Les derniers avis (32089 avis)

Par McClure
Note: 4/5
Couverture de la série Nestor Burma
Nestor Burma

De Tardi jusqu'ici, je n'avais lu que les aventures d'Adèle et je n'ai pas été emballé. C'est donc avec une lueur de crainte que je m'attaquais à 4 tomes des aventures de Burma (et pour moi Burma c'est Guy Marchand donc.... destinée....) sans avoir jamais lu les romans de Malet. J'attaque par "Une gueule de bois en plomb". Et après une lecture fastidieuse, non pas par la complexité mais par le manque d'intérêt donné par cette lecture, je me suis dit, tout ça pour ça. Je mets 1/5 à ce bouquin parce que franchement, c'est du foutage de..... L'auteur nous pond des personnages au dernier moment, rien ne se tient, Burma lui même n'a ni charisme ni intérêt, bref vraiment du grand n'importe quoi. Deuxième lecture, "120 rue de la Gare" et là, au moment où je m'y attends le moins, la bonne claque. Ca vaut son bon 5/5. C'est dense, intéressant, on se prend à dénouer le sac de nœuds avec un Burma enfin comme je l'espérais, cynique, désabusé, mais charismatique. Certes c’est bavard mais on se prend à cette lecture et on en ressort avec une bien belle enquête, aboutie, remplie de personnages truculents……. C’est long mais c’est bon. Suit "Casse pipe à la nation", et, même si l’intrigue est un poil moins intéressante, elle reste de très grande qualité. Avec des dialogues encore ciselés à merveille comme dans les meilleurs films noirs à la française, un vrai régal pour les neurones. 4/5 Enfin, dernière lecture à ce jour, "Brouillard au pont de Tolbiac", qui est d’une qualité équivalente au 120 mais graphiquement un peu moins bon peut être. Malgré tout un bon 5/5. En lisant les avis sur le site puis en découvrant la fiche série, "Une gueule de bois en plomb" semble être un HS, mais que diantre fallait il sortir ça ??? Sinon, je vais me hâter de lire les tomes que je n’ai pas encore lus. Et Burma m’a réconcilié avec Tardi.

20/09/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Echo
Echo

Pas spécialiste du tout du comics en général et souvent rebutée par la colorisation ou par les scénarios niais / manichéens / bodybuildés des aventures de super héros, j'avoue que je ne pensais pas trouver un jour chaussure à mon pied dans la production BD états-unienne (rectification : j'avais oublié Polly et les Pirates, Calvin et Hobbes et Courtney Crumrin...). Ce qui m'a attirée ici c'est la sobriété du noir et blanc et la précision du dessin. J'avoue également que pouvoir aborder et comprendre un comics sans un solide background en super machin, captain truc et torch bidule est assez plaisant... Dès le premier tome de "Echo" j'ai été séduite par le dessin, Terry Moore a un très beau coup de crayon. J'avais peur au départ de ne pas me satisfaire de ce noir et blanc sans nuance, mais la finesse et la précision du trait m'ont bien vite fait oublier ce petit détail. Et les citations (souvent d'Einstein ou d'Oppenheimer, mais pas que) à chaque début de chapitre sont souvent d'une grande justesse. L'histoire démarre par un très "classique" projet top secret de l'armée qui dérape et vient chambouler la vie de madame tout le monde ; elle nous est narrée ici avec talent et l'accent mis sur la psychologie des personnages donne un récit riche et dense, avec beaucoup d'action et juste ce qu'il faut de fantastique. La série se conclut au 6ème tome de manière plutôt spectaculaire (et avec quelques facilités) mais dans l'ensemble c'est du très bon, que je relirai sans aucun doute à l'occasion.

08/07/2009 (MAJ le 19/09/2012) (modifier)
Couverture de la série Gueule d'amour
Gueule d'amour

Avant tout, j'ai été attiré par les superbes dessins au crayon qui adoucissent la dureté du propos sans jamais l'effacer. Les regards des personnages sont plus émouvants que les meurtrissures aux visages de ces gueules cassées au lendemain de la grande guerre - avantage du dessin quand il est stylisé comme celui de la talentueuse Delphine Priet Mahéo. Et ça tombe bien : du regard il s'agit beaucoup de cela. Ce sera d'ailleurs le regard d'une jeune africaine qui concluera cette histoire aux multiples péripéties. Je ne me suis jamais ennuyé. Je suis d'accord avec l'avis de Mac Arthur pour souligner l'importance du personnage de Sembene qui surgit au milieu du récit : il apporte l'inattendu et l'espoir. Ce livre aux dimensions humaines m'a enjoué littéralement. Un des meilleurs que j'ai pu lire cette année. Pour finir : un bon point pour la très belle facture concernant l'impression du livre en cartonné toilé. Un livre, tant qu'il n'est pas dématérialisé sur un écran, ça reste agréable au toucher :)

19/09/2012 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Lehman, la crise et moi
Lehman, la crise et moi

Les BDs sur la crise financière de 2008 ne sont pas légion, et à ce titre « Lehman, la crise et moi » se démarque déjà de la masse. Il s’agit de l’adaptation d’un roman de Nicolas Doucerain, patron d’une PME racontant son combat pour tenter de sauver son entreprise. Je craignais de me faire bombarder d’explications financières compliquées, mais non, l’auteur nous raconte surtout le côté humain de cette crise : son cauchemar en tant que chef d’entreprise, les effets néfastes sur sa vie de famille, son embarra vis-à-vis de ses employés, et sa frustration face à une machine administrative implacable. Et selon moi le pari est réussi : l’histoire est haletante au possible, et je l’ai engloutie d’une traite. Impossible de reposer le bouquin avant de savoir comment tout cela allait se terminer. Les curieux trouveront en fin d’album une chronologie des faits, et surtout une explication plus approfondie sur le fonctionnement d’une PME. Sympa de proposer ça en annexe, plutôt que d’alourdir l’histoire en l’intégrant artificiellement. Le dessin sert bien le récit, mais la mise en couleur n’est pas toujours judicieuse - certains dégradés de fond me rappellent les jeux-vidéos auxquels je jouais sur Amiga dans les années 90 ! Un témoignage poignant, et une histoire prenante au possible… je vous laisse découvrir si le patron parvient finalement à sauver sa boîte ;)

19/09/2012 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Etoffe des Légendes
L'Etoffe des Légendes

Je ne sais pas s’il s’agit de la crise de la trentaine, de nostalgie, d’un refus de grandir, mais mes goûts semblent s’orienter de plus en plus vers des histoires mêlant des thèmes adultes à une mise en image se rapprochant plus des livres illustrés pour enfants. J’adore les bouquins de Shaun Tan, et plus récemment j’ai craqué pour les sublimes Légendes de la Garde de David Petersen. Une rapide lecture du résumé de « L'Etoffe des Légendes » et un coup d’œil dans la galerie m’ont convaincu de commander les 3 tomes VO parus à ce jour, et bien m’en a pris ! J’adore déjà le concept de base : ces jouets qui comme dans « Toys Story » ne peuvent se mouvoir devant les humains, et qui décident de pénétrer dans le « Royaume Obscur » pour secourir un enfant enlevé par le croquemitaine. Se faisant ils se transforment en version réaliste de leur forme jouet (un vrai ours pour un nounours par exemple). Seulement voilà nos jouets sont des adultes, pas des enfants, et leur façon de s’exprimer et de se lancer des vannes est souvent cocasse et tranchent avec le coté enfantin de leur apparence originale (j’ai littéralement explosé de rire quand dans le tome 3 le cerf se fait traiter de porte-chapeaux ambulant). Bon nombres de jouets ou jeux connus font leur apparition : soldats de plomb, indiens, « jack in the box », marelle, pendu, la ville des poupées, trains etc… Contrairement à « Toy Story » le ton de l’histoire est adulte et sombre. L’intrigue peut sembler un peu simpliste dans le 1er tome (seul paru en France au moment où j’écris ces lignes) mais devient plus nébuleuse dans les tomes suivants : trahisons, révélations fracassantes, groupe qui se déchire et protagonistes aux intentions floues répondent tous à l’appel. On en apprend aussi un peu plus sur le « Royaume Obscur » et sur les intentions du croquemitaine, même si de nombreuses questions restent en suspens. J’ai dévoré les 3 tomes, et j’attends la suite avec impatience. Un mot sur le style graphique : si tout n’est pas parfait d’un point de vue technique, le rendu final est magnifique et l’esthétisme des planches est indéniable. Et puis cette couleur marron, quel bon goût ;) Un coup de cœur !

18/09/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série L'attentat
L'attentat

Sans avoir lu le roman de Yasmina Khadra, j'ai trouvé son adaptation BD très bonne. Ce n'est donc pas en comparant cet album à l'oeuvre d'origine que je fonde mon avis, mais sur la découverte de ce récit très bien mené. Cette plongée dans la tragédie du conflit israelo-palestinien est en effet très prenante. J'appréhendais un peu de lire une énième histoire sur ce thème qui prête parfois à la caricature. Loin de tout ça, "L'attentat" que nous proposent Loïc Dauvillier et Glen Chapron d'après Yasmina Khadra sort des clichés et nous amène loin dans la réflexion sur les implications et les contradictions intrinsèques à tout conflit armé. Amine Jaafari, d'origine arabe, mais naturalisé israélien travaille à Tel Aviv comme chirurgien. Confronté et impliqué dans une affaire d'attentat, il part en quête de la vérité... Sauf que la vérité se paie cher, tant psychologiquement que dans sa chair. C'est cette recherche, loin des clichés et d'un manichéisme réducteur qui fait la force de récit. On est rapidement pris par cette histoire, qui sait nous exposer de façon intelligente les points de vue respectifs des personnes engagées dans ce conflit. J'ai lu cet album de plus de 150 pages d'une traite, happé par cette simple question qui hante notre protagoniste : POURQUOI ? Graphiquement, le style semi-réaliste en ligne claire de Glen Chapron m'a d'abord un peu surpris ; c'est pas ce que je préfère dans la BD. Mais une fois le récit lancé, on est pris par le rythme du récit et l'excellent travail narratif. Un travail efficace et expressif qui rend parfaitement l'intensité de cette tragique histoire. Une très bonne BD qui révèle toute la complexité de ce conflit et comment l'obsession de vérité peut aussi être dévastatrice.

18/09/2012 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5
Couverture de la série Havre
Havre

Le récit post-apocalyptique est un genre particulier qui en règle générale m'attire énormément et cette série en est le parfait exemple. On ne peut pas dire qu'elle la série de référence pour ce thème si prolifique dans le domaine de la bande dessinée, mais elle est tout de même comme l'a dit Spooky le posteur précédent , une réussite. L'histoire, pour résumer, se situe dans un monde détruit infesté de montres, un nécromancien et une sorcière partent à la recherche d'autres humains. En ce qui concerne le scénario, même si l'on retrouve de nombreuses similitudes avec d'autres séries du même genre , l'auteur a rajouté dans ce récit des éléments sortant de l'ordinaire. Effectivement il n'est pas si courant que cela de voir un nécromancien dans un monde dévasté par le feu nucléaire ou une autre catastrophe. Même si on se doute légérement de la chute , le suspens est trés bien entretenu par Isabelle Bauthian . Les personnages sont tous trés attachants et particulier le jeune photographe , qui a beaucoup de choses à se reprocher. On ne s'ennuie pas lors de la lecture de cette sympathique trilogie même si l'action n'est pas omniprésente. Il est vrai que l'on est loin, en ce qui concerne l'action, de certaines séries qui utilisent le même thème, je pense en particulier à Hombre ou Walking Dead, mais je crois qu'un grand nombre de scènes d'action aurait fini par rendre cette série banale . En ce qui concerne le dessin ,même si je ne suis pas un fan de celui-ci il faut avouer qu'il reste agréable et surtout qu'il s'améliore d'un tome à l'autre. La colorisation est par contre trés réussie. Les fans de récits post-apocalyptiques seront ravis en se plongeant dans cette trilogie , alors n'hésitez pas , lancez vous dans une lecture qui à mon avis ne sera pas tout de suite oubliée comme c'est peut être le cas pour certaines séries dont je ne citerai pas le nom.

17/09/2012 (modifier)
Par jurin
Note: 4/5
Couverture de la série Piège nuptial
Piège nuptial

Rendons à César ce qui appartient à César : Piège nuptial est l’adaptation par Christian de Metter du roman écrit par Douglas Kennedy. Je ne connaissais ni le roman ni l’auteur, mais la BD est très réussie du moins pour l’ambiance et le suspense. J’ai été complètement happé par cette histoire assez terrifiante, l’auteur parvient avec beaucoup de brio à plonger le lecteur dans cet endroit reculé d’Australie où s’est fait piéger Nick. Et quel endroit ! Une communauté de dégénérés, de cinglés, de salopards, un microcosme complètement fou mais pas si improbable que ça. J’ai relevé certaines faiblesses ou non-dits au niveau du scénario mais les points forts l’emportent largement. Je n’avais pas trop apprécié le dessin de Christian de Metter dans Shutter Island, c’est bien mieux dans cet album, c’est plus que correct, mais je le répète : pas d’ennui possible avec Piège nuptial.

17/09/2012 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Chère Patagonie
Chère Patagonie

Avouons-le tout de suite, je ne connais pas l’histoire de la Patagonie, l’auteur, Jorge Gonzales est un parfait inconnu pour moi, et enfin, le style proche de Blutch ou encore de De Crécy n’est pas celui que je préfère. Et pourtant ! J’ai lu ce récit d’une traite, sans faire de pause, tournant les pages avec impatience. L’impatience n’est pourtant pas le fort de ce pavé de plus de 300 pages où il faut deviner les personnages, savourer les paysages déserts et suivre sur plus d’un siècle l’histoire de ces colons ou de ces Yamanas ou Onas, premiers habitants de cette terre aride. Car le style de Jorge Gonzales est particulier. Mélangeant la mise en page dite du « gaufrier » avec des pleines pages d’une beauté à couper le souffle, son style éclate dans le dernier chapitre qui retrace l’histoire de ce livre : croquis, crayonnés, pleines pages en couleurs, du texte à foison, bref un véritable feu d’artifice qui vient clore cette saga presque familiale. Un véritable Ovni que cette bande dessinée qui revisite sans concession l’histoire de l’Argentine (on y croise le génocide des « indigènes », le mouvement anarchiste ou encore le régime dictatorial des années 70) à travers la destinées de deux familles, l’une venant d’Allemagne, l’autre étant le fruit d’un métissage. Jorge Gonzales retrace avec immense talent l’histoire d’un peuple, l’histoire d’un pays mais surtout l’histoire méconnue de la Patagonie. On y sent la solitude des habitants, le vent, la pluie, et surtout le poids du silence, bref une atmosphère particulière, celle que veut vivre l’énigmatique Roth, une atmosphère pesante, étouffante, mais aussi où la liberté souffle sur cette terre, cette liberté que vient retrouver l’un des personnages principaux de cette histoire, après moult aventures, Julian Blumer. Comme un lointain écho au superbe « Portugal », publié chez le même éditeur l’an passé, je ne peux que vous recommander la lecture de, ce qui reste pour moi, la découverte de cette rentrée 2012.

17/09/2012 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série El Niño
El Niño

On suit les aventures de Véra, une jeune humanitaire à la recherche de son frère disparu. L’aventure est plaisante grâce au scénario qui nous emmène aux quatre coins du monde. Les auteurs nous sensibilisent à des problèmes d’actualité sans que cela ne nuise à l’intérêt de l’histoire : guerres en Afrique et en Afghanistan, misère des Roms, piraterie maritime. Côté dessins, c’est joli, coloré et réaliste. On sent la volonté du dessinateur de coller au plus près des lieux traversés par son héroïne. Les seuls bémols sont un trait un brin figé et un rythme narratif qui manque de dynamisme. Au final, El Niño est une série d’aventure agréable et dépaysante qui trouvera facilement son public.

19/12/2011 (MAJ le 17/09/2012) (modifier)