Trois ombres, un album essentiel du festival d'Angoulême 2008 qui mérite grandement sa classification.
En effet, on connaît Cyril Pedrosa pour sa série Ring Circus et son trait reconnaissable entre tous, lisse, courbe et léger. Ce qu'on ne savait pas c'est qu'il pourrait nous raconter une superbe histoire poétique et dramatique à la fois. D'autres y trouveront certainement à redire, 300 pages à lire (trop long) ou sur certaines parties (perte de vitesse, mauvais enchaînement) mais moi je trouve que tout ça se déroule bien entre ces premières pages douces et joyeuses et les secondes qui se caractérisent par les tourments et la fuite perdue d'avance. Enfin, la chute de l'album est pleine de vie et d'espoir pour la famille de cette histoire.
Non, cet album est vraiment un bon roman graphique et Cyril Pedrosa nous offre une bien belle histoire.
C’est vrai que par certains cotés cette BD est un peu indigeste. Déjà elle contient quelques grandes pages remplies à craquer de textes minuscules (notamment les fausses pubs, dont certaines sont vraiment hilarantes). J’avoue ne pas avoir lu ces pages dans leur intégralité. Ensuite certaines histoires en planches contiennent de nombreuses cases minuscules, pas toujours agencées de façon très claire, ce qui est un peu pénible.
Mais malgré tout ça, et malgré un début de lecture un peu difficile, je reste sur une impression vraiment positive. Au niveau émotion on est plus proches du chef-d’œuvre qu’est Jimmy Corrigan que de l’insignifiant Quimby the Mouse. La toute dernière histoire est d’ailleurs une histoire de Jimmy, et elle est vraiment poignante.
Alors certes il s’agit d’une collection d’histoires courtes (le plus souvent en une page), et pas d’une seule longue histoire, mais comme les personnages sont récurrents, on s’y attache finalement beaucoup. Chris Ware a décidément un talent fou pour représenter la misère humaine sous toutes ses formes. Les différents personnages sont vraiment méchants, jaloux, hypocrites, pathétiques, etc…
Les fans de Jimmy Corrigan et de Chris Ware devraient apprécier « Acme bibliothèque Novelty ». Moi j’ai adoré.
Mon avis rejoint un peu celui de Kael, pourtant je mets une étoile de plus à la note.
Le dessin est effectivement irrégulier. Certaines planches sont belles, mais globalement ça reste quand même très approximatif, surtout dans le 1er tome. Il y a quand même certains personnages bien difformes, pas bien proportionnés du tout… à moins que cela soit fait exprès ?
Par contre l’histoire, elle, est excellente. Rien de bien nouveau, mais quelle efficacité ! Impossible de m’arrêter avant la fin. C’est rempli d’action, d’aventure, d’amitié, d’humour, bref, une lecture vraiment agréable et haletante. En plus comme le dit Arzak dans son avis, les scènes d’action et de baston sont vraiment bien mises en scène, on retrouve un peu le style propre aux mangas je trouve. (La BD est d’ailleurs parue en France et au Japon simultanément)
Bref, une réussite, « L’autoroute du soleil » m’a encore plus enthousiasmé que Nuit Noire, autre BD du même genre… Un superbe « road-movie » à lire et posséder.
Une fois encore, David Chauvel, nous démontre ses talents de mise en scène. Dans cet enième polar, il alterne encore une fois les points de vue (Station Debout, Le poisson-clown) mais d’une manière encore un peu différente.
On a ici une petite embrouille et un règlement de compte entre mecs du milieu et loosers à la recherche d’un gros coup. On croirait un mélange des affranchis et d’Arnaques, crime et botanique. Inutile de raconter ce qui se passe, c’est le genre de scénario qui se découvre sur l’instant pour tenir le lecteur en haleine. Les personnages sont bien fouillés, on n’en a pas pour trois plombes d’histoires, de bons dialogues, le dessin réaliste est relativement bon…
C’est simple mais c’est bon.
Ici, point de super héros, juste des zombies partout et de pauvres gars qui essayent de s'en sortir. Ca commence exactement de la même manière que 28 jours plus tard : un gars se réveille d'un long coma seul dans un hôpital, et découvre ce qu'est devenue l'humanité pendant son sommeil (on ne sait toujours pas pourquoi, à l'heure actuelle). Après, c'est une course poursuite pour tenter de retrouver sa famille, de rencontres étonnantes, de pertes d'êtres chers, de couples qui se font et se défont, de gens qui s'engueulent, et de simple survie.
Comme souvent avec les histoires de zombies, il ne sont là que pour mettre en valeur les vivants (des morts en sursis, des morts-vivants comme ils se nomment eux-mêmes). Et le plus grand danger viendra évidemment de ces vivants et de leur folie.
Si le dessin est correct (sans plus), l'histoire à rebondissements est formidablement scénarisée. Du grand art.
Chaque bouquin est plutôt dense, et clairement pas à mettre entre toutes les mains.
Note : 4/5 + coup de coeur
J'ai tout de suite accroché à cette histoire. Pour moi, c'est de la bonne SF avec un scénario très intelligent et bien carré, qui nous donne une idée de ce que le futur pourrait nous réserver (bien que sur le plan climatique on s'oriente plutôt dans l'autre direction, à moins que la disparition du Gulf Stream...), de l'action, des personnages attachants, à la personnalité marquée, et s'agissant de Northman et de Neige, d'un charisme certain.
Le dessin de Gine est particulièrement réussi (meilleur que sur Finkel, je trouve) avec une palette de couleur plutôt restreinte dans les noir, blanc et rouge essentiellement, qui contribue à l'atmosphère glacée de l'histoire ; Venise sous la neige, notamment, est de toute beauté.
Petit bémol cependant, l'histoire commence à traîner un peu en longueur, il serait temps pour Convard d'y mettre un terme. Le tome 12, à cet égard, est bien décevant.
MaJ après lecture du tome 13 :
Voilà, je viens tout juste de finir le tome 13, et là, je dois dire, bravo, le scénariste ! Cette série, contrairement à Finkel du même auteur, ne souffre presque pas de sa longueur. Chaque tome apporte quelque chose, fait progresser l’histoire de façon intelligente ; Convard semble parfaitement savoir où il va, et le suivre se révèle tout à fait plaisant.
Le dessin par contre ne me séduit toujours pas ; les personnages notamment me paraissent difformes, il y a des tics d’expressions, un type récurrent de visages (qui semblent cousins de ceux de Finkel) assez pénibles à la longue. Gine me paraît plus à l’aise pour dessiner les paysages.
Je maintiens donc ma note, en raison de ce scénario qui m’a l’air construit comme une stratégie de joueur d’échec destinée à vaincre de façon imparable, ce qui devient rare.
Cette série est vraiment exceptionnelle. On fait connaissance, successivement, avec Nana Komatsu puis Nana Ôsaki. L'une est naïve, très superficielle, peu concernée par son avenir professionnel, fleur bleue et très maladroite avec les hommes ; l'autre, plus mure, moins gâtée par la vie, est déterminée à réaliser son rêve : devenir chanteuse professionnelle. Elles sont donc diamétralement opposées, et pourtant, une amitié très forte va naître entre elles, et le mystère de l'explication de cette amitié est l'une des raisons de la force et de l'intérêt de ce manga.
Autour d'elles, évoluent quelques seconds rôles qui vont prendre de l'épaisseur au fil des tomes et ainsi se révéler de plus en plus attachants (mention spéciale au très smart Yassan ;) ) et permettre à l'auteur de décliner toute la palette des sentiments (amour et amitié) dans leurs moindres nuances.
C'est frais, sans temps mort, on alterne le rire et les larmes, ça se lit donc très facilement et avec beaucoup de plaisir, tant il est aisé de s'attacher aux différents personnages. L'histoire est soutenue par des dialogues bien sentis et des apartés souvent pleins d'humour.
Le dessin est très plaisant lui aussi, les visages sont souvent d'une exquise finesse et transmettent avec subtilité les émotions des personnages, même si on a droit de temps à autre aux tics habituels du shojo (cœurs, bouches et yeux démesurés pour exprimer la colère ou la surprise, goutte de sueur, etc...). Les costumes des personnages féminins sont, quant à eux, particulièrement soignés, c'est un régal. Par contre l'aspect anorexique des personnages, déjà signalé par les autres avis, est assez pénible, mais c'est le seul vrai défaut de cette série à laquelle je suis devenue complètement accro :). En effet, déjà 13 tomes, mais j'éprouve toujours le même plaisir à retrouver les deux Nana ainsi que les membres de Blast et de Trapnest.
Ce qui constitue le pouvoir d'envoûtement de Nana c'est, je crois, le rythme que confère au récit, le grand nombre de tomes et le fait que l'auteur se donne ainsi tout le temps nécessaire pour nous dévoiler par petites touches les multiples facettes de la personnalité de chaque personnage, nous faire vivre son quotidien, pas si différent du nôtre, et ainsi, installer une cohérence, une épaisseur psychologique qui nous le rend criant de vraisemblance et terriblement touchant. Bref, Nana c'est comme la vie : il faudrait que jamais ça ne finisse.
Après lecture du tome 18 :
Après les tomes 14, 15 et 16 j’étais assez déçue par la tournure que prenait l’histoire. En effet, celle-ci s’enlise dans des déviations futiles et inintéressantes sur l’univers des fans pré pubères hystériques de Blast et la vie plan plan de Hachiko, devenue Mme Ichinose et essentiellement préoccupée de dépenser le fric gagné par son mari. J’étais donc à deux doigts de baisser ma note.
Heureusement, le tome 18 se concentre de nouveau sur le cœur de l’histoire, et donne l’occasion à chaque personnage de montrer une nouvelle facette de sa personnalité. Comme, par ailleurs, une certaine poésie traverse toute la série, et que le style graphique de Yazawa est toujours aussi fin et élégant (je lui pardonne volontiers sa tendance à abuser de photos retouchées pour certains décors) je maintiens ma note, et attends la suite avec impatience.
Emile Bravo nous propose une histoire ancrée dans le contexte politique et historique de l’Europe de 39, une tractation secrète entre Polonais et Allemands ayant pour cadre l’hôtel Moustic, dans lequel travaille Spirou.
Un Spirou à la fois roublard et naïf, peu au fait de la géopolitique et maladroit avec les femmes, ce qui nous vaut des dialogues plein de doubles sens absolument délectables de la part de la blondinette. A signaler d’ailleurs qu’il faut attendre la page 34 pour que Spirou réalise enfin qu’il ne connaît toujours pas son nom !
Le scénario est bon, excellent même, il nous propose sa vision de la rencontre entre Spirou et Fantasio. A ce stade de mon avis, je me dois d’avouer que je ne suis pas familière de la série « mère » n’en ayant encore lu aucun titre, et je dois dire que pour le moment, je ne trouve pas Fantasio particulièrement sympathique, au contraire, même. Bravo a t’il été fidèle au personnage créé par Franquin ?
Par ailleurs, l’album est parcouru de clins d’oeil –plutôt appuyés quand même- à Tintin, j’aurais même tendance à le voir comme un hommage plein de tendresse à Hergé.
L’attrait de ce one-shot, réside aussi dans ses dialogues, vraiment excellents, et le soin qu’a pris l’auteur dans l’élaboration de ses personnages secondaires. Tout sonne juste, tout est très vivant, on ne s’ennuie pas un instant.
Si l’on ajoute à cela un dessin dynamique, très classique (ligne claire ?) sans être ringard, mettant l’accent sur les expressions faciales des personnages tout en soignant les décors, et une mise en couleurs impeccable, il ne reste plus qu’à s’exclamer :
Bravo, Emile !
(Hé oui, j’ai osé)
Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas eu une aussi belle surprise. Cette série n’est pas parfaite, c’est certain, mais elle sort des sentiers battus de l’Heroïc fantasy.
Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est qu’on ne nous mâche pas le travail. Pendant tout le tome 1, on découvre petit à petit la ville d’Anahire et son fonctionnement morbide ; les membres des sous-castes sont sacrifiés pour que les membres des hautes castes puissent survivre. Bien sûr les handicapés ou autres malades sont automatiquement éliminés par ces esthètes qui avec les artisans de la mort ont seuls le droit de tuer (n’importe qui d’ailleurs puisqu'un moureur accepte sa mort sans rechigner, pour le bien de la cité). En gros, on se croirait revenu dans les années 40, de l’autre côté du Rhin et c’est vraiment très dérangeant de voir un tel délire fasciste approuvé par tous. En tout cas, j’ai apprécié le fait que l’on ne nous balance pas tout ça de but en blanc, disons que notre réflexion est soumise à des contraintes inhabituelles.
Bon après, ça devient assez simple, avec une gamine censée n’être rien, qui va tenir à la vie et à l’aide d’autres rebelles, renverser l’ordre établi. On pioche dans tous les classiques du genre ou pas du genre (Peter Pan, Star Wars… ) et on construit une bonne histoire agréable à lire. Malgré le "Happy end", j’ai passé un très bon moment.
Pour ce qui est du dessin, c’est vraiment magnifique ; les couleurs des trois premiers tomes en tout cas, mettent en valeur des décors impressionnants. Pour ce qui est des personnages, c’est vraiment pas mal sauf pour les (très rares) scènes d’action où tout est figé, limite coulé dans le béton. Mais je me dis qu’on doit assister aux débuts de Malnati.
A découvrir, vraiment, il est étrange qu’elle soit aussi peu avisée.
C'est à la faveur d'une réédition en intégrale que j'ai pu, enfin, découvrir cette série qui a tant fait parler d'elle.
Comment ai-je pu, au feuilletage il y a quelques années, décréter que ce n'était pas bon, visuellement raté ? Parce que là, je dois reconnaître que Christophe Bec a effectué un travail remarquable. Oublions les griefs concernant les reproductions de faciès d'acteurs connus, écartons l'aspect "statique" des postures des personnages, réfutons les couleurs sombres. Reconnaissons que certains visages ne sont pas très réussis, parfois pas reconnaissables d'une case à l'autre. Retournons l'aspect statique pour préciser que l'action se passe sous l'eau, ou sous terre, et que ces conditions entraînent une pression très forte. Les couleurs sombres sont elles aussi justifiées par ce cadre géographique, ou plutôt géologique. Moi j'ai pris mon pied en contemplant certaines pages, simples ou doubles, où Bec dévoile tout le gigantisme du Sanctuaire. Des façades cyclopéennes, des ambiances aussi réussies que dans Alien, une mise en scène plutôt réussie. Sur le plan graphique c'est une grande réussite. Un gag à envoyer à BoDoï : on nous montre une carte de l'Indonésie, alors que l'action se situe en Méditerranée, au large de la Syrie...
Quant au scénario, c'est une intrigue comme je les aime, amateur de fantastique que je suis. Là encore, l'ambiance est bien rendue, l'histoire monte crescendo, et plusieurs moments de "crise" ponctuent la narration. Un petit regret : la multiplication des personnages -malgré une ambiance de huis-clos- brouille un peu les cartes.
Bref, une grande réussite dans un style fantastique et paranoïaque, rarement égalée depuis.
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Trois ombres
Trois ombres, un album essentiel du festival d'Angoulême 2008 qui mérite grandement sa classification. En effet, on connaît Cyril Pedrosa pour sa série Ring Circus et son trait reconnaissable entre tous, lisse, courbe et léger. Ce qu'on ne savait pas c'est qu'il pourrait nous raconter une superbe histoire poétique et dramatique à la fois. D'autres y trouveront certainement à redire, 300 pages à lire (trop long) ou sur certaines parties (perte de vitesse, mauvais enchaînement) mais moi je trouve que tout ça se déroule bien entre ces premières pages douces et joyeuses et les secondes qui se caractérisent par les tourments et la fuite perdue d'avance. Enfin, la chute de l'album est pleine de vie et d'espoir pour la famille de cette histoire. Non, cet album est vraiment un bon roman graphique et Cyril Pedrosa nous offre une bien belle histoire.
Acme bibliothèque Novelty
C’est vrai que par certains cotés cette BD est un peu indigeste. Déjà elle contient quelques grandes pages remplies à craquer de textes minuscules (notamment les fausses pubs, dont certaines sont vraiment hilarantes). J’avoue ne pas avoir lu ces pages dans leur intégralité. Ensuite certaines histoires en planches contiennent de nombreuses cases minuscules, pas toujours agencées de façon très claire, ce qui est un peu pénible. Mais malgré tout ça, et malgré un début de lecture un peu difficile, je reste sur une impression vraiment positive. Au niveau émotion on est plus proches du chef-d’œuvre qu’est Jimmy Corrigan que de l’insignifiant Quimby the Mouse. La toute dernière histoire est d’ailleurs une histoire de Jimmy, et elle est vraiment poignante. Alors certes il s’agit d’une collection d’histoires courtes (le plus souvent en une page), et pas d’une seule longue histoire, mais comme les personnages sont récurrents, on s’y attache finalement beaucoup. Chris Ware a décidément un talent fou pour représenter la misère humaine sous toutes ses formes. Les différents personnages sont vraiment méchants, jaloux, hypocrites, pathétiques, etc… Les fans de Jimmy Corrigan et de Chris Ware devraient apprécier « Acme bibliothèque Novelty ». Moi j’ai adoré.
L'Autoroute du soleil
Mon avis rejoint un peu celui de Kael, pourtant je mets une étoile de plus à la note. Le dessin est effectivement irrégulier. Certaines planches sont belles, mais globalement ça reste quand même très approximatif, surtout dans le 1er tome. Il y a quand même certains personnages bien difformes, pas bien proportionnés du tout… à moins que cela soit fait exprès ? Par contre l’histoire, elle, est excellente. Rien de bien nouveau, mais quelle efficacité ! Impossible de m’arrêter avant la fin. C’est rempli d’action, d’aventure, d’amitié, d’humour, bref, une lecture vraiment agréable et haletante. En plus comme le dit Arzak dans son avis, les scènes d’action et de baston sont vraiment bien mises en scène, on retrouve un peu le style propre aux mangas je trouve. (La BD est d’ailleurs parue en France et au Japon simultanément) Bref, une réussite, « L’autoroute du soleil » m’a encore plus enthousiasmé que Nuit Noire, autre BD du même genre… Un superbe « road-movie » à lire et posséder.
Ocean City
Une fois encore, David Chauvel, nous démontre ses talents de mise en scène. Dans cet enième polar, il alterne encore une fois les points de vue (Station Debout, Le poisson-clown) mais d’une manière encore un peu différente. On a ici une petite embrouille et un règlement de compte entre mecs du milieu et loosers à la recherche d’un gros coup. On croirait un mélange des affranchis et d’Arnaques, crime et botanique. Inutile de raconter ce qui se passe, c’est le genre de scénario qui se découvre sur l’instant pour tenir le lecteur en haleine. Les personnages sont bien fouillés, on n’en a pas pour trois plombes d’histoires, de bons dialogues, le dessin réaliste est relativement bon… C’est simple mais c’est bon.
Walking Dead
Ici, point de super héros, juste des zombies partout et de pauvres gars qui essayent de s'en sortir. Ca commence exactement de la même manière que 28 jours plus tard : un gars se réveille d'un long coma seul dans un hôpital, et découvre ce qu'est devenue l'humanité pendant son sommeil (on ne sait toujours pas pourquoi, à l'heure actuelle). Après, c'est une course poursuite pour tenter de retrouver sa famille, de rencontres étonnantes, de pertes d'êtres chers, de couples qui se font et se défont, de gens qui s'engueulent, et de simple survie. Comme souvent avec les histoires de zombies, il ne sont là que pour mettre en valeur les vivants (des morts en sursis, des morts-vivants comme ils se nomment eux-mêmes). Et le plus grand danger viendra évidemment de ces vivants et de leur folie. Si le dessin est correct (sans plus), l'histoire à rebondissements est formidablement scénarisée. Du grand art. Chaque bouquin est plutôt dense, et clairement pas à mettre entre toutes les mains. Note : 4/5 + coup de coeur
Neige
J'ai tout de suite accroché à cette histoire. Pour moi, c'est de la bonne SF avec un scénario très intelligent et bien carré, qui nous donne une idée de ce que le futur pourrait nous réserver (bien que sur le plan climatique on s'oriente plutôt dans l'autre direction, à moins que la disparition du Gulf Stream...), de l'action, des personnages attachants, à la personnalité marquée, et s'agissant de Northman et de Neige, d'un charisme certain. Le dessin de Gine est particulièrement réussi (meilleur que sur Finkel, je trouve) avec une palette de couleur plutôt restreinte dans les noir, blanc et rouge essentiellement, qui contribue à l'atmosphère glacée de l'histoire ; Venise sous la neige, notamment, est de toute beauté. Petit bémol cependant, l'histoire commence à traîner un peu en longueur, il serait temps pour Convard d'y mettre un terme. Le tome 12, à cet égard, est bien décevant. MaJ après lecture du tome 13 : Voilà, je viens tout juste de finir le tome 13, et là, je dois dire, bravo, le scénariste ! Cette série, contrairement à Finkel du même auteur, ne souffre presque pas de sa longueur. Chaque tome apporte quelque chose, fait progresser l’histoire de façon intelligente ; Convard semble parfaitement savoir où il va, et le suivre se révèle tout à fait plaisant. Le dessin par contre ne me séduit toujours pas ; les personnages notamment me paraissent difformes, il y a des tics d’expressions, un type récurrent de visages (qui semblent cousins de ceux de Finkel) assez pénibles à la longue. Gine me paraît plus à l’aise pour dessiner les paysages. Je maintiens donc ma note, en raison de ce scénario qui m’a l’air construit comme une stratégie de joueur d’échec destinée à vaincre de façon imparable, ce qui devient rare.
Nana
Cette série est vraiment exceptionnelle. On fait connaissance, successivement, avec Nana Komatsu puis Nana Ôsaki. L'une est naïve, très superficielle, peu concernée par son avenir professionnel, fleur bleue et très maladroite avec les hommes ; l'autre, plus mure, moins gâtée par la vie, est déterminée à réaliser son rêve : devenir chanteuse professionnelle. Elles sont donc diamétralement opposées, et pourtant, une amitié très forte va naître entre elles, et le mystère de l'explication de cette amitié est l'une des raisons de la force et de l'intérêt de ce manga. Autour d'elles, évoluent quelques seconds rôles qui vont prendre de l'épaisseur au fil des tomes et ainsi se révéler de plus en plus attachants (mention spéciale au très smart Yassan ;) ) et permettre à l'auteur de décliner toute la palette des sentiments (amour et amitié) dans leurs moindres nuances. C'est frais, sans temps mort, on alterne le rire et les larmes, ça se lit donc très facilement et avec beaucoup de plaisir, tant il est aisé de s'attacher aux différents personnages. L'histoire est soutenue par des dialogues bien sentis et des apartés souvent pleins d'humour. Le dessin est très plaisant lui aussi, les visages sont souvent d'une exquise finesse et transmettent avec subtilité les émotions des personnages, même si on a droit de temps à autre aux tics habituels du shojo (cœurs, bouches et yeux démesurés pour exprimer la colère ou la surprise, goutte de sueur, etc...). Les costumes des personnages féminins sont, quant à eux, particulièrement soignés, c'est un régal. Par contre l'aspect anorexique des personnages, déjà signalé par les autres avis, est assez pénible, mais c'est le seul vrai défaut de cette série à laquelle je suis devenue complètement accro :). En effet, déjà 13 tomes, mais j'éprouve toujours le même plaisir à retrouver les deux Nana ainsi que les membres de Blast et de Trapnest. Ce qui constitue le pouvoir d'envoûtement de Nana c'est, je crois, le rythme que confère au récit, le grand nombre de tomes et le fait que l'auteur se donne ainsi tout le temps nécessaire pour nous dévoiler par petites touches les multiples facettes de la personnalité de chaque personnage, nous faire vivre son quotidien, pas si différent du nôtre, et ainsi, installer une cohérence, une épaisseur psychologique qui nous le rend criant de vraisemblance et terriblement touchant. Bref, Nana c'est comme la vie : il faudrait que jamais ça ne finisse. Après lecture du tome 18 : Après les tomes 14, 15 et 16 j’étais assez déçue par la tournure que prenait l’histoire. En effet, celle-ci s’enlise dans des déviations futiles et inintéressantes sur l’univers des fans pré pubères hystériques de Blast et la vie plan plan de Hachiko, devenue Mme Ichinose et essentiellement préoccupée de dépenser le fric gagné par son mari. J’étais donc à deux doigts de baisser ma note. Heureusement, le tome 18 se concentre de nouveau sur le cœur de l’histoire, et donne l’occasion à chaque personnage de montrer une nouvelle facette de sa personnalité. Comme, par ailleurs, une certaine poésie traverse toute la série, et que le style graphique de Yazawa est toujours aussi fin et élégant (je lui pardonne volontiers sa tendance à abuser de photos retouchées pour certains décors) je maintiens ma note, et attends la suite avec impatience.
Le Spirou d'Emile Bravo - Le journal d'un ingénu
Emile Bravo nous propose une histoire ancrée dans le contexte politique et historique de l’Europe de 39, une tractation secrète entre Polonais et Allemands ayant pour cadre l’hôtel Moustic, dans lequel travaille Spirou. Un Spirou à la fois roublard et naïf, peu au fait de la géopolitique et maladroit avec les femmes, ce qui nous vaut des dialogues plein de doubles sens absolument délectables de la part de la blondinette. A signaler d’ailleurs qu’il faut attendre la page 34 pour que Spirou réalise enfin qu’il ne connaît toujours pas son nom ! Le scénario est bon, excellent même, il nous propose sa vision de la rencontre entre Spirou et Fantasio. A ce stade de mon avis, je me dois d’avouer que je ne suis pas familière de la série « mère » n’en ayant encore lu aucun titre, et je dois dire que pour le moment, je ne trouve pas Fantasio particulièrement sympathique, au contraire, même. Bravo a t’il été fidèle au personnage créé par Franquin ? Par ailleurs, l’album est parcouru de clins d’oeil –plutôt appuyés quand même- à Tintin, j’aurais même tendance à le voir comme un hommage plein de tendresse à Hergé. L’attrait de ce one-shot, réside aussi dans ses dialogues, vraiment excellents, et le soin qu’a pris l’auteur dans l’élaboration de ses personnages secondaires. Tout sonne juste, tout est très vivant, on ne s’ennuie pas un instant. Si l’on ajoute à cela un dessin dynamique, très classique (ligne claire ?) sans être ringard, mettant l’accent sur les expressions faciales des personnages tout en soignant les décors, et une mise en couleurs impeccable, il ne reste plus qu’à s’exclamer : Bravo, Emile ! (Hé oui, j’ai osé)
Anahire
Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas eu une aussi belle surprise. Cette série n’est pas parfaite, c’est certain, mais elle sort des sentiers battus de l’Heroïc fantasy. Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est qu’on ne nous mâche pas le travail. Pendant tout le tome 1, on découvre petit à petit la ville d’Anahire et son fonctionnement morbide ; les membres des sous-castes sont sacrifiés pour que les membres des hautes castes puissent survivre. Bien sûr les handicapés ou autres malades sont automatiquement éliminés par ces esthètes qui avec les artisans de la mort ont seuls le droit de tuer (n’importe qui d’ailleurs puisqu'un moureur accepte sa mort sans rechigner, pour le bien de la cité). En gros, on se croirait revenu dans les années 40, de l’autre côté du Rhin et c’est vraiment très dérangeant de voir un tel délire fasciste approuvé par tous. En tout cas, j’ai apprécié le fait que l’on ne nous balance pas tout ça de but en blanc, disons que notre réflexion est soumise à des contraintes inhabituelles. Bon après, ça devient assez simple, avec une gamine censée n’être rien, qui va tenir à la vie et à l’aide d’autres rebelles, renverser l’ordre établi. On pioche dans tous les classiques du genre ou pas du genre (Peter Pan, Star Wars… ) et on construit une bonne histoire agréable à lire. Malgré le "Happy end", j’ai passé un très bon moment. Pour ce qui est du dessin, c’est vraiment magnifique ; les couleurs des trois premiers tomes en tout cas, mettent en valeur des décors impressionnants. Pour ce qui est des personnages, c’est vraiment pas mal sauf pour les (très rares) scènes d’action où tout est figé, limite coulé dans le béton. Mais je me dis qu’on doit assister aux débuts de Malnati. A découvrir, vraiment, il est étrange qu’elle soit aussi peu avisée.
Sanctuaire
C'est à la faveur d'une réédition en intégrale que j'ai pu, enfin, découvrir cette série qui a tant fait parler d'elle. Comment ai-je pu, au feuilletage il y a quelques années, décréter que ce n'était pas bon, visuellement raté ? Parce que là, je dois reconnaître que Christophe Bec a effectué un travail remarquable. Oublions les griefs concernant les reproductions de faciès d'acteurs connus, écartons l'aspect "statique" des postures des personnages, réfutons les couleurs sombres. Reconnaissons que certains visages ne sont pas très réussis, parfois pas reconnaissables d'une case à l'autre. Retournons l'aspect statique pour préciser que l'action se passe sous l'eau, ou sous terre, et que ces conditions entraînent une pression très forte. Les couleurs sombres sont elles aussi justifiées par ce cadre géographique, ou plutôt géologique. Moi j'ai pris mon pied en contemplant certaines pages, simples ou doubles, où Bec dévoile tout le gigantisme du Sanctuaire. Des façades cyclopéennes, des ambiances aussi réussies que dans Alien, une mise en scène plutôt réussie. Sur le plan graphique c'est une grande réussite. Un gag à envoyer à BoDoï : on nous montre une carte de l'Indonésie, alors que l'action se situe en Méditerranée, au large de la Syrie... Quant au scénario, c'est une intrigue comme je les aime, amateur de fantastique que je suis. Là encore, l'ambiance est bien rendue, l'histoire monte crescendo, et plusieurs moments de "crise" ponctuent la narration. Un petit regret : la multiplication des personnages -malgré une ambiance de huis-clos- brouille un peu les cartes. Bref, une grande réussite dans un style fantastique et paranoïaque, rarement égalée depuis.