Les derniers avis (32110 avis)

Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Les Belles Histoires de l'Oncle Alix
Les Belles Histoires de l'Oncle Alix

Tout d'abord il convient de saluer l'idée qui a donné naissance à cette BD. Il convient surtout de tirer un grand coup de chapeau aux auteurs qui ont bossé pendant des mois pour que cette BD voit le jour. Et enfin il faut particulièrement féliciter Superjé qui du haut de ses 16 (17 ?) ans a piloté ce projet comme un chef, ce qui n'a pas toujours du être une partie de plaisir. Pour tout ça un grand bravo ! L'album regorge de références à la vie du site, de clins d'oeils et de private jokes bien senties et pour quelqu'un comme moi qui passe un temps fou sur le site, c'est un vrai plaisir de lire ça. J'ai décroché pas mal de sourires, pas mal de fois je me suis dit "bien vu" ou "trop fort". En bref, j'ai passé un moment de rigolade très appréciable, un peu comme un 1/5 d'un Cassidy en forme, voyez ? Les bonus comme les mots des habitués et autres textes sur le site sont touchants, marrants, voire les 2. C'est excellent. Je ne conseille pas spécialement l'achat car la version gratuite PDF est suffisante. Ou alors faut être un grand malade inconditionnel du site comme moi pour vouloir mettre 22 euros (si si avec le port c'est ce que j'ai payé) pour conserver un collector de cette BD dans sa bibliothèque. Parlons un peu des qualités et des défauts (si si, il y en a) de cette BD... et oui vous avez voulu faire une BD, vous voilà maintenant confronté à la dure réalité de tous les auteurs. A vous de connaitre le stress du passage au pilori de BDThèque .... mouhahahahahaha (rire démoniaque) Le dessin de Pierig est une tuerie, allié à la plume de Spooky et d'Enclume, ça détonne. La première histoire (celle qui se passe à l'age de Piehr :D ) est un régal. Certes le sujet me touche beaucoup et je ne sais pas si le commentaire suivant est objectif : mais j'ai trouvé ça bien meilleur que certains trucs pourtant édités par ailleurs. Le dessin de Iannick est assez figé à mes yeux, et comme tout le monde je regrette qu'il ait disparu en cours de route et que son histoire soit inachevée. (Iannick t'es là ? Ca va ?) Enfin un mot sur le dessin de Superjé. Ah tu as bien progressé depuis que tu nous montrais tes dessins sur ton blog d'avec ton pote Jules qui veut qu'on l'appelle Max ;) Cela dit les couleurs piquent sacrément les yeux. Le lettrage aussi est pas toujours évident à lire. Voilà tu sais ce qu'il te reste à travailler pour avoir droit à 5 étoiles pour les 20 ans... En attendant encore bravo à tous et bon anniversaire BDThèque !

02/10/2011 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Abélard
Abélard

Je crois que pour moi le nom de Dillies sera toujours associé à de la pure tendresse. Quand on lit une de ses oeuvres, on revient en arrière et on découvre la pure innocence dans un monde baigné de douceur. Abélard est encore un de ces personnages animaliers totalement naïf qui va découvrir le monde, l'amour mais également la cruauté et la méchanceté des hommes. Il est un peu dommage que ce premier tome donne le ton de ce que va être la suite. On sait que la mort plâne sur ce personnage depuis l'épisode de la voyante tzigane. On retrouve une ambiance unique en son genre et que j'aime réellement. Il y a une espèce de poésie de l'âme qui nous transporte très loin. Le second tome est d'ailleurs beaucoup plus noir. Notre petit poussin va connaître le désenchantement. Il faudra en tirer une leçon qui ne sera d'ailleurs pas aussi lisible que cela. La tristesse sera malheureusement au rendez-vous. Cependant, la douceur du dessin sera là pour nous consoler. Un dyptique émouvant et intelligent à découvrir !

01/10/2011 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Garance
Garance

Voilà un trio d'auteurs qui mène tranquillement mais sûrement sa barque ! J'avais déjà craqué pour Mon arbre, et "Garance" remet le couvert. C'est beau, c'est doux, c'est frais : un peu de poésie réussie dans la production jeunesse ambiante, ça fait pas de mal ! Le dessin de Thomas Labourot colle parfaitement au récit, à la fougue des enfants qu'il retranscrit, et la colorisation toute en douceur renforce encore ce sentiment. L'histoire, toute onirique soit elle, réserve à mon goût plusieurs niveaux de lecture que chaque lecteur appréciera en fonction de son âge. Le seul bémol de cette BD, consiste en sa brièveté. Comme pour Mon arbre d'ailleurs, je trouve que malgré un récit très intéressant et prenant, les auteurs font le choix d'un récit court et concis. Dommage, je pense qu'un peu plus de développement pourrait apporter davantage à leurs histoires et éviter la petite frustration qui pointe lorsqu'on referme cet album après une lecture vite terminée...

01/10/2011 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Frenchman
Frenchman

Patrick Prugne est un auteur que je suis depuis la superbe série L'auberge du Bout du Monde. Déjà, à l'époque son dessin m'avait subjugué. Et puis, avec le temps est venu Canoë Bay, superbe one shot , toujours chez Daniel Maghen. Avec ce nouveau one shot, Patrick Prugne reste seul aux commandes. Toujours sous les auspices des Etats Unis naissants, nous suivons l'histoire d"Alban Labiche, jeune recrue qui, contre son gré se retrouve en Amérique . Ce qui fait la force de cette bande dessinée, c'est surtout la beauté du dessin de Patrick Prugne, un dessin qui de page en page éblouit le lecteur. C'est superbe, tout en couleur directe, le tout coiffé d'une magnifique couverture. De par mes goûts littéraires, j'ai retrouvé un peu les sentiments d'un Chateaubriand débarquant sur le nouveau continent (mais la comparaison s'arrête là). Agrémenté d'un superbe cahier de croquis, cette bd est une des sorties incontournables de cette rentrée. Certes le scénario est assez léger mais Patrick Prugne possède un talent tel que nous plongeons dans ce récit avec délice. Une bande dessinée que je relirai avec plaisir.

29/09/2011 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Point de Rupture
Point de Rupture

Je me suis ruée sur la dernière sortie de ces auteurs, et première déception : le format, trop petit pour mettre en valeur le fabuleux noir et blanc de Risso. Tout de suite après l'ouverture deuxième déception : le papier, vraiment de très mauvaise qualité. Finalement la dernière déception arrive lors de la lecture, le lettrage est trop petit et il faut faire un effort pour lire et trop rapprocher la bd ce qui amoindri les jeux d'ombre, qui doivent être regardées de plus loin. Un format dans le même format que Je suis un vampire aurait été idéal. Je ne vais pas m'étaler sur le talent de Trillo, car son dessin est toujours d'un niveau excellent avec son noir et blanc pur. Cela dit j'ai trouvé qu'il manquait peut-être un peu de décors, la bd s'axe principalement sur les personnages et c'est intéressant, mais dans un monde post-apocalyptique on aimerait bien voir un peu plus le monde dans lequel évoluent les protagonistes. Le scénario qui nous offre un monde totalement détruit où deux partis règnent sur les survivants, est très proche des personnages et c'est surtout à travers eux que passe toute l'histoire, le monde en lui-même est plus relégué au second plan. La psychologie de ces derniers étant bien développée le récit est très prenant et la suspense va en grandissant, on ne peut qu'attendre la suite avec impatiente. Suite et fin du récit. Les personnages se diversifient, on en sait de plus en plus sur ce monde post-apocalyptique et le dernier tome fait office de prologue et d’épilogue, c’est le tome que j’ai préféré. Heureusement l’histoire d’amour entre Lisa et Emile qui permettait l’ouverture de la série est reléguée au second plan, voire même au niveau de simple prétexte, d’ailleurs elle ne finira pas du tout comme on pouvait s’y attendre. Plus on avance dans les tomes plus l’histoire a pris le contre-pied de ce que j’imaginais. A noter que tous les personnages ont un rôle égal et qu’aucun n’est dispensable. Si le premier tome forme une histoire continue, les suivants sont un peu différents. La trame générale est gardée évidemment, mais ponctuée par des histoires courtes concernant les personnages, notamment pour les tomes 2 et 3 ; soit le récit est continu mais chapitré pour le dernier tome. Par contre je n’ai plus été dérangé par le lettrage, qui est de même taille que le premier tome, peut-être un peu de fatigue passagère, c’est vrai qu’il n’est tout de même pas bien grand. Pour ce qui est de la taille du dessin je me suis aussi faite au format, par contre il est dommage que la souplesse du livre empêche son ouverture complète, sinon on casse le dos et les pages ont tendance à se détacher facilement, il faut donc tout le temps le faire pivoter pour bien voir la planche dans son entier. Il me reste un souhait, que les auteurs redémarrent le récit et fassent une suite.

08/04/2009 (MAJ le 29/09/2011) (modifier)
Par gdev
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Berceuse assassine
Berceuse assassine

Berceuse et assassine : deux termes qui dans beaucoup d’esprits appartiennent à deux registres différents, celui de l’enfance et de l’innocence et celui de la culpabilité et de la cruauté. Deux termes réunis comme un cadavre exquis qui, porté en titre de cette série, ne peut qu’annoncer quelque chose d’assez contrasté. Le plus fort, c’est que ce n’est pas qu’un effet d’annonce. On nous présente dans cette série des personnages contrastés, réunis autour d’un même événement. Des personnages que l’on découvre et qui de découvrent au fil des tomes. Je ne vais pas revenir en détail sur les rôles de Joe, Martha et Dillon (vous avez 77 autres avis ci-dessous pour vous faire une idée de qui est qui) mais tout le secret et toute l’originalité de cette série reposent sur l’ingéniosité avec laquelle la présentation de ces personnages est amenée. Un présentation qui ne crée que des surprises, qui ne fait que remettre en cause ce que vous avez déjà lu tout en restant très cohérent, et qui tome après tome, m’a personnellement amené à des sentiments très contrastés sur chacun des personnages. C’est une série qui vous permettra de découvrir les bas fonds de New York et les tréfonds de l’âme des protagonistes, et qui montant en puissance au fil de chaque tome, vous fera partager des problèmes conjugaux, des drames personnels ou des tragédies plus universelles. Dans cette série, tout est histoire de rythme, de dosage, pour que chaque tome respecte une trame générale tout en apportant son lot de révélations, pour que chaque tome présentant une vision différente d’un même événement complète les deux autres et ne vienne pas les contredire. L’exercice est bien mené et le pari est gagné. Cette série gagne en intensité à chaque tome et le dernier de ce triptyque consacre selon moi l’ensemble de la série. Après deux tomes présentant respectivement les points de vue de Joe et de Martha, couple uni par la haine et non plus par l’amour, je trouve que ce dernier tome permet d’apporter une richesse supplémentaire à ce polar noir. Un plus value de chamanisme, une valeur ajoutée de surnaturel qui viennent donner une nouvelle dimension au récit. Ne venant pas polluer la trame générale, cette dimension se pose comme un nouveau contexte à cette histoire et permet de porter le message final des auteurs : un message un brin démagogique sur ces minorités que l’on préfère ne pas voir (et d’ailleurs, je me suis surpris à vérifier dans les deux premiers tomes que ce personnage était bien présent), une idée un peu philosophique sur le sens de la vie et la destiné, et surtout, dans cet environnement très sombre et très glauque, une vision plutôt optimiste de tout ce qui s’est passé. A chaque tome, à chaque coup, les auteurs ont su faire naître en moi des sentiments différents et je trouve que c’est une très belle performance. Le dessin est parfaitement maîtrisé et très bien réalisé. Un style réaliste qui verse parfois dans la caricature nous permet de nous vautrer dans cette glauquitude, dans cette noirceur. Il faut dire que le graphisme, qui joue sur les nuances de brun, tout juste réhaussé par des touches de jaune fait forte impression. En feuilletant les albums, j’avais peur que cette colorisation un peu uniforme ne rende le récit monotone. Il n’en est rien, le dessin et les couleurs retranscrivent bien cet univers dans lequel tout notre petit monde évolue ainsi que leurs sentiments. Quelle bonne idée d’avoir choisi cette association brun/marron/jaune (à croire que le coloriste s’est inspiré de la charte graphique de BDThèque) pour faire vivre cette histoire. L’utilisation de la couleur jaune m’a vraiment frappé : elle vient donner de touches de peps ici où là, mais c’est également avec cette couleur que les auteurs font passer leur message : le jaune, utilisé tout d’abord pour désigner les « prisons » des protagonistes (le taxi de Joe, le fauteuil de Martha), pour souligner cet enfermement et cette noirceur responsables de leur haine, est employé dans le dernier tome pour souligner la liberté de Dillon, qui grandit à chaque pas de son voyage quasi initiatique vers les destins de Joe et Martha. En bref, graphiquement, c’est beaucoup plus nuancé, voire contrasté, que ce que pouvait laisser présager un premier coup d’œil rapide. Encore une fois, la série a su créer de la surprise. Alors, forcément, ce 4/5 fleure bon le 4,5, voire le 5, tant j’ai trouvé la série bien réalisée, bien construite, bien dosée. Tant je l’ai trouvée intéressante par sa mise en image et par son histoire qui ne se résume pas à un polar noir. Mais je reste sur cette note car certains éléments du scénario m’ont semblé plus obscurs et plus difficiles à croire, comme cette histoire avec un malfrat que l’on embauche en intérim de façon bien commode, comme ce message qui verse parfois dans le pathos et dans le démago, comme ces dernières vignettes bien énigmatiques, comme ce mystère autour des jambes de Martha qui n’ont toujours pas, à mon sens, livré tout leur secret. Je trouve que les auteurs ont également essayé de ménager le lecteur en fin d’ouvrage, et une solution plus définitive m’aurait semblé plus appropriée. Ca reste une très bonne série, pleine de surprises et de tensions, pleine de révélations, qui propose également de prendre un peu de hauteur. Et tout cela en trois tomes seulement. Une belle réussite.

28/09/2011 (modifier)
Par Chalybs
Note: 4/5
Couverture de la série Un hiver de glace
Un hiver de glace

Voilà une bande dessinée comme j’aimerais en croiser plus souvent. Plusieurs points ont fait que j’ai aimé cette bande dessinée. Premièrement, la couverture, dans ses tons sépia, cette mise en page avec ces silhouettes filiformes énigmatiques. Je trouve cette couverture magnifique. Ensuite, en ouvrant les pages, j’ai retrouvé la même qualité dans le dessin, la même finesse, la même bichromie, et un découpage qui de toute évidence était recherché. On sentait un travail de storyboard et de mise en place important. On sentait une ambiance se dégager de ces pages. Il y a aussi la qualité du livre en lui-même. Un petit format aux pages épaisses respirant la qualité. A force d’habitude de manipuler des BD ‘’classiques’’ il m'est arrivé à plusieurs reprises de penser avoir tourné 2 pages tellement la sensation d’épaisseur dans le papier était surprenante. Enfin, les 104 pages de cet album ‘petit format’ (18.6x26.1x1.4 cm) ne font pas chiche. Et puis finalement, j’ai découvert lors de la lecture, le scénario et l’adaptation de qualité réalisée par Romain Renard (American seasons, The End - Jim Morrison) Adaptation car cette BD est effectivement la mise en image personnelle du roman Winter’s Bone écrit par Daniel Woodrell. D’ailleurs, une adaptation du film a eu lieu sensiblement au même moment. Pour autant, alors que Romain Renard travaillait déjà sur sa BD, le film n’était toujours pas sorti. Du coup, selon ce que j’ai pu lire, car je n’ai pas vu le film, Romain Renard n’a subi aucune influence préalable et potentiellement préjudiciable à la personnalisation de son travail. Ce roman est un vrai roman noir ; où l’ambiance joue un rôle prédominant ; où la psychologie des personnages contribue largement au succès de l’œuvre ; où l’atmosphère plantée par le décor participe à poser une chape étouffante et dérangeante. Commençons par ce dernier point. L’histoire se déroule dans les monts Ozarks, zone perdue de l’Arkansas. Afin de mieux rendre compte de cette région, l’auteur y a séjourné quelques temps afin de s’imprégner des paysages et des habitants. A en croire le récit, si l’ambiance de cette région est aussi tordue que celle qui transpire au fil des pages, il est certain que cela ne me donne pas envie d’aller m’y balader… L’ambiance de l’album montre une région relativement rurale, certainement pas épargnée par la rigueur hivernale. La neige, la pluie, le froid transpercent chacune des pages et des cases de cet album. Les tons sépia, plutôt marron pour l’extérieur et verdâtre pour l’intérieur ne participent pas à renvoyer une image colorée et gaie de la région. Au contraire, tout cela contribue merveilleusement à plomber un peu plus l’atmosphère. Le découpage, la mise en page, sobres mais efficaces ajoutent encore à cette ambiance, avec des cases souvent étirées qui rajoutent à cette impression de confinement et de malaise. De plus, Romain Renard a su donner de vraies gueules à ses personnages. Des gueules patibulaires mais peu s’en faut. Des gueules me rappelant certains des meilleurs westerns de Sergio Leone. Ces méchants aux faciès burinés et au regard effrayant et déjanté. Bref, vous l’aurez compris, le trait fin et précis de l’album contribue surement grandement à ma bonne notation. D’ailleurs, ces surement dans cette mise en image que le travail d’adaptation de Romain Renard a été le plus important. Et franchement, c’est du tout bon. Et le scénario alors ? Et bien, quoique assez classique, c’est son traitement et une fois encore l’ambiance instaurée d’entrée de jeu qui fait toute la qualité de l’œuvre. Ree Dolly est une jeune fille de 17 ans qui s’occupe seule de ses 2 jeunes frères et de sa mère qui a perdu la tête. Son père a été arrêté il y a quelques temps pour trafic de cocaïne. Libéré sous caution, il doit se présenter au tribunal afin d’être jugé. Cette caution a pu été versée car Jessup, le père de Ree, a hypothéqué sans prévenir sa maison et les quelques hectares de forêt appartenant à la famille. Malheureusement, il a disparu et s’il ne se présente pas au tribunal en temps et en heure, l’hypothèque tombera, la maison et les terres saisies et toute la famille sera expulsée. Il ne reste plus alors qu’à la courageuse Ree de partir à la recherche de son père afin de sauver sa famille. Malheureusement pour elle, l’Arkansas est vaste, les habitants peu avenants, voire carrément hostiles. Tout ce petit monde vivant plus ou moins secrètement de la fabrication de cocaïne, la première loi prévalant est celle du silence. Ree comprendra rapidement que son père doit être mort et enterré quelque part. Ce n’est pas plus mal pour elle car, toutes les charges à son encontre seraient alors abandonnées et l’hypothèque abandonnée. Malheureusement, dans cet univers froid et hargneux, délier les langues tient du miracle. La course perdue de Ree pour retrouver le cadavre de son père et ainsi prouver sa mort devient interminable et impitoyable. L’histoire est tout en faux rythme, sans jamais vraiment exploser ni accélérer, sans jamais vraiment hausser le ton, ni la voix. Ce calme et ce silence imposé par les habitants se retrouve jusqu’au style de la narration qui retranscrit plutôt bien cette difficulté à avancer. Et puis, finalement, au moment où je me disais que cela devenait long je me suis aperçu que j’étais à la fin et que le dénouement était là sous mes yeux. Comme quoi, ce scénario est parfaitement jugé, parfaitement chronométré nous trainant sur la route avec Ree sans nous lasser. Un scénario millimétré à couper au couteau dans une nuit noire, glacée et brumeuse… Une sorte de roadmovie, de polar stressant qui mérite le détour.

28/09/2011 (modifier)
Couverture de la série La Rupture Tranquille
La Rupture Tranquille

Une couverture qui donne le ton, un homme couvert de sang, fusil à pompe dans la main, nous sourit tandis que derrière lui des corps de pendus et de cadavres s’amoncellent au pied d'une centrale nucléaire en piteux état avec cette magnifique tagline : "Ensemble tout devient pénible". Contre-pied évident d'Ensemble tout devient possible. Le décor est planté, nous savons que dès la première page passée, nous en prendrons pour notre grade, rien ne vous sera épargné. Et c'est tant mieux. Après son magnifique "Rorschach", Terreur Graphique récidive chez Même pas Mal avec cette suite de strips en couleurs sur 74 planches dans une édition soignée. Terreur graphique se veut un observateur très critique de notre société, de nos mœurs, de nos politiques. Il en tire les excès, les accidents, pour en faire un constat pathétique, mais toujours avec tendresse. Âmes sensibles s'abstenir, œuvre à ne pas mettre en toute les mains. Lecture subversive mais dont je recommande chaudement la lecture par ces temps qui courrent de politiquement correct exigé.

27/09/2011 (MAJ le 27/09/2011) (modifier)
Couverture de la série La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête
La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête

Vraiment très intéressante cette série racontant la jeunesse de Bragon. On y retrouve dans les 3 tomes la plupart des personnages principaux qui animent la série mère, plus quelques autres qui ont aussi leus importance. Ce qui m'a agréablement supris, c'est le dessin : il ressemble dans tous les tomes (malgré des dessinateurs différents) à celui de Loisel, mais en étant plus clair et plus lisible (c'est peut-être dû au fait que les couleurs sont également plus chatoyantes). J'adhère à ce choix de ressemblance car un style complétement différent m'aurait un peu perturbé. J'ai été un peu déçu par le scénario du tome 1 : je l'ai trouvé trop "guerrier" ou chevaleresque : l'honneur, la gloire, les combats, tout ça... ça se prend trop au sérieux ! Il y a beaucoup moins d'humour que dans la série originale. Bon j'arrête sinon on va se demander pourquoi j'ai mis 4 ! Le personnages en revanche sont très bien introduits et ont des personnalités cohérentes avec les leurs dans le futur (notamment Mara). J'ai beaucoup aimé le tome 2, bien qu'il soit également en partie sous le signe des exploits combatifs (ça se dit ça ?) de Bragon, il est très prenant et haletant à certains moments. Les caractères des protagonistes sont plus développés. On attend avec impatience la rencontre avec le Rige dans le tome 3 et on n'est pass déçu ! Cette série est donc bien construite puisqu'une intrigue propre à elle même y est développée et que certains éléments de la quète trouvent leur explication ici, sans oublier la formation des personnalités des acteurs principaux. Bizarrement, j'ai trouvé celle de Bragon très différente de celle qu'il a plus tard (mais bon, on a le droit de changer en vieillissant).

26/09/2011 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Epées de verre
Les Epées de verre

Les Epées de Verre, jusqu'à son titre, est dans la pure lignée des grandes fresques d'Heroic-Fantasy classiques. Un peu trop déjà-vu me direz-vous peut-être ? Cette bande dessinée a cependant la qualité d'être sublimée par un dessin assez exceptionnel. Le décor est celui d'une planète imaginaire dont le soleil se meurt. La civilisation qui la peuple rappelle au départ un peu la Perse antique ou la Mésopotamie, avant de nous présenter de nouvelles peuplades plus originales dans les tomes suivants. Les puissants, et plus particulièrement le seigneur Orland, y règnent sans partage, soumettant la plèbe. L'héroïne, la jeune Yama, a juré de tuer ce tyran pour venger la mort de son père et l'enlèvement de sa mère. Sa vengeance va croiser le destin d'un ancien chevalier à la recherche d'épées de verre qui, elles seules, pourraient sauver la population de l'anéantissement lorsque les flammes moribondes du soleil viendront lécher la planète. Scénario très classique donc mais rondement mené. La lecture est fluide et agréable. Elle est surtout magnifiée par un graphisme de toute beauté. Les planches sont extrêmement travaillées. Une technique proche de celle de l'animation est utilisée : des décors peints et très soignées contrastant doucement avec des personnages plus épurés, plus vivants. Ces décors sont superbes : les paysages arborés, la lumière dans les feuillages, les habitations, les cités, tout est presque parfait. Les personnages et les créatures fantastiques et originales ne sont pas en reste. Le tout s'accorde de très belle manière. J'ai particulièrement adoré les paysages citadins du second tome, notamment les maisons sur pilotis dans la nuit tombante. Superbe ! C'est beau ! Et cette beauté donne envie de feuilleter ou d'admirer de nouveau les planches à peine la lecture achevée. Quand, à cette beauté, s'ajoute un solide récit, pas particulièrement original mais bien construit et prenant, je n'hésite pas à en conseiller l'achat ou au moins la lecture.

05/08/2009 (MAJ le 26/09/2011) (modifier)