Rafraîchissante et sympathique petite série, dont l'histoire navigue sur fond de piraterie et de bonne conduite. Polly est l'archétype de la jeune fille sage, bien propre sur elle et surtout peu audacieuse. Mais un jour, l’aventure va souffler à sa fenêtre et notre jeune demoiselle va se révéler courageuse et débrouillarde. Naifeh distille savamment son humour, ses situations cocasses et les aventures décalées d’une jeune fille de bonne famille, enfin quand on voit sa mère… Bref, chasse aux trésors, trahisons, retournements de situations, amourette, combats sanglants (ah non me suis trompé, pas ici),… voilà le programme !
Il possède un style graphique agréable avec ses héros aux gueules cassées et aux caractères bien trempés. Il croque ses scènes avec justesse, laissant une grande part de l’interprétation des images dans l’expression du visage de ses personnages.
L’histoire est un poil moins complexe que Courtney Crumrin et manque d’un peu de consistance par moment. Ca reste frais et destiné à un public jeune. Mais cette classification est loin de me gêner, il en faut pour tous et quand c’est bon, autant le signaler ! C’est sympa aussi les épisodes écrits qui clos les fins de chapitre, permettant d’en apprendre davantage sur Meg Malloy, la Reine des Pirates.
Mais que voilà une bonne série !… C’est avec un vrai plaisir que j’ai plongé dans la geste de Guillaume de Montrouge, déjà marqué à sa naissance par un « signe du démon » -des yeux vairons- et qui, au long des trois albums, mènera une existence sombre guidée par un seul but : la vengeance.
Vraiment pas de chance, le Guillaume. Sa mère est morte, le suzerain de son père est fou d’amour pour sa jeune belle-mère qui se suicidera, son père sera assassiné et lui-même sera enterré vivant avec sa bien aimée –la propre fille du dit suzerain- laquelle ne survivra pas.
Ca, c’est pour le premier album. La suite ?… Une sombre vengeance où Guillaume va ruminer ses pensées pour occire les cinq personnes qui ont assassiné son amie.
Bon, c’est vrai, le scénario général a un petit air de déjà lu/déjà vu mais Toldac, scénariste, balance son histoire à la fin des années 900. La grande peur de l’An Mil approche et Toldac joue de plusieurs histoires qui se mêlent, divergent, se rejoignent. Les diverses classes (noblesse, clergé, soldatesque, commerçants, prédicateurs, petit peuple) sont utilisées en l’intervention de moult personnages qui sont –souvent- autant de gueules d’époque.
Le dessin ?… joli graphisme de Marchal. Un trait réaliste, net et lisible est mis au service de cases bien « remplies » tant en personnages, décors et arrière-plans et projettent ainsi le lecteur dans un bond en arrière de plus de 1000 ans. Petit regret toutefois : l’absence d’ombres portées lorsque diverses scènes se passent en situations extérieures ; ce qui occasionne un manque de profondeur. Mais malgré cela, cette série est vraiment attachante, attrayante, bénéficié d’un narratif bien découpé et d’un dessin de fort belle tenue.
Trois albums pour une belle geste guerrière en ces temps sombres et troubles. Série peu connue je pense, et c’est dommage.
Costaud !… Manos Kelly ?… enfant, il fut l’unique rescapé de l’attaque de Fort Alamo par les troupes mexicaines de Santa Anna. Un solitaire qui traîne son mal-vivre d’années en années… Son dernier boulot effectué, il n’a plus qu’une idée : retourner dans la ferme abandonnée de ses parents décédés et tenter de la remettre sur pieds. Pas de chance, sa première rencontre va l’emmener sur une route désertique où la mort rôde à chaque instant. Et cette mort, il va la côtoyer au long des épisodes…
Directement, Palacios fait entrer dans le vif du sujet. Il plante décors et personnages pour des aventures vraiment haletantes. Pas de chichis : ça flingue à tout va dans une longue série de pages captivantes où Palacios donne vraiment libre cours à une certaine démesure.
Chaque postulat est facile : c’est tuer ou être tué. Et de ce côté là, rien à redire, les flingues et carabines crépitent régulièrement au cours des pages.
Le dessin ?… un style reconnaissable dès les premières cases ; un trait réaliste, baroque, nerveux mais bien lisible mis au service d’une mise en page explosive au découpage acéré. La palette de couleurs, elle aussi, est une sorte de personnage à part entière et participe à sa façon à l’action.
Bien pensé, bien scénarisé, très bien dessiné : une bien bonne série hélas pas trop connue. Palacios se fera surtout remarquer avec un autre héros : Alexis Mac Coy (voir sur le site). Vraiment pas mal.
Le bien beau tome que voilà ! Michel Deligne (ancien éditeur) a ici composé son scénario d’après l’œuvre initiale de Victor Hugo. Oubliez les Jean Gabin, Lino Ventura et Bourvil lesquels ont, parmi d’autres, donné de vraies lettres de noblesse aux adaptations cinématographiques. Ici, vous êtes plongé dans une histoire « à lire » et –surtout- à regarder. Et qui s’est collé au dessin ?.. Monsieur Eddy Paape (88 ans depuis le 3 Juillet 2008 !) le « papa » de Marc Dacier et de Luc Orient entre autres.
Une fois de plus j’ai vraiment admiré le graphisme au trait réaliste de Paape. Il a recréé Jean Valjean et le monde qui l’entoure : tant Javert, les Thénardier, Cosette et autres vraies figures qui ont fait de cette histoire une des œuvres maîtres de la littérature française. La « patte » de Paape n’a pas tremblé pour créer ces personnages, les faire vivre –et le lecteur avec eux- dans cette fresque sociale qui m’a propulsé dans les débuts du 19ème siècle ; une fresque faite de sueur et de sang qui n’a –de nos jours- pas encore pris une seule ride.
En 60 magnifiques pages, j’ose même écrire « tableaux », Paape et Deligne retracent ici les années qui couvrent la période 1804 à 1821 qui verront un homme partir de rien, devenir maire d’une ville pour retomber à rien après avoir sauvé un condamné qui lui ressemblait furieusement. Quelques flash-back permettent également –en cours de lecture- de comprendre qui était Jean Valjean et le pourquoi de sa condamnation première.
Rien à jeter, vraiment MAIS : un grand regret. L’histoire devait normalement couvrir deux, sinon trois tomes. Un second annoncé –Les Thénardier- n’a jamais été édité. A-t-il été dessiné ?… seul Paape le sait. Ce « Jean Valjean » date de 1995. Il m’étonnerait que Paape en donne une suite quasi quinze ans plus tard. Mais avec lui… on ne sait jamais !…
Un vrai coup de coeur.
Je n'avais jamais entendu parler de cette œuvre, mais en tombant dessus par hasard il y a un an, j'ai tout de suite reconnu le trait du dessinateur. Son manwha Angel Dick (3 tomes) fut en effet l'une des toutes premières séries traduites par Kana en... 1996 ! Et à l'époque, ces trois thrillers m'avaient littéralement scotché (avec notamment un deuxième tome qui ferait passer Le silence des Agneaux pour une simple histoire pour ados).
J'ai donc commencé Nambul avec enthousiasme. Cette histoire alternative se base sur le conflit coréen/japonais que l'on connaît (un peu), et qui fait honte au Japon. La préface des bouquins est d'ailleurs remarquable à ce sujet.
Malgré un dessin très spécial (très anguleux, qui m'a parfois donné du mal dans la distinction de certains personnages), j'avoue avoir avalé chaque gros pavé en une seule fois, tellement l'histoire est prenante.
Après 9 mois d'attente pour le 3ème tome, et plusieurs mails envoyés à l'éditeur, je doute malheureusement que la suite de la série arrive un jour chez nous (il y a 6 tomes en tout). J'espère vraiment me tromper.
Note : 4/5
Cobra reste de loin l'œuvre la plus connue de Buichi Terasawa (et sans doute la meilleure). Mais Midnight Eye Goku ne démérite pas : on y retrouve les mêmes ingrédients avec un héros toutefois moins charismatique que le célèbre pirate. De plus, tout est plus facile pour lui (grâce à son ordinateur implanté dans l'œil et lui permettant d'accéder à n'importe quel système, qu'il soit sur terre, dans l'air, ou sous l'eau), ce qui fait qu'il n'est jamais réellement en difficulté. Ajoutez à cela une tenue vestimentaire ridicule (pas de chemise sous sa veste, mais une cravate autour du cou..........), et vous obtenez un héros assez spécial.
Au final, les histoires sont très rythmées et bien menées, mais sans fil conducteur entre elles. Le quatrième et dernier tome s'arrête de manière très abrupte, sans apporter de réponse aux questions que l'on se pose, preuve que le succès au Japon n'a jamais dû être optimal.
Note : 3,5/5 (arrondi à 4/5).
Avis après lecture des 2 tomes parus à ce jour.
Le dessin est vraiment nickel, et très différent de ce que l’on voit généralement en BD. Ca fait plaisir, c’est rafraîchissant, et c’est finalement très joli. Carrément le point fort de cette série selon moi ! Par contre je me doute bien que le style un peu tremblotant de Nemiri ne plaira pas à tout le monde...
Le scénario lui-même est original, et propose une réflexion intéressante sur le sens de la mort. Mais je trouve quand même qu’il n’avance pas bien vite, les 2 premiers tomes ne faisant finalement pas tellement progresser l’intrigue. Impression sans doute renforcée par le fait qu’il a fallu attendre presque 5 ans entre les deux tomes ! Enfin bon, encore du très bon Morvan, qui se lance ici, si je puis me permettre cette remarque, dans une histoire moins « grand public » que d’habitude. Moi, j’adore.
Bon, ben comme on dit, vivement la suite…
Nom de Zeus, je l’ai attendu cet album… Ne possédant que le premier tome des éditions Zenda, la bave s’est amoncelée à la commissure des lèvres ; j’étais passé à côté de l’intégrale Delcourt, et me voilà pleinement satisfait avec cette édition Absolute de Panini Comics. L’investissement pécuniaire est certes important (70 €) mais vaut le détour : magnifique coffret (édition absolute oblige), suppléments appréciables et conséquents (croquis, écrits,…). Le papier est de bonne qualité mais il est vrai qu’il rend les couleurs mats. Soit, venons-en à l’avis à proprement parlé.
Je ne vais pas répéter le contenu de l’histoire, cela a déjà été fait. Miller nous propose une approche humaine du héros chauve-souris et le fait brillamment. Le récit est vraiment prenant et bien rythmé, et ce tout au long des quatre opus qui forment la série. On retrouve les pires ennemis du héros, toujours aussi tordus. A ces derniers vient se greffer Superman, au rôle pour le moins ambigu par rapport à ce que l’on lui connaît.
Les dessins sont excellents, la mise en page est très dynamique dans sa conception. Les couleurs sont sombres, tout comme l’univers intérieur du héros.
En conclusion, Miller nous livre ici un récit fouillé et rythmé (selon moi plus complexe que 300). Le plaisir de lecture est réel et une relecture devrait s’imposer pour apprécier vraiment tous les éléments développés dans cette histoire. Incontournable, c’est sûr !
Avec ce nouvel album, Stéphane Levallois confirme tout le bien que je pense de son dessin lorsque j’ai feuilleté sa bd Le Dernier modèle (du même éditeur, chez Futuropolis).
« La résistance du sanglier » nous conte l’enfance de Stéphane Levallois quand il se rendait chez sa grand-mère l'été.
Son grand-père ? Il ne l’a jamais connu et pourtant quand sa mère parle de lui, elle le fait toujours avec admiration. Lorsque Stéphane demandait à sa grand-maman comment était son grand-père, elle lui répondait « il était fort »… et c’est ainsi que l’auteur a toujours assimilé son grand-père à un sanglier. A partir de là, ce récit biographique va basculer en 1942 à la recherche du passé de ses grand-parents…
Avec cette histoire, le lecteur ne va pas à la recherche du passé de Jacques, le grand-père de Stéphane Levallois, non, non, ce n’est pas une enquête… en fait, l’auteur nous raconte l’histoire de l’un des membres de sa famille simplement et chronologiquement. Ça se passe pendant l’occupation française par les Allemands lors la seconde guerre mondiale, le bédéphile y découvre un homme robuste, fidèle, droit et farceur (il n’hésite pas à jouer des tours assez osés devant la kommandantur du coin…). On y distingue aussi le quotidien d’un village à l’apparence calme…
Moi aussi, j’ai ressenti beaucoup d’admiration devant le personnage de Jacques, je ne sais pas s’il était vraiment comme ça mais je ne peux nier le talent de Stéphane Levallois de me l’avoir rendu attachant.
Quant à l’histoire proprement dite, au début, je ne savais pas trop où l’auteur voulait en venir car la bd aborde de nombreuses séquences dénuées de dialogues… et c’est ça que j’adore dans cette bd ou plutôt dans les albums de Stéphane Levallois (Le Dernier modèle comporte lui aussi beaucoup de scènes de ce type) ! Car ses personnages m’y sont apparus suffisamment expressifs pour qu’on devine leurs sentiments et parce que ces scènes sont imprégnées d’une ambiance étrange qui m’a fasciné.
Ce qui est advenu du grand-père de Stéphane, il me semble que de nombreux autres hommes l’ont vécu… il existe énormément de livres ou de films portant sur ce sujet et pourtant, j’ai eu beaucoup d’émotion en lisant cette bd et en la refermant aussi d’autant plus que j’ai aimé la façon dont Stéphane Levallois l’a narrée.
Graphiquement, j’aime beaucoup le style de cet auteur : son coup de crayon m’est apparu à la fois tortueux et léger, en tout cas, il est très expressif.
J’ai apprécié aussi son lavis grisâtre (aperçu dans « Le dernier modèle ») qui –à mon avis- s’adapte bien aux séquences où le passé du grand-père de Stéphane Levallois apparaît. Toutefois, je pense que l’auteur aurait du utiliser une autre couleur (ocre par exemple) pour les scènes où il se montre, du moins, cela aurait permis aux lecteurs de mieux comprendre où se situe l’action.
En conclusion, avec « La résistance du sanglier », Stéphane Levallois nous propose un récit biographique de son grand-père et autobiographique qui m’est apparu attachant et plein d’émotions. Il faut dire aussi que j’aime énormément le trait de cet auteur.
En tout cas, jetez un coup d’œil sur ce one-shot, si vous aussi vous appréciez tout de suite ce dessin, il y a de fortes chances que vous passiez un bon moment de lecture à moins d’être très allergique aux récits se passant pendant la seconde guerre mondiale…
Ca faisait un petit moment que j’attendais de prendre mon pied sur un western en one-shot. Je commençais à me dire qu’un seul tome, c’était beaucoup trop court.
Mais je rejoins tout le monde sur celui-ci. Comme quoi lorsque le projet est monté par 2 scénaristes au lieu d’un dessinateur (Vatine ou Guérineau), l’histoire devient logiquement beaucoup plus passionnante. C’est vraiment riche pour un one shot, et même si on n'a pas le droit aux face à face d’une page et demi (bien pratique pour remplir), on retrouve une vraie ambiance western. Rien à redire question dessin ; dynamique et détaillé, une belle nana et un cowboy taciturne très bien représentés.
Excellente courte collaboration. Vite, il faut que je me trouve Trio Grande.
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Polly et les Pirates
Rafraîchissante et sympathique petite série, dont l'histoire navigue sur fond de piraterie et de bonne conduite. Polly est l'archétype de la jeune fille sage, bien propre sur elle et surtout peu audacieuse. Mais un jour, l’aventure va souffler à sa fenêtre et notre jeune demoiselle va se révéler courageuse et débrouillarde. Naifeh distille savamment son humour, ses situations cocasses et les aventures décalées d’une jeune fille de bonne famille, enfin quand on voit sa mère… Bref, chasse aux trésors, trahisons, retournements de situations, amourette, combats sanglants (ah non me suis trompé, pas ici),… voilà le programme ! Il possède un style graphique agréable avec ses héros aux gueules cassées et aux caractères bien trempés. Il croque ses scènes avec justesse, laissant une grande part de l’interprétation des images dans l’expression du visage de ses personnages. L’histoire est un poil moins complexe que Courtney Crumrin et manque d’un peu de consistance par moment. Ca reste frais et destiné à un public jeune. Mais cette classification est loin de me gêner, il en faut pour tous et quand c’est bon, autant le signaler ! C’est sympa aussi les épisodes écrits qui clos les fins de chapitre, permettant d’en apprendre davantage sur Meg Malloy, la Reine des Pirates.
Les Chatiments de l'An Mil
Mais que voilà une bonne série !… C’est avec un vrai plaisir que j’ai plongé dans la geste de Guillaume de Montrouge, déjà marqué à sa naissance par un « signe du démon » -des yeux vairons- et qui, au long des trois albums, mènera une existence sombre guidée par un seul but : la vengeance. Vraiment pas de chance, le Guillaume. Sa mère est morte, le suzerain de son père est fou d’amour pour sa jeune belle-mère qui se suicidera, son père sera assassiné et lui-même sera enterré vivant avec sa bien aimée –la propre fille du dit suzerain- laquelle ne survivra pas. Ca, c’est pour le premier album. La suite ?… Une sombre vengeance où Guillaume va ruminer ses pensées pour occire les cinq personnes qui ont assassiné son amie. Bon, c’est vrai, le scénario général a un petit air de déjà lu/déjà vu mais Toldac, scénariste, balance son histoire à la fin des années 900. La grande peur de l’An Mil approche et Toldac joue de plusieurs histoires qui se mêlent, divergent, se rejoignent. Les diverses classes (noblesse, clergé, soldatesque, commerçants, prédicateurs, petit peuple) sont utilisées en l’intervention de moult personnages qui sont –souvent- autant de gueules d’époque. Le dessin ?… joli graphisme de Marchal. Un trait réaliste, net et lisible est mis au service de cases bien « remplies » tant en personnages, décors et arrière-plans et projettent ainsi le lecteur dans un bond en arrière de plus de 1000 ans. Petit regret toutefois : l’absence d’ombres portées lorsque diverses scènes se passent en situations extérieures ; ce qui occasionne un manque de profondeur. Mais malgré cela, cette série est vraiment attachante, attrayante, bénéficié d’un narratif bien découpé et d’un dessin de fort belle tenue. Trois albums pour une belle geste guerrière en ces temps sombres et troubles. Série peu connue je pense, et c’est dommage.
Manos Kelly
Costaud !… Manos Kelly ?… enfant, il fut l’unique rescapé de l’attaque de Fort Alamo par les troupes mexicaines de Santa Anna. Un solitaire qui traîne son mal-vivre d’années en années… Son dernier boulot effectué, il n’a plus qu’une idée : retourner dans la ferme abandonnée de ses parents décédés et tenter de la remettre sur pieds. Pas de chance, sa première rencontre va l’emmener sur une route désertique où la mort rôde à chaque instant. Et cette mort, il va la côtoyer au long des épisodes… Directement, Palacios fait entrer dans le vif du sujet. Il plante décors et personnages pour des aventures vraiment haletantes. Pas de chichis : ça flingue à tout va dans une longue série de pages captivantes où Palacios donne vraiment libre cours à une certaine démesure. Chaque postulat est facile : c’est tuer ou être tué. Et de ce côté là, rien à redire, les flingues et carabines crépitent régulièrement au cours des pages. Le dessin ?… un style reconnaissable dès les premières cases ; un trait réaliste, baroque, nerveux mais bien lisible mis au service d’une mise en page explosive au découpage acéré. La palette de couleurs, elle aussi, est une sorte de personnage à part entière et participe à sa façon à l’action. Bien pensé, bien scénarisé, très bien dessiné : une bien bonne série hélas pas trop connue. Palacios se fera surtout remarquer avec un autre héros : Alexis Mac Coy (voir sur le site). Vraiment pas mal.
Les Misérables (Paape)
Le bien beau tome que voilà ! Michel Deligne (ancien éditeur) a ici composé son scénario d’après l’œuvre initiale de Victor Hugo. Oubliez les Jean Gabin, Lino Ventura et Bourvil lesquels ont, parmi d’autres, donné de vraies lettres de noblesse aux adaptations cinématographiques. Ici, vous êtes plongé dans une histoire « à lire » et –surtout- à regarder. Et qui s’est collé au dessin ?.. Monsieur Eddy Paape (88 ans depuis le 3 Juillet 2008 !) le « papa » de Marc Dacier et de Luc Orient entre autres. Une fois de plus j’ai vraiment admiré le graphisme au trait réaliste de Paape. Il a recréé Jean Valjean et le monde qui l’entoure : tant Javert, les Thénardier, Cosette et autres vraies figures qui ont fait de cette histoire une des œuvres maîtres de la littérature française. La « patte » de Paape n’a pas tremblé pour créer ces personnages, les faire vivre –et le lecteur avec eux- dans cette fresque sociale qui m’a propulsé dans les débuts du 19ème siècle ; une fresque faite de sueur et de sang qui n’a –de nos jours- pas encore pris une seule ride. En 60 magnifiques pages, j’ose même écrire « tableaux », Paape et Deligne retracent ici les années qui couvrent la période 1804 à 1821 qui verront un homme partir de rien, devenir maire d’une ville pour retomber à rien après avoir sauvé un condamné qui lui ressemblait furieusement. Quelques flash-back permettent également –en cours de lecture- de comprendre qui était Jean Valjean et le pourquoi de sa condamnation première. Rien à jeter, vraiment MAIS : un grand regret. L’histoire devait normalement couvrir deux, sinon trois tomes. Un second annoncé –Les Thénardier- n’a jamais été édité. A-t-il été dessiné ?… seul Paape le sait. Ce « Jean Valjean » date de 1995. Il m’étonnerait que Paape en donne une suite quasi quinze ans plus tard. Mais avec lui… on ne sait jamais !… Un vrai coup de coeur.
Nambul
Je n'avais jamais entendu parler de cette œuvre, mais en tombant dessus par hasard il y a un an, j'ai tout de suite reconnu le trait du dessinateur. Son manwha Angel Dick (3 tomes) fut en effet l'une des toutes premières séries traduites par Kana en... 1996 ! Et à l'époque, ces trois thrillers m'avaient littéralement scotché (avec notamment un deuxième tome qui ferait passer Le silence des Agneaux pour une simple histoire pour ados). J'ai donc commencé Nambul avec enthousiasme. Cette histoire alternative se base sur le conflit coréen/japonais que l'on connaît (un peu), et qui fait honte au Japon. La préface des bouquins est d'ailleurs remarquable à ce sujet. Malgré un dessin très spécial (très anguleux, qui m'a parfois donné du mal dans la distinction de certains personnages), j'avoue avoir avalé chaque gros pavé en une seule fois, tellement l'histoire est prenante. Après 9 mois d'attente pour le 3ème tome, et plusieurs mails envoyés à l'éditeur, je doute malheureusement que la suite de la série arrive un jour chez nous (il y a 6 tomes en tout). J'espère vraiment me tromper. Note : 4/5
Midnight eye Goku
Cobra reste de loin l'œuvre la plus connue de Buichi Terasawa (et sans doute la meilleure). Mais Midnight Eye Goku ne démérite pas : on y retrouve les mêmes ingrédients avec un héros toutefois moins charismatique que le célèbre pirate. De plus, tout est plus facile pour lui (grâce à son ordinateur implanté dans l'œil et lui permettant d'accéder à n'importe quel système, qu'il soit sur terre, dans l'air, ou sous l'eau), ce qui fait qu'il n'est jamais réellement en difficulté. Ajoutez à cela une tenue vestimentaire ridicule (pas de chemise sous sa veste, mais une cravate autour du cou..........), et vous obtenez un héros assez spécial. Au final, les histoires sont très rythmées et bien menées, mais sans fil conducteur entre elles. Le quatrième et dernier tome s'arrête de manière très abrupte, sans apporter de réponse aux questions que l'on se pose, preuve que le succès au Japon n'a jamais dû être optimal. Note : 3,5/5 (arrondi à 4/5).
Je suis morte
Avis après lecture des 2 tomes parus à ce jour. Le dessin est vraiment nickel, et très différent de ce que l’on voit généralement en BD. Ca fait plaisir, c’est rafraîchissant, et c’est finalement très joli. Carrément le point fort de cette série selon moi ! Par contre je me doute bien que le style un peu tremblotant de Nemiri ne plaira pas à tout le monde... Le scénario lui-même est original, et propose une réflexion intéressante sur le sens de la mort. Mais je trouve quand même qu’il n’avance pas bien vite, les 2 premiers tomes ne faisant finalement pas tellement progresser l’intrigue. Impression sans doute renforcée par le fait qu’il a fallu attendre presque 5 ans entre les deux tomes ! Enfin bon, encore du très bon Morvan, qui se lance ici, si je puis me permettre cette remarque, dans une histoire moins « grand public » que d’habitude. Moi, j’adore. Bon, ben comme on dit, vivement la suite…
Batman - The Dark Knight returns
Nom de Zeus, je l’ai attendu cet album… Ne possédant que le premier tome des éditions Zenda, la bave s’est amoncelée à la commissure des lèvres ; j’étais passé à côté de l’intégrale Delcourt, et me voilà pleinement satisfait avec cette édition Absolute de Panini Comics. L’investissement pécuniaire est certes important (70 €) mais vaut le détour : magnifique coffret (édition absolute oblige), suppléments appréciables et conséquents (croquis, écrits,…). Le papier est de bonne qualité mais il est vrai qu’il rend les couleurs mats. Soit, venons-en à l’avis à proprement parlé. Je ne vais pas répéter le contenu de l’histoire, cela a déjà été fait. Miller nous propose une approche humaine du héros chauve-souris et le fait brillamment. Le récit est vraiment prenant et bien rythmé, et ce tout au long des quatre opus qui forment la série. On retrouve les pires ennemis du héros, toujours aussi tordus. A ces derniers vient se greffer Superman, au rôle pour le moins ambigu par rapport à ce que l’on lui connaît. Les dessins sont excellents, la mise en page est très dynamique dans sa conception. Les couleurs sont sombres, tout comme l’univers intérieur du héros. En conclusion, Miller nous livre ici un récit fouillé et rythmé (selon moi plus complexe que 300). Le plaisir de lecture est réel et une relecture devrait s’imposer pour apprécier vraiment tous les éléments développés dans cette histoire. Incontournable, c’est sûr !
La Résistance du sanglier
Avec ce nouvel album, Stéphane Levallois confirme tout le bien que je pense de son dessin lorsque j’ai feuilleté sa bd Le Dernier modèle (du même éditeur, chez Futuropolis). « La résistance du sanglier » nous conte l’enfance de Stéphane Levallois quand il se rendait chez sa grand-mère l'été. Son grand-père ? Il ne l’a jamais connu et pourtant quand sa mère parle de lui, elle le fait toujours avec admiration. Lorsque Stéphane demandait à sa grand-maman comment était son grand-père, elle lui répondait « il était fort »… et c’est ainsi que l’auteur a toujours assimilé son grand-père à un sanglier. A partir de là, ce récit biographique va basculer en 1942 à la recherche du passé de ses grand-parents… Avec cette histoire, le lecteur ne va pas à la recherche du passé de Jacques, le grand-père de Stéphane Levallois, non, non, ce n’est pas une enquête… en fait, l’auteur nous raconte l’histoire de l’un des membres de sa famille simplement et chronologiquement. Ça se passe pendant l’occupation française par les Allemands lors la seconde guerre mondiale, le bédéphile y découvre un homme robuste, fidèle, droit et farceur (il n’hésite pas à jouer des tours assez osés devant la kommandantur du coin…). On y distingue aussi le quotidien d’un village à l’apparence calme… Moi aussi, j’ai ressenti beaucoup d’admiration devant le personnage de Jacques, je ne sais pas s’il était vraiment comme ça mais je ne peux nier le talent de Stéphane Levallois de me l’avoir rendu attachant. Quant à l’histoire proprement dite, au début, je ne savais pas trop où l’auteur voulait en venir car la bd aborde de nombreuses séquences dénuées de dialogues… et c’est ça que j’adore dans cette bd ou plutôt dans les albums de Stéphane Levallois (Le Dernier modèle comporte lui aussi beaucoup de scènes de ce type) ! Car ses personnages m’y sont apparus suffisamment expressifs pour qu’on devine leurs sentiments et parce que ces scènes sont imprégnées d’une ambiance étrange qui m’a fasciné. Ce qui est advenu du grand-père de Stéphane, il me semble que de nombreux autres hommes l’ont vécu… il existe énormément de livres ou de films portant sur ce sujet et pourtant, j’ai eu beaucoup d’émotion en lisant cette bd et en la refermant aussi d’autant plus que j’ai aimé la façon dont Stéphane Levallois l’a narrée. Graphiquement, j’aime beaucoup le style de cet auteur : son coup de crayon m’est apparu à la fois tortueux et léger, en tout cas, il est très expressif. J’ai apprécié aussi son lavis grisâtre (aperçu dans « Le dernier modèle ») qui –à mon avis- s’adapte bien aux séquences où le passé du grand-père de Stéphane Levallois apparaît. Toutefois, je pense que l’auteur aurait du utiliser une autre couleur (ocre par exemple) pour les scènes où il se montre, du moins, cela aurait permis aux lecteurs de mieux comprendre où se situe l’action. En conclusion, avec « La résistance du sanglier », Stéphane Levallois nous propose un récit biographique de son grand-père et autobiographique qui m’est apparu attachant et plein d’émotions. Il faut dire aussi que j’aime énormément le trait de cet auteur. En tout cas, jetez un coup d’œil sur ce one-shot, si vous aussi vous appréciez tout de suite ce dessin, il y a de fortes chances que vous passiez un bon moment de lecture à moins d’être très allergique aux récits se passant pendant la seconde guerre mondiale…
Wayne Redlake - 500 Fusils
Ca faisait un petit moment que j’attendais de prendre mon pied sur un western en one-shot. Je commençais à me dire qu’un seul tome, c’était beaucoup trop court. Mais je rejoins tout le monde sur celui-ci. Comme quoi lorsque le projet est monté par 2 scénaristes au lieu d’un dessinateur (Vatine ou Guérineau), l’histoire devient logiquement beaucoup plus passionnante. C’est vraiment riche pour un one shot, et même si on n'a pas le droit aux face à face d’une page et demi (bien pratique pour remplir), on retrouve une vraie ambiance western. Rien à redire question dessin ; dynamique et détaillé, une belle nana et un cowboy taciturne très bien représentés. Excellente courte collaboration. Vite, il faut que je me trouve Trio Grande.