Depuis tout le temps que j'en entendais parler de cette BD, j'ai fini par la lire.
Mon verdict est sans appel: c'est franchement bien! Suis-je pour autant un adolescent attardé en mal d'amour parce qu'il y a une héroïne qui montre un peu trop ses attributs? Sincèrement, je ne le pense pas. Je dirai: enfin de la BD adulte loin des Atalante et autres compagnies... :8
Cette BD est superbe d'inventivité. On suit véritablement l'aventure avec un grand "A" plongé dans cet univers marin fascinant. C'est très bien dessiné et les cadrages sont plutôt judicieux. C'est du haut de gamme.
Alors pourquoi je ne conseille tout de même pas l'achat? Parce qu'en qualité de collectionneur, je déteste tout ce qui est inachevé (déjà que je me suis un peu forcé pour la lire). Que les auteurs terminent cette histoire et je reviendrais conseiller l'achat! Quand on songe que Mourier a préféré dessiné Trolls De Troy, c'est vrai que j'avoue ne pas comprendre un tel choix artistique. Cette BD a bien plus de potentiel.
Quand on est passionné par le mythe arthurien, on en bouffe jusqu’à la lie… Donc forcément, il fallait se faire la série phare de la collection Celtic. 9 tomes jusqu’à maintenant pour une décalogie qui trouvera son épilogue probablement l’année prochaine. Mais Istin a déjà commencé la suite avec un autre dessinateur ("Merlin - la quête de l’épée"), qui sera probablement suivi par l’histoire d’Arthur et de sa quête du graal, bref tout ce qu’on a déjà vu maintes et maintes fois mais s’étalant sur plusieurs cycles, on va en claquer du pognon. Mais quand on aime, on ne compte pas.
L’histoire du jeune Merlin est bien moins connue que celle de son Arthur de roi ; étalée sur un tout petit tome dans Arthur de David Chauvel, elle est ici bien plus développée et agrémentée d’une grosse touche de fantasy celtique, ce qui n’est pas pour me déplaire. L’histoire reste tout de même assez sérieuse mais un poil plus décontracté que celle de Delcourt et bien plus facile à lire. Il est assez intéressant de trouver d’ailleurs beaucoup de points communs entre ces deux histoires, ce qui permet de se faire une idée de la partie référencée et de la partie purement fictive. Nous suivons donc l’initiation du jeune Merlin et sa descente vers le côté obscure de la foi dans une Bretagne sous le joug de la chrétienté où les anciens dieux comme la belle Ahès sont oubliés. Elle utilise donc Merlin comme un messie pour bouter les culs-bénis hors de l’île des forts. Mais son vieux maître, le curé/centurion/archi-druide/superbalaise Blaise va tout faire pour le ramener dans le chemin du christ.
Le gros défaut de cette série c’est que c’est un peu longuet pour pas grand chose, on se doute du final, chaque tome n’avance pas bézef donc encore une fois il faudra vraiment être un passionné même si le dessin de Lambert qui connaît une très nette évolution sur les 3 premiers tomes, vaut à lui seul le détour ; un dessin semi-réaliste clair, net et précis (ne vous arrêtez pas au premier tome qui semble très brouillon).
Donc j’hésitais entre 3 et 4 étoiles, mais vu les mauvaises appréciations, ça mérite de remonter un peu.
Adaptation d’un roman noir de Pierre Pelot, Pauvre zhéros pourrait presque passer pour une œuvre complète de Baru tant on le sent à l’aise avec la psychologie simple de ses personnages et la description sans détour d’une petite bourgade provinciale tendance « quart-monde ». Le ton est acide, teinté d’humour très noir. N’ayant pas lu le roman original, j’ignore tout de la qualité de l’adaptation, tout ce que je peux constater c’est que la chose ne se « sent » pas. Il n’y a aucune lourdeur, aucune ambiguïté, aucun pavé de texte destiné à faire passer ce qui ne serait pas « rentré » dans les cases.
On ressort de l’album avec quelques images fortes en tête, notamment celle de la vieille avec sa horde de chats… Après avoir été très déçu par le second tome de L'Enragé, je suis heureux de retrouver le Baru que j’aime.
Il est indéniable que Giroud est un grand conteur, après Le Décalogue et sa chronologie inversée, il trouve une nouvelle idée de génie concernant sa mise en scène.
Et il faut bien le dire, le procédé fonctionne ; les 4 premiers tomes sont des histoires d’amour tragiques qui se croisent dans un camp français en Grèce pendant la grande guerre. L’auteur n’a jamais caché sa passion pour l’histoire de ce siècle, c’est donc bien documenté et malgré le côté cucul la praline de ces aventures romantiques, la narration nous permet d’y entrer facilement. Les introductions intrigantes et les changements de type de narrations sont là aussi de belles trouvailles (interview, autobiographie, lettres, scénario).
En revanche, j’ai encore une certaine réserve concernant les changements de dessinateurs même si par rapport à ses dix commandements, on comprend mieux l’intérêt : les 4 histoires sont relatées pour la plupart longtemps après les faits, de 4 points de vues différents donc comme la perception des faits est altérée, la perception visuelle peut subir le même sort. Il n’empêche que le dessin de Cuzor par exemple m’a grandement déçu et qu’en voyant ceux de Krahen et d’Alessandrini, j’aurais aimé que l’un des deux se consacre à l’ensemble de la série.
Alessandrini qui nous offre un excellent dernier album qui dénoue intelligemment cette intrigue. Même si vous êtes un fin limier et que vous vous doutiez de certaines choses, vous aurez votre lot de surprises. Donc grâce à un procédé excellent et à un dénouement parfait, il met en valeur ses 4 petites histoires ; du grand Giroud, définitivement maître des aventures historiques.
"Silence" est une magistrale bd que je viens juste de découvrir dans sa version noire et blanc! Lire cet album a été un réel plaisir ! Il se dégage de cette histoire beaucoup de pudeur et de sensibilité. Aucune fausse note et un ton juste font de ce récit un petit bijou d'originalité.
Cela va plus loin que le Sorcières de Chabouté par rapport au même thème traité. Le scénario est plutôt bien élaboré. L'auteur prend son temps pour mettre en place tous les éléments de ce récit dramatique.
Les attitudes et les expressions des personnages sont parfaitement rendues. Et ce dessin qui rajoute une certaine dimension au ravissement de la lecture!
On ne ressort pas indemne d'une telle histoire! Convaincu et conquis: ma note réelle serait 4.5 étoiles. On frise le chef d'oeuvre ! Il est dommage que l'auteur n'a pas fais mieux. C'était le summum de sa carrière.
Je n'aurais probablement pas lu cette nouvelle si ma vendeuse de bd n'avait pas insisté; et si celle-ci n'avait pas gagné un prix à Angoulême (excusez-moi d'être si "people"!). Je n'aime guère ce genre de format un peu lilliputien. Et puis, le sujet ne me paraissait pas très envoutant.
Du même auteur helvète, je possède le fameux Pilules bleues. Et j'arrive encore une fois au même constat: une bd puissante et de qualité intrinsèquement mais que je n'arrive pas à aimer plus que cela.
Le personnage principal n'est pas des plus sympathiques notamment dans ce premier tome introductif. On suit son quotidien au milieu des planques parisiennes entre le brunch chez l'ambassadeur et les filatures... J'ai beaucoup aimé par contre le décorticage de ce boulot pas comme les autres. J'ai apprécié également le réalisme des situations.
Le tome 2 semble humaniser davantage le personnage principal qui vît une histoire d'amour un peu singulière. Je commence véritablement à apprécier pleinement cette série.
Je pense sincèrement que RG peut plaire à beaucoup de lecteurs. Cependant, il ne faut pas s'attendre à des situations d'actions tonitruantes! Une autre forme de roman policier est née: c'est pas plus mal! :)
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
La qualité est toujours au rendez-vous chez Chabouté. "Purgatoire" est un merveilleux triptyque : que du bonheur à sa lecture !
On retrouve les thèmes favoris de l'auteur : la dénonciation d'un système hypra-individualiste, de l'Eglise qui s'est écartée de son chemin, de la politique et de ses sombres magouilles...
J'ai trouvé que "Purgatoire" était juste un cran au-dessus des autres oeuvres de l'auteur car c'est une véritable compilation. Il ne manque toutefois pas grand chose pour que cela soit un chef d'oeuvre !
Nous avons un jeune héros sur lequel s'abattent tous les malheurs du monde. On le plaint véritablement. Au second tome, on s'aperçoit que ce n'était pas un ange non plus. Le dernier livre est une rédemption. Nous avons un auteur qui sait conjuguer toutes les nuances de l'âme humaine. Oui, j'en redemande si c'est toujours à ce niveau là ! :)
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Je n'ose pas l'avouer au risque de passer pour le bdphile ringard... C'est la première fois que je fais connaissance avec une oeuvre de Lewis Trondheim. Je réalise à quel point on peut faire des erreurs de jugement. Je fustigeais jusqu'ici tous ces auteurs qui font partie de l'école "minimaliste" car je considère que la bande dessinée doit remplir un quota minimum en ce qui concerne la qualité d'un dessin sur une planche. Mais voilà que je me mets à grandement apprécier les oeuvres de Larcenet et de Sfar. Il n'y avait qu'un petit pas à franchir pour découvrir du Trondheim.
Je me rends compte qu'il y a un dénominateur commun entre ces trois auteurs : non pas seulement l'intelligence du scénario mais des dialogues véritablement savoureux qui font place à la réflexion. C'est une critique à peine déguisée sur le mode de fonctionnement de notre société.
Cela peut être cruel ou incisif mais c'est tellement vrai. Bref, les aventures de Lapinot sont drôles et inventives. C'est le genre d'humour que j'apprécie. Finalement, je ne regarde plus trop le dessin car se dégage de l'oeuvre une puissance bien réelle qui me fait oublier. Le même phénomène s'était déjà produit dans Le Combat ordinaire. Alors, on peut dire que c'est de la bd d'une qualité indéniable. En prime, un très bon moment de détente ! :)
Voilà une BD où je n'affectionne pas le dessin mais où je ressens quelque chose de fort. Enfin une histoire d'amour à laquelle on croit!
Le contexte politique de la Russie communiste de l’ère Staline qui envoie ses propres enfants au goulag dans la froide Sibérie marque vraiment cette histoire triste. C'est une belle réussite. Une puissance évocatrice qui témoigne de la richesse du genre. Un album émouvant mais dans le bon sens du terme.
On suit le combat d’une femme Kalia qui souhaite revoir son mari qui a été arrêté suite à une dénonciation anonyme et qui a été condamné à 10 ans de rééducation par le travail car considéré comme un soi-disant ennemi du peuple. Vous m’autoriserez à dire que le véritable ennemi du peuple c’est cet état totalitaire qui a martyrisé ces honnêtes hommes qui vivaient dans les camps dans des conditions déplorables avec l’instauration d’une pratique particulièrement perverse : le tour de valse.
Une Bd qui est absolument à collectionner! :)
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Les couvertures et le dessin ne m'ont pas spécialement attiré. Je ne suis généralement pas preneur de dessins "simplistes". Mais j'avais beaucoup aimé Le Combat ordinaire et je voulais aller plus loin dans la découverte de cet auteur qui fait beaucoup parler.
Je n'ai pas été déçu par ma lecture de ces 4 tomes car les dialogues sont succulents. J'arrive même, petit à petit, à m'habituer à ce dessin avec cette palette de couleurs qui retranscrit assez bien les ambiances campagnardes même si les paysages sont loin d'être magnifiques...
On sent une qualité intrinsèque à ces albums. J'ai même ri à la lecture de certains passages, ce qui ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps... L'auteur excelle dans la mise en oeuvre des différentes situations comiques. C'est parfois acide mais le ton résolument moderne reste juste. J'aime... alors que rien n'y prédisposait au départ. Comme quoi... :)
Note Dessin: 3,5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4/5
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Les Feux d'Askell
Depuis tout le temps que j'en entendais parler de cette BD, j'ai fini par la lire. Mon verdict est sans appel: c'est franchement bien! Suis-je pour autant un adolescent attardé en mal d'amour parce qu'il y a une héroïne qui montre un peu trop ses attributs? Sincèrement, je ne le pense pas. Je dirai: enfin de la BD adulte loin des Atalante et autres compagnies... :8 Cette BD est superbe d'inventivité. On suit véritablement l'aventure avec un grand "A" plongé dans cet univers marin fascinant. C'est très bien dessiné et les cadrages sont plutôt judicieux. C'est du haut de gamme. Alors pourquoi je ne conseille tout de même pas l'achat? Parce qu'en qualité de collectionneur, je déteste tout ce qui est inachevé (déjà que je me suis un peu forcé pour la lire). Que les auteurs terminent cette histoire et je reviendrais conseiller l'achat! Quand on songe que Mourier a préféré dessiné Trolls De Troy, c'est vrai que j'avoue ne pas comprendre un tel choix artistique. Cette BD a bien plus de potentiel.
Merlin (Istin/Lambert)
Quand on est passionné par le mythe arthurien, on en bouffe jusqu’à la lie… Donc forcément, il fallait se faire la série phare de la collection Celtic. 9 tomes jusqu’à maintenant pour une décalogie qui trouvera son épilogue probablement l’année prochaine. Mais Istin a déjà commencé la suite avec un autre dessinateur ("Merlin - la quête de l’épée"), qui sera probablement suivi par l’histoire d’Arthur et de sa quête du graal, bref tout ce qu’on a déjà vu maintes et maintes fois mais s’étalant sur plusieurs cycles, on va en claquer du pognon. Mais quand on aime, on ne compte pas. L’histoire du jeune Merlin est bien moins connue que celle de son Arthur de roi ; étalée sur un tout petit tome dans Arthur de David Chauvel, elle est ici bien plus développée et agrémentée d’une grosse touche de fantasy celtique, ce qui n’est pas pour me déplaire. L’histoire reste tout de même assez sérieuse mais un poil plus décontracté que celle de Delcourt et bien plus facile à lire. Il est assez intéressant de trouver d’ailleurs beaucoup de points communs entre ces deux histoires, ce qui permet de se faire une idée de la partie référencée et de la partie purement fictive. Nous suivons donc l’initiation du jeune Merlin et sa descente vers le côté obscure de la foi dans une Bretagne sous le joug de la chrétienté où les anciens dieux comme la belle Ahès sont oubliés. Elle utilise donc Merlin comme un messie pour bouter les culs-bénis hors de l’île des forts. Mais son vieux maître, le curé/centurion/archi-druide/superbalaise Blaise va tout faire pour le ramener dans le chemin du christ. Le gros défaut de cette série c’est que c’est un peu longuet pour pas grand chose, on se doute du final, chaque tome n’avance pas bézef donc encore une fois il faudra vraiment être un passionné même si le dessin de Lambert qui connaît une très nette évolution sur les 3 premiers tomes, vaut à lui seul le détour ; un dessin semi-réaliste clair, net et précis (ne vous arrêtez pas au premier tome qui semble très brouillon). Donc j’hésitais entre 3 et 4 étoiles, mais vu les mauvaises appréciations, ça mérite de remonter un peu.
Pauvres zhéros
Adaptation d’un roman noir de Pierre Pelot, Pauvre zhéros pourrait presque passer pour une œuvre complète de Baru tant on le sent à l’aise avec la psychologie simple de ses personnages et la description sans détour d’une petite bourgade provinciale tendance « quart-monde ». Le ton est acide, teinté d’humour très noir. N’ayant pas lu le roman original, j’ignore tout de la qualité de l’adaptation, tout ce que je peux constater c’est que la chose ne se « sent » pas. Il n’y a aucune lourdeur, aucune ambiguïté, aucun pavé de texte destiné à faire passer ce qui ne serait pas « rentré » dans les cases. On ressort de l’album avec quelques images fortes en tête, notamment celle de la vieille avec sa horde de chats… Après avoir été très déçu par le second tome de L'Enragé, je suis heureux de retrouver le Baru que j’aime.
Quintett
Il est indéniable que Giroud est un grand conteur, après Le Décalogue et sa chronologie inversée, il trouve une nouvelle idée de génie concernant sa mise en scène. Et il faut bien le dire, le procédé fonctionne ; les 4 premiers tomes sont des histoires d’amour tragiques qui se croisent dans un camp français en Grèce pendant la grande guerre. L’auteur n’a jamais caché sa passion pour l’histoire de ce siècle, c’est donc bien documenté et malgré le côté cucul la praline de ces aventures romantiques, la narration nous permet d’y entrer facilement. Les introductions intrigantes et les changements de type de narrations sont là aussi de belles trouvailles (interview, autobiographie, lettres, scénario). En revanche, j’ai encore une certaine réserve concernant les changements de dessinateurs même si par rapport à ses dix commandements, on comprend mieux l’intérêt : les 4 histoires sont relatées pour la plupart longtemps après les faits, de 4 points de vues différents donc comme la perception des faits est altérée, la perception visuelle peut subir le même sort. Il n’empêche que le dessin de Cuzor par exemple m’a grandement déçu et qu’en voyant ceux de Krahen et d’Alessandrini, j’aurais aimé que l’un des deux se consacre à l’ensemble de la série. Alessandrini qui nous offre un excellent dernier album qui dénoue intelligemment cette intrigue. Même si vous êtes un fin limier et que vous vous doutiez de certaines choses, vous aurez votre lot de surprises. Donc grâce à un procédé excellent et à un dénouement parfait, il met en valeur ses 4 petites histoires ; du grand Giroud, définitivement maître des aventures historiques.
Silence
"Silence" est une magistrale bd que je viens juste de découvrir dans sa version noire et blanc! Lire cet album a été un réel plaisir ! Il se dégage de cette histoire beaucoup de pudeur et de sensibilité. Aucune fausse note et un ton juste font de ce récit un petit bijou d'originalité. Cela va plus loin que le Sorcières de Chabouté par rapport au même thème traité. Le scénario est plutôt bien élaboré. L'auteur prend son temps pour mettre en place tous les éléments de ce récit dramatique. Les attitudes et les expressions des personnages sont parfaitement rendues. Et ce dessin qui rajoute une certaine dimension au ravissement de la lecture! On ne ressort pas indemne d'une telle histoire! Convaincu et conquis: ma note réelle serait 4.5 étoiles. On frise le chef d'oeuvre ! Il est dommage que l'auteur n'a pas fais mieux. C'était le summum de sa carrière.
RG
Je n'aurais probablement pas lu cette nouvelle si ma vendeuse de bd n'avait pas insisté; et si celle-ci n'avait pas gagné un prix à Angoulême (excusez-moi d'être si "people"!). Je n'aime guère ce genre de format un peu lilliputien. Et puis, le sujet ne me paraissait pas très envoutant. Du même auteur helvète, je possède le fameux Pilules bleues. Et j'arrive encore une fois au même constat: une bd puissante et de qualité intrinsèquement mais que je n'arrive pas à aimer plus que cela. Le personnage principal n'est pas des plus sympathiques notamment dans ce premier tome introductif. On suit son quotidien au milieu des planques parisiennes entre le brunch chez l'ambassadeur et les filatures... J'ai beaucoup aimé par contre le décorticage de ce boulot pas comme les autres. J'ai apprécié également le réalisme des situations. Le tome 2 semble humaniser davantage le personnage principal qui vît une histoire d'amour un peu singulière. Je commence véritablement à apprécier pleinement cette série. Je pense sincèrement que RG peut plaire à beaucoup de lecteurs. Cependant, il ne faut pas s'attendre à des situations d'actions tonitruantes! Une autre forme de roman policier est née: c'est pas plus mal! :) Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Purgatoire
La qualité est toujours au rendez-vous chez Chabouté. "Purgatoire" est un merveilleux triptyque : que du bonheur à sa lecture ! On retrouve les thèmes favoris de l'auteur : la dénonciation d'un système hypra-individualiste, de l'Eglise qui s'est écartée de son chemin, de la politique et de ses sombres magouilles... J'ai trouvé que "Purgatoire" était juste un cran au-dessus des autres oeuvres de l'auteur car c'est une véritable compilation. Il ne manque toutefois pas grand chose pour que cela soit un chef d'oeuvre ! Nous avons un jeune héros sur lequel s'abattent tous les malheurs du monde. On le plaint véritablement. Au second tome, on s'aperçoit que ce n'était pas un ange non plus. Le dernier livre est une rédemption. Nous avons un auteur qui sait conjuguer toutes les nuances de l'âme humaine. Oui, j'en redemande si c'est toujours à ce niveau là ! :) Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Les Formidables Aventures de Lapinot
Je n'ose pas l'avouer au risque de passer pour le bdphile ringard... C'est la première fois que je fais connaissance avec une oeuvre de Lewis Trondheim. Je réalise à quel point on peut faire des erreurs de jugement. Je fustigeais jusqu'ici tous ces auteurs qui font partie de l'école "minimaliste" car je considère que la bande dessinée doit remplir un quota minimum en ce qui concerne la qualité d'un dessin sur une planche. Mais voilà que je me mets à grandement apprécier les oeuvres de Larcenet et de Sfar. Il n'y avait qu'un petit pas à franchir pour découvrir du Trondheim. Je me rends compte qu'il y a un dénominateur commun entre ces trois auteurs : non pas seulement l'intelligence du scénario mais des dialogues véritablement savoureux qui font place à la réflexion. C'est une critique à peine déguisée sur le mode de fonctionnement de notre société. Cela peut être cruel ou incisif mais c'est tellement vrai. Bref, les aventures de Lapinot sont drôles et inventives. C'est le genre d'humour que j'apprécie. Finalement, je ne regarde plus trop le dessin car se dégage de l'oeuvre une puissance bien réelle qui me fait oublier. Le même phénomène s'était déjà produit dans Le Combat ordinaire. Alors, on peut dire que c'est de la bd d'une qualité indéniable. En prime, un très bon moment de détente ! :)
Le Tour de Valse
Voilà une BD où je n'affectionne pas le dessin mais où je ressens quelque chose de fort. Enfin une histoire d'amour à laquelle on croit! Le contexte politique de la Russie communiste de l’ère Staline qui envoie ses propres enfants au goulag dans la froide Sibérie marque vraiment cette histoire triste. C'est une belle réussite. Une puissance évocatrice qui témoigne de la richesse du genre. Un album émouvant mais dans le bon sens du terme. On suit le combat d’une femme Kalia qui souhaite revoir son mari qui a été arrêté suite à une dénonciation anonyme et qui a été condamné à 10 ans de rééducation par le travail car considéré comme un soi-disant ennemi du peuple. Vous m’autoriserez à dire que le véritable ennemi du peuple c’est cet état totalitaire qui a martyrisé ces honnêtes hommes qui vivaient dans les camps dans des conditions déplorables avec l’instauration d’une pratique particulièrement perverse : le tour de valse. Une Bd qui est absolument à collectionner! :) Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Le Retour à la terre
Les couvertures et le dessin ne m'ont pas spécialement attiré. Je ne suis généralement pas preneur de dessins "simplistes". Mais j'avais beaucoup aimé Le Combat ordinaire et je voulais aller plus loin dans la découverte de cet auteur qui fait beaucoup parler. Je n'ai pas été déçu par ma lecture de ces 4 tomes car les dialogues sont succulents. J'arrive même, petit à petit, à m'habituer à ce dessin avec cette palette de couleurs qui retranscrit assez bien les ambiances campagnardes même si les paysages sont loin d'être magnifiques... On sent une qualité intrinsèque à ces albums. J'ai même ri à la lecture de certains passages, ce qui ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps... L'auteur excelle dans la mise en oeuvre des différentes situations comiques. C'est parfois acide mais le ton résolument moderne reste juste. J'aime... alors que rien n'y prédisposait au départ. Comme quoi... :) Note Dessin: 3,5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4/5