L'Autoroute du soleil

Note: 3.71/5
(3.71/5 pour 28 avis)

Angoulême 1996 : Alph-Art du Meilleur album 1996 : Prix Canal BD Un road-movie où l'action le dispute à l'émotion.


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A Nancy, Alexandre, 17 ans et fils d'ouvrier italien immigré, voue une admiration sans borne à Karim. Karim, 22 ans, beau gosse et tombeur, est passionné das années cinquante. Un après-midi, Alexandre réussit à entrer dans les grâces de son héros et après un tour en scooter et quelques coups dans les bars, les nouveaux amis se séparent. Alex reste dans les parages tandis que Karim se rend dans une demeure bourgeoise pour retrouver l'une de ses nombreuses maîtresses. Bien lui en a pris. Ladite dame n'est autre que Madame Faurissier, l'épouse du docteur Raoul Faurissier, activiste déjanté de "L'Elan National Français". Les amants sont surpris, Alex donne l'alerte, Faurissier aussi. C'est là que démarre une fantastique course-poursuite, qui entraînera nos héros aussi loin que Lyon et Marseille, sur une route jalonnée de rencontres pas toujours agréables.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1995
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série L'Autoroute du soleil
Les notes (28)
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22/05/2002 | ArzaK
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Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

J'ai été très agréablement surpris à la lecture de ce diptyque qui sait mélanger efficacement l'humour, l'action et les considérations sociales. A la lecture, je me suis laissé embarquer dans ce voyage en forme de course-poursuite complètement déjanté, qui navigue dans une France peu reluisante mais qui sent la réalité à plein nez. Le dessin de Baru m'avait paru franchement laid dans les premières pages, et je m'y suis bien vite habitué, remarquant toute l'expressivité qu'il mettait au final dans ses postures, ses visages et ses attitudes. C'est un dessin dynamique, qui va de pair avec le ton du récit, et qui sait aussi faire passer des émotions en peu de cases. On sent la gène des personnages, leurs peurs et leurs désirs en une seule vignette, et malgré le noir et blanc, j'ai presque vu des touches de couleurs passer dans le dessin. Au niveau de l'histoire, j'ai beaucoup aimé la façon dont de nombreux sujets sont amenés de façon subtile, servant le récit sans jamais prendre le pas sur celui-ci, et surtout dressant une toile de fond sur laquelle la course-poursuite devient une réalité tangible. Ce cinglé d'extrême-droite qui a pété un câble au point de chasser quelqu'un sans le tuer, le hippie qui a viré suite à l'arrêt de sa communauté, le trafiquant, les quartiers chauds ... Une réalité de la France qui n'est pas celle qu'on voit tous les jours à la télé, mais qui existe aussi. Et les personnages principaux ne sont pas en reste, entre le jeune naïf qui cherche un peu sa place devant son modèle, et le jeune arabe bien conscient de certaines réalités, mais malgré tout enclin à profiter de la vie au maximum. C'est un duo efficace, qui fonctionne alors même qu'ils ne se connaissent pas vraiment. C'est mené sans temps mort, et j'ai été complètement pris jusqu'au duel final, qui conclut d'une manière satisfaisante l'histoire. On pourrait reprocher une petite facilité autour de la fin heureuse, mais celle-ci ne dénature en rien l'histoire ni les personnages, alors autant l'apprécier ! Une bien belle BD donc, que je suis très content d'avoir lue et que je recommande, parce qu'elle fait passer un bon moment et que j'ai bien envie de me la garder de côté pour une future relecture.

04/11/2019 (modifier)
Par McClure
Note: 4/5

Un road-bd sympathique où vont se croiser deux jeunes, Karim, arabe 80's calé dans les années 50 et Alexandre, complexé et envieux (dans le bon sens) de Karim qui sait parler aux femmes, un futur ex candidat local du FN (pardon, de l'Elan National) et ses sbires, un VRP infidèle et sa famille, des trafiquants lyonnais, un anar qui cache son jeu, des routiers sympas, bref, tout une cohorte de personnages savoureux qui fleurent bon la montée du FN dans les années 80 sur fond de fin de métallurgie lorraine. Nos deux compères se retrouvent embarqués malgré eux dans un western français, et doivent parcourir la route vers le sud puis retour en croisant tout ce joli monde. Le scénario n'est pas exceptionnel mais ici c'est le chemin qui est le principal moteur et non l'arrivée. De son dessin caractéristique, Baru nous offre des trognes et croque ses personnages qui sont tous la vraie valeur ajoutée du bouquin. Certes on ne fouille pas trop la psychologie mais on suit tout ce beau monde avec plaisir, intérêt et une certaine jubilation. La seule erreur à mon sens réside dans les réactions de notre politicard extrémiste lorsqu'il parvient à mettre la main sur Karim. Il y a ici une facilité de l'auteur pour poursuivre son chemin. Malgré tout un vrai moment de plaisir (non)coupable.

15/11/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Baru s’est fait une spécialité de ces aventures plus ou moins policières, avec des personnages issus de milieux populaires, dans un cadre de banlieue – dans un style et avec un ton différents des albums de Tardi. Ici, nous avons un road movie, dans lequel deux jeunes hommes (Karim, un arabe fan des 50’s et Alexandre, un blondinet fan de l’arabe) sont emportés par un enchaînement de péripéties, qu’ils ne maîtrisent pas, traversant la France avec à leur poursuite un petit chef d’extrême droite, un caïd de la drogue. Baru ne s’encombre pas trop de psychologie, et semble privilégier le rythme, assez rapide – et accentué par des accès de violence, dès que les poursuivants se rapprochent des deux fuyards. Cela se lit rapidement, et agréablement. Mais ce n’est pas non plus hyper original. Du coup, je ne sais pas si j’y retournerais.

31/08/2017 (modifier)
Par jul
Note: 3/5

J'avais adoré cette bd à sa sortie. Vraiment. Je l'avais lu et relu. C'est cet album qui m'avait fait découvrir Baru. Et puis je l'ai encore relu il n'y a pas longtemps presque 15 ans après. Et bien j'ai beaucoup moins aimé. J'ai trouvé ça trop carricatural, trop social, trop communiste, trop niais, trop "outré" par moment dans les expressions des personnages (ça c'est le style de Baru). Alors qu'en plus j'adore cet auteur. D'autres albums de lui n'ont pas pris une ride (Sur la route encore par exemple ). Celui-ci a pris un sérieux coup de vieux. Je pense que ce que j'aime chez lui c'est plus les paysages hyperréalistes à l'aquarelle. Ces petites villes de campagne mornes et tristes. Ces routes sous la pluie au milieu des champs de betteraves. Là on est plus concentré sur les personnages et de plus c'est en noir et blanc et pour couronner le tout en petit format. Alors cela me touche moins. Après ce n'est pas mauvais, loin de là. C'est haletant, il y a du suspense, de l'action, des rebondissements, un peu de sexe, bref rien ne manque ! Un super polar social de série b (et avec un super méchant skinhead).

02/05/2013 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Blue boy

Que les amateurs de belles planches montrant des paysages grandioses avec moult détails soient prévenus, Baru, lui, se contente d’aller à l’essentiel, utilise le lavis noir et blanc, accorde beaucoup plus d’importance à l’intrigue et aux personnages. Du coup, le trait est nerveux, le cadrage serré et les mouvements rapides, parfois au détriment de la lisibilité, mais d’une manière générale ça fonctionne plutôt bien. La mise en page m’a rappelé vaguement le manga japonais, et cela ne m’a pas tellement surpris de voir que l’auteur avait publié au « pays du soleil irradiant ». Le récit glisse tout seul et les pages se tournent rapidement. Cependant, il m’a semblé que le scénario lorgnait parfois vers la facilité (incroyable comme les coïncidences jouent en faveur de Faurissier pour lui permettre de pister sa proie, c’est presque magique, mais on dira que c’est du « cinéma »…). D’autres fois, j’ai cru déceler un certain manque de rigueur (j’ai trouvé certaines cases incompréhensibles) même si l’histoire retombe toujours sur ses pattes. Là où l’intérêt de cette bédé réside vraiment, c’est dans son aspect social, ancré dans la réalité d’un quotidien miné par le contexte de crise économique des « quarante foireuses », ce qui pour moi place Baru dans la même famille que Davodeau. Les dialogues sonnent vrais, de plus les deux personnages principaux sont atypiques et attachants. D’abord Karim, le beau gosse « reubeu de la 2ème génération », gigolo gominé comme Elvis car il rêve d’Amérique et de belles femmes, se révélant également loyal et fragile. Ensuite Alex, jeune paumé un peu balourd, dont l’évolution à l’intérieur du récit est intéressante. Maladroit et peu sûr de lui au début, il va progressivement prendre de l’assurance (l’élément déclencheur étant la perte de ses lunettes), et finira même par s’attirer les faveurs de la fille de Loiseau… Seul le personnage de Faurissier est assez caricatural dans sa folie et sa méchanceté, mais on se doute bien que Baru ne porte pas l’extrême-droite dans son cœur… Au final, c’est une belle histoire d’amitié, ainsi qu’une ode à la liberté et au dépassement de soi.

08/05/2012 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

J’en attendais sans doute trop … Le récit est cependant plaisant, bien rythmé. Le découpage est soigné. Les dialogues sont vivants. Les deux personnages centraux sont charismatiques. Oui, mais voilà, l’ensemble me semble souvent tomber dans la facilité. Dans les dialogues, certaines répliques sont très convenues. Dans les rebondissements, certains hasards sont plus qu’heureux. Dans les rencontres féminines, quelle chance de croiser autant de filles enthousiastes à l’idée de s’envoyer en l’air avec le premier venu. Alors, me voilà le cul entre deux chaises. D’une part, cette lecture m’a diverti. D’autre part, elle m’a semblé convenue. Enfin, la faible présence de contexte social (hormis au tout début du récit) aura sans doute joué un rôle dans mon peu d'engouement. Il n'est pas normal que ce soit la séquence consacrée à la destruction d'un haut-fourneau, événement des plus secondaires dans ce récit, qui me touche le plus et pourtant c'est pour moi le moment le plus émouvant. Pas mal, sans plus. Achat tout de même conseillé car c’est un album qui se relit facilement grâce à son côté divertissant.

24/11/2010 (modifier)
Par yann75000
Note: 4/5

L'autoroute du soleil, c'est comme un film, on embarque et on se laisse aller. C'est l'histoire de deux jeunes à la sortie de l'adolescence, Karim et Alexandre, qui vivent les derniers soubresauts économiques du bassin minier du Nord de la France, et qui vont devoir se carapater vite fait de leur province sous peine de se faire allumer par une sacrée tête de con et ses petits amis, un con très jaloux et très facho à la fois. Baru campe ses personnages en deux traits de crayon très vifs, énergiques. Ce pourquoi ses bandes dessinées respirent la vie. Ses images ne se posent pas, elles s'enchainent au rythme de l'action. Une véritable caméra qui ne s'attarde pas sur le superflu. Le lecteur est tenu par la tension qui s'échappe de son crayon. Et lorsque la situation tombe dans un calme apparent, il se paye le luxe d'immenses cases qui prennent la page entière. Ses découpages sont d'une intelligence et d'une sensibilité vraiment remarquables. Et lorsque l'histoire s'accélère, le trait également. L'autoroute du soleil, c'est avant tout une belle histoire sur l'amitié. Et contrairement au titre, l'amitié, c'est pas une autoroute, mais bien une route tordue, compliquée, où chacun apprend petit à petit le sens du mot "amitié". C'est également une bande dessinée qui nous parle des choix que l'on fait, et de leurs conséquences. Bref, on peut lire cette bande dessinée en se délassant et en se laissant porter par le récit, mais aussi en réfléchissant à la valeur des liens qui nous unissent à certaines personnes.

15/11/2010 (modifier)
Par pewi
Note: 3/5

J'ai bien aimé dans cette BD le rythme soutenu de l'action et la franchise du scénario. L'histoire met en scène la violence banale, sans fioritures et sous de nombreux aspects : sexuel, conjugal, extrémisme, racisme, paupérisation, amitié. J'y ai trouvé quelques jolis dessins, le reste étant d'une facture honnête. Le plus gros point faible que j'ai relevé, c'est l'aspect parfois redondant du scénario.

02/10/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

L’autoroute du soleil fait partie de ces lectures que je devais réaliser afin de compléter ma formation de bédéphile. Visiblement, c’est un titre qui avait également marqué à sa façon les années 90. C’est désormais chose faite. Cette lecture au final ne m’a pas pourtant procuré un grand enthousiasme ! Il y a sans doute les nombreuses lectures que j’ai réalisées et qui font que je relativise la portée d’un titre dans son contexte et son époque. C’est pas mal mais sans être franchement bien. Ces deux jeunes gars sont plutôt sympathiques et on suit bien volontiers leurs aventures sur les routes de France. Cependant, leur histoire de fuite-poursuite n’est pas crédible pour un sou. Nous avons un facho de service qui veut casser de l’arabe à tout prix : c’est aussi manichéen que cela dans le principe ! Or quand cette copie presque conforme d’un certain médecin d’extrême droite le tient, il veut faire durer le plaisir en le relâchant mais il n’hésite pas à tirer à tout va avec son révolver avec des balles qui se perdent. On va voir que ce bon docteur assassine froidement sa compagne pour marquer le coup et qu’on puisse se dire : oh là la, c’est un vrai méchant celui-là ! J’ai rarement lu un récit aussi niais et bourrées d’invraisemblances les plus diverses. La France est pourtant grande mais les personnages se croisent sans cesse au détour d’un champ ou d’une gare de campagne ! On nous bassine sur la préface que l’auteur a traité des thèmes sur le racisme et l’intolérance. Le fait de faire une histoire et d’intégrer partiellement certains détails font-ils que l’auteur traite d’un sujet en profondeur. On ne pourra pas dire que c’est le cas ici. Il n’y a malheureusement aucune subtilité. Pour autant, la lecture a été sympathique sur le plan du divertissement pur. C’est un bon road movie à la française mais sans plus.

29/03/2010 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Un peu déçu par ma lecture. Je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel, mais en fin de compte c'est juste pas mal. Je n'aime pas beaucoup les 200 premières pages. Les personnages principaux passent leur temps à s'enfuir et ils sont très caricaturaux. D'ailleurs, j'ai arrêté ma lecture là avant de continuer le lendemain. Je ne sais pas si c'est parce que j'étais plus réceptif, mais j'ai commencé à trouver ça plus intéressant. L'intrigue devient plus complexe et les personnages aussi (surtout le docteur qui n'est plus caricatural). Ce n'est pas une suite de courses poursuites auxquelles on ajoute des péripéties inutiles comme je le craignais, il y a vraiment une histoire et elle est chouette.

28/10/2009 (modifier)