Les derniers avis (32110 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Urban
Urban

Urban est une nouvelle version de l'ancienne série Urban Games. Cette dernière avait été abandonnée par son dessinateur. Cela aura pris une douzaine d'années à Luc Brunschwig pour pouvoir reprendre son idée initiale dans une nouvelle série remodelée, avec cette fois Roberto Ricci au dessin. Et quel dessin ! Il m'a séduit dès la première planche. Soigné, ambitieux, il est également très joliment colorisé même si ses teintes un peu ternes accentuent le côté parfois embrouillé de certaines scènes. C'est un bien léger défaut car dans l'ensemble, j'ai trouvé ses planches vraiment très agréables à lire et à regarder. Le scénario est lui aussi très accrocheur. Il prend pour cadre une dystopie qu'on sent venir très rapidement, avec une ville de tous les plaisirs dont on imagine sans peine de bien sombres aspects même si ceux-ci gardent encore une part énigmatique à la fin du premier tome. Le héros, nouveau flic un peu naïf issu de sa campagne, est attachant et on a envie de le suivre dans sa découverte des faits et défauts de la ville de Monplaisir. Sa relation avec son "ami imaginaire" ajoute en outre de la profondeur et un certain mystère à son personnage. J'espère ceci dit qu'il ne gardera pas trop longtemps son rôle de spectateur un peu benêt et à la merci des évènements et qu'il apportera sa vraie pierre au récit et à l'action. Je trouve aussi intéressant le fait que cette nouvelle série s'entame comme une revisite d'Urban Games. Je n'ai pas lu le seul tome paru de cette dernière mais cela m'en donne envie pour pouvoir faire la comparaison, comme j'ai pu la faire pour la reprise de Après l'Incal par exemple. En tout cas, pour le moment, on a avec Urban un thriller de science-fiction dans un cadre dystopique bien foutu et alléchant, doté d'un très beau graphisme et d'une intrigue dense et captivante. Vivement la suite !

20/09/2011 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dorian Gray
Dorian Gray

Dorian Gray, Dorian Gray… Le héros d’un roman inoubliable pour moi, l’alter ego de papier d’un auteur si particulier que j’ai interprété à deux reprises, bref quelque chose de spécial pour moi. J’étais forcément curieux de lire cette adaptation, d’autant plus que j’avais pu en voir des planches en avant-première à la galerie Maghen, et qu’elles m’avaient impressionné par leur force d’évocation et leur subtilité. Bien sûr, une fois couchées dans un album, il y a un peu de perte, ne serait-ce qu’en termes de taille, mais la qualité d’impression est là, et le caractère des planches reste globalement préservé. L’unique roman d’Oscar Wilde s’interrogeait sur la place de l’art, sa capacité à refléter l’âme, la figure du double, l’accomplissement de soi à travers la recherche du plaisir… au sens propre. Il contenait la quintessence de l’art de son auteur, son humour glacé, ses mots puissants et sa philosophie artistique. Le texte est plein de sous-entendus, de non-dits et de tournures allusives. L’ambivalence sexuelle des personnages, par exemple. Comment dès lors traduire tout cela en bande dessinée, un art avant tout visuel ? En montrant, tout en essayant de garder l’esprit du texte. Et Corominas y parvient à merveille. Le fameux portrait du titre (original) est là, servant d’intercalaire entre les différents chapitres et subissant/reflétant les effets de la corruption de l’âme de son modèle, ainsi que les outrages du temps. Une dégradation forcément visible, entre le portrait d’un jeune homme apparemment vertueux et beau, jusqu’à une vision de cauchemar, entre diabolisme et pourriture, presque lovecraftienne. Autre choix visuel, celui du spectacle de Sybil Vane, la fiancée de Dorian, résolument moderniste alors qu’il n’en est presque rien dit dans le roman. Corominas fait d’autres choix parfois radicaux, mais toujours dans l’optique d’une adaptation fidèle mais cohérente. Et il le fait bien. Graphiquement son travail est superbe. Travaillées à l’aquarelle (je crois), ses planches sont à elles seules des peintures d’une beauté parfois bouleversante, sa palette de couleurs évoquant de façon stupéfiante la Londres victorienne, ses bas-fonds mais aussi les intérieurs d’un atelier de peinture ou les salons mondains. Du grand art, même si un seul choix esthétique m’a semblé discutable, celui de donner des physiques proches aux trois personnages principaux : grands, minces, visages allongés. Certes, ils sont en quelque sorte trois facettes de la personnalité », ou plutôt des aspirations de Wilde, mais lui-même ne se voyait pas ainsi. Bref, à ne pas manquer !

20/09/2011 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Frenchman
Frenchman

Encore un bel album signé Patrick Prugne. Une nouvelle fois dans le Nouveau-Monde, toujours avec des Indiens. Il ne s'en lasse pas et nous non plus. Cette histoire de fuite et de traque est une nouvelle fois un régal pour les yeux. Après une première partie dans les brumes de la Normandie, Alban et Louis vont devoir courir les bois de ce qui deviendra les Etats-Unis. Je trouvais la première partie, qui prend pied en Normandie, intéressante, et j'avais hâte de lire la suite, en Louisiane. Bien sûr, c'est très beau la Normandie, mais le dessin de Prugne ne s'exprime jamais mieux que dans les grands espaces, au sein de la nature indomptée. C'est dans la vallée du Mississippi que sa palette de couleurs explose, que ses aquarelles explorent de nouvelles sensations, et que sa mise en scène est la plus efficace. Il y a un certain nombre de cases muettes dans ses planches, parfois des pleines pages, toutes emplies d'émotion. Il est remarquable que nombre de ces cases muettes mettent en scène des Indiens (Pawnees) pour souligner leur rapport à la nature, un cadre qu'ils ne polluent pas avec des paroles, contrairement aux Blancs. Dans un tel décor, il fallait un récit simple, sans fioritures, et là encore c'est le cas. Les enjeux sont faciles à comprendre, les personnages francs (sauf un, mais sa duplicité est vite démasquée), et au final c'est le rapport des Indiens à la nature qui l'emporte. Deux petites maladresses à relever dans cette débauche de louanges : la "révélation" de la vraie nature d'un personnage secondaire me semble un peu maladroite ; par ailleurs le look du trappeur qui accueille Alban et Toussaint à Saint-Louis le fait beaucoup ressembler au chasseur de primes qui les suit ; cela a amené une petite confusion dans ma lecture. Mais ce sont de menus défauts, à considérer comme tels, car l'ensemble est tout simplement magnifique.

20/09/2011 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Car l'enfer est ici (Le Pouvoir des innocents - cycle 2)
Car l'enfer est ici (Le Pouvoir des innocents - cycle 2)

Deuxième suite aux « Pouvoir des innocents », et paf, deuxième claque dans la gueule. Le point de départ de cette série est jubilatoire : toute la machination mise en place dans le cycle original ne va fonctionner que si Joshua et sa femme se taisent à jamais… et puis qui les croirait ? Et bien ils décident de parler les bougres, déclenchant ainsi une cascade d’événements qui vont bientôt les dépasser, et qui vont nous conduire… où exactement ? Dans Les Enfants de Jessica, cette dernière est toujours au pouvoir, et Joshua toujours en prison… Assistons-nous à une bataille perdue d’avance ? Intéressant le concept de la série parallèle « spoiler », je me demande bien quel dénouement les auteurs nous réservent. Le dessin de David Nouhaud est superbe, et en parfaite adéquation avec celui de Laurent Hirn. Avec un dessinateur par série, le rythme de parution sera je l’espère plus élevé, ce qui est un plus non négligeable. Un album selon moi un poil moins « grand spectacle » que le premier tome des enfants de Jessica – ce qui n’est bien entendu pas un reproche - et déjà indispensable pour tout amateur du pouvoir des innocents, et de bonnes BDs en général.

20/09/2011 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série Un Pas vers les Etoiles
Un Pas vers les Etoiles

J'ai été, on peut le dire, charmé par cette BD ! D'abord, il y a le dessin de Parnotte qui est très plaisant ; dans un style semi-réaliste mais néanmoins assez caricatural, j'aime beaucoup les différents "looks" des personnages (je bloque juste sur certaines paires d'yeux), et les décors sont tout à fait plaisants... Après, je trouve la colorisation assez spéciale ; on voit que c'est une colo informatique, mais comme elle est plutôt douce et très nuancée, elle reste plutôt jolie et finalement discrète. Le scénario est assez particulier, avec les histoires de tous les personnages qui se coupent et se recoupent (ce qui est un peu "facile" scénaristiquement parlant), avec certains passages traitants de sujet de société grave d'une façon réaliste, et d'autres faits qui me paraissent relevé de la fiction et difficile à croire dans la vraie vie. Cependant (et même si la fin peut paraitre un peu mièvre et trop joyeuse) différentes émotions nous traversent à la lecture de cette BD, et c'est ce que j'aime (et recherche) dans une BD, c'est pourquoi je mets 4/5.

19/09/2011 (modifier)
Par js
Note: 4/5
Couverture de la série Les Belles Histoires de l'Oncle Alix
Les Belles Histoires de l'Oncle Alix

J'ai énormément rigolé en lisant cette BD ! L'idée est vraiment bonne et la lecture se fait avec sourire et gaieté ! Vous avez dû en passer du temps sur ce projet... Mais le résultat est là, je pense que c'est un réel aboutissement auquel vous êtes parvenus ! Il ne vous reste plus qu'à plancher (si j'ose dire) sur le tome 2 ... !!! Les histoires sont marrantes même si (et c'est normal) je n'ai pas compris toutes les références qui vous sont propres. Cependant, j'ai bien aimé vous voir dessinés (j'avais déjà vu quelques photos de vous sur le blog) et cela donne envie de vous rencontrer, de parler BD et de déconner (mais sans ma copine car si j'ai bien compris, elle va craquer pour les bozieux d'Alix, le webmaster aux goûts plutôt douteux en matière de couleurs...). C'est bien pensé d'avoir coupé les récits avec une 'planche' d'Alix expliquant un peu son histoire. Pour ce qui est de l'histoire non terminée, cela m'a fait rire et elle se suffit à elle-même, pas besoin de suite. Les dessins ne sont pas exceptionnels mais cela est parfaitement assumé et au final cela ne gêne en rien la lecture ! Mais on sent qu'il y a quand même un bon petit coup de crayon car c'est tout de même un exercice difficile ! Les "interviews" de la fin sont touchantes et elles font le charme de BDThèque : ce n'est pas uniquement un site de BD, c'est aussi une histoire et des personnes qui s'amusent ! Et pour ma part, le gros coup de chapeau de ce site c'est que n'importe qui peut poster une BD sans demander l'avis d'un 'ancien' (et sans s'inscrire avec un pseudo-questionnaire standard) et que l'équipe encourage même les visiteurs du site à le faire ! Chapeau pour l'idée, pour la BD, pour le site ... et merci de partager votre talent et vos connaissances du 9ème art !

19/09/2011 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Les Belles Histoires de l'Oncle Alix
Les Belles Histoires de l'Oncle Alix

3.5 Des histoires humoristiques sympathiques sur les 10 ans du site. Cela ne se prend pas au sérieux et j'ai bien aimé les nombreux clins d'œil dont certains que je n'ai pas bien compris. Le dessin est bien sûr amateur, mais il a un charme et puis ils dessinent bien mieux que moi ! Dommage toutefois qu'une des histoires soit inachevée. J'avoue toutefois que ce qui m'a le plus touché ce sont les témoignages des réguliers du site. J'aime spécialement celui de Mac Arthur qui m'a bien fait rire. Je ne savais pas que son premier avis était trop court et c'est la première fois de ma vie que je vois un type devenir modérateur d'un site sans avoir internet chez lui ! Bref, c'est la principale raison pour laquelle je mets 4 étoiles car ces témoignages m'ont fait chaud au cœur. Le côté bande dessinée est chouette mais juste ‘pas mal’.

19/09/2011 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5
Couverture de la série 3 Secondes (3'')
3 Secondes (3'')

Avec MAM, on rentre dans le conceptuel, il se joue du média et plus encore de l'aspect séquentiel. Dans cet album, le scénario s'articule autour d'un zoom énorme rebondissant de reflets en reflets dans les détails. Le tout est sensé durer 3 secondes. Cet album est une sorte de puzzle où les différentes informations se recoupent, certaines scènes sont observées depuis divers axes avec de légers deltas dans l'action et le temps faisant la différence. Il faudra certainement plusieurs lectures pour bien cerner toute la substance de l'histoire, la prouesse technique vaut déjà à elle seule le détour. Graphiquement on retrouve le dessin N&B, franc et précis, de MAM. Ce projet peut paraitre déroutant mais force le respect pour l'ingéniosité et le traitement de qualité. La lecture sera rapide ou longue et multiple selon l'investissement que l'on voudra y mettre. C'est à découvrir et à approfondir, cette expérience est unique et plaisante.

19/09/2011 (modifier)
Couverture de la série Une aventure rocambolesque de...
Une aventure rocambolesque de...

Cette série regroupe quatre aventures désopilantes traitant généralement au-delà d’une apparence déjantée le sujet de la mort sous diverses facettes. Freud, Van Gogh, Attila, Robin des Bois et un dernier pas encore lu. Freud Cette aventure nous narre le voyage de Sigmund et de son valet sur les nouvelles terres américaines. Freud va rencontrer une pléiade de personnages aux origines et à la vie tellement troubles et pathologiques pour la vieille Europe que la folie de la recherche va faire aller Freud au-delà de la civilisation. Et puis viendront cet indien en quête d’âme sœur et ce chien en quête d’âme humaine. Ce tome parle donc des apparences et des chimères que l’être se trouve pour avancer. Le tout n’est drôle que grâce à la présence de ce valet de l’Est au caractère bien trempé et aux pieds sur terre. Graphiquement, c’est du Larcenet, que dire que l’on ne sache pas déjà dans ses autres productions ? Pas franchement inspiré sur ce tome, il se dégage moins de poésie et le lecteur accroche plutôt moins que dans ses classiques. Van Gogh Attention bijou ! Ce second tome verra Van Gogh vivant aller peindre la guerre pour quelques bureaucrates, se rendant compte qu’ils ne la comprennent pas et souhaitant en saisir l’essence. Ce tome renverse le lecteur par une poésie déroutante. Dans un univers morbide, Larcenet trouve un ton bouleversant pour nous parler de la mort, des grands et des petits, de l’art, de l’amour au sein d’un conflit universel. La rencontre improbable entre l’humain, le mythe et l’horreur propose un feu d’artifice sensoriel au lecteur. Robin des bois Voir l’avis sur l’album seul Attila Toutes les villes ont été conquises, que faire dès lors ? La joyeuse bande de barbares décide de continuer leur métier, tandis qu’Attila se retire dans un doute existentiel. Accompagné d’une conscience comique Attila découvre le poids du sens de l’Histoire. Puisqu’il a conquis les hommes, sa haine le pousse à attaquer désormais Dieu. Mais la contrepartie des actions passées va s’avérer lourde, très lourde. Cette réflexion sur l’existence post mortem par l’action pré mortem me semble magistrale de sensibilité. Avec un ton profondément tragique mais merveilleusement drôle Larcenet reprend les thèmes philosophiques de la série (Vie / Mort, Ordre / Chaos, Existence / Essence, Bien / Mal, Liberté / Déterminisme) pour produire l’un de mes albums favoris. Graphiquement, nous retrouvons le trait habituel de Larcenet. Si l’on n’est pas habitué on trouvera ça moche et bâclé, mais plus on accrochera au thème plus on appréciera l’adéquation entre le fond et la forme. Ce petit dessin à priori basique renferme un sacré travail narratif. Foncez donc sur cette série, vous découvrirez un travail très fort sur la mort que vous pourrez relire avec toujours plus de plaisir et de nouvelles résonances au gré de votre parcours personnel.

19/09/2011 (modifier)
Par js
Note: 4/5
Couverture de la série Arawn
Arawn

Je viens de relire les 3 premiers tomes afin d'attaquer le tome 4. Je dois avouer que cette mérite pleinement un 4/5 (et pas 3 comme j'avais mis au début). Le dessin m'a scotché ! De pures planches picturales lumineuses et incroyables ! Les tons peuvent changer d'une planche à l'autre en passant d'une forêt lumineuse verdoyante à une bataille sanglante ou à une 'pièce' des Enfers ! J'ai passé beaucoup de temps à regarder les peintures qui sont vraiment le point fort de cette série ! Pour les personnages, c'est de l'heroic-fantasy pure et dure ! Des héros surmusclés, des guerrières aux formes onéreuses et toujours en string, de gros monstres, des bastons sanglantes ... Le dessin donne un rendu final excellent qui ravit lors de la lecture ! Le scénario n'est pas original en soi. Des frères, un destin tracé, une famille déchirée, des guerres par-ci par-là etc... Mais le récit d'Arawn sur son passé reste intéressant et malgré des lieux communs du genre, l'histoire se lit avec entrain et les personnages sont en réalité très complexes et leurs relations changeantes d'une tome à l'autre amènent le lecteur à dévorer les tomes pour savoir la suite ! Cependant, les personnages ne sont pas toujours reconnaissables et je me suis parfois emmêlé les pinceaux pendant la lecture. Je conseille l'achat d'une part pour le coup de pinceau remarquable et d'autre part pour savourer une bonne histoire de fantasy comme Soleil n'arrive plus trop à en faire !

19/09/2010 (MAJ le 18/09/2011) (modifier)