est vrai : c'est froid et brutal ! Mais il n'y a aucun temps mort. On palpite réellement pour ces personnages de couleur malheureusement menacés à cause du racisme. L'efficacité se retrouve également dans l'enchaînement des cases notamment pour les scènes d'action.
Il y a également une fausse piste (celle de Joshua) mais rondement bien menée pour le maintien du suspense. Un thriller au top ! A découvrir absolument !
1913, la guerre est proche, tout le monde le sait, et en Angleterre aussi bien qu'ailleurs.
Dans le nord de l'Europe, au large de Spitsberg, des pêcheurs anglais ont découvert une "porte" qui mènerait peut-être sur une autre dimension. Très vite, l'armée anglaise s'interroge sur l'intérêt stratégique que pourrait avoir cette découverte dans la guerre qui s'annonce. Une équipe scientifique et militaire est dépêchée sur place, parmi eux, le mystérieux Adamson, sorte de Sherlock Holmes de l'étrange.
Le premier tome d’Adamson est une bonne surprise. La première scène est tellement forte et intrigante, dans ce qu’elle montre ou plutôt ne montre pas que dès les premières pages, on est happé par les contours quelque peu mystérieux du personnage principal. Et le reste de l’album est suffisamment intriguant pour soutenir l’intérêt du lecteur jusqu’à la dernière planche. Cette série démarre fort et le côté un peu suranné de son dessin, vis-à-vis duquel j’avais quelques appréhensions, fait en vérité pleinement partie du charme de l’aventure, sorte de chaînon manquant entre Universal War One, Conan Doyle et Stevenson…
Me voilà un peu embêté, il est difficile de noter un tel premier tome. Lui donner quatre étoiles est sans doute prématuré, impossible de savoir ce que cette intrigue aura dans le ventre. D’un autre côté, trois petites étoiles, note un peu tiède, ne traduiraient en rien l’enthousiasme qu’a suscité en moi la lecture de ce premier tome… Halte aux tergiversations, l’avisage n’a rien d’une science exacte, c’est du pur ressenti ! Quatre étoiles ! C’est peut-être trop mais après tout, la qualité d’un premier tome ne se mesure-t-elle pas aux promesses qu’il suscite ? Est-ce parce que celles-ci semblent difficiles à remplir qu’il faut parier sur l’échec futur des auteurs en la matière ? Oui, souvent, les montagnes accouchent de souris, mais pas toujours… Le deuxième tome sera soit une franche réussite soit une pure débâcle scénaristique, car à tant susciter le mystère, on peut franchement décevoir quand il s’agit d’apporter des réponses. Parions sur le talent.
Sans mettre Olivier Milhiet sur un piédestal (quoique le bougre tutoie parfois le divin, surtout depuis qu'il me connait), je faisais partie de ceux qui avaient littéralement adoré sa première oeuvre, Spoogue, où un fossoyeur se trouvait confronté à une galerie de personnages et de situations des plus abracadabrantesques.
Mais ce que j'ai surtout aimé dans Spoogue, c'est toutes les petites conneries en arrière-plan dont Olivier Milhiet a truffé ses deux premiers albums. Or rien de tout cela dans "Caravane": voilà qui s'annonçait mal. Mais en se débarrassant de ces scories, Milhiet gagne indéniablement en fluidité là où il perd peut-être un peu en inventivité. Et encore, ça se discute, tant la galerie de monstres, qui ne peut pas ne pas rappeler les "Freaks" de Tod Browning, est d'une richesse et d'une originalité folle. Ca pourrait tourner à la démonstration, style "regardez un peu quelle imagination folle je peux avoir" mais Milhiet a l'intelligence de s'attacher autant au fond qu'à la forme de ses personnages, ce qui leur donne l'épaisseur requise afin de parfaitement développer son intrigue.
Une intrigue plutôt réussie au demeurant : tout en installant brillamment son univers, Milhiet développe les fils d'une histoire qui, d'intéressante, devient captivante sur les dernières pages. Je regrette un petit peu la présence de la petite fille "normale" dans la caravane de monstres, qui fait office de chien dans un jeu de quilles, probablement pour permettre au lecteur de plus s'identifier, procédé que je ne trouve pas d'une originalité folle. Mais force est de constater que ce personnage n'a rien d'horripilant, comme c'est parfois le cas dans ce genre de parti pris. A voir dans les prochains tomes si ce "non-monstre" aura une vraie valeur ajoutée dans la vie de la caravane.
Un mot enfin sur les dessins, que je trouve insolemment réussis. Olivier Milhiet, pape de la couleur directe (quand c’est bien fait, quelle classe) a toujours un trait aussi reconnaissable. Je ne suis pas persuadé qu’il y en ait tant que ça dans le monde de la bande dessinée aujourd’hui. Peut-être est-ce parce qu’il est un des seuls à aimer représenter le laid ainsi (déjà « Spoogue ») ?
Bref, un scénar excitant, des dessins toujours à la hauteur, une maîtrise évidente de la narration, cette série a tout pour être une réussite. Il ne reste plus qu’à espérer que le second tome paraisse avant 2012 !
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La Valse des Alliances
C'est la première fois que je lis une oeuvre de Will Eisner, inculte que je suis ! Je suis très agréablement surpris par le style de l'auteur ainsi que par le dessin dans sa représentation des différents personnages. Cela me plaît bien et me donne envie de découvrir d'autres histoires. En outre, j'ai aimé le sujet: les mariages arrangés dans les familles juives outre-atlantique. C'est une véritable saga que l'on suit et qui décortique les mécanismes de l'ascension ou de la régression sociale. Mais je n'aime pas les erreurs aussi minime soit 'elle : Baden Baden est une jolie station balnéaire située en Allemagne non loin de chez moi et non en Suisse ! Parce que c'est une agréable découverte, 4 étoiles ! :) Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Koblenz
Rouge de Chine du même auteur avait déjà attiré mon attention. "Koblenz" fait encore mieux ! Il y a toujours le thème du lien entre réalité et fantastique qu'on retrouve mais poussé un petit peu plus loin dans son traitement. J'ai bien aimé que les informations soient distillées à travers les différents tomes autour du héros : le personnage énigmatique de Koblenz qui offre ses services en échange d'années de vie. Tout n'est pas révélé tout de suite ce qui agrémente la lecture (voir notamment le lien entre le second et quatrième tome). Le premier tome qui traite du désespoir d'une ombre est une parfaite réussite. Le thème de l'industrialisation massive d'une société capitaliste qui fait des sacrifices est parfaitement traité. Le traitement du récit fait penser un peu au film Sleepy Hollow de Tim Burton. L'ambiance est parfaitement rendue. Le second tome, qui nous entraîne sur les traces d'une civilisation totalement disparue et qui n'acceptait pas sa fin inéluctable est une merveille. Carthage contre Rome. Ce récit est très dépaysant par rapport au premier. Le troisième tome nous entraîne dans le Japon de l'ère Meiji où il y a ce fameux combat entre la tradition et le passé des derniers samouraïs rebelles et la modernité pro-occidentale voulu par l'Empereur. Géniale idée que d'introduire ce robot samouraï. J'ai adoré l'ensemble de ce récit. Le dernier tome est le plus sombre. Il traite du terrorisme et de l'anarchisme poussé à l'extrême. On découvre également le choix peu moral qu'effectue Clara, l'assistante amoureuse. Le côté sombre de nos héros... En même temps, on découvre que le gentil bon père de famille peut être le pire des extrémistes. Tout cela n'est pas fameux pour le genre humain. C'est une véritable critique appuyée de la part de l'auteur. Au final, je peux dire que Koblenz est une Bd pas comme les autres. Le dessin est très réussi de même que l'audace des cases. Les dialogues sont fins et on sent vraiment une tendre complicité entre nos deux héros. Je conseille très vivement cette lecture. Un vrai coup de coeur ! :) Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Elysée République
Avec Elysée République, nous avons une très bonne idée de départ car peu de BD ont pour cadre la politique française ainsi que les arcanes du pouvoir (hors la BD d'humour). On est très vite happé par un scénario habile et fluide même si cela tombe parfois dans le sensationnalisme. C'est une BD qui ne ressemble à aucune autre ou presque ... (est-ce le Largo Winch de la politique ?). Le mérite vient du fait d'avoir "osé" ce type d'histoire pour dénoncer certains travers de nos hommes politiques. Je peux dire que cette série va très loin car elle s'inspire effectivement de faits réels (c'est abracadabrantesque!...). Elle explique également les dérives du pouvoir sur les médias et sur l'opinion publique ainsi que les manoeuvres de l'hyper présence médiatique d'un président en fonction. Le premier tome place la barre vraiment haute avec un final à la hauteur de nos espérances. C'est plus qu'un simple thriller politique avec deux hommes prêts à tout pour garder ou conquérir le pouvoir. Le trait du dessin pourrait être encore amélioré au niveau des personnages mais les décors sont assez réalistes... Mais qu'il est rare de combiner authenticité et suspense avec autant de bonheur ! Une Bd qui palpite ardemment dans l'air du temps. Etait-ce un coup d'essai après un premier tome étonnant et audacieux sur une fiction réaliste du monde politique? Pas du tout! Le second tome va encore plus loin. Non seulement il y a une véritable maîtrise du scénario, mais c'est encore meilleur! :) Note Dessin : 4/5 - Note Scénario : 4.5/5 - Note Globale : 4.25/5
Effleurés
Je n'ai pas besoin de me forcer pour être sincère dans mon analyse de cette Bd. Quand je songe qu'encore hier soir, j'ai lu une "daube" pourtant signée de grands auteurs reconnus ; je me dis que justement cette bd est bien dans l'air du temps et plus encore et qu'elle correspond tout à fait à mon approche par rapport à ce concept ! Pourquoi ? Tout simplement parce que le message passé est fluide et surtout moderne dans son approche intellectuelle. Je n'ai pas été déçu et cela me rassure dans le flot de tout ce que je peux lire actuellement. Croyez-moi que je n'aurais pas hésité une seule seconde à dire ce que j'en pensais même si c'était négatif ! J'avoue également que je ne l'aurais jamais acquise si la scénariste n'était jamais venue sur les forums du site pour présenter sa première bd. Je ne suis pas généralement le public pour ce genre, tant j'aime les bd d'action, de fantastique, de science-fiction (bref, tout ce qui sort de la réalité)... Et pourtant, j'ai apprécié très sincèrement ce roman graphique et je ne regrette pas mon achat. J'ai aimé toute la fraîcheur qui se dégage de cette histoire sentimentale avec de vrais personnages intéressants. Celui de Christophe m'a bien plû avec toutes ses interrogations légitimes et son consensualisme. C'est loin d'être caricatural. J'aurais aimé avoir une autre conclusion entre ces deux êtres que tout semble opposer (c'est mon côté fleur bleue) mais tel qu'elle est, elle souligne un véritable message. Il ne faut pas se fier aux apparences et essayer de comprendre l'autre. J'ai également apprécié la surprise que nous réserve la fin de ce récit. Quelques sujets majeurs y sont évoqués. Cependant, à peine explorés, ils fournissent juste le relief nécessaire au récit en évitant les lourdeurs inutiles. Sur la forme maintenant. La colorisation est très agréable. Les décors en arrière plan sont merveilleux. Il y a un assez bon rendu grâce à un trait simple et à un joli graphisme. C'est dommage simplement qu'il n'y ait pas plus de précision dans les traits des visages des personnages. Par ailleurs, dans la seconde moitié du récit, je me suis quand même demandé si on était bien en Europe tant le contexte fait asiatique. C'est bizarre mais ma libraire m'avait lâché cette même remarque. Il est vrai que cela peut s'expliquer par le fait que le dessinateur vît en Chine. Il en a manifestement été inspiré et cela se ressent. Ceci n'est pas une critique mais juste une impression. Au final, "Effleurés" est une sorte d'expérience sentimentale et sociologique assez intéressante à partager. Un album qui me laisse détendu pour le reste de la journée ! :) Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Dropsie Avenue
Dropsie Avenue, c'est une rue imaginaire nourrie des souvenirs d'enfance de Will Eisner à travers 4 siècles d'immigration durant lesquels Hollandais, Anglais, Irlandais, Juifs, Afro-Américains et Portugais ont construit l'identité américaine. Nous suivons ici l'évolution d'un quartier en mutation permanente. L'auteur retrace la trajectoire sociale de la mythique avenue depuis 1870 alors qu'elle n'était qu'un vaste carrefour du Bronx délimité par quelques fermes. Ce n'est pas une Amérique glorifiante que Will Eisner décrit mais celle qui souffre dans les rues miséreuses. Une vérité historique saisissante que cette survie en milieu urbain. C'est un véritable regard humaniste que pose l'auteur avec une sensibilité qui le caractérise. Le scénario semble s'effacer car ce qui compte c'est de découvrir l'évolution de ce quartier et ce qui forge son identité. L'auteur s'affranchit du format des cases: c'est d'une véritable audace graphique! Cet album est le dernier d'une trilogie commencée en 1978 par Un Pacte avec Dieu. Suivra plus tard le combat existentiel d'un Jacob le Cafard. J'ai pris du plaisir à découvrir cette trilogie dressant le portrait d'une Amérique multiculturelle de la fin du XIXème siècle à nos jours. Vous également, vous le serez! :) Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Demain... les monstres
Qu'est ce que j'aime cet auteur ! Après l'excellent Quetzalcoatl et Attila... mon amour, voilà que je découvre son travail passé et mesure tout son étonnant parcours jusqu'à la bd historique. Nous avons là un véritable "comic" à la française dont la source d'inspiration est directement puisée de Watchmen ou encore du "Surfer d'Argent". J'ai appris récemment que l'auteur avait d'ailleurs dessiné deux épisodes de "Spider-Man" aux States qui resteront inédits en France. Initialement, cela a été publié chez les Editions Lug mais il y a eu une réédition chez Soleil en 1994. Nous avons ici 5 fables et qui ne sont pas vides de sens : - "Vidéorreur" : 2 enfants "jouent" à la guerre mondiale thermonucléaire. - "Fécondation" : avez-vous déjà fait l'amour avec un extraterrestre ? - "Deux ex machina" : Une exploration d'astéroïdes qui va mal finir. (A noter que cette fable est parue dans "Fantomen", magazine édité dans les pays nordiques). - "Atomutants" : la visite d'un musée humain "de l'ancien temps". -"Dernière escale" : qui sont les vrais monstres ? Je crois que si vous aimez à la fois la science-fiction, le comic, et la cohérence, eh bien, cette bd sera une véritable découverte pour vous. Je conseille vivement ! Une bd brillante qui conserve toute son efficacité graphique et thématique ! :)
Chimères
Avec cette histoire où la psychologie côtoie le monde fantasmagorique, on peut dire que cette Bd porte bien son titre. On découvre un personnage central qui sort de l'asile après une longue thérapie de 10 ans. Des liens se sont crées avec le personnel soignant. Affronter la vie "dehors" ne sera pas chose facile. Il est vrai que ce récit va totalement basculer dans le fantastique (page 36-tome 1) là où on pouvait expliquer rationnellement tous les fantasmes. Cela m'a un peu choqué sur le moment mais après tout, pourquoi pas? Le héros est donc doté d'un pouvoir assez étrange que de celui de pénétrer extrasensoriellement dans la personnalité des gens. Mais cela se fera à ses dépens jusqu'à ce qu'il soit en mesure de canaliser tout ceci avec l'aide d'alliés surprises. Ce récit est à chaque fois sur un terrain qu’on n’attendait pas. C'est bien car cela souligne l'originalité de cette histoire. La rechute de notre jeune psychotique va prendre une tournure inconcevable. Il va se remémorer certains souvenirs de son enfance enfouis au plus profond de son inconscient. Des faits précis et effroyables qu'il n'avait cessé de fuir. Or de dangereux fantasmes vont provoquer chez lui un véritable électrochoc. Entre allégories fantastiques et réalisme inquiétant, le dernier tome va nous offrir un dénouement aussi spectaculaire qu'infernal! Il y a dans cette Bd une puissance d'inspiration associée à un dessin dynamique qui contribue à la réussite de cette série à découvrir absolument! :) Note Dessin: 4.25/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.25/5
Big Bill est mort
J'aimerais en lire plus souvent des histoires de cette qualité. Et pour couronner le tout, le dessin est franchement excellent. Quand scénario et graphisme sont de bonne qualité, le chef d'oeuvre n'est pas loin. Et dire que j'avais commencé la lecture par la suite Un Paradis distant. Je dois dire que ce premier volet est une réussite du genre. C'est vrai : c'est froid et brutal ! Mais il n'y a aucun temps mort. On palpite réellement pour ces personnages de couleur malheureusement menacés à cause du racisme. L'efficacité se retrouve également dans l'enchaînement des cases notamment pour les scènes d'action. Il y a également une fausse piste (celle de Joshua) mais rondement bien menée pour le maintien du suspense. Un thriller au top ! A découvrir absolument !
Adamson
1913, la guerre est proche, tout le monde le sait, et en Angleterre aussi bien qu'ailleurs. Dans le nord de l'Europe, au large de Spitsberg, des pêcheurs anglais ont découvert une "porte" qui mènerait peut-être sur une autre dimension. Très vite, l'armée anglaise s'interroge sur l'intérêt stratégique que pourrait avoir cette découverte dans la guerre qui s'annonce. Une équipe scientifique et militaire est dépêchée sur place, parmi eux, le mystérieux Adamson, sorte de Sherlock Holmes de l'étrange. Le premier tome d’Adamson est une bonne surprise. La première scène est tellement forte et intrigante, dans ce qu’elle montre ou plutôt ne montre pas que dès les premières pages, on est happé par les contours quelque peu mystérieux du personnage principal. Et le reste de l’album est suffisamment intriguant pour soutenir l’intérêt du lecteur jusqu’à la dernière planche. Cette série démarre fort et le côté un peu suranné de son dessin, vis-à-vis duquel j’avais quelques appréhensions, fait en vérité pleinement partie du charme de l’aventure, sorte de chaînon manquant entre Universal War One, Conan Doyle et Stevenson… Me voilà un peu embêté, il est difficile de noter un tel premier tome. Lui donner quatre étoiles est sans doute prématuré, impossible de savoir ce que cette intrigue aura dans le ventre. D’un autre côté, trois petites étoiles, note un peu tiède, ne traduiraient en rien l’enthousiasme qu’a suscité en moi la lecture de ce premier tome… Halte aux tergiversations, l’avisage n’a rien d’une science exacte, c’est du pur ressenti ! Quatre étoiles ! C’est peut-être trop mais après tout, la qualité d’un premier tome ne se mesure-t-elle pas aux promesses qu’il suscite ? Est-ce parce que celles-ci semblent difficiles à remplir qu’il faut parier sur l’échec futur des auteurs en la matière ? Oui, souvent, les montagnes accouchent de souris, mais pas toujours… Le deuxième tome sera soit une franche réussite soit une pure débâcle scénaristique, car à tant susciter le mystère, on peut franchement décevoir quand il s’agit d’apporter des réponses. Parions sur le talent.
Caravane
Sans mettre Olivier Milhiet sur un piédestal (quoique le bougre tutoie parfois le divin, surtout depuis qu'il me connait), je faisais partie de ceux qui avaient littéralement adoré sa première oeuvre, Spoogue, où un fossoyeur se trouvait confronté à une galerie de personnages et de situations des plus abracadabrantesques. Mais ce que j'ai surtout aimé dans Spoogue, c'est toutes les petites conneries en arrière-plan dont Olivier Milhiet a truffé ses deux premiers albums. Or rien de tout cela dans "Caravane": voilà qui s'annonçait mal. Mais en se débarrassant de ces scories, Milhiet gagne indéniablement en fluidité là où il perd peut-être un peu en inventivité. Et encore, ça se discute, tant la galerie de monstres, qui ne peut pas ne pas rappeler les "Freaks" de Tod Browning, est d'une richesse et d'une originalité folle. Ca pourrait tourner à la démonstration, style "regardez un peu quelle imagination folle je peux avoir" mais Milhiet a l'intelligence de s'attacher autant au fond qu'à la forme de ses personnages, ce qui leur donne l'épaisseur requise afin de parfaitement développer son intrigue. Une intrigue plutôt réussie au demeurant : tout en installant brillamment son univers, Milhiet développe les fils d'une histoire qui, d'intéressante, devient captivante sur les dernières pages. Je regrette un petit peu la présence de la petite fille "normale" dans la caravane de monstres, qui fait office de chien dans un jeu de quilles, probablement pour permettre au lecteur de plus s'identifier, procédé que je ne trouve pas d'une originalité folle. Mais force est de constater que ce personnage n'a rien d'horripilant, comme c'est parfois le cas dans ce genre de parti pris. A voir dans les prochains tomes si ce "non-monstre" aura une vraie valeur ajoutée dans la vie de la caravane. Un mot enfin sur les dessins, que je trouve insolemment réussis. Olivier Milhiet, pape de la couleur directe (quand c’est bien fait, quelle classe) a toujours un trait aussi reconnaissable. Je ne suis pas persuadé qu’il y en ait tant que ça dans le monde de la bande dessinée aujourd’hui. Peut-être est-ce parce qu’il est un des seuls à aimer représenter le laid ainsi (déjà « Spoogue ») ? Bref, un scénar excitant, des dessins toujours à la hauteur, une maîtrise évidente de la narration, cette série a tout pour être une réussite. Il ne reste plus qu’à espérer que le second tome paraisse avant 2012 !